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avec piété, avec ferveur et sans se rcrmtcr. Prions donc de plus en plus avec ferveur et j:crfection, afin d'obtenir des dons de giâfe de plus en plus grands; car nous ne savons jjas jusqu'à quel point Dieu veut que nous priions, avant de nous exaucer.
Que tous les Chrétiens, pour devenir de plus en plus chrétiens et parfaits, passent donc, autant que possible, leur vie dans la prière. « Nul en effet, dit le cardinal Bona (Princ. vit. christ,^ c. W) n'est digne du nom de chrétien, s'il n'élève son ûme à Dieu et ne prie quelque iGoips avec ferveur au moins deui fois le jour, quand il se lève, et le soir, avant de se coucher ; ne doit-il pas accorder autant de temps à la nourriture de l'âme qu'il en accorde à celle du corps? » Assurément la vie humaine elle-même, ^a misère et ^a nécessité continuelle, l'image de notre Créateur innée dans nos cœurs, et l'obligation de lui rendre hommage, ne devraient-elles pas exiger de nous une prière fréquente» sinon assidue ? Hélas I la demeure de noire corps recouvre sans cesse les flammes ardentes des vices; notre vie sur la terre oti un combat perpétuel ; et dans cette demeure embrasée, dans le feu de ce combat, nous n'élèverions pas un cri vers Dieu, nous îi'imjdorerions pas son secours! Suivons l'avis de saint Basile (boni. 3 de S. JulUta) : « Quand vous vous meUcz à table, priez; rendez grâje à celui qui vous donne le pain que vous mangez ; quand vous réparez et soutenez par le vin les forces affaiblies de votre corps, rappelez-vous celui qui vous adonné ce présent , pour réjouir votre cœur et l»our vous faire goûter une douce consolation dans vos nombreuses infirmités. M'avez-vous aucun besoin de prendre de la nourriture ? gardez-vous d'oublier celui dont la libérale bienfaisance a rassasié votre faim. Mettez-vous un vêtement? rendez grâces à la bonté qui vous l'a donné. Vous couvrezvous de votre manteau ? faites en sorte d'augcnenter intérieurement dans votre cœur Tamour de Dieu. » — « 11 faut à chaque heure, dit saint Jean Chrysostome {De oran, Deum)^ offrir une prière à Dieu, afin que le cours de nos prières soit conforme à celui du jour. » Mille raisons nous font un devoir do ])rier souvent. Si nous contemplons Dieu dans le ciel, nous le trouvons toujours dis- })Os6 h entendre ses malheureuses créatures. Si nous le considérons en nous-mêmes, ou partout ailleurs, nous n'avons aucune excuse pour refuser de converser avec lui par la prière ; si nous regardons Dieu le Christ h la droite de son Père ou dans la très-sainte Eucharistie, partout nous l'avons pour avocat,
Partout il intercède pour nous aupr<»s de son ère. Qui nous retient donc, qui nous emj>iftche, misérables que nous sonune5, d'implorer continuellement sa miséricorde?
Après avoir exjiosé la nécessité et l'obligallon (le la prière, il nous reste à examiner à qui nous devons adresêer nos prières. Kt d'abord, si nous parlons de la prière faite à Îiuelqu'un comme devant être exaucée par ai, dit suint Thomas (2-2, q, 83, a. 4), il
est clair que nous ne devons adresser notre jirière qu à Dieu seul. Car toute notre prière doit se rapporter d te j^rdff et à lagloire^ que Dieu seul peut donner. {Ps. hxxxin.) Dieu seul est le souverain Seigneur, et personne, dans le ciel et sur la terre, ne peut obtenir quelque bien que de Dieu.
La prière lîeut être adressée à Dieu comme étant un seul Dieu , ou un Dieu en trois personnes, et à Tune ou à l'aulre de ces personnes, pourvu qu'elle ne soit pas prise exclusivement , mais seulement précisée. Telle est la pratique de l'Eglise : elle su fonde sur cette raison, que, bien que Dieu ne fasse rien [»ar une seule de ses personnes, à l'exclusion des autres, on trouve cependant dans chajun un motif spécial d'attribuer, i/ar appropriation ou par une perfection relative, telle ou telle propriété absolue commune aux trois personnes, plus particulièrement à l'une d*entre elles ; ainsi la Cuissance au Père, la sagesse au Fils et la onté au Saint-Esprit.
Néanmoins, il est bon et utile de prier et d'invoquer les saints qui sont dans le ciel, non fyour qu'ils fassent connaître à Dieu nos demandes, mais pour que leurs i)rières et leurs mérites rendent les nôtres efficaces. En effet, V Jacob invoqua l'ange pour les fils de Joseph : Que fange bénisse ces enfants. {G en, XL\in.) ^ Appelez donc à votre secours^ s'il y a quelqu'un oui vous réponde^ et totîrntz vous vers quelqu'un des saints. (Job y, 1.) Dans le second livre des Machahies^ Jérémie et Onias sont dits prier pour les Juifs, (chap. XV.)
2" Nous le voyons par les conciles. Dans le concile d'Ephèse, saint Cvrille invoque saint Jean. Dans celui de Chaicédoine, il est dit (act. Il) de saint Flavien : Flavien vit après sa mort: qu'il daigne prier pour nous^ Dans le deuxième concile de J^icee (act. iv), on établit la nécessité d'honorer les saints et de réclamer leur intercession. Enfin le con* cile de Trente (sess. xxx) ordonne ont évoques d'instruire avec soin les fidèles et de leur enseigner « que les saints qui régnent avec Jésus-Christ, offrent leurs prières pour les hommes; qu'il est bon et utile de les in« voquer humblement et de recourir à leur prière, h leur appui et à leur secours, pour obtenir des bienfaits de Diexx. »
3" Los saints Pères confirment cette opi* nion. Qui doute, dit Origène» (Hom. 26 ifî Num.), que les saints d'entre nos pires ne nous assistent de leurs prières f *- Sous avons l'habitude, dit Eusebe, (l. xni Prœp. Evang»), d'offrir le saint sacrifice sur leurs tombeaux et d'y faire nos vœux et nos prié" res. Saint Arobroise dit (I. De viduis) qu'if faut supplier les martyrs. Saint Jérôme le prouve surabondamment. (1. Cont. TigiL) Saint Augu.stin dit (tr. 84 in Joann.) : vélébronê h mémoire des martyrs^ afin qu'ils prient iux^ mêmes pour nous,
h" La raison en est bien simple. Il est bon et utile de recourir aux prières des justes sur la terre : Priez les uns pour les autres^
[Luc. V.) Recourons donc & Tintercessioa
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