FUI
des saints, dont les prières sont plus agréables à Dieu et plus favorablement écoutées. L'Eglise a seulement établi qu'il est bon et utile d'invoquer les saints; mais elle n'a pas déclaré que cela fût nécessaire au salut. Néanmoins il peut survenir certaines occasions où le précepte de les invoquer soit pour nous un besoin, ou même, indépendamment de ce précepte, nous soyons obligés d'invoquer les saints, et surtout la trèssainteVierge. Dieu, en effet,dansla sagesse de sa providence, a réservé certaines grâces, qu'il ne nous accorde que par intercession des saints. Bellarmin remarque à ce sujet (I. i, c. 20, ad. 6) : Quant au précepte^ qu'at-il besoin de précepte là où la nécessité commande ? Il est cependant certain que ce préce|)te ou ce conseil d'invoquer les saints, n'excepte personne , pas môme sous le prétexte que l'on est arrivé à la perfection; c'est ce que
F rétendaient les illuminés (voy. ce mot) ; inquisition générale d'Espaçne a condamné îeur trente-neuvième proposition ainsi conçue : « On peut atteindre un degré de perfection tel qa'on n'aU plus besoin de Tintercession ni de l'invocation des saints. «Joseph de Spire a réfuté cette projîosition. Saint Paul a bien réclamé les prières de ses fils en Jésus-Christ, qui étaienls vivants : ces hérétiques se pensent-ils donc plus parfaits que saint Paul, eux qui ne daignent pas mémo rien demander aux habitants des cieux?
11 est seulement permis d'invoquer, jyr des prières publiques, authentiques, et au nom deTEglise, !• tous les saints en général qui sont dans le ciel, ainsi que les anges; ce qui a lieu dans les Rogations et dans les fêtes de tous les anges et de tous les saints; 2* en particulier ceux-là seuls à qui l'Eglise a accordé un culte public par la béatification et la canonisation. Mais dans nos prières particulières, nous pouvons implorer ceux que nous croyons dans le ciel avec certitude ou du moins^avec grande probabilité. Saint François-Xavier avait la sainte habitude de se recommander aux âmes des enfants qui mouraient après avoir reçu le baptême de ses mains, et étaient ainsi allés directement dans le ciel. La certitude du bonheur éter^ ncl de ces enfants est en effet tout aussi grande qne celle des saints canonisés par l'Eglise. Enfin l'Eglise est d'avis qu'on peut flussi invoquer cdtame saints Enoch et Elie, puisqu'elle a permis aux révérends Pères Carmélites de célébrer la messe et l'office de saint Elie.
On peut encore prier les justes encore vivants, afin qu'ils prient eux-mêmes pour nous. C'est un article de foi de la communion des saints. Saint Paul en a souvent agi de la sorte, en demandant pour lui les prières des fidèles, et Dieu lui-môme dit aux amis du saint homme Job : Allez trouver mon serviteur Job.,,. Job^ mon serviteur^ priera pour vous. {Job xlii, 8.)
Oii peut prier môme les âmes du purgatoire, d'implorer Dieu pour nous, d autant plus que nous pouvons croire pieusement qne ces ftme« , par un échange mutuel de
charité, (prient pour ceux qui prient pour elles. D'ailleurs elles ne sont punies que par un Dieu qui les «ime; et comme leur raison n'est pas troublée par la douleur, elles peuvent prier pour nous par la simple voie de supplication, qui n'exige pas do mérite. C'est ce qui fait dire avec raison au père Siiarez (1. i De orat.j c. 10, n. 2R) : « On peut les prier sans aucun péché, avec la pieuse croyance qu'elles entendront no» prières ; car on agit ainsi avec une crédulité et une affection pieuses et Ion ne s'expose à aucun danger. Car, bien qu'il puisse n'en pas être ain<:i', bien que ces âmes puissent ne. pas entendre ces prières, néanmoins la prière profitera à celui qui la foite. Et peut-être même est-il vrai que ces âmes, au moins quand elles jouiront de la béatitude, auront connaissance de toutes les prières qui leur auraient été adressées à celte époque , et seront disposées à intercéder pour ceux qui les avaient implorées. Il ne faut donc pas détourner celui qui trouverait de l'avantage et de la dévotion à prier de cette manière , quoique à dire vrai il n'y ait là aucune nécessité. Car la dévotion aux âmes du purgatoire se prouve mieux en cherchant a leur être utiles |)ar des œuvres satisfactoires et en priant pour elles. Cela suffit pour les porter k prier pour nous,
auand et comme elles le pourront, selon les éirets divins. »
Invoquons donc, après Dieu, les saints, et recourons surtout à la très -heureuse vierge Marie, mère de Dieu, par de ferventes et continuelles prières, afin que nos prières soient plus efficaces auprès de Dieu, L'Evangile nous montre en effet combien Dieu aime à nous faire du bien par la médiation de Marie, et combien il est doux à Marie do nous faire du bien par Jésus-Christ. Ainsi Jésus-Christ a voulu sanctifier saint Jean, encore dans le sein maternel {Luc. i, 39), en approchant de lui par Marie. 11 a voulu, nouveau-né, être reconnu par les pasteurs, en présence et sous les yeux de Marie. {Luc. II, 16.) 11 a voulu, petit enfant, recevoir, entre les bras de Marie, les adorations des mages. {JMfaith. n, 11.) 11 a voulu aller en Egypte, ix)ur y commencer la ruine de Tidolatrie, sous la conduite et dans la compagnie de Marie. {Ibid.^ 13.) Son premier miracle, le changement de leau en vin, il la opéré à la jiricre de Marie. {Joan. ii, 3.) Au moment ne sa mort, il nous a donné, dans la personne de saint Jean, Marie pour mère. (Joan. xix, 27.) Avant de retourner à son |.ère, il a voulu envoyer le Saint-Esprit à ses disciples, oui étaient en prière avec Marie. {Act. i, 1*.) Donc, dans la céleste liatrie, où Jésus- Christ est notre avocat auprès de «on Père, il voudra avoir Marie pour notre avocate auprès de lui; et comme il montre pour nous ses blessures à son Père, do même elle montrera à son Fils le sein qui l'a nourri. Le père Suarez (t. H, sect. 3) prouve, selon le sentiment de l'Eglise, que rintercession de la Vierge bienheureuse noui est plus que tout autre utile
PRl
DASCKTISME.
f Al
•> lO
et oécessaire, et que c'est clic que nous de- Tons prier lar-dossus tout. C>«t ce que démontrent aussi toutes les prières de Kgliso à la Mère de Dieu; par exemple, celle qui a été ajoutée à la Salutation angélique: Sainte Marie ^ mire de DieUy etc., ou celle-ci : Sainte Marie ^ secourez les malheureux^ et beaucouo d'autres.
Les saints Pères le démontrent aussi par de nombreux témoignages, dont nous allons citer quelques-uns. « Je demande par Tinteroession de la sainte Vierge, dit saint Ambroise (prec. 2 Prap. ad missam)^ gue ma prière so!t eiDcace. Car vous* lavez tellement comblée de mérites, qu'elle a été la première entre toutes les femn:es à vous offrir un don des {lus précieux, et aucune aussi n'a reçu comme elle d'aussi précieu>es faveurs. » Saint Germain de Constantinoj le dit aussi (Serm. de zona virg.) : « Personne ne reçoit ae grâce que par votre méJiation.» — a Nous honorons Marie, dit >'aiiit Eernard (Serm. de Nativ. Mar.) ; car telle est la volonté de celui qui a voulu nous faire tout obtenir par Marie, d Aussi le Catéchisme romain conclut avec justesse (De orat.): « Nous devons donc, nous, enfants d'Jive exilés, habitants de celte vallée de larmes, invoquer assidûment la Mère de miséricorde, l'avocate du peuple fidèle, afin qu'elle prie fïour nous, pécheurs; nous devons implorer I ar cette prière laide et le secours de celle dont une coupable impiété peut seule mettre en doute et rexcellence des mérites auprès «le Dieu, et le généreux désir de secourir le genre humain. » Après Dieu et la mère de Dieu, recourons encore aux autres saints par les invocations prescrites par l'Eglise ou fuggérées par notre dévotion particulière. Car, dit encore le Catéchisme romain (i prœcept,) : « Ils contemplent perpétuellement Dieu et se chargent avec empressement du pat.ona^e de notre salut dont le soin leur est confié. » Gerson [De orat,^ 1) nous recommande de recourir particulièrement aux saints qmii, soit à cause de la sublimité de leur rang, comme saint Jean-Bai)tiste, saint Joseph , sa^nt Michel , les princes des apôtres; sot à cause de leur plus étroite aflinité avec nous , comme notre saint ange garlien, le saint dont nous portons le nom, ou le patriarche de Tordre; soit à cause de leurs m'ra.les ou de cjuelque grâce particulière, sont plus spécialement nos protecteurs. Nous ne devons ms toutefois dédaig ier d'invoquer ceux d un ordre inférieur. Car, selon saint Thoiras (2-2, q. 83, a. 2, ad 8) : « Il faut adresser nos vœux nonseulement aux plus grands saints, mais aussi à ceux d'un rang inférieur: autrement il ne serait permis d'imï»lorer que la seule mif^éricorde de Dieu. 11 arrive parfois que Tinvocation d'un saint moins éJevé, e^t plus efficace, soit qu'on l'implore avec plus de dévotion, soit que Dieu veu'lle manifester f.a sainteté. » L'espérance , qui , par rapport aux saints, n'est pas une vertu théologîque, ne <lo* t I B^ cependant nous manquer dans ces invocations; cette espérance n'est que
relative, car nous ne regardons les saints que comme les instruments et les amis de Dieu ; et les grâces que nous demandons, nous les espérons de Dieu d'abord, et ensuite des saints. C'est pourquoi nous adressons aux saints et par les saints le Pater et VAv€y ainsi que les autres prières particnl'ères de Dieu et de sa très-sainte Mère. Cette espérance peut aussi être absolue, en ce fcns que les saints , qui , par une faveur de Dieu, sont ses amis et peuvent à ce titre nous accorder un puissant secours , et nous ol.tiennent des grâces par leurs prières. Cette csj érance e;i alors une vertu morale ou surnaturelle, qui se rattache à la force ou h la grandeur d'âme.
Non-seulement tous les hommes doivent prier, mais tous encore peuvent le faire utilement, bien (ju'il .^e trouve parmi eux des impies et des [écheurs; car leur prière n'est pas un péché.
1* Il est dit dans le livre iVEsdras (ix, 26) ; Jh ont irrité votre colère.,,, et au temps de leur affliction, ils ont crié vers vous, et voua les avez écoutés du cicL
2- Saint Thomas dit (2-2, n. 83, a. 1) : « Dieu écoute la prière du pécheur, qui procède d'un bon désir de la nature, non eu vertu de sa justice, puisque le pécheur ne Uf mérite pas ; mdis en vertu de sa miséricorde. »
3* La prière est une obligation pour les impies qui doivent dire : Délivrez^moi de mes nécessités. Il faut prier pour tous les hom* mes, justes et injustes, amis et ennemis, fidèles et infidèles; mais non toutefois pour les bienheureux, ni pour les damnés. Pour
Sue notre prière soit eflicace, et qu'eu vertu e la divine promesse elle obtienne infailliblement ce qu'elle demande, il est quatre conditions reauises. La première est gue chacun demande pour soi. Saint Augustin lu montre (tr. 102] en expliquant ces paroles* de saint Jean {%\i):Jl vous sera donné: «Les saints sont- exaucés quand ils prient pour eux-mêmes; mais ils ne le sont pa:> toujours quand c'est pour d'autres personnes, pour leurs amis ou leurs ennemis » : TKcriture sainte ne dit pas : // donnera^ mais t7 vous sera donné à vous. Saint Thomas en indique la raison (2-2, q, 83, a. 2): « Il arrive i3arfois que la m*ière faite pour un autre n est pas exaucée , môme quand elle est faite avec piété et persévérance, et
3uand elle a rapport au salut i.c'e.st à cause es obstacles qui surviennent de la \uiri de celui pour qui Ton prie, «^-Et il allègue ce texte : Quand Moïse et Samuel se présenteraient devant moi^ mon ca^ur ne se tournerait pas vers ce peuple, {Jer. xv> i.) Il cite un autre texte {l Beg. xvi, i) où Dieu rejette la prière de Samuel pour Saûl.
Toletus et Suarez ne regardent pas cotta condition de demander pour soi comme absolument nécessaire , parce que d'autres textes (Matth. vu, 7; Luc, ii, 8; Joan. xiv, 13) parlent sans restriction, et que le mot toits peut s'entendre d'une autre personne qi!e celle qui demande ; car lorsque nous
êèil
PM
mcTiONNAmE
PRT
prions pour un autre , c'est à noire prière
3 non donne et qu'on accorde ce que nous emandons pour cet autre. Ausss David dit an priant pour son flls : Qui $ail si le Seigneur me te donnera et s'il lui sautera la vie? {ri Reg., xii, ^.) En outre, il est dit sans exception (/ Joan,<i y, 13), <|ue le Fils de Dieu nous exaucera, dans tout ce que nous lui demanderons selon sa volonté: or sa volonté est que nous priions pour les autres, et il dit expressément : Si quelqu'un voit son frire commettre un péché qui ne ra pas à la mortf quii prie et Dieu donnera la vie à ce pécheur,, si son péché ne va pas A la mort, (ibid.^ 16.) Mais ce ne peut être une règle générale, puisqu'il arrive que la personne ^)our qui Ton prie mette obstacle à reQîcaoïté de la prière. Du reste, on peut concilier tout cela en disant, que la mauvaise disposition détruit Tinfaillibilité de la prière, tant pour soi que pour les autres; et en remarquant avec saint Thomas que, par rapport à sot, celui qui prie est vraiment b:en disposé, quand il observe les trois autres conditions suivantes; toutefois ces conditions no suffisent point évidemment pour que Tautre personne soit bien disposée. L'exemple cité de David ne peut s*appliquer ici , puisqu'il demandait une chose qui n'éla!t pas nécessaire au salut. Saint Jacques a donc soin de dire : Priez pour le salut les uns des autres. Car la prière est infailliblement exaucée, si des deux côtés on prie avec tontes les conditions requises Il n'est pas inutile d'ailleurs à celui qui prie pour lui-môme, de réclamer les prières d autrui. Ceci se rapporte à la condition de piété requise pour la prière et contribue puissam^ ment è la ftiire exaucer.
La seconde condition ou circonslanoc re«
Suise pour rinfaillibililé de la prière, est de emander des choses nécessaires au salut. Cherches d'abord le royaume de Dieu et sa justice^ et tout le reste vous sera donné par surcroît. {Matth. vi, 33 ) — .S't vous demandez à mon Père quelque chose en mon nom, il vous VaccoMera. (Joan. xvi, 23. ) Saint Augustin dit à ce propos (tr. 37) : « Tout ce que nous demandons do contraire à notre salut, nous ne le demandons pas au nom du Sauveur... C'est pourquoi quand nous voulons qu'il fasse ce que nous lui demandons, que notre demande soit faite en son nom, c'est-à-dire, au nom du Sauveur : donc nous ne (lovons rien demander do contraire à notre salut. » Saint Thomas nous enseigne aussi (2-2, q. 83, a. 5) qu'il nous faut demander absolument et sans condition les choses par lesquelles nous pouvons mériter la béatitude ; soit parce qu'elles sont bonnes d'une manière déterminée, et que nous ne pouvons en faire un mauvais usage ; soit Ijflrce qu'elles sont selon la volonté de Dieu^ et qu'ainsi Dieu les exaucera, (I Joan. v, 14.) Les illuminés nient qu'il fail e rien demander à Dieu de particulier, parre que nous ne savons pas ce qui nous est utile, selon fette paiHjle de rAjiôtre : Nous ne savons pas Ci que nous devons demander à Dieu aans.
nos prirres. {Rom,^ viii, 20.) 11 en est souvent ainsi ; mais il ne faut pas croire qu'il en soit toujours de môme, surtout quaml Dieu même nous instruit | ar la foi ou par un instinct intérieur, selon ce que TApAtre dit au môme endroit : Mais le Èaint-Eâpril lui-même prie pour nous. ( Ibid. ) Nous le voyons encore par l'Oraison dominicale^ les psaumes et la pratique de l'Eglise.
Sous la domination des choses nécessaires au salut que nous devons demander è Dieu, sont comprises non-seulement celles q^i sont strictement nécessaires ; mais aussi celles qui sont utiles, parce qu'elles sent aussi selon la volonté de Dieu.
l*" On doit donc demander les biens spirituels, qui ont rapport aux grâces gratifiâmes^ ou h la sainteté et h la |)erfection substantielle. Quant aux grâces données gratuite^ ment, qui ont rapport à la perfection et à la sainteté accidentelle, comme les visions, les révélations, on doit à peine les désirer, bien loin de les demander, à moins de circonstances tout à fait exceptionnelles.
2^ On dot désirer et demander les biens spirituels qui se rapportent indéûnimeut à la perfection substantielle, et cela selon la mesure de secours qui nous est déterminée
{)ar la divine Providence, afin de nons pf^rcctionner de plus en plus. Mais demander et désirer l'amour de Dieu et la perîec tien» au môme degré que dans l'Ame de Jésus- Christ, dans la sainte Vierge mère de Dieu et dans tous les anges et Tes saints, serait une présomption téméraire, si cette demande se faisait d'une manière absolue et affective. On peut tout au plus l'admettre sous forme d'un simple désir comHtionné, par manière do complaisance, comme ces demandes qui commencent par une de ces formules : M4i à Dieu que ! — Paissé-je ! — Si f avais le bon^ heur! etc.
3" On doit demander la grftee, soit suffisante, soit efficace, |)arce que Tune et laatro est nécessaire au salut.
4" La dénomination de chose nécessairas au salut comprend encore les biens temporels, non d'une manière absolue, mais en tant qu'ils sont utiles au salut, et sous cette condition tacite ou expresse. Gnr ainsi on les demande selon la volonté de Dieu. C'est pour cela que nous disons dans l'oraison dominicale: Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien. L'Eglise elle-même dans les Litanies et les autres prières de ce genre, adresse de semblables cfemandes \ ar Notre- Seigneur Jésus-Christ. Il «'est donc i)as permis de demander des biens tem[ crels dont l'acquisition serait illicite et préjudî* ciableau, salut : ce serait un péché, nonseulement à raison du mauvais dé>ir, mai« encore à raison de la prière f ar laquelle on demanderait à Dieu quelque chose de n^al, 11 est rare aussi quon jouisse prier Dieu» même dans un motif de bienfaisance , de nous accorder des biens temporels superilus, h moins qu'on ne le fasse dans la condition expresf e que ces biens seront utiles à uç)tre salut; çl cela, à cause <lu grand dau-
ger J'en abuser. Ouant aux biens de la vie, comoie la santé, la science, )a bonne réputation, la subsistance et les secours nécessaires à notre con:lition, t\ e.=t permis de les demander avec confiance, et il suftit pour cela de la condition imi'licito d'être «disposés 6 les perdre j:lutAt que d'offenser Dieu; mais il nous est inteniit de dcman-Jer il Dieu quelque chose en vi:c de In fcuIc utHIlé temporelle ou du simple plaisir; cnr celle demande ne serait pas seulement indifférente, mais encore mauvaise.
5° Parmi les choses ni^ccssaires an saint se trouvent encore 1rs iiiaui tem| oiels, les
fieines, comme les maInJics, le déshonneur, Bs persécutions et la mort ; il n'est pci mis de les demander, en tant qu'elles peuvent conduire au salut, qu'aux jcrsonnes pai-faites ou qui y sont poussées par une inspiration divine ; il e*l î>!us sûr d'ajouter : autant Ïue l'exige le tmn plaisir et la gloire de ieu. Mais Ismeilleuie de toutes lus piièrcs est de demander toutes ces choses d'ui e manière relative, ainsi les demander pltitdt que Dieu fiermette q^e nous ne tombions dans le péché. On peut aussi demander h Dieu tous ces maux pour d'auties personnes, en vue de leur conversion ou du bien général ; mais cette prifrie n'appartient en- C3re qu'aux parfaits, qu'à ceux qui sont exempts du trouble des passions, et seulement sous Incondilionqu'Js ne puisse autrement changer de vie, ou ijue Dieu no pourvoie pas aut:'emcnt à leur intérêt ou t l'intérêt général.
Ivt troisième condition ou circon; tance requise pour refficacilé de la prière, est de (lemandtr avec piM,c'est-i-<iire ; t° Avec foi. selon ce texte de l'Ecriture sainte : Tout et que voitt demanderez dan$ la prière, vom t'obtiendrez si tom le demandez avec foi. (Jl/a»/i. XXI, 22.] Saint Marc en dit autant (X), 2V), et ces deux évani'élistes s'accortlent i déclarer que si notre foi est exemirtc de toute hésitation, tout ce qu'elle t^rdonnvra, arrivera, i\\\a.nA n.émp elle dirait à une montai^ne : Ote-toi de là rt jetle-loi dans la mer, [Ibid.) B'aillcnrs In foi étant le commencement du salut cl la prière eflicare conduisant au salut, et redicncilé de la prière étant subordonnée h la demande de choses nécespa're au salut , il est évident que la foi doit fttre le fondement de la prière ; en outre, celui qui demande, doit nécessairement avoir foi a la promesse de Dieu, ainsi qu'à sa toute-puissance et Ji sa miséricorde, selon cette parolij de l'Evangile : Croyes-vous que jepiiisie fatre ce que vue demandez. {Math, ix, 2o.) C'est pourquoi saint Thomas conclut en disant (2-2, q. 83, a. 15, ad 3) «que la |)r!<>re s appuie )irincipalement sur la foi... quand ft sou efliracité h obtenir ce qu'elle demande. ■» — 2* Avec l'etpérance. Ce qui nous donne de la confiaaice en Dieu, c'ett qu'il nous exauce m tout ce que nous hii demandant, qui en. conforme à $a volonté, (fjoan. v, H.) — Allons donc nous présenter arec confiance dtranl le trône de sa grâce, afin d'y recevoir misr'rîcordf et d'y trorrer le secours de sa
riSME. Pin 5Tf
ordre dans nos liisoins. lUebr. iv, 16.) — ^a>nl Thomas remarque a ce sujet que la confiance nous encourage ft la prière , si nous réfléchissons que nous n'avons pas à nous ajiprocher du trône de justire du souverain nu, pour l'avenir quand il jugera , mais d« son IrOne de grâce, dans le temps présent,
Siiajid il fait miséricorde. — 3" .4ï<rc charité. ar dilTérenls textes de l'Ecriture sainlu montrent que l'elBcacité de la prière exîgn une tmnneionscicnce, c'tsl-à-dire la charité ou l'exemption du péché. A'î notre caurtic nous condamne point, nous avons de l'assurance devant Uira, cl quoi que nous lui deuiandions, nous le recevrons (le lui , parce çue n-jus ijardontses comnmi'dcmc}i!i!.{l Joan.m, 21 , ^2.) — Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez tout ce que vous voudrez, et il vous sera accordé. (Joan, xv , 7. ) — Si j'ai çardé l'iniquité aa fond de mon cœur, le Seiijneurne m'exaucera point, (Ps. lxv, 18.)
Poi:r que la prière des infidèles soit efficace, ils |)euvent et ils doivent demander le don (le In foi parfaite, s'y ticiter et s'y disnoscr p.ir la foi imparfàte. El mémo alors leur prière sera encore imparfaite si on la comjwire avec la prière des fidèles. Ceux-ci sont fondés , en effet , sur la promesse de Dieu, à laquelle ils croient déj' faite pour eux-mêmes; tandis micrs sont fondés seulement s corde et la toute-puissance d( connaissent jiar la lumière de \i des secours et desKrAccs qui foi. Si cependant les infiuèlt toutes les dispositions i^ossibli
diont infailliblement la foi ,si —
fjnllihtiilé propre aui^ lidèles, du moins aveo l'infitdlibililé que donne l'exercice de la miséricorde de Dieu, qui ne refuse pas sa grâceà quiconque fait tout ce qui dépend de lui. De môme les fidèles ne sont |:as fondés sur une promesse tout h fait absolue, et, sans une révélation spéfinle, no sont certains, d'une certitude de foi, d'obtenir ce qu'ils demandent ; ils sont dans le doute, soit en raison de la matière, De facljant pas si leur demande est agréable h Dieu, soit en raison de leur propre disj^osllidn, C(tr les fidèles ont seulement do la foi la certitude que Dieu ne rejettera pas leur prière si leur demnndt* ett utile au salut. C'est par l'es] érance que nous y arrivons, car c'est il elle que se rattache rettc sorte de doute,
A la certitude de foi de la |iarl de l'inlelliçcnce, doit se joindre la certitude d'espérance ou deconhance dclaïuirtdcla volonté; c'est i-ar elle que nous sommes persuadés d'être exaucés en vertu des promesses et de la miséricorde de Dieu, entant que cela doii nous être utile, plutôt (pie repous; 6s àcausi» de notre indiguilé. Cette espérance ne doit pas exclure la crainte que notre prière ne soit point cxNurée par siiilé do notre peu do (iispositions. l'ar celte crainte, sagement modérée, excife l'espérance au lieu de la déliuire, et s ujipléc- n l'insulTisanco des dispo-» ■ sit'ons par Ihumililé, qui c<t d'un puissant