II. Le plusgrand privilège de la très-saiDt
Mère de Dieu consiste dans la communia' tion toute spéciale qui lui a été faite de Divinité, par la maternité du Fils de Die communication dont elle s'était rendu digf en s'assimilant par la i)erfe( tion de ses œi vresà l'humanité du Cnrist. Nous donc ans parla méditation de ce privilège, nou>i»ou rons être excités à nous assimiler aux œi vres de l'humanité du Christ, i rexem(le sa très-sainte Mère, et nous | ourrous Rft obtenir, par la grâ::e sanctifiante, une fo munication sf^éciale de la divinité, et < progrès très-rapides dans la vie et la perfc tion chrétienne.
L'union de l'humanité et de la divin dans Jésus-Christ s'est faîteau moment ul^; de la conception : Voici que vous cwcnf et mettrez au monde un fils , et vous Cappf lerez du nom de Jésus : i/ sera qrand et se nommé le Fils du Trcs-IIaut. {Luc, i) <" pourquoi la bienheureuse Vierge Mar e appelée avec raison non-seulement 3/^^ Christ ( X/&c(iTOT'ixofc ) , mais encore M^^n Dieu (hmtôxoç). Nous l!i>ons en etTet, : YEpttre aux Galates (vi , 4), que Dieu en^^>î son Fils, engendré d'une femme, cngend^ sous la loi. Elle est donc justement appcll
DASCETISME.
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la Môrc de Dieu , olle qui a con^u , enfanté et mis au monde le Fils unique de Dieu : 1* Les Pères les plus anciens lui donnent expressément ce titre: Si quelqu'un^ dit saint Grégoire de Nazianze (or. 51), Ne croit pas que Marie est la Mère de Dieu , il nie la Divinité, Saint Cyrille (I. de recta Me) rapj)orte à ce sujet les témoignages d Âtticus , Anthiochus, d'Amphiloque, de saint Chrysoslome , etc. 2' Ce titre a été positivement reconnu par les saints conciles , et entre autres par celui d*Ephèse (c. 1) et celui de Calcédoine (art. 5).
Cette maternité est la plus haute perfection que puisse atteindre la simple créature. L^s Pères sont unanimes à le déclarer. « La bienheureuse Vierge, dit saint Thomas, jmr cela qu'elle est la Mère de Dieu, posiètle une certaine dignité infinie provenant du bien infini qui est Dieu : sous ce rapport il ne pouvait rien v avoir de plus grand. » (i, p. q. 25, a. 6, ad. 4.) « Si toutes les créatures, h quelque haut degré d'élévation <iu'ellcs fussent parvenues, se trouvaient j»résentes, elles devraient se prosterner devai't la Mère de Dieu. » (Saint Bonaventure^ I, d. &4, dub. 3.) En effet. Dieu s'est uni à la Mère de Dieu, non d'une manière hj- ['.ostatique immédiate, en no constituant ((u'une seule personne, mais par la plus haute et la plus intime communication que imisse recevoir une simple créature : d'ailleurs elle Ta porté dans son sein, Ta rais au monde. Ta allaité de son sein. C'est ce qui fait dire h saint Thomas de Villeneuve : « 11 n'est pas besoin d'un plus long récit; cela seul suffit pour le triomphe et l'exaltation de la Vierge. Aussi l'Évangile en ))arle-t-il bien rarement : il a cru avoir assez fait pour sa gloire, en disant : Cest d'elle que naquit
Jésus Quelle gloire, quel honneur, quel
éclat, quelles vertus et quelles grâces la Mère de Dieu ne dut-elle ims posséder ? jp (Serra. 3 De Naliv.)
En out re, la méditation affective du privilège de la virginité^ dans la très-samte Vierge, est la voie qui mène le plus directement à son imitation , autant du moins qu'il nous est donné d'y arriver , et, par conséquent, aux progrès dans la vie et la i>erfection chrétienne.
En effet , la sainte vierge Marie est le modèle le plus complet et le plus beau de la virginité dont est capable une simple créature, soit parce qu'elle a toujours con- .servé sa virginité corporelle avant, pendant et après l'enfantemeiU , et tiu'elle a été exempte de tout péché véniel et de tout mouvement de concupiscence ; soit parce qu'en restant toujours yierge, elle avait une Arae ornée de la virginité la plus parfaite, virginité dont elle s'était fait une obligation, non par une simple résolution, mais par un vœu, selon les saints Pères et tous les théologiens. C'est ce qui résuhe de la réponse qu elle fit à l'ange : Comment cela pourra-t-il fe faire, puisque je ne connais pas d'homme? (Luc. I, 34.) «Et elle n'aurait pas ainsi parlé, dit saint Augustin, si elle n'avait pas
déjà voué sa virginité à Dieu. » L. de sanda virginit.^c.k.) Il n'est donc personne qui ne puisse et ne doive, à sa manière, faire tous ses efforts, afin d'imiter dans cette vertu la bienheureuse Vierge , à la fois épouse et mère : les mères, sinon en restant vierges, au moins en étant toujours chastes; les éjioux, en observant avec chasteté le fftand sacrement, figure de l'union de Jésus-Christ avec l'Église; les célibataires, sinon par un vœu, au moins par une ferme résolution de garder la chasteté du corps et de l'Ame ; les vierges, en imitant la sainte Vierge, par vœu ou par ferme propos; chacun, enfin, en observant la chasteté d'une manière conforme à son état.
Le vœu de virginité n'a pas empêché la réalité du mariage entre Marie et saint Joseph. En etiel : l'dans la sainte Écriture, saint Joseph est appelé Vépoux de la sainte Vierge , et celle-ci V épouse de saint Joseph. (Matth. I, 16, 10, 20, 2^.) 2" Saint Augustin a dit (1. \%ni Contr. Faust. y c. 20) : Quoique le mariage nait pas été consomme, saint joseph nen a pas moins été le mari de la sainte Vterge, 3" L'essence du mariage ne peut exister sans le lien. Donc il y a eu vraiment mariage entre la sainte Vierge et saint Joseph.
C'est pour diverses raisons que la sainte Vierge, même après un vœu de virginité perpétuelle, a contracté mariage avec saint Joseph, selon la volonté de Dieu. Parrapl>ort à Jésus-Christ : V c'est afin que Jésus- Christ ne fût pas repoussé des Juifs et des infidèles, comme fils illégitime; 2* afin que le fil de sa généalogie, qui se tirait onjinairemcnt du côté paternel, ne fût pas interrompu; 3* pour cacher au démon l'enfantement de la sainte Vicrçe; k' pour que Jésus-Christ eût un nourricier dans sa tendre jeunesse.
Du côté de Mar.'e, c'est : 1* pour qu'elle ne fût pas lapidée par les Juifs; 2* pour qu'elle évitât le déshonneur; 3* pour qu'elle eût un soutien dans ses besoins, surtout pour la fuite en Egypte.
De notre côté, c'est : 1" afin qu'il fût prouvé par le témoignage de saint Joseph que Jésus- Christ naquit d'une Vierge; 2' pour réfuter les hérétiques qui condamnent le mariage.
La méditation affective d'un troisième privilège do Marie, celui par lequel elle est exempte de tout péché, nous fournit les moyens d'une imitation très-efiîcace pour nous, pécheurs, afin qu'expiant les fautes commises et nous abstenant d'en commettre de nouvelles, même les |lus légères, autant qu'il est permis à chacun de nous arec le secours de la grâce divine, nous puissions avancer sans obstacle dans la vie et la perfection chrétienne.
En effet : 1' c'est par une faveur toute singulière que la vierge Marie a été constamment exempte de toute faute, originelle ou actuelle , grave ou légère , exempte m/:mc de toute im| erfection. Nous devons donc l'imiter de telle sorte, que nous nous frfliPdions, autant que le permet iiolre faible^st^
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lion îiculeiîiciît de tout grare péché, mais oricore, nvc. le secours de la grâce, des fnutes vénielles, an moins de celles qui sont rommiscs de propos délibéré, cl dos imperfections de notre état : 2' bien que la trèsfain'.e Vierge, comme nous venons de le dire, ait été exempte de tout pé.:hé et même do tout danger de péché , et confinnée en grAî^e, selon les Pères et les théologiens, néanmoins, dans tons les périls et apparences de péché, elle s'est conduite avec autant de sagesse et de circonspection que si elle avait été sujotle au péché. Ainsi elle
salutation d'un ange. Elle fut frappée de crainte, ajoute saint Jérôme, parce qu'elle n était pas accoutumée à l'aspect d'un homme. A plus forte raison devons-nous donc, misérables pécheurs que nous sommes, imiter cette prudence attentive de la très-samtc Mère de Dieu, et parce que nous pécho is do temps en temps, et parce que nous pouvons pécher bien plus souvent encore.
L'Immaculée Conception de la bienheureuse vierge Marie a été niée, vers Tan 1387, par Jean de Montesono, docteur théologien de TorJre des Prédicateurs. Son opinion fut condamnée par l'Université de Paris, dont la dé:^ision fut confirmée par Pierre de Ordéomont , évôaue de Paris. De Montesono en aiipela à Clément VU; mais, prévoyant qu'il jSerdrait sa cause, il préféra décliner le jusement, et, s'étant échappé <rAviçnon , il r.it ahrindouné |vir les siens, qui cnantèrent la |»alinodie. Vers Tan 1431, h réfKjquo du concile de Bâle, les théologiens étaient en vive discussion sur Tlramaculée Concejjtion ; et les Pères du concile, jugeant qu'il était temps d'adopter une décision sur ce sujet, chargèrent Jean de la Tour-Brûlée de leur donner son opinion sur ce point. Mais le Pa()e Eugène ayant transféré le concile à Ferraro, de la Tour- Brûlée {de Turre cremata) quitta Bâle avec la majorité des Pères du concile; toutefois, ceux qui s'opiniâtrèrent h rester à Bâle, déclarèrent (sess. xxxvu ann. ItôO) que l'opinion favorable à l'Immaculée Conception de la sainte Vierge, était pieuse, conforme au culte de l'Eglise, h la foi catholique, à la droite raison et aux saintes Écritures, et cpi'ello devait être adoptée par tous les cat.ioliques, avec défense de prè.^her ou d'enseigner l'opinion contraire. Ce décret fut rendu quand ce concile n'avait plus d'autorité légitime ; c'est pourquoi Sixte IV ne fait aucune mention de ce décret dans sa Constitution de l'année 1476, par laquelle il accorde des indul|;ences à ceux uni réoiteraiont , à la fôte de la Conception , la messe et l'oHit c de la sainte Vierge, approuvés par lui, ou qui y assisteraient. En 1483 il publia une nouvelle constitution dans laquelle il condamne ceux qui osent afllirmer que c*est un iiéché mortel de célébrer cette fôte, et une hérésie «le soutenir que la sainte Vierge a été ciemiite du péché originel. Cette consti-
tution avait été provoquée par uno discussion de Vincent ne Braudolis, de Tordre dos Prédicateurs, soutenue h Ferrare, et qui rr.ntredisait l'immaculée Conception. Le dé: ret du concile de Bâle fut ado; té par un syno^iç tenu à Avignon en 1457, et par ITnivcrsité de Paris. Lan 1494, Trilhoinius ICon.mmt, de laudibus S. Ànnœ) écrivit en faveur de rimnuiculée Corne, ition, et 5on opinion fut défendue par les Tniversilés de Paris et fie Cologne, par l'ordre des Carinél tes cl des Frères Mineurs, et jiar plusieurs cardinaui, archevêques et évoques. Bien plus, l'Université de Paris rendit en 1497 un déirel par lequel personne ne | ouvait obtenir le grade de docteur, s'il ne professa t relie opinion et s'il ne faisait serment de la défendre courageusement ; elle déclarait ainM l'opinion contraire fausse, impie et crronnée. Enfin, à l'époque du concile de Trente, le tra'té de la Tour-Brûlée, peu connu jusqu'alors, fut fiublié; mais, bien que la firiwrt des Pères de ce concile reconnusseil j Ifnmaculée Conception , ils ne voulureiit toutefois pas condamner l'opin'on contraire; néanmoins, dans le décret sur le péché originel, ils prescrivirent l'observation des constitutions du Pape Sixte IV, et maintinrent les peines prescrites contre leur transgression. Plus tard la discussion vint ïi ^e réveiller sur ce point, et Pie V, en 1570, publia une constitution qui établisfait de sévères punitions contre quiconque osera t publiquement attaquer l'une ou 1 autre opinion. Quant aux personnages éminents, qui. sans donner matière à aucun scandale, soutiendraient des discussiolns publiques à ce sujet, il leur permit de le discuter, avec cette réserve : que personne ne se hasarderait à trader d'erronée aucune des deut opinions, le Saint-Siège n'ayant rien déridé sur rimmaculée Conccpiidn. Paul V ronlirma cette disf position en 1616 et 1617; il défendit de janmis oser soutenir dans les sermons , les lectures publiques ou les thèses, que la sainte Vierge a t été connic avec la tache originelle , sans toutefois vouloir rien |>réjugcr sur l'opinion contraire. Grégoire XV, en 1622, établit : 1* que celui qui, dans les actes publics, soutient llmnuv culée Conception , doit s'abstenir de rombattre l'opinion contraire, et se taire à re sujet; 2' qu'étant informé que l'opinion o;posée à 1 Immaculée Concej;*tion soutem ij dans des assemblées particulières, avait suy cité des opinions nouvelles, il défendait de la soutenir, -môme dans des actes privi^^^i n'exceptant de la défense que les Frèrci Prêlieurs; 3* que dans Tolfice e'désiasj tique de la Conception de la sainte Vierj^r on ne devait employer, en public ou en i-ar ticulier, d'autre t'tre que celui «le la Conrep tion, sans aucune adaUion. Enfin, Alciao dre VII, en 166J, établit des peines sévèrd rentre celui qui ose-a^t révoquer en dowi Tofunion, le culte ou la fête de la Conception ou l'attaquer sous n'importe quel prétexte il défend néanmoins de traiter d'heréliquç ceux qui soutiendra'ent l'opinion contra r<
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et de prétendre qu*lls pé;:he{it mortelle- Dient; enfin, il ne Teut pas trancher la difficulté. C*est ainsi que les rois d*£spagne Philippe III auprès de Paul V, et Philippe iV auprès de Grégoire XV, ne purent obtenir aucune décision qui terminât la question (H).
De tout cela il résulte que Tlmmaculée Conception u*est pas encore un article de foi. Quoique l'Eglise célèbre la fête de la Conception de la sainte Vierge, c^est moins à titre de Conception Immaculée qu*à titre de Conception joyeufe, parce que nous avons feçu avec elle le premier gage de notre rédemption. C'est pour cela que Grégoire XV recommande^ dans la messe et Toffice, de dire, non Concepiion Immaculée^ mais sim*^ plement Conception, Dans les constitutions oQs Souverains Pontifes, les termes d'Immaculée et de 'sans tache se rapportent seulement à Marie. Et même les termes par lesquels Clément XI prescrit d'observer la fête (ie la Concepiion de la bienheureuse Vierge Marie Immaculée j ayant été, par une faute d'impression, changés, dans une ville d'Italie , en ceux de fête de V Immaculée Conception^ etc., le même Clément XI prescrivit aussitôt à l'ordinaire du lieu de réprimander vivement celui qui avait ainsi altéré le texte de l'ordonnance , et de supprimer Téditîon. Les Frères Mineurs jouissaient de- I)uis longtemps du privilège de dire dans la préface de cette fête : Et te in Conceptione Immaculatu : uo décret de Grégoire XVI 14 mars 1838) a étendu ce privilège à toutes es églises de la ville. D'ailleurs, quoique cette fête fût célébrée sous le titre d'Immaculée Conception, il ne s'ensuit pas que ce mystère soit déclaré par l'Eglise mystère de foi. L'Eglise peut en etfet pieusement et religieusement nonorer et proposer à honorer , rimmaculée Conception, se fondant unique- ' ment sur une certitude morale et sur une S3çe opinion que ce mystère est digne de ce culte, bien çiu il n'ait pas la certitude d'une vérité de foi. Néanmoins c'est un sentiment moralement certain, partagé par tout le peuple et toutes les universités cle la catholicité, fondé sur des décisions manifestes du Saint- Siège apostolique, que la bienheureuse Vierge Afarie n'a jamais contracté la tache wiginellc. Scot en donne la raison suivante: « Dieu a pu faire que la sainte Vierge fut conçue exempte du péché originel, faveur qui tourne à Phonneur de son Fils, et qui rend plus grande et plus glorieuse la perfection de la Mère de Dieu : ni la raison, ni l'autorité de TEcriture sainte ou de l'Eglise ne s'y opposent. C'est pourquoi Dieu l'a voulu, et par conséquent il l'a fait. De plus, Jésus- Christ a racheté la très-sainte Vierge, Quoiqu'elle n'eût jamais été l'esclave du péché. Le Rédempteur a été parfait, et sa mission était de racheter d^une manière parfaite, c'est-à-dire de délivrer de toute peine. Or la privation de la grftce de Dieu, même pendant
(41) On connaît, deptiis, b magnifique encyclique (le Sa Sainteté Pic IX a ions les évoques du monde.
DlCTIONNAIAE D*ASCÉT1SMB. II.
un seul instant, étant la plus grande des peines, il était convenable que quelque créature, et ce devait être sans contredit la trèssainte Mère de Dieu, n'eût jias même un seul instant été dans la disgrâce de Dieu, mais, en vertu des mérites de Jésus-Christ, fût constamment à l'abri du péché et de la haine divine : elle a dû donc être conçue sans péché, comme lexigeaient les trois attributs du Christ, le plus parfait pacificateur, médiateur et bienfaiteur. 1» L'Immaculée Conception n'est pas contredite , 1* par les paroles de saint Paul ( ad Rom. ), qui dit que tous les hommes ont péché dans Adam% Car il s'ensuit seulement aue tous ont péché quant à la dette, mais nullement quant à Timputation actuelle; en sorte que cette parole est vraie de tous, prise dans un sens non absolu. C'est ainsi que Jésus-Christ est mort pour tous les hommes, non que tous fussent pécheurs quant à l'acte, mais seulement quant à la dette et quant à l'exigibilité de la peine. 2" Il ne faut pas ol:\jecter que la sainte v ierge est née d'une semence corrompue ; car cette semence a été corrompue seulement quant à la conception matérielle, mais non quant à la conception formelle et quant à la grice. 3* Ne prétendez pas non plus que, dans cette supposition, la bienheureuse Marie n'aurait pu être rachetée : elle le fût en effet par une rédemption, non libérative, mois préservative; car le rachat ne Suppose point toujours une captivité actuelle, mai^ il suffit poor cela qu on doive l'encourir.
On discute dans i'école nour savoir si c'est en vertu d'une dette procnaine que la trèssainte Vierge devait contracter le péché orig nel. La réponse est le plus communément nilirmatite ; soit parce qu'autrement elle n'aurait pas été rachetée proprement par Jésus-Christ, comme n'étant pas comprise sous lobiet de la Rédemption, c'est-à-dire sous l^ péché d'Adam, en tant que péché de nature; soit parce que , si Adam n'eût pas péché, la sainte Vierge aurait eu le droit de recevoir la justice originelle : donc, puisau'Adam a péché, elle a dû contracter le péché originel, par cela même qu'elle est descendue d'une origine corrompue, ))rivée de la vigueur projjagative de la justice originelle. Et, en effet, par cela même que la bienheureuse Vierge Marie a été, par un privilège spécial, préservée du péché originel, on suppose
Sii'elle était comprise sous la loi commune, ne faut pas olyecter : V que cette loi n'a pas été portée pour la sainte Vierge , car, si el)e ne l'a pas été pour elle quant à l'exécu* tion, elle l'a certainement été quant à l'obligation; 2* que la dette procnaine est en quelque sorte une onbre de péché, ce qui ne r<)nvient i>as à la sainte Vierge , car cette ombre de péché souille la nature et non la personne : elle ne contraint pas à contracter te péché, mais seulement à la dette du pé« ché. C'est pourquoi la sainte Vierge n a jamais été privée de la grAce quant à la per-
et la réponse de Tcpiscopat sur Tlmmaculée conception.
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