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paroles du Psolmiste : J'ai élevé Uêveus vers votif, ô mon Dieu, qui habitez dans les cieuxl Comme les yeux des serviteurs sont fixés sur tes mains de leur maître^ et ceux de la ser^ vante le sont sur celles de sa maîtresse^ de même nos yeux sont tournés vers le Sevjneur notre Dieu^ jusqu'à ce quil ait pitié de nous, { Psal. cxxiu ) Nous devons nous tenir dans une disposition semblable en présence de Dieu; toujours prêts à recevoir ses ordres, et toujours prompts à les exécuter au moindre signe qu*il nous fera.
Le troisième défaut à éviter, c*est de ne prendre que peu de temps et même pas du tout pour faire oraison, sous prétexte qu'on la fait toujours dans quelque occupation qu'on soit. Lorsqu'on s'est habitué à Toraison dont nous parlons, et crue Dieu par sa bonté nous y a introduits, elle devient presque continuelle, et, quoi qu'on fasse, on ne perd guère de vue la présence de Dieu. Or, cette heureuse expérience donne occasion à quelques personnes de ne plus prendre de temps fixe pour l'oraison, croyant que c'est inutile, puisqu'elles font oraison tout le jour, et que souvent même elles la font mieux en allant et venant, qu'en se mettant en devoir de ne faire que cela. Mais elles se trompent, en ne prenant pas garde que Inattention amoureuse a besoin d'être fortifiée, car, avec le temps, elle va diminuant comme un ressort qui s^ffaiblit peu à peu. Cette attention est combattue par une intinité d'autres qu'on ne peut pas s'emuêcher d'avoir en agissant; elle a donc besoin de se remettre et de se rétablir, et tout cela se fait dans les heures que l'on consacre spécialement à l'oraison.
Si dans le temps destiné à Toraison on est quelquefois pliirs distrait que dans d'autres, cela provient de l'activité de l'imagination, laquelle étant occupée dans les actions extérieures, nous laisse alors un peu plus en f)aix; niais aussitôt qu'on veut se mettre dans e repos de l'oraison, n'étant plus arrêtée à rien d'extérieur, elle court de tous côtés. Au reste, il n'en est pas de même de toutes les personnes qui font oraison; car il y en a qui goûtent un vrai repos de toutes leurs puissances, bien plus grand dans le temps destiné spécialement à cet exercice que dans tout autre. Quoi qu'il en soit, n'omettez jamais de consacrer un temps particulier à l'oraison, autant que vos obligations et vos devoirs, qui doivent toujours être préférés, vous le î^ermettront. Ce temps est nécessaire, si vous êtes tourmenté par une imagination vive et ardente, afin de venir à bout de la captiver et de la réduire à agir de concert avec les autres puissances; si vous ne Têtes pas, afin de vous affermir et de vous établir de plus en plus dans le repos sacré dont vous jouissez.
Le quatrième défaut à éviter, c'est l'oisiveté. Elle a lieu quand dans l'oraison l'on ne fait pas ce qu'on est obligé de faire; qu'on n'a pas soin de se recueillir, et d'exciter son esprit quand il est abattu, en cherchant Dieu par (juelques actes particuliers; quand on né^lipço de consentir à l'opération de Dieu,
s'il lui platt d'agir en nous; qu'on perd le temps en des pensées inutiles qu'on pourrait étouffer, et dont on se laisse accabler par lAcheté.
Bien des personnes appréhendent d'être oisives dans l'oraison, et ne le sont pas du tout. Les unes sont en cette erreur, parce que cette oraison étant beaucoup plus simple et plus éloignée du sensible que la précédente, elles croient ne rien faire, n'avant plus ces tendresses et ces sensibilités qu elles avaient coutume d'éprouver autrefois. D'autres pensent être dans l'oisiveté, parce que leur attention à la présence de Dieu, n'étant plus aidée d'aucune représentation, ne laisse plus dans leur mémoire de souvenir distinct et particulier; d'autres, parce que teur Ame est aans une privation totale de toute expérience ou action de Dieu en elles, et que leur attention à Dieu est aride et imperceittible. Mais toutes ces Ames s'abusent, quana elles croient être oisives : les premières, parce que leur oraison étant plus parfaite que par le passé, elle est plus spirituelle, et ainsi dénuée de toute sensibilité; les secondes se trompent, parce que souvent Dieu nous ôte tout souvenir distinct et formel de sa présence, parce Qu'elle nous était comme un soutien, et qu'il veut voir si nous lui serons fidèles sans ce secours; les dernières se trompent, parce que c'est une épreuve de Dieu que cette privation, qui est d'ordinaire une préparation à une plus grande grâce, si on est fidèle à la soutenir comme il faut.
Il est certain que, tant que rattention amoureuse demeure en l'Ame dans toute sa vi-
§ueur, celte expérience qu'elle a de Dieu au edans d'elle-même lui donne une assurance si grande, qu'elle n'est point oisive, quoiqu'elle ne fasse point d'actes distincts ; que quand on lui dirait le contraire, elle n'en croirait rien : mais quand cette expérience ou sensibilité de Dieu lui est ôtée par la privation , alors elle est fort tentée de croire qu'elle est dans l'oisiveté. Mais est-ce donc être oisif que do demeurer dans la foi et dans la croyance de Dieu présent, quoique cette foi ne soit pas appuyée du sensible? Est-ce être oisif que d exercer la patience en attendant le retour de Dieu? Est-ce être oisif que de continuer à le chercher sans cesse, quoiqu'il continue à se cacher de nous? Est-ce être oisif que de vouloir n'aimer que lui, ni songer volontairement à autre chose qu'à lui, quoiqu'on n'ait aucune satisfaction à l'aimer, ni aucun goût à penser à lui ? Assurément ces Ames ont tort de se persuader qu'elles sont oisives.
On éprouve assez souvent dans l'oraison certaines privations; car la conduite la plus ordinaire de Dieu, quand il- veut élever une Ame à quelque degré d'oraison plus éminent, est de l'y disposer par des privations. Or, comme dans le même état d'oraison il se rencontre divers degrés plus relevés les uns que les autres, pour passer d*un moins parfait à un autre plus parfait, on trouve pour l'ordinaire des privations qu'il faut soutenir fidèlement si l'on veut avancer. Cette fidélité doit consister à faire son de .
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voir avec autant (Inexactitude que si Ton était dans les plus grandes jouissances spir tuelles ; h donner autant de temps à Torai- 8on que si Ton y trouvait la même paix et la môme satisfaction qu*autrefois ; à se tenir dans Tindifférence pour les privations et les Jouissances, ne voulant que le bon plaisir de Dieu; enfln à ne se relâcher en rien, ni pour les austérités, ni pour la solitude, ni pour le reste.
Le cinquième défaut à éviter, c'est le découragement à la vue de ses imperfections. De temps en temps on sent que Thumeur n'est [»as mortifiée, que les inclinations sont encore toutes \ï\es^ que les passions ne sont pas mortes, que les mauvaises habitudes ne sont pas déracinées. On en éprouve les premiers mouvements ; ce sont comme des éclairs qui menacent du tonnerre ; on- se voit quelquefois à deux doigts de sa inerte, on ne sait si Ton avance ou si Ton recule, on croit môme être plus méchant que jamais. Or, tout cela en abat plusieurs, et c'est h tort. Car il faut savoir : !• qu'avant d'ôtre en cet état d'oraison, on avait les mêmes imperfections; mais on s'en apercevait moins, parce que la vue n'était pas pénétrante et si pure ; 2" que le démon prend plus de soin à présent d exciter en nous tous ces premiers mouvements, afin de nous laisser tomber, ou nous décourager; 3* que Dieu nous laisse ces imperfections, et nous les laissera môme quelquefois dans des étals plus relevés que celui-ci, pour servir de contre-poids à notre orgueil et de matière à notre patience. Est-il en effet rien de plus humiliant, après s'êlrç vu élevé avec les anges dans son oraison, que de se voir ensuite abaissé avec les animaux par ses passions ? Est-il rien de plus mortifiant que de se voir rempli de mille imperfections qu'on ne saurait souvent distinguer d'avec les véritables péchés? Mais tout cela sert à ceux qui en savent profiter, et Dieu ne manquera pas de nous en apprendre le secret, pourvu que nous lui soyons fidèles. Marchons donc toujours vers lui, avançons même au milieu de nos faiblesses, comme disait une âme fort éclairée, et ne demeurons jamais en chemin pour quelque imperfection, et même pour quelque péché où nous puissions tomber.
Quant aux peines et aux difficultés ordinaires de cet état, ce sont à peu près les mômes que dans le précédent ; mais il est très-important de parler des tentations extraordinaires dont Dieu permet qu'on soit quelquefois éprouvé, quand on s'attache fortement à la pratique de cette oraison et qu'on a le bonheur d'y avancer.
Les tentations qu'on éprouve dans cet étal d'oraison sont extraordinaires pour trois raisons : i* parce qu'elles ne sont nas communes à toutes les âmes qui tendent à la perfection, et qu'on peut être fort avancé sans que pour cela ont ait jamais passé par ':es terribles épreuves , Dieu ne conduisant pas toutes les personnes par la môme voie; 2* elles sont beaucoup plus violentes que celles qu'on éprouve communément et dont
on parle, parce qu'elles sont comme les plus redoutables batteries du démon, et comme les derniers efforts de cet esprit infernal ; 3* elles n'arrivent guère qu'aux âmes élevées à des étals extraordinaires et fort avancées dans les voies de la perfection.
Quoique les desseins de Dieu soient souvent impénétrables, sur ce sujet comme dans tous les autres, on ne laisse pourtant prs que d'entrevoir quelques-unes des fins qu'il peut avoir en permettant au démon de tenter des âmes qui lui sont chères : 1* C'est pour les purifier comme l'or dans la fournaise; cardans tous les étals d'oraison, on ne laisse pas d'être sujet à plusieurs petites imperfections dont on a besoin d'être éj^nré, cl Dieu pour cela se sert des tentations; 2* c'est pour les faire avancer dans les voies de la perfection, et l'expérience fait voir que ce moyen est excellent; en effet, avec la fidélité à la grâce, on surmonte tous les obstacles, et Dieu, qui sait tirer le bien du mal, fait tourner au profit des âmes fidèles la rage même du démon ; 3"Dieu permet quel-
Suefois ces tentations pour servir au salut e quelques personnes pour lesquelles ces âmes s'offrent comme des victimes à la justice de Dieu.
Le démon attaque ces âmes au dehors cl plus souvent au dedans; au dehors, en se présentant à elles sous quelque figure horrible. Ainsi il apparaissait à saint Antoine et à d'autres saints, comme on le voit dans leurs I tf5, et quelquefois il les maltraitait et les frappait jusqu'à les laisser à demimorts. Parfois, sous une fausse apparence, il a donné des conseils à de pauvres âmes qui se seraient perdues si elles les eussent suivis. Souvent il s'est présenté sous ]» figure de quelque saint, et même de Notre-Seigneur, en faisant des discours de piété, mais où le venin était caché sous do belles paroles. Il se sert encore de bien d'autres mo)^ens pour vaincre les âmes; mais sa batterie la plus ordinaire est de mettre le désordre au dedans, autant que possible, et de donner de si fortes impressions des plus horribles péchés, que l'âme ne sait souvent où elle en est. Quelquefois aussi ce sont des impressions de désespoir, des doutes fur la foi, des tentations d'impureté, de blasphème cl de haine contre Dieu ; quelquerois des pensées de haine contre le procliain, d'aversion et de défiance pour son directeur, et d'horreur pour les choses les plus sacrées.
La tentation de désespoir consiste en ce que le démon persuade a certaines personnes qu'elles sont réprouvées , et que leur salut est désespéré ; et elles le croient si assurément, qu'il est presque impossible de les désabuser. Qu'on juge de leur peine. Dans le fond elles aiment Dieu parfaitement, cpioiqu'elles l'ignorent, et qu'il leur semble qu'il n'y a plus de Dieu pour elles, et qu'elles en seront séparées pour jamais. Quelquefois elles entendent dans leur intérieur comme une voix qui leur dit sans cesse : Finis le ]»Ius 16» possible une vie aussi mi5éraWe que
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