‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 50 sur 315 · DICTIONN.URE · texte numérisé non relu

DICTIONN.URE

ser rélat de privalion, puisqu'il a aussi une grande force pour nous puriûer; mais c'e.-t pour faire voir que Dieu a plus d'un moyen pour sanctifier les âmes, et qu'il le fait également par les privations et par les jouissances. ÏAi meilleur moyen pour nous est celui où Dieu nous mettra, et dans lequel nous serons fidèles à recevoir l'opération divine.

Le troisième avantage, c'est qu'elle nous anime à faire beaucoup pour Dieu. Sainte Thérèse, dans son Chemin de la perfection, dit ces belles paroles : « Lorsque Dieu donne à une âme ces gages si précieux de son amour, c'est une prouve qu'il a de grandes vues sur elle, et qu'il ne tient qu'à elle de s'avancer beaucoup dans son service. » Le recueillement passif est donc, selon celte sainte, un moyen excellent pour animer une âme, et l'encourager à faire et à souffrir de grandes choses pour Dieu.

Le quatrième avantage, c'est qu elle nous remplit d'amour pour Dieu. Peul-on être, non iwis auprès du feu, mais au milieu du feu sans être embrasé? En ellct, Dieu, dA TEcriture, est un feu consumant {Uebr,, ui); et puisque dans celte oraison l'âme se renose en Dieu, c'est-ànlire au milieu d'un feu dévoy rant, comment ne pas en être embrasé ? Aussi sainte Thérèse appelle cet état un royaume d'amour: en sorte que lorsque nous faisons cette demande du Pater : Votre royaume nous arrive, et que Dieu nous a mis dans cette oraison , il nous a accordé notre demande, et nous a donné son royaume d'amour.

Le cinquième avantage, c'est qu'elle commence à nous unir à Dieu de la manière la plus excellente; le recueillement passif on repos de l'àme en Dieu est le commencement de cette union adorable qui forme le cinquième degré d'oraison.

L'oraison passive et toutes les autres appelées extraordinaires contiennent deux choses : !• quelque degré d'élévation au-dessus des oraisons communes; 2" un moyen plus excellent pour acquérir l'amour de Dieu et les autres vertus. Or, on ne doit jamais désirer la passivité à cause de son élévation et de son état extraordinaire, et si une telle pensée vient à l'esprit, on doit la rejeter comme abominable ; mais on peut la désirer comme un moyen d'être plus vertueux et plus rempli de l'amour de Dieu. Si on demandait à quelqu'un : Voulez-vous être grand dans le ciel, et y occuper un haut degré de gloire? 11 dirait aussitôt : Oui, ije le désire de tout mon cœur. Et si on lui demandait pourquoi il le veut, et qu'il répondit : C'est uour être plus heureux et plus grand; ce clésir ne serait pas bon, son intention serait mauvaise , il y aurait là de l'orgueil, de l'aud^ition et de l'amour-propre. Mais s'il répondait : Je veux être élevé dans le ciel pour y aimer Dieu davantage ; j'ai si peu égard pour mon bonheur, pour Telévaiion et la grandeur, que si je pouvais séparer ces choses de l'amour, je les laisserais à Sii les voudrait, et je me réserverais l'amour; QrsoQ lui dirait que son désir est bon et

son intention excellente. Qu'on ap|di(iue ceci à ceux qui aspirent à l'oraison passive, et on verra que la comparaison est juste.

Cette maxime, qu'il faut se tenir à la dernière place (Luc, xvi) et y attendre que Notre-Seigneurdise : Montez plus haut [Ibia,], s'accorde bien avec cet autre, que l'on a le droit et qu'il est bon d'aspirer à une oraison surnaturelle. Elle veut dire, en effet, que nous ne devons pas nous ingérer dis nous-mêmes et sans vocation dans un état quelconque de sainteté et de perfection ; que nous ne pouvons pas [parvenir aux derniers degrés d'oraison par nos propres forces, même aidés de la grâce ordinaire ; qu'il faut un secours tout extraordinaire et des grâces spéciales pour y arriver ; que sans ce secours tous nos efforts seront vains. Mais elle n a jamais signifié au'on ne pouvait pas désirer d'avancer dans l'oraison, et au'on ne devait pas aspirer à un état capable de nous faire aimer Dieu davantage. La charité, la foi et l'espérance, sont des vertus qu'on ne peut acquérir de soi-même; elles sont au-dessus de nos efforts; c'est à Dieu seul à les donner quand il lui plaît. Qui doute cependant qu'on ne puisse les désirer, qu'on ne doive les demander, et qu'on ne soit môme obligé de se disposer à les recevoir? Pourquoi n'en sera-t-il pas de même des dons d'oraison qui sont d'excellents movens pour augmenter la foi, l'espérance, la cfiarité et les autres vertus ? 11 est vrai que le nom d'oraison extraordinaire que l'on donne à ces communications intimes, fait peur à bien des gens, mais sans raison; car si par ce mot d extraordinaire on entend une oraison infuse, il faudrait avoir peur de tous les dons du Saint-Esprit, puisqu'ils sont tous infus et surnaturels ; si on entend une oraison rare, on convient qu'elle est rare, mais à qui la faute ? Sainte Thérèse va nous l'apprendre dans sa Vie écrite par elle-même : « Il y a plusieui^ âmes, dit-elle, qui arrivent à cet état d'oraison (l'oraison passive), mais peu qui passent outre; je ne sais à auoi en attribuer.la faute^ étant certaine quelle ne vient point de Dieu. » On voit que le sentiment de cette sainte est : !• que plusieurs arrivent iusqu'à l'oraison de recueillement ; 2* que s il y eu a peu qui vont au delà, c'est leur faute, et non celle de Dieu qui ne manque pas de leur faire cette faveur, s'il les trouve disposés à la recevoir.

Se tenir à la dernière place ne signifie pas qu'il faut s'attacher à la méditation, ou à l'oraison affective sans prétendre à autre chose ; car ce serait s'abuser fortement, si sous ce prétexte on se bornait à la méditation ou aux affections,*et si l'on s'y attachait de manière à n'en pouvoir être arraché que par un miracle. N'est-il pas mieux de tâcher d'avancer dans l'oraison, que de s'obstiner à demeurer toujours dans les premiers degrd^, attendant pour en sortir une vocation extraordinaire, qui ordinairement n'est donnée qu'aux personnes qui s'y sont disposées ? A la vérité, on en a vu plusieurs qui, après avoir pratiqué quelque temps la méditatioui

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en om été tirés tout à coup; mais c*étaieut des Âioes qui ne voulaient pas gêner l'esprit de Dieu, qui s'abandonnaient a lui, qui ne s'entêtaient d'aucune voie, et qui laissaient h Dieu le soin de leur conduite. Quant aux mitres, je ne pense pas qu'il s*en trouve; l'esprit de Dieu, pour opérer de grandes choses dans une âme, veut qu elle soit docile et parfaitement soumise à ses mouvements. On l>eut bien s'en tenir à la méditation et aux affections, jusqu'à ce que Dieu nous en tire ; mais il faut en même temps être attentif à la voix de Dieu, en se préparant à monter plus haut et à recevoir ce que lui seul peut donner, ce à quoi nous pouvons nous disposer.

Si ces paroles : Mettez-vous à la dernière place [Luc, xrv), voulaient dire : Ne faites pas d'efforts pour vous disposer à des oraisons plus parfaites, parce qu'il ne faut pas désirer les dons relevés, comment saint Paul, après avoir fait le dénombrement de plusieurs dons surnaturels qui ne sont pas même d'une grande utilité pour le salut de ceux qui les ont reçus, aurait-il dit aux Corinthiens : Entre ces dons désirez tes meilleurs, ou les plus excellents J Voici donc le véritable sens de ces paroles du Sauveur , Tenez-vous dans la dernière place : C'est-àdire soyez humbles; mettez-vous au dernier rang de votre estime, ne vous préférez à personne, préférez tout le monde à vousmême, n'aspirez pas aux honneurs ni aux choses purement éclatantes. Mais que votre humilité ne soit pas non plus une véritable lâcheté ; qu elle ne vous détourne pas d'as-

Cirer à ce qui peut vous rendre plus agréale à Dieu, et ne vous empêche pas d'espérer que Dieu, quand il lui plaira, saura tirer le faible de la poussière, et relever le pauvre du fumier, pour le faire asseoir avec lesprin- CCS de son peuple. (Ps. cxii.)

Cer',es, 1 humilité ne saurait être un obstacle au désir d'avoir un très-haut degré de rharité, de faire des choses grandes et excellentes pour le service de Dieu, et d'aspirer h s'unir à lui de la manière la plus parfaite. Disons donc à Dieu avec l'épouse des Cantiques : Tirez nous après vous, et nous courrons à rôdeur de vos parfums (Cant, i), et peut-être qu'il nous arrivera ce qui lui' est arrivé : Le roi m* a fait entrer dans ses ceU liers (Jbid,), symboles de ces oraisons où les âmes sont samtement enivrées du vin délicieux de l'amour divin. Ainsi dans l'oraison de recueillement et dans celle d'union, on )>eut, aussi bien que dans les autres degrés ti oraison, se tenir à la dernière place, c'està-dire pratiquer l'humilité, être dans la dépendance de Dieu, dans le désir des mépris et des souffrances ; le témoignage de sainte

t Thérèse finira sans doute par en convaincre, car elle dit dans sa Fte écrite par elle-même, en traitant de l'oraison de recueillement : « Celte sorte d'oraison est fort puissante, et I on obtient plus par elle que par tous les «iscours de 1 entendement. »

On peut se disposer à ces oraisons non û^uises, mais infuses et surnaturelles, de la

même manière qu*on se dispose à tous les autres dons infus et surnaturels que Dieu accorde à qui lui platt et (juand il lui plati. Car il y a deux sortes de dispositions aux dons surnaturels ; l'une prochaine, qui est tmmédiatement suivie de la faveur à iaquelie on se dispose, et l'autre éloignée, qui n'en est suivie que médiatement. Quand un fiécheur,

1)ar exemple, fait un acte de contrition )?aràite, la grâce et l'amitié de Dieu lui sont immédiatement données, parce que la coittrition parfaite est la disposition prochaine à ia grâce. Quand ce même pécheur fait Tauroône, un acte d'humilité , de mortification, il se dispose à fléchir le cœur de Dieu , et à recevoir la grâce qu'il a perdue et qu'il demande; quoiqu'il ne l'obtienne jas immédiatement, ses bonnes œuvres sont des dispositions éloignées pour l'obtenir un jour de la bonté de Dieu. De même on peut dire qu'il y a certaines dispositions éloignées, si propres à toucher le cœur de Dieu et à l'engager en quelque sorte à accorder le don des oraisons surnaturelles, qu'ordinairement par sa pure bonté il l'accorde aux âmes qui ont ces dispositions.

Or, ces dispositions sont celles que nous avons indiquées en parlant des marques ordinaires de vocation à l'oraison d'attention amoureuse à Dieu présent, ( Voir ce mot, ) En voici quelques autres plus abrégées : un fréquent recueillement actif, un parlait abandon de nous-mêmes à l'esprit de Dieu, une grande désoccupation de toutes les créatures, une grande assiduité à l'oraison , à laquelle on consacre chaque jour un temps considérable, une grande pureté d'âme, et une soumission aveugle a la volonté de Dieu. Les défauts de l'oraison passive sont au nombre de sept. Le premier, c'est de chercher le repos, la paix, la douceur plutôt que Dieu même. Celui qui en use ainsi renverse les desseins que Dieu s'est proposés en lui faisant part de ce recueillement ; car Dieu ne nous accorde pas ses dons pour nous y arrêter, mais pour nous faire passer d'eux à lui. Ils ne sont que comme des appâts dont il se sert pour nous attirer; aussi les âmes vraiment touchées de l'esprit de Dieu ne prennent point ainsi le change en s'arrêtant aux douceurs de l'oraison , au lieu d'aller jusqu'à Dieu ; c'est lui seul qu'elles cherchent , c est lui seul qu'elles aiment; elles reçoivent l'oraison passive seulement comme un moyen de s'unir à Dieu, ne voulant que lui, etse tenant inviolablement attachées S sa volonté. Voici comme saint François de Sales parle de ces saintes âmes dans son livre de CAmour de Dieu : « Cette quiétude en laquelle la volonté n'agit que par un très -simple acquiescement au bon plaisir divin, voulant être dans l'oraison sans aucune prétention que d'être à la vue de Dieu selon qu'il lui plaira, c'est une quiétude souverainement excellente , d'autant qu'elle est pure de toutes sortes d'intérêts; les facultés de l'âme n'y prenant aucun contentement, ni même la volonté, sinon en sa suprême pointe, en laquelle elle se contente ^(^ n'avoir aucun CDn-

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iomom» sinon celui d'être sans contentement pour I*amour du bon plaisir de son Dieu en qui elle se repose ; car, en somme, c'est le comble de Tamoareuse extase , de n'avoir pas en sa volonté son contentement, mais en celui de Dieu, ou de n'avoir pas son contentement en sa volonté, mais en celle de Dieu. »

Saint François de Sales ne veut pas dire qu'on ne sent pas de satisfaction dans cette oraison, mais qu'on ne met pas son contentement dans ces satisfactions.

C*est dans ce sens que saint Paul dit aux Corinthiens : Que ceux qui se réjouissenl soient comme ne se réjouissant pas^ ceux qui usent de ce monde comme n'en usant pas, (/ Cor,<, vn.) Ce grand Ai)(jlre entend que nous ne devons pas être attachés aux choses du monde, et qiie nous devons passer au milieu des joies, des biens et des douceurs sans nous y arrêter, mettant notre repos et notre joie ,en Dieu seul.

Le deuxième défaut de Toraison passive^ c'est de vouloir examiner ce qui se passe en nous dans le temps du recueillement. Voilà encore ce que dit à ce sujet saint François de Sales dans son livre de l'Amour de Dieu : <c L'Ame à qui Dieu donne la sainte quiétude amoureuse en Toraison, doit s'abstenir tant qu'elle peut de se regarder soi-même ni son repos, lequel, pour être gardé, ne doit point être curieusement regardé ; car qui s'affectionne trop le perd , et la juste rède de le bien affectionner, c'est de ne point faffecter. Et comme lenfant qui pour voir où il a ses pieds, a été sa tête du sein de sa mère, et y retourne aussitôt^ ainsi faut-il que si nous nous apercevons d'être distraits par la curiosité de savoir ce que nous faisons en Toraison, soudain nous remettions notre cœur en la douce et paisible attention de la présence de Dieu , de laquelle nous étions divertis. »

Le troisième défaut, c'est de vouloir agir tandis que Dieu agit en nous; alors il faut laisser a Dieu la place tout entière , autrement c'est gAter Vouvrage de ce grand artisan. Il serait mal à une Ame d'agir dans le temps que Dieu opère en elle : avec tous ses actes elle ne peut rien faire de si bon et de si parfait que c« qui sV fait ; tout ce qu'elle pourrait obtenir de la Donté divine, ce serait qu'il lui accordât ce qu'elle a déjà. Il faut donc qu elle le conserve sans remuer et sans se mettre en peine de faire des actes qui troubleraient son repos et qui lui seraient dommageables ; Dieu se retire du moment quon veut mettre la main à son ouvrage. On rapporte que Notre-Seigneur apparut un jour à une sainte Ame, et q^u'il lui donna ce conseil : « Sois devant moi comme une toile bien tendue, sur laquelle je puisse peindre à

(49) Bossiiet répondant aux difficultés que madame de la Maisonforl lui avait proposées sur le livre des Etats iVOraison, convient que Dieu, quand il lui plilt, laisse la liberté dans les états passifs, comme il est croyable qu'il la laissa à Salomon dans ce ravissement, où il choisit la saj^esse, puisque Dieu Ten récompensa; que Timpuissance de produire

mon aise, p Cette comparaison exprime fort bien notre pensée ; car, de même qu'on empêcherait un peintre de perfectionner son ouvrage si l'en remuait incessamment la toile sur laquelle il travaillerait, et qu'on l'obligerait même de l'abandonner tout à fait, de même Notre-Seigneur abandonnera l'ouvrage qu'il a commencé en nous, si nous ne nous tenons immobiles devant lui , tandis qu'il travaille en nous. Remarquons, en passant , l'excellence de l'oraison passive : dans les autres états nous travaillons avec Dieu, dans celui-ci il travaille seul, et l'ouvrage doit être d'autant plus parfait, au'il n'est point gAtépar la faiblesse et les misères de la créature. (49) Le quatrième défaut, c'est de ne point agir quand Dieu a cessé d'agir. Le recueillement ne dure pas toujours ; si dans la cessation de cette opération de Dieu nous n'agissions pas, nous tomberions dans l'oisiveté. Que faire alors ? Il faut se présenter à notre Maître, nous tenir devant lui, toujours prêts à recevoir les impressions qu'il voudra nous donner, l'inviter à recommencer son o^jh vrage, ôter tout ce qui peut l'empêcher de travailler en nous ; prier la sainte Vierge et nos saints protecteurs d'intercéder pour nous, aiin que Notre-Seimeur continue en nous son travail. Mais si l'oisiveté est un défaut, l'empressement en est un autre. Plusieurs, dès qu'ils n'éprouvent plus lopération de Dieu, s'inquiètent, multiplient les actes, poussent soupirs sur soupirs , et font prières sur prières; cet empressement' leur nuit plus

2u'il ne leur profite; ils en font trop. Il j en a 'autres qui n'en font pas assez, et ce sont ceux qui alors n'agissent pas du tout. Ordinairement ils ont un grand tort ; car souvent Dieu ne cesse d'opérer que pour nous donner lieu d'agir ; il veut nous faire pratiquer les actes des vertus prescrites , et voir si nous aurons soin de le chercher. Le mieux alors, c'est de faire de temps en temps de petits efforts modérés, d'interrompre ses actes par de petites pauses, et d'être toujours prêts à laisser faire Dieu dès qu'il lui plaira de reprendre son ouvrage.

Le cinquième défaut, c'est de donner trop de temps à l'oraison, ou d'y en donner trop peu ; on se trompe et l'on se méprend grossièrement lorsque, amorcé par la douceur que Dieu fait quelquefois goûter dans Foraison, on y donne plus de temps que l'état, la condition et les emplois ne le permettent; on se trompe également lorsqu' ayant du temfis dont on peut aisposer légitimement, on n'en donne pas assez à l'oraison.

Le sixième défaut, c'est de se retirer plus qu'on ne doit des emplois et des occupations extérieurs auxquelles on est tenu de vaquer à raison de son état et de sa condition, les quittant pour donner plus de temps à

alors des actes n^est pas toujours absolue;... que le libre arbitre a^tdans la patsivUé; qu*il y a certaines actions tranquilles que Tàme y exerce ; que la liberté se conserve même quelquefois dans les extases H les ravissements. (Lettres de Bossuet à madame de la Maisonfort, LeU. XII, rép. vni, xn, xxv )

D'ASCETISME.

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Toraison. Ainsi un pêredefanillle ne doit pas donner à l'oraison le temps qu'il faut pour avoir soin de ses affaires ; une femme ne doit pas se laisser aller aut attraits de l'oraison jusqu'à oublier les soins de la vie domestique. Celui qui est tenu à l'étude ne doit pas la quitter, quelque répuj:çnance qu'il y éprouve ; celui qui est obligé de converser avec le monde ne doit pas cesser de le faire, quand son devoir l'y oblige; celui qui doit instruire les autres' ne doit pas quitter le confessionnal ou la chaire, quelque dégoût qu'il ressente à ces fonctions ; mais on doit marcher en la présence de Dieu dans tous ces emplois extérieurs; on aura peut-être plus de peine et plus de déj^oût à le faire que si l'on était dans la retraite ou la solitude, mais on sera aussi agréable à Dieu et aussi parfait.

Le septième défaut, c'est de paraître mélancolique et chagrin. Ce n'est pas qu'on le soit ; mais il ne suffît pas de ne pas 1 être , il faut tâcher de ne point le paraître. On le doit h l'intérêt de l'oraison et à Tédiflcation du jirochain. A l'intérêt de l'oraison , parce que -'air triste et chagrin la décrie, et que les mauvais Chrétiens disent journellement que la piété rend les gens sauvages; h l'édification du prochain, qui est plus attiré par un extérieur ouvert et affable qtie par des raanières^sérieuses, sèches et trop resserrées.

Si les personnes qui sont dans cette oraison semblent parfois un peu mélancoliques, c*ost que le recueillement fait que nos puissances étant rentrées au dedans de nous, nous ne nous apercevons pas de la composition de notre extérieur; d'où il arrive que quelquefois on paraît d'une humeur sombre et morne, quoiqu'on n'ait jamais été si content. Plusieurs qu'on accusait d'être mélancoliques ont aflirmé sincèrement qu'ils ne l'avaient jamais été moins; c'est qu'on ne voyait que le dehors sans pénétrer leur intérieur. 11 faut, toutefois, condescendre à la faiblesse de ceux avec qui l'on doit vivre, et faire quelque effort pour avoir un visage serein et ouvert. Surtout point de ces paroles rudes qui ressentent le chagrin et la colère, ce qui arrive surtout quelquefois à ceux qui sont encore novices dans cette oraison. Voici ce qu'en dit saint François de Sales dans son Traité de ramour de Dieu : « L[âme qui, en ce doux repos, jouit de ce délicieux sentiment de la présence divine, quoiqu'elle ne s'aperçoive |^as de cette jouissance, témoigue toutefois clairement combien ce bonheur lui est précieux et aimable quand on veut le lui ôler ou que quelque chose l'en détourne ; car alors la pauvre âme se plaint 01 gémit, pleure même quelquefois comme nn enfant qu'on a éveillé avant qu'il eût as- "^ez dormi, lequel, parla douleur qu'il ressent de son réveil, montre bien la satisfaction qu'il avait dans son sommeil. » D après ce témoignage, on comprend qu'il en cs.i 6t celui qui commence à goûter ce repos sacré, corarae d'un enfant au sein de sa mère ou ^*un homme qui dort. Le premier se fllche ^îïanj on veut lui ôler le sein de sa mère,

DicTioNTÇAiRE !>' Ascétisme. II.

et le second murmure quand on le réveille ; mais, comme ce sont là des défauts, il faut travailler sérieusement à s'en corriger.

Il y a certaines voies dans l'oraison qu'on ne doit pas désirer, sous quelque prétexte que ce puisse être. Ainsi, il nesl jamais permis d aspirer h ces grâces éclatantes dont Dieu ne favorise ordinairement que certaines personnes sur lesquelles il a des desseins particuliers, et qu'il veut conduire par des voies tout à fait extraordinaires, telles que les visions, les révélations, les extases, les ravissements, les paroles intérieures. Disposons-nous sans doute, autant aue possible, à être trouvés dignes d'être élevés à l'oraison d'tinton, mais soyons en repos, sans nous mettre en peine de ces autres grâces, sans lesquelles nous ne laisserons pas d'être agréables à Dieu. C'est ravis de sainte Thérèse, qui dit dans son Château de Vàme : « Vous devez prendre garde de désirer, et ne point prier Dieu de vous conduire par ces voies, parce que, bien qu'elles vous paraissent avantageuses et qu on doive beaucoup les estimer, elles ne vous seraient pas utiles pour plusieurs raisons ; » et eette sainte rapporte ensuite ces raisons, dont la principale est que ce serait agir contre l'humilité.

Ainsi, pour les visions^ il faut entrer dans les sentiments de saint Pierre, disant à Notre-Seigneur : Retirez-vous de mot, car je suis un pécheur. [Luc. vui.) En se tenant ainsi bas et humilié, et en ne voulant s'atta cher qu'à Dieu seul, on n a rien à craindri/ et on ne sera jamais trompé. — Pour les ré relations^ ne pas s'y arrêter et se bien garder de se gouverner par ces voies extraordinaires, tant pour la conduite des autres que pour la sienne propre. — Quant aux extases^ prier Dieu de ne pas nous donner ces grâces, îju moins devant le monde, ensuite ne pas faire en cela consister la vertu, car ce sont seulement des moyens extraordinaires de Dieu pour nous la faire acquérir. — Quant aux paroles intérieures^ il ; faut les recevoir quand Dieu nous les donne. Il est sûr, comme nous l'apprend sainte Thérèse dans sa Vie écrite par elle-même, que Notre-Seiffneur se sert parfois de ce * moyen pour laîre avancer les personnes auxquelles il accorde cette faveur; et il y en a plusieurs ^qui, après avoir reçu cette grâce, en ont tiVé de grands profits.. Il faut donc par humilité ne pas les désirer, mais les estimer; et, quand il nous les donne, en tirer toute l'utilité qu'il attend de nous. (Voy. Y an. Visions Extasbs, etc.)

Il est vrai que le démon en a trompé plusieurs en se transformant^ non-seulement en ange de lumière (II Cor. xiv),' mais en Dieu même ; cependant il est facile de discerner ses paroles de celles de Notre-Seigneur : les siennes ne nous portent jamais au véritable renoncement de nous-mêmes, non plus qu'à l'humilité; et celles de Notre-Seigneur, au contraire, portent à la pratique de ces solides vertus. Sainte Thérèse (dans son Château de Vâme) donne trois marques

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f our connaître le5 paroles qui viennent de Dieu : !• les paroles divines sont toujours a/compagnécs de leurs effets ; 2** Tâme, par suite lie ces paroles, se trouve dans une grande tranquillité ; 3* elles demeurent imprimées dans res(.rit, en sorte qu'on s'en souvient longteraj^s. Après tout, il ne faut pas se donner tant de peine pour examiner de q[uelle part nous viennent ces paroles •nléneures ; quand elles nous portent à faire le bien conformément à notre état et à notre condition, il faut leur obéir. On rapporte dans la Vie d'un saint religieux de la Compagnie de Jésus, qu'il était souvent favorisé de ces paroles intérieures ; mais, craignant par excès d'humilité, d*être trompé p»ar le démon , il perdait du temps pour voir de qtii elles pouvaient être. Notre-Seigneur lui dit un jour : Quand on présente à quelqu'un du fruit avec la branche qui le porte, que fait-il? — Je crois, répondit le Père,

Îuit manae le fruit et Jette la branche. — ■ais-en (te n:éme, lui dfit Notre-Seigneur; fais le bien auquel te portent ces paroles intérieiH'eSy sans te mettre en peine d'où elles viennent.

Tant que le recueillement dtire dans cette oraison, il est h la vérité accompagné d'une grande paix et d'une grande douceur, mais quelquefois aussi elles en sont bannies. Saint François de Sales dit formellement « qu'en cet état il arrive h l'âme d'être en sécheresse et tellement abattue, qu'elle ne sent aucun signe de la présence de Dieu. Ainsi, simplement elle sait qu'elle est en présence de son Dieu, qui veut qu'elle soit là. » {Traité de l'amour de Dieu) On voit que VOraùon de recueillement passif n'est pas toujours un temps de douceur et de suavité (50).

Outre l'absence de douce»;rs, cet état a aussi ses (««Mnes et ses tentations. D'abord la douceur m^me qui accompagne assez communément l'oraison passive ne laisse pas d'être entremêlée de petites amertumes causées par les distractions et les folies de l'imagination; ensuite, quand le recueillement est fini , l'âme, se trouvant laissée h elle-môme, éprouve alors toutes les angoisses dont on a parlé ailleurs; elle n'est donc pas sans peine, et ce lui en serait une lort grande, si eï}e en était exempte, car elle sait que cette vie est le temps des croix, et que Notre-Seigneur a soin d'en favoriser ses amis ; en sorte que si elle s'en voyait privée, elle aurait lieu de douter si elle est de ce nombre.

Pour se rendre les peines profitables, il faut faire provision de patience dans le temps de l'oraison, ne pas s'affectionner aux plaisirs qu'on y goûte , mais se souvenir des croix qui doivent suivre ces plaisirs et imiter la prudente fourmi, qui fait sa petite provision pendant Télé pour s'en servir pendant 1 hiver. La vie spirituelle a ses temps d'été où l'on brûle d'amour de Dieu, et ses hivers

(50) « n y a une bonne ëécheresse qui consiste dans une foi si simple el sj nue, qu'on n'y reçoit qne rimprossiaii el Tamour de la vc'»rii(^, sans auniu ac

OÙ l'on est tout de froid et tout de glaee. C'est dans l'été qu'il faut se précautionner contre les rigueurs de l'hiver. La vie spirituelle a aussi sa paix et sa guerre : dans la paix il faut se préparer à la guerre, et dans ta guerre aspirer à la paix.

Les peines et les tentations, toutes fortes qu'elles peuvent être, ne peuvent renverser les âmes parvenues à cet état ; car il faut se persuader d'une vérité de foi, c'est que Dieu donne toujours des grâces assez fortes pour se défendre de toutes sortes de tentations, quelque grandes qu'elles puissent être. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens , nous assure de cette importante vérité par ces belles paroles : Dieu est fidèle, et il ne souffrira pas que vous soyez tentés au delà de vos forces ; mais, en permettant la tentation, il vous en fera sortir avec avantage, en sorte que vous pourrez la supporter, (i Cor. 1, 10.) Il est donc ceçtain qu'il n'est point de tentation dont on ne puisse venir à bout avec la grâce de Dieu, ^râce qui ne nous est jamais refusée. Mais il est certain aussi qu'il n'est point d'état, quelque sublime el quelque relevé qu'il soit, qui puisse nous garantir de toute chute; et voilà ce qui est capable de faire trembler les j)lùs forts, et ce qui donnait un juste sujet de crainte au grand Apôtre, qui, tout ravi qu'il avait été au troisième ciel, disait de lui-même : Pour moi, je cours, et je ne cours pas au hasard: je combats, et je ne donne pas de coups en fair; mais je traite rudement mon corps^ el je le réduis en servitude, de peur qu'ayant prêché aux autres, je ne sois moi-même réprouvé. (I Cor. IX, 26.) Comment, après un tel exemple, ne pas rabattre toutes ces petites vanités qui pourraient s'élever dans une âme quand elle se voit dans des états d'oraison peu ordinaires. 11 n'est que trop vrai que nous serons toujours sujets au péché, et même à la damnation , en quelque étal que nous soyons, si nous ne prencns garde et si nous ne sommes fidèles à nous tenir dans l'humilité; vertu seule capable Je nous préserver de toutes les chutes qu'on pourrait faire, et qu'on fera infailliblement si l'on n'est humble et petit à ses propres yeux.

Si dans cette voie l'on se relâche et qu'on se laisse aller à quelque désordre, on peut encore se relever, car il n'est jamais permis de renoncer à l'espérance. Toutefois, il semble que les terribles paroles de saint Paul dans l'épître aux Hébreux conviennent I>t'ïrfa:tement à ceux qui, après avoir été dans les saints états de l'oraison, se relâchent, les quittent et s'abandonnent aux vices : Jl est impossible, dit-il, que ceux oui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don du ciel, qui ont été rendus participante du Saint-Esprit, qui se sont nourris de la parole de Dieu et de Vtspérance des grandeurs du siècle à venir, et qui, après cela, sont tom-

conipagnement de douceur et de lumière sensible. » iLellrei de BoUuct à malame de. la Maison fort, Lett. Il, r<^p/xi.)

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IVASCETISME.

bé8;il est impotsible quih se renouvellent par la pénitence: car^ autant quil est en euXf ils sacrifient de nouveau le Fils de Dieu et V exposent à C ignominie. Lorsqu'une terrey souvent abreuvée des eaux de la pluie^ produit des herbes convenables à ceux qui la cultivent y elle reçoit la bénédiction de Dieu ; mais, quand une terre ne produit que des ronces et des épines^ elle est en aversion à son maître et elle est menacée de sa malé^ diction^ et à la fin il y met le feu, (Hebr, vi, 4, etc.) Ces paroles de saint Paul doivent nous porter à une grande fidélité à la grâce. IJ est Don cependant de remarquer qu'il ne s'açit que d'une impossibilité morale, c'est-* è-dire d'une très-grande difficulté ; l'Apôtre n'a pas voulu dire qu'il était absolument impossible que ces sortes de personnes se convertissent jamais, mais seulement qu'il était très-difficile ; et, en effet, il n'est i)as sans exemple d'en voir revenir quelquesunes de leurs égarements. Pour cela, il leur faut imiter les voyageurs qui, après s'être égarés, vont reprenâre le chemin là où ils l'ont quitté. Ainsi, c^s âmes doivent reprendre ï oraison, y employer lout le temps qu'elles avaient coutume d'y mettre, et la faire, autant que possible, de la même manière qu'auparavant, car il n'est pas en leur pouvoir de rentrer dans le recueillement passif, qui dépend uniquement de Dieu. Mais il faut au elles se tiennent autant qu'elles pourront dans le recueillement actif, qu'elles reprennent leur solitude et leur retraite, redoublent leurs austérités, s'humilient profondément à la vue de leur infidélité, se tiennent prosternées aux pieds de Notre-Seigneur, les errosantdeleurs larmes, et ilaurapitiéd'elles. Quant h ceux qui n'ont pas commis de péché mortel, et qui ne sont pas tombés dans de grands désordres, mais seulement se sont ralentis clans celte voie d'oraison, en vivant dans la tiédeur, voici l'avis que leur donne sainte Thérèse : « Je conjure au nom de Dieu, ceux à qfui il a fait une si grande faveur que de leur donner l'oraison de quiétude, de considérer quel en est le prix , afin de l'estimer autant qu'elle le mérite, et de croire fermement, par une humble et sainte confiance en $a bonté, qu'ils ne seront pas touchés du désir de retourner goûter les viandes d'Egypte. Mais si par leur lâcheté, cette tentation les ébranlait, qu'ils se remettent toujours devant les yeux le bien qu'ils ont perdu» et qu'ils marchent avec crainte. Que s'ils ne rentrent dans l'oraison, leur mal ira toujours en augmentant, et ils tomberont enfin tout à hit; car n'est-ce nas une véritable chute, de ne pouvoir se résoudre à rentrer dans un rhemin par lequel on était arrivé à un tel bonheur? » Et un peu plus bas, elle ajoute : « Je les exhorte seulement, et je les conjure do ne pas cesser de faire oraison, puisque c'est le moyen de reconnaître leur faute, de s'en repentir, et d'obtenir de la bonté de Dieu la force nécessaire pour se relever; sinon, je ne crains pas d'assurer qu'ils sont en très-grand péril. » (Fie de sainte Thérèse, écrite par elleiQdme.}

RÉFORME DE RELIGIEUX. - Cette réforme est le rétablissement d'un ordre ou d'une congrégation religieuse dans toute la sévérité de son ancienne règle, de laquelle elle s'est insensiblement relâchée, ou c'est la démarche de quitter cette première règle pour en embrasser et en suivre une autre

Ëlus sévère. Ainsi la congrégation de Saintfaur est une réforme de Tordre de Saint-Benoit, parce quelle s'est rapprochée de la règle primitive établie par ce saint fondateur. Les Feuillants et les religieux de la Trappe sont deux réformes de l'ordre de Clteaux, etc. La nécessité de faire des réformes dans les ordres religieux, lorsqu'ils sont déchus de leur première ferveur, ne prouve rien contre cet état en général. Les religieux ne se relâchent ordinairement qu'à ( roportion et par l'influence de la corruption des mœurs publiques ; il n'est pas étonnant que les vices qui infectent la société pénètrent insensiblement dans les cloîtres. Mais c'est iustement lorsque les mœurs publiques sont les plus mauvaises, qu'il est nécessa re d'avoir des asiles où puissent se réfugier ceux 3ui craignent de ne pouvoir échapp-er au anger de se corrompre.

On dit que les réformes sont inutiles, que la faiblesse humaine, qui tend toujours au relâchement, est cause qu'elles ne sont jamais durables; mais elles sont du moins utile? pendant un temps, et c'est autant de gagne pour la vertu et l'édification publique. C'est mal raisonner que de ne pas vouloir faire du bien, parce qu'il ne pourra subsister toujours.

Un moine, oui refuserait de se réformer quand son ordre en a besoin, serait certes bien coupable et digne de châtiment. Vainement il dirait qu'il n'a fait vœu d'observer la règle que selon l'usage du monastère dans lequel il fait son noviciat et sa profession. La règle a dû lui être communiquée ; en la lisant, il a dû comprendre que tout usage qui y donne quelque atteinte est un relâchement et un abus, a moins qu'il n'ait été permis et approuvé par Tautorité ecclésiastique; l'abus ne prescrit jamais contre la règle, et la règle réclame toujours contre l'abus. Si donc un religieux avait rois dans ses vœux une restriction contraire à la règle, ce serait un prévaricateur qui se serait joué de la sainteté du serment, et cette fraude, loin de le justifier, le rendrait plus coupable.

11 est bon de considérer que les réformes les plus sages ont presque toujours été faites par un seul homme zélé et courageux: preuve que la vertu conserve toujours de l'empitc sur les esprits et sur les cœurs, lorsqu'elle est solide et constante. H n'est donc aucun désordre auquel on ne puisse remédier quand on veut s'en donner la peine. Mais dans notre siècle philosophe, on juge qu'il est mieux de détruire que de réformer. C'est que, pour détruire, il ne faut ni lumières, ni sagesse, ni vertu, il suffit d'être dur et opiniâtre : l'homme le plus borné, lorsqu'il est armé de la force, peut tout anéhntir vont montrer.son pouYO'r; pour réformer, il faut de la pru-

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