‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 57 sur 315 · REL · texte numérisé non relu

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monde accoutumée h pratiquer la vertu et à marcher dans la voie étroite, qu'il faut s'accommoder aux autres, qu'on ne saurait être trop complaisant pour un mari à qui il faut plaire, qu'on peut, sans être coupable, se conformer aux bienséances du monde, aux modes qu'il introduit, et que la vertu ne consiste pas à retrancher les beaux habits, les ornements et les parures ; c'est là ouvrir la porte à un grand relâchement. Ce n'est pas qu'en matière d'habits et de parures il ne faille avoir égard h la qualité des personnes; mais en cela il ne faut consulter que le devoir et la bienséance, et ne jamais rien accorder à la complaisance. C'est une maxime constante dans la rie spirituelle qu'il ne faut rien retrancher de ses anciennes pratiques, parce que, pour peu qu'on le fasse, tout va bientôt en décadence. C'est ce qui faisait dire à saint François de Sales, qu'un bon directeur doit être choisi entre mille, et le B. Jean de la Croix avertit les âmes dévotes de bien prendre garde à qui elles donnent leur confiance, parce que le défaut de prudence ou de fermeté dans leur directeur peut non-seulement les retarder beaucoup dans le chemin de la vertu, mais encore les faire retourner à leurs premières imperfections.

RELIGIEUX , — RELIGIEUSE. ( Voyez Moine. ) — Religieuse , fille ou veuve qui :î*est consacrée i Dieu par les trois vœux de chasteté, de nauvreté et d'obéissance, et qui s'est obligée a vivre dans un monastère sous une certaine règle. Lorsque le désir de servir Dieu plus parfaitement eut engagé des hommes à se retirer dans la solitude pour v vaquer uniquement à la [jrière et au travail, ils furent bientôt imités par des personnes de l'autre sexe, qui embrassèrent le même genre de vie. La vie monastique des hommes avait commencé en Egypte au milieu du III* siècle; dès le iv% saint Basile parle de couvents de religieuses^ dans lesquels il y avait une supérieure à laquelle toutes les autres devaient obéir; il leur recommande les mêmes devoirs et les mêmes pratiques qu'il avait prescrits aux moines (Serm. Aseet., ii, n. 2; Op., tom. II, p. 326), et saint Jean Chrysostome (homil. 8 in Matth. y n. 5; Op., tom. VIII, p. 126), témoigne qu'en Egypte les assemblées des vierges étaient presque aussi nombreuses que les maisons de cénobites (homil. 30 in I Cor., n. 4; Op. y tom. X, p. 271) ; il loue les veuves qui célébraient les louanges de Dieu le jour et la nuit.

Outre ces vierges et ces veuves qui vivaient en commun, il y en avait d autres sans doute qui demeuraient chez leurs parents, qui ne se distinguaient des autres personnes de leur sexe que par une vie i)lus retirée, des habits plus modestes, une piété

[>lu$ exemplaire; mais il parait aue dans 'Orient, partout où elles se trouvèrent en grand nombre, on jugea qu'il était avantageux qu'elles vécussent en commun dans un même monastère, sous une règle uniforme.

U ne serait pas aisé de fixer l'époque précise à laquelle ces religieuses ont commencé à faire profession solennelle de virginité, en recevant de leur évêque le voile et l'habit monastique; nous savons seulement que sainte Marcelline, sœur de sainte Ambroise.

multitude de peuple. Mais nous ne voyons pas ou'il y eut déjà alors des monastères de filles dans l'Occident. On prétend qu'en France les premiers n'ont été bâtis qu'au vu* siècle ; cependant il y a un canon du concile d'Epaone, tenu l'an 517, qui défend d'entrer dans les couvents de religieuses: il y en avait donc déjà. — M. Languet a prouvé contre Dom de Vert, que dès Korigine \es religieuses ont eu un voile et un habit qui les distinguait des autres personnes de leur sexe ; saint Jérôme, saint Ambroise» Optât de Milève en parlent. Ce dernier dit qu'en Afrique elles portaient une mitre ou une roiffure qui était de laine et de couleur pourpre ; saint Jérôme (ad Demetriad.)^ l'appelle flammeutn virginale. Au ni'siècle, TertuUien, dans son traité De Virainibus relandisy ne parlait pas seulement des vierges consacrées à Dieu, mais de toutes les jeunes filles, lorsau'il voulait que toutes eussent toujours le visage couvert. Dans les derniers siècles, les différentes congrégations de reliaieusesy qui se sont établies, ont pris l'habit de deuil des veuves du pays où elles se sont formées, et cet extérieur les a toujours suffisamment distinguées des tilles ou femmes séculières.

Au V* siècle il arriva que des pères et des mères eurent la cruauté de contraindre leurs filles à se faire religieuses. Pour obvier à ce désordre, saint Léon 1", Van 1^58, défendit de donner le voile aux filles avant l'âge de quarante ans ; l'empereur Majorien confirma cette défense par une loi, et le concile d'Agde (can. 19), tenu l'an 506, l'adopta. On cite encore, en faveur de cette discipline» un concile de Saragosse de l'an 5^ ; mais il faut se souvenir que ces conciles ont été tenus sous la domination des rois visigotbs

S ni étaient ariens, d'où nous pouvons conure que le désordre auquel ils voulaient remédier était une suite de la grossièreté des mœurs et de l'irréligion que les Barbares avaient introduites dans l'Occident. La même discipline n'a plus été nécessaire lorsque les mœurs sont devenues plus douces, et que l'abus a cessé; conséquemment on a permis dans la suite la profession religieuse

Sour les filles à vingt et un ans. Le concile e Trente l'avait fixée pour le plus tôt k seize ans ; un édit du roi, du mois de mars 1766, l'a remise à l'âge de dix-huit ans.

Les lois ecclésiastiques les plus ancien* nés, concernant la clôture des religieuMes^ ont été très-sévères; il y a des canons du IV' siècle, qui défendent môme aux évéques d'entrer dans les monastères des vierges sans nécessité, et sans être accompagnés d'ecclésiastiques vénérables par leur âge et la gra-

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