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vile de leurs mœurs. Celle sévérilé était nécessaire surtout en Afrique et dans TOrient, où les femmes ont été toujours plus renfermées que dans les contrées du Nord, et où la moindre familiarité avec les hommes suffisait pour rendre leur conduite suspecte. Dans nos climats septentrionaux, où les mœurs sont plus douces et la société plus libre entre les deux se\es^ on s*est relâché de cette austérité, sans qu'il en soit arrivé de grands inconvénients. Il y a des maisons de filles non cloîtrées où les mœurs sont aussi plus pures que dans celles qui gardent la clôture la plus sévère. Mais ce n'est point une raison de donner atteinte à l'ancienne discipline , ni de blâmer les pré^^autions que l'Eglise a eues
{)our entretenir une parfaite régularité dans es cloîtres. Les communautés Tes plus renermées et qui ont le moins de communication avec les personnes séculières, sont ordinairement les mieux réglées, les plus paisibles et les plus heureuses. On sait qu'il est défendu, sous peine d'excommunication, aux personnes séculières d'entrer dans les maisons des religieuses sans nécessité et sans la permission des supérieurs ecclésiastiques.
Dans l'origine, les personnes du sexe, qui ont embrassé la vie religieuse, n'ont point eu d'autre dessein que de servir Dieu plus parfaitement que dans le monde, et de se sanctifier par la prière, le silence, le travail, les services de charité mutuelle; c'est encore aujourd'hui l'occupation des religieuses en Orient. Mais, après les divers malheurs survenus en Europe, il s'est formé différentes congrégations des deux sexes, qui se sont consacrées au service du public. De pieuses filles se sont chargées du soin des pauvres et des malades, soit dans les hôpitaux, soit chez eux; d'élever et d'instruire les enfants abandonnés ou orphelins, de tenir les écoles de charité, de retirer du désordre les personnes de leur sexe, etc.
Cn philosophe de notre siècle, quoique obstiné à déclamer contre les cloîtres, n'a pu s'empêcher d'admirer la charité et le courage des hospitalières ; mais cela n'empêche pas ses pareils de renouveler sans cesse les mêmes clameurs. Ils demandent : 1° Pourquoi des couvents? Parce qu'il faut des asiles pour la vertu, et de bons exemples habituels pour soutenir la piété. 2" Pourquoi des verroux et des grilles? Pour mettre les religieuses à l'abri des insultes des libertins, et leur réputation à couvert des calomnies des méchants. 3* Pourquoi des vœux? Pour fixer l'incons-* tance naturelle de l'humamté, et donner plus de mérite aux bonnes œuvres. 4* Pourquoi un célibat perpétuel? Parce que les filles, qui pensent à s'établir dans le monde, ont d'autres soins que celui de se dévouer à des devoirs de charité et d'utilité publique ; l'un de ces desseins ne peut pas s'accorder avec l'autre. — On dit cependant, et l'on écrit que les religieuses sont des sujets dérobés à la société civile et des filles mortes pour la imtrie. Tout au contraire, la plupart se dévouent au service de la société civile, elles
sont donc plus utiles à la patrie que les filles qui vieillissent dans le monde et dans un célibat volontaire ou forcé. Ces dernières, si elles sont. riches, passent pour l'ordinaire leur vie dans un cercle d'amusements puérils, et meurent sans avoir rendu de services à la société; si elles sont pauvres, elles n'ont aucune ressource, et sont exposées à mourir de misère.
On ajoute que leur grand nombre dépeuple un Etat. Il s'agit de savoir quel en doit être le nombre ; il est moindre aujourd'hui en France cm'il ne fût jamais. Pendant que la multitude des filles non mariées excède celle des religieuses^ que le nombre excessif des filles débauchées corrompt les mariages et pervertit les mœurs, que le luxe absorbe la meilleure partie de la population, il est bien absurde d attribuer celte diminution à la multitude des couvents.
Au jugement de nos politiques réformateurs, ta plupart des religieuses ont une vocation forcée; ce sont des victimes de la vanité, de l'ambition, de la cruauté de leurs parents : imposture grossière. L'Eglise a pris toutes les précautions possibles pour que la vocation religieuse ne puisse jamais être forcée. Une novice, avant de la faire, est toujours examinée, ou par Tévêque, ou par un ecclésiastique, député de sa part, qui enjoint à cette fille, sous la foi du serment, de déclarer si elle a été forcée ou séduite, ou engagée par des motifs suspects, à se faire religieuse^ si elle connaît les devoirs et les obligations auxquels elle doit s'engager par les vœux, etc. Pour que cet examinateur soit trompé, il faut que ce soit la novice elle-même qui le trompe, aussi bien que la communauté et les parents. Si, dans la suite, il était reconnu qu'une novice a manqué de liberté, ses vœux seraient déclarés nuls. D'ailleurs, des parents assez barbares et assez impies pour forcer leur fille à prendre le voile, ne seraient-ils pas assez impérieux pour la retenir chez eux dans un célibat prolongé jusqu'à la mort? L'inconvénient serait donc à peu près le même, quand il n'y aurait pas de couvents.
Une preuve évidente de la liberté avec laquelle les filles entrent en religion, c'est que, dans les communautés mêmes où l'on ne fait que des vœux passagers et simples. Ton voit rarement sortir des sujets pour entrer dans le monde. Des gouvernements ont fait évacuer un grand nombre de couvents ; ils ont fait* des pensions aux religieuses en leur laissant la liberté de vjvre dans le monde ; en a-t-on vu beaucoup qui aient profité de cette permission? Les unes se sont retirées dans les couvents que l'on a conservés ; les autres ont cherché un asile ailleurs.
Nos philosophes disent enfin que l'éducation des filles dans les couvents ne vaut rien. I^ous soutenons qu'elle est préférable à presque toutes les éducations domestiques. La perversité des mœurs publiques, le luxe, la mollesse, la vie dissipée des mères, les dangers de ^* part des domestiques, l'ineptie des parents qui ont manqué eux-mêmes d'éducation, leur folle tencfresse, etc., seront tou-