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son salut, et réparer le mal que le commerce du monde nous a fait.

Tout Chrétien sait que la conversion du

«écheur est un ouvrage de la grâce, et que ieu, qui en est le maître, peut la donner en tout temps et en tout lieu. La grâce a cejicndantdes lieux et des moments qui lui .^ont propres, et son efficacité dépend particulièrement de ces circonstances. Or, le lieu où la grâce agit le plus eflicaceraent n'est pas le grand monde , l'embarras des affaires , les i onversations et les grandes assemblées ; la Toix de Dieu, qui ne parle que par sa grâce, ne peut ordinairement s'y fciire entendre, et c'est dans la solitude, comme il le dit luimême, qu'il parle elTîcacemcnt aucopur : Duram eam in solitudinemy et loquar ad cor cjus, (Osee^ II.)

S'il est indubitable crue l'affaire dusaUil et la conversion d'un pécheur est une affa're de loisir, qui doit se conduire et se ménager avec un peu de temps et de patience, qui ne voit cpie ce n'est que dans la solitude et la retraite où le temps soit à nous, et que, hors de le, nos moments, nos heures, nos jours sont exposés aux bagatelles , aux vanités, aux divertissements, aux intérêts et à toutes les passions du siècle? Et cela est si vrai, que, dans le monde môme, si Ton a une aflaire qui demande de l'attention et de l'application d'esprit, et sur lauucr.c if faille veiller soigneusement, on se dérobe aux compagnies et à la vue des hommes , en se retire à Técart et on se renferme. Que ne dôit-on |)as faire pour vaquer à h grande affaire de son salut et pour faire une solide conversion ?

Le coBur de l'homme est un labyrinthe

Elein de détours, un abîme couvert de ténères ; or, comment percer à travers ces ténèbres, parcourir ce labyrinthe et en dé ^ouvrir les secrets sans bien examiner et réfléchir, ce qui ne peut se faire que dans la retraite, où l'esprit est libre de toute affaire qui l'empêche de réfléchir sur lui-môme? De plus, il est peu avantageux de reconnaître le mal, si l'on n'en trouve le remède et si l'on ne prend les précautions nécessaires pour s'en garantir h l'avenir; mais comment une âme mondaine apprendra-t-elle cette science toute divine sans application et sans travail, et comment avoir cette application et cette élude si l'on ne se retire quelque temps Je la foule et des autres affaires?

Pour bien connaître les maximes divineset juger sainement de l'estime qu'on en doit faire, il faut les considérer attentivement et de près, avec l'assistance de la grâce et les lumières de la foi ; il faut lever le masque qui les déguise et qui nous trompe, et Toir ce qu'elles sont en effet ; or, il ne suflTit pas d'y penser légèrement et dire qu'on n'en doute point: car la plupart des Chrétiens tiennent le même langage et sont dans les mômes sentiments ; il faut approfondir ces vérités et pénétrer le fond de ces objets, voir ce qu'ils promettent et ce qu'ils peuvent accomplir ; il faut en visager leurs circonstances, autrement, quelque cnosc que vous fassiez,

veus serez toujours dans Terreur, et votre volonté demeurera toujours dans les mêmes désordres; il faut donc les méditer à loisir, et pour cela la retraite est absolument nécessaire.

Ce n'est pas la solitude seule qui met les pécheurs dans la disposition nécessaire pour leur conversion ; ce sont les exercices qu'on doit'pratiquer dans la solitude et la retraite, les méditations, les lectures et autres occupations ordinaires de la retraite, et les instructions qu'on y reçoit. C'est pourquoi, l'Our en retirer tout le fruit que l'on espère, il ne suffit pas de se retirer pour quelque temps du commerce et des divertissemenU^ du monde, il faut s'appliquer soigneusement à ces exercices, et par là il n'y a pas de pécheur qui ne puisse espérer ae faire une bonne conversion.

De toutes les pratiques de piété, îa retraite spirituelle est donc une des plus propres à la conversion d'une âme, et peut-être la seule dont on se sert utilement. On peut n'être gue faiblement touché des plus terribles vérités de la religion, lorsque tout contribue à séduire l'esprit et à corrompre le cœur; mais lorsque, éloigné du tuniulte et des affaires du monde, on considère à loisir ces grandes vérités qu'on n'avait jamais bien pénétrées, et qui paraissent dans un nouveau jour, lorsqu'on les médite avec application, et que tout sert à nous en découvrir le vrai sens et toutes les suites, peuvent-^Ues ne faire qu'une médiocre impression, surtout dans un temps où la grâce est plus abondante, l'esprit moins distrait et plus tranquille, et le cœur mieux disposé que jamais? La conversion miraculeuse de tant de pécheurs, l'établissement ou la réformation de tant de communautés religieuses, la ferveur de tant de Chrétiens, auparavant lâchés et tièdes dans le service de Dieu, prouvent évidemment qu'il est très-utile de méditer par ordre les grandes vérités de la religion. C'est à ces exercices de piété que saint Charles Borromée, sainte Thérèse, saint François de Sales et presque tous les saints des siècles derniers, doivent leur conversion et leur avancement dans la vertu; et c'est à leur exemple que ceux qui veulent travailler sérieusement à la grande affaire du salut, et toutes les communautés un peu régulières se font aujourd'hui une loi indispensable d*y consacrer, au moins tous les ans, huit ou dix jours.

On a beau se flatter, il est bien difficile de se défendre des mauvais désirs, au milieu d'un monde où tout conspire à les faire naître. Il est bien difficile de vivre si longtemps au milieu d'un monde si corrompu ; de respirer un air si vicieux, sans se sentir de la contagion ; la plus grande ferveur se ralentit avec le temps, la vertu la plus constante a besoin de reprendre de temps en temps de nouvelles forces ; il faut donc nécessairement s'éloigner de la foule, se retirer parfois dans la solitude, si l'on veut respirer un air plus pur.

Commo c'est toujours par une troj» arancic

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