‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 63 sur 315 · BET · texte numérisé non relu

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loisir de lesy nié«iiteret de les j approfondir, ils oui une grâce particulière pour les Ihire goûter aux autres et pour les graver profondément dans les cœurs. Ils sont venus ésns cette terre de bénédiction solliciter les lumières et les grâces dont ils avaient besoin pour la sanctification des peuples , et Dieu n*a 4>u les refuser à ^>es ministres dans l'asile sacré qu*il a spécialement choisi, comme le lieu ou il veut les sanctifier et (aire découler sur eux ses plus précieuses laveurs. Ne soyons plus surpris affres cela , de voir le peu de fruits que font dans les âmes tant de prêtres qui ne pensent jamais à venir se remplirdansla solitude des saintes maximes qu^iU veulent inspirer aux autres. Leur ministère est stérile et leur travail infructueux ; ils sèment et Dieu ne donne point Taccroissement ; ils instruisent et ils ne touchent personne; ils cultivent le champ du Père de lamille, et par leur faute ce champ ne produit que des ronces et des épines ; ils travaillent l)eaucoup et ils moissonnent peu; ils s'épuisent de veilles et de fatigues, et ils s'épuisent en vain, parce qu'ils ne travaillent lH>int sous la direction et sous la conduite «l'un Dieu sauveur, qui aime à se communiquer à ses ministres dans des lieux solitaires ei écartés.

Troisième avantage de la retraite poiu* les

Erêtres : elle les met en état de réparer les utes qu'ils peuvent avoir commises dans ;'exercice du ministère. C'est là qu'ils anticipent en quelque sorte les jugements de Dieu, qu'ils se rendent compte à eux-mêmes de leur administration avant que le souverain Juge le leur demande ; ils examinent s'ils ont été les fidèles disftensateurs des mérites et du sang de Jésus-Christ, s'ils les ont appliqués à proj>os dans le tribunal de la pénitence. Outils quelques reproches à se faire sur l'exercice d'un ministère si critique et si difficile, ils en gémissent, ils prennent la résolution et les moyens d'y remédier ; au sortir de la retraite ils agissent avec plus de prudence et de circonspection dans la dispensation des divins mystères, et dans l'administration des sacrements ils prennent toutes les précautions possibles afin que les fidèles en approchent avec fruit. Après s'être étudiés a se réformer eux-mêmes dans la retraite, ils se portent avec plus d ardeur à procurer la rélormation des autres, ils se sentent plus de zèle pour corriger les abus, pour s'opfMjser au libertinage et pour travailler efficacement au salut des peuples.

C'est de quoi nous avons une preuve bien sensible dans l'exemple des plus grands hommes que Dieu a suscités pour la conduite des âmes ; nous vovons tous les saints de notre état formés aux fonciions du ministère dans le sein de la retraite. C'est dans le fond d'un désert que Dieu appelle Moïse, qu'il lui fait connaître ses volontés et le choix ^vkil a fait de lui |)0ur tirer son peuple de I Egypte et de le délivrer de la tyrannie de Pharaon: Cumque minoêsetgregemad interîora deêerli... apparuil ei DominuSy etc. [Exod. m, i.) C'est la retraite qui forma les Isaïe,lcs Jé-

rémie, les Elic, les Elisée; c*esi elle qui leur inspira ce courage héroïque, cette ioébranlable fermeté , cette sainte autorité avec lesquels ils reprochaient au peuple et aux rois d'Israël toutes les abominations auxquelles iU s'abandonnaient. Destiné de Dieu^ pré- }iarer les %oies au Messie, Jean-Baptiste ne commence à prêcher sur les rives du Jourdain qu'après plus de trente ans passés dans les déserts et dans une totale séparation du monde : Ei erai i» deteriis usque ad diem oêUnêionissuœadhmeL [Lmc. i, 80.) L'exemple du Sauveur a quelque chose de plus illustre et de plus éi-l^ant encore. Descendu du ciel pour sauver le monde, presque toute sa vie n'est qu'une longue retraite; a peine sciti des eaux du Jourdain, il s'enfonce dans la solitude, il suit avec tant de promptitude le doux mouvement qui ïj porte, que, selon saint Marc, il est poussé, enlevé, ravi dans le désert f ar l'Esprit saint : Siaiim spiriius e^rpulit eum indcsertum, (Marc, i, 12.) Il j demeure quarante jours et quarante nuits, sans prendre aucune autre nourriture que celle qu'il trouve à faire la volonté de son Père. S'il en sort, c'est uniquement pour accomplir l'œuvre du saint des hommes ; s'il se choisit des disciples, c'est dans des lieux écartés et solitaires qu'il les ap|>elle , il s'y retire de temps en temps avec eux pour prier, pour les instruire et pour les former aux fonctions a[)Ostoliques auxquelles il les destine ; c'est là qu'il opère en leur nrésence la plupart de ses prodiges, qu'il les rend témoins de sa gloire et quelles console |)ar ^a triompliante résurrection. Veutil les disposer à recevoir la plénitude do l'Esprit saint, il leur ordonne de se renfermer dans la retraite du cénacle après son ascension : Et eum introiaeni in catnaculum.^, hi omnes erant persévérantes unanimiter... ei repleti sunt omnes Spiritu sancto. {Aet. i, 13.) A des traits si marqués reconnaissons, dans la retraité, la source féconde cA les hommes a |)Ostoliques puisent l'esprit et les vertus de leur état. Aussi les premiers ministres de l'Evangile regardèrent toujours la solitude comme la nourrice du sacerdoce, et cooune l'âmedcsfonctions saintes. C'est elle qui forma Taf.ôtre des nations dans les déserts de l'Arabie ; c'est là qu'il acquit cette science toute divine qui le rendit l'oracle de toutes les Eglises et la lumière du monde entier. C'est là qu'il se remplit de ce zèle ardent c^ui en fit on apôtre tout de feu, un vase d'élection destiné a porter le nom du Sauveur et son Evangile jusqu'aux extrémités de la terre ; une solitude de trois ans suppléant en lui la retraite suivie où avaient été formés les autres apôtres sous la direction et dans la compagnie même du Sauveur. Instruit de ces maximes et touché de ces grands exemples un saint, Gré^ goire de Nazianze, se dispose par la retraite aux fonctions apostoliques. Appelé de Dieu au ministère de la divine parole, il commence par dire qu'il sort du désert comme un autre Jean-Baptiste, pour prêcher la pénitence et enseigner la voie au salut. Nous lisons de saint Ambroise, que de temps en temps il se retirait dans un monastère qu'il

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avatt fait bttir dans les environs de Milan, pour y vaquera Dieu seul. Saint Eusèbe faisait la môme chose à Verccil ; saint Basile, à Césarée ; saint Martin, à Tours ; saint Augustin, à Hippone ; saint Grégoire le Grand h Rome. On sait que saint Charles Borromée et saJnt François de Sales avaient pour prati-

3ue de se renfermer en ditférents temps e Tannée dans des maisons de piété , Sour y faire des retraites. C'est là que, se érobant à cette foule d'affaires et de sollicitudes dont ils étaient accablés pour le bien de leurs peuples et les besoins de leurs diocèses, ils se ménageaient à eux-mêmes quelques jours de solitude et d'un saint repos, pendant lesquels ils ne pensaient qu'à euxmêmes et àia grande affaire de leur salut.

C'est là que, selon le conseil du Sauveur, fermant la porte de leur cœur à tous les obets créés, ils répandaient leur âme devant e Seigneur, qu'ils lui parlaientdans la prière, qu'ils récoutaient dans le silence des créatures, qu ils sollicitaient son secours dans les intimes communications dont ce Dieu de bonté daignait les favoriser. Aussi, sortaientils de ces divins entretiens remplis d'une lumière et d'une sagesse toute divine, pleins de cet esprit sacerdotal, de ce feu apostolique, qui les rendirent si propres à travailler à la conversion des pécheurs et au salut des Âmes.

Les saints prêtres du second ordre n'ont pas montré moins de fldélilé à ces pieux exercices, ni moins de zèle pour les faire prati- Îuer aux autres. Fatigue de prédications et e controverses, saint Dominique ne trouve de repos que dans la solitude; il puise de nouvelles forces pour fournir à de nouveaux combats pour la gloire et pour le bien de son Eglise. Le sérapnique saint François avait choisi la montagne d'Alverne pour le lieu do ses retraites ; il y passait quarante jours pour apprendre à mieux parler aux hommes des cnoses divines. Tantôt apôtre et tantôt solitaire, après avoir rempli les rochers de ses eémissements, il faisait retentir les places puliques du bruit de la divine parole. Après avoir arrosé de ses larmes la terre de son désert, il en sortait embrasé du feu de la divine charité qu ii portait dans tous les cœurs. Do là l'usage constant et invariable de toutes les communautés régulières du monde chrétien. Tous les fondateurs des ordres religieux ont eu pour maximes de prescrire à leurs enfants un certain temps de recueillement plus grand chaque année, pour se renouveler dans l'esprit de leur sainte profession ; ils en ont fait un point essentiel de leurs constitutions et de leurs règles. Nulle de ces saintes conapagnies qui n'ait jugé de mettre les exercices spirituels d'une retraite annuelle à la tête de leurs plus essentielles observances. Ces âncies innocentes, et par état retirées du monde, ne s'en trouvent point encore assez éloignées; jusque dans la solitude elles se creusent une solitude plus profonde, pour méditer h loisir les vérités éternelles, et pour s'enflammer de plus en plus du désir de la perfection de leur état.

Or, si ces prêtres si saints, en qui résidait une si grande plénitude de l'esprit de Dieu, craignaient que leur piété ne souffrît Quelque altération dans l'exercice de leurs fonctions; si des religieux séquestrés du monde, et qui vivent sur la terre comme des anges croient avoir besoin de retraite dans la retraite même, pour se mettre parla en état do fournir la sainte carrière où ils sont entrés, que ne devons-nous pas faire en ce genre, nous qui, nous trouvant si éloignés de leurs mérites et de leurs vertus, travaillons à l'œuvre de Dieu avec tant de lâcheté ?

Combien navons-nous pas plus besoin qu'eux de quelques jours a une sainte solitude pour renouveler dans la ferveur, jour reprendre Tesprit du sacerdoce, et nous mettre en état d'en exercer saintement les fonctions l Mais, pour assurer à la retraite ces précieux avantages, il ne faut rien négliger des pratiques que les saints ont pris soin de nous marquer pour le bien faire.

III. La retraite est sans contredit un des moyens les plus excellents que le Seigneur ait dans les trésors de sa miséricorde, pour

f procurer le salut des hommes; moyen de saut en quelque sorte qui renferme tous les autres. Nous y trouvons abondamment tout ce qui est le plus nécessaire pour nous purifler et nous sanctifier. Nous nous y purifions par une revue plus exacte de notre conscience, par un repentir plus amer de nos fautes, par des protestations plus sincères d'une fidélité désormais inviolable. Nous y trouvons de quoi nous sanctifier dansles grâces plus abondantes que Dieu y répand, dans les prières plus ferventes qu'on y fait, dans les iocéditations plus sérieuses dont on y est presque continuellement occupé, et enfin dans la participation des sacrements qu'on y reçoit ordinairement avec plus de fruit, parce qu'on les reçoit avec plus de dispositions. Quel temps, quel lieu pi us favorable, soit pour réformer ce qu'il y aurait de défectueux dans notre conduite, soit pour nous faire avancer dans les voies de la perfection ? C'est dans la solitude que le Seigneur conduitune âme guand il veut lui parler au cœur : Ducam eam in solUudinem et loquar ad cor ejus {Osce u, 14.); c'est aussi dans cet heureux séjour que nous sommes plus disposés à entendre sa voix, et à suivre en tout ses volontés saintes. De tout cela concluons que la grâce de la retraite est une grâce particulière, une grâce privilégiée et plus grande que ne le sont toutes celles que Dieu a coutume d'accorder aux hommes dans le cours ordinaire de la vie ; mais en même temps, concluons l'obligation plus étroite oi^ nous sommes de bien correspondre à cette grâce. Les plus précieuses faveurs de Dieu sont celles qui exigent plus de fidélité de notre part. Faire la retraite, et la mal faire, c'est abuser d'un des pi us grands bienfaits de Dieu; c'est mépriser sa voix, qui se fait entendre à l'âme solitaire d'une manière toujours plus intelligible et plus forte ; disons-le, c'est, pour un ecclésiastique qui la foule aux pieds, exposer son salut aux plus grands dangers : pour lui la grâce de la retraite. Ufaut

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qu'elle aveugle ou qu'elle éclaire, qu'elle amollisse ou quelle endurcisse, qu'elle achève de pervertir celui qu'elle ne réduit pas. S'il ne faut qu'une bonne retraite pour sauver une âme, bien souvent aussi ii ne faut qu'une retraite mal faite pour décider de sa perte. C'est de la parole de Dieu qui est annoncée, qu'on peut bicndire que jamais elle ne retourne vide et sans effet à celui qui en est le principe : Verbum meumquod egreditur de ore meo, non reverteturadme vacuum. {ha, Lv, 11.) Si celte parole ne produit pas des fruits de sanctification dans celui à qui elle est annoncée dans la retraite, il y a bien lieu de craindre qu'elle n'y en produise d'un endurcissement plus grand et peut-être d'une réprobation certaine : Sed faciet quœcunque volui, et prosperabilur in his ad quœ mtssi illud, {Fbxd.) De là chez tant d'ecclésiastiques qui ont abusé d'une si grande grâce, ce dé-

§oût de la piété, cet oubli presque universel e leurs devoirs ; de là surtout cette affreuse insensibilité o.ù ils passent leur vie.

Nous préviendrons tous ces malheurs en apportant à la retraite les dispositions qu'elle demande, et qui nous sont marquées par les maîtres de la vie spirituelle. Il y en a d éloignées et de prochaines. Les premières, qui précèdent le temps de la retraite, consistent d'abord dans la pureté des motifs qui doivent porter à faire la retraite : comme sont les vues de procurer la gloire de Dieu, l'édifiration du prochain et notre propre sanctifirotion; elles consistent encore dans un désir bien sincère de' bien faire la retraite, dans un examen sérieux de nos défauts les plus essentiels, afin d'y remédier ; dans un dégagement universel de tous les objets qui pourraient nous y troubler. Pour prévenir toute distraction et toute dissipation, on doit, autant qu'il est possible, interrompre ses emplois ordinaires, et s'interdire tout commerce avec le monde, soit au dehors, soit au dedans, en sorte qu'on n'ait d'autre occupation que celle de s entretenir avec Dieu ou de Dieu ; c'est dans cette séparation totale du monde que l'âme, rendue à elle-même, se trouvera plus en état de méditer les vérités éternelles, de reconnaître ses égarements, d'en découvrir les sources, d'en prévenir les suites, d'en cher.her les remèdes et de les appliquer à | roj>os.

Les dispositions prochaînes ont pour objet !es choses qui! faut pratiquer dans le temps même de la retraite. La première est le silence et un parfait riBcueillement ; il faut s'y regarder comme si Ion était seul dans le' monde avec Dieu seul ; les moindres entretiens avec la créature no pourraient que distraire, et par là porter un préjudiee considérable à lârae solitaire. Nul modèle nlus accompli du recueiHement dont nous parlons, que le Sauveur lui-même, se disposant dans le désert aux fonctions de son sacerdoce. Quel solitaire iamais plus caché aux yeux du monde? Quelle solitude jamais plus profonde que la sienne! 11 y alla seul, il y resta seul, il n'y eut aucune communication avec les hommes; les seules bêles féroces, selon saint Marc, les

bHes féroces, y furent toute sa compagnie : Eraiqxte cum bestiis terrœ. [Marc i, 13.j Autant uni d'esprit et de cœur à son divin Père, que sé(mré ae tout commerce avec les créatures, il vécut dans le désert comme s'il n'y eût point eu de monde pour lui. Exemple auguste 1 qui nous apprend qu'en nous séparant extérieurement du monde par la retraite, il faut nous en séparer de cœur et d'affection ; qu'en le perdant de vue, il faut en perdre absolument le souvenir; en vain elle nous séparerait de ce monde extérieur qui nous environne, si, par le silence et le recueillement, elle ne nous séparait encore d'un autre monde'qui est au dedans de nous, qui fa-it partie de nous-mêmes, et qui consiste dans nos inquiétudes et dans nos passions. Que sert, disait sur cela saint Bernard, la solitude du corps que la solitude d'esprit n'accompagne pas I Quid vrodat solitudo corporiSy si defuerit solituao mentis? Que nous servirait d'avoir quitté le monde, si le monde avec ses sollicitudes nous suivait jusque dans l'asile de la retraite? Que nous servirait d'avoir abandonné le soin de nos affaires temporelles, si elles venaient encore nous troubler dans le lieu de notre repos? Que servirait de s'être renfermé dans un lieu où l'on ne verrait personne, si, donnant l'essor à son esprit, on se permettait encore des regards sur ce monde pervers qu'on a quitté? En un mot, que servirait d'être seul dans la retraite, si Ton n'y était solitaire? Hélas! une telle retraite deviendrait inutile , parce que nous ne pourrions y trouver Dieu, et que Dieu lui-môrae ne pourrait nous y trouver dans ce calme tranquille, oil il nous veut pour se communiquer à nous, et pour nous faire sentir Ja douceur de ses entretiens. Qui dit solitude, dit occupation unique de Dieu, sans aucun autre soin ; qui dit solitude, dit unique entretien avec Dieu : pour l'y trouver, il faut oublier absolument la créature. S'y prêter à des discours frivoles, c'est étouffer les précieuses semences des grâces que le Seigneur nous v préparait, c'est anéantir les fruits de sanctification que devaient produire en nous les exercices de la retraite. Qu'attendre des discours les plus pathétiques, des pieuses lectures, des méditations touchantes qu'on y fait, si l'impression de tout cela se trouve effacée par des conversations dissipantes et déplacées? Et voilà cependant ce que nous ne voyons que trop dans les retraites ; on s'y occupe de mille bagatelles et de mille vains projets qui partagent et absorbent Tattection. Au lieu de penser aux moyens de s'avancer dans les vertus de son état, on pense peut-être à s'avancer dans les dignités de lEglise et à s'en assurer les revenus. Avec de telles dispositions, le moyen de bien faire la retraite î

Au silence et au recueillement il îaul ajouter une exacte fidélité aux différentes pratiques qui y sont établies, se trouvant à tout, et donnant à chaque exercice son heure, sa place, tout le temps et l'application qu'il demande. Tout est précieux dans une retraite,

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et iea n'est plus propre à en procurer le I succès que Texaclitude dont nous parlons. C'est l'exactitude qui décidera de tout le fruit de la retraite ; de sa part, Dieu est toujours prêt à s'y communiquer ; sa parole y est engagée ; mais Faccoraplissement de la t)romG$se qu'il en a faite est attaché à la fidélité et à la ponctualité, qu'on aura à remplir tout ce qui est prescrit par le règlement : si pour s'y assujettir il en coûte quelque peine, on sera bien dédommagé par les fruits de la bénédiction que la retraite produira dans son temps, ou plutôt on est bien récompensé de la petite violence qu'il faut se faire, par les ' consolations ineifables que Dieu se plaît à verser dans une âme solitaire et fidèle ; il faut les avoir éprouvées pour pouvoir les comprendre ou en parler dignement. Que vos ' tabernacles sont aimableSy Seigneur Dieu des vertus! s' écrie-i-oa avec le Roi-Prophète : mon âme tombe dans la défaillance ; elle ne saurait plus soutenir l'ardeur avec laquelle

elle soupire après vos autels Heureux et

mille fois heureux ceux qui demeurent dans votre maison!.... Oui, Seigneur j un seul jour passé dans ce saint lieu vaut mieux , et est infiniment plus doux pour moi, que mille autres passés dans les tentes des pécheurs. Mais pour éprouver ces douceurs, il faut les mériter par une constante fidélité à tous les ■' exercices de la retraite, et c'est à quoi l'on ne veut pas se captiver; on prétend goûter ' les douceurs de la manne du désert, sans avoir seulement la peine de la recueillir, ou r sans en avoir éprouvé les dégoûts. On est : dans la retraite sans exactitude et sans règle. ? Si l'on paraît aux exercices, c'est avec dissi- "!> Dation et ennui ; ou bien on n'y fait rien, ou £^ l'on fait tout à contre-temps; on prie quand * il faudrait écouter; on lit, quand il faudrait ^ méditer ; on donne à l'amusement et à la dis- :* sipation un temps précieux, où Dieu voulait ^ parler et se communiquer : est-il étonnant J qu'on ne tire aucun fruit de sa retraite , ou .- plutôt n'est-ce pas là vouloir arrêter et tarir, - jusque dans la source, les grâces que le Seigneur avait dessein d'y répandre ?

. Troisième et dernière disposition à la re- ■y- traite : une sage prévoyance de l'avenir, et . de justes précautions pour écarter tout ce

3ui pourrait en empêcher le fruit. Au sortir e ce saint asile, que d'écueils pour un prô- [t. tre au milieu du monde où il va se trouver It de nouveau I Que de tentations l'y attendent I fî. que de contrats à livrer! que de victoires à r; remporter sur les ennemis du salut! N'im- '^ti porte; sa retraite, s'il est fidèle à la bien 1 < faire et s'il sait en profiter, sera pour lui un j; lieu d'observation, d'où, comme d'un rocher t, escarpé, il découvrira les écueils où il pourl rait encore se briser, les pièges qui lui se-

«t, escarpé, il découvrira les écueils où il pour-

.1 rait encore se briser, les pièges qui lui se-

l' raient tendus et tous les dangers dont il

'«ï serait menacé. Elle sera pour lui un rempart

impénétrable, où il se prémunira contre les

,; ^attaques de l'ennemi du salut ; d'où il se met-

t^îtra en état de parer ses traits et de rendre

'*!t>înutiles tous ses artifices et toutes ses ruses.

^^^] Telles sont ces retraites générales et si ;^^fédifiantes, établies dans plusieurs diocèses

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DiGTIONNAIBB d'AsCÉTISME. II.

en faveur des ecclésiastiques qui veulent se renouveler dans la ferveur primitive de leur état, et en conserver l'esprit. Assemblées bien respectables, où les ministres de Jésus-Christ et les principaux chefs de son troupeau viennent se réunir en sa maison, pour faire une sainte violence au Tout-Puissant, désarmer son bras vengeur, et prendre de nouvelles forces pour combattre les enne* mis de son peuple. Il est beau de voir les sanctificateurs du monde, craignant pour eux-mêmes, perdre de vue pour un temps ce monde corrupteur et corrompu, pour échapper h sa contagion. 11 est beau de voir les coopérateurs de Dieu dans le salut des âmes s'arracher, pendant quelques jours, à un troupeau chéri, pour s occuper tout entiers do leur salut, se nourrir des mêmes vérités dont ils ont nourri leurs brebis, trembler des mêmes oracles efifravants, qui, sortis de leur bouche, firent trembler les autres et jetèrent la consternation dans tous les cœurs. Un tel spectacle fait frémir l'enfer, édifie la terre et a de quoi toucher le cœur de Dieu. Pour de tels ministres, la retraite est un doux repo^-, un loisir saint qui sert à les purifier, à les sanctifier, à accroître leur zèle en augmentant leurs mérites. Elle est pour toute l'iKglise une source intarissable de grâces et de bénédictions qui en découlent sur toute la sociétc^. des fidèles. A quoi mieux la comparer qu a une éclipse passaeère de ces astres bienfaisants, qui ne se dérobent quelquefois à nos regards, que pour reparaître un instant après plus brillants à nos yeux, nous consoler par leur lumière, nous faire mieux estimer et sentir le besoin que nous avons do leurs bénignes influences !

Venons donc de temps en temps dans ces saints lieux , nous y rappeler à nous-mêmes et aux obligations de notre état; venons-y chercher cette plénitude de justice et de sainteté , de foi et de piété , de patience et de charit&qui doivent éclater dans les ministres de la religion. Nous en sortirons comme des hommes supérieurs au monde et redoutables à tout l'enfer, pleins de Tamour de Dieu et de son esprit ; dévoués à toutes ses lois , prêts à tout entreprendre et à tout exécuter pour procurer sa gloire et le salut des âmes.

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE RETRAn^S. —

!• Retraites générales de neuf y huit ou six. — Dans presque tous les diocèses leséyêques ont établi des retraites annuelles où ils ap-

{)ellent successivement tout leur clergé, qu'ils ont prêcher par des hommes voués a ce ministère. Eux-mêmes président ces retraites, en règlent les exercices et y donnent à leurs prêtres les avis qu'ils jugent convenables. Ce sont là des retraites véritablement pastorales où doivent s'efforcer d'assister tous les prêtres employés au saint ministère, parce qu'elles sont pour eux comme le prône est pour les paroissiens.

2' Retraites particulières. — Quelques évoques donnent chaque année deux retraites générales , afin que tous leurs prêtres puissent en profiter, et, malgré ce zèle , il y en a

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toujours , mième dans ces diocèses , qui ne peuvent pas y assister, pour une raison ou pour une autre. Or , comme la retraite est un des premiers besoins du bon prêtre et une nécessité pour celui qui s'est relâché dans ses devoirs , il suit que ceux qui n'ont pu suivre la retraite générale sont obligés de faire des retraites particulières , soit dans une maison religieuse , soit au séminaire diocésain , soit chez eux. Mais , n'ayant pas d'exercices publics dans ces retraites, on est obligé de les suppléer et de remplacer la prédication , les conférences , les avis , etc. , par des lectures. Voilà pourquoi les bons livres sur les devoirs ecclésiastiques sont si recherchés et si multipliés. Puissions-nous, en cueillant les plus riches fleurs de ce vaste champ pour en faire un tout aussi complet qu'il iious a été possible , avoir fait uii6 ^u- ^re utile à nos confrères.

3" Retraites pour les Miles. — Il existe à Lyen et dans divers diocèses de la Bretagne, des maisoxis de retraite où les fidèles, pour un modique salaire, peuvent aller faire une retraite de huit jours. Ils y sont nourlis et logéiSf et suivent des exercices établis exprès ; ils y sont nourris du pain , de la parole et des sacrements , et en sortent plus iorts pour remplir leurs devoirs.

Il arrive souveût encore que des ecclésiastiques sont chargés de donner des retraites (ians des communautés, dans des séminaires., des collèges^ etc. Mais toutes ces retraites et missions , dont les exercices sont ordinairement calqués sur les retraites ecclésiastiques générales , qu'on accommode aux temps , aux lieux et à la commodité des personnes , ne sont pas de notre ressort.

DBS EXERCICES PE LA RETRAriE ECCLÉSIAS- TIQUE. — L'heure et la durée de toutes les actions communes étant fixées par le règlement de la retraite , tout devient exercice de la retraite. Ces exercices ;sont donc le lever, la prière vocale, l'oraison, lassistance à la messe ; le déjeûner, l'instruction , les avis, la lecture spirituelle, l'examen particulier ; les confessions , la conférence , les avis , |un nouveau silence ou lecture spirituelle; le dîner, la récréation , la prière du soir, la lecture du sujet de l'oraison du lendemain, et le coucher. Mais, comme ces exercices de la retraite générale sont réglés par l'évèque , nous n'avons pas à nous en occuper autrement que pour dire que chacun doit se faire un devoir de suivre ponctuellement le règlement de la retraite.

EXERCIGES DE LA RETRAITE PARTICCLlàRE.

— La retraite particulière n'ayant pas de supérieur qui en règle les exercices , qui y donne des avis, des décisions, et y promulgue des ordonnances , ni de préaicateur qui annonce la parole, et les instructions orales devant y être remplacées par des lectures, cette retraite doit être réglée dans un livre sur les devoirs du sacerdoce, puisque ce livre remplace alors les supérieurs et les prédicateurs.

Nous devons faire ici une remarque : c'est qu'o'*dinairemenUdansle$ retraites erénérales.

on donne trop d'importance à la confession, et point assez à la réforme des abus et surtout à l'instruction sur les devoirs ecclésiastiques ; on dirige tous les efforts d'une retraite à obtenir de bonnes confessions , et l'on ne pense presque pas que plusieurs n'en ont besoin que parce cpi'ils ignorent leurs devoirs, ignorance qui rend trop souvent leurs confessions illusoires et leurs retraites inutiles. Nous pensons que l'instruction des devoirs devrait être mise en première ligne, et qu'il vaudrait beaucoup mieux négliger ce qui a rapport à la confession : 1' , parce tjue, si un prêtre est instruit de ses devoirs , ou il y sera fidèle , ou il sera tout à fait un scélérat, ce qui n'est pas supposable; 2*, parce qu'au contraire , la meilleure confession ne peut point vuus assurer un mois de conduite pieuse , édifiante , sage et prudente dans un prêtre qui ignore ses devoirs ; 3* , parce que' tous ont nesoin de revoir fréquemment les règles de leurs multipliés devoirs , à cause de l'oubli où l'on tombe bien vite quand on est continuellement occuLé des devoirs de la vie active qui rendent 1 étude comme impossible , tanms que tous les

{prêtres étant dans l'usage de se confesser céciuemment , il en est nécessairement peu qui aient besoin de faire des confessions générales. Fondé sur ces raisons , nous osons aflirmer qu'une retraite où un prêtre ne fera pas une revue sérieuse , une étude motivée et approfondie des devoirs du sacerdoce et de son état, est une retraite illusoire.

Lever et coucher. — Réglez-en les heures selon l'exigence des lieux , de votre santé et de la saison, mais de manière à avoir toujours commodément du temps pour vos exercices. Voj^ez d'ailleurs , ci-après y le règlement de vie pour un prêtre.

Prière vocale et oraison, — 11 faut les faire immédiatement après le lever et à l'église » autant que possible. Donnez-y un peu plus de temps qu'à l'ordinaire , un quart d'heure à la prière vocale et trois quarts d'heure à l'oraison. Vous trouverez des sujets d'oraison dans l'excellent Livre de la vie svirituelle , publié pour les prêtres parla Btblio^ thème ecclésiastique. Vous trouverez encore d'abondants sujets dans le Sacerdotaiium meditationum silva^ vrai manuel de méditation pour les prêtres.

Assistance à la messe. — Si l'on ne la dit

as, il faut l'entendre, et , autant que possi-

le , après l'oraison.

Silence. — 11 est important de donner environ une demi-heure le matin, et autant le soir , à une retraite absolue , à une séparation complète de tout ce qui vit et agit , à un silence absolu, pour recevoir les inspirations spontanées qui sont ordinairement les plus sûres et les plus durables. Nous croyons à l'action surnaturelle du Saint- Esprit , de la grâce , des bons anges , etc.

Déjeûner. — Il doit être court et silencieux.

Récitation des petites heures. — H convient de réciter l'office en commun et à l'église.

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D'ASCETISME.

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