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lie faut pas qu'elle contredise une autre révélation divine. Car l'esprit de vérité, qui enseigne toute vérité, ne peut se contredire lui-même.
4- Les révélations divines ont aussi pour caractère de n'être point fréquentes; et si elles sont fréquentes, il faut dès lors les regarder comme suspectes. C'est le sentiment de saint François cle Sales ( Lettre 23 ) et du cardinal Bona (De dise, sp., c. 20), qui, en parlant d'une personne qui avait un trèsgrand nombre de visions, disaient : Ces visions doivent être tenues pour suspectes, car elles n'ont point d'objet, elles deviennent vaines et inutiles; et leur grand nombre seul les déconsidère.
Il est vrai que les prophètes et quelques saints du Nouveau Testament ont eu de fréquentes révélations que nous ne pouvons suspecter. Mais se sont là des exceptions, et la prudence veut qu'on ne s'écarte point des règles générales.
5** Les révélations qui ont pour objet des choses inutiles et frivoles, doivent être sus- I)ectées comme indignes de Dieu. Les choses graves et utiles sont seules dignes de sa majesté. On peut cependant concevoir une révélation vraie qui ne porte que sur un objet très-léger et peu important ; mais il faut Alors qu'il ait quelque relation avec un autre plus important.
6" Généralement parlant, les révélations ont pour objet des choses qui ne peuvent Otre connues par une voie naturelle ; autrement leur révélation serait suspecte.
7" Les théologiens mystiques veulent, à lK>n droit, qu'on regarde comme suspectes les révélations qui ont pour objet de découvrir l'état de l'âme des vivants, à savoir s'ils «ont en état de péché mortel ou non, et l'état de l'âme des morts, s'ils sont en purgatoire ou en enfer. Pour ajouter foi à de semblables révélations, il faudrait qu'elles fussent accompagnées de signes qui portassent victorieusement avec eux-mêmes la conviction. Outre les autres inconvénients, ces visions ont celui de blesser la charité. Voilà une règle générale. Cependant, il peut y avoir des cas particuliers où il serait utile cie connaître une pareille révélation, et on peut concevoir des circonstances exceptionnelles où Dieu pourrait les permettre.
8' H faut aussi mettre une grande réserve à admettre comme divines des révélations qui ont pour objet de découvrir le secret de la prédestination, de la confirmation en grâce, et autres secrets aussi profonds. Saint i'rançois de Sales nous engage à nous délier de toutes ces visions dont l'utilité est au moins problématique. Toutefois, puisque d'après le concile de Trente (sess. v.i, c. 12), la prédestination, le don de persévérance peuvent être l'objet d'une révélation, il ne nous est point permis de dire qu'il n'y en a jamais de vraie sur celte matière.
9" Si nous considérons la certitude et la vérité de la révélation divine, prise ducôtéde la personne qui en jouit et des effets qui en résultent, nous renvoyons nos lecteurs à
l'article VisionSj où ees règles oni été établies; et ces règles se résument à peu près dans les points suivants : Les révélations vraies ont pour effet d'inspirer de l'amour de Dieu, de l'humilité, l'amour des itior-tifications, la défiance de soi-même, la soumission de tout à son directeur et à ses supérieurs, le soin de cacher ses faveurs surnaturelles, etc.
Benoît XIV {De serv. Dei Beatif., 1. m, ad iilt.) donne un avis fort judicieux, quand il s'açit des révélations dont les femmes sont favorisées ; cet avis ne contredit point les conseils de réserve que nous avons souvent donnés. Une faut pas, dit-il, nier les révélations de femmes, par cela seul qu'elles sont pi us fréquentes que celles des hommes, puisqu'au témoignage de saint Pierre d'Alcantara et de sainte Thérèse, elles sont réellement plus fréquentes, et saint Thomas en donne une raison fort judicieuse : H est dans la nature de l'homme, dit-il, de se fier à la raison pour chercher la solution des secrets, tandis que les femmes la cherchent bors d'elles-mêmes, et dès lors elles s'abandonnent entièrement à Dieu pour s'éclairer, et Dieu récompense quelquefois cette humble confiance pai* des révélations.
RICHARD DE SAINT-VICTOR, théolo-
Ïrien écossais, vint étudier à Paris, où il se it chanoine régulier dans l'abbaye de Saint- Victor. Il fut prieur de ce monastère en 1164, et y mourut en 1173, regretté \)out ses vertus autant que pour ses lumières. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de théologie et de spiritualité, dans lesquels ri raisonne avec justesse et avec méthode. La meilleure édition de ses Œuvres est celle de 1650, Rouen ; 2 vol. in-fol. Ses traités ascétiques sont pleins des règles les plus sublimes de la vie intérieure.
RICHARD (René) naquit à Saumur en 1654, entra dans la congrégation de l'Oratoire , fit des missions dans les diocèses de Luçon et de La Rochelle , devint chanoine de Sainte-Opportune à Paris, et mourut doyen de ce cnapitre en 1727. On a de lui ; 1** Maximes chrétiennes; — 2" Choix d'un bon directeur. 11 avait composé ces ouvrages pour les demoiselles de Saint-Cyr.
RICHARDOT (François), né en Franche- Comté, religieux de Saint-Augustin, professa à Resançon et à Paris, fut nommé évêque d'Arras en 1561, assista avec éclat au concile de Trente, et eut beaucoup de part à l'érection de l'université de Douai. Sa mort, arrivée en 157^, à l'âge de 67 ans, fut digne des vertus qui avaient illustré sa vie. On a de lui : 1" Ordonnances synodales ; Anvers, 1588; — 2* Institution des pasteurs ; Arras, 1562 ; et d'autres ouvrages de piété et de discipline ecclésiastique.
RICHELIEU (Armand du Plessis de), célèbre ministre d'Etat sous Louis XIII, naquît à Paris en 1585, fut nommé évêque do Luçon en 1607, premier ministre en 1616, cardinal en 1620; créé duc et pair en 1631; gouverneur de Bretagne, amiral de France, abbé géa(5ral de Cluny, de Cîteauir,de Pré-