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DASCLTISME.
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fection chrétienne , traduit en français par le P. Jean Brignon. {Voy. ce nom.)
SEGNERI (Paul), né à Nettuno, dans la Campagne de Rome, en 162t^, Jésuite, se distingua par la pureté de ses mœurs et par le succès de ses prédications. Le Pape Innocent XII le nomma son prédicateur ordinaire et théologien de laPénitencerie. Ce saint religieux, ce directeur infatigable, usé par ses travaux et par ses austérités, mourut en 16M, à Tâge de soixante-dix ans. Outre sesSermom, nous avons de lui : 1** Des Méditationsj S vol. in-12; — 2* La Manne^ ou la nourriture de l*dme ; — d^ La pratique des devoirs des curés j ouvrage important, plein d'onction, de lumière et de zèle ; — 4° Le confesseur instruit ; — 5* Le pénitent instruit ; — 6* Laccord de l'action et du repos dans f oraison; — T Les illusions des Quietistes ; — 8" Le serviteur de Marie ; — 9" L'exposition du Miserere ; et divers autres opuscules de piété. Muratori a publié la fie de Paul Segneri ; Modène, in-8\
SEMI-QUIÉTISME. — Le semi-quiétisrae devint fameux par le nom de Fénclon, qui en prit quelque temps la défense. Madame Guyon publia deux ouvrages intitulés : lun, moyen court et facile de faire oraison ; Tautre, cantique des cantiques de Salomon, interprété selon le sens mystique. Le bruit qu'ils firent détermina Louis XIV h donner un ordre pour qu'elle fût renfermée dans un monastère. Peu de temps après, on lui rendit la liberté. Ce fut alors qu'elle flt connaissance avec le célèbre Fénelon. Elle publia l'Ancien Testament avec des explications ; sa Vie écrite par elle-même, et d'autres ouvrages qui décelaient de l'esprit et une imagination exaltée. Elle soumit sa doctrine au jugement de Bossuct qui passait pour le théologien le plus exact de la France. L'évêque de Meaux, le cardinal de Noailles, Fénelon, nouvellement nommé archevêque de Cambrai, et Tronson, supérieur du séminaire de Sainl-Sulpice, furent chargés d'examiner ses livres. Ils dressèrent, après cet examen, 34 articles contenant .es vraies maximes sur la vie spirituelle, et les signèrent à Issy, en 1695. Ils sont connus sous le nom d'Articles d'issy. [Voyez n'ÀRCENTRé, Collect. Judiciorum de nov. error.^ t. III; DupLEssis, Hist. de Meaux^ t. 1", p. 492; n'A VRIGNY, Mém. chronoLy t. III, IV.)
Durant les conférences qui se tinrent à ce sujet, Bossuet et Fénelon eurent de fréquentes disputes pour et contre l'amour désintéressé ou de pure bienveillance. Le second prit jusqu'à un certain point la défense de madame Guvon. Enfin, il publia en 1697 ses Maximes cfes saints où il avançait une espèce de semi-quiétisme. Les clameurs qui s'élevèrent à cette occasion attirèrent à l'auteur la disgrâce de Louis XIV, et le livre des Maximes des saints fut condamné par le Pape Innocent XII, le 12 mars 1699. Fénelon se soumit avec docilité, et condamna luimême son propre ouvrage. Cette soumission le couvrit de gloire aux yeux de ceux qui connaiâ&ent > vraie grandeur d'âme, et qui
savept apprécier les motifs qui dirigèrent alors sa conduite. Le Pape censura vin^-trois propositions extraites du livre des Maximes des saints y comme respectivement téméraires, pernicieuses dans la pratique et erronées t mais aucune ne fut qualiOée hérétique.
La principale erreur des semi-quiétistes consiste à croire que, dans l'état de parfaite contemplation , Târne est tellement anéantie devant Dieu, et tellement résignée à sa volonté, qu'il lui est indifférent d'être damnée ou d'être sauvée. On voit que cette erreur monstrueuse déQnit le précepte de Tespérance chrétienne. Les préceptes divins ne sont point contraires les uns aux autres , ih se tiennent et se fortifient mutuellement. Ce serait un blasphème de prétendre que Dieu permettant le péché, comme proviseur universel, nous pouvons nous y complaire, lors- 3u'il est commis par les autres. Dieu ne amne personne que pour le péché de l'im- 1)énitence finale. Ainsi, quand nous adorons a sainteté et la justice de Dieu, nous devons rejeter le péché avec la plus vive horreur, et craindre la damnation comme le plus grand des maux, la srâce nous mettant en état d'éviter l'une et l'autre. Que devient donc cette f)rétendue résignation, dont la pensée seule ait frissonner la piété T On ne trouve point de pareils blasphèmes dans sainte Thérèse, saint Jean de la Croix, etc. S'il y a des expressions peu exactes dans les ouvrages de quelques myst ques , comme dans ceux de Bernières, et la traduction italienne du livre de Bourdon, intitulé : Dieu seul y il faut les corriger d'après les maximes de la saine théologie.
Pour revenir à Fénelon, il avait été trompé par une édition falsifiée des Entretiens spirituels de saint François de Sales, que Drobet donna à Lyon en 1628. Sainte Françoise de Chantai et' Jean François de Sales, alors évêquede Genève et frère du saint , portèrent leurs plaintes à Louis XIII sur cette falsification. Le privilège accordé pour l'édition dont il s'agit fut révoqué par des lettres patentes données la même année, et datées du camp de La Rochelle. Cœursillys fit imprimer à Lyon, en 1629, les vrais Entretiens spirituels de saint François de Sales, par ordre de sainte Françoise de Chantai. Cela n'a pas empêché aue l'édition falsifiée n'ait reparu plusieurs rois. C'est de cette édition que Fénelon se servit, ce qui donna lieu à Bossuet de Taccuser de falsifier Touvrage du saint évoque de Genève. (Voyez le Journal de Trévouxy 1755, juillet, p. 1609.)
La distinction de l'amour de chaste désir et de bienveillance est fameuse dans l'école : par la première , la créature aime Dieu comme son propre bien, c'est-à-dire dans la vue de jouir do lui, ou parce qu'elle possédera Dieu et trouvera en lui son parfait bonheur, ou, en d'autres termes, parce que Dieu est le bien de la créature en cette vie et en l'autre. Par l'amour oe bienveillance , la créature aime Dieu purement pour l'amour de lui-même ou parce qu'il est infiniment bon en lui-même. Ce second amowr est afir