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« que les premières mauvaises pensées fas- « sent impression sur leur CM£ur, car alors a il est aisé d'attiser le feu et de les porter u au péché; mais, s'ils résistent d'abord et « ferment la porte aux mauvaises images « qui »e présentent à eux, nous isomraes « contraints de fuir et nous nous dissipons ' « uevant eux comme la fumée dans Tair. » C'est encore une excellente coutume dans les tentations d'être toujours occupé. Cassien remarque que les solitaires de son temps enseignaient continuellement à leui^ disciples et pratiquaient eux-mêmes soigneusement cette maxime qu'ils tenaient de leurs anciens : Que le démon vous trouve toujours occupé. C'est ce que Dieu même enseigna à saint Antoi-ie, pour persévérer dans Ta vie solitaire et se défendre des diverses tentations auxquelles elle est sujette. Se plaignant un jour à Dieu de ses tentations dans la prière u disait à Dieu : « Seigneur, < que ferai-je? Je voudrais être meilleur « que je ne suis et ne penser qu'à vous ; « mais une intinité d'autres pensées me « troublent et entraînent mon esprit après « elle. » Alors il entendit une voix qui lui disait ! « Antoine, si vous voulez plaire à « Dieu, priez; et lorsque vous ne pourrez <« plus vaquer à la prière, travaillez de vos « mains et occupez-vous toujours à quelque •f cbose; fa'tes de votre côté tout ce que « vous pourrez, et le secours d'en naut ne « vous manquera pas. » D'autres disent aue cet avis lui fut donné par un ange, qui lui apparut sous la figure d'un jeune bomme, ne faisant autre chose que travailler et prier, vi passant successivement de la prière au travail et du travail à la prière. Quoi qu'il en soit, il est certain nue l'oisiveté est la source de beaucoup cle tentations et de maux, et qu'ainsi il est très-important que le démon ne vous trouve jamais oisif.
« Saint Bonaventure nous donne un avis très-important au suiet des tentations, c'est de prendre garde que le démon ne se déguise Quelquefois en ange de lumière, et ne se serve fies apparences du bien pour séduire lés serviteurs de Dieu : « On môle le poison « dans une liqueur agréable, dit saint Jé- « rôme, et on cache l'hameçon sous l'a- « morce. » C'est ainsi qu'en use le démon. // iend secrètement un piège dans la voie où marchent les serviteurs de Dieu, (Ps. cxli, 4.) S'il les attaquait ouvertement et sous l'apparence du vice, il les effaroucherait et il ne gagnerait rien avec eux. Car les bons, ccmme dit saint BernarJ, ne sont jamais trompés que par l'apparence du bien. Or, le démon est subtil et adroit, il sait par où il doit attaquer chaque personne; et ainsi, pour parvenir plus sûrementt à son but, il ns3 do déguisement avec les gens de bien. 11 commence d'abord, dit saint Bonaventure, par leur proposer des choses bonnes en ellesmêmes; il y en mêle ensuite de mauvaises; après cela, sous l'apparence d'un faux bien, il leur présente des maux véritables ; enfin, quand il les a tellement engagés dans ses filets, que difficilement ils pourraient s'en tirer, il
leur découvre ûIuî s son venin et les fait tomber dans des péchés manifestes. Combien a-t-on vu de liaisons, continue-t-il, qui paraissaient saintes d'abord, qui l'étaient peutêtre en effet, et dans lesquelles on s'imaginait ne rechercher rien que Dieu et l'avancement dans la perfection ? Cependant, ce n'était qu'un artince du démon, comme on l'a découvert ensuite, car nous n'ignorons plus ses desseins, {II Cor. ii, 11.) Cette liaison qu'il proprosé do faire est d'abord innocente de part et d'autre, et le motif même en paraît saint. On ne parle que de Dieu dans les commencements; ensuite, comme on se cherche avec empressement et qu'on se voit plus souvent, on mêlé d'autres choses dans les conversations qu'on a ensemble; on s'y entretient de l'amitié qu'on a l'un pour l'autre ; on s'en donne des assurances réciproques, on les confirme \ ar de petits présents mutuels et autres marques Qu'une amitié sainte ne connaît pas. Alors le démon commence à mêler de mauvaises pensées aux bonnes, et à porter au mal, sous l'apparence trompeuse du bien; et c'est ainsi que, dans ces sortes de liaisons et autres choses, il séduit beaucoup de personnes et cache artificieusement, sous le masque de la vertu, ce qu'il y a de dangereux et de criminel dans ce qu'il suggère. Il fait comme Joai>, qui tua Amasa en feignant de vouloir l'embrasser; et comme Judas, qui se servit du baiser de paix pour trahir son maître et le ' livrer aux Juifs. Il faut donc se défier avec soin de ces sortes de tentations qui se déguisent sous de fausses apparences de vertu, et s'en défier d'autant plus, que moins elles sont connues, plus elles sont dangereuses. Aussi le Prophète dit que ce sera Dieu qrui le mettra à couvert des ravages que fait le démon du midi, [Ps. xc, 6.) Saint Bernard remarque à ce sujet que le démon ne se contente pas de se transformer en ange de lumière, mais qu'il se transforme en la lumière même ; faisant que ce qui n'est (ju'ofcscurité et ténèbres, paraisse' plus clair et plus brillant que le jour, et qu'on ne voit aucun doute à avoir, ni aucun danger à craindre, dans les choses les plus mauvaises et les plus dançereuses. 11 y a des voleurs si bien mis et si bien faits, qu'à les voir il n'y a personne qui les prît pour tels; car on ne peut concevoir que des hommes, qui paraissent honnêtes, soient capables de voler. Il faut les avoir pris sur le fait pour le croire, et alors on s étonne comment ils aient pu faire un métier si honteux. 11 en est de même des tentations qui se déguisent sous de fausses apparences de vertu.
« Les maîtres de la vie spirituelle pensent que, pour se garder d'un ennemi, il faut le connaître f our tel ; aussi c'est un grand avantage dans les tentations , de les connaître pour ce qu'elles sont. Pour mieux faire comprendre cette vérité, si, lorsqu'il commence à s'élever dans votre esprit' ci dans votre cœur de mauvaises pensées et do mauvais dé-irs, vous aperceviez un démon horrible qui vous engageât h le suivre cjuo
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feriez-vou:>? Nauriez-vous pû3 aussitôt recours à Dieu, et ne vous sulliralt-il pas, pour les faire rejeter, de voir que c'est le démon qui vous les inspire ? Or, il est certain que cest ce qui arrive dans les tentations. Dieu nous a donné à chacun un ange pour earder nos Ames, de môme que, dans le monde , les
frands seigneurs donnent des gouverneurs leurs enfants pour soigner leur éducation et leur conduite. Cette doctrine est fondée sur ces paroles de/ésus-Christ : Gardez-vous bien de mépriser aucun de ces enfants ; car je vous dis que leurs angeSy dans le ciel^ voient continuellement la face de mon Père qui est dans le ciel. (Matth. xvni, 20.)
« Saint Jérôme s'écrie à ce sujet : « La di- « gnitéde nos âmes est grande, puisque cha- « cun a un ange pour la garder dès sa nais*- <( sance. Comme nous avons chacun un ange « pour nous garder, nous avons aussi cha- « cun un démon qui nous porte au mal, qui « excite sans cesse en nous de mauvaises «pensées et des mouvements dangereux, « oui cherche toujours à nous surprendre, et « n'en laisse jamais échapper Voccasion ; *c qui, pour en venir à bout, observe et étu- « aie nos inclinations avec soin, et se sert « de nous-mêmes et de notre concupiscence a pour nous perdre. » C'est pour cela que Dieu disait au démon qui tentait Job : As-iu bien considéré mon serviteur Job? On voit en cela qu'il lui parlait comme à celui qui épiait Job depuis longtemps, et se tenait à ses côtéb. Ainsi, quand vous aurez des pensées et des mouvements qui vous porteront au péché, sachez que c'est une tentation du démon, comme si vous le voyiez alors luimême faisant ses efforts pour vous porter au mal, et recourez aussitôt à Dieu, qui seul pout vous délivrer d'un ennemi aussi cruel.
« Saint Grégoire raconte une chose qui le prouve bien. Il dit qu'un jeune homme ayant embrassé la règle' de Saint-Benoît, et la trouvant ensuite trop austère, résolut de Il quitter. Pour cela il s'adressa plusieurs fois au saint qui lui avait donné l'habit, et qui, lui ayant remontré que c'était une tentation du démon, fut contraint d'accéder à ?cs désirs, après avoir cherché inutilement à le détourner de son dessein. Cependant, comme dans son extrême charité il ne le voyait pas partir sans douleur, il se mit en prières pour lui ; et, à peine ce jeune homme etait-il hors des portes du monastère, qu'il vit un dragon épouvantable venir à lui , la gueule ouverte, pour le dévorer. Alors, tout tremblant de peur, il se met à crier : « Au « secours, mes frères, au secours, voilà un « dragon qui veut me dévorer 1 » Et les religieux étant accourus à ses cris, ne virent \as véritablement un drason, mais ils le trouvèrent à demi mort, et i empoitèient en cet état au monastère. Dès qu'il y fut entré, il Qt vœu de n'en sortir de sa vie , et depuis il n'eut jamais la moindre tentation de retourner dans le siècle. A ce sujet, saint Grégoire observe que ce que produisit la prière de saint Benoit fut de faire voir à ce religieax le démon qui voulait le dévoier, tîl
qu'il suivait auparavant sans le voir. II le suivait, dit ce Père, parce qu'il ne le voyait pas , mais à peine l'eut-il vu, qu'il en eut de l'horreur, et appela au secours pour en être délivré. On voit, par cet exemple, que le démon qiii nous tente n'est pas une feinte, mais une chose réelle, et que c'est lui effectivement qui nous attaque dans les tentations. L'apôtre saint Pierre nous en avertit lui-même comme un bon pasteur; et l'Eglise, qui connaît l'importance de cet avertissement, nous le remet tous les jours en mémoire , comme une bonne mère ; Mes frères , soyez sobres et veillez ; car le démon^ voire ennemi^ rôde autour de vous, comme un lion rugissant^ cherchant qui il pourra dévorer : résistezlui donc en demeurant fermes dans la foi (I Petr. V, 8); et songez continuellement à vous défendre de ses attaques et à vous garantir de ses surprises.
« Il y a des âmes simples que les pensées contré la foi et la pureté jettent dans l'accablement, comme si ce qui se j)asse alors en elles était une marque d'abandon de Dieu, et il est bon d'avertir que c'est une erreur et une illusion. Gerson rapporte, à ce sujet, qu'un solitaire affligé de telles pensées , fut vingt ans sans en parler à personne, s'ima^nant que c'était une chose horrible et inouïe» et qui scandaliserait celui à qui il en parlerait. Enfin, au bout de ce temps-là il résolut de s'adresser à un ancien Père du désert; encore n'osa-t-il le faire de bouche, mais par un écrit qu'il lui mit entre les mains. Le saint vieillard, après l'avoir lu, se mit à sourire, et lui dit : a Mon fils, mot- « tez votre main sur ma tête. » Et le solitaire avant obéi : « Je prends sur moi votre « péché, continua le saint homme, ne vous « en mettez plus dorénavant en peine. — « Comment, mon père, lui répondit le soli- « taire, fort étonné de cette réponse, il me « semble que j'ai déjà un pied dans l'enfer, « et vous me dites que je ne me mette pas « en peine ? — Mais, mon fils, reprit le vieil- «j lard, prenez-vous plaisir à ces sortes de «pensées?» Et le solitaire ayant répondu
au'au contraire elles lui avaient toujours onné beaucoup de chagrin et de douU'ur : « Puisque cela est, reprit l'homme de Dieu, « c'est une marque que vous n'y aviez point « de part, et que c'était le démon qui les ex- « citait en vous pour vous porter au déses- « poir. Ainsi, mon fils, suivez mon conseil. « et si jamais ces sortes de pensées vous re- « viennent, dites au démon qu'il en est l'au- « teur : Malheur à toi , esprit d*orgueil et « d'impureté : que tes impuretés et tes blas^ « phèmes retombent sur toi ; je ne veux pas « y participer ; je me tiens à ce que l'Eglise « croit, et je mourrais plutôt mille fois que « d'offenser Dieu. » Ces paroles du saint vieillard consolèrent et fortifièrent tellement ce solitaire, que, depuis ce temps, il ne fut plus attaqué des pensées qui le tourmentaient. H est bon do remarquer ici en passant, pour l'instruction de ceux qui ont do la répugnance à découvrir leurs tentations à leurs directeurs, qu'il leur en coûte entor(>
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plus de les cacher, comme le prouva Teiemple qu'on Tient de rapporter. Ce solitaire souffrit pendant vingt ans ces peines continuelles a esprit, pour n'avoir pas osé découvrir l'état de son âme ; et dès qu'il l'eut découvert, il fut entièrement soulagé. Combien de tourments se serait-il épargnés, s'il s'était fait connaître dès le commencement?
« Voyons maintenant ce qu'il faut faire en pareille occasion. 11 y en a qui s'y prennent tout autrement qu'il ne laut. Quand ces sortes de pensées les tourmentent, ils se pressent fortement les tempes avec les mains, froncent le sourcil, ferment les yeux et secpuent la tête comme pour les empêcher d'entrer ; quelquefois même, s'ils ne parlent pas, ils croient n'avoir rien fait et y avoir consenti. Ils se font plus de mal avec ces contentions que la tentation ne leur en fait : semblables à Abner qui, étant la nuit auprès de Saiil qui dormait, et s'entendant appeler de loin, se mit à crier tant qu'il PÛt : Qui éles-vouSy qui criez et qui troublez le repos du roi? (IReg. x\vî, H.) A force de se plaindre du bruit qrie la tentation leur lait au dehors et du trouble qu'elle leur apporte, ils s'agitent et se troublent eux-mêmes intérieurement, beaucoup plus que la tentation ne le ferait ; ce qui altère leur santé et les dessèche ; c'est ce qui arrive à bien des gens, et surtout aux scrupuleux. La prière ni les exercices spirituels ne sont pas ce qui altère leur santé et les dessèche; leurs vains scrupules font tout le mal, et c'est aussi tout l'avantage que le démon veut en tirer. Il voit bien que ces gens ne consentiront pas aux mauvaises pensées qu'il leur présente ; il ne cherche à les trounler que par là, et,- pourvu qu'il en vienne à bout, il est content.
« Pour vaincre ces mauvaises pensées, il est inutile de faire tant d'efforts d'imagination, disent les maîtres de la vie spirituelle; il ne faut que les mépriser et ne point* s'y arrêter. Il en est d'elles comme de plusieurs petits chiens qui aboient après un homme qui passe : s'il passe son chemin sans y faire attention, ils ne crient plus; mais s'il veut les chasser, ils aboient plus fort qu'auparavant. Ils n'ont qu'à faire comme quelqu'un qui passe dans une rue où le vent donne et porte la poussière au visage ; il ferme les yeux, passe son chemin sans s'embarrasser de rien. Enfin, le remède contre ces pensées et le moyen de s'en délivrer sont de ne pas s'en tourmenter. Bien çlus, c'est que plus elles sont fortes et terrioles, disent les saints, moins il faut en faire de cas, parce qu'elles sont en même temps moins dangereuses. Qu'y a-t-il de plus terrible, par exemple, que les pensées contre Dieu et contre la religion? Cependant elles sont moins dangereuses que les autres, parce que, plus elles sont horribles, plus aussi, jjar la miséricorde de Dieu, on est éloigné dV consentir. Ainsi, il ne faut pas nous affliger quand elles nous j)assent nar l'esprit, puisqu'il n'y a rien en cola de notre faul'.s qu'il ne dé^^cnd nas de nous de les
empêcher, et qu elles ne viennent pas de nous, mais du démon qui les forme en nons contre notre volonté, afin de nous jeter dans le désespoir ou dans le trouble.
« On rapporte de sainte Catherine de Sienr e,
au'étant un jour fort tourmentée de ces sorte» e pensées, Jésus-Christ lui apparut et les dissipa toutes par sa présence. Se plaignant . alors tendrement à lui, elle lui dit : « Où étiez- ? tf vous. Seigneur, quand de telles pensées «f s'élevaient dans mon cœur? — Ma fille, lui « répondit-il, i'étais au milieu de vous. — ^Eh <c quoi ! aimable Jésus , reprit-elle , pouvieztf vous demeurer dans une telle habitation? « — Mais , ma fille , répondit-il , étiez-vous « bien aise de les avoir? — Hélas ï Seigneur, « reprit-elle , j'étais pénétrée de douleur , et a je ne sais ce que je n'aurais pas plutôt «choisi. — Qui pouvait donc, répondit-il, « vous en donner tant d'horreur, si non moi « qui étais au dedans de vous? » Ainsi, (|uelque honteuses et quelque mauvaises que puissent être les pensées qui s'élèvent en nous , pourvu que nous les rejetions à l'instant, non-seulement nous pouvons croire que Dieu ne nous a pas abandonnés , mais c est une preuve infaillible qu'il demeure en nou5, puisque c'est lui seul qui peut nous donner cette horreur pour le i)éché, et cette crainte de perdre la grâce. Cest dans le temps de V affliction qu*tl est avec nous (Ps. xc , 15), comme il le dit lui-même par le Prophète, et c'est du milieu des flammes et des épines du buisson ardent qu'il vous parle.
« Le combat contre les tentations, dit saint « Bernard, est un combat pénible, mais il est « utile, car la récompense est proportionnée « à la peine, et le sentiment qu elles causent « ne peut nuire, si on n'y donne son consen- « tement ; au contraire, pJus la résistance est « difficile, plus la couronne est belle. » Blosius pense de même, et dit qu'une pensée do vaine complaisance de soi-même a laquelle on se laisse aller une fois seule, eft plus désagréable à Dieu que toutes les pensées du monde les plus honteuses auxquelles on ne consent point ; de sorte qu'il ne faut pas plus s'en affliger que si elles se passaient hors de nous. Et c'est effectivement hors de vous nue tout cela se passe, dit un saint, puisque les mauvaises pensées ne sont proprement en nous que par le consentement que nous y donnons; tant que nous n'y consentons pas, elles ne peuvent avoir d'entrée che^ nous, et elles frappent inutilement à notre j)orte.
« Les maîtres de la vie spirituelle disent encore qu'il est dangereux cle trop craindre ces sortes de tentations et de s'en faire de la
[)eine, parce que par là on les augmente et on eur donne plus de force. La raison en e«t naturelle, et l'expérience nous le confirme chaque jour : c'est que la crainte réveille l'imagination, et que les fréquentes réflexions sur une chose font qu'elles s'impriment plus fortement dansl'espritet l'affectent davantage. Nous voyons , par exemple , qu'un hoinirib passera aisément sur une planche étroitit qui sera sur terre, mais si on la lève b'en haut, il ne pourra plus y marcher de mêuic»
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parce qu'alors la crainte V4matil à le saisir, et le sang et les e$[u*its se retirant au cœur, il ne peut ])las se soutenir sur ses jambes comme auparavant, et ce sera un grand hasard s'il ne tombe pas. La même chose arrive dans les tentations d^impureté, guand on a la faiblesse de trop les craindre ; ainsi, pour s*en délivrer plus aisément, il faut ne pas trop les redouter, afin qu'elles ne fassent pas trop arrêter votre imagination sur des objets dont on doit songer à la détourner. Mais, si par celle raison il est avantageux de n'en avoir qu'une crainte modérée, on ne saurait au contraire, dit Gersoii, avoir une trop grande horreur du péché en général. Cea en l'envisageant avec horreur, et en délournant son esprit des ^)ensées particulières des pensées d'impureté dont on est combattu, qu'il faut demander continuellement à Dieu qu'il ne permette pas que rien ne nous sépa^e de lui, et prendre une ferme résolution d*î mourir plutôt mille fois, que de commettre un seul péché mortel.
« Une chose qui nous est extrêmement recommandée par les saints, et qui peut servir de remède général contre toutes les tentations intérieures, c'est que, quand il survient quelque mauvaise pensée, il faut essayer d'en détourner son esprit, en l'appliquant Qussitôt à quelque autre objet , comme à la mort et aux soutfrances de Jésus-Christ, ou autre chose semblable. Cela doit se faire non avec de grands efforts d'imagination, et en se gênant, mais seulement en tâchant d'éviter adroitement le coup que le démon nous porte, et en le parant avec quelque bonne pensée ou quelque sainte occupation. C'e^t ainsi qu'un homme, voyant au'un autre, à qui il ne veut pas parler, a quelque chose à lui dire, passe continuellement d'une matière à l'autre,
tour ne pas lui en laisser le loisir; et c|u'un omme sage, qui s'entend dire des injures, tourne la tète d'un autre côté, sans se mettre en peine d'y répondre ou d'y prêter l'oreille. Cette manière de résister aux tentations.est très-aisée et très-sûre, parce que, tant qu'on % l'esprit rempli de bonnes pensées, on na garde de consentir aux mauvaises ; et, ce qui peut en cela nous être d'un grand secours, c'est d'approfondir extrêmement dans la prière les saintes méditations qui nous touchent ordinairement le plus, et de se les rendre familières, afin d'y trouver un remède et un refuge assuré dans l'occasion. Les uns,
Kur cet effet, se font un asile des plaies de $us-Christ, et principalement de celle de son sacré côté , se retirant dans les trous de cette pierre^ et dans les ruines de cette muraille (Cant. II, ih); et les autres ont recours au souvenir de la mort et de l'enfer, en disant avec Job : Qui tn accordera j Seigneur^ que vous me protégiez contre les attaques de r enfer ^ et que vous me cachiez jusqu'à ce que votre fureur soit passée? (Job xiv, 13.) Que chacun s'attache a ce qu'il croira lui être le plus utile, et pouvoir l exciter davantage , et, lorsqu'il aura choisi un sujet propre, qu'il i^che de bien Fafiprofondir et de le bien pénétrer, afin d'v avoir recours dans le besoin,
et y trouver une retraite assurée conlrc les attaques de l'ennemi.
« L'abbé Smaragde raconte à ce sujet une chose qui peut être utile, sans être fort grave ni très-authentique. Il dit qu'un religieux vit un jour deux démons qui parlaient ensemble, et se demandaient compte l'un à l'autre de leurs progrès auprès de deux religieux qu'ils avaient le soin de tenter. L'un disait : « Je me trouve assez bien de celui à qui j'ai « aflaire; je n'ai qu à lui présenter unej)en- « sée, aussitôt il s'y attache et s'y entretient ; « venant ensuite à se surprendre dans cette « pensée , il repasse dans son esprit tout le « chemin qu'elle y a fait; il songe combien a il s'y e>t arrêté, s'il y a eu de sa faute, s'il « a résisté ou consenti, d'où et comment elle « peut lui ôlre venue, s'il y a donné occasion, « ou s'il a fait tout ce qu il a dû pour n'y en « Loint donner; enfin, je lui mets l'esprit à « la torture, quand je le veux, et le mets « presaue hors de lui-même. — Pour moi, di- « sait 1 autre, je perds mes peines avec celui « que je tente. Dès que je lui suggère une « mauvaise pensée, il a aussitôt recours à ff Dieu ou à quelque sainte méditation, ou « bien il songe à quelque chose, pour ne pis « pensera ce que je lui propose; ainsi, je :ie « sais par où le prendre. » Le démon est donc content quand on s'amuse à raisonner sur une mauvaise pensée qu'il nous a suggérée, car alors il ne manque ni de bonne volonté, ni d'adresse, pour la faire passer de l'esprit au cœur; au contraire, c'est un bon moyen pour y résister de nç vouloir pas l'écouler, et de ne point lui tenir tête, mais d'en détourner aussitôt son esprit, sans y faire aucune attention. Si on peut en venir à bout, en s'appliauant à quelque bonne pensée, c'est assurément le mieux; nais, si ceic no sulïït i)a$, il est bon alors d'avoir recours à quelque occupation extérieure.
« Il faut en différentes tentations, dit saint « Jean Climaque, tenir une conduite diffé- « rente pour résister, car il y a des vices qui « sont d eux-mêmes désagréables et fâcheux, « comme la colère, la haine, l'envie, le désir « de se venger, l'impatience, l'indignation, « le chagrin, l'amertume de cœur, î opiniâ- « treté, l'esprit de contention et autres sem- <t Wables. 11 y en a d'autres aussi qui sont « accompagnes de plaisir, comme ceux de « l'impureté ou la satisfaction des sens, et « parce que plus nous envisageons ceux-ci , « plus ils nous attirent à eux ; nous devons, « dit-il, par cette raison , les combattre en « fuyant, c'est-à-dire non-seulement en nous « éloignant des occasions qui y portent, mais « aussi en nous détournant l'esprit et les « veux de tout ce qui peut y faire penser. « i*our ce qui est des premiers, il faut en ve- « nir aux prises avec eux pour les vaincre, » il faut en examiner la nature et la laideur, « et on peut le faire sûrement, parce qu'ils « n'ont rien de contagieux ; quoiqu'à l'égard « de la colère et de la vengeance, il sertit « bon aussi, ajoute-t-il, de s'esquiver, en « s'empêchant de penser à aucune chose qui « puibic cous V exciter. »
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« Cassien ot saint Bonaventurc enseigneiU la même chose, et disent que, quant aux premiers, on peut désirer de s'exercer à les combattre, et à en chercher les occasions, en s'attacliant, par exemple , à fréquenter des gens fâcheux et désagréables, pour se former à la patience, et en se soumettant dé soi-même à la volonté d'autrui, pour apprendre à devenir humble et obéissant. Mais, par rapport à l'impureté, il y aurait de l'indiscrétion et du péril de vouloir se mettre à l'épreuve, et de s'exposer aux occasions. Jésus-Christ luimême n'a jamais voulu permettre que le démon leHentAt sur cette matière, pour nous apprendre, disent-ils, que nous ne devons jamais nous exposer à ces sortes de tentations, quelque espérance que nous ayons d'en triompher, parce que rinclination que nous avons h l'impureté est très-naturelle à l'homme, et que comme c'est un vice qui flatte extrêmement les sens , il est toujours très à craindre qii'ils ne lui donnent entrée dans notre cœur. De même, dit saint Bonaventurc, que quand on a intelligence dans une place qu'on attaque, il est plus facile de s'en rendre maître; aussi est-il plus facile au démon, oui a des rapports très-étroits avec notre cnair, de nous réduire par là sous sa puissance; c'est pourquoi il faut se tenir extrêmement sur ses gardes, en évitant avec soin toutes les occasions qui peuvent porter au mal, et en rejetant toutes les pensées qui nous en viennent. Cassien et saint Thomas
voulu nous montrer par ces paroles qu'on ne résiste à l'impureté qu'en la fuyant.
« On lit dans les Cnroniaues de Vordre de Saint-François^ que les Frères Gilles, Rufin, Simon d'Assise et Junipère étant en conférence spirituelle, le Frère Gilles demanda aux autres ce qu'ils faisaient pour résister aux tentations cfe l'imnureté. « Je considère, « dit le Frère Simon, qu'elle est l'infamie de « ce péché, et combien il est honteux, non- « seulement devant Dieu, mais aussi devant « les hommes, puisque, quelque abandonnés « qu'ils soient, ils se cachent pour le com- « mettre, et cette considération m'en donne « tant d'horreur, que je me trouve bientôt « délivré de la tentation. — Pour moi, dit « Frère RuQa, je me jette contre terre, et « j'implore avec larmes le secours de Dieu ^ et de la sainte Vierge, jusqu'à ce qu'elle « soit entièrement passée. -— Et moi, di-l « Frère Junipère, quand je la vois venir et « qu'elle commence à s'emparer de mes sens, « je ferme aussitôt toutes les avenues de « mon cœur, et j'y mets en garde plusieurs « saintes pensées; et lorsque celles que le « démon envoie veulent entrer dans mon « cœur, je leur crie que la place est prise, « et qu'if n'y en a 'plus pour elles; ainsi je «f leur empêche l'entrée, et les chasse avec «honte. » Alors le Frère Gilles qui avait bien considéré ce qu'ils avaient dit tous trr is, s'écria : « Je m en tiens à la pratique « CQ Junipère et c'est assurément la meil-
« leure ; car la nieilleure manière de com- « battre contre l'impureté, c'est de fuir. » Ains', le moyen le plus sûr et le plus aisé pour résister aux tentations de cette nature est d'éloigner de soi toutes les mauvaises pensées, et de leur fermer toutes les avenues du cœur, car. si une fois on les y laisse entrer, il sera difficile ensuite de les en chasser. 11 faut tenir les ennemis éloignés de k place, pour les empêcher de s en rendre maîtres ; quand ils se seront emparés des portes, c'est un miracle si elle n'est pas perdue. « On ne peut indiquer tous les remèdes contre les tentations; car, dans les maladies de Tâme, comme dans celles du corps, ils sont infinis; il faut laisser toujours beaucoup de choses à la pnidence et à la discrétion du médecin, afin qu'il se serve de ceux qu'il jugera les plus propres à l'état et à la disposition du malade, et suivant la nature et les circonstances du mal. C'est pourquoi les maîtres de la vie spirituelle disent que le grand remède contre toutes sortes de tentations est de les découvrir de bonne heure au médecin spirituel; on n'indiquera ici que quelques avertissements que les saints nous donnent sur cette matière. Saint Basile dit
3UC, comme on ne découvre ms les malaies du corps à toutes sortes de personnes, mais seulement aux médecins qui doivent en prendre soin, de même les tentations, qui sont les maladies de l'âme, ne doivent se déi^ouvrir à tout le monde, mais seulement aux médecins spirituels que Dieu a choisis
Î)our ce sujet, et qui sont les supérieurs cl es confesseurs. Cet avertissement est conforme à ces paroles de saint Paul ; Nous dévon.iy nous autres ^ qui sommes forts^ supporter ies infirmités des faibles. (Rom. xv, 1.) Il a aussi beaucoup de rapport avec une des règles de saint Ignace qui veut que, dans de telles occasions, ont ait retours ou au préfet des choses spirituelles, ou au confesseur, ou au supérieur, chose plus importante qu'on ne le pense, car il arrive quelquefois que Ton cache les tentations à celui à qui on devrait les découvrir, et qu'on les découvre à celui à qui on devrait les cacher; et comme il peut se faire que votre frère soit sujet à la même tentation que vous, il est à craindre que vous ne vous rassuriez trop par l'exemple Tun de l'autre, et oue cette con§dence ne devienne nuisible a tous deux. 11 faut donc, tant pour éviter cet inconvénient, que pour plusieurs autres raisons, nedécou* vrir ses tentations et ses maladies spirituelles qu'aux médecins des âmes, à qui on doit croire qu'elles ne seront pas contagieuses, et de qui on doit attendre du soulagement. Et c'est ce que le Sage recommande, en disant : Ne découvrezpas votre cœurû tout If monde. (Eccli. viii, 22.) — Ayez beaucoup d'amis, mats ne prenez conseil que d'tm seul que vous aurez choisi entre mille. (Eccli. vi, 6.) « Un autre avertissement très-important, pour le temps de la tentation, est qu'il fenl bien se garder de se relâcher alors dans se« exercices spirituels, et de les quitter, ou d'en rctranrner quelque chose ; car, quand la
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tentation ne nous ferait d*autre mal que de nous déconcerter, le démon croirait avoir beaucoup fait, et se trouverait fort content. Au contraire, c'est dans la tentation qu'il faut les continuer avec une nouvelle ferveur, et qu'on a besoin d'ajouter plutôt que de retrancher, parce que, si nous laissons échapper les armes spirituelles dont nous nous servons contre fui, il lui sera plus facile de nous vaincre. Il faut donc être extrêmement fidèles à Dieu; c'est en quoi il reconnaît ses véritables serviteurs, comme il le dit à ses apôtres : Vous êtes ceux qui êtes toujours demeurés avec moi dans mes afflictions. (Luc. XXII, 28.) Au reste, il n'estpas étonnant que, dans le calme et les douceurs de la dévotion, on persévère dans la pratique des exercices spirituels ; mais qu'on y persévère au milieu des tempêtes qu'eicitent les tentations, et malgré les sécheresses et les amertumes que Dieu nous envoie, c'est ce qui est louable et une marque qu'on l'aime et qu'on le sert véritablement pour lui-même.
« On doit encore, dans les temps de la tentalton, se bien garder de rien changer à sa conduite spirituelle, et de prendre de nouvelles résolutions ; le temps n'est pas convenable. On ne voit rien dans l'eau, tant qu'elle est trouble ; laissez-la s'éclaicir, vous verrez les ordures qui sont au fond. L'agitation et le trouble que cause la tentation ne uermetlent pas que vous voyiez ce qui est le plus à propos. Les maux m^ont environné, dit David, et je n'ai rien vu voir (Ps. xxxix, 13) ; de sorte que ce n est pas le temps de rien ^délibérer et de prendre de nouvelles mesures ; laissez passer la tentation, et, quand vous aurez l'esprit plus tranquille, vous connaîtrez mieux ce qu'il vous faut faire. Les maîtres de la vie spirituelle indiquent cette chose comme très-imçortante, et saint Ignace la recommande particulièrement dans les règles qu'il donne pour le discernement des esprits. La raison qu'il apporte est que, comme dans les temps de consolations spirituelles. Dieu nous porte au bien, de même, pendant la tentation, le démon nous pousse au mal ; et il est dangereux alors de suivre les nouvelles pensées qui nous viennent.
« Il faut de plus, dans la tentation, avoir bien soin de recourir aux remèdes indiqués, et ne pas demeurer oisif, comme on le verra dans l'exemple suivant. On lit dans la Me des Pères, qu'un solitaire, étant fort tourmenté de l'esprit d'impureté, alla trouver un des plus anciens Pères pour le prier d'obtenir de Dieu de le délivrer d'une tentation si fâcheuse. Le saint vieillard lui ayant promis ses prières, et n'ayant pas cessé depuis ce moment de les adresser à Dieu à ce sujet, le solitaire retourne à lui quelque temps après, lui dit que la tentation ne s'anaise (As, et le conjure de les redoubler. Il les redouble, pleure, gérait, soupire, et le solitaire revient lui dire qu'il n'éprouve aucun soulajgement , et il revient si souvent que le saint homme ne sachant à quoi en attribuer lacause, s'en afllige, s'en étonne et s'en
plaint à Dieu. Une nuit (ju'il. avait l'esprit rempli de celle pensée. Dieu lui lit voir eu révélation ce solitaire assis nonchalamment dans une chaire, et l'esprit d'impureté se présentant devant lui sous diverses figures de femmes qu'il regardait attentivement et avec plaisir. 11 voyait aussi que l'ange du Seigneur semblait' indigné contre lui, de ce qu'au lieu de se prosterner contre terre, et de recourir à Dieu par la prière, il demeurait lâchement dans sa place, et se laissait malheureusement llaller par ces sortes d'imaginations, et par là il comprit facilement que ce qui empêchait que Dieu ne l'exauçât, c'était la nonchalance de ce solitaire, et le peu d'efforts qu'il faisait pour résister à la tentation. Aussi, dès qu'il le revit : « Mon « frère, lui dit-il, c'est votre noncha- « lance et votre complaisance à vous entre- « tenir de mauvaises pensées qui font que « Dieu ne m'exauce pas. Quelques prières a qu'on puisse lui offrir pour vous, vous « ne serez jamais délivré de l'esprit d'im- « pureté, SI vous ne travaillez vous-même « a vous en défaire, et si, par les prières, les « jeûnes, les larmes et les soupirs, vous ne « vous mettez en état d'obtenir de Dieu qu'il « vous fasse la grâce de résister. Comme « dans les maladies corporelles , les reraè- « des les plus propres, et donnés le plus h « propos, deviennent inutiles au malade, si « de son côté* il ne s'abstient de tout ce qui « peut lui faire mal ; aussi, dans les mala- « aies spirituelles, les prières et les bonnes « œuvres que l'on offre à Dieu pour le pro- « chain n«i lui servent dé rien, s'il ne s'aide « de lui-même, et si, par la prière et la mor- « tification, il ne tâche d'attirer la miséri- « corde de Dieu sur lui. » Ces paroles louchèrent tellement le solitaire, que dès lors il résolut de suivre le conseil du saint vieillard, et il le mit si bien en pratique, que, par ses prières et ses austérités, il mérita que Dieu eût pitié de lui, et le délivrât de la tentation
2ui le tourmentait depuis si longtemps, 'est ainsi que nous devons agir dans celles qui nous auligent, n'oubliant rien pour les vaincre, et faisant tout ce qui dépend de nous, car ce n'est qu'à ce prix que Dieu veut bien nous en donner la victoire.
« Mais, comme dans la manière de résister aux tentations, il peut y avoir du plus ou du moins, il est bon de savoir qu'il ne faut
f)as simplement y résister, mais qu'il faut e faire de toutes ses forces. On lit dans les Chroniques de Saint-François, que Dieu,; voulant un jour découvrir au Frère Jean Id'Alverne les différentes manières dont les religieux résistaient aux tentations et principalement à celles de l'impureté, lui fit voir une multitude infinie de démons qui ne faisaient autre chose que de tirer continuellement des flèches contre les serviteurs de Dieu. Les unes retournaient aussitôt avec violence contre les démons mêmes qui les avaient tirées, et alors ils s'enfuyaient avec de grands hurlements; les autres rebroussant sur ceux contre qui elles étaient dé( o« chées, tombaient à leurs pieds sans leur fairet
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et d'autres les pi t. B'après ccin, la meilisler, et celle à laquelle acher, c'est de blesser lasscr avec les mftmos [ue ; et nous le ferons, [uons à tirer du proDi : se sert pour nous perlorsqu'ii nous suggère ^ueil, nous venons à lus abaisser davantage mt DOS frères ; ou si pureté nous prenons d'horreur de ce vice, la chasteté, plus d'atles, ptus de zèle, plus soin à recourir b Dieu lint Augustin, sur ces ; Ce dragon que vous en faire un jouet [Ps.
iinsi que les serviteurs jouet (lu démon, parce ! pris dans les mêmes s prendre, suivant ces i : 11$ se sont pris les 1 qu'ils avaient cachés.
se prenne dans l'emel qu'il tombe lui-même Lxiv, 8); que sa malice lie son iniquité retombe sur sa propre tête. ■ [Ps. vil, 17.)
■rERTULLlEN, prèlredeCarthage, mourut vers l'an 216. Il est un des plus illustres Pères de l'Eglise; -son Apologétique ei plusieurs autres de ses ouvrages ont porte au Klus haut point l'illustmiion de son génie. iais il est devenu, [Wr sa chute dans 1 hérésie des moptânislcs, non-seulement un sujet de tristesse pour l'Eglise, mais aussi une le^fon frapjiante d'humilité et de défiance de nousmëiues. Ni la sévérité des mœurs, ni la hculeur du iténie, ni l'étendue des connaissances n'ont pu garantir ce grand homme d'une chute humiliante. Cela nous avertit, qui que nous soyons, avec quelle docilité vigilante et modeste nous devons nous tenir sous la main de Dieu.
"Ses ouvrages ascétiques veulent être lus avec précaution à cause de quelques cipressions erronées qui commencent k s'y montrer. Son Traité de la pénitence est très-parfait généralement. {Voy. Catalogue , k la fin de ce volume.
XEKIER (Clalde), Jésuite, né en Poitou t'an 1610, se distingua pir son savoir, et plus encore iwir sa piété et par son zèle pour le salut des fimes. H se voua à la prédication et h la direction des consciences, fut lecteurdes collèges de Limoges, de Poitiers, de Bordeaui, et enfin provincial d'Aquitaine. Il ht dans ces divers emplois preuve de sagesse, de prudence et de capacité; il mourut h Bordeaux, en 16S7. Nous avons de lui de nomlireus ouvrages et , entre autres , une Conduite spirilueîle pour ta retraite ; Paris, 1678, in-l2.
THÉODORE DE Ca^torb^-rt (Saintj, moine de Tarse pt Cilicie, étant i Rome en C68. fut
envoyé par lo Paj^p Vitnlien en Aiif5lel:Tre pourremplir le siège de Cantorhérv. Il fut le premier archevêque de relte ville , qui exerça la primatie sur toute l'Eglise britannique ; il y rétablit la foi et la discipline. Il mourut en 690, âgé de quatre-vingt-huit ans , arrès avoir fondé plusieurs écoles. Ce qui nous reste dr son Pénitentiel cl de SOS autres ouvrages a été recueilli en 2 vol. In-ffil.! Paris. 1677.
THÉODORE Studit, atibé <1 un monastère près de Conslantinopte en 794, pendant les troubles suscités par les iconoclastes, dont il conveitit plusieurs. Il a laissé des Sermoni sur divers sujets qui sont tres-édifîants.
THÉODORKT d'Awtioche, né vers l'an 393 , célèbre par son Histoire eccfésiastimu , a laissé aussi quelques monuments intéressants pour ceux qui aiment la vie ascétique. Nons mentionnons en premier lieu ;c« pieuses histoires de quelques moines ; ensuite son traité de la Providence, particu- I ièrement depuis le sixième livre, et un Sermon sur ta charité. La gloire de ce grand homme fut un peu obscurcie par son attachemont A Jean d'Antioche ; mais il elTa^-a biertùt celte tache en anaihématisant Nestonu5. Ce fait ne diminua nullement l'autorité morale des ouvrages moraux de ce savant prélat , qui s'est fait admirer jar son zèle et sa [liété autant que par son savoir.
THÉOPHILE d'Antiocbe (Saint). —On a toujours respecté dans l'Eglise la mémoiie de ce saint évéque, qui est aussi comj té parmi les plus savants Pères du second siècle. Ses Lettres à Antolyque seront utilement consultées dans un but ascétique. Vivar.t^ plus près des temps apostoliques , Jes éirils des Pères du ii* siè. le acquièrent une [lus grande autorité sur toutes fes matières qu'ils traitent. Saint Théophile mourut en 190 , sous Commode.
THÉRAPEUTES. — fherapfvles, nom formé du grec ftipaitivià, qui signifie également guénr et servir. L'on a nommé fh&apeiitet des hommes qui travaillaient h so guérirdes maladies de l'âme, et dont l'exenn-
Ple pouvait servir h en guérir les autres, hilon, dans son premier livre de la lie contemplative, dit qu'il V avait en Egypte, surtout aux environs d^Alexandrie, *un grand nombre d'hommes et de femmes qui menaient un genre de vie tout particulier, ils renonçaient' fi leurs biens, ji leur famille, à toutes les afl'aires temporelles; ilsviva'ent dans la solitude, ils avaient chacun une habitation sé|)aréc, à quelque distance les uns des autres, ils la nommaient semnée ou monastère, c'est-à-dire lieu de solitude,
• L^, continue Philon, ils se livraient entièrement aux exercices de la prière, de la contemplation, de la présence de Dieu ; Us faisaient leurs prières ensemble le soir el le malin; ils ne mangeaient qu'après le coucher du soleil ; quelques-uns demcureient plusieurs jours sans manger; ils ne vivaient
S[ue de pain et de sel assaisonnés quelqueois d'un peu d'hysoiie. Us lisaient dans leurs semnées les livres de Moïse, des j:rophèlcs,
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des psaumes, clans lesauels ils cherchaient des sens mystiques et allégoriaues, persuadés que rEcriture sainte, sous Técorce de la lettre, renfermait des sens profonds et cachés. Us avaient aussi quelques livres de leurs anciens, ils composaient des hymnes et des cantiques pour s exciter à louer Dieu ; les hommes et les femmes gardaient la eon- * tinence ; ils se rassemblaient tous les jours de sabbat pour conférer ensemble et vaquer aux exercices en religion. »
Le récit de Philou a fourni une ample matière aux conjectures et aux.disputes des savants; on demande si les thérapeutes étaient chrétiens ou juifs; s'ils étaient chrétiens, étaient-ils moines ou laïques ? s'ils étaient juifs, était-ce une branche des esséniens ou une secte différente ?
*» « Les thérapeutes, dont parle Philon, dit le P. Hélyot, embrassèrent une profession encore plus haute que celle des premiers Chrétiens de Jérusalem ; et Eusèbe, Cassien, Sozomène et quelques autres les regardent comme ceux oui ont tracé le plan des premiers monastères. Ce fut après que saint Marc eut fondé l'Eglise d'Alexandrie où, ses prédications ayant attiré à la foideJésus- Ghrist uu très-grand nombre de personnes, il y en eut beaucoup qui embrassèrent les règles les plus élevées et les plus étroites (le la perfection chrétienne, en quittant leurs parents et leurs amis, et se retirant dans la solitude pour s'y donner entièrement à la vie contemplative; ce qui leur fit donner le nom de thérapeutes, c est-h-dire médecins ou ^rvileurs, parce qu'ils avaient soin de l«urs Ames et au ils servaient Dieu. Ils établirent d aborcf leurs demeures auprès du lac Méris. Us abandonnaient volontairement leurs biens et ils quittaient sans aucun retour, père, mère, femme et enfants, frères et sœurs, parents et amis. Ils avaient chacun leur cellule séparée, qu'ils appelaient semnéo ou monastère. Ils y vaquaient seuls aux exercices de la prière et de ta contemplation ; ils y étaient continuellement en la présence de Dieu. Ils faisaient la prière deux fois le jour, le matin et le soir. Le matin, ils demandaient à Dieu de leur donner une journée heureuse et de remplir leur esprit d'une lumière céleste; et le soir, ils le suppliaient de les délivrer de Taffection des choses terrestres, et sensibles. Ils employaient le reste du jour à la lecture de l'Ecriture sainte et à la méditation. Le plus souvent, ils chantaient dos cantiques et des hymnes, leurs jeûnes étaient sévères. Us ne mangeaient et ne buvaient qu'après le soleil couché. Quelquesuns demeuraient jusqu'à trois jours sans manger ; il s'en trouvait môme qui passaient jusqu'à six jours sans prendre aucune nourriture. Contents d'un peu de pain qu'ils assaisonnaient de sel, ils croyaient que le comble de la délicatesse était d'y ajouter de Thysope, et le septième jour ils s'asscmblûient dans une grande semnée pour y assister aux conférences et Darlicii>er aux
saints mystères. Ces observances, ces austérités et le reste de la vie des thérapeute.*, conformes h ce que les moines ont ensuite pratiqué, ont fait que non-seulement Eusèbe, Sozomène et Cassien, comme nous avons dit, mais aussi un grand nombre de célèbres historiens ont rapporté l'institution de la vie monastique à ces thérapeutes.
« Comme saint Epiphane a donné à ces thérapeutes le nom d'Esséens ou Jesséens, prenant cette signification du nom do Jésus, qui veut dire Sauveur, et qui en langue hébraïque est la même chose que thérapeutes, il a été suivi par quelques éirivains modernes, entre autres par le cardinal Baronius, et par Godeau, évoque de Vence, qui parlent aussi des thérapeutes sous le nom d'esséens ou jessiens ; mais ils font voir en même temps la différence qu'il y avait entre eux et les véritables esséens qui avaient des maximes et des manières de vivre tout à fait opposées K celles des thérapeutes, et ne se sont peint écartés du sentiment de la plus grande partie des écrivains, tant anciens que modernes, qui ont reconnu avec Eusèbe et saint Jérôme que les thérapeutes ou jesséens étaient chrétiens.
« Les protestants ont été les premiers à combattre ce sentiment et on été suivis par un petit nombre de catholiques. Mais retle question, s'il est vrai que ces thérapeutes aient été chrétiens, et aiefat fait profession de la vie monastique dont ils aient donné les premiers l'exemple, n'a jamais été traitée d'une manière ni plus méthodique ni j lus recherchée qu'elle l'a été depuis quatre ans (60) par deux illustres savants, qui ne se sont pas néanmoins accordés ni sur le christianisme ni sur le monachisme des thérapeutes, et qui ont été au contraire de sentiments opposés. Le premier est le P. don Bernard de Montfaucon, religieux bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, qui donna, l'an 1709, une traduction française du livre de Philon, de la fie contemplative^ à laquelle il joignit des observations pleines d'énidition, où il ût voir que les tnérapeutes dont
Êarle cet historien juif, étaient chrétiens, fais, en même temps, il donne à connaître qu'il n'était pas du sentiment de ceux qui croient que les thérapeutes fussent des moines, n'y ayant point, dit-il , d'apparence qu'on en connût alors le nom ni la profession. Une des raisons qui l'obligent à croire qu'ils n'étaient point moines, c'est qu'il fe trouvait dans leurs assemblées des femmes avec lesquelles ils mangeaint en même tal)le, au lieu qu'on a toujours regardé comme un devoir essentiel aux moines de ne point vivre avec des femmes, et d'éviter sur toutes choses leur conversation.
« Il ne laisse pcLS néanmoins de dire dans la suite que les moines d'Egypte, dont parle Cassien, étaient les successeurs de ces anciens solitaires thérapeutes; qu'ils avaient habité dans les mêmes lieux et qu'ils avaient même gardé plusieurs de leurs maximes. Il était déjà convenu que dans l'antiquité l'on
(00^ CVsl loujours le P. Hélyot qn; pailc.
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appelait inJifféremment les î^olilaires chrétiens ascètes ou thérapeutes, et il avait avoué que, comme Philon donne également les noms de monastère et de seranée à la demeure des thérapeutes , cette conformité de noms est une preuve bien forte que les monastères des solitaires thérapeules étaient les mômes que ceux des Chrétiens qui, selon saint Athanase, se trouvaient en Égy[.tc ran 271.
« Un magistrat , également connu par sa probité et par sa profonde érudition , et qui occupe une des premières places dans un célèbre parlement de France, peu satisfait des raisons que le P. de Montfaucon avait alléguées pour prouver le christianisme des thérapeutes et pour nier leur monachisme, lui écrivit au mois de février 1710, et lui maraua qu'il voyait bien qu'il avait un grand pencnant à croire que les thérapeutes étaient des moines, et qu'en effet, du moment qu'on les croit Chrétiens, il ne voit pas qu'on puisse s'empêcher de soutenir qu'ils étaient moines. Car, soit, dit-il , que l'on donne ce nom aux anachorètes monazontes, soit qu'on le réserve pour ceux qui, ne pouvant s'aocommoder d'une entière solitude, s'assemblaient de temps en temps pour vaquer en commun à de pieux exercices, il convient également aux thérapeutes. 11 ajoute qu'ils ne suivaient ni la règle j de Saint-Antoine, ni les autres que nous connaissons , et qui sont toutes venues depuis, mais que rien n'emoèche qu'ils ne puissent être moines sans cela et suivre quelques usages qui leur tenaient lieu de règle; que ce qui a fait de la peine au P. de Montfauco ' , c est que les thérapeules admettaient des femmes dans leurs assemblées, ce qu'il regarde comme ayant toujours été essentiellement défendu aux moines ; qu'il ne devait point s'arrêter à cette difficulté ; que les premiers Chrétiens Tétaient de si bo..ne foi, qu'ils pouvaient fréquenter les femmes sans aucun danger; que saint Pierre même et les autres apôtres menaient des femmes avec eux , sans que personne en fût scamlalisé ; qu'il en pouvait bien être de même des moines, supposé, dit-il, qu'il y en eût; et que, si les choses ont changé depuis, ce peut être à cause des abus qui se sont glissés dans les monastères, mais que celte circonstan; e seule ne rerapôcherait pas de croire que les thérapeules ne fussent de véritables moines.
« 11 s'agit donc de savoir s'ils étaient Chrétiens ; mais M. B., qui est ce savant magistrat dont nous parlons, et que nous ne nommerons point, puisqu'il n'a pas voulu que son nom parût à cette lettre lorsqu'elle a été im-
{>rimée en 1712, avec la réponse que lui fit e P. de Montfaucon et sa réplique a ce Père, quoique ses savantes remarques sur la religion des thérapeutes et l'origine de la vie monastique ne puissent que lui faire honneur et fui attirer beaucoup d'applaudissements; M. B., dis-je, étant persuadé au contraire que les thérapeutes étaient juifs, tâche de le prouver par plusieurs raisons. Il ne peut croire que Philon, l'un des plus zélés parti- .«iansde la religion juive, ait fait un discours
exprès h dcàbein de louer les Chrétiens, pour lesquels les Juifs ont eu de tout temps de l'aversion, et que l'an 68, qui est le temps que le P. de Montfaucon suppose que Pbiion a écrit, et où le christianisme ne faisait, pour ainsi dire , que de naître , les Chrétiens fussent assez connus dans le monde [.our engager un homme d'une tiutre religion à dire d'eux, comme fait Philon, qu'ils sont répandus en plusieurs endroits du monde, et qu'il était juste cjue les Grecs f*t les l^rbares fussent participants d'un si grand bien. Il examine ce qui concerne les monastères des thérapeutes, leurs anciens écrivains, leurs chefs, leurs chants, leurs hymnes et toutes leurs observances, et il n'y trouve rien qui ne ressente le judaïsme, ou qui ne soit opposé à la religion chrétienne.
« A cela le P. de Montfaucon répond que les Chrétiens judaïsants , tels que ceux dont parle Philon, étaient regardés comme Juifs; qu'ils passaient pour tels; que non-seulement ils se regardaient comme Juifs, mais qu'ils se glorifiaient de ce nom, et que l'an 68 de Jésus-Christ, c'est-b-dire plus de vingtans après c|ue saint Marc eut écrit son Evangile, le christianisme était beaucoup répandu p/ir tout le monde , et que ses progrès ne pouvaient pas être inconnus à Philon. Après avoir examiné de nouveau toutes leurs observances, il n'y trouve rien d'opposé au christianisme, et enfin dans la même réponse il semble convenir que les thérapeutes étaient moines ; car il dit qu'il n'a pas pris ce mol do moine dans sa signification générale, qui est solitaire; qu'en ce sens-là, non-seulément les thérapeutes qui demeuraient au mont uo Nitrie, mais aussi toutes sortes de gens qui vivaient dans la retraite, devaient êtie appelés moines; que la question était si le termo de moine était déjà consacré du temps do Philon, jiour signifier des solitaires chrétiens, et si l'institut des solitaires thérapeutes était de la même façon qu'il fut depuis établi lorsqu'on leur donna le nom de moines ; qu'il ne s'agit que de cela; que si l'on n'en veut pas convenir, ce ne sera plus qu'une question de nom.
« M. B., dans sa réplique à ce savant Bénédictin, persistant dans son sentiment que les lhérai)eutes étaient Juifs, ajoute, pour l'en convaincre, de nouvelles raisons à celles qu'il avait avancées dans sa lettre; et, pour ce qui regarde leur profession monastique , dit au P. de Montfaucon qu'il ne s'agit (as d'une pure question de nom ; qu'il n'a jamais entendu disputer sur celui qu'on a donné aux premiers fondateurs de la vie monastique ; qu'il a seulement soutenu que cette profession n'était pas encore connue du temps de Philon, et pour preuves, il appoite des témoi^ages précis , a ce qu'il prétend , des Pères de l'Eglise, et auxquels H croit qu'on ne i>eut répondre. Il lui répète en plusieurs endroits ce qu'il avait déià dit dans sa première lettre, que, si les thérapeutes ont été chrétiens, ils ont été de vrais moines.
« Mais , comme dans cette même lettre il avait dit, page 21 , que ces femmes que les
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thérapeutes admettaient dans leur^ assemblées, ne devaient pas être une raison pour empêcher le P. de Montfaucon de les reconnaître pour moines ; q^u'il lui avait même apporté l'exemple de saint Pierre et des apôtres qui menaient des femmes avec eux sans qu'on en fût scandalisé ; qu'il en pouvait être de même des moines de ce temps-là, supposé, dit-il, qu'il yen eût, et que cette circonstance seule ne l'empêcherait pas de croire que les thérapeutes ne fussent de véritables moines. Comment pouvoir accorder ce la et ce qu'il dit en plusieurs endroits , que, si les thérapeutes ont été Chrétiens, ils ont été de vrais moines, avec ce qu'on lit à la page 274- de sa réplique, que le commerce de ces thérapeutes avec lès femmes, les danses dont ils entrelaçaient leurs prières, leur jeûne le jour du dimanche, sont des choses si contraires à la discipline monastique et même chrétienne de tous les temps, qu'il admire comment cette prétendue ressemblance a pu tromper personne ?
« Si M. B. avait prouvé que les observatiens judaïques avaient toujours été incompatibles avec le christianisme, et qu'elles n'avaient jamais été tolérées dans TEglise d'Alexandrie , je pourrais me rendre à ses Misons, et en regardant comme Juifs les théraj)eutes , je ne rapporterais pas à ces solitaires l'origine et 1 institution de la vie monastique; mais lorsque Ëusèbe, saint Jérôme, un grand nombre d'autres Pères de l'Eglise et d illustres écrivains, tant anciens qae modernes , ont regardé les thérapeutes comme Chrétiens, quoique persuadés qu'ils avaient des observances judaïques, et que la plupart les ont reconnus pour les instituteurs de la vie monastique, je n'ai garde de m'éloigner de leur sentiment. M. B. ne peut pas nier que l'Eglise d'Alexandrie n'ait retenu beaucoup d'observances judaïques qui pouvaient s'accorder avec le christianisme. Celles que pratiquaient les thérapeutes, et dont Philon a fait la description, n'ont pas empêché saint Jérôme de les reconnaître pour Chrétiens et de djfe que cet historien juif n'avait fait l'éloge des premiers Chrétiens de l'Eglise d'Alexandrie qui judajsaient encore cpie pour relever la gloire de sa nation. Philo disertissimus judœorum videns Alexandriœ primam Ecclestam adhuc judaixantem , quasi in laudem gentis suœ , /{urum Muper eorum conversatione scripsit, M. de Tillemont avoue que cette Eçlise, étant composée principalement de juifs, retenait encore beaucoup d'observations iudaiques , et qu'on peut assurer que Philon n'attribue rien aux thérapeutes qui ne s'accordât arec le judaïsme , et par conséquent avec le christianisme, ces deux religions étant alors presque les mêmes en ce qui regardait l'extérieur.
« Nous voyons encore aujourd'hui des vestiges de ces observations judaïques parmi les Coptes ou Chrétiens ^rEgypte, qui composent l'Eglise d'Alexandrie, et qui ont retenu jusqu'à présent la circoncision, de môme que les Ethiopiens ou Abyssins à qui
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ils ont communiqué leurs observances en les éclairant de la lumière de la foi , puisque c'est par le moyen des Egyptiens que les Abyssins ont été instruits des vérités chrétiennes , et que depuis ce temps-là le patriarche d'Alexandrie est reconnu pour chef de l'Eglise d'Ethiopie, principalement depuis que ces deux nations se sont soustraites de 1 obéissance qu'elles devaient au souverain chef de l'Eglise universelle. Mais les uns et les autres ne regardent pas la circoncision comme un précepte de religion; ils ne la font pas le nuitieme jour comme les juifs, et même ils ne se sont pas tous circoncis, ne pouvant recevoir la circoncision après le baptême.
« Il y a quelques savants écrivains qui croient que les thérapeutes formaient véritablement une secte juive qui embrassa le christianisme après la prédication de saint Marc dans l'Egypte. M. Baillet , qui est de ce nombre, dit dans la lie de ce saint, qu'on peut supposer qu'ils eurent beaucoup moins de chemin à faire que les autres pour parvenir à la véritable relicion, et qu'ayant trouvé dans la doctrine de saint Marc et dans sa conduite , un modèle de perfection beaucoup plus achevé que celui qu'ils suivaient, ils n'eurent aucune peine à l'embrasser. C'est , ajoute-t-il , tout ce qu'on a lieu de croire de gens qui fuyaient la vanité et l'orgueil comme la source des vices, qui pratiquaient la continence, qui aimaient la retraite, le silence, la prière, la méditation, l'étude des livres samts, qui jeûnaient austèrement, qui étaient unis par le lien de la charité, et qui avaient une grande conformité avec les premiers Chrétiens de Jérusalem. M. l'abbé Fleurj est de même sentiment, et dit que saint Marc assembla à Alexandrie une nombreuse Eglise dont il est à croire que les juifs firent d'abord la meilleure partie, principalement les thérapeutes.
« S'il est vrai que Philon ait écrit son livre de la Vie contemplative après que saint Marc eut établi l'Eglise d'Alexandrie, et qu'il V avait auparavant une secte de juifs, sous le nom de thérapeutes , qui embrassa le christianisme et fut du nombre de ceux qui composèrent l'Eelise d'Alexandrie , Philon aurait pu faire l'éloge de ces thérapeutes, quoique chrétiens, les croyant toulours juirs, puisqu'ils n'abandonnèrent point les oDservances judaïques , et que celles qu'ils pratiquaient n'avaient rien d'incompatible avec le christianisme; et ainsi il n'y aurait plus lieu de s'étonner comment les thérapeutes pouvaient être répandus en tant d'endroits parmi les Grecs et les Barbares, du temps de saint Marc, puisqu'il y en pouvait avoir en plusieurs endroits avant que ce saint eût formé l'Eglise d'Alexandrie , et que ceux qui demeuraient aux environs de cette ville eussent embrassé le christianisme.
« Mais c'est de quoi M. B. ne demeurera pas non plus d'accord, puisqu'il ne peut croire qu'ils fussent Chrétiens et qu'ils pra-
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tiquassent des obserrations judaïques. En ne les reconnaissant point Chrétiens, il prétend avoir de son côté le dIus grand nombre de savants du premier orare qui ont été de même sentiment; ces savants sont: Joseph Scaliger, Blondel, Saumaise, Grotius, Henri de Valois, Etienne le Moine, Cotelier, le P. Pagi et M. Basnage, parmi lesouels il ne se trouve que trois catholiques, les autres ét&nt protestants, qui apparemment nont pas voulu reconnaître les thérapeutes pour Chrétiens, aûn de ne pas accorder à Tétat monastigue une aussi grande antiquité que celle qui lui est due.
« Mais à ce nombre de savants on peut en opposer d'autres , aussi du premier ordre , qui ont été de sentiment contraire , et jo ne crois pas que M. B. refuse la qualité dd savants au premier ordre aux cardinaux Bellarmin et Baronius, à M. Godeau, évoque de Vence, au P. Papebroch , à M. de Tillemont, dont Tautorité seule, comme il dit à la page 295 de sa réplique, en vaut plusieurs, «t enfin au P. de Montfaucon. On peut leur opposer aussi un savant du premier ordre, parmi les protestants , c'est Isaac Vossius, auquel on peut joindre d'autres savants du moyen ordre, qui ont été aussi protestants, comme Thomas Bruno , qui a fait un traité particulier pour prouver que les thérapeutes étaient Chrétiens; Bevereggius et M. Mackensie , qui , dans sa Défense de rancienne monarchie d'Ecosse, regarde les thérapeutes non-seulement comme Chrétiens , mais encore comme les premiers anachorètes. Nous ne parlerons point de tous les autres écrivains catholiques , aussi du moyen ordre, qui ont été de même sentiment, parce qu'ils sont en trop grand nombre. Mais l'autorité <l'Cusèbe, de saint Jérôme, de Sozomène, de Cassien, de plusieurs Pères de l'Eglise, et de savants écrivains des premiers siècles, doit l'emporter sur tous ces témoignages; et ainsi nous ne croyons pas pouvoir nous tromper, si, en suivant le sentiment de ceux qui ont reconnu seulement poiir Chrétiens les thérapeutes, et de ceux qui , en les reconnaissant pour Chrétiens , les ont aussi regardés comme les instituteurs de la vie monastique , nous faisons remonter jusqu à ^eux son origine et son institution. »
THÉRÈSE (Sainte), née à Avila dans la Vieille-Castille, le 28 mars 1515, était la cadette de trois filles d'Alphonse Sanchez de Cépède, et de Béatrix d'Ahumade, tous deux aussi illustres par leur piété que par leur noblesse. La lecture de la Vie des saints, qu'Alphonse faisait tous les jours dans la famille, inspira à Thérèse une grande envie de répandre son sang pour Jésus-Christ. Elle s'échappa un jour avec un de ses frères pour aller chercher le martyre parmi les Maures. On les ramena, et ces jeunes gens ne pouvant être martyrs, résolurent do vivre en ermites. Ils dressèrent de petites cellules dans le jardin de leur père, où ils se retiraient souvent pour prier. Thérèse continua ae se porter ainsi à la vertu jusqu'à la mort de sa mère , qu'elle perdit à l'âge de douze ans.
Cette époque fut celle de son changement. La lecture des romans la jeta dans la dissipation ; et l'amour d'elle-même et du plaisir aurait bientôt éteint toute sa Serveur, si son père ne l'eût mise en pension dans un couvent d'Augustines d'Avila. Elle aperçut le Frécipice auquel la grâi-e de Dieu vena;t do arracher, et pour l'évitera l'avenir, elle se retira dans le monastère de l'Incarnation de l'ordre du Mont-Carmel, à Avila même, et y prit rhabit le 2 novembre 1536, à vingt et un ans. Ce couvent n'était point à l'abri de quelques irrégularités et de quelques dissifations trop mondaines ; Thérè^e entreprit de le réformer. Après avoir cssuj,é une infinité de contradictions, elle eut la consolation de voir le premier monastère de fa réforme fondé dans Avila , en 1562. Le succès de la réforraation des religieuses l'engagea h prendre celle des religieux. On en vit les premiers fruits en 1568, } ar la formation d'un monastère à Dorvello, diocèse d'Avila, où le bienheureux Jean de la Croix fit profession à la tète des religieux qui embrassèrent la réforme. C'est l'orig'ne des Carmes déchaussés. Dieu répandit des bénédictions si abondantes sur la famille de Thérèse, que cette sainte vierge laissa trente monastères réformés , quatorze d'hommes et seize de filles. Après avoir vécu dans le cloître quarante-sept ans, les vingt-sept premiers aans la maison de ITncarnatîon et les vingt autres dans la Réforme, elle mourut à Albe, en retournant de Bur^jos, où elle venait de fonder un nouveau monastère, le 1^ octobre 1582, à soixante-huit ans. Soh institut fut porté de son vivant jusqu au Mexique, dans les Indes occidentales, et s'étendit en Italie. 11 passa ensuite en France, aux Pays-Bas et dans toute la chrétienté. Grégoire XV la canonisa en 1621. L'ouverture de son tombeau fut faite le 2 octobre 1750, cent vingt-huit ans et six mois après sa canonisation. Tendre et affectueuse jusqu'aux larmes les plus abondantes, vive et de toute flamme, sans délire ni emportement, elle porta l'amour divin au plus haut de^^ré de sensibilité dont soit susceptible le cœur humain. Oii connaît sa sentence favorite dans ses souffrances qui étaient comme l'aliment de son amour pour Dieu : Ou souffrir, 5eigneur, ou mourir! Un orateur lui applique avec beaucoup de justesse ces paroles de Y Ecclésiastique : « Elle a passé comme une flamme et comme l'encens qui se consume dans le feu: Quasi ignis eff'ulgensy et thus ardens in igné, » On a de sainte Thérèse plusieurs ouvrages écrits en espagnol, cù l'on admire également la piété, l'énergie des sentiments, la beauté et l'agrément du style. Les principaux sont : 1* 1 volume de Leùrts
Eubliées avec les notes de don Juan de Paifox, évoque d'Osma; — 2" Sa Vie composée par elle-même ; — 3* 5a manière de visiter les monastères des religieux ; — S." Méditations après la communion; — 5' Le Chemin de ta perfection; — 6** Histoire de ses fondations ; — 7* Avis à ses religieuses; — 8* Méditations sur le Pater; — 9* Le Château de Tdme, qui est un traité particulier sur l'oraison et les
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DASCETISME.
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communications célestes de I*£sprlt-Saint, qu'elle fit par ordre de Vélasquez, depuis évoque d'Osma, et enfin archevêque de Corapostelle, alors son confesseur ; — 10° Penséeâ sur f amour de Dieu. Arnaud d'Andilly a traduit presque tous ces ouvrages en français , 1670, in-4*. Cette traduction se ressent de la vieillesse de son auteur. L'abbé Chanut en a publié une meilleure* en 1691. Villeforce a donné une fie de sainte Thérèse^^yo]. in-12, souventréimpriraée.Lamonnojeamisenvers français V Action de grâces que faisait, dit-on, celte sainte, après la communion, sous le titre de Glose de sainte Thérèse. La Glose est une sorte d'ancienne poésie espagnole, ainsi nommée, parce qu'elle est comme une explication des vers appelés texte^ qu'on mettait en tête. La traduction est bien faite, et l'original fait autant d'honneur à l'esprit qu'à la tendre piété de Thérèse; mais il n'^' a guère d'apparence que cette sainte exprimât, aurès la communion, son amour pour Dieu d'une manière si recherchée, et surtout en rimes composées par elle-même. Dom La Taste a donné une édition d'une partie des Lettres de sainte Thérèse, avec une préface estimée, 1758, in-i*. M. Chappe-Delignv , avocat , en publia, en 1753, un autre vol. in-i* qui est de sa composition. La traduction est "de mademoiselle de Maupeou, appelée en religion la Mire Thérèse de Saint- Joseph. Ces deux traducteurs ont fidèlement rendu ces Lettres en français. ( Voyez aussi YEsprit de sainte Thérèse ^ recueilli de ses œuvres et de ses lettres^ par M. Emert; Lyon, 1775, in-8*, ou Paris; et la Vie de la même sainte, par le P. Ribera.)
M. Arnaud d'Andilly consacra les dernières années de sa vie à la traduction des ouvrages de sainte Thérèse. On avait publié à Anvers, en 1749, l'édition sur laquelle il travailla ; elle ne fut d'abord qu'en trois volumes, mais il en parut, en 1661, un quatrième, dans lequel sont les Lettres de la sainte.
M. Arnaud d'Andilly s'abstint, par délicatesse, de traduire ce quatrième volume, dont Tabbé Pélicot venait de mettre au jour la traduction. A cela près, son travail est ce que nous avons de plus complet en ce genre. 11 y en a trois éditions faites à Paris, Tune in-folio, l'autre in-4* et l'autre in-8\ Les deux premières parurent en 1670, la dernière en 1702. Celle-ci est moins correcte et moins bien traitée pour la partie typograpbiq[ue ; mais nous n'y avons remarqué que de légères difl'érences.
Notice sur les oeuvres de sainte Théràsb. — L'importance des œuvres mystiques de sainte Thérèse nous oblige d'entrer dans quelques détails bibliographiques.
1" L'Histoire de sa vie. — On ne peut trop insister sur les beautés qu'elle renferme. C'est partout le langage du cœur et un excellent traité de l'amour divin. De tous les écrits de la sainte, c'est celui où il y a le plus de feu. Elle le finit au mois de juin lS5i62; alors il n'y avait aucune division par chapitres. Ce fut dans la suite qu'elle le di-
visa eu (luarante chapitres, ayant eu occasion de le transcrire et d'y ajouter quelques faits arrivés depuis la dernière rédaction.
A la suite de la Tie de sainte Thérèse on trouve une addition extraite mot à mot de ses mémoires, par le P. L, de Léon. C'est un
getit abrégé de plusieurs révélations que >ieu lui avait faites, et de quelques faveiurs qu'elle en avait reçues. On y Ut, entre autres cTioses, que la sainte étant dans un grand recueillement la veille de la Pentecôte 1579, Notre-Seigneur lui dit de commander de sa part aux PP. Carmes déchaussés d'observer quatre choses d'où dépendait Taccroisse-
sons il n'y eût que peu de religieux dans chacune ; la troisième , qu'il y eût peu de communication avec les séculiers ; la quatrième, qu'on fît en sorte d'enseigner plus par des actions crue par des paroles. Comme il n\ya rien de plus vrai , ajoutait la sainte , je Fai signé de ma main. Ces avis sont pleins de sagesse, et tous les ordres religieux peuvent en faire leur profit.
Viennent ensuite deux relations que sainte Thérèse avait écrites pour rendre compte à ses confesseurs de sa manière d'oraison. La première est du temps où elle avait commencé de se donner entièrement à Dieu, quand il la comblait de grAces tout à fait extraordinaires ; la seconde est postérieure d'un an à la première. Sainte Thérèse était encore dans son couvent de l'Incarnation, Il y a dans ces deux écrits beaucoup de précision et d'énergie.
2* Ses fondations. — Cet ouvrage doit îc jour aux instances réitérées que sainte Thérèse reçut de sesconfesseurs. Il fut commencé en 1573, et l'histoire des dix premières- fondations fut achevée le H novembre 1576 ; ou le voit au chapitre 26, où l'on retrouve les mêmes conseils pour les Carmes de la réforme, que dans l'édition dont nous avons parlé. Le récit des quatre dernières fondations dont Thérèse a rédigé Thistoire, est de Tannée même de sa mort, ou tout au plus de l'année 1581. 11 y a peu* de chapitres dans cet ouvrage qui ne renferment d excellentes maximes. On trouve dans le 29% qui est Tavant-dernier, l'éloge du saint évêque d'Osma, le docteur Velasquez. Une piété des plus tendres, une sollicitude continuelle pour les églises de son diocèse, un travail assidu, malgré ses infirmités, la pratique de l'oraison, du jeûne et de plusieurs autres mortifications, avaient servi de base à la haute réputation de sainteté dont il jouissait dans son diocèse et à la cour. 11 ne souffrait dans sa maison que des personnes vertueuses , précaution que les évèques et les ecclésiastiques ne sau< raient trop prendre pour l'édification des fidèles. Presque jamais il ne s'en rapportait h d'autres qu'a lui-même pour les affaires importantes ; il résidait constamment au milieu de son troupeau. On le catomnia, on le persécuta penaant les deux premières années de son épiscopat ; il fut dénoncé à la cour; il
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