‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 81 sur 315 · VER · texte numérisé non relu

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•t que nous nous attendons h le posséder dans la céleste patrie : c'est par la charité que nous Taimons par-dessus tout.

Les vertus morales ont rapport aux obiets créés et à une sorte de bonté morale ; elles ont pour but de former les mœurs des hommes, et se divisent en quatre genres de vertus, auxquels les autres ou sont soumises comme espèces, et appelées conséquemment vertus subjectives^ ou sont jointes comme parties intégrantes, et sont appelées vertus intégrantes, ou sont employées dans Texercice des vertus principales comme modes ou instruments, et sont appelées vertus potentielles. Ces quatre genres de vertus se nomment vertus cardinales ou principales : elles sont : la prudence, \a justice, la tempérance et la force^ C'est par elles que Thomme se perfectionne au milieu des créatures, et quant à l'intelligence, par la prudence , et quant à la volonté relativement aux autres, par la justice, et relativement à soi-même, i>ar la tempérance pour les biens qui sont les objets de nos désirs, et par la force pour les maux et les adversités à supporter.

Les vertus cardinales sont divisées, par les platoniciens et par saint Thomas (1-2, -a, 61, a. 5), en vertus politiques, purgatives, adme purifiée et exemplaires. Le modèle de la vertu humaine préexistç en Dieu comme en lui préexistent les causes de toutes choses. Les vertus, en tant qu'elles sont exemplairement en, Dieu, sont appelées exerjf^plaires ; celles qui sont dans Ttiomme se nomment politiques, lorsque Thomme se dirige par cllesdans sa conduite. C'est pourquoi il est dit de S^lomon, gouvernant prudemment son royaume : Dieu donna de plus à Siyiomon une sagesse et une prudence prodigieuses. (III Reg, iv, 29.) Quant à la justice : Seigneur, donnez votre jugement au roi et votre Justice au fils du roi. [Is. lxxi, 1.) Quant à la force s Ne cherchez pas à devenir juge, si vous navez pas la force de détruire les iniquités. {Eccli. vu, 6.) Quant à la tempérance : Heureuse est la terre dont le roi est d'une famille illustre, et dont les princes ne mangent qu'au temps des(iné pour se nourrir, et non pour satisfaire leur sensualité. {Eccli. X, 17.)

Les vertus purgatives sont celles par le moyen desauelles on lutte contre les passions pour les soumettre à la raison ; c'est d*elles, et en particulier de la prudence, au'il est dit : Soyez prudents comme des serpents. [Matth. %, 16.) Quant à la tempérancç : Celui qui pratique Tabstinence ajoute au nombre de ses jours. (Eccli. xxxvii, 34.) Quant à la justice : Combattez jusqu à la mort

four la justice. (Eccli. iv, 33.) Enfin, quant la force : Soyez fort; le temps approche auquel Dieu vous doit guérir. (Tob. v, 13.) Après les vertus purgatives viennent les vertus de Vdme purifiée. Alors la prudence n'aspire plus qu'aux choses divines; la tempérance Ignore les désirs terrestres ; la force est à Tabri des passions; la justice est unie «r une éternelle alliance a l'esprit divin, ob nous en offre un exemple.

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Enfin , la vertu est encore ou commune u*est celle dont nous avons donné plus haut a définition), ou héroïque. Laurea (mSent.^ t. II, d. 32) définit cette dernière le degré et la perfection, ou l'éclat et l'excellence de la vertu, (jui fait que l'homme, relativement à la matière de cette vertu, agit d'une manière supérieure à la manière d'agir habituelle des autres hommes.

La vertu, pour être héroïque, fait agir avec empressement, avec promptitude et avec joie : elle suppose un don du Saint- Esprit, selon saint Thomas (1-2, q. 68, a. 1) et Rosignoli (De discipl. Christ, perf^ 1. m, c. 2). Laurea nie toutefois que la vertu héroïque diffère en apparence de celle qui n'est pas héroïque, attendu que Vhéro'^ cité n'est que la perfection de la vertu. Do même, bien que la vertu héroïque soit une vertu d'Ame purifiée, on ne peut cependant en conclure qu'il n'y a pas de vertu héroïque

2uand Tâme n'est pas purifiée. La Glose Un lement. fin. De hœrettc.) enseigne que les vertus purgatives sont les vertus des hommes non encore purifiés de toute attaque des passions, et qui, par conséguent, ne sont pas encore complètement parfaits, maïs qui tendent à le devenir; tandis que les vertus d'âme purifiée sont celles des hommes complètement purifiés et à l'abri de toute passion*: mais en établissant que les vertus purgatives sont celles de 1 nomme imparfait, cette glose restreint cette imperfection à l'absence de la perfection plus grande dont jouissent les bienheureux aans le ciel, et ici -bas un très -petit nombre d'hommes parfaits; elle ne l'étend pas au manque (ïhéroicité. L'héroïcité ou le plaisir, la promptitude et Tempressemenl joyeux qui accompagnent Faction, n'excluent pas les passions, mais coexistent avec elles, surtout si elles sont modérées, comme Tcxplique Rosignoli (/oc. ci7., c. 3). De même, la vertu ou Faction chrétienne, pour être héroïque, ne doit pas être nécessairement de conseil; elle peut être de nécessité de précepte, pourvu qu'elle réunisse toutes les autres conditions requises pour Théroïcité; soit parce que la perfection en eUe-mêroe consiste dans la charité, et par conséquent d'abord dans les pré(*e|;tcs, et secondairement dans les conseils; soit encore parce que l'œuvre faite en vertu d'un vœu est plus méritoire que celle à laquelle rien n'oblige. C'est l'opinion de la fîlupart des théologiens et des mystiques. Autrement,, sainte Thérèse n'aurait produit aucun acte héroïque, puisqu'elle avait fait vœu d'accompHr tout ce qu'elle pourrait connaître de plus parfait. Ceux qui combattent les vœux disent que rhéroïsmo consiste dans la liberté, et que les vœux, enchaînant la liberté, empêchent par Ih même l'héroïsme et la sainteté. Beliarmin les a réfutés (1. ii De monach., c. 18!, en montrant que les vœux n'enlèvent pas la liberté nécessaire à la louange, au mérite et à l'héroïsme. Bien plus, saint Thomas (Opusc. 18, De perfect., c. 10) enseigne que le vœu augmente le nj/^fite de celui qui agit.

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Parmi les vertus, les unes son' infmei ; en sont les habitudes qui nous viennent de Ûieu, telles que \es vertus thëologiques que nous recevons d'abord par le bapiéme, et ensuite, si- le péché nous les aiâit perdre, par la Justification : elles reçoivent un accroissement des bonnes œuvres et des actes méritoires. On peut en dire probablement autant des vertus morales. Les autres sont uc/uisri; telles sont les vertus morales qui t'acquièrent par les actes vertueux fréquemment ordonnés et produits. Les vertus ontelles un lieu commun qui les relie l'une 6 l'autre, de manière qu'en possédant l'une d'elles, on possède aussi les autres? 3enolt XIV répond {De terv. J)ei bealif., 1. m, c. 21) qu'on ne peut aiBrmer avec certitude l'existence d'une telle connexion entre les habitudes des vertus théologiques cl morales, soit parce que la perte de la charité Par le péché n'empêche pas l'existence dp espérance et de la foi, de sorte que la connexion qui rattache eptre elles les vçrlus théologiques est le résultat, non de leur nature, mais de la libéralité de Dieu, qui, lorsqu'il guérit quelqu'un, le guérit parlai- (ement; soit parce qu'il n'est rien moins que certain que nous recevions, avec les vertus tbéulcgiques , l'habitude des vertus morales; soi!, enfin, parce qu'il démontre par l'expérience que bien des personnes ont l'humilité sai)s posséder la force. Ainsi, cette connexion des vertus ne semble nécessaire que pour leur absolue perfection. Une tertu sani le» autres, dit saint Grégoire, est ou complètement nulle au imparfaite. (L. xxii Mor., c. 1.) C'est aussi le sentiment de saint Thomas (1-2, g. 65, a. 1) : Les verius morales, considérées comme imparfaites, îlit-il, ne sont pas connexes, mais elles le tout si on les considère comme parfaites; de sorte' que celui qui possède une vertu |)arfaite, doit posséder aussi les autres, au moins dans la disposition d'esprit, avec la résolution explicite ou implicite de les exercer si l'occasion s'en présente.

Pour que la vertu soit n^aie, chrétienne et profitable au salut éternel, elle exige les conditions suivantes :

1* L'acte de vertu doit èlre délib&é et libre, produit d'apris un motif honnête et vertueux. Celui-là est réellement vertueux et dijjne d'éloges qui a pu transgresser et t/Ht n a pat transgressé (Eccli. xxxi, 10) ; cl, selon saint Augustin : a La justice divine n'aurait proposé aucune récompense AUX bons, aucun supplice aux méchants, si la prescience de Dieu avaitdû produire la nécessité d'agir.» (L. v De civ. Dei, c. 1.) L'acte lloil donc être délibéré et libre. D'ailleurs, il n'y a pas d'acte indifférerit dans l'individu : donc l'acte de vertu doit être produit d'après un motif honnête.

2* Toutes les circonstances dans lesquelles les actes vertueux sont produits, doivent ftre moralement bonnes, parce que le bien vient d'une cause intègre et le mal d'un défaut auelconque.

3" Les actes de vertu chrétienne doivent

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ôlrc produis en vue d'une fin surnaturelle connue par la foi divine, sans cela ils seraient purement naturels.

k° Ils doivent être produits par la mA/totion de la grâce divine actuelle excitant Cl coopérant : cette grâce est absolument nécessaire pour toute action surnaturelle ; car, San* moi vous ne pouvez rien faire. (Joan. xv, 5.)

Les théologiens demandent si les infidèles, par les seules lumières vent posséder quelques leur genre, quoique ne vie éternelle; si ces verl au degré héroïque, et si eux peut en èlre doué héros véritable. Saint An cher vers l'allinnative (i ques tliéologiens, s'appi passages de rÉcriture sai Icment, et enseignent qu gré l'absence de la foi, ques actions moralemer a d'ailleurs condamné les propositions do Baïus et de quelques autres, qui taxaient de péchés toutes les actions tles infidèles. Si donc parmi les gentils il peut y avoir de véritables vertus morales, rien ne semble empêcher qu'elles ne puissent, dans Tes limites de leur nature, s'élever au degré héroïque. Mais, comme la collection de toutes les vertus morales est nécessaire pouconstituer un héros véritable, tous ceux qui, parmi les gentils, à cause de l'excellence de' quelque vertu morale, ont mérité de leurs contemporains le titre de héros, malgré l'absence d'un grand nombre d'autres vertus, malgré les vices dont ils étaient en niémâ temps souillés, ne sont pas pro|irement des héros, ainsi que l'ont pleinement démontré Laurea (m Sent,, t. Il, disp. 5, art. 2) et Théophile Ravnaud (I. iv De virtut., t. I, c. 1, sect 2). De même sans la charité et la grâce sanctifiante on leut bien acquérir de véritables vertus morales, mais non des vertus parfaites.

VEUVES (Obugations des). — Les veuves qui veulent vivre chrétiennement et pratiquer la dévotion doivent s'occuper de 1 oraison, de la mortification et de bonnes œuvfcs, — Elles doivent s'occuper de l'oraison, parce que saint Paul leur en fait un devoir. Vue femme qui n'est pas mariée, dit-il, pense au.r ckvses qui regardent le Seigneur. [ICor. vu, 34.) Quoiqu'on ne puisse pas blâmer les veuves qui ne renoncent pas au mariage, et quo ce qu'on dit ici puisse leur être utile, il est vrai pourtant que ces instructions regardent particulièrement celles que l'Apôtre appelle ; vraiment çeiirM {I Ttm. v, 16); c'est-a-diie ; qui non-se il Icment n'ont pas de mari, mais ^ qui h'eii veulent pas avoir. Telle était Judith; elle avait un oratoire au haut de ui maison où elle se retiroit pour prier l>iou. Telle était Anne la prophetesse, qui, étant encore jeune lorsqu'elle perdit son nian, s'adonna entièrement aux jeûnes et h l'oraison, de sorte qu'elle était assidue au tenifiji.', f I qu'elle y pafîaît en rncres une partie du

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