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.jour et de la nuit. Telle était sainte Monique après avoir perdu son cbari. Saint Augusi n nous apjrrend que quand elle était à Milan avec I;ii« elle vivait de prières. Voilà I? moièlc des véritables veuves; elles ne ««O'vent J-1S se lasser d'être aux pieds de Nolre-Seigneir et de le nrier p^ur l'Eglise, pour leur famille, pour les {»eri;onnes avec qui elles sont liées dune sainte amitié, et |.our les âmes du purgato re.
La morlifijation convient particulièrement aux veuve*?, f>arce que sans la pénitence on ne salirait se soutenir dans la voie de l'oraison, ou du moins y faire de grands pro^^ès. r/était la grande niaxime des saintes veuves dont on vient de parler: Judith ne quittait jamais le ciH:e; Anne jeûnait prçsque continuellement, et toutes celles qui les ont imitées ont eu recours aux austérités et aux macérations du corps, pour fonder solidement leur dévotion. Saint Paul a dit qu'une Tcuvc qui vil dans les délices est en horreur ajix yeux de Dieu, et il n'y a guère de milieu enlre une vie [»én:tente et une vie sensuelle, lar/e que le pas est glissant, et qu'il e^t extrêmement difltile de ne pas aimer et <i!ier.;her les plaisirs quand on ne s*adanno i?as à la morlifiration.
I/îs veuves doivent pratiquer la mortiûra- >ion, 1* en résistant au penchant qu'ont les femmes de suivre la mode et de se distinguer i-ar des habits somptueux et magnifiques. Il Inut que leur mise sot modeste, et qu'il n'y ^it rien dans leur extérieur qui sente l'affectatioîv et la vanité. 2" En surmontant cette autre inclination qui porte les personnes du sexe à chercher avec empressement les pompes, les spectacles et les assemblées mondaines, préférant constamment la solitude et renlretien avec Dieu, aux bals, aux jeux, à la danse et aux visites inutiles. 3' En usant •ios pénitences et des austérités qui matent h rorps et qui obtiennent aisément de Dieu la trrâ'ie d'une sainte vie, en quoi néanmoins elles ne doivent rien faire que de l'avis du «iirecteur qu'elles ont choisi pour diriger
I îir c >nscience.
Enfiales veuves doivent s'appliauer aux bonnes oyivres, parce que ce sont les marquas auxquelles saint Paul veut qu'on les rcfonnais^e. Voyez (dit-il en peignant le caractère d'une sainte veuve) si elle s\st (tc]uiltée des devoirs de charitéy et si elle a eu soiiv dp laver les pieds des hommes apos^ t-f^i'/ues. Soulager les pauvres, consoler les «nfîl g(5s, s'em^ilover à la décoration des égli- 5.es, pourvoir à l'instruction des peuples do
II rampagne, ce sont les o /cupaticns q«ii r on viennent particulièrement aux veuves,. aprè> le soin de leur famille, qui doit passer avant toutes choses. L'hô;)ilal avait des charmes pour sainte Elisabetn, fille d'un roi de Hongrie; elle s'y retirait souvent comme «iaus un lieu de délices. D'autres princesses qui sont demeurées veuves ont cherché leur consolation dans les œuvres de piété, elles n'ont pas cru [jouvoir trouver une joie plus sAro pour s'insinuer dons l'amitié de Jésus- Christ, qui n'est pas moins Téroux des veu-
ves que celui des vierges. Les personnes qui sont dans le veuvage feraient bieo do lire les Vies de sainte Paule, de sainte Monique et de plusieurs autres saintes Teuvos qui doivent leur servir de modèle.
VIE MrXTE.— On entend par n> mixte celle qui joint les exercices intérieurs de la piété solide avec les occupations da dehors, dont la vie humaine ne saurait se passer, ou qui sont nécessaires pour maintenir le service de Dieu. Pour comprendre combien cette union est difficile, i) suffit de considérer les différentes dispositions de trois sortes d» personnes qui vaquent aux emplois extérieurs. Les nremières éprouvent un changement considérable; leur ferveur à s*acquitter de leurs exercices spirituels en est fort afifaiblie, et elles ont beaucoup de peine à ne pas abandonner leurs projets de perfection. Les secondes n'en reçoivent aucun dommage et trouvent le moyen de se maintenir dans U ferveur. Les troisièmes,, non-seulement ne souffrent aucun préjudice des occupations du dehors, mais y trouvent au contraire un moyen de perfection, et en prennent occasion de faire de nouveaux progrès dans la vie spirituelle.
Les premières auxquelles les occupations extérieures sont nuisibles, sont celles qui, ajTès avoir conçu de bons désirs, formé de saints projets et acquis de bonnes habitudes, venant ensuite à être engagées dans des emplois qui les obligent à se répandre aa dehors pour servir le prochain, eu autres raisons, sentent leur vertu défaillir, déchoir de jour en jour, et leur intérieur souffrir un
i)r^udice notable de ce changement de vie. -es gens du monde gui prennent les fonct'ons de magistrat ou cf'avocat ou autres semblables, les religieux qu'on tire des cloîtres j)Our servir des bénéfices à charge d'âmes,, ou qui, sans sortir du cloître, sont tenus de stationner à l'élude ou à des fonctions extérieures conformes à leur vocation, et généralement tous ceux qui, d'une vie tranquille tt employée aux exercices de piété, entrent dans des emplois extérieurs oh ils sont obligés de s'occuper au dehors et de converser avec différentes personnes, tous passent ordinairement par trois sortes de dispositions, dont parle saint Bernard dans son livre de la Considération^ adressé au Pape Eugène. Dans la première, ils souffirent violence ; c'est pour eux une peine insupportable de comparer les avantages d'une dévotion tranquille et les douceurs de la retraite qii'ils ont perdue avec le tumulte et l'embarras des affaires où ils se voient engagés ; dans la seconde, ils commencent à se faire au bruit et à supporter patiemment l'agitation et le travail des affaires ; dans la troisième, ils prennent goût à ce qui leur paraissait auparavant insupportable, et ensuite ils s'y attachent si fort, qu'ils ne peuvent plus s'en passer; de sorte qu'ils vérifient les p«ro^ les de V Imitation de Jésus-Christ: Que celui qui se répand au dehors en \io.ni jusqu'à ne chercher son plaisir et son repos que dans les choses extérieures (liv., in, H). C'e5.l un très-