VIE
SSO
srand mal qui cause souvent la ruine et la aésolation de l'intérieur.
Les personnes de la seconde sorte, qui se sauvent du danger des occupations extérieures, sont ceux qui, se voyant dans la nécessité de s'adonner aux fonctions extérieures, et ne pouvant supf)orter le reçret de la solitude et de la tranquillité dont ils ne peuvent plus jouir, se servent de toute leur industrie pour empêcher que les occupations du dehors ne nuisent à leur avancement spirituel; ils font des efforts considérables, à quoi ceux qui manquent de zèle pour leur perfection ne peuvent jamais se résoudre. Leur premier soin est de régler leurs occupations, de les modérer, en retranchant toutes celles qui ne sont pas absolument nécessaires, pour se renfermer dans les bornes du devoir et de l'emploi; et comme ce qui est du devoir pourrait encore leur nuire, s'ils n'usaient de
f précaution ; ils se tiennent en garde contre os objets extérieurs, de peur qu'ils ne l'emportent sur la grâce et qu'ils n'étouffent en eux l'esprit de Dieu. Un homme du monde qui, avec beaucoup de piélé, se trouve dans un emploi qui lui fournit des soins extérieurs et des distractions sans nombre ; un avocat, par exemple, qui a de l'occupation autant qu'il en peut soutenir, il lui faut plaider, écrire, consulter, réjjondre à un grand nombre de personnes qui lui confient leurs intérêts ; il sont néanmoins que sans l'exercice de la présence de Dieu, sans le goût de la dévotion, sans une grande vigilance sur son intérieur, il ne saurait se défendre du chagrin et de l'impalience, des illusions de l'avarice, de la vaine gloire ou de la complaisance mondaine; et il est certain que s'il se livre aux affaires sans ménagement et sans précaution, et ne trouve le moyen de se fixer, pour ainsi dire, dans «es devoirs envers Dieu, les occupations extérieures le feront bientôt reculer dans les voies de la vertu et le conduiront à un entier relâchement. Quel parti prendra-t-il ? C'est d'avoir recours à ces trois pratiques qui iiaraissent nécessaires pour le maintenir dans la ferveur. La première est de bien se persuader cfue sa principale affaire étant celle de son âme, il lui faut chaque jour certains moments qui ne soient que pour lui, et que le matin ou le soir il cesse toutes sortes d'affaires pour passer quelques moments avec Dieu, vaquer à la prière, à la lecture spirituelle et réfléchir sur sa conduite. Ladeuxième est d'avofr un directeur ou autre personne spirituelle avec qui il communique de son intérieur, au moins une fois par mois, et dont il reçoive les avis et les lumières nécessaires pour se maintenir dans le bien. La troisième est de faire chaque année une retraite de quelques jours, a'y renouveler ses résolutions et ses promesses,, et d'y convenir avec Dieu des mesures qu'il doit prendre pour lui plaire dans le cours de l'année. Avec ces précautions il réparera les brèches que la multitude et le tracas des affaires pourraient avoir faites à son âme, et s'il ne tait pas de grands profits, il se garantira au moins.de pertes, et se soutiendra avec mérite
dans l'exécution de ses bons desseins. Quant à ceux qui ne reçoivent aucun préjudice des occupations extérieures, mais qui en prennent occasion de croître dans l'amour de Dieu, ils ont acquis la perfection de la vie mixte, et ont trouvé en fait de vertu le secret de tirer des actions les plus communes l'or le plus pur de la charité. Pour en venir le, il faut avoir acquis de grandes vertus et surtout une grande liberté cf esprit. On a vu dans l'épiscopat, dans le ministère apostolique et sur le trAne môme des saints de ce caractère, qui non-seulement ne perdaient jamais Dieu de vue dans la multitude des affaires, mais trouvaient une occasion, un motif de Taimer dans les choses qui sont pour les autres un obstacle de le faire. Ils sortaient pleins d'ardeur pour Dieu des conversations les plus distrayantes et des fonctions les plus dangereuses qui feraient trembler les plus grands solitaires, et qui font peine h ceux aui ne sont pas arrivés à ce degré de vertu. Cet état est si relevé, que ceux qui y sont parvenus peuvent chercher Dieu avec em| ressèment et le trouvent facilement en mille occasions qui seraient pour d'autres un motif de s'éloigner de Dieu, et qu'eux-mêmes étaient obligés do fuir lorsqu'ils étaient faibles en vertu. David, saint Louis, saint Etienne de Hongrie avaient acquis cette grande facilité; tout, jusqu'à la
Î;uerre, augmentait dans eux la foi, 1 numiité, l'amour de Dieu. Il en était de même des Augustin, des Ambroise et autres grands évoques, quoique toujours occupés à recevoir et à entendre un grand nombre de personnes, à terminer les différends, à instruire les peuples, et obligés (comme saint Augustin le ait cie lui-même) à attendre la nuit et le moment du repos pour répondre aux lettres qu'ils recevaient de toutes parts. Saint François Xaxier, obligé de passer une partie de sa vie parmi des gens vicieux et corrompus, trouvait aisément Dieu partout : à l'exemple de saint Paul, il ne se lassait pas de parler et de négocier pour procurer la gloire de Dieu. Les apôtres ne sont pas seuls appelés à ce genre de vie; Dieu y engage quelquefois les solitaires, comme Siméon Stylite, qui, du haut de sa colonne, parlait du salut à une infinité de personnes qui venaient le consulter. Ces grands, a^^ant purifié leur âme par l'amendement de leur vie, acquis une grande liberté de cœur et un parfait détachement des créatures, voyaient Dieu en tout, étaient touchés du désirde lui plaire, et trouvaient leurplaisir en lui, comme dit Blosius : Omnia illU vertuntur in Deum. On est véritablement par* fait lorsqu'on en est venu à ce point, que rien ne porte préjudice et qu'on tire avantage do tout. — On arrive à ce degré de perfection en mettant fidèlement en pratique Ups avis cidessus, et en demandant sans cesse la grâce de n'aimer et de ne chercher que lui , en soupirant sans relâche après un si grand bien, pour se préparera le recevoir et pour l'obtenir à force cie le désirer.
VIERGES (Obligations des). — Pour vivre^ saintement, les vierges doivent s'appliquer à la dévotion, à la pureté et à la ïnoaestie.—
YIK
VIN
sn
Elles doivent faire consister la dévotion en une grande estime et un sincère attachement pour tout ce qui peut contribuer à leur salut, regardant le service de Dieu et la pratique de la piété comme le plus bel ornement nonseulement de leur Ame, mais encore de leur corps. Comme les filles sont faibles, elles ne sauraient garder de modération, si elles ne s'appliquent à Dieu ; elles auront l'esprit occupe de bagatelles, et leurs entretiens ne rouleront que sur des choses de néant. Mais si l'amour de Dieu s'empare une fois de leur cœur, elles deviendront des âmes très-précieusos aux ;y^eux du Seijpeur ; elles seront, comme disait saint Cyprien, la plus illustre portion du troupeau de Jésus-Christ. Leur première et principale application doit être un grand mépris pour le monde et un grand goût pour Dieu. Elles en viendront à bout si elles ont soin : 1* de s'abandonner aux conseils de quelques personnes pieuses, capables de les conduire aans les voies du Seigneur; 2* de ne fréquenter parmi les flUes dfe leur condition et de leur âge que celles qui sont véritablement vertueuses; 3* de fuir l'oisiveté et de vaquer à l'oraison et à la lecture spirituelle, d assister aux offices divins, de visiter les lieux de piété et de s'occuper d'autres actions semblables qui peuvent contribuer à la dévotion.
L'amour qu'elles doivent avoir i)our la pureté leur impose trois obligations. La première est de conserver leur cœur sans tache, le regardant comme un jardin fermé dont elles doivent défendre l'entrée à tout ce qui pourrait donner la moindre atteinte à leur vertu. Et comme la pureté du cœur dépend de la vigilance qu'on apporte à. garder ses sens, elles doivent veiller principalement sur leurs yeux et leurs oreilles, et les fermer à tous les objets qui pourraient souiller leur innocence. Un autre point très- important pour les jeunes personnes, c'est de fuir la conversation des hommes, excepté de ceux qui instruisent à la vertu. C'est un spectacle horrible que de voir des vierges chrétiennes s'entretenir des heures entières avec des gens qui ne sauraient dire quelques paroles qu'il n'y en ait de trop libres ou du moins de trop indiscrètes. Les personnes du sexe devraient avoir pour ces jeunes gens la môme horreur que les brebis ont pour les loups. Cependant qu'une jeune fille évite de semblables entretiens, elle s'exposera au mépris du monde, on la traitera bientôt de sauvage et de farouche. Le moins qu'on puisse dire des maximes du siècle qui autorisent de tels abus, c'est que le démontes aintroduites pour corrompre les âmes, et que les mères qui ont pour leurs filles une si funeste indulgence, sont elles-mêmes frappées d'un très-funeste aveuglement. La troisième obligation que la pureté exige des vierçes, c'est qu'elles aient une extrême horreur des parures immodestes et des habits indécents qui laissent la gorge découverte. Cette damiiable coutume ne manque pas de partisans , et les personnes qui la suivent prétendent prouver leur innocence jusque dans lo sacré trbunal. Cepen-
dant elles sont coupables des péchés de tous ceux qui tombent en les regardant, et le Rédempteur des hommes leur reprochera un jour qu'elles ont donné la mort à plusieurs âmes innocentes en différentes rencontres et jusque dans le lieu saint. Pour celles qui couvrent leur sein avec des toiles fines et transparentes, à travers lesquelles on voit ce qu'on devrait cacher, elles seront un jour bien surprises, lorsqu'une pluie de feu et de soufre tombera sur elles. C'est à quoi elles doivent s'attendre, si elles ne font pénitence, et ne se conforment aux règles de la bienséance, qui ne leur permet de montrer que le visage et les mains.
La modestie la plus exacte et la plus édifiante convient aux vierges, surtout en ee qui regarde la parure et les habits. Nonseulement elles ne doivent rien souffrir qui blesse la pudeur, mais elles doivent se conformer à l'humilité, fuyant toute magnificence et tout ce qui ne seVt qu'à faire paraître l'orgueil et la .vanité. Les Pères de l'Edise ne se sont pas contentés de faire éclater leur zèle contre les habits indécents, ils ont fort blâmé le luxe; et, en effet, il [ne saurait convenir à une vierge qui, étant épouse do Jésus-Christ, ne doit pas se distruguer, dit l'apôtre saint Paul, par des cheveux frisét, par des ornements d'or^ des perles ni des habits somptueux. (/ Tim. il, 9.) Ces filles éventées, qui prennent plaisir à s'nabiller richement et à faire briller l'or dans leur parure, n*ont pas été instruites à l'école de Notre-Seigneur, Ce n'est pas de ce Dieu-Homme qu'elles ont appris à tendre des pièges à leurs frères qui sont assez faibles pour se laisser éblouir par cet éclat extérieur. On peut comparer les vierges sans venu et sans dévotion à ces insectes dont l'extérieur brille comme l'or, et qui sont pleins de pourriture au dedans.
VILLIËRS (Pierre db|, né à Cognac en 16ik8, entra chez les Jésuites en 1666. Après s'y être distingué dans l'enseignement et dans la prédication, il en sortit pour entrer dans l'ordre de Cluni, et mourut à Paris en 1728. Outre ses ouvrages poétiques nous avons de lui : 1* Pensées et réflexions sur les égarements des hommes dans la voie du salut, Paris, 1732, 3 vol. in-12; — 2* Aauvelles réflexions stir les défauts d'aulrui , et sur les fruits que chacun peut en tirer pour sa conduite, 4 vol. in-12; — 3" Des sf riwon*, etc.
VINCENT DE Beau VAIS, du commencement du XIII* siècle , fut admis dans l'amitié de saint Louis et dirigea les études de ses enfants.
Il n'y a' que son Miroir moral qui puisse fournir un aliment à Télude des persouues pieuses.
VINCENT FERRIER (Saint) religieux dominicair, naquit à Valence le 23janvier 1357, fut reçu docteur de Lérida en 1384, fit des missions dans son ()ays, puis en Franco , es Italie, en Angleterre et en Ecosse, montrant pjartout un grand zèle, et mourut à Vaones, en Bretagne., l'an 1419. Nous »vons de lui plusieurs ouvrages publiés à Valence on Espagne, H91, in-fol. On y remarque ; 1*
ns
VIN