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nu trône de France, postérieurs à ceux du fiac de Normandie, deviendra l'auxiliaire de ce dernier pour l'expansion de la religion catholique sur tous les peuples. Après ces événements, un concile aoit examiner et admettre les nouvelles propositions de Pierre- Michel. »— Voilà certes oien dos merveilles, et, à l'exception de la dernière, Pierre-Michel n'a pas eu besoin, comme on le voit, de l'inspiration du Saint-Esprit pour les annoncer.
Art. 2. Nécessité de cette œuvre, — Pierre- Michel prétend la prouver par la défection de l'Eglise catholique : « La foi perdue, ditil, les crimes multipliés, les docteurs fameux discutant sur les mots, ayant oublié le sen<: <ies lettres saintes , étourdis dans leur mollesse, r Eglise ne s' étant pas toujours montrée fidèle épouse comme aux premiers jours de son alliance^ rendent cette œuvre indispensable, v
C'est le prétexté allégué par presque tous les anciens et modernes reformateurs pour justifier leurs sacrilèges innovations, et notamment par Luther et Calvin, et toutes les sectes sorties de leur sein. Les uns affirment que Terreur s'est introduite dans l'Eglise au VI* siècle, les autres longtemps auparavant et même dès le premier siècle : c'est l'opinion de quelques anglicans.
f 1 est très-certain que puisque Jésus-Chri* t est venu au monde pour enseigner aux hommes la manière dont Dieu veut être honoré, et les moyens de parvenir au salut éternel, il s'ensuit nécessairement : V qu'étant la vérité même, la doctrine qu'il nous a enseignée doit demeurer ' invariable dans tous les siècles jusqu'à la fm du monde ; 2" c|u'il a dû fonder une société, une Eglise chargée de l'enseigner à toutes les nations, sans craindre de jamais tomber dans Terreur. S'il n'avait pris cette précaution, nous serions fondés à douter, non-seulement s'il a été le Fib éternel de Dieu, mais encore s'il a été véritablement un sage législateur; car c'eût été bien inutilement qu'il aurait fait tant de miracles, aurait verse tout son sang sur la croix, aurait changé la face de 1 univers pour établir sa doctrine. Allez^ dit-il à ses apôtres, enseignes toutes les nations ^ leur apprenant à ooserver toutes les choses que je vous ai prescrites, et assurez-vous que je suis toujours avec vous (enseignants) jusq^a'd la consommation des siècles. (Matth, xviii.) — Comme mon Père m'a envoyé^ je vous envoie. (Joan. XX.) — Celui qui vous écoute m* écoute^ celui qui vous méprise me méprise, {Luc. x.) Il dit aussi à saint Pierre : Tu es Pierre^ et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise^ et les portes de P enfer (c'est-à-dire toutes les forces des démons) ne prévaudront pas contre elle. (Matth. XVI.) Et celte Eglise est appelée par saint Paul la colonne et la base de la vérité. (II Tim. m, 15.)
L'Eglise catholique, ainsi établie par son divin fondateur, n'a jamais cessé d'enseiçner la vérité, de rejiousser et de condamner l'erreur. Le premier concile tenu par les apAtres a été le modèle de tous ceux qui ont été tenus dopuis. Ils s'étaient assemblés à Jérusalem
pour juger la question des cérémonies légales. Leur décret fut annoncé à toutes les Eglises particulières comme un oracle du Saint-Esprit. /{ a semblé bon^ leur mandentils ^ au Saint-Esprit et à nous^^ de ne vous fmnt imposer d'autres charges que celles-ci. Act. XV, 28 seq.) — Pierre-Michel , en accusant TEglise catholique dé ne s'être pas montrée fidèle épouse, a donc accusé Jésus- Christ lui-même. — Quant à sa mission poor réformer TEglise, il Ta reçue, à TentenJre, dans des extases^ des sommeils extatiques j où il platt au Saint-Esprit de Téclairer, de lui révéler tout ce qu'il doi* enseigner aux autres. Cette prétention ne paraîtra }>as nouvelle à ceux qui connaissent l'histoire à& hérésies qui ont aUligé TEglise ; nous en citerons un ou deux exemples.
Montan, célèbre hérésiarque du n' siècle de TEglise, était sujet, comme Pierre-Michel, à des convulsions, à des mouvements extraordinaires, à des extases dans lesquelles il recevait, disait-il, Tinspiration divine. H se présentait comme prophète envoyé de Dieu, pour donner un nouveau degré de perfection à la religion et à la morale chrétiennes. Il s'appelait le Parade t promis par Jésus- Christ à ses apôtres pour enseigner les grandes vérités qui étaient réservées f our la maturité de TEglise. — Ses visions et ses extases lui attirèrent une foule de disciptes. Les évêques d'Asie, après l'avoir exaniio^f s'assemblèrent et le condamnèrent dans le concile d'Hiéraple. Malgré cette condanmatioB, on vit en peu de temps une multitude innombrable de prophètes montanistes de l'un et de l'autre sexe. L'Eglise de Thiatyre fut entièrement pervertie; la religion catholique y fut éteinte pendant près de cent douze ans. Les montanistes se répandirent dans tout Tempire romain, quoique excommuniés dans plusieurs autres conciles. Priscilla et Maximilla furent les premières et les plus célèbres disciples de Montan. On est porté à croire que Pierre-Michel en compte déjà trois qui lui sont entièrement dévouées, puisqu'elles forment partie de son grand conseil : c'est ce qu'il appelle une mystérieuse trinité de trois femmes!*vénérées.
Environ un siècle après, Manès, père des manichéens, se vantait aussi d'être inspiré par le Saint-Esprit; il alla même plus loin, et prélendit être le Paraclet. v Jésus - Christ, dit-il, a promis à ses apôtres TEsprit Paraclet ou consolateur : c'est moi qui suis cet envoyé du ciel. » Et il se fondait sur ce que dit saint Paul : Ex parte enim cognoseimus et ex parte propnetamus; cum atUem venerit quoi perfectum est^ evacuabitur qucé ex parte est. (I Cor. xiii.) C'est moi, disaitil à peu près comme Pierre-Michel, qui suis choisi de Dieu pour prêcher la perfection.
Aet. 3. Signes extérieurs. — Faisons d'abord remarquer ici tin troisième moyen de séduction. Bonaparte a créé la légion cf Aonneur pour les actions d'éclat , tant dans Tordre militaire que dans Tordre civiL A son tour, Pierre-Michel a imaginé, pour cet effet le ruban bleuy mais d'un ordre bien su*
D'ASCETISUE.
péricur; car c'oat celui de l'Immaculée Conception de la «ainle Vierge. Il y a aussi une croix de grdct qui lui a été révélée par un archange. Cette croix a deux grands priviviléges : l'un au profit de ceux qui la pertent, «ir elle est pour eux un préservatif su fort des événements terribles qu'il a pro- |.>hélisés ; l'autre au profit do Pierpe-Micliel , car cette croix est pour ceux qui en sont décorés un indice de l'abandon de leur volonté à Dieu dan» la personne de Pierre -Michel. Voici quelque chose de [)liis mystérieux encore. Pierre-Michel, dans ses sommeils extatiques, s'élè»e au plus haut degré d'éloquence, et des odeurs extrêmement fortes, mais suaves, se font sentir alors de tous côtés, il 8 de plus sur la région du cœur un itygmate eu forme de croix qui, par moment, est tout embaumé... El toutes ces merveilles sont présentées par Pierre-Michel à ses disciples comme des preuves authentiques de sa mission !l!
Art. &. Àpàlres, laïques, onctions. — C'est en l'honneur des sept dons du Saint-Esprit qu'il n partagé ses apôtres en septaines, char-
Péa d'annoncer par le monde le règne de Esprit, comme s'il n'avait pas régné sur In terre depuis la création du monde. Mais il y a une septsine dite sacrée, composée de neuf Énembres, dont tes noms ont été vus inscrits sur la cœur même de Jésus-Christ ! Vus par qui î Sans doute par Pierre-Michel dans un sommeil extatique. — Ces personnes ont été vues aussi, dans une autre vision, parmi les douie éloiies qui forment l'auréole glorieuse de la tris-sainte Vierge Marie! —Ce n'est ici, on le voit, que merveilles sur merveilles. En voici une autre encore plus admirable. Durant son sommeil extatique, Pierre-Michel a reçu une croix miraculeuse renfermant du baume dit de la croix. Ce baume est gélatineux et sanguinolent. C'est avec ce baume que Pierre-Michel consacre le chef des septaines et leur confère la mission. 11 leur impose aussi les mains : pratiques qu'il a empruntées k l'Eglise catholique; carie pontife, lors de l'ordination des prêtres, leur impose les mains et consacre les leurs par une sainte onction. Les chefs de septaine ont le droit de cODsacrer de la même manière les membres dont ils sont présidents. Et malheur à ceux des septénaires qui refuseraient leur concours à t'auvre, après avoir reçu l'onction ; car il y a des menaces terribles prononries contre euxl C'est ainsi qu'en agissent la plupart des chefs de sectes fanatiques pour s'attacher irrévocablement ceux qu'ils ont séduits.
Ce n'est pas tout : dans la septaine gênéraie, composée de neuf personnes, Pierre- Michel et deux autres forment k eux trois, par une combinaison voulue de Dieu, un seul groupe trinaxre, sur lequelplane un religieux mifsttre. (N'est-ce pas une image de la irèssainte Trinitéî) Quand à ce septénaire se joint : 1* une mystérieuse Irinxté de trois fnnmes vénérées; 2" M. Ber... (apparemment «n des chefs de la nouvelle Eglise); 3' le grand monai-que (duc de Normandie) ; 4" lo
duc de Bordeaux ; 5' le Souverain Pontife d'alors, cela forme les douze étoiles vues autour delà sainte Vierge; et ces personnes forment alors le conseil de l'Immaculée Conception de Marie, se rattachant à l'Qb'utre de la miséricorde.
Mais voici le plus curieux de celte grande révélation. C'est que ces membres de la scf.taine sacrée, réunis en assemblée dans ( o qu'on nomme cénacle, sont infaillibles dans leurs décisions, rarce que l'Espiit-Saiiit pi éside à leurs iléliuéra'innt i
Ce mélanxe de vi origine que l'imagin percherie d'un préti saints mystères du i tique de l'Eglise ci travestissement de concile tenu parles lité accordée au gr< Michel, et refusée p lique, qu'il accuse femmes vénérées par faillibililé; ces don conseil lo^és, |)oui étoiles de la couroni toutes ces invention blasphématoires, ne
profonde indignation contre l'auteur dépareilles impiétés.
Aht. 5. Visions et sang de Notre-Seigneur Je'sus-Chrisl. — Il n'y est question que de visions de l'archange saint Michel, de saint Joseph, delà sainte Vierge, du sang de Jôeui ■ Christ, sorti de son caur, plus précieux, dit Pierre -Michel, que celui qui a ensanglanté la miraculeuse hostie d'Age»; comme s'il j avait une portion du sang de Jésus-Christ qu'on puisse dire plus précieuse que l'autre. Un miracle assurément fort (daisant, c'est celui d'un ange à figure humaine, qui, éta;.t descendu du ciel, va ouvrir le tronc d'une église pour y prendre de l'argeut, et se rend ensuite chez un bijoutier pour y faire confectionner des médaillons miraculeux, transmis ensuite aux sujets pieux que le nouveau prophète veut en gratifier. — Pierre-Michel et deux de ses plus intimes adhérents possèdent eus seuls trois de ces médaillons qui renferment une étoffe imbibée du sang ils Notre - Seigneur , qu'il fait baiser aux fidèles II!
AhT. 6. Marie, Tirrge immaculée. — Quatrième moyen de séduction , employé par Pierre-Michel pour augmenter le nombre de ses adeiites. Il sait que, dans ces derniers temps, la dévotion à Flmmaculée Conception de la très-sainte Vierge a fait de grands progrès en France, d'abord par suite d'une multitude de guérisons et de conversions miraculeuses très-authentiques , opérées par la vertu d'une médaille dont la forme a été révélée à une sainte fille ae Saint-Vincent do Paul, et plus tard, par suite de miracles de ce genre, dont on trouve le récit dans le Manuel (fe l'arckiconfrérie du tris-sainl cœur de Marie. C'est une grflce spéciale accordée à In France , dans ce siècle d'incrédulité et d'immoralité, pour ranimer la foi des ûdëles-
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Pierre-Michel s'est emparé adroitement de cette dévotion pour assurer plus de crédit à ses extravagantes visions ; mais en voulant Itti donner plus d'éclat, il l'a dénaturée.
Tous les théologiens, tous les docteurs s'accordent à dire que la très-sainte Vierge fut, avant sa naissance, purifiée du çéché originel. Les uns pensent qu'elle ne le fut qu'aj)rès sa conception ; les autres, et c'est la très-grande majorité, soutiennent qu'elle fut immaculée dans sa conception même.
Plusieurs Papes ont défendu a enseigner le contraire; mais ils ont également défendu de mettre publiquement cette dernière opinion au nombre des articles de foi enseignés par l'Eglise, comme aussi de censurer ceux qui, en particulier, soutiendraient que la conception de la sainte Vierge n'a pas été immaculée. Bossuet disait, en parlant de ce mystère : « Après les articles de foi, je ne vois guère de chose plus assurée. » {Sermon iur la conception.) Enfin, tout récemment, Sa Sainteté le Pape Grégoire XVI a autorisé plusieurs évêques à célébrer dans leurs diocèses la fête de l'Immaculée Conception, et à faire insérer dans les litanies de la trèssainte Vierge cette prière : Vierge conçue ians tache j priez pour nous.
Mais ce n est pas assez pour Pierre-Michel d'admettre Timmaculée conception de Marie, et de vouloir même qu'elle soit un article de foj. Il veut nous obliger de croire que la très-sainte Vierge a été réellement conçue du Saint-Esprit y qu'elle a par conséquent une mère, mais point de père; il affirme qu'il a été lui-même témoin de l'opération de ce grand mystère : quil a vu Je Saint-Esprit aéposer un petit corps tout formé dans celui de sainte Anne !!l
Art. 7. Anges et hommes selon Pierre^Michel. — Pierre-Michel a appris, dans une vision extatique, que, dans l'origine, les âmes des hommes ont été créées en môme temps que les anges ; que nos âmes ont été chassées avec eux du ciel pour n'avoir pas voulu reconnaître Marie comme reine des anges, et que Dieu a placé une partie de ces anges et des Ames dans des corps humains , afin qu'ils puissent recouvrer le ciel par un bon usage de leur liberté. Il prétencl aussi que la condamnation de Lucifer n'a été irrévocable que depuis la chute d'Adam, dont il a séduit la femme.
Tout ce qu'il raconte à ce sujet est fort curieux ; mais voici ce. qu'il l'est encore bien davantage. Pierre-Michel est un des anges déchus, et, qui mieux est, un archange dans les séraphins. Dieu, en l'appelant son Verbe^ le héraut^ le clairon de ses volontés sacrées^ lui conféra des pouvoirs tels qu'il ne faut ni résister ni répliquer à sa parole. Lui seul a droit de juger en dernier ressort : quand il est dans ses fonctions d'extase et de visions, il est dit et cru entièrement infaillible. Il y a danger pour l'âme de celui qui résiste et n'obéit pas incontinent aux ordres ou conseils donnés dans ses extases ou visions. 11 est cependant une autorité supérieure à celle de Pierre-MicJhel dans ses extases; c'est
celle de l'Eglise catholique, qui, dons le concile de Constantinople, cinquième général eh 553, a condamné et anathématisé les origénistes, qui soutenaient que la peine des anges rebelles chassés du ciel n'a pas été une damnation éternelle^ et que les âmes des hommes ont préexisté avant la création du monde. Quant à ce que dit PieiTe-Michel, qu'il a été jadis archange dans les séraphins^ que Dieu la appelé son verbe.., qu'il est seul juge en dernier ressort, entièrement in failliblcy il faut nécessairement en conclure, ou qu'il est tombé en démence, ou qu'il e^t 1 organe de Satan pour séduire les fidèles : car qui ne sait que les ravissements, les extases, les mouvements extraordinaires d'une certaine éloquence dont il fait parade, les parfums et une foule d'autres prestiges, ne sont qu'un jeu pour lui? Saint Paul se plaignait de son temps de ces faux apôtres ouvriers trompeurs quise transforment enapôires de Jésus-Christ; etonnedottpas s'enétonner^ continue-t-il, puisque Satan lui-même se transforme en ange de lumière. (Il Cor. ii, 13, li.) Concluons donc avec ce saint Ap6tro écrivant aux Galates i II y a des gens , met frères, ^ui troublent et qui veulent renverser l'Evangile de Jésus-Christ... Je vous Vai dii et je vous le redis encore une fois. Si quel" qu un vous annonce un Evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soii anatheme ( Gai. i, 7, 9), c'est-à-dire retranché du corps de Jésus-Christ, séparé de la communion des saints, banni de la société des fidèles.
Mçr l'évéque de Bayeux, dans une circulaire adressée à son clergé, le 8 novembre 18^1 , condamna en effet la nouvelle doctrine, en ces termes : « Après avoir entendu le rapport circonstancié et motivé d'un habile théologien, après un mûr examen de notre part, et de l'avis unanime de notre conseil, nous déclarons que t opuscule sur des communications annonçant l'OEuvre de la miséricorde, contient des principes contraires à l'enseignement et à la foi de 1 Eglise catholique; que les révélations et les miracles dont on veut se prévaloir ne sauraient venir de Dieu, nous réprouvons et condamnons l'association établie pour la propagation de ces révélations- et de ces principes. »
Cette association fut condamnée pareillement par un bref du Pape Grégoire XVÏ, adressé le 8 novembre 18i3 à Mgr l'évéque de Bayeux.
VIRGINITE. — Il y a trois sortes de chasteté : la chasteté conjugale, la chasteté viduale et la chasteté virginale. La première s'abstient des plaisirs illicites de la cbair^ et use modérément des plaisirs permis dans le mariage. Elle est contenue dans ce pré* cepte de l'Apôtre : Nul fomicateur et nulimudique ne sera héritier du royaume de Dieu. Eph. y, 5.) La seconde, après la rupture du ien conjugal, s'abstient tant des plaisirs illicites que des plaisirs permis dans le mariage. C'est ce que conseille encore l'Apôtre. (// Cor. vii.) La troisième enfin s'abstient per- Détuellemont de tous les plaisirs charnels