‹ Dictionnaire d'ascétismeChapitre 86 sur 315 · VIR · texte numérisé non relu

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D*ASCET1SML.

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permis ou défendus. C'est de cette dernière espèce de chasteté que nous allons traiter ici, avec quelques détaHs.

La virginité se définit une volonté ferme de s'abêtenir perpétuellement de tous les plaisirs charnels. Nous disons une ferme volonté, pour indiquer que nous ne parlons pas ici de la virginité matérielle y qui cotisiste dans une certaine intégrité de la chair, mais de la virginité morale, qui réside dans l'âme et dans la déterminationjjqu'elle a prise. C'est en cela que consiste la différence entre la virginité et la chasteté : celle-ci peut exister dans les personnes mariées et chez les pénitents, mais non la première. C'est pourquoi la résolution de garder intacte la pureté de son corps jusquau moment du mariage, n'est pas la vertu de virginité, mais celle de chasteté.

La virginité est une chose très-bonne en elle-même, permise et louable. C'est l'opinion de tous les catholiques, contre Luther, et cette opinion est très-juste ; car les Ecritures ne peuvent rien conseiller c^ue do bon, de permis et de louable. Or la virginité est conseillée par rÊcriture Sainte : Quant aux vierges, dit l'Apôtre, je n'ai point reçu de commandement du Seigneur, Mais voici ie conseil que Je donne, comme étant fidèle ministre du Seigneur par la miséricorde guil m'en a Taite,,.. Vous nétes point lié avec une femme I Ne cherchez point de femme,,.. Je dis à ceux qui n^ sont point mariés et à ceux qui sont veufs, quil est bon de demeurer dans cet état. (/ Cor. vu, 25, 27, 28.) On le prouve par l'exemple de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et de beaucoup de saints, qui ont pratiqué la virginité. Bien plus les nations barbares elles-mêmes honorent la virginité. Elle a été en honneur chez les Juifs, comme chez les Péruviens, les Mexicains , etc. Enfin la raison elle-même nous en démontre le Erix. N est-il pas bon en soi, permis et louale, de rejeter pour le bien de l'âme les plaisirs du corps? Or c'est là le but de la* virginité, comme le montre saint Jean Chrysostome (De vîrginit.), saint Ambroise (lib. m De virginit.) et saint Grégoire de Nazianze, (^ui s'écrie aansl'un de ses chants (Carm. 2) : Salut, don divin de la virginité, toi, pour qui la vie sans tache est la source des plus grands biens, toi qui fus une des principales vertus du Christ et qui es associée aux esprits célestes !

Elvidius, et ce Jovinien que saint Jérôme combattit si souvent dans ses ouvrages, enseignaient que l'état de virginité ne pouvait en aucune manière être dit meilleur et plus parfait cjue l'état du mariage ; les protestants de nos jours ont professé ces mêmes doctrines. Mais il est très-facile de les réfuter par les paroles de saint Paul, qui tranche définitivement la question : Celui qui marie sa fille fait bien, et celui qui ne la marie pas fait encore mieux.... Elle sera plus heureuse si elle demeure ainsi, comme je lui conseille ; et je crois qu'en parlant ainsi, je. suis animé de l'esprit de 2>i>a (/ Cor. vu, 38, 40). Voici un canon uu concile de Tronic conlre les hi^rétiquos

en cette matière : 5i quelqu un dit que Vétai du mariage est préférable à la virginité ou au célibat, et qu il ne vaut pas mieux rester dans la virginité et le célibat que d'être uni par les liens du mariage, quù lui soit anathême, (Sess. xxiv, c. 10.) La raison nous fournit aussi ses preuves ; car le mariage en lui-même ne convient qu'à la partie inférieure de l'homme, par laquelle il est semblable aux brutes ; tandis que la virginité convient à sa partie supérieure, par laqueile il ressemble aux anges : le mariage, pour ainsi dire, demeure sur la terre et s'en nourrit, la virginité a sa demeiu*e dans le ciel et goûte toutes les choses célestes. Nous pouvoi.s donc conclure, avec saint Bernard, que le mariage remplit la terre, mais que la virginité remplit le paradis.

Tout cela, toutefois, doit s'entendre de l'état même de virginité choisi en vue de Dieu ; de l'état de virginité, sens dans lequel il est supérieur à celui de mariage. Car , bien que le mariage produise la grâce actuelle, ^i nous le considérons dans son état permanent, il est certainement inférieur à la virginité , comme nous l'avons montré plus haut; — choisi en vue de Dieu : cet état n'a aucune supériorité, s'il est choisi dans des vues différentes de la vue de Dieu, car il ne serait pas alors le bien de la vertu.

VISION. — 11 y a deux écueils à éviter dans cette matière des visions que nous allons traiter ; l'un, dans lequel tombent les personnes trop crédules , c'est d'admettre comme vraies toutes les visions rapportées par la première femme venue ou par des gens grossiers , sans précaution ni examen préalable. 11 leur suflit que le fait soit raconté ; elles l'admirent , l'approuvent et lui font le même honneur qu'à un article de foi. L'autre , dans lequel tombent les personnes trop incrédules , c'est de regarder comme songe et hallucinations tout ce qui porte le nom de vision et de communication surnaturelle. L'Ecclésiastiçiue fait la leçon aux premiers : Celui qui croit trop vite a un cœur trop léger. (Eccli, xix, 4.) Saint Augustin {sevm.kl petemp.) réprimande les seconds : Dans Vhomme charnel, f habitude de voir tes mêmes choses est la seule règle du jugement. Cette ironie est digne de la haute raison du savant docteur.

Nous accordons volontiers que ce chapitre des visions est fort dangereux comme ex{)osant aux illusions du démon , aux erreurs de l'imagination et aux pièges tendus uar les hypocrites. Est-ce à dire pour cela qu'il faille reculer jusqu'à la crédulité ? Non, sans doute; mais il faut être prudent et circonspect, examiner à fond la chose avant de l'admettre. Nous savons, au surplus, qu'un grand nombre de visions et de révélations sont rapportées comme vraies dans l'Ecriture-Sainte, dans l'Histoire ecclésiastique et dans les saints Pères ; cet ordre de faits ne peut donc être rejeté en principe que par des esprits pervers, c'est-à-dire par des hommes privés tfe foi cl de raison. A-t-on jamais vu un homme assez insensé pour rojeter comme fausses toutes

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