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les pierres précieuses et toutes les monnaies, paroe que de temps en temps il se glissait dans la circulation de la fausse monnaie et de faux diamants. De même donc que nous ne rejetons pas toutes les monnaies et tous les diamants comme faux, quoiqu*il s'en rencontre quelques-uns , aussi nous ne repoussons pas toutes les visions , parce qu'il y en a de diaboliques; mais la sagesse veut qu'on use, pour les admettre, d'un sage discernement. Cette prudence et ce discernement sont Ti^bjet de cet articie : nous voulons mettre le maître de la vie spirituelle en état de n'être point surpris dans cette diillcile direction.
Voici la définition d'une vision : C'est une connaissance avec représentation des choses célestes et divines qui ne nous est pas due dans la condition actuelle de la vie.
Combien y en a4-il de sortes ? Selon saint Augustin , saint Isidore , saint Thomas , Uichard de Saint-Victor, saint Bonaventure et, en général, selon les saints Pères et les théologiens , on divise les visions : 1" en corporelles ou sensibles^ que nous saisissons par le moyen de la vue corporelle ; 2" en imaginaires ou spirituelles (05) , comme les appelle saint Augustin , qui se manifestent par des formes, des figures phantasmatiques ; 3° en intellectuelles ; ce sont des manifestations très-claires des choses divines qui s'opèrent dans l'intelligence, dans Tâme, sans le secours des images extérieures. Saint Thomas (2-2, q. 175) cite le témoignage de saint Isidore de Seville , qui parle très-clairement de ces trois sortes de visions , dont l'une corporelle; l'autre a lieu par des figures corporelles , mais sans substance objective , pour parler le langage moderne ; et l'autre est exclusivement mentale. Le même saint Thomas , parlant du troisième ciel , où fut ravi saint Paul, dit {eodem loco) : « Par le troisième ciel nous pK)uvons entendre quelque vision surhumaine que nous pouvons appeler troisième ciel pour trois raisons : la première se tire de 1 ordre des puissances cognoscitives, d'où l'on peut appeler le premier ciel la vision surhumaine qui nous arrive par les sens ; c'est ainsi« qu'on a vu au festin de Balthazar une main qui écrivait des paroles terribles contre le mur du palais. Le second ciel serait une vision imaginaire , c'est-à-dire où l'on voit les choses avec représentations qui n'ont rien de réel objectivement , mais qui rappellent des idées d'un ordre plus élevé , telles que sont les visions de saint Jean dans V Apocalypse, Le troisième ciel serait la vision intellectuelle, telle que Dieu l'opère dans l'âme de quelques-uns de ses serviteurs privilégiés , sans le secours d'aucune image sensible , comme il arriva si souvent à sainte Thérèse, et comme saint Augustin en parle dans son Exposition littérale de la Genèse. »
Au surplus, nous pouvons adopter une division plus simple et plus naturelle encore
dans ce traité des visions. On peut les appeler visions simples et visions symboliques. Avant d'aller plus loin, on doit observer
3ue la première espèce des trois divisions ésignées plus haut est inférieure aux deux autres indiquées, parce qu'elle ne repose que sur la matière. La seconde est plus honorable que la première, parce qu'elle est plus parfaite en puissance. Mais la troisième est de tout point plus parfaite et plus excellente, parce que son siège est la pure intelligence. L'âme, en qui se passent ces sublimes o[)érations, semble vivre d'une vie angélique et comme si elle vivait hors de ce corps matériel. « C'est que, dit le Docteur angélique, il est plus parfait de saisir la vérité par la pure contemplation de la vérité que de la saisir par des images qui ne font que la réfléchir très-indirectement. » (2-2, q. 173, art. 2.)
La vision diflfère-t-elle de l'apparition? En soi, elles ne diffèrent point. 11 n'y a que cette seule différence par rap|X)rt à celui qui réprouve, c'est que dans la vision on connaît le personnage ou la chose qui se manifeste » et dans l'apparition on ne le connaît pas. C'est l'opinion du cardinal Bona.
Qu'est-ce que la vision simple f C'est celle qui représente la chose signifiée d'une façon simple, sans qu'il entre dans cette vue aucunp métaphore.
On place parmi les visions simples la vue de Dieu ici-bas, tel qu'il s'}f laisse apercevoir abstraclivement par quelques justes ; la vue de Notre-Seigneur, de la très-sainte Vierge, des anges bons et mauvais, des saints et des âmes du purgatoire. Ces sortes de visions peuvent aussi être appelées apparitions^ d'àprès ce que nous avons dit plus haut.
Admettons d'abord qu'il y a des visions simples, extérieures et sensibles de Dieu, qui les permet comme agent surnaturel et tout-puissant, et dans les circonstances qui conviennent à sa sagesse. Cela se prouve : 1* par l'Ecriture Sainte. Nous voyons dans l'Ancien Testament que le Dieu invisible apparut aux hommes sous une forme visible. On énumère onze événements différents où Dieu apparut ainsi : l** Lorsque dans le paradis terrestre il apparut à nos premiers parents sous une forme humaine; 2* il a apparu et parlé à Caïn ( Gen. iv, 3) ; 3' à Noé [Gcn. vi); 4" à Agar (Gen. xvi, iS); 5" à Abraham {G en. xviii) ; 6**àLot(Cefi. xixj; 7" à Jacob {Gen. xxxii, 39) : Tai vu le Seigneur face à face ; 8* à Moïse [Exod. i v ) ; 9* à Josué {Josue V, 13), oui, ayant levé les yeux, vit l'apparence d'un nomme robuste etll l'adora comme le Seigneur; 10* à Gédéon {Judic. V, 22), qui, ayant aperçu un être qui avait l'apparence d'un ange, cependant le regarda comme Dieu ; il lui offrit des sacrifices; 11* aux parents de Samson. (/urfic. xiii, 22.)
Tyrée prouve que, d'après le Nouvecii Testament, Dieu a apparu sensiblement dans la personne divine et dans l'humanité oe
(65) Spirituelles se prend ici dans un sens rrs- aériennes et cxtraorJiuaircs. (Foy^i S. Arc., Ccn/ff* rcint ; il rappelle des apparitions corporelles, mais x, 35.)
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DASCETISME.
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Jéstts-Chrisi; car, outre Vapparilion de Dieu le Père qui parlait de son Fils {Matth. m, 17] et cette autre apparition de la colombe qui voUait la présence du Saint-Esprit, nous parlerons d une apparition plus bas quand il s^agira des visions symboliques; nous avons un grand nombre d'apparitions de Notre-Sei^ gneur. Il s'est montré dans trois moments différents : 1" Après sa naissance, aux berçers, aux mages, aux docteurs dans le temple et h tous les Juifs ; il a apparu aux aveugles, aux boiteux, aux malades qu'il a guéris. 2' Après sa résurrection il a apparu sensiblement , d'après les évangélistes, dans quatorze circonstances, et il est certain que ces apparitions furent personnelles et réelles, quoiqu'il ait apparu sous la forme d'un jardinier a sainte Madeleine et sous la forme d'un pèlerin aux disciples d'Emmaiis. 3° Après sa glorieuse ascension, il est très-vraisemblable que son apparition àsaint Paul fut aussi personnelle» d'après ce que l'Apôtre dit lui-même ilfai-je
fus vu moi-même Jésus-Christ mon Seigneur? J Cor. IX.) Toutefois, c'est l'opinion de T.yrée, que les autres apparitions de Jésus- Christ, après son ascension, ne furent point personnelles, et parmi celles-ci il place Tap-
Sarition de Notre-Seigneur à saint Pierre à lOme, telle au'elle est racontée par saint Arabroise. L'Histoire ecclésiastique nous fournit un grand nombre d'apparitions de Notre-Seigneur, dont Martin de Rio et Gravina ont fait des récits spéciaux, sans ix>mpter les prodiges qu'il a plu à Jésus-Christ de faire apparaître en différents temps et en différents lieux de la catholicité au saint sarrement de l'autel, l'Eucharistie, en apparais* sant sous la forme d'un enfant , en faisant couler du sang, en montrant des plaies, etc.^ comme on peut le voir abondamment dans T vrée. Enfin , nous croyons tous que Jésus- Christ apparaîtra personnellement et avec majesté au jour du jugement dernier, comme nous le récitons tous dans l'article du symbole.
Les saints Pères enseignent gue Dieu a apparu aux hommes sous une lorme sensible. Saint Augustin l'admet en expliquant la Genèse (lib. ii DeTrinitute); saint Isidore (lib. vil De e$ymoL); saint Grégoire (lib. ni Mor.)^ où il dit : « Dieu parle quelquefois aux hommes sous une forme humaine ; il se place devant nos yeut cor*porels et on croirait que c'est un ange suspendu en l'air qui nous instruit. »
Selon l'opinion commune des théologiens, les apparitions divines, qui ont eu lieu dans l'Ancien Testament, ne furent point personnelles, mais impersonnelles, selonla manière de parler des théologiens mystiques. Dieu, en effet, ne paraît pas avoir pris alors uti corps pour s'en servir immédiatement , mais le prenait par le ministère de ses anges qui remplissaient alors un personnage divin.
Nous prenons cette opinion d'abord dans saint Denys l'Aréopagite {Cœiest. Wer., iv) : « Ces hommes illustres, dit-il, pères de l'Ancien Testament, étaient instruits par le ministère des puissances célestes, a Et saint Augustin
DicTiort!iiiiiE n'AscènsME. 11.
S De Trinitaley liv. ii, m, iv), exposant avec ftendue cette matière , conclut ainsi : « Si cpielqu'un me demande comment eurent lieu les formes sensibles par lesquelles la Divinité se communiquait aux nommes avant l'incarnation du Verbe,*je répondrai que Dieu faisait ces communications par les anges. » Lorsque les Pères assurent que ce fait avait les anses pour agents médiats, et que ce point irest jamais révoqué en doute, on jjcut raisonnablement conclure qu'il en était toujours ainsi. On trouve là une application de fait de la hiérarchie dans les œuvres de Dieu, d'après ce qu'il gouverne les choses inférieures par les moyennes, et les moyennes par les supérieures, lorsque cela se peut avec décence et avec convenance. C'est ainsi que lés anges , qui sont placés immédiatement au-dessus des hommes, sont appelés à les conduire et à les éclairer. Pierre Aimé (De rtpubl. Hebr.) pense que lorsqu'on lit dans 1 Ancien Testament que Dieu a apparu aux hommes > cela doit s'entendre de la seconde personne de la sainte Trinité qui se manifestait aux patriarches sous une forme humaine, et qu'on ne doit pas croire alors à la présence crunange. Ce sentiment est suivi par Bernard Lamy et Gravison.Mais ces opinions particulières ne doivent pas nous faire abandonner l'opinion contraire , établie auparavant et fondée sur l'enseignement d'un grand nombre de Pères de l'Eglise. Ainsi le cardinal Bona, résumant cette question, assure que toutes ces apparitions , au nom do Dieu, sont faites par le ministère des anges, qu'il serait diflîcilc en cela de s'éloigner du consentement des Pères et même des principes de théologie scolastique.
Depuis l'Ascension de Notre-Seiçneur, ses apparitions, à l'exception de quelquesunes, sont généralement regardées comme impersonnelles et opérées par les anges tenant la place de Jésus-Christ. {Voyez Sua- REz, De angeL<t lib. vi, c. 21), et il en donne la même raison que nous avons produite pour les visions de l'Ancien Testament. Mais de savoir si Jésus-Christ descend du ciel en terre dans les apparitions personnelles, depuis TAsceOsion, voilà uti sujet de discussion entre les théologiens. Saint Thomas (ui part., q. 6) ne regarde pas comme improbable que Jésus-Christ soit descendu en terre et ait quitté pour un temps le ciel. On ne doit pas être arrêté par les paroles do l'Ecriture sainte, qui nous disent cme : Jésus- Christ est nssis à la droite de son Père; quil descendra au jour du jugement. Ces paroles prouvent seulement que le ciel est 1 habitation habituelle de Jesus«^Christ, mais non qu'il doive y rester immobile. D'autres, comme Mayof , pensent que Jésus-Christ n'a jamais quitté le ciel ; néanmoins quelquesunes de ses apparitions ont été personnelles, parce qu'il a pu être en plusieurs lieux à la fois. Suarez n'ose se prononcer sur ce point spécial.
Selon saint Thomas, les apparitions de Jésus-Christ dans la sainte Eucnaristie sous la forme d'un enfant, de sang, de chair, etc.|