‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 125 sur 310 · FOUDRE · texte numérisé non relu

FOUDRE

sphère avec ane vitesse variable, rebondit sur la terre comme une balle élastique, se promène parfois »ur des matières combustibles sans les enflammer, et disparait subitement, tantôt sans bruit, tantôt avec une forte détonation, en produisant sur les corps voisins les effets ordinaires de la foudre. Ce phénomène, assez rarement observé, est encore contesté par beaucoup d'électriciens. Les relations qu'on en trouve dans les livres se rapportent le plus souvent à des observations fort anciennes. Nous en citerons quelques exemples plus récents.

« Le 4*' juin 4886, à Moha (Belgique), le chef de gare vit, au moment de la décharge, une boule de feu monter le long du poteau d'arrêt, muni d'un paratonnerre, situé en face de la gare, suivre le fil des sonneries vers le bâtiment et disparaître au moment où elle atteignsût la sonnerie de station vers Huccorgne, sonnerie qui n'a pas été endommagée.

« Le 24 avril 4887, à Mortrée (Orne), éclata entre 3 et 7 heures du soir un orage d'ouestsud-ouest d'une extrême violence. La foudre pénétra dans une maison par la cheminée et sortit dans la rue en perçant un mur en briques de trois trous, au ras du sol.

it Derrière cette habitation, une personne était dans une étable, et se disposait à traire une vache. Une boule de feu entre par la porte, passe entre les jambes de l'animal et disparait sans laisser de traces et sans causer de dégâts.

« Pendant cet orage, les coups de tonnerre n'étaient pas précédés des roulements habituels : ils éclataient brusquement comme des décharges de mousqueterie et se succédaient à de courts intervalles.

« Le 5 juillet 4832, M. Buchwalder, ingénieur suisse, occupé avec un aide à établir un signal géodésique sur le sommet du Sentis, dans le canton d'Appenzell, à 2,504 mètres au-dessus du niveau de la mer, observa vers 6 heures un orage violent.

u En ce moment, dit-il, un globe de feu apparut aux pieds de mon compagnon, et je me sentis frappé à la jambe gauche d'une violente commotion qui était un choc électrique. Il avait poussé un cri plaintif : Ah I mon Dieu I Je me retournai vers lui et je vis sur son visage l'effet du coup de foudre. Le côté gauche de sa figure était sillonné de taches brunes ou rouges. Ses cheveux, ses cils, ses sourcils, étaient crispés et brûlés ; ses lèvres, ses narines étaient d'un brun violet: sa poitrine semblait se soulever encore par instants; mais bientôt le bruit de la respiration cessa. Je l'appelai, il ne me ré-

DlCTIONlfAlRE d'électricité.

pondit pas. Son œil droit était ouvert et brillant ; il me semblait qu'il s'en échappait un rayon d'intelligence; mais l'œil gauche demeurait fermé, et, en soulevant la paupière, je vis qu'il était terne. Je portai la main sur le cœur, il ne battait plus ; je piquai ses membres, le corps, les lèvres, avec un compas: tout était immobile : c'était la mort.

« La douleur physique m'arracha à cette fatale contemplation. Ma jambe gauche était paralysée, et j'y sentais un frémissement extraordinaire. J'éprouvais en outre un tremblement général, de l'oppression, des battements de cœur désordonnés.

Fig. 359. — Jet d'eau produit par la foudre.

i< J'atteignis avec la plus grande peine le village d'Alt S. Johann. Les instruments avaient été pareillement foudroyés. »

G. Planté, à qui nous empruntons les relations qui précèdent, attribue la foudre globulaire à des décharges de haute tension; il a obtenu, à l'aide d'une batterie de 800 couples secondaires, des efl'ets analogues (voy. Éclair).

Coups de foudre extraordinaires. — La foudre est accompagnée quelquefois, d'effets singuliers, dont nous citerons quelques exemples.

u Le 30 juillet 4884, à Ribnitz (Mecklembourg- Schwerin), la foudre étant tombée sur une

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