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LIGNE AGONIQUE. — LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE

un isolateur (Voy. ce mot) en ébonite, qui n'est pas indispensable [si Ton se sert de câbles isolés, mais qui permet de les fixer plus rapidement et d'une façon plus solide.

La télégraphie militaire fait aussi usage de lignes souterraines construites d'avance. A l'exemple de l'Allemagne, un certain nombre de ces lignes ont été établies depuis 1880 (Voy.

Fig. 511. — Brouette i dérouler les cAbles.

colonel GuTiyV Électricité appliquée à V art militaire).

LIGNE AGONIQUE, ISOCLINE, ISOGONI- QUE, etc. — Voy. Agoniqde, Isocline, etc.

LIGNE DE FOI. — Droite tracée sur une boussole (Voy. ce mot) et indiquant la direction de l'axe du navire.

LIGNE DE FORCE. — Voy. Champ et Force.

LIGNE NEUTRE. — Voy. Aimant et Influence

ÉLECTRIQUE

LIGNE TÉLÉGRAPHIQUE ou TÉLÉPHONI- QUE. — Voy. Ligne, Télégraphe et Téléphone.

LOBE ÉLECTRIQUE. — Matteucci désigne ainsi, chez les poissons électriques, le lobe postérieur du cerveau, dont l'excitation produit des décharges.

LOCAL. — Cet adjectif sert à désigner un circuit de petites dimensions ou une pile placés en un point, par opposition à un circuit beaucoup plus étendu ou à la pile qui envoie un courant dans ce circuit. En télégraphie, transmettre ou recevoir en localy signifie relier directement le récepteur, le manipulateur et la pile du même poste, en les séparant de la ligne, et en transmettant du manipulateur au récepteur de ce même poste ; cette disposition sert à rechercher les dérangements.

LOCH ÉLECTRIQUE. — Les lochs électriques sont des compteurs de tours actionnés par une hélice ou un mouhnet. Le loch de M. LeGoarant de Tromelin est formé d'une hélice dont l'axe porte une languette de cuivre, qui vient, à chaque révolution, rencontrer un iil métallique, et fermer un circuit contenant une pile et un

compteur analogue au récepteur des télégraphes à cadran. Les deux (ils isolés qui constituent le circuit sont contenus dans le câble qui soutient l'appareil. Il n'est pas nécessaire que l'interrupteur soit enfermé dans une boite parfaitement étanche ; lorsqu'il est au contact de l'eau, il existe encore, suivant que le circuit est fermé par l'eau ou par les pièces métalliques, une différence d'intensité sufûsante pour assurer le fonctionnement de l'appareil.

Dans le loch de M. Fleuriais, l'hélice est remplacée par un moulinet analogue à celui de Robinson.

On détermine par des expériences préliminaires la relation entre le nombre de tours et la vitesse du navire.

LOCOMORILE A LUMIÈRE. — Appareil ser vant à l'éclairage (Voy. ce mot) des opérations militaires, agricoles, etc., et à la production des signaux de télégraphie optique.

LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE. — Il est évident qu'on peut actionner une locomotive à l'aide d'un moteur électrique, qui recevra le courant, soit d'accumulateurs placés sur la locomotive elle-même, soit d'une dynamo placée en un point de la ligne; dans ce dernier cas, les conducteurs qui amènent le courant peuvent être disposés de diverses manières. En réalité, les locomotives électriques actuellement en service ne desservent que des lignes de quelques kilomètres ; ce sont plutôt des tramways que des chemins de fer ; nous les renverrons donc au mot Tramway.

LOIS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. — LUMIÈRE (Théorie de la). 447

MM. Marcel Deprez et Maurice Leblanc ont combiné, pour le cbemin de fer métropolitain de Paris, un projet de locomotive électrique devant donner une vitesse de 30 kilomètres & rheure (arrêts et démarrage compris), la ligne pouvant comporter des courbes de 450 m. de rayon et des rampes de 0,02 m. par mètre. Le moteur pèse i3 tonnes et communique directement son mouvement aux roues par une bielle. Des roues électro-magnétiques augmentent Fadhérence sur les rails. Le courant serait produit par des dynamos de 5000 volts et envoyé aux locomotives par des conducteurs de 13,2 millimètres carrés de section. En supposant une distance maxima de 15 kilomètres, le rendement serait de 50 p. iOO.

Les Rhode Island Locomotive Works ont construit en 1887 une locomotive électrique à six roues de i,'75m. de diamètre, munie de deux moteurs accouplés d'une pbissance de ÔIO chevaux. Elle est établie pour la même largeur de voie que les locomotives ordinaires. C'est la plus grande locomotive électrique existant actuellement.

LOIS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. — Les énoncés des principales lois de Télectricité et du magnétisme sont joints à Fétude des phénoDomènes auxquels elles se rapportent. Ainsi le lecteur trouvera les lois de Coulomb au mot Actions, celles d'Ohm au mot Courant, celles de Kirchhoff au mot Courants dérivés, celle de Faraday au mot Électrolyse, etc.

LONGUEUR RÉDUITE. •— On nomme Iongueur réduite d'un conducteur, homogène ou non, la longueur d'un (11 type, de nature et de section bien déterminées, qui aurait exactement la même résistance que ce conducteur. On prend souvent le fil type de section 1. Si A est sa résistance spécifique, la longueur réduite / d'un conducteur hétérogène comprenant des fils de longueur /^ /j, /„ ayant des sections hf hi hj ^^ d^s résistances spécifiques A|, A^, h^ sera donné par

LUEUR ÉLECTRIQUE. — On donne ce nom à l'une des formes de la décharge disruptive, celle qui se produit dans les gaz raréfiés. La lueur semble toujours partir du pôle positif; le pôle négatif est entouré d'une auréole violette,

suivie d'un espace plus obscur. Dans l'hydrogène et les gaz combustibles, les lueurs présentent des stratifSjcations (Voy. ce mot). Au spectroscope, les lueurs présentent seulement les raies du gaz porté à l'incandescence et non celles du métal ou des métaux qui forment les électrodes, comme cela a lieu pour l'étincelle.

LUMIÈRE ÉLECTRIQUE. — La lumière électrique peut être produite par un conducteur de petit diamètre porté à une haute température (incandescence) ou par l'arc voltaïque. On trouvera à ces deux mots les notions générales, au mot Lampe la description des principaux modèles de lampes à arc et de lampes à incandescence, et au mot Éclairage les principales applications. Les autres se trouvent à leur ordre alphabétique.

LUMIÈRE (Théorie électro-magnétique de la). — Théorie imaginée par Clerk Maxwell et d'après laquelle :

Linduction électro-magnétique se propage à travers l'espace par les déformations ou vibrations du même éther qui transmet les vibrations lumineuses : en d'autres termes, la lumière n'est qu'un ébranlement électro-magnétique.

Différentes vérifications expérimentales appuient cette théorie. Ainsi les vitesses dans l'air de la lumière et de l'induction électro-magnétique sont sensiblement égales. Une autre vérification consisterait dans ce fait que l'indice de réfraction d'un milieu transparent serait égal à la racine carrée de son pouvoir inducteur spécifique. Sur ce point, l'accord n'est pas encore parfaitement satisfaisant, ce qui tient peut-être à ce que les valeurs des pouvoirs inducteurs ne sont pas déterminées avec une précision suffisante.

« L'accord observé est assez complet pour nous donner bon espoir que, quelque jour, les discordances seront expliquées et éliminées ; en attendant, l'accord complet des vitesses de la lumière et de l'induction électro-magnétique dans l'air et dans les gaz, et les nombreuses relations directes qui existent entre la lumière et Télectricité ne nous laissent guère douter qu'il n'y ait entre ces agents un lien étroit, et que leurs effets ne soient que deux formes de cette énergie commune, de nature inconnue, qui se retrouve certainement sous tous les phénomènes physiques. » (Gordon, Traité d'électricité.)

448 MACHINE A BATTRE ÉLECTRIQUE. — MACHINE A COUDRE ÉLEŒl

MACHINE A BATTRE ÉLECTRIQUE. — Application de la transmission de Ténergie, faite à Ghassart, près Fleuras (Hainaut) en 1889, chez MM. Dumont. La source d'électricité consistait en une dynamo placée dans Tun des vastes bâtiments de Tusine agricole de Ghassart, qui comprend sucrerie, distillerie, etc., et commandée par une machine horizontale du système Hoyos. Un fil de cuivre de 6 millimètres de diamètre, recouvert d'un enduit isolant et placé sur des poteaux, amenait le courant à la

dynamo réceptrice, située en pleine rcL à 800 mètres des bâtiments, et qui 4 une machine à battre à grand ira^aii somes et G^«, à laquelle elle était r^ une courroie sans fin. La génératricr i environ 16 chevaux-vapeur et en tn^ 10 à la réceptrice.

MACHINE A COUDRE ÉLECTRIQUl chine à coudre mue par nu moteur (application de la transmission à^ !

Le modèle représenté (fig. 512) ^'

Fig. 512. — Machine à coudre électrique.

d'une machine à coudre ordinaire, d'un système quelconque, actionnée par un petit moteur électrique, placé au-dessous de la lable, de manière à ne pas gêner la mécanicienne. Ce moteur, qui est relié avec la source électrique.

transmet le mouvement, par une coarr cuir, à Taxe de la machine. Ln nassujetti également sous la table, ?tf' comme l'électromoteur, dans une i^' bois, permet d'adapter la machine ani

MACHINE D INDUCTION

es de travaux, et lui donne une rapidité eilleuse. C'est la pédale qui sertd'interrup- : la mécanicienne tient le pied appuyé sur î pièce, et met la machine en marche ou ète instantanément en enfonçant un peu la te du pied ou en abaissant le talon. Comme \ Tavons dit, cette disposition peut s'aer à une machine quelconque sans lui î subir aucun changement.

AGHINE D'INDUCTION. - Machine proant des courants induits par le déplacent de bobines dans un champ magnétique, appareils qui produisent ces courants par ation du champ magnétique sont appelés

bobines d'induction (Voy. ce mot). Les machines d'induction transforment en électricité l'énergie dépensée pour faire tourner Tinduit malgré les forces électriques; elles sont réversibles.

Les machines d'induction comprennent toujours un inducteur, destiné à produire le champ magnétique, un induit, qui tourne dans ce champ et dans lequel se produit le courant utilisé, un collecteur, qui recueille les courants induits, et les redresse si c'est nécessaire. Les unes donnentdes courants alternatifs, les autres un courant continu.

On nomme machines magnéto-électriques celles

Fig. 513. — Macliioe de Clarke.

ni le champ est produit par des aimants perments, machines dynamo- électriques celles ns lesquelles il est dû à un ou plusieurs 3ctro-airaants.

Machines magnéto-électriques. — La preière machine magnéto -électrique, imaginée ir Pixii en i832, fut bientôt remplacée par îlle de Saxton, qui en diffère en ce que l'aiant est fixe et la bobine mobile, contrairelent à ce qui avait lieu dans la première, et n fut bientôt perfectionnée par Clarke.

Machine de Clarke. — La machine de Clarke g. 5I3J se compose d'un aimant en forme d'U acé verticalement, devant les pôles duquel eux bobines accouplées tournent autour d'un xe horizontal.

Dictionnaire dÏxectricitk.

Considérons l'une des deux bobines B (fig. 514) pendant une rotation entière. Quand elle est devant le pôle a, son noyau de fer doux est aimanté et présente un pôle sud du côté de l'aimant; il peut donc être assimilé à un solénoîde dont le courant tournerait de droite à gauche. Si la bobine s'éloigne de a, l'intensité magnétique de son noyau diminue, ce qui produit dans le fil un courant induit direct et tournant par conséquent de droite à gauche.

La rotation continuant, le noyau de fer doux se désaimante lorsqu'il est à égale distance des pôles a et 6, et s'aimante ensuite en sens contraire ; mais, l'intensité magnétique allant en croissant, le courant induit est inverse ; il n'a

MACHINE DINDUCTION.

donc pas changé de sens (seconde position). Quand la bobine B passe devant le pôle 6, son aimantation devient maximum et diminue en-

Fig. 514. — Théorie de la machine de Clarke.

suite ; le courant induit change donc de sens, comme le montre le troisième dessin, et il conserve ce sens (quatrième position) jusqu'en a. On verrait de même qu'il change de sens en ce point.

Le courant change donc de sens à chaque demi-tour, lorsque la bobine traverse la ligne ab. Mais l'appareil porte deux bobines qui tournent ensemble autour du centre, de sorte qu'il s'en trouve toujours une au-dessus de la ligne ab et l'autre au-dessous : elles sont donc toujours le siège de deux courants contraires.

Pour recueillir ces courants, leurs fils sont enroulés en sens contraires et réunis par leurs extrémités : on peut donc comparer les bobines à deux éléments de pile associés par les pôles de même nom, mais chaque pôle changeant de signe à chaque demi-révolution.

La machine de Clarke fournit donc des courants alternatifs. Il est souvent utile de les redresser, ce qui se fait à l'aide d'un commutateur (fig. 515) : l'axe de rotation des bobines porte sur son prolongement un cylindre isolant i

entouré par deux demi-anneaux oo' ci:

quant chacun avec l'un des pôles de< i: Chacun de ces demi-anneaux repré?r!;W successivement le pôle po^it dant un demi-tour et le i>^nt i pendant le même temps. De .

côté sont fixés deux res; (fig. 513), qui s'appuient sorlanneaux et communiquent i. tivement avec chacun d'eai y/ une demi-révolution. Le> i .:

neaux sont disposés de trJir' que chacun d'eux abandonn-^ ~ sort pour venir toucher Ist:

moment même où le couraii!

de sens: il en résulte queck ressorts garde toujours le mfi:

et qu'il suffit de les réunir f rhéophores pour obtenir qd redressé et continu. Le t^-représentera par exemple positif et e le pôle né^tif. Lphores se fixent à l'exlrerc plaques de cuivre mn.

On peut recueillir en m^Di l'extra- courant au moven ipièces métalliques t comniar avec les deux demi -viroles. • cées sur un même diamètre du conimu L'une de ces pièces se voit (fig. 51o).Lntr ressort a (fig. 513) est rencontré succt^^si

Fig. 515. — Commulaleur.

par chacune de ces pièces au moment o^ courant induit a son maximum à'ïf^^'*^ Il se forme alors un court circuit met^** o'biancOy et l'observateur qui lient 'f^f gnées PP reçoit l'extra-courant de rapt^f**

MACHINE DINDUCTION.

ur les efifets calorifiques et lumineux, on >lace la bobine à fil long par une autre gros et court.

ichine de r Alliance, — La machine de Glarlce amais eu d'applications industrielles, mais

construit sur le même principe un cernombre de machines plus puissantes. Telle X machine de i'Alliance, imaginée par Nollet 850» et perfectionnée par Van Malderen.

faisceaux aimantés sont disposés en un le vertical, les pôles vers le centre (fig. 516) ; e ces pôles tourne un plateau portant à irconférence huit couples de bobines anaes à celles de la machine de Clarke. On

peut augmenter la puissance en plaçant parallèlement un certain nombre de couronnes d'aimants, et en employant un nombre égal de plateaux garnis de bobines. Les bobines d'un même plateau sont montées en série ; celles des différents plateaux peuvent être réunies en série ou en quantité. Le courant change de sens chaque fois qu'une bobine passe devant un pôle, c'est-à-dire seize fois par tour, ce qui, à raison de 400 tours par minute, fait plus de 100 inversions par seconde. A l'origine un commutateur redressait tous ces courants; comme il s'usait rapidement par les étincelles, on le supprima.

Fig. 516. — Machine do l'Alliance.

La machine de l'Alliance a été employée la •emière à l'éclairage des phares ; les premiers tiares électriques furent ceux de la Hève (1863) ; [le fut appliquée également au cap Gris- Nez, Qx phares de Cronstadt, d'Odessa, etc. Elle ne e construit plus aujourd'hui.

La machine de Holmes, employée au phare e South-Foreland, est analogue à celle de Alliance.

Machine de Siemens. — En 1854, M. Siemens onna à l'induit des machines magnéto-électri- [ues une forme qui permet d'obtenir des effets rès intenses et qui a été appliquée depuis à un a^rand nombre de machines.

Le noyau de l'induit est un cylindre de fer doux, évidé parallèlement à Taxe, de sorte que

la section présente la forme d'un double T (fig. 517). Le fil est enroulé longitudinalement dans ces deux gorges, et recouvert de feuilles de laiton. Le tout forme un cylindre qui tourne entre les pôles d'une série d'aimants en U placés parallèlement. Ces pôles sont fixés à une série de pièces de fer doux SN, alésées de manière à embrasser très étroitement la bobine. Celle-ci se trouve donc placée dans un champ magnétique très intense, et les fils coupent les lignes de force à angle droit sur une grande partie de leur parcours, ce qui donne le maximum d'effet. Les portions cylindriques de fer doux forment deux pôles longitudinaux qui changent de signe à chaque demi-révolution. Le courant change de sens chaque fois que ces pièces

MACHINE DINDUCTION.

passent devant les pôles NS. La machine donne donc, comme celle de Glarke, des courants

Fig. 517. — Armature de Siemens.

alternatifs. On peut les recueillir à Taide de deux ressorts frottant l'un sur l'axe 0, auquel est soudée l'une des extrémités du fil, l'autre

sur une bague métallique isolée et r- Tautre extrémité. On peut aussi les redr» l'aide d'un commutateur analogue à céi:

machine de Clarke.

Marhine de Gramme. — M. Gramme aie en 1870 une forme de bobine qui est ar[ également dans ses machines dynamoques. Supposons qu'on place entre le^ j»d'un aimant (Qff. 518) un anneau de fer immobile, il s'aimantera par influence r: dra un pôle sud en d et un pôle nori 11 est donc assimilable à deux soiénoidr^ . circulaires réunis en a et d par leurs p même nom.

Supposons de plus qu'on enroule au' cet anneau une petite bobine et qu'on b glisser dans le sens des flèches. Quand -î de o en d, elle parcourt une moitié de lï dans laquelle le sens de l'aimantation ii'pas; mais, dans la première moitié de (^ elle s'éloigne d'un pôle et donne parconun courant direct; dans la seconde nu.' s'approche de l'autre pôle et donne :u: un courant inverse. Le courant induit >idonc et change de sens quand la botir égale distance de a et de d. Au conlniir-. a pas de changement quand la bobir.^ en d : en effet, le courant induit, qui '^ verse, devient direct, mais l'ainiaDM changé de sens : le courant garde donc ! ' direction. Dans l'anneau de Gramme, h de commutation est donc perpendicula:

ligne AB.

En réalité, l'anneau de fer doux toun

Fig. 518. — Théorie de l'anneau de Gramme.

Fig. 519. — Conslniction de Tamma df l-r»^

même autour de son axe, ce qui ne change rien à l'explication, car les pôles a et d se déplacent dans l'anneau et restent fixes dans l'espace. Au lieu d'une seule bobine, il y en a un nombre suffisant pour recouvrir complètement l'anneau

(fig. 519 et S2l) : ellesforment uncircuitci:^ et fermé, que le diamiètre verticai p^^rf^ chaque instant en deux moitiés parcouni^ des courants de sens contraires. Van^^^' donc assimilable à deux éléments depil»'^

MACHINE D INDUCTION

r les pôles de même nom; il suffit de fixer . rhéophores suivant le diamètre vertical pour tenir un courant continu.

Pour recueillir ce courant, on a disposé sur xe de rotation, qui est isolant, une enveloppe ?tallique, partagée, suivant des génératrices,

autant de touches séparées qu'il y a de bogies. A chaque touche aboutissent la fin d'une bine et le commencement de la suivante. Sur

collecteur (fîg* 520) frottent, suivant le diaètre vertical, deux balais horizontaux qui ennent le courant. En réalité, ces balais doint être inclinés d'un certain angle dans le ns de la rotation. Voy. Balais (Calage des). i figure ni 9 montre une bobine inachevée avec 11 collecteur R. L'anneau est formé de cercles I fil de fer isolés, pour éviter les courants de >ucault.

Dans la machine magnéto -électrique de

Fig. 520. — CoUeclcur de la machine Gramme.

Gramme (fig. 524), l'anneau que nous venons

Fig. 521. — Maciiine magii<^to-électrique de Gramme.

de décrire tourne entre deux pièces de fer doux i formant les pôles d'un aimant en U. Les bobines alésées de manière à l'entourer exactement, et | de l'anneau sont recouvertes alternativement

MACHINE DliNDUCTlON.

de coton clair et foncé. Il y en a trente en général. On emploie un anneau à gros fil pour les efTets de quantité et un anneau à fil fin pour les effets de tension : on obtient une rotation très rapide àTaidede deux roues dentées de diamètres très différents : il vaut mieux encore se servir d'un petit moteur à pédale. La force électromotrice est sensiblement proportionnelle à la vitesse. Cette machine équivaut à 6 ou 8 éléments Bunsen : elle est surtout employée dans les la-

boratoires, où elle permet d'exécular l . expériences de cours, sauf Tare volLdi].- Machine de Méritens, — La machina s .

électrique de M. de Méritens est la -. soit encore employée dans Finduslnr rieurement, elle ressemble à la ma i- TAlliance, mais les faisceaux aimante^,, d'agir par leurs faces latérales sur \^ ^ des bobines, exercent leur action dir-en bout, sur le fer et sur le fil de ce? i-

Fig. 522. — Machine de Méritens (modèle des phares).

40 aimants permanents sont divisés en 5 séries; les 8 aimants de chaque série sont disposés en cercle, présentant à l'intérieur des pôles alternativement de noms contraires (fjg. 522). A l'intérieur de chaque cercle tourne un anneau portant i6 bobines, qui se suivent comme celles de l'anneau Gramme, mais sont séparées par des prolongements polaires de forme trapézoïde. Elles sont groupées de la manière suivante : la fin de la première bobine est reliée à la fin de la seconde, le commencement de la seconde au commencement de la troisième,

la fin de celle-ci à la fin de la quatnenir Lorsqu'une bobine s'approche d'unp<^l^*suivante s'approche d'un pôle nord : ^^' rants produits dans ces deux bobines s^^n de sens contraires, mais ils s'ajoutent P' mode de jonction que nous venons de ^^ D'ailleurs le courant change de sens iàn^ que bobine lorsqu'elle passe devant un ^ la machine donne donc des courantsalter Les 80 bobines dont se compose la^^ entière sont partagées en deux circuilïchacun de 10 groupes réunis en q^^'^''

MACHINE D^INDUCTION

IX circuits peuvent être accouplés en quantité en tension. Chaque anneau est composé ne roue en bronze portant les bobines à sa •iphérie. Les noyaux sont formés de lames fer doux, découpées à Tsmporte-pièce. Le lecteur est formé de deux bagues en bronze, •ntées sur une douille d'ébonite, et sur leselles frottent les balais, jfàce à la constance du champ magnétique, te machine donne un courant bien régulier; e est économique au point de vue de la force

motrice. Enfin sa construction simple permet de faire très facilement les réparations qui peuvent être nécessaires. Ces raisons la font employer dans les phares de préférence aux dynamos.

M. de Méritens construit une autre machine plus petite, pour les ateliers et les petites installations industrielles. Cette machine (flg. 523) n'a qu'un seul anneau, et les aimants, rectilignes ou en fer à cheval, sont placés parallèlement à Taxe de rotation, ce qui rend Tappareil moins

Fig. 523. — Machine de Mérilens (petit modèle)

nabarrassant. L'induit tourne en face de la pare latérale des pôles, qui sont alternés. Le même constructeur fabrique aussf des lachines magnétos à courant continu, dans îsquelles le champ est produit par des aimants ectilignes, disposés de façon à former un cyindre creux, divisé en quatre groupes dont les )ôles alternent (fîg. 524). L'anneau tourne à 'intérieur en face des pôles; il est analogue à ielui des machines précédentes, mais se rap- )roche davantage de celui de Gramme. Comme 1 y a deux lignes de commutation rectangulaires, le courant est recueilli par quatre balais, reliés entre eux de façon à envoyer le courant dans un seul circuit ou dans deux circuits distincts.

Machines magnéto-électriques médicales ou appareils magnéto- faradiques , — Les courants d'induction employés dans les usages médicaux sont dus à des appareils volta-faradiques (voy. Bobine) ou à de petites machines magnétoélectriques.

Dans l'appareil de Duchenne (de Boulogne) (flg. 525), comme dans les appareils plus anciens de Dujardin et de Breton, le courant est produit par la rotation d'une armature de fer doux devant les pôles d'un aimant. Les branches de cet aimant sont entourées par deux bobines EE portant chacune deux fils, l'un de 0,5 millimètre de diamètre et de 24 mètres de longueur, l'autre de 1/6 de millimètre d'épaisseur et de 600 mètres de longueur. L'armature est

MACHINE D'INDUCTION

mise en mouvement par la manivelle M et deux | lesquelles se trouve un commutateur U, quiperroues reliées par une chaîne sans fin. Les metderecueillirJecourantdugrosnioudufiirin, rhéophores se fixent aux bornes P et P', entre suivantle sens danslequelon tourne le bouton T.

Fi^. biA. — Machine de Méritens à courant continu.

Dans le circuit du gros fil est intercalé un rhéotome, qui permet de le rompre deux ou quatre fois par tour. C'est un cylindre de bois B

monté sur Tarbre qui porte l'armature et tournant avec elle; il est entouré d'une virole de cuivre portant quatre dents également espacées,

Fig. 525. — Appareil magiiéto-faradique de Duchenne (de Boulogne).

dont deux plus courtes que les autres. Les extrémités du fil sont reliées à deux ressorts, dont Tun s'appuie sur la partie pleine de la virole et l'autre sur les dents. En déplaçant ce

dernier, on peut faire qu'il rencontre les quatre dents ou seulement les deux plus longues, l'n dispositif spécial permet en outre de recueillir les extra-courants.

MACHINE D'INDUCTION

Quant au fil fin, le courant qui y prend naissance est dû aux variations d'intensité magnétique de Taimant et aux interruptions qui se produisent dans le gros fil.

On peut graduer les effets en éloignant de Taimant la plaque G qui porte Tarmature, au moyen d'une vis de rappel, ou bien en faisant glisser à Taide de la tige R les manchons en cuivre H H, qui peuvent recouvrir les bobines sur une longueur plus ou moins grande.

Cet appareil est un peu compliqué, mais il est remarquable par les moyens qu'il fournit à Topérateur pour faire varier la grandeur des effets produits.

On fait souvent usage d'appareils portatifs. Nous citerons l'appareil Gaiffe (fig. 526), qui ajoute aux organes essentiels de la machine

de Clarke une disposition analogue à celle des appareils précédents : outre les bobines raobiles, à noyaux de fer doux, que l'opérateur fait tourner devant l'aimant, d'autres bobines entourent les pôles de celui-ci. Les courants qui prennent naissance dans ces quatre bobines sont recueillis et redressés par un commutateur qui les envoie, toujours' dirigés dans le même sens, à des pièces sur lesquelles on fixe les rhéophores. On règle l'intensité des courants en rapprochant plus ou moins l'aimant des bobines mobiles à l'aide d'une vis dont la tête se voit à l'extérieur de la boîte, entre les points d'attache des deux rhéophores.

Machines dynamo-électriques. — Ces machines diffèrent des mfignétos en ce que le champ magnétique est dû à des électro-aimants.

Fig. 526. — Appareil portatir de Gaiiïe.

Ce procédé a l'avantage de pouvoir fournir un champ beaucoup plus puissant.

Excitation, — Les dynamos peuvent différer par le mode d'excitation des électros. Lorsque ceux-ci reçoivent le courant d'une petite machine séparée, la dynamo est dite à excitation indépendante. Cette disposition est surtout utilisée dans les machines à courants alternatifs. Lorsque la machine fournit elle-même le courant aux électros, elle est dite auto-excitatrice. Dans ce cas l'excitation peut se faire en série ou en dérivation. Les avantages de ces différents systèmes sont exposés au mot Excitation. Les machines auto-excitatrices ne pourraient pas s'amorcer si le fer des électros était absolument doux : le magnétisme rémanent suffit pour commencer l'excitation.

Division des machines au point de vue du courant. — Certaines machines, par exemple

celles qui sont munies d'un anneau Gramme, donnent un courant dont le sens ne change pas et dont l'intensité ne subit pas de grandes variations, à cause de la parfaite symétrie de l'induit. Ce sont les dynamos à courant continu.

D'autres machines portent au contraire un certain nombre de bobines distinctes, dans lesquelles le courant change de sens, en s'annulant, un certain nombre de fois par tour, comme nous l'avons vu dans la machine de Clarke. Tantôt on fait usage d'un commutateur qui recueille tous ces courants et les dirige dans le même sens (machines à courants redressés) ; tantôt au contraire on utilise ces courants tels qu'ils se produisent (machines à courants alternatifs). Il peut y avoir dans ces machines jusqu'à 30,000 inversions par seconde.

Machines à inducteurs mobiles. — Il existe un certain nombre de machines dans lesquelles

MACHINE D'INDUCTION

Tinduit est ûxe et l'inducteur mobile. On évite ainsi l'emploi des collecteurs et des balais ; mais la disposition parait moins commode. On pourrait encore donner à l'induit et à l'inducteur des rotations de sens contraires, ce qui permettrait de diminuer la vitesse. Enfin l'on a essayé aussi de faire tourner seulement le noyau de l'induit, la bobine et l'inducteur restant fixes, ce qui supprime encore les balais et les collecteurs.

Force électromotrice des dynamos, — La force électromotrice des machines d'induction est

proportionnelle à l'intensité du champ magnétique et à la longueur du fil induit; eUe augmente avec la vitesse.

Construction des inducteurs. — Les électroaimants ont l'inconvénient d'absorber une partie du courant, mais ce défaut est compensé par plusieurs avantages. Ils permettent d'augmenter l'intensité du champ et par suite la force électromotrice, et de faire varier cette intensité, de sorte qu'on peut proportionner le courant à la puissance nécessaire sur le circuit extérieur. En outre ils coûtent, à puissance égale, moins

Fig. 527. — Armature en anneau (type Gramme).

Fig. 528. — Armature en cylindre (type Siemens).

cher que les aimants ordinaires, et ils n'ont pas besoin, comme ceux-ci, d'être réaimantés de temps en temps.

Le noyau des électro-aimants doit être en fer aussi doux que possible. La fonte peut servir aussi : elle subit moins que le fer les efTets des petites variations de vitesse de la machine, mais, comme elle est moins magnétique, il faut donner aux électros un plus grand volume.

Les pôles doivent entourer l'induit aussi complètement que possible, pour donner un champ plus uniforme. Ils doivent être formés de lames superposées et isolées les unes des autres, afin d'éviter les courants de Foucault.

Sir W. Thomson a calculé la résistance qu'il

convient de donner aux bobines des électros. Dans les dynamos excitées en série, la résistance de l'inducteur doit être un peu inférieure à celle de l'induit ; le rapport 2/3 convient bien. D'ailleurs ces deux résistances doivent être faibles par rapport à celle du circuit extérieur. Au contraire, dans les machines excitées en dérivation, la résistance des électros doit être au moins 324 fois plus grande que celle de Tinduit, et le produit de ces deux résistances doit être égal au carré de la résistance extérieure.

Construction de Vinduit, — Le fil induit doit être long, pour augmenter la force électromotrice; mais, pour qu'il n'occupe pas trop de

MACHINE D'INDUCTION

place, il faut aussi qu'il soit fin, ce qui a Tinconvénient d'augmenter sa résistance. On y remédie en se servant de cuivre aussi pur que possible. On doit éviter qu'il y ait des parties du fil non soumises à Faction du champ et formant des résistances inutiles. Il faut aussi laisser circuler Tair autour de l'induit, pour l'empêcher de s'échauffer outre mesure. On doit enfm composer le noyau de lames ou de fils isolés, parallèles à la direction du mouvement, afin d'éviter les courants de Foucault.

Les armatures des dynamos peuvent être divisées en quatre classes ;

!•* Les armatures en anneau, dont les bobines sont enroulées sur un anneau mobile autour de son axe (machines Gramme, Schiickert,

Brush, etc.); le fil entoure alors le noyau à l'intérieur et à l'extérieur (flg. 527).

2° Les armatures en cylindre, dont les bobines sont enroulées longitudinalement sur un cylindre tournant autour de son axe (machines Siemens, Edison, Weston, etc.); dans cette disposition, le fil n'entoure que la partie extérieure du noyau (fig. 528).

3<* Les armatures à pôles, dont les bobines sont enroulées sur des pôles séparés et disposés en cercle (machines Loutin, Niaudet, Wallace Farmer, Gérard, etc.).

4° Les armatures à disque (machines Ferranti, Desroziers).

Influence de la vitesse. — Lorsque le champ magnétique est constant, comme dans une ma-

Fig. 5i9. — Réversibilité des machines d'induction.

gnéto OU dans une dynamo à excitation indépendante, la force électromotrice est sensiblement proportionnelle à la vitesse ; cette proportionnalité a été en effet vérifiée jusqu'à 3000 tours. Dans les machines auto-excitatrices, toute augmentation de vitesse accroît l'intensité du champ magnétique, ce qui produit une nouvelle augmentation de force électromotrice. Celle-ci devrait donc être sensiblement proportionnelle au carré de la vitesse. Cette proportionnalité ne peut exister que si le fer doux des électros n'est pas trop voisin de son point de saturation; d'autres actions perturbatrices contribuent aussi à l'altérer.

La vitesse doit être absolument uniforme, si l'on veut avoir un courant constant. On doit faire grande attention À cette nécessité, lorsqu'on emploie des moteurs à gaz. Remarquons enfin qu'il existe une vitesse minimum au-

dessous de laquelle la machine ne s'amorce pas (Voy. Caractéristique).

Machines multipolaires. — Ces machines permettent d'obtenir les mêmes effets, tout en diminuant la vitesse. Au lieu de deux pôles magnétiques, on en emploie un plus grand nombre, et on les dispose deux par deux aux extrémités d'un même diamètre. A chaque tour, les bobines subissent l'action des divers champs ainsi produits. Mais il faut employer autant de balais qu'il y a de champs différents, et la perte d'énergie produite à chaque balai compense en partie les avantages résultant de l'accroissement du nombre des pôles.

Réversibilité des machines d'induction. — Sauf quelques dynamos à courants alternatifs, les machines d'induction sont réversibles, c'est-àdire qu'elles transforment indifféremment le travail mécanique en énergie électrique ou

MACHINE D'INDUCTION

celle-ci en travail mécanique. Si Tonfait tourner Panneau d'une machine Gramme, on obtient un courant; si on lance au contraire un courant dans cet anneau, il se mettra à tourner spontanément. La figure 529 montre cette expérience faite avec une petite machine magnéto de Gramme; en tournant la machine, on charge un accumulateur; celui-ci donne ensuite un courant qui fait tourner la machine. Cette rotation est une conséquence très simple des lois de rélectrodynamique. Le courant lancé dans la machine d'induction peut être dû à une

autre dynamo, qui prend le nom de génératrice: la première est appelée réceptrice. C'est là le principe de la transmission de l'énergie à distance.

Perte d'énergie dans les machines. — D y a dans toutes les machines une certaine perle d'énergie : elle peut être due en partie aiu courants de Foucault, mais surtout aux étincelles qui se produisent toujours au collecteur. Les balais touchent toujours plusieurs lames de cet organe, pour éviter les interruptions : il y a donc toujours en ce point au moins une bo-

Fig. 530. — Machine Gramme (typedatelier).

bine mise en court circuit par le balai. Au moment où le court circuit se ferme, les extrémités de la bobine ont une certaine différence de potentiel, d'où résulte une perte d'énergie; la rupture du circuit produit une étincelle. C'est pour cette raison qu'il est désavantageux d'augmenter le nombre des balais. Dans la pratique on place les balais au point où l'on remarque les étincelles les plus faibles. (Voy. Calage.)

La perte est plus faible dans les grandes machines, qui permettent de fractionner davantage l'anneau.

Bendement des machines d'induction, — Voy. Rendement.

Mesure de la résistance. — Pour connaître la résistance d'une machine, on mesure la résis-

tance des inducteurs et celle de l'induit parla méthode du pont de Wheatstone. Si l'on veut avoir cette résistance à froidy on opère sur la machine au repos; pour la mesurer à chaudron opère au moment où la machine vient de s'arrêter, avant qu'elle ait eu le temps de se refroidir.

Mesure de Vintensité et de la force électromotric^- — Pour les machines à courant continu, on se sert d'un ampèremètre, ou l'on mesure la (liff<^rence de potentiel entre les deux extrémités d'une résistance connue, intercalée dans le circuit (Voy. Intensité). La force électromotrice se calcule en mesurant avec un voltmètre ou un électromètre la différence de potentiel aux bo^ nés ; connaissant de plus l'intensité et la résis-

MACHINE D'INDUCTION

tance R de la machine, on en déduit la force électromotrice, comme nous Tavons indiqué plus haut.

Les méthodes précédentes ne peuvent s'appliquer aux machines à courants alternatifs. On détermine alors l'intensité en reliant les deux extrémités d'une résistance connue, intercalée dans le circuit, aux deux paires de quadrants d'un électromètre. La déviation étant proportionnelle au carré de la différence de potentiel des deux points choisis, l'appareil n'est pas influencé par les changements de sens du courant. La loi d'Ohm donne ensuite l'intensité.

La force électromotrice s'obtient par la même méthode.

Comparaison des macUines (Tinduction avec les piles, — 11 est facile de calculer le nombre d'éléments de piles qui équivalent à une machine d'induction, c'est-à-dire qui peuvent donner la même quantité d'énergie. Soient E et R la force électromotrice et la résistance de la machine, e et r celles d'un élément de pile, n leur nombre

M. Deprez a trouvé ainsi pour une machine

Fig. 531. — Machine Gramme (type supérieur).

Gramme, type d'atelier, faisant 1225 tours par minute, et des piles de Bunsen, modèle plat de Kuhmkorff

Choix, installation et entrelien des machines d'induction, — Tous les modèles de dynamos ont leurs avantages et leurs inconvénients, qui ^oni plus ou moins sensibles suivant les circonstances; on doit donc choisir celle qui convient le mieux aux applications qu'on se propose. On doit prendre en outre un type construit pour l'usage auquel on le destine.

Les machines doivent être installées dans un local frais ou bien ventilé, pour diminuer ré-

chauffement, et sec, pour éviter les pertes d'électricité. Il faut éviter le voisinage des poussières inflammables et des matières explosives. Il faut les flxer sur une base solide, pour éviter les trépidations, et interposer une couche isolante de bois entre la machine et le massif de fondation.

La courroie doit être, autant que possible, horizontale ou oblique, avec le brin tirant en dessous. Le sens du mouvement de rotation dépend du calage des balais : la vitesse doit être maintenue constante. Quand la machine s'échauffe, il faut diminuer la vitesse ou introduire une résistance dans le circuit.

Les machines doivent être entretenues par-

MACHINE D INDUCTION

faitement propres. Les matières étrangères, les poussières, l'humidité peuvent, sur les parties isolantes, produire une dérivation ; sur le collecteur, elles peuvent, au contraire, empêcher la communication. Il faut s'assurer aussi que les balais appuient sur le collecteur, et les faire avancer à mesure qu'ils s'usent. On les nettoie avec de l'alcool ou du pétrole, mais on ne les replace que parfaitement secs. Quand la surface de contact devient trop large, on les taille en coupant la pointe avec un ciseau à froid. Enfin il faut avoir soin de ne jamais

détacher les conducteurs pendant que la machine est en marche, pour éviter d'endommager le fil induit. Il est bon de ne pas se serrir de burettes en fer pour le graissage, qui doit être abondant sans excès.

Dangers des machines d'induction; moyens de préservation» — Les accidents dus aux machines et aux conducteurs doivent être attribués surtout au passage de F extra-courant de rupture à travers le corps; les effets du courant luimême sont rarement mortels. Pour éviter l'extra- courant, M. Daussin, puis M. d'Arson-

Pig. 532. — Machine Gramme (type octoaronal).

val ont proposé de placer en dérivation sur les bornes de la machine une série de voltamètres à lames de plomb et à eau acidulée, dont la force électromotrice de polarisation soit supérieure à la force électromotrice maxima de la machine. Le courant ne peut franchir cet appareil, mais l'extra-courant le traverse facilement. J. Raynaud a proposé l'emploi de paratonnerres semblables à ceux qu'on emploie en télégraphie.

Machines à courant continu. — Dynamos Gramme, — Les divers modèles de machines Gramme sont pourvus de l'anneau décrit plus haut, et qui donne de très bons résultats : on

peut seulement lui reprocher que les parties du fil placées à l'intérieur de l'anneau forment des résistances inutiles; mais il est d'une construction simple et robuste, et sa division en bobines distinctes permet de remplacer facilement les parties usées.

La machine dite type normal ou d'atelier est une des plus répandues. Elle exige une force de 3 chevaux pour une vitesse de 900 tours, et donne 25 ampères et 75 volls. Elle se compose de deux électro-aimants (fig. 530) dont les culasses, placées verticalement, sont constituées par les flasques de la machine : les pôles de même nom sont en regard. Les deux pôles sont

MACHINE D INDUCTION

munis de pièces polaires en fonte, qui enveloppent presque complètement Tinduit. Cette machine convient aux petites installations de lumière.

M. Gramme a créé depuis plusieurs autres types destinés à la lumière électrique, et désignés sous les noms de machine à cinq lumières, machine carrée, machine cylindrique, machine octogonale. Il s'est arrêté au type supérieur,

ainsi nommé parce que Tanneau est à la partie supérieure de la machine (fîg. 531). La plaque de fondation, les noyaux des électro-aimants, leurs pièces polaires, ayant la forme de mâchoires qui enveloppent Tinduit presque entièrement, les supports de Tarbre central, viennent de fonte en un seul morceau, ce qui rend l'appareil très robuste. L'anneau de la bobine est en fer doux. Le 'modèle le plus récent de ce type

Fig. 533. — Dynamo type C-D.

donne 600 ampères et HO volts à 450 tours par minute et pèse 4000 kilogrammes.

Les machines de Gramme destinées à la transmission de rénergie ne diffèrent des machines à lumière que par les dimensions des fils. Les divers modèles peuvent servir à cet usage. Le type octogonal (fig. 532) est un de ceux qui ont été le plus employés dans ces dernières années, surtout pour les installations de quelque importance. Elle a servi notamment aux expériences de labourage électrique (voy. ce mot) de Sermaise en 1879.

C'est une machine multipolaire : quatre électro-aimants à double noyau produisent quatre champs magnétiques, que traverse successivement l'anneau dans sa rotation. Des pièces polaires en fonte entourent l'induit. Quatre balais recueillent le courant.

Les machines destinées à la galvanoplastie offrent encore la même disposition, mais elles doivent avoir une faible résistance intérieure, pour donner une grande intensité avec une faible force électromotrice : aussi l'inducteur est-il formé d'une seule lame de cuivre, dont

MACHINE D'INDUCTION

la largeur occupe toute la hauteur du noyau, et qui fait plusieurs tours.

L'anneau prend ici la forme d'un cylindre creux, et le fil est remplacé par des barres de cuivre disposées parallèlement aux génératrices à rintérieur et à l'extérieur et réunies aux extrémités par des traverses rayonnantes, de manière à former un conducteur sans fin, comme dans les autres modèles.

Le type n° \, très employé pour la dorure et l'argenture, dépose de 0,6 à 4 kilogramme d'argent par heure et absorbe au maximum un cheval. Dans l'affinage du cuivre, il précipite

250 kilogrammes de métal par jour, avec une force de 5 chevaux. U débite 300 ampères et 40 volts avec 4,000 tours.

Machines dérivées de la dynamo Gramme. - Beaucoup de maisons construisent, surtout depuis que les premiers brevets de M. Gramme sont tombés dans le domaine public, des machines fondées sur le même principe que la machine Gramme et qui n'en diffèrent que par des détails.

La maison Bréguet construit plusieurs types de machines, appropriés aux différentes applications. Dans le type C-D (fig. 533), les deui

Fig. 534. — Dynamo Sautler Lemonnier.

électro-aimants sont superposés parleurs pôles de même nom; l'anneau, du système Gramme, est enveloppé par les pièces polaires. Chaque type peut être monté en série, en dérivation ou en double enroulement. Ces machines sont portées par des rails ou glissières à vis, qui permettent de les déplacer pour corriger la tension de la courroie, même pendant la marche. Les dynamos de la maison Sautter Lemonnier sont aussi à anneau Gramme (fig. 534) ; de larges pièces polaires entourent l'induit. Ces machines sont montées sur une plaque de base munie de glissières, sur laquelle elles se fixent par un écrou spécial, afin de maintenir la courroie tendue. Un rhéostat à commutateur per-

met de régler la tension du courant produit, lorsque l'allure du moteur subit de légères variations. Les machines destinées à l'incandescence sont compound.

La machine représentée par la figure 535 est encore à anneau Gramme. L'inducteur est formé de quatre bobines pour deux pôles. L'induit est composé de feuilles de tôle de 0,5 mm., séparées par des feuilles de papier de 0,4 mm. Ces tôles, dans lesquelles on pratique trois entailles, sont enfilées et serrées sur une pièce de bronze en forme de triangle clavetée sur l'arbre ; l'ensemble des tôles est isolé de ce triangle, qui est lui-même fendu par une série de traits de scie perpendiculaires à l'axe.

MACHINE D'INDUCTION

Fig. 535. — Dynamo Poslel-Vinay.

La dynamo Schuckert, très employée en Allemagne, présente à peu près l'aspect de la ma-

chine Gramme d'atelier. Les électros sont disposés de la même façon; mais l'anneau, identique

Fig. 536. — Dyuamo F. Uenrion pour arcs cd lension.

comme enroulement, a la forme d'un disque très aplati ; il est constitué par des couronnes Dictionnaire d'électricité.

en tôle mince juxtaposées et isolées. Le collecteur est identique. Les flasques sont évidées

MACHINE D'INDUCTION

Fig. .537. — Machine coiupound Fabius Henrion, modèle mojen.

Fi^. 538. — Machine compound Fabius Henrion, à six pôles.

MACHINE D'INDUCTION

d'un côté, ce qui permet d'enlever facilement Tanneau et son arbre, en cas de réparation.

Dynamos F, Henrion. — Les dynamos Fabius Henrion sont du système Schuckert modifié : les plus petites sont à deux pôles (fig. 536). Le socle, les paliers et les supports des inducteurs sont fondus d'une seule pièce. Les inducteurs sont inclinés à 45®, ce qui rend Fensemble plus commode et rend plus facile Taccès des balais et des autres organes. L'armature est, comme dans la précédente, un anneau Gramme aplati en forme de disque. Le noyau est formé de fils de fer séparés par du papier paraffiné, puis recouverts de ruban isolant.

Les modèles plus grands (fig. 537) sont à quatre pôles. Les bobines de l'induit diamétralement opposées, étant au même potentiel, sont reliées par le mode ordinaire de croisement des connexions. Il en résulte que les balais peuvent être placés à OO® l'un de l'autre, et qu'il n'y en a que deux séries, montées sur un même châssis mobile. Chaque série, formée de deux balais, peut en outre se régler séparément quant à la pressio^ sur le commutateur.

La figure 538 montre un modèle plus grand à six pôles, dont la disposition est d'^ailleurs analogue à celle du précédent. Les trois types figurés servent à l'éclairage par incandescence

t'ig. b.VJ. — D>iiunio riitruix..

OU par incandescence et arc combines. Les paliers sont venus de fonte avec le socle; ils sont à double graissage, l'un se substituant de luimême à l'autre. Le dispositif des balais permet de maintenir l'intensité constante, sans intercaler de résistances dans le circuit, en faisant varier seulement leur position sur le collecteur. Les dynamos à deux pôles donnent de 40 à 112 ampères, celles à quatre pôles de 450 à 300 ampères sous une différence de potentiel de 110 volts. Celles qui sont construites pour l'éclairage à arc donnent généralement 8 ampères av«c une différence de potentiel allant jusqu'à 1 000 volts.

Enfin, pour compenser les effets des irrégularités de vitesse provenant du moteur, M. F.

Henrion adjoint aux machines compound un régulateur (voy. ce mot) de potentiel qui introduit une résistance convenable dans la dérivation des inducteurs ou l'en retire suivant les besoins.

Dynamos anglaises. — Nous signalerons encore quelques machines anglaises, dérivées aussi de la machine de Gramme.

La dynamo Phœnix (fig. 539) construite par MM. Paterson et Cooper est analogue à la machine de Gramme, type supérieur.Les inducteurs sont forgés d'une seule pièce : leurs bobines, de forme rectangulaire, sont enroulées sur un corps en tôle avec des joues en cuivre. L'induit est un anneau de Gramme, dont le noyau est composé de tôles de fer, séparées par du pa-

MACHINE D'INDUCTION

pier verni à la gomme laque, et réunies par des boulons isolés. Le rendement serait, dit-on, de 94 p. 100.

La machine Norwich (flg. 540) est remarquable par sa légèreté; le modèle pour 200 lumières ne pèse que 1 268 livres, et fournit presque 10 watts par livre. D'après les constructeurs, elle possède tous les avantages des machines du type Gramme, sans avoir le défaut de s'échauffer. Elle tourne silencieusement et afec une faible vitesse, et ne donne pas d'étincelles aux balais. Les inducteurs sont en fonte : le dessin montre suffisamment leur disposition.

La machine Victoria^ imaginée par M. Mordey et employée par la A nglo-American Electric Light Corporation f la dynamo Manchester y construite par MM. Mather et Platt, se rattachent encore au type Gramme.

Dynamo Dulait. — Cette machine, analogue à la dynamo Victoria, est construite par la Société « Électricité et Hydraulique » de Charleroi. Elle est tétrapolaire, à excitation compound, et présente un anneau Gramme aplati, de grand diamètre (flg. 541).

Les inducteurs sont formés de gros cylindres en fer de Suède excessivement doux, courts

Fig. 540. — Dynamo Norwich.

par rapport à leur diamètre, et boulonnés sur deux culasses en fonte qui sers^ent de bâti. Ils sont reliés deux à deux par quatre masses polaires en fonte, soudées aux noyaux et se terminant au centre par des épanouissements qui entourent Tinduit. Le bobinage est séparé des noyaux par un carton d'amiante, pour éviter les courts circuits. Le fil fin de la dérivation est à l'extérieur, pour empêcher réchauffement.

L'armature comprend un enroulement de fil de fer doux, isolé par un guipage de coton, et enroulé sur une gorge formée par la réunion de deux disques de tôle mince recourbés, à section demi-circulaire, et évidés. Sur cet anneau, isolé à l'amiante, est enroulé l'induit, composé de bo-

bines partielles, séparées par des vides de la largeur des bobines, pour éviter réchauffement. Le fll de cuivre, de haute conductibilité, est de section rectangulaire, pour faciliter l'enroulement; il est isolé par trois couches de coton et un enduit extérieur de gomme laque. Les bobines diamétralement opposées sont groupées en quantité. Le collecteur est allongé, ce qui permet l'emploi de doubles balais. U y a deux paires de balais, calées à 90®. Les segments du collecteur sont isolés par des feuilles de mica. Les paliers sont graissés automatiquement à l'aide d'une bague excentrique, qui est entraînée par l'arbre et remonte à sa partie supérieure l'huile d'un récipient dans lequel elle plonge constamment.

MACHINE D'INDUCTION

Jynamo Brmon, — Cette machine, construite 1 proche des précédentes. L'inducteur est formé ^ les ateliers d'CËrlikon (près'Zurich), se rap- | de deux noyaux cylindriques, gros et courts, et

Fig. 541. — Dynamo Dulait.

e deux traverses horizontales en fonte, de large 1 La poulie se trouve entre le palier et Tinduit. eciion, portant les surfaces polaires (fig. 542). | Cette machine est très robuste et présente un

Fig. 54i. — Dynamo Bro>\n.

rendement électrique élevé (96,5 p. 100 d'après i Dynamo Sperry, — M. Sperry a modifié réles fabricants). (Voy. Transmission dk l'énergie.) | cemment Tanneau Gramme d'une façon très

MACHINE DINDUCTION.

ingénieuse. L'induit de cette machine (fig. 543) est un anneau Gramme, qui est creux par derrière et monté en porte-à-faux sur l'arbre. L'inducteur est un électro-aimant à quatre branches horizontales, dont les pièces polaires pénètrent dans Tanneau et l'embrassent inté-

rieurement et extérieurement. On ulili^r

presque tout le' fil induit. M. Sperrja 1.

vérifié sur uqe machine, dont les pi^es :•

se démontaient, que les — de la force- -

motrice proviennent de la partie intén-c

Fig. 543. — Anneau de la machine Sperry (Kleclric Company, Cliicago).

fil. Le noyau de l'induit est formé de rondelles de tôle mince, recuites, isolées par du papier d'amiante et reliées par des boulons isolés, qui servent à le fixer sur une araignée de bronze, calée sur l'arbre. Le fil induit est recouvert d'un isolant incombustible à base d'amiante et

retenu par un frettage. Le collecteur e^' par du mica. Les balais sont montés à r- La figure 544 montre l'ensemble de cet:.chine : elle est disposée pour TalimeDlat: foyers à arc en série, et en général po: distributions à intensité constante. Pour .'

Fig. 544. — Dynamo Sperry (Electric Company, Chicago).

une force électromotrice un peu élevée, on groupe généralement plusieurs de ces machines en série. La force électromotrice est ainsi plus constante, l'isolement plus parfait, et l'installation plus économique.

Un régulateur (voy. ce mot) très original sert

à régler la position des balais pour avoir .v intensité constante. Il est commandé parla: i* de la dynamo.

Dynamo Belfort multipolaire. — La Soiit'^ ^ sacienne de constructions mécaniques f^^*' une dynamo multipolaire (fig. 545), qui J '

MACHINE D INDUCTION

courants continus et à basse tension; elle

destinée à tourner avec une faible vitesse

se monter directement suri Tarbre du mo-

2S inducteurs forment une sorte d'étoile e sur le bâti de la machine à vapeur; la Lie centrale est en fonte, les noyaux et les •es polaires en fer. L*arbre de la machine à eur traverse cette partie centrale et s'appuie un fort support. Sur cet arbre est Vi^é Tint, qui est un anneau Gramme, et qui re-

couvre entièrement les pièces polaires. Cet anneau est tourné très exactement afin de laisser le moins de jeu possible entre la face intérieure et les pièces polaires.

L'anneau lui-même sert de collecteur, ce qui simplifie beaucoup les connexions. Deux croisillons servent, l'un à soutenir l'anneau, l'autre à porter les tourillons porte-balais. Les balais se manœuvrent tous ensemble à l'aide de deux leviers, dont Tun sert à faire tourner tous les tourillons et à lever ou abaisser tous les balais

Fig. 545. — Dynamo multipolaire à anneau accouph^e directement avec ua moteur Armington compound.

1 même temps; l'autre sert à changer l'angle e calage suivant les besoins.

Dynamos Siemens, — Les machines que nous vons décrites jusqu'ici ont toutes pour arniaire un anneau plus ou moins semblable à celui e Gramme. Les machines imaginées par L Hefner-Alteneck, ingénieur de la maison iemens, de Berlin, ont au contraire un induit lérivé de l'armature Siemens, imaginée en 856, et décrite plus haut. Il se compose d'un loyau cylindrique en fer, sur lequel le fil est înroulé longitudinalement et seulement à l'ex-

térieur. Cette disposition évite la perte due à la résistance inutile des parties intérieures du fil, qui est le défaut des anneaux Gramme; cependant les parties situées sur les bases du cylindre sont encore inutiles. Cette armature a le défaut de ne pouvoir se construire en plusieurs parties et d'être compliquée, ce qui rend les réparations difficiles. Ce mode d'enroulement -est représenté d'une façon schématique (fig. 528), il est divisé en 8 bobines; mais, en réalité, le fil qui passe de l'une d'elles à la suivante sur la base supérieure est interrompu

MACHINE D'INDUCTION

Fig. 540. — Macliiue Siemens (de Berlin), premier l}|>e.

et ses deux bouts se rattachent à l'une des lames du collecteur, qui est d'ailleurs identique

à celui des machines précédentes. Les deux parties de l'induit, situées de chaque côté des

Fig. 547. — Machine Siemens (de berlin) verlicalc.

balais, donnent, comme dans la machine de Gramme, des courants qui s'ajoutent en quantité dans le circuit extérieur.

L'inducteur est formé de deux électro-aimants réunis par les pôles de même nom; ils sont formés de lames de fer légèrement cintrées

MACHINE D'INDUCTION

au milieu. Dans les premiers modèles, les élec- | ment ou horizontalement (Ûg. 546). Depuis 1887, tros, de forme allongée, étaient placés verticale- | la maison Siemens a adopté de nouveaux types,

,lLliiUJIij.li \,tii,[m^

dont l'un ressemble beaucoup par l'aspect exté- j est un modèle vertical â électro-aimants doubles rieur au modèle supérieur de Gramme; l'autre I (flg. 547). Ce modèle porte sur les côtés des ta-

MACHINE D'INDUCTION

blettes munies de bornes auxquelles aboutissent les fils des circuits inducteur et induit, ce qui permet de coupler d'une manière différente les

divers éléments de la machine, suivant le but qu'on se propose.

Dynamos Edison. — Les machines Edison

(fig. 548) sont spécialement destinées à Téclairage par incandescence, et doivent être employées avec des lampes montées en quantité; elles ont une faible résistance intérieure. L'armature est im cylindre, formé de disques de

tôle, sur lequel le fil s'enroule comme dans la machine de Siemens. Lorsqu'on veut diminuer encore la résistance, on remplace le fil induit par des bandes de cuivre isolées, réunies de la même manière. Les bobines de l'armature sont

MACHINE D'INDUCTION

toujours en nombre impair, contrairement à ce 1 qu'elles ne sont pas diamétralement opposées qui a lieu dans les autres machines; il en résulte | deux à deux et que les balais ne peuvent en

Fig. 35U. — Dynamo Edison, à excitation compouud.

mettre qu'une à la fois en court circuit. I.e collecteur est semblable à celui de la machine (iramme.

L'inducteur est formé d'un électro-aimant de

grandes dimensions, terminé par des pièces polaires de fer doux qui entourent l'armature. Ces machines sont généralement excitées en dérivation.

Fig. 351. — Dynamo Woodhouse et Rawson.

M. Picou, directeur des ateliers Edison àivry, a fait construire en 4886 un modèle très puissant, qui a été appliqué pour la première fois à l'éclairage de l'Opéra (fig. 549). L'armature est placée entre quatre électro-aimants de forme

plus ramassée. Cette machine pèse iO tonnes, et débite, avec une vitesse de 350 tours par minute, 800 ampères sous 125 volts; elle peut alimenter 1000 lampes de 16 bougies.

Enfin la même Société a mis en circulation

MACHINE D'INDUCTION

en 1889 une machine du type supérieur (fig. 550) dont rinducteur est encore plus court et présente une forme analogue à celle des machines décrites plus haut; ce modèle diffère des précédents en ce qu'il est à excitation compound. Dynamo Woodhouse et Rawson, — Cette machine (fig. 551) est également pourvue d'une armature cylindrique. Elle présente extérieurement la forme de la machine supérieure de Gramme. Elle est plus spécialement destinée à

rélectro-métallurgie, mais elle se prête également à Téclairage par incandescence et par arc et à toutes les autres applications. Elle est d un maniement facile et peut être confiée à des personnes inexpérimentées. Les inducteurs sont excités en dérivation. La puissance peut yarier de 10 à 200 volts.

Dynamo Weston, — L'induit de cette machine (fi^. 552) est encore du genre Siemens: il est formé d'une série de disques de tôle.

Fig. 552. — Dynamo Weston (détails de l'induit).

munis chacun de seize dents, et percés de trous pour la ventilation : ces disques sont calés sur r.ixe, à une petite distance les uns des autres, et isolés. Le fil est enroulé dans les intervalles des dents et forme par suite seize bobines. Dans les machines à haute tension, l'enroulement est double, et forme deux séries de bobines qui sont représentées sur la figure les unes par des traits noirs, les autres par des traits blancs ; les bouts libres sont réunis aux lames du collecteur. L'inducteur est formé de deux électro-aimants montés en dérivation et réunis par les pôles de même nom (fig. 553). Les noyaux sont formés de plaques munies

d'une série de fentes pour faciliter la ventilation et éviter les courants de Foucault. Les bobines, montées en dérivation, sont très résistantes.

Cette machine, construite parla United-Statf^ Electric Lighting Company, de New- York, est surtout employée pour l'éclairage par les régulateurs Weston et par les lampes à incandescence Maxim. Elle a, d'après l'auteur, Tavantage de donner une force électromotrice parfaitement constante et indépendante de l'intensité du courant.

Dynamos allemandes. — La dynamo (fig. 554), construite par la AUgemeine Elektricitâts Gesells-

MACHINE D'INDUCTION

rhaft, de Berlin, est surtout destinée aux petites installations de lumière. Elle se rapproche des machines Edison. Le bâti, fondu d'une seule pièce, est extrêmement solide. L'inducteur est formé d'un seul électro-aimant, dont les bo-

bines sont placées soit sur une même dérivation, soit sur deux dérivations parallèles, suivant qu'on veut obtenir une différence de potentiel plus ou moins forte (HO ou 65 volts).

Le tambour est analogue à celui des machines

li^i;::.L., :!!.;!!>'

Edison, mais les spires de fil sont enfoncées dans des rainures étroites et profondes, pratiquées dans les plaques de fer qui constituent

et Tespace vide entre Tarmatnre et les pièces

polaires, sans nuire à Fefficacité de la ventila-

, tion, et tout en concentrant les masses de fer

le noyau ; on réduit ainsi au minimum l'échauf- ' à la périphérie.

lement produit par les courants de Foucault • Cette machine fonctionne sans étincelles et

MACHINE D'INDUCTION

avec une différence de potentiel assez constante pour qu'on n'ait presque pas besoin de déplacer les balais. Enfin elle est munie de glissières, de balais et d'appareils de' graissage perfectionnés qui assurent un bon fonctionnement.

Pour les grandes installations, et en particu-

lier pour les stations centrales, la même Société construit des machines multipolaires s'accouplant directement avec le moteur. Les inducteurs de cette machine (fig. 555) sont fixés suivant les rayons d'un grand anneau de fonte. Ils entourent l'induit, formé d'un tambour dont l'enroulement se compose de barres de cuivre

Fig. 554. — Dynamo, modèle G. (AUgemeine Eleklricilals Gcsellschafl, Herlin).

disposées d'une manière spéciale, pour permettre de démonter rapidement le tambour et son collecteur. Le noyau est formé de disques en tôle de fer doux, et l'enroulement est logé dans des rainures latérales. Le collecteur, excessivement robuste, est formé de 480 secteurs. L'induit est calé sur l'arbre môme du moteur, ce qui supprime un support spécial et rend le col-

lecteur facilement accessible. Pour éviter les élincelles au collecteur, les surfaces polaires des électro-aimants sont munies d'un anneau cylindrique en fer, d'une épaisseur déterminée, sectionné en plusieurs parties, et qui fait que les changements de polarité dans le fer s'effectuent d'une façon très régulière et sans variation brusque.

MACHINE DINDUCTION.

Fig. 555. — Machine multipolaire. (AUgcnieinc EleLtricilaU GeselUcliaft, Berlin).

Dynamo Thury. — La dynamo Thury est j grandes dimensions; le fil est enroulé sur un multipolaire. La bobine est cylindrique et de | tambour en fer. Elle diffère par quelques détails

Fig. 556. — Dynamo Thury, type H. (Cuénod, Sautler et C'«, Genève).

de l'armature Siemens. L'inducteur (fig. 556) 1 hexagone régulier. Sur les côtés sont enroulées est formé d'un bâti en fer ayant la forme d'un I six bobines. Aux angles intérieurs sont dis-

MACHINE D'INDUCTION

posées six masses polaires, qui entourent rinduit.

Dans un autre modèle, type C (lig. 557) Finducteur est formé de quatre électros qui entourent complètement Tinduit. L'enroulement est compound. Un volant régularise le mouvement, et sert de ventilateur pour empêcher réchauffement des différences pièces.

Les machines Thury se distinguent par une très faible résistance intérieure, une vitesse très petite, Tabsence complète d'étincelles aux balais. Il résulte de la faible vitesse que ces

machines peuvent être accouplées directement avec le moteur par un manchon d'accouplement élastique, ou commandées à l'aide dune poulie. Dans ce cas, la tension peut être réglée, comme dans les machines précédentes, par le déplacement des châssis.

Dynamo Fieper. — Cette machine est à six pôles : les bobines inductrices sont enroulées en dérivation. Leurs noyaux viennent de fonte avec la culasse, le socle et les supports des paliers (Og. 558). L'armature est du genre Siemens, mais l'enroulement, qui se rapproche beaucoup

Fig. 557. — Dynamo Tliury, type C. (Cuénod, Sautter et C'*, Genève).

de celui de la machine Thury, est modifié, comme dans celle-ci, pour s'accorder avec l'excitation multipolaire. Le fil est enroulé en zigzag; chaque fois qu'il passe sur le fond portant le collecteur, il est mis en contact avec une lame de ce dernier. Le noyau de l'induit, formé de disques en tôle de 0,5 mm. d'épaisseur, est garni de barres de cuivre de 5,5 mm. sur 4,4 mm., isolées et séparées par les dents de plateaux en libre. Les barres se raccordent au collecteur par des arcs de développante de cercle, seule forme géométrique qni permette de maintenir les conducteurs également séparés. Le rendement électrique est d'environ 95 p. 100.

Dynamo Belfort, — Cette machine, fabriquée par la Société alsacienne de constructions mécaniques, est du type supérieur (fig. 559). L'armature est du système Siemens. Les noyaux des électro-aimants sont en fer ou en fonte suivant l'importance de la question du rendement. La matière isolante du collecteur est supprimée: les barres, disposées à jour, sont isolées par l'air, ce qui évite absolument les courts circuits, et permet de graisser cette pièce à l'huile. Sur les barres fixes de cet organe sont vissées un nombre égal de barres d'acier, sur lesquelles frottent les balais. Cette disposition augmente le prix de revient, mais assure une durée plus

MACHINE D'INDUCTION

grande et facilite le remplacement des barres. Le socle, très massif, est venu de fonte avec les supports des paliers. Le mode d'excitation peut être modifié très facilement. Ces machines se constmisent le plas souvent pour 65 et 1 10 volts. Les petits modèles donnent un rendement

électrique de 90 à 94 p. 100 ; il s'élèverait dans les modèles moyens à 96 et dans les grandes machines à 98,5 p. 100.

Dynamos Helvetia. — La maison Alioth de Bàle, qui construisait dès 1879 une machine très originale, mais qui nest plus employée

Fig. 5à*. — MackiiM Fieper.

aujourd'hui, celle de Burgin, a combiné depuis 4884 un nouveau type, connu sous le nom de dynamo Heloeiia. A TExposition de 1889, un modèle de cette dynamo, donnant 1500 volts et 8 à 9 ampères avec une vitesse de 600 tours, alimentait 30 lampes à arc servant à Téclairage de la galerie des machines. Un autre modèle, DicnoH^cAiRE d'électricité.

donnant 120 volts et 240 ampères avec une vitesse de 400 tours, alimentait 100 lampes Edison-Swan de 16 bougies et 4 lampes à arc disposées par deux en tension.

Les inducteurs de cette machine, disposés radialement à Tintérieur d'une enveloppe en fonte (fig. 560), présentent quatre pôles al-

MACHINE D'INDUCTION

temativement de noms contraires. Au centre tourne l'induit, qui est un tambour du genre Siemens, muni d'un enroulement spécial, suivant qu'on veut obtenir de basses ou de hautes tensions, pour Tincandescence ou pour Téclairage par arcs en série. Pour l'incandescence, c'est l'enroulement polygonal ordinaire, avec connexions intérieures au collecteur, de sorte que deux balais, placés à 90<^, suffisent pour recueillir le courant. Pour l'arc, l'enroulement

est modifié de sorte que les bobines ne forment que deux circuits différents, la moitié d'entre elles étant en série.

Dans le type courant, les inducteurs et le corps de la machine sont constitués par deux pièces en fonte, formant une enveloppe pseudosphérique. Les paliers et la plaque de fondation viennent de fonte avec la pièce inférieure. Les noyaux des électro-aimants, également en fonte, sont placés à 45° de la verticale et fixés à Ven-

Fig. 559. — Dynamo Belfort (Société alsacienne de conslrucUons mécaniques).

veloppe par des vis extérieures ; le fil inducteur est enroulé diversement sur ces bobines. Dans les machines d'une puissance inférieure à 10 000 watts, l'enveloppe extérieure est d'une seule pièce, et les paliers sont rapportés, pour permettre de placer l'induit. La machine est fermée des deux côtés par des plaques en tôle ajourée.

La figure o6i représente une dynamo compound d'un type un peu différent. Le fil fin des inducteurs est enroulé sur les culasses mêmes

des électros, qui portent deux évidenients à faces parallèles; le gros fil recouvre seul les pièces rapportées.

Dans toutes ces machines, J'induit a son noyau formé de disques de tôle de 1,5 millimètre d'épaisseur, rivés ensemble par groupes de dix et isolés. Ces groupes sont séparés par des intervalles de 3 millimètres. Ces tôles sont rivées à des pièces de fer fixées sur 6 barres de même métal formant un cylindre creux, pour permettre la circulation de l'air. Les bo-

MACHINE DINDUCTION.

bines sont constituées par des cadres en fil ou par des barres de section rectangulaire, formées sur un moule, et isolées avec une sorte de papier de soie. Les parties latérales sont en développantes de cercle, pour éviter les croisements. Le collecteur n'offre rien de remarquable, si ce n'est qu'on emploie le papier comme isolant, même avec des tensions de 4700 volts. Les balais sont des bandes de toile

métallique. Le rendement électrique est de 92 p. 400 pour les machines destinées à Tincandescence.

Dytiamos Rechniewski. — La Société l'Éclairage électrique construit depuis quelque temps plusieurs machines imaginées par M. Rechniewski.

La machine bipolaire (Og. 562) est du type supérieur; l'induit est un tambour de Siemens.

Fig. 560. — Dynamo Helvetia (Aliolh cl C<*, Bàle).

Les noyaux de l'inducteur et de l'induit sont formés de tôles de fer doux, découpées suivant la forme représentée (flg. 563), isolées par du papier enduit de gomme laque ; aa est le noyau de rinducteur, et 6 celui de l'induit. Pour l'inducteur, les lames de tôle reçoivent des bobines en bois recouvertes de fil de cuivre. Les rondelles de l'induit sont assujetties à un manchon en bronze, calé sur l'arbre et évidé pour empêcher réchauffement. L'aération est d'ailleurs

produite par des ailettes disposées en hélice, et formant pour ainsi dire une turbine qui aspire l'air et le répartit à travers les cavités ménagées dans l'induit. Les bobines de l'armature s'enroulent dans les interstices des dents de tôle. Ces machines vont de 150 à 26 000 watts.

La figure 564 montre la forme adoptée pour les lames de tôle de l'inducteur aa et de l'induit 6 pour les machines à quatre pôles allant jusqu'à 36 000 watts. Enfin la flgure 565 repré-

MACHINE D'INDUCTION

sente la forme de ces lames et la disposition des bobines dans les machines h huit pôles, qui

vont jusqu'à 120 000 watts. Ces mathi.

montées sur glissières. L'enroulement :

Fig. 561. — Dynamo comp6uud Helvelia (Alioth et C'% Bâle).

neau est analogue à cel ui des machines Gramme ; il est formé de ruban de cuivre.

Les machines bipolaires marchent ordinai-

rement à 1 200 tours ; elles ont un reci i électrique de 88 à 95 p. 100. Les ma à 8 pôles ne font que 300 tours.

Fig. 562. — Machine bipolaire Kcchuiewski.

Dynamo multipolaire Desroziers. — Dans cette machine, inventée en 1888 et exposée en 1889

par la maison Bréguet, M. Desroziers a ci à obtenir un courant sensiblement contioa j'

MACHINE D'INDUCTION

une armature en forme de disque, disposition qui n'a été, jusqu'à présent, appliquée qu'aux machines à courants alternatifs.

L'inducteur (fig. 566) est formé de deux rangées d'électro-aimants, en général six de chaque côté, placés en regard, et présentant au disque

Rg. 563. — Lames de tôle de l'inducteur et de l'induit. Fig. 5C4. — Urnes de tôle des macliines do 36 000 watt».

des pôles alternativement de noms contraires. Entre ces deux séries d'électros tourne l'induit, qui est constitué par deux plateaux non

magnétiques (fig. 567) sur lesquels le fil est disposé suivant un tracé composé de rayons et de développantes. Les éléments partant des di-

Fig. 505. — Machine multipolaire Rocliuiewski.

visions impaires de la circonférence sont tous identiques entre eux; il en est de même des éléments partant des divisions paires. Les uns

et les autres peuvent donc être classés ensemble et placés par séries d'éléments orientés convenablement dans des plans parallèles sur

MACHINE D'INDUCTION

les deux plateaux. Les deux couronnes sont 1 parties radiales soient juxtaposées, pnv alors réunies face à face, de manière que les i puisse faire les ligatures à la circonferca •

Fig. 566, — Dynamo niullipolaire Desroziers.

points t et fermer le circuit induit. Les cou- 1 sage des raccords. Le collecteur est anal *■ ronnes sont percées de trous destinés au pas- I celui des machines Gramme. Deux balaïf

Fig. 567. — Enroulement de l'induit.

sent pour recueillir le courant. Dans les petites 1 pide, l'enroulement a été légèrement u/-^' machines, où la variation du flux est très ra- | pour éviter la production d'étincelles.

MACHINE D'INDUCTION

La légèreté de l'induit permet d'arriver à des vitesses doubles de celles employées d'ordinaire.

Dynamo Lahmeyer. — Cette machine est caractérisée surtout par la forme du circuit inducteur. Elle est constituée par tttie carcasse rec-

Fig. 568. — Dyuamo Laliincyer.

tangulaire en fonte, àrintérieurde laquelle font saillie deux appendices polaires horizontaux, venus de fonte avec la carcasse. Ces appendices, sur lesquels s'enroulent les bobines inductrices, entourent Tinduit chacun sur un angle de 90®. Cette disposition réduit au minimum la perte résultant de la dispersion extérieure des lignes de force, et la machine n'exerce aucune influence sur les appareils de mesure qui Tavoisinent (fig. 568).

L'induit est un tambour denté, dont le noyau est formé de rondelles de tôle mince, séparées par du papier, et maintenues par des boulons isoléB. Il ne porte, autant que possible, qu'une seule couche de fil, pour diminuer l'échaufTemenl. Des ouvertures pratiquées dans le bâti assurent la circulation de Tair. Deux tôles perforées ferment la machine et garantissent l'induit.

Ces machines sont surtout employées pour les distributions à deux fils en dérivation. Un procédé de réglage automatique, fondé sur l'emploi d'une machine supplémentaire, permet de faire varier la différence de potentiel à l'origine des feed ers, suivant la consommation, de façon à la maintenir constante au point de consommation.

Machines à courants redressés. ~ Dynamo Brusk. — L'inducteur (fig. 569) est formé de deux électro-aimants plats, à pôles épanouis, excités en dérivation, comme dans la machine

Siemens; les pôles placés en regard sont de même nom.

Le noyau de l'induit est formé d'un long ruban de tôle de 4 mm. enroulé en spirale ; entre les différentes couches de 45e ruban sont intercalées de petites lames de fer, qui dépassent de part et d'autre. Les bobines induites sont logées entre ces plaques. Cette division de la masse métallique diminue les courants de FoucauU.

Cet anneau n'est pas semblable à celui de Granune. Il y a huit ou dix bobines, qui sont enroulées dans le même sens et groupées deux à deux, les bobines diamétralement opposées étant réunies par leurs extrémités intérieures ; les bouts extérieurs traversent Farbre et vont s'attacher au commutateur.

Celui-ci est formé, suivant le nombre de bobines, de quatre ou six anneaux plats isolés, communiquant chacun avec une paire de bobines, et disposés en groupes de deux, chaque groupe correspondant à deux paires de bobines disposées sur des diamètres rectangulaires. Enfin chaque anneau est muni d'un balai.

Chaque anneau est formé de trois secteurs distincts : aux deux plus grands s'attachent les fils des deux bobines. Le troisième est isolé ;

Fig. 569. — Dynamo Brush.

quand il touche le balai, les deux bobines sont mises en court circuit, ce qui a lieu au moment oii elles ne donnent pas de courant, et ne for ment qu'une résistance inutile.

Les deux anneaux d'un môme groupe correspondent aux deux paires de bobines placées à angle droit, et les deux secteurs isolés sont eux-mêmes à angle droit. Chaque paire de bobines donne d'ailleurs un courant maximum quand elle passe devant les pôles, et nul quand elle se trouve à 90" de cette position. Il y a donc pour un groupe huit périodes successives.

MACHINE D1NDUCTI0N.

pendant lesquelles la première paire agit seule, puis les deux paires, réunies en quantité, agis-

sent ensemble ; la seconde paire agit ^*^: suite, puis les deux ensemble, etc.

) TbomsoD-Houston pour lampes à arc.

Les quatre ou six paires de bobines forment en somme quatre ou six machines séparées, donnant chacune des courants alternatifs. Le

commutateur redresse ces courants etle^ ni forme en un courant continu.

Dynamos Thornson-Houslon. — La dysa

Fig. 571. — Dynamo Tbomson-Houston (coupe).

Thomson- Houston pour lampes à arc (fig. 570), imaginée en 1880, est très répandue en Amérique, mais elle n'a été introduite en Europe que récemment.

L'inducteur est formé de deux «^)f^ aimants placés sur le prolongement ^^' Tautre. Ces électros se composent duncT^s^' creux en fer, terminé vers Tinté rieur F ^^

MACHINE D'IISDUCTION.

>ncave et hémisphérique, et sur lequel jle le ril(rig. 571). L'intervalle des deux »s laisse le passage nécessaire pour Taxe |<luit, qui est à peu près sphérique et en- Ipar les faces concaves des noyaux. Des

barres de fer longitudinales maintiennent et protègent les bobines et mettent le champ à l'abri des influences extérieures. Les électros sont excités en série.

L'induit (fîg. 572) est composé d'une carcasse

J sr

Fig. 572. — Induit de la macliine Tliomsoo-Houston.

nte, dont les deux moitiés SS sont réunies le petites barres de fer dd, et sur laquelle ouïe le fil de fer W qui forme le noyau, i-ci est recouvert de papier isolant, puis on ule le fil de cuivre, qui est maintenu par

les chevilles de bois JJ, et divisé en trois bobines, inclinées Tune sur l'autre de 120°, et maintenues par de gros fils de laiton gg. Pour placer ces bobines dans des conditions parfaitement symétriques, on enroule d'abord la

Fig. 5'3. — Diagramme du commutateur Thomson-Houstoii.

itié de la première bobine, puis la moitié de seconde, toute la troisième, la dernière itié de la seconde, et enfin le reste de la imière. Les entrées des trois fils sont souîs en h, et les trois sorties 1 , 2, 3 se rendent commutateur.

Les trois bobines représentent trois anneaux circulaires, inclinés de 120°, et donnent naissance chacune à un courant qui change de sens deux fois par tour, au moment où la bobine traverse le plan perpendiculaire à l'axe de l'inducteur.

MACHINE D'INDUCTION

Le commutateur (fig. 573], destiné à recueillir et à redresser ces courants, est très simple ; il

se compose d'un anneau métallique divisé eu trois segments égaux et isolés ; chacun de ce>

Fig. 574. — Soufflerie des dynamos Thomson-HouslOD.

segments est relié à Fextrémité d'une des bobines i , 2, 3. Sur cet appareil frottent quatre balais, divisés en deux paires, placées chacune

aux extrémités d'un même diamètre. Ces deux diamètres forment un angle de 60«. Chaque balai de la première paire est relié au balai le

Fig. 575. — Dynamo Thomson-Houslou pour rincandcsceoce.

plus voisin de la seconde, de sorte qu'il y a deux balais positifs distants de 60<* et deux balais négatifs, séparés par une distance égale.

De cette manière, il y a toujours deux des bobines réunies en quantité et reliées en tension avec la troisième.

MACHINE D'INDUCTION

Lorsque la force électromotrice devient trop forte, par exemple par l'extinction d'un certain nombre de foyers, on la ramène à sa valeur normale en déplaçant les deux paires de balais en sens inverse Tune de Tautre, de sorte que la dislance des deux balais de même signe devient supérieure à 60«; les trois bobines se trouvent en court circuit, et la production d'électricité cesse pendant un temps d'autant plus long que le

décalage des balais a été plus grand. Pendant ce temps, l'inducteur se désaimante un peu et donne un courant qui prolonge celui des bobines.

Ce décalage des balais est produit automatiquement par un régulateur (voy. ce mot) qu'on voit à gauche (fig. 570) et que nous décrivons plus loin.

Pour empêcher l'usure du collecteur par les

Fig. 576. — Machine Thomson-Houstou pour l'incandescence.

étincelles, M. Thomson projette un mince jet d'air d'une grande violence sur les fentes du commutateur, chaque fois qu'elles passent devant les balais, c'est-à-dire six fois par tour (voy. Extincteur d'étincelles). On peut alors (rraisser le collecteur sans craindre que les poussières métalliques viennent à relier les segments. La fig. 574 représente la petite soufflerie destinée à cet usage.

Cette machine, qui est d'une grande originalité, est employée à alimenter des lampes à

arc en série; grâce au régulateur, elle donne un courant dont l'intensité est indépendante du nombre des foyers, et, entre certaines limites, de la vitesse de rotation. Ces machines donnent jusqu'à 2500 volts et 9,6 ampères avec une vitesse de 820 tours.

La machine Thomson-Houston pour lampes à incandescence (fig. 575) ressemble beaucoup à la précédente par Taspect extérieur, mais elle en diffère par beaucoup de points. L'excitation est compound. L'induit est du système Siemens,

MACHINE D'INDUCTION

et son noyau est formé de disques de tôle douce superposés. Enfin le régulateur et le ventilateur sont supprimés.

Ces machines donnent des diflërences de potentiel de 75, 110 et 150 volts.

La figure 376 représente un autre modèle de dynamo, du type supérieur, également destiné à rincandescence. Elle se règle automatiquement, sans qu'il y ait besoin d'intercaler aucune résistance dans le circuit, lorsqu'on éteint un certain nombre de lampes. La marche est régulière et l'on n'a pas d'étincelles aux balais.

Le levier qu'on voit au bas de la machine sert à tendre la courroie lorsque c'est nécessaire.

Machines à courants alternatiis. — Dynam Gramme. — Dans la machine Gramme à couranu alternatifs, l'induit est fixe et l'inducteur mobile (fig. 577). Le premier a la forme d'un cylindre creux; il est divisé en bobines, comme l'anneau de la machine à courant continu. L'inducteur est formé de huit électro -aimants disposés radialement, de façon que les pôles extérieurs soient alternativement de noms contraires; il tourne à l'intérieur de l'armature et

Fig. 577. — Machine Gramme à coui-ants allernalirs.

reçoit le courant excitateur par deux anneaux isolés fixés sur son arbre et sur lesquels frottent deux balais.

A l'origine, ce courant était fourni par une machine séparée. La machine actuelle (fig. 578) est auto-excitatrice; elle forme en réalité deux machines distinctes, montées sur le même axe, et dont l'une, à courant continu, sert d'excitatrice. La position fixe de l'induit supprime le collecteur.

Cette machine est employée par la Société rÉcIairage électrique pour alimenter les foyers JablochkofT, Elle consomme un cheval par bougie.

Dynamo Zipemowsky, — Cette machine, qui

sert à alimenter les transformateurs secondaires de MM. Zipernowsky, Déri et Blalhy, a, comme la précédente, l'inducteur mobile et l'armature fixe. L'inducteur est encore formé de bobines disposées radialemenL L'induit (fig. 579) est un cylindre formé de bandes en fer plat maintenues par des anneaux de bois. A l'intérieur de ce cylindre sont placées des bobines, en nombre égal à celui des inducteurs, et dont les noyaux, constitués par un fer plat forgé en zigzag, sont parallèles aux génératrices. On fait usage avec ces machines d'une excitatrice indépendante.

Dynamo Heisler. •— La dynamo Heisler est très employée en Amérique pour des distributions

MACHINE D'INDUCTION

Fig. 578. — Machine Gramme aulo-eicitatrice.

à intensité constante. Elle ressemble beaucoup | comme elle des courants alternatifs. Elle se à la machine Gramme (flg. 578), et donne | compose aussi de deux machines montées sur

Fig. 57\i. — Machine Zipernowsky (Compagnie continentale Edison).

le même axe, et dont Tune sert d'excitatrice. 1 avec son collecteur, tournant entre des indue- Celle-ci est formée d'un anneau Gramme | teurs fixes. Sur l'arbre qui porte cet anneau

MACHINE D INDUCTION

sont calés un ventilateur, puis un pignon portant des inducteurs rayonnants, dont les fils sont divisés en deux parties montées en quantité. Ces inducteurs sont ceux de la machine principale : ils tournent au milieu des induits, qui sont fixes. Le courant d'excitation produit par Tanneau sort par une borne, traverse Télectro, revient à une bague métallique fixée sur Taxe et sur laquelle frotte un balai, traverse un fil extérieur, et de là arrive aux inducteurs à pignon. L'anneau et les inducteurs sont tous montés en tension. Une enveloppe

protectrice recouvre toute la mackîr L'intensité est toujours maînt':3> pères; le voltage seul varie avec l* lampes. Pour le type H, la différeh:

tiel atteint 3500 volts.

Dynamo Siemens. — La machiu- ^ courants alternatifs (fig. 581) est œ.

L'inducteur est composé de dfû:

d'électro-aimants horizontaux placr^ et dont les pôles alternent- Lann.

forme de disque, est constituée par ques métalliques, maintenues écart-

Fig. 580. — Dynamo Heisler (Saiiit-Louis, Missouri).

entretoises en bois, servant de noyaux aux bobines. Cette armature est très légère et ne s'échauffe pas vite, à cause de l'absence de fer. Les extrémités du fil induit aboutissent à deux bagues métalliques, calées sur l'arbre, et sur lesquelles frottent deux balais. Les bobines de l'induit peuvent être groupées de manière à donner un courant de tension ou de quantité. Cette machine est excitée par une dynamo à courant continu de la même maison.

Dynamo Westinghouse, — La Compagnie américaine Westinghouse emploie, pour alimenter des transformateurs secondaires, des machines

étudiées par un de ses ingénieurs, ii '- Ces machines ont comme inducteurs "bines disposées à l'intérieur d'un tiî^^' présentant alternativement des ^l^ '- ' contraires (fig. 582) ; l'une de ces N-' voit en f sur la coupe, où l'armatun?'"''' représentée en perspective. Celle-ci •*>*-' de disques en fer superposés et sépa/^'' papier isolant; ces disques sontperc^ pour les alléger et pour permettre IV^^

Ce cylindre, revêtu d'une enveloppa'* ' reçoit sur son pourtour des lames non ^ ques sur lesquelles les bobines sont

MACHINE D'INDUCTION

Lat et maintenues par deux bandes de 1 à celui des inducleurs, et le sens de Fenroule- , p. Ces bobines sont en nombre égal I ment change de Tune à Tautre, de sorte que les

Fig. 581. — Dynamo Siemens i courants alternatirs.

nts qui y prennent naissance s'ajoutent s aux autres. Ces courants changent dailde sens chaque fois que les bobines pas-

sent d'un champ magnétique dans le suivant, c'est-à-dire seize fois par tour. Enfin ces bobines sont groupées en deux circuits paral-

Fig. 582. — Machine Weslinghouse.

5, dont les extrémités communes aboutissent l Ces machines sont ordinairement à excitadeux bagues du collecteur. | tion indépendante; mais elles se font aussi auto-

Fig. 583. — Machine Mordey.

Fig. 5d4. — Machine Ferranli.

MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATIQUE

atrices en ajoutant au collecteur un comiteur qui redresse la portion du courant inée à l'excitation.

mamo Mordey, — Dans cette machine

583), inventée en 1888, l'inducteur est en-

é sur un noyau en fer forgé, que traverse

i de rotation. Ce noyau porte des prolonge-

ts, en forme de crochets, disposés par paires

lombre de neuf autour de la bobine induc-

;. Ces prolongements, dont on voit les extré-

îs polaires sur la figure, sont recouverts par

\ calottes sphériques en laiton qui suppriment

^ ruit et diminuent la résistance de l'air pen-

b la rotation.

induit est logé dans un espace ménagé entre pièces polaires appartenant à une même e. Il se compose de dix-huit bobines formées

par des noyaux en porcelaine, sur lesquels on enroule des bandes de cuivre dans des rainures. Toutes ces bobines, montées en série, sont ajustées sur un anneau en bronze. Cette machine, qui donne des courants de haute tension, tourne à raison de 650 tours par minute.

Dynamo FerrarUi, — Cette machine, imaginée en collaboration avec sir W. Thomson, est surtout destinée à l'éclairage par incandescence. Elle est remarquable par son originalité et sa légèreté, qui permet de donner à l'induit une vitesse de 1 900 tours. En outre, cet organe offre une résistance très faible, 0,0265 ohm.

Deux séries de seize électro-aimants à section ovoïde (fig. 584), placés en regard, forment l'inducteur; les pôles sont alternativement de noms contraires. Les noyaux des électros sont venus

Fig. 585. — Armature do la machine FerrauU.

fonte avec les deux flasques. Dans les moles nouveaux, le nombre des électros est dou- ) ; de plus, pour diminuer la résistance, le fil 5 inducteurs est remplacé par des barres de ivre ondulées qui passent alternativement -dessus et au-dessous du noyau de chaque ctro. Ces barres sont au nombre de neuf, et iées en tension.

L'armature ne contient pas de fer : elle est •mée d'un ruban de cuivre de 36 mètres de igueur, 12 millimètres de largeur et 2 milli- Hres d'épaisseur. Ce ruban est contourné de 3on à former huit boucles par tour (fig. 585) et fait douze tours successifs, isolés par desbans de caoutchouc. Ses deux extrémités sont udées aux deux bagues du collecteur.

Lorsqu'une branche ab de l'induit s'approche Dictionnaire D'éLECTRiciTÉ.

d'un pôle nord N, Ja. branche suivante cd s'approche d'un pôle sud S; ces deux branches donnent donc naissance à des courants de sens contraire, qUi s'ajoutent, grâce à la forme de l'armature. Ce courant charge d'ailleurs de sens seize fois par tour, comme dans la machine précédente.

Ces machines peuvent alimenter jusqu'à 3000 lampes de 16 bougies.

Applications des machines d'induction. — Ces machines servent le plus souvent à produire des courants, ou encore comme moteurs. Leurs principales applications sont indiquées aux mots Eclairage, Transmission de l'énergie, etc.

MACHINE ÉLECTRIQUE OU ÉLECTROSTATI- QUE. — Appareil destiné à produire de l'électricité par frottement ou par influence, et à

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établir une certaine différence de potentiel entre deux conducteurs isolés, ou bien entre un conducteur isolé et le sol.

Une machine comprend trois parties essentielles : le producteur d'électricité, le transmetteur et le collecteur. L'énergie potentielle fournie au collecteur correspond au travail effectué lorsqu'on transporte le transmetteur en sens contraire des forces électriques, depuis le producteur, chargé d'électricité contraire, qui l'at-

tire, jusqu'au collecteur, qui est chargé de la même électricité et qui le repousse.

En théorie, la différence de potentiel, et par suite la charge du collecteur, peuvent augmenter indéfiniment; en pratique, il y a une limite, qui est atteinte lorsque l'augmentation de charge par seconde est égale à la perte produite, soit par des étincelles jaillissant entre le collecteur et les autres pièces, soit par l'action de l'air et des supports.

Fig. 586* — Machine électrique de Ramsden.

Le débit est la quantité d'électricité mise en mouvement dans chaque unité de temps, lorsque le régime permanent est atteint. Dans toutes les machines, le débit est sensiblement proportionnel à la vitesse de rotation. L'énergie d'une machine est égale au produit El de son débit par la différence de potentiel des deux pdles.

On divise les machines électriques en machines à frottement et machines à inductiony suivant la nature du producteur. Dans les premières, le transmetteur apportant à chaque opération la

même quantité d'électricité, la charge croit en progression arithmétique. Dans les machines à induction, on peut s'arranger pour qu'elle augmente en progression géométrique ; on accouple pour cela deux machines de sorte qu'elles donnent des électricités contraires, et que l'inducteur de chacune soit relié avec le collecteur de l'autre.

Machines à frottement. — Ces machines sont les plus anciennes. La plus connue est celle de Ramsden, qui est encore employée. Dans cette machine (fig. 586), l'électricité est développée

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e frottement d'un plateau de verre P contre îoussins de cuir K, entre lesquels il tonrne. coussins sont enduits, pour augmenter le ement, d'une substance métallique, or musbisulfure d'étain) ou amalgame de zinc, et ent communiquer avec le sol à Taide d'une ne. Le frottement produit des charges égales intraires d'électricité positive sur le plateau, électricité négative sur les coussins : cette ière s'écoule dans le sol. Le plateau élec^ , continuant à tourner, passe dans des es métalliques en forme d*U, garnies de tes à l'intérieur, et portées par deux coneurs cylindriques isolés, réunis par un troi-

sième cylindre plus petit. U agit par influence sur ces conducteurs, et, grâce aux pointes métalliques, le verre est ramené à l'état neutre et le conducteur isolé se charge positivement. Les secteurs en taffetas G, qui entourent deux des quadrants du plateau, empêchent celui-ci de perdre sa charge par le contact de l'air avant d'agir sur les conducteurs.

Les machines de Nairne, de Van Marum, de Le Roy, ne sont que des modifications dé la précédente et ne sont plus employées depuis longtemps. Leur description est donc sans intérêt. Il en est de même de la machine d'Armsirong, dans laquelle l'électricité est due au frotte-

^^tÀffAOlXU

Fig. 5S7. — Machine de Holtz.

il de la vapeur d'eau humide sur des aju- ;s en buis.

iachines électrostatiques à induction. — machines sont fondées sur le même priu- ' que l'électrophore. Un corps médiocrement ducteur reçoit une certaine charge, que l'on tiplie ensuite par la rotation du transmet- \ Le replenisher de sir W. Thomson, décrit 'y haut (voy. Ëlectromîstre), est une machine •e genre.

es machines de Tœpler et de Holtz furent mtées à peu près simultanément. La maie de Tœpler, quoique très ingénieuse, a 3onvénient d'être très fragile et très complie ; aussi fut-elle bientôt abandonnée en pré-

sence des beaux résultats que donnait la machine de Holtz.

Machine de Holtz. — La machine de Holtz ordinaire se compose de deux plateaux de verre, dont l'un, visible en avant de la figure 587, est un peu plus petit et peut tourner autour d'un axe horizontal. Le plateau fixe, placé en arrière, est percé de deux fenêtres en forme de secteurs, sur le bord desquelles sont collées deux armatures de papier, munies deianguettes de même substance. Deux conducteurs PN, terminés par des boules, aboutissent d'autre pari à des peignes disposés devant le plateau mobile.

Pour amorcer la machine, on pousse, par son

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manche isolant, la lige qui traverse la boule N jusqu'à ce qu'elle vienne toucher Texlrémité du conducteur P, on fait tourner le plateau mo-

Fig. 588. — Théorie de la machine de Holli.

bile, et Ton touche une des armatures de papier avec un corps électrisé. Au bout d'un instant la machine fonctionne : on enlève le corps électrisé et on écarte les deux conducteurs. Pour expliquer la théorie de cetle machine,

il est plus commode de supposer les plateaux remplacés par deux cylindres concentriques, le cylindre intérieur étant mobile, et renfermant les conducteurs. Pour simplifier, on a, sur la figure 588, supposé le cylindre extérieur enlevé et laissé subsister seulement les armatures de papier. Cette forme a du reste été réalisée, mais elle est très incommode.

Supposons l'armature A chargée négativement, le cylindre mobile en mouvement dans le sens des flèches et les boules PN en contact. L'armure A agit par influence sur le conducteur A'B' qui laisse échapper de l'électricité positive en A', de la négative en B' ; ces électricités se fixent sur la surface intérieure du cylindre mobile, et il en est de même pendant la première demi-révolution. En ce moment, la surface intérieure sera divisée par un plan à peu près horizontal en deux parties ayant des charges de signes contraires. Mais ces deux couches agissent à leur tour par influence sur les deux armures. Sous cette action, l'armure B

Fig. 589. — Machine de Hoitz à i4 plateaux.

laisse échapper par la pointe 6 de Télectricité négative, qui se fixe sur la surface extérieure du cylindre mobile, et reste elle-même chargée positivement. De même l'armure A laissera échapper de l'électricité positive et sa charge négative augmentera. Au bout d'un tour entier, la distribution sera conforme à la figure. Par suite des réactions réciproques des différentes

couches d'électricité, la production d'électricité va en augmentant, et la différence de potentiel croit en progression géométrique. Les couches d'électricité réparties sur la surface intérieure du cylindre sont séparées par le plan «p, les couches extérieures par le plan «'P';ces plans de séparation ne sont pas horizontaux, car le flux qui s'échappe par exemple du peigne A', attiré

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par la couche de signe contraire^ remonte à sa rencontre.

La dimension des armures est indifférente ; elles doivent être médiocrement conductrices, et se borner à réparer leurs pertes : le papier convient parfaitement. Les fenêtres paraissent servir surtout au dégagement de l'ozone.

On emploie souvent, pour augmenter le débit, une machine double. Cette disposition a été imaginée par M. Poggendorff et perfectionnée par Ruhmkorff ; c'est cette dernière forme que représente la figure 587. Les deux plateaux fixes sont placés entre les plateaux mobiles; 4es conducteurs se terminent par des pièces en

forme d'U, qui sont garnies de pointes à Tintérieur et qui entourent les plateaux mobiles.

On suspend ordinairement aux conducteurs, pour augmenter lear capacité, des bouteilles de Leyde HK, réunies par leurs armatures extérieures ; cette disposition n'augmente pas sensiblement la distance explosive, mais elle accroît la quantité d'électricité qui passe à chaque décharge. Sans cette précaution, on n'obtiendrait entre les deux pôles que des aigrettes au lieu d'étincelles.

La figure 589 représente une machine de Holtz à 24 plateaux d'ébonite, 12 fixes et 12 mobiles, de 60 centimètres de diamètre, cons-

Fig. 590. — Machine de HolU à deui rotations.

truite par M. Ladd, et qui donne de très beaux effets.

La machine de Holtz a le double inconvénient de ne pas s'amorcer seule et d'être très sensible à l'humidité. On remédie au preipier défaut en lui ajoutant un petit disque de "verre qui s électrise constamment en frottant sur deux petits coussins de cuir et qui, passant sans cesse devant Tune des armures de papier, entretient son électrisation, et au second en recouvrant tout l'appareil d'une caf<ede verre, contenant de la chaux vive, comme sur la figure précédente.

Machine de Holtz à deux rotations. — M. Holtz a imaginé une autre machine dans laquelle il a

supprimé les plateaux fixes et les armures de papier (fîg. 590).

Elle se compose de deux plateaux de verre horizontaux tournant en sens inverse et de quatre tiges métalliques munies de peignes. Deux de ces peignes sont disposés au-dessus des plateaux suivant un même diamètre; les deux autres sont au-dessous et disposés suivant le diamètre perpendiculaire au premier. Les tiges sont reliées deux à deux à la partie inférieure, et portées par des pieds d'ébonite; deux d'entre elles portent des tiges mobiles qu'on peut amener en contact.

Pour amener la machine, on fait toucher ces

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deux tiges, et Ton met les plateaux en mouvement. Le plateau inférieur tourne dans le sens

des peignes un objet électrisé poar qotL chine fonctionne. La théorie est an&.

celle de la machine précédente. L teur ne donne que des ai^prettes col à moins qu^on ne mette les coud.

en communication avec les um d'une sorte de bouteille de Leyde.

Machines de Bertsch et de Carré. - L chine de Bertsch se rapproche de c- Holtz, mais elle est à plateaai d r.

elle a, comme elle, l'inconvénkii:

pas s'amorcer seule. M. Carré 1::

fiée et a fait disparaître ce défao:

La machine de Carré (fig. 591 v pose d'un disque en é boni te A m:.^^ tour d'un axe horizontal. L'amut.

constituée par un petit plateau d>b de verre C, qui est monté sur Taimanivelle et qui frotte sur deui de cuirE. Deux peignes sont disp> vaut le diamètie vertical du frteau, l'un en face du disque de v-^r^ tre en face d'une armure d'éboa;:

terminée par des pointes. Ce< dignes communiquent respex^tivem-?:

deux conducteurs isolés, dont Tan r une branche mobile, qui sert d'ex On voit que cette machine est an- • celle de Holtz, le plateau de Vf^rr feuille d'ébonite lixe jouant le r des aiguilles d'une montre, l'autre en sens con- 1 deux armures de papier. ,0n peut au.: traire. Il suffît de placer un instant en face d'un | l'énergie des étincelles en suspendant a

Fig. 591. — Machine de Carré disposée |JOur les usages médicaui.

Fig. 592. — Machine de Voss.

conducteur une bouteille de Leyde dont l'ar- I inférieur. Les plateaux d'ébonite on( 1 ' mature externe vient toucher le conducteur I vénient de s'altérer peu à peu an conî^

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Tair : il faut alors renouveler les surfaces en les frottant avec du papier d'émeri.

Machine de Voss, — D'autres machines fondées sur rinfluence ont été imaginées par M. Varley, M. Tœpler, M. Voss, etc. Cette dernière se compose d'un plateau fixe G' portant sur sa

face postérieure deux inducteurs aa' de grandes dimensions (lîg. 592), et d'un plateau G, tournant dans le sens de la flèche, et portant six disques métalliques munis d'un houton au centre. Des conducteurs munis d'un excitateur portent deux peignes horizontaux IF; ils sont en

Fig. 593. — Gruiëe machine de Wimshurat.

contact avec les armatures intérieures de deux bouteilles de Leyde BB', réunies par leurs armatures extérieures. Un conducteur diamétral ri'" se termine par deux peignes et deux balais qui rencontrent les disques. Deux autres balais AA' communiquent avec les inducteurs.

Supposons que l'inducteur a ait reçu une petite charge négative. Chaque disque qui passe

devant lui se charge par influence, et, en touchant le balai 1", cède son électricité négative au conducteur diamétral et garde la positive. En arrivant au balai A', ce disque cède une partie de sa charge à l'inducteur a'; passant ensuite devant le peigne 1', il agit par influence, attire de l'électricité négative, et repousse la positive. Il est ainsi neutralisé ; il se charge de

r de Kew.

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nouveau sous Tintluence de Tarmure a\ cédant de l'électricité positive au conducteur diamétral, et gardant la négative. 11 donne ensuite, par rintermédiaire du balai A, une partie de cette charge à l'inducteur a, qui s'électrise de plus en plus, et les mêmes phénomènes se reproduisent sans cesse, à chaque tour, devant les deux inducteurs. Le conducteur diamétral reçoit toujours, de deux disques opposés, des électricités contraires à ses deux extrémités; les deux peignes H' laissant écouler les deux électricités, on peut bientôt séparer les deux boules de l'excitateur et obtenir des étincelles. En réalité, il est inutile de donner une charge initiale aux inducteurs; la machine

s'amorce seule, sans doute par le frottemtn balais sur les disques.

Machine de Wimshurst. — La machia* .

Wimshurst est l'une des plus récentes; elkencore peu répandue, mais ses qualités d^ u deront certainement pas à lai assurer de l a breuses applications.

Elle est formée de deux plateaux de ^'^ou d'ébonite DD' tournant en sens codIt^ (fig. 594) et garnis de secteurs en étain suri cfaces extérieures. Les conducteurs commuii quent, comme dans les machines précétieni^ avec des bouteilles de Leyde CC et an ex i teur EE' et portent des pièces en U, garni- • pointes PP' à l'intérieur, qui entourent les l-t

IFti^.i

Fig. 594. — Réversibilité des macliines électriques.

plateaux suivant le diamètre horizontal. Deux conducteurs diamétraux, terminés par des balais pp\ sont placés à angle droit de part et d'autre des plateaux. La figure o94 montre les deux faces de cette machine. Chaque plateau doit tourner dans un sens tel que les secteurs aillent d'un peigne vers le pinceau le plus voisin.

La théorie de cette machine est analogue à celle de la machine de Voss. Les secteurs de chaque plateau servent à la fois d'inducteurs et d'induits, et les peignes recueillent Télectricité des deux séries de secteurs. Cette machine s'amorce seule.

La figure 593 montre une grande machine de Wimshurst à douze plateaux construite par

M. Ducretet et qui figurait à rExp'>^^^ de 1889, où la beauté de ses déchar$!e> régularité de sa marche, même par les t^"' les plus humides, faisaient l'admiration vl-^^ ' siteurs.

Machine de Lisser et Benecke. — MM. U-^ " Benecke, de .Berlin, construisent depoi? ^^ une machine qui ressemble beaucoup à U r cédente. Deux plateaux de verre munis df "^ teurs d'étain tournent encore en senscontrii"^ Les conducteurs munis de peignes sont -posés de la même manière, mais les ^^ conducteurs diamétraux, placés de p^^ d'autre des plateaux de verre, sont à iV '^ ron l'un de l'autre. La machine s'amorc«!"" Une machine ayant des plateaux de ?5 • •

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