‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 247 sur 310 · II · texte numérisé non relu

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Fig. fl06.

un petit ressort; elle est guidée ensuite par les rouleaux en laiton p* et p*, puis par le rouleau d'acier «, fous sur leurs axes ifîg. 907), et passe entre les rouleaux DD', qui produisent Tentralnement. Le premier de ces rouleaux est mù par le mécanisme d'horlogerie; le second est fou sur son axe t/', qui est ^\é à Textrémité d'un levier E. Un ressort c', soumis à l'action de la vis de pression Es, maintient le rouleau D' en contact avec D^ Le papier passe ensuite sur une tablette d'ébonite P', Wjié^ latéralement sur la platine de Tappareil. En abaissant la manette E', terminée par un excentrique e\ qui agit sur la goupille g, implantée latéralement sur le levier E, on relève ce levier et le rouleau D', et l'on arrête la marche de la bande de papier.

Le mécanisme est mis en marche ou arrêté par un levier placé sur la table de l'appareil, comme dans le Morse.

Les signaux sont enregistrés par deux plumes donnant l'une le trait, l'autre le demi-trait, et qui ne diffèrent que par la longueur des becs. Ces plumes JJ' sont formées chacune d'une sorte de petite palette se prolongeant par une queue, et portant vers le bas, à chaque extrémité, une charnière dans laquelle passe un petit axe rivé aux deux bouts sur une autre palette ou couvercle, qui est évidé vers le bas et porte une sorte de fenêtre laissant passer une lame de cuir placée entre les deux palettes. L'encre s'élève ainsi par capillarité jusqu'au bec de la plunio, à partir du réservoir d^mi-cylin-

drique M, dans lequel plonge la partie inférieure des plumes à l'état de repos.

Les plumes sont montées au bout des leviez K, tournant autour des axes &'. Deux liges ï portent des goupilles A', qui empêchent le> porte-plume K de sortir de leurs axes. Ce? porte-plume sont munis de goujons A', contre lesquels peuvent butter les branches de la fourchette N, dont la course est limitée par les vis de réglage n*. Cette fourchette tourne autour de l'axe n, qui traverse complètement l'appareil et porte, du côté de la platine postérieure, une longue palette en fer doux qui sert d'armature à l'électro-aimant et s'incline d'un côté ou de l'autre, suivant que Pélectro reçoit un courant positif ou négatif. La fourchette tourne alors et vient butter contre Pun des goujons k^\ la plume correspondante se soulève et presse le papier contre le rouleau v; un trait ou un demi-trait se trouve marqué, suivant le sens du courant.

L'électro-aimant, fixé sur la platine postérieure, est formé de deux bobines verticales, réunies en haut par une culasse. Les noyaux se prolongent vers le bas et portent des iliaques polaires, qu'on peut, à Paide de vis, éloigner plus ou moins de la palette oscillante. Le.^ fils des bobines sont enroulés de telle sorte que la palette est attirée par la plaque de gauche et repoussée par celle de droite lorsqu'on lance un courant positif; elle est déviée en sens contraire par un courant négatif.

TÉLÉGRAPHb: ÉLECÏHIQUE.

La palette est toujours ramenée dans sa position médiane par Tattraction d'un aimant en 1er à cheval placé au-dessous du socle. L'un des pôles de cet aimant porte un curseur en fer terminé par un biseau; on fait glisser cette pièce jusqu'à ce que ce biseau se trouve exactement en regard de la partie inférieure de la palette, qui se termine elle-même en biseau.

Lorsqu'on ne se sert plus de Finstrument, une

armature de fer doux, commandée par le levier d'arrêt du mécanisme, 'réunit les deux pôles de l'aimant et supprime son action.

Le levier d*arrêt sert encore à réunir la ligne soit avec la sonnerie, soit avec le récepteur. Au repos, l'appareil est sur sonnerie; en déclenchant le mécanisme, on le met sur récepteur.

Réglage, — Le réglage du récepteur com-

Fi^. 907. — MécanisiM du récepteur K^tienue. (Figure empruntée à la Publication iuduxtrielle des machines, outils et appareils de M. Armengaud ttné.)

rend trois opérations : i^ obtenir la ligne de )ïncidence, c'est-à-dire déplacer le rouleau v rsqu'à ce que, le papier étant immobile, un ait et un demi-trait, tracés par les deux plues, se superposent exactement ; 2® amener la dette dans une position bien verticale en déplajit le curseur de l'aimant de réglage; d^* régler position des vis de buttée n', pour empêcher * plumas d'arrêter le papier, dans le cas d'un

courant trop fort, et limiter le jeu de la fourchette N.

Manipulateur. — Le manipulateur Estienne est un inverseur à deux leviers, qui permet d'envoyer sur la ligne des courants positifs ou négatifs, suivant qu'on abaisse l'un ou l'autre levier. Les deux leviers en laiton AA' (flg. 908) peuvent tourner autour d'axes en acier, fixés sur le support B. Chaque levier est divisé en deux par-

ties par une pièce isojante t. Au-dessus des extrémités isolées aa' se trouvent des lames d'acier très flexibles (id', fixées au support D, et qu'on peut abaisser plus ou moins à Taide des vis de réglage rf*. A Tautre extrémité, les leviers AA' portent des touches en ébonite EE', séparées par un intervalle de 1 millimètre. Au repos, les leviers, sous l'action de leur poids et des ressorts /*, s'appuient sur les enclumes FF' par la pointe des vis de réglage ff.

télRgkaphe électrique.

t'ig. 908. — Manipulaleur Kslieime. (Figure empruntée à M. Armengaud aine.)

Entre les deux leviers se trouve une lame H tournant également autour du support, et reposant par l'autre extrémité sur un plot H'. Quand on appuie sur l'une des touches EE', la lame H se trouve soulevée par un des goujons hh', et vient butter contre un bourrelet plaliné appartenant à une lame I, fixée également sur le support D et dont on règle la position par la vis i'.

La tablette B' porte encore cinq bornes L, C, Z, T, R, reliées respectivement avec la ligne, les deux pôles de la pile, la terre et le récepteur. La borne L communique en outre avec le pont B, les bornes G et Z avec les enclumes G et G', la borne T avec le support D et la borne R avec le plot H'. Enfin les parties isolées aa' des leviers portent des fils enroulés en spirale et aboutissant aux deux bornes G et Z.

Si l'on presse la touche E, la lame H est soulevée par le goujon h, et la ligne se décharge à la terre par LBAHIDT. Cette lame dépasse ensuite le bourrelet du ressort I et interrompt le circuit précédent. Le levier A butte ensuite contre Tenclume G, la partie isolée a vient toucher la lame d, et un courant négatif passe par ZGABL et la ligne au récepteur de Tautre poste,

puis revient par la terre en TDdaC au pôle positif. Si Ton abandonne ensuite la touche E, la lame H, retombant avec le levier A, rencontre encore le bourrelet I, et la ligne se décharcp de nouveau.

Lorsqu'on agit sur la touche E', on lance de même un courant positif.

La décharge à la terre n'est utile que pour le; lignes souterraines ou sous-marines : pour le> lignes aériennes , on peut supprimer la lame I.

Rendement et avantages de ce système, — L'appareil Estienne supprime les erreurs de lecture, les fausses interprétations de signaux dues a une manipulation défectueuse ou à un mauvai? réglage du récepteur, erreurs qui, lorsquVllf> ne causent pas de graves préjudices, peuvent au moins retarder la remise à domicile des tel» grammes. Avec le manipulateur Morse, on peut. si les points et les traits ne sont pas parfaitement réguliers, confondre les uns avec les autres ; tout le monde connaît l'exemple cité par nombre d'auteurs du mot décédé substitué au mot décoréy erreur assez fréquente pour avoir motivé, il y a quelques années, une circulaire administrative.

D'après l'auteur, tout télégraphiste connais sant l'appareil Morse peut, en quelques heures apprendre à manipuler cet appareil. La production du travail étant plus grande et donnant lieu à moins de fatigue et à moins d'erreur?, le télégraphe Estienne convient parfaiteraenf aux bureaux secondaires. La portée télégraphique, c'est-à-dire la marche en ligne sans reiai? intermédiaires, dépasserait de plus de moilit celle des autres systèmes.

Enfin la manipulation ordinaire pourrait èlrf supprimée par l'application de la transmission automatique. Dans le système Wheatslone, \^' point s'obtient avec deux courants alternés et !• trait avec quatre courants, dont deux de compensation. Un seul courant bref étant nécev saire pour reproduire l'un ou l'autre signal de la nouvelle écriture, le nombre des émissionde courants serait, avec le nouveau systèni'^. réduit de près des deux tiers dans la transmi> sion automatique. Le rendement serait donc augmenté. En outre, le collage des bandes >iii les copies rendrait le système neaucoup pl"^ pratique, d'abord par la suppression de la traduction des télégrammes de transit, ensuite par la facilité donnée à la Iraduction des autre?. (MoNTiLLOT, la Télégraphie actuelle,)

Télégraphe Morse à deux styles, système Hérodote. — Le système exposé par M. Héro-

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

dote en i889 diffère du précédent et des modèles analogues en ce qu'il utilise les récepteurs Morse déjà existants. La dépense d'installation se trouve ainsi diminuée et Tappareil peut transmettre à volonté soit des signaux Morse ordinaires, soit des caractères transversaux.

Récepteur, — Pour transformer un récepteur Morse en un appareil à deux styles, il faut ajouter aux organes ordinaires un aimant A, un électro-aimant Ë<, une armature polarisée a^ mobile autour d'un axe d*, et un couteau supplémentaire /' fixé au même axe (fig. 909). La partie antérieure de Taxe d^ est en laiton; la partie postérieure est en fer doux, comme Tarmature ûj ; ces deux pièces reçoivent une ai-

mantation permanente par la vis Y^ et Taimant A. Le couteau / et l'armature a ordinaires tournent autour de l'axe d. L'oscillation des leviers est limitée par les vis w, v^ v^, qui se règlent au moyen des ressorts r et r^

L'impression est produite par cinq molettes m semblables à la molette ordinaire. L'électro-aimant supplémentaire E< est enroulé de manière à n'attirer l'armature polarisée que lorsqu'il est parcouru par un courant négatif. Si donc on lance des courants toujours positifs, l'armature a est seule attirée, et l'on imprime des caractères ordinaires. Il faut alors produire des émissions d'inégale longueur pour les points et les traits. Si l'on envoie, au contraire, des courants tous de môme durée, mais

Pig. 900. — Récepteur MoraeHârodote.

de signe variable, les courants positifs agissent seulement sur l'armature a; les courants négatifs soulèvent les deux couteaux //» et produisent cinq petits signaux parallèles qui représentent un trait transversal.

Manipulateur. — Le manipulateur doit être disposé pour donner à volonté des courants positifs ou négatifs. Il est formé de deux lames llexibles L* L* (flg. 910), communiquant avec la iiiine et la terre, et d'une troisième lame R communiquant avec L^ par la pièce métallique m. Les lames LiL> portent deux doigts DD», le premier en métal, le second isolant, qui s'avancent au-dessus du ressort R, sans le toucher dans la position de repos. Trois ponts, terminés par des vis Bi, B', B>, seules figurées, limitent la course des trois lames, au-dessous

DlCnOirNAIRB D'iLBCTRiaXÉ.

desquelles se trouvent trois plots G*, G*, G». Le pôle positif de la pile est relié aux bornes G* C', le pôle négatif à la borne G« et à la vis B'. La vis B* est en communication avec le récepteur du poste. Quand on appuie sur la lame LS on lance dans la ligne un courant positif; le doigt D abaisse le ressort R, sans lui faire toucher G* : le récepteur est donc isolé; enfln le pôle négatif reste en communication avec la terre par B^L». Si l'on appuie sur le ressort L«, on envoie à la terre le courant positif, tandis que la ligne est reliée au pôle négatif par G* et par le ressort R, qu'abaisse la tige D^

Manipulation et avantages. — Pour transmettre des signaux Morse ordinaires, on se sert seulement de la lame L^ Avec les traits transversaux, le rendement dépasse de huit ou dix

télégrammes à Theure celui des appareils ordinaires. Avec une installation en duplex, le bénéflce serait double.

De plus, on sait qu'en France les bureaux municipaux sont associés deux à deux et reliés par un même fil au bureau principal. Pour appeler l'un ou l'autre à volonté, on fait usage d'un rappel (Voy. ce mot). L'appareil Hérodote permettrait de supprimer ces instruments, qui sont toujours fort délicats.

Enfin ce télégraphe est tellement simple que tous les opérateurs morsistes peuvent le régler et le lire sans aucune étude préalable, et qu'il

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leur suffit de quelques jours d'exercice pour a^ quérir une bonne manipulation.

Télégraphes électro-chimiques.

Certains modèles de télégraphes utilisent les décompositions électrolytiques pour tracer les signaux Morse sur la bande de papier. On rend le papier conducteur en le trempant dans une solution concentrée de nitrate d'ammoniaque. La substance électrolysée est généralement le cyanure de potassium, qui, sous rinfiuencedu courant, donne du bleu de Prusse en présence d'une pointe de fer, et du cyanure rouge de po-

RECEPTEUR

TtRRE

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Fig. 910. — Manipulateur Morse-Hérodole.

tassium et de cuivre avec une pointe de cuivre.

L'appareil de M. Bain diffère peu d'un Morse ordinaire. Il faut environ quinze éléments Daniell pour la décomposition.

Les télégraphes de M. Goodspeed et de MM. Chauvassaigne et Lambrigot, décrits au paragraphe suivant, sont aussi des appareils électro-chimiques.

Télégraphes automatiques.

Appareil rapide. — On a essayé d'augmenter le rendement du Morse en confiant la transmission des dépêches, préalablement imprimées en local avec des signaux ordinaires, à un appareil automatique fonctionnant avec une grande rapidité. Tel est le principe de ['appareil rapide, imaginé par MM. Chauvassaigne et Lambrigot et essayé au bureau central de Paris vers 1867.

La dépêche est d'abord composée en local sur une bande de papier métallique, à l'aide d'un vernis isolant. On emploie pour cela un appareil Morse dont la molette est remplacée par un réservoir rempli de résine maintenue à une température convenable.

La ba^de ainsi préparée est placée sous un mécanisme à déroulement, réglé à la vitesse convenable. Un stylet qui appuie sur le papier envoie le courant à. la terre, quand il touche la partie conductrice, et sur la ligne, quand il est en contact avec les signaux isolants.

A l'arrivée, la dépêche est tracée chimiquement.

Télégraphe Ck>odspeed. — - Dans l'appareil de M. Goodspeed, un perforateur perce la bande de papier de manière à produire les signaux Morse ordinaires, mais les points et les traiU, produits par deux poinçons différentSi sontpla-

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lés sur deux lignes parallèles. Cette bande est mise dans un transmetteur, où elle passe entre un cylindre relié au sol et deux ressorts communiquant Tun avec le pôle positif d'une pile, l'autre avec le pôle négatif d'une autre pile, les autres pôles de ces piles étant reliés à la terre. Les points envoient donc des courants d'un i-ertain sens, les traits des courants de sens contraire. Le récepteur porte une bande de papier électro-chimique passant sous deux pointes de fer très voisines, dont Tune ou l'autre produit un tracé, suivant le sens du courant. Les points H les traits sont donc imprimés, non en ligne droite, mais sur deux lignes parallèles.

Télégraphe Wheatstone. — La dépAche est d'abord composée à l'aide de trous pratiqués dans une bande de papier par le perforateur. Cette bande est ensuite placée dans le Iransmetteur ; les trous sont traversés, suivant l'ordre dans lequel ils se présentent, par des ai-

guilles qui envoient sur la ligne les courants nécessaires à la reproduction des signes dans

Fig. 91J. — Perforateur du K'ij^graphe ,Wheatstone.

le récepteur, qui est approprié à ce genre de transmission.

I Bmétitfât/ i9fij^fivp directe

-^ Smtggion posiéive rip contpefist^ioft

+ Emission posHive ci/rpc/^p

I Cmis^on npggHup oie compensêàon

I SwiggiofL Stpff9ittf^ ei* f^9/njDfifug/t0^

I Snfiggioft /tpg^iitfp ci ire dp

•4" f.miggioti ùogilifê direete

I £/ftfgff/û/L nëffdi^oe ciirefie

-|- Stnt.gs'io/L /fogiiii*e de compendw/ion

^ Emiggion ^cgfiiue aie com/»pHseiiofi.

"T" Mmiition ^£ofciit^e directe

I SmigsicfL nè^giive direc/e

T* J^mirgiou posifiue ciirec/e

I l'miggiû/t neg^iine de conipefistiicfL

I Smiggicfi rté^^itve de compe/rgn/ton

I Emiggion nèggiwe direcir

^ ^£mi*gion pogiiiue de conrpengtit'on

*T" EfnissiotL pogi/iite de coiftjoe/tgâ/ip/t

+ E'f/fsstoft po^dioe j/ireeie

I Imiggtoi^ iipffdift'e directe

-^ Emission <>ogtiéoe directe

I fMiggfort n écrite i^e d/rpc/e

Pig. 912. — Vue d'uoe bande perforée et des signaux Morse correspondants.

Perforateur. — La dépêche à composer est i le perforateur (fig; 911) formé d'une boîte en placée sur un pupitre, devant lequel se tipuve | cuivre dans laquelle se meuvent trois pistons

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agissant sur autant de leviers disposés en face d'emporte-pièce, qui donnent des trous de deux dimensions. Ces poinçons percent la bande suivant trois lignes parallèles à sa longueur. Le piston de gauche donne les points, représentés par trois trous placés sur une même ligne transversale, celui du milieu étant plus petit que les deux extrêmes. Le piston de droite traduit les traits à Taide de quatre trous, deux petits

sur la ligne médiane et deux plus ^'--

grands en diagonale. Enfln le piston central donne un petit trou sur la ligne médiane, ce qui représente un blanc.

Quelles que soient les combinaisons de signaux transmises, on voit que la ligne médiane présente une série continue de petits trous équidis tants, les plus grands trous étant disposés irrégulièrement de part et d'autre. La figure 912 montre l'aspect d'une bande perforée portant le mot art^ ce mot commençant à la partie inférieure. Les trous de faible diamètre situés sur la ligne centrale servent seulement, dans le perforateur et dans le transmetteur, à faire avancer la bande de papier. A cet eiïet, une petite roue dentée, commandée par un cliquet soumis à Faction des pistons par l'intermédiaire d'un système de leviers coudés, s'engage dans ces trous et fait avancer la bande. Des guides la dirigent.

Pour composer les dépèches, le télégraphiste tient dans chaque main un petit maillet et frappe sur les pistons. Dans les bureaux possédant des tubes pneumatiques, on a supprimé cette manœuvre, qui est très pénible, en utilisant les réservoirs d'air comprimé. On adapte alors aux perforateurs des claviers à trois tou • ches. Quand on abaisse une des touches, l'air comprimé agit sur le piston correspondant.

Transmetteur. — Les bandes perforées sont ensuite placées sur le transmetteur, qui est mù par un mouvement d'horlogerie à poids. Une roue dentée, commandée par ce mécanisme, pénètre dans les perforations médianes de la bande et la fait avancer.

Le même mécanisme communique, par Tintermédiaire d'un excentrique et d'une bielle, un mouvement continu de va-et-vient à un balancier d'ébonite EE (ilg. 913), muni de deux j^oupilles métalliques ff, qui iont saillie en avant de la platine antérieure par des ouvertures disposées à cet effet. Ces deux goupilles communiquent toutes doux avec la ligne, la

première directement,la5«crésistance considérable. ïk^ AB, CD, mobiles autour 1-^ maintenus appuyés contre ces :

ressorts RR', et portent dcui <l.

vont en s'écartani et ont leiL^

Fi|^. 913. — Mécanisme do tna^ortinr

SOUS des deux lignes de Rro> ir-> perforée qui passe en aa'. L^iidés portent en outre en B etD' :

nies de manchons mm\ qui p'î ouvertures d'une pièce MM',tiïf^ partagé en deux parties è^e- > isolante.

Le disque G, qui sert d'in^ '• au mouvement d'oscillation Juti effet, si le balancier s'abaisse ^<comme le montre la figure, ia?

sur la branche AU du levier celé manchon m' est attiré u^ même temps, les ressorts RRla branche VD vers la gaocbe, a s'incline vers la droite, et le nu:

du même côté la pièce M e( pâ: •• G. Lorsque le balancier s'incliD-?

l'effet inverse se produit : k idj: tiré vers la gauche, et le manche' pièce M' vers la droite, leàisqs'' un mouvement d'oscillation.

Les deux segments isolés ûù .* des goupilles i^jr', sur lesquelles &; viers coudés GH, IJ, mobile* a^ et P, et maintenus en contact \^ ST. Les deux axes 0 et P cofflE les deux pôles d^une pile, et le* >-' du cercle G, Tun avec la len^ligne. Les oscillations du <ii?f goupilles gg' en contact altemchacun des leviers GH, U, e( ;* chacun des pôles, ce qui produti" Sur la figure, le pôle négatifes/'^ le pôle positif à la ligne, d'uD« i^'

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résistance, de Tautre par f, CD, R'R, BA et f. Si le disque bascule, c'est le contraire qui a

lieu.

D*an autre côté, le mouvement oscillatoire du balancier est transmis aux aiguilles FF', placées au-dessous de la bande de papier. Si Tune d'elles, F' par exemple, rencontre une perforation, elle la traverse, et le levier CD ne cesse pas d*appuyer sur la goupille f. Si, au contraire, Taiguille F' se trouve en regard d'une partie non perforée, elle est arrêtée dans son mouvement d'ascension, et, le balancier continuant à osciller, le levier CD .ne touche plus la goupille f; le contact est rompu en ce point.

On voit que six cas peuvent se présenter. Si les goupilles f ti f touchent les leviers AB et CD, le courant va à la ligne en même temps par la résistance et par les leviers AB et CD. C'est une émission directe. Elle est positive ou négative, suivant la position du disque commutateur. L'émission positive directe commence fous les signaux.

Si Tune des goupilles ff ne touche pas le levier correspondant, le courant ne se rend à la ligne qu'à travers la résistance : on obtient un courant dit de compensation , destiné à prolonger raction d'un courant précédemment émis ; il est positif ou négatif suivant la position du commutateur. Les courants de compensation ne produisent aucun effet sur le récepteur, car ils sont trop faibles pour déplacer la molette. Les émissions directes ont lieu quand les aif(uifles traversent les perforations; lorsqu'au contraire elles rencontrent la bande de papier, on obtient des courants de compensation.

Récepteur. — Le récepteur est un Morse modifié, dont l'organe électromagnétique est un double électro-aimant à armature polarisée, fonctionnant à peu près comme les rappels avec aimant. Cet organe est formé de deux bobines verticales AB dont les noyaux portent aux deux extrémités des pièces polaires P^, P., P3, P^ très rapprochées (fig. 913). L'enroulement est tel que les pôles voisins P, et P^, Pj et P; soient de signe contraire. En regard de cet f'iectro-aimant est placé un aimant E en forme du, dont les pôles sont traversés par un axe H qui porte deux palettes de fer doux FG, aimantées par influence. Lorsque le récepteur ne reçoit aucun courant, ces palettes restent également éloignées des deux pôles. Lorsqu'un courant traverse l'appareil, les palettes s'inclinent à droite ou à gauche, suivant que ce courant est positif ou négatif.

Ces oscillations des palettes produisent l'im-

pression. Pour cela, un mécanisme d'horlogerie fait tourner une molette et un disque encreur qui trempe constamment dans un godet rempli d'encre oléique ; ces deux pièces roulent l'une sur l'autre, de sorte que la molette soit

Fig. 914. — Organe électro-magnétique du récepteur.

toujours imbibée d'encre. L'axe de cette dernière est d'ailleurs pincé par un levier qui dépend de l'axe H des palettes, de sorte que les oscillations de celles-ci sont transmises à la molette sans qu'elle cesse de tourner. Le mouvement des palettes provoqué par un courant positif appuie la molette sur une bande de papier, qui se déroule comme dans les récepteurs Morse ordinaires, et fait imprimer un signal; le mouvement dû à un courant négatif éloigne la molette de la bande et produit un blanc.

L'appareil est réglé de sorte qu'une émission positive directe commence tous les signaux. Une perforation transversale, figurant un point, laisse passer un courant positif, puis un négatif, tous deux directs; la molette s'approche un instant du papier et trace un point. Une perforation en diagonale correspond à trois inversions complètes. La première émission, qui est directe, commence le tracé ; les autres ne donnent que des courants de compensation, qui n'agissent pas sur la molette; enfin la troisième émission négative, correspondant à un trou, éloigne la molette et termine le trait. Les blancs correspondent également à trois inversions complètes, mais comme les aiguilles rencontrent constamment le papier, la molette reste éloignée et ne trace rien. On peut suivre les détails de l'opération sur la figure 912.

Manipulateur. — L'appareil Wheatstone peut servir aussi à transmettre directement, sans faire usage du perforateur. On met alors le transmetteur hors circuit, et on le remplace par un manipulateur inverseur, permettant

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d'envoyer sur la ligne des courants positifs ou négatifs. Une manette permet de mettre Tappareil sur transmission, sur réception ou à la terre, pour décharger la ligne quand on passe de la transmission à la réception.

Télégraphes imprimeurs.

On a cherché depuis longtemps à imprimer sur la bande de papier du récepteur, au lieu des signaux conventionnels de Morse, les lettres mêmes de Talphabet. Dans les télégraphes à échappement, la roue des types, qui porte sur sa

circonférence les caraclèrpîcmise en mouvement par de^ ii rant successives, comme dàv cadran de Bréguet. Les appa:

synchrones onl, au manipu/. i teur, deux roues qui loura^^r vitesse, de sorte que les caran ?

tamment disposés d'une maii^ i courant appuie le papier sur k au moment précis où pass^ki^ imprimer.

Télégraphes à échappeoel cherché à modifier les apparli

Fig. 91 o. — Vue d'ensemble du télégraphe Haghes.

naires. M. Wheatstone (1840) employait un manipulateur à cadran. Les émissions successives faisaient mouvoir la roue des types. Lorsqu'on s'arrêtait sur une lettre, le courant, lancé dans un second fil, appuyait le papier sur cette roue. L'appareil a été ensuite modifié pour éviter l'emploi des deux fils.

Les appareils de du Moncel et de Digney sont fondés sur un principe analogue. D'autres reposent sur l'accroissement de l'aimantation avec le temps. Dans l'appareil Siemens, les courants très rapides émis par le manipulateur suffisent pour actionner un petit électro-aimant qui fait tourner la roue des types, mais le gros électro qui appuie le papier ne s'aimante que

si l'on s'arrête un instant surii pareil Bréguet comporte un srcqui se déplace d'une petite qu^ tourner la roue des t}T)eN ^^ plus grande pour produire b | papier.

Dans l'appareil de M. deBaii!

nipulateur est analogue à celiii à cadran. En tournant la man^ sur la ligne des courants altenw cèdent sans interruption son^it | passent dans un électro-aimai' ^ polarisée oscille et fait avan:^ types. Une autre armature, n-^n?

adhérente à l'électro pendait

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manipulateur, mais elle s'en détache dès que Ton rompt le circuit en s'arrétant sur une lettre. Ce mouvement déclenche le mécanisme imprimeur.

L'appareil Hayet est analogue, mais un second fil enroulé sur Télectro et formant un circuit fermé est parcouru par des courants induits, qui empêchent la seconde armature de se détacher intempestivement entre deux courants

consécutifs et d'imprimer des lettres inutiles. Les appareils à échappement ne peuvent donner qu'un faihle rendement, à cause du grand nombre de courants qu'il faut employer pour chaque signal et de la masse de la roue des types. MM. Gaussain et Mouilleron ont tenté d'augmenter la vitesse en répartissant les caractères sur cinq roues moins massives ; mais l'appareil devient extrêmement compliqué.

Fig. 01 C. — Disposilion des loviersdu manipulateur.

Les appareils de Siemens, de d'Arlincourt «emploient des récepteurs à trembleur. Dans ce dernier, il y a deux mouvements d'horlogerie : Tun commande l'impression, l'autre mène une roue interruptrice, la roue des types et une aiguille indicatrice.

Télégraphe imprimeur de Hnghes. — Tous les appareils qui précèdent arrêtent la roue des types à chaque transmission, ce qui ralentit la ritesse des communications. M. Hughes a ima- ,'iné en 1855 le premier télégraphe à transmis-

sion continue, dans lequel les lettres s'impriment instantanément, sans aucun arrêt.

Principe. — Le récepteur et le manipulateur, réunis sur une même table, sont commandés par un même mouvement d'horlogerie. Une bande de papier se déroule d'un mouvement uniforme et passe sur la roue des types T, dont la circonférence porte les caractères enduits d'encre grasse. Sous l'action du courant, le papier est pressé contre la roue, qui imprime lai lettre placée à ce moment au point le plus t>as.

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Le manipalateur a la forme d'un clavier, qu'on voit en avant de l'appareil .

Manipulateur. — Ce manipulateur se compose de vingt-huit touches, alternativement blanches et noires. Toutes les touches noires et douze des touches blanches portent chacune deux signes, soit une lettre et un chifft^, soit une lettre et un signe de ponctuation. Ces signes sont disposés de la manière suivante :

Touches blanches.

ABCDEFGHIJK

en Irttra.

Touches noires.

^ ^ * ^ tackiflm. VUTSUyPO

Les deux blancs servent Tun à passer des

lettres aux chiffres et à séparer les groupes de chiffres, l'autre à passer des chiffres aax lettres et à séparer les mots.

Chaque touche est surmontée d'un levier qui bascule autour de son axe lorsqu'on appuie sur elle. Les vingt-huit leviers se recourbent et viennent aboutir à une boite cylindrique, appelée botte à goujons, autour de laquelle leurs extrémités se rangent régulièrement (fig. 916). Chacun de ces leviers T est^ surmonté d'un petit goujon d'acier S, qu'un ressort f maintient an contact (fig. 917). Lorsqu'on appuie sur une des touches, le goujon correspondant est souleré par l'une des tiges T et fait saillie au-dessQs d'une des ouvertures c, pratiquées, au nombre de vingt-huit, dans la paroi supérieure de la boite (fig. 948). Dès qu'on cesse d'appuyer sur

Fig. 917. — Coupe de la boite i goujons.

la touche, le goujon soulevé s'abaisse et rentre dans la boite, sous l'action du ressort f et du chariot.

Chariot. — Le chariot forme la partie essentielle de l'appareil. Il sert à répartir, à des moments précis, les émissions de courant. La figure 918 montre la dernière forme adoptée en France pour les lignes aériennes. Ce chariot tourne au-dessus de la boite à goujons avec une vitesse de cent vingt à cent cinquante tours par minute. Il est muni d'une lèvre V et d'un appendice f/i, terminé par un galet qui s'engage dans le collier B, en face d'un autre galet appartenant au levier HH|; le tout est mobile autour des vis TTi. Le collier B peut se déplacer sur l'arbre vertical W, entre la pièce G et le bourrelet qu'on voit un peu au-dessus, et ne gène en rien la rotation du chariot et de l'arbre W sous Faction du mouvement d'horlogerie, qui com-

mande ce dernier par l'intermédiaire de la roue d'angle Rg.

Le levier HH|, mobile autour de Taxe «i, se termine par un ressort Fj, qui oscille entre deux vis Cj et Cg, reliées, la première à l'un des pôles de la pile, la seconde au contact de Tinterrupteur, au support de la palette et au ressort sur lequel s'appuie la came de correction. Le ressort F,, isolé par une plaque d'ébonite du reste du levier HHi, est en communication avec un plot n, fixé sur la table de l'appareil; au repos, il s'appuie sur la vis c,.

Lorsqu'on appuie sur une touche, le chariot, en tournant, rencontre bientôt le goujon soulevé; la pièce RRi le saisit, l'appuie sur la lèvre et le rejette ensuite pour le laisser retomber en arrière, lorsque la lèvre du chariot est passée. Pendant cette opération, le goujon a soulevé la lèvre C ; l'appendice gi s'est abaissé,

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entraînant le collier B. Le levier HH, bascule, et le ressort F, vient toucher la vis ci, envoyant un courant dans la ligne. Dès que le goujon est retombé, les divers organes reprennent la position figurée, et le courant se trouve interrompu. Le courant ainsi produit arrive au récepteur, dont il met en mouvement le mécanisme imprimeur. Si les deux appareils concordent bien.

le papier est soulevé et pressé contre la roue des types au moment où le caractère qu'on veut imprimer passe au point le plus bas.

Mécanisme imprimeur. — Pour cela, le chariot commande en même temps la roue des types, de façon qu'elle tourne avec la même vitesse que lui. L'appareil est réglé pour que chaque caractère se trouve au point le plus bas au mo-

Fig. 918. — Plan el élévation du chariot.

nt OÙ le chariot passe au-dessus du goujon respondant. Si de plus les chariots des deux ites sont parfaitement synchrones, on conçoit i rémission du courant due au soulèvement n des goujons, dans le premier poste, se duira exactement lorsque le caractère corpondant de Fautre poste sera au point le plus , et ce caractère s'imprimera sur le pa-

a roue des types, qui doit être commandée

par le chariot, est fixée sur un axe, appelé axe des types, qui engrène avec celui-ci de la manière suivante. La partie supérieure du chariot porte, comme nous l'avons vu plus hi9ut, une roue d'angle Re horizontale ; cette roue engrène avec une autre roue verticale R. de même grandeur, ayant le même nombre de dents (fig. 919), et fixée à l'arbre des types WiWi, qui tourne avec elle. Cet arbre porte divers organes importants : d'abord un manchon BjBj, ûxé à l'arbre

TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE

par la vis R|, et entouré par une sorte d'anneau mobile B|B,, en acier fortement trempé, maintenu à frottement dur par le ressort MM; cet anneau, appelé roue de frottement, ne peut se déplacer que sous l'influence d'un effort énergique. En avant de cette roue se trouve un double manchon a^a^, 61 &i, dont la partie intérieure porte la roue des types A, sur la circonférence de laquelle sont tracés en relief les mêmes

signes que sur le clavier du a | les deux séries de signaoïi - i suivant :

BUnc des lettres. A 1 F: i l

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