TRANSMISSION
inférieure de la colonne de translation doit être parfaitement assuré, sans quoi la translation ne se ferait pas ; il faut donc éviter que le couteau vienne frapper la molette sans que l'extrémité postérieure du levier vienne toucher en môme temps la vis inférieure. Dans ce but, les appareils bien installés portent, sur la platine antérieure, une petite clef à Taide de laquelle on soulève la molette, de sorte que le couteau ne peut plus la toucher; la palette possède alors toute sa liberté d'action.
Le plus souvent, on préfère employer comme translateurs des appareils spéciaux. Les relais décrits plus haut peuvent servir & cet usage. Il existe un grand nombre d'autres appareils, tels que ceux de MM. Froment, Mouilleron et Bourbon, Boivin, Dutertre, Héquet, d'Arlincourt et Gazésus, Jaite, etc.
Le Post-Office emploie un appareil qui permet en même temps la transmission avec des courants de sens différents, ainsi que Texige le télégraphe automatique de Wheatstone, et qui fonctionne avec une précision remarquable.
TRANSMISSION. — Disposition employée pour transmettre le mouvement d'une machine à vapeur ou d'un moteur quelconque aux appareils qu'on veut actionner. La commande des dynamos présente quelques difficultés, car l'armature doit avoir ordinairement une grande vitesse circonférentielle. On est donc obligé, si l'on ne veut pas leur donner des dimensions trop considérables, ce qui ne manque pas d'inconvénients, de leur communiquer des vitesses angulaires très grandes, telles que 1000 tours par minute et même davantage.
Or les machines à vapeur employées dans les ateliers ne font pas ordinairement plus de 100 tours. On peut, il est vrai, augmenter ce chififre lorsque Ton installe des moteurs spécialement destinés à la commande des dynamos, mais c'est toujours aux dépens du rendement; en outre, si la machine doit se prêter en même temps à d'autres services ou si l'on veut utiliser un moteur déjà installé, on n'a plus cette ressource.
Nous croyons utile de résumer ici les différents modes de trasmission qui peuvent être appliqués aux dynamos. On emploie le plus souvent la transmission par courroie : pour augmenter la vitesse dans le rapport de 18 à 1, il faut généralement se servir d'une transmission intermédiaire, pour éviter d'avoir des poulies d'un diamètre exagéré. Il faut de plus opérer une tension assez grande sur la courroie pour produire Tadhérence nécessaire à l'en-
trainement ; c'est dans ce but qu'on monte souvent les dynamos sur des glissières (Foy. 1I&- CHiNEs d'inddction), afin qu'on puisse écarter plus ou moins leur poulie de la poulie motiice. Mais cette tension exagérée n'est pas sans ioconvénient. Elle détériore en peu de temps les courroies, fatigue les arbres de transmission et use rapidement les coussinets de la dynamo et de la transmission, si la poulie est entre paliers; si elle est hors palier, en porte àfaax^ce système a de plus le défaut de tendre à fausser l'arbre de la dynamo. Dans tous les cas, la pression des arbres sur leurs supports absorbe du travail inutilement. Enfin cette disposition exige beaucoup de place, ce qui est un graTe défaut dans les villes.
On a remédié à ce dernier inconvénient en faisant conduire les dynamos par des poulies
Fig. 1053. — Dynamo Brown accouplée dîrectemenl avec on moteur.
de friction tangentielle, agissant sur des galets en papier ou garnis de caoutchouc ; mais il faut alors une pression considérable au point de contact Dans les usines spéciales d'électricité, on atténue les autres défauts en employant des moteurs à grande vitesse, en se ser>'ant da volant comme poulie, ce qui supprime la transmission intermédiaire ; mais il reste toujoars la fatigue des organes.
Une autre solution consiste à faire commander directement les dynamos par les moteurs, auxquels elles sont reliées par des manchons d'accouplement rendus solidaires au moyen de ressorts en caoutchouc. Ce système s'impose I toutes les fois qu'on ne peut disposer que d'an ' espace très restreint, par exemple sur les navires. Nous en avons donné plusieurs exemples au motÉcLAiHAGB. La figure 1053 montre une dy-
TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L ÉNERGIE
namo Brown de 400 ampères et 65 volts accouplée directement avec une machine à vapeur de 40 chevaux.
Cette machine servait à Téclairage d'une partie de la Galerie des Machines à l'Exposition universelle de 1889; on avait réduit sa marche de façon à ne lui faire produire que 65 volts.
Ce mode de transmission oblige à réduire la vitesse de la dynamo et par suite à lui donner des dimensions considérables, tandis qu'on augmente celle du moteur, ce qui en di> minue le rendement.
Nous citerons pour terminer un mode de transmission imaginé par M. Hamon et qui nous parait satisfaire à tous les desiderata. Dans ce système, Farbre du moteur porte un plateau conique qui tourne avec lui. Un second plateau conique extérieur, de même sommet que le premier, tourne follement sur Farbre et en sens inverse. La rotation de ces deux plateaux entraîne un cône en papier, calé sur Tarbre de la dynamo et pris entre les deux cônes. On voit que, en modifiant le diamètre des plateaux et du cône de papier, on peut faire varier facilement le rapport des vitesses. Le système des deux plateaux peut recevoir un cône de chaque côté et par suite actionner deux dynanos, dont les axes, placés dans le même plan horizontal que Farbre du moteur, font avec lui des angles égaux à la moyenne des angles générateurs des plateaux coniques. On conçoit qu'on peut installer sur chaque bout de Farbre une et même deux transmissions semblables, ce qui permet de faire commander quatre et même huit dynamos par le même moteur.
Ce système occupe peu de place et nous parait éviter les inconvénients de ceux qui précèdent. Les cônes de papier sont presque inusables. .
TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L'ÉNER- GIE. — La transmission de Fénergie à distance par Félectricité est fondée sur la réversibilité des machines d'induction (Voy. Machine d'mdoction) .
On réserve quelquefois le nom de transmission au cas où la distance est petite; on appelle alors transport de la force la transmission à grande distance. Nous ne conserverons pas cette distinction, qui ne nous paraît pas j ustiflée. Lorsqu'on fait tourner Farmature d'une de ces machines, on lui fournit du travail mécanique et elle donne naissance à un courant électrique. Si au contraire on lance un courant dans Fanneau, la machine se met à tourner et
peut produire un travail mécanique. Entln, si Fon place dans un même circuit deux machines d'induction, et que Fon fasse tourner une d'eUes, la seconde se mettra en mouvement sous Finiluence du courant et pourra être employée à effectuer un certain travail. L'énergie mécanique est ainsi transmise à distance.
La première machine est appelée génératrice, et la seconde réceptrice.
Cette expérience a été réalisée pour la première fois en 1873 à l'Exposition de Vienne par M. H. Fontaine, au moyen de deux machines Gramme accouplées ; F une était mue par un moteur à gaz, système Lenoir; l'autre, actionnée par le courant de la première, faisait marcher une pompe centrifuge de MM. Neut et Dûment.
Le circuit qui réunit les deux machines peut avoir une grande longueur, sans que l'expérience cesse de réussir. La transmission électrique de Fénergie permettrait donc d'utiliser à distance les nombreuses forces naturelles qui restent inutilisées parce qu'elles sont situées en des points éloignés des centres commerciaux ou dénués de communications faciles, de sorte que Fon ne peut songer à y installer une usine. Telles sont les chutes d'eau, si nombreuses dans les montagnes.
La transmission électrique de Fénergie, on le conçoit facilement, ne saurait d'ailleurs s'effectuer sans perte : la génératrice perd une partie de Fénergie en la transformant en courant, la génératrice donne une perte analogue dans la transformation inverse ; il faut ajouter encore les pertes provenant de Féchaufîement des conducteurs et de leur isolement toujours insuffisant.
Malgré ces inconvénients, il semble à première vue que la valeur du rendement n'ait pas une grande importance, si l'on utilise des forces naturelles, qui par conséquent ne coûtent rien. Mais en réalité la question est plus complexe : il faut tenir compte des frais d'installation, d'exploitation et d'entretien des machines et de la ligne. Si le rendement n'est pas suffisamment élevé, il peut se faire que Fénergie gratuite ainsi transmise coûte plus cher que si on la produisait sur place avec une machine à vapeur. La transmission électrique peut du reste présenter dans certains cas des avantages qui la fassent préférer, quelle que soit la dépense, mais, le plus souvent, il convient de calculer avec soin le rendement, et de chercher les conditions qui peuvent lui donner une valeur aussi élevée que possible.
TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L'ÉNERGIE
Calcul (Tune transmission. — Cherchons à calculer le rendement d'une transmission d'énergie dans le cas le plus favorable, c'est-à-dire en négligeant les imperfections que présentent nécessairement les appareils. Supposons que la génératrice reçoive un travail moteur T et que son rendement soit k; soient E et I la force électromotrice et l'intensité du courant
(1) El = kT.
Si l'on maintient la réceptrice immobile, de sorte qu'elle ne produise aucun travail, on a d'après la loi d'Ohm :
d'où