IQUE DE L'ÉNERGIE
formée de trois fils de cuivre nu de 6 miliimè- Ires de diamètre (comme dans le système de distribution Edison à trois Ûls); ces conducteurs sont soutenus par cent quatre-vingts poteaux en bois à Taide d'isolateurs Johnson et Philips. Ce sont des isolateurs ordinaires en porcelaine, dont risolation est augmentée par Tadjonction d'un liquide aussi peu conducteur que possible, qui remplît une cavité intérieure formée par le bord intérieur de Fappareil. Pour éviter que la surface du liquide se couvre de gouttes d'eau par la pluie ou par le brouillard, les dimensions de l'isolateur et de son support sont telles que Taccès de l'air est presque absolument empêché. La résistance totale de la ligne est de 9,228 ohms.
La station réceptrice, placée à Soleure, dans Tusine de M. Muller-Haiber, comprend deux dynamos identiques, montées en série, un peu plus petites et un peu moins puissantes que les premières.
Des mesures électriques et mécaniques ont été faites avec soin les 11 et 42 octobre 4887 par une commission composée de MM. Amsler, Hagenbach, Keiler, Veith et Weber; elles ont donné un rendement industriel de 75,2 p. 400. Ces résultats excellents sont attribués au bon rendement des machines, & l'emploi de forces électromotrices élevées, à la distance relativement faible, à l'emploi d'un conducteur assez gros et au parfait isolement de la ligne.
Transmission de Thorenberg à Lncerne. — La même Société a établi à Thorenberg, en 4887, une usine destinée à utiliser la force d'une chute d'eau pour l'éclairage de la ville de Lucerne et le transport de la force motrice. Cette usine alimente donc deux services spéciaux absolument distincts. La transmission destinée à, l'éclairage emploie des machines à courants alternatifs et des transformateurs Zipemowsky. La transmission de force est à courant continu. Elle fait mouvoir un moulin à farine appartenant à M. Troller.
Cette dernière est établie pour une force initiale de 120 chevaux, avec une force électromotrice de 4000 volts et an courant de 80 ampères. Les deux machines Brown sont du même type, avec inducteurs à pôles conséquents, et ne différent que par Tenronlement; elles font 450 tours par minute.
La Ugne, d'une résistance totale de 2 ohms, est d deux Ûls. Elle est en partie aérienne, en partie souterraine. La première portion a 3040 mètres de longueur; elle est formée d'un fil de 63 millimètres carrés de section, soutenu
TRA^^SMISSION ELECTRE
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TRANSMISSION ÉLECTRIQUE DE L'ÉNERGIE
Chacune de ces turbines actionne une machine à courants alternatifs, système Zipernowsky (Voy. Supplément), de 24000 watts (2000 volts et 12 ampères), et une dynamo excitatrice, type A, pouvant produire 3000 watts à pleine charge. Chacune de ces machines, avec son excitatrice et ses appareils accessoires, dessert une des deux villes. La tension secondaire est maintenue constante dans les deux villes par deux rhéostats automatiques avec égalisateur, donc sans fil de retour.
La fîg. 1055 représente Tusine de Béconneron
voit qu'une installation de ce genre peut être réalisée fort simplement et ne demande qu'une petite construction, près de la chute utilisée, suffisante pour abriter les machines.
Les deux lignes, qui conduisent le courant à Dieulefit et à Valréas, sont complètement aériennes, tant au dehors des villes qu'en dedans, et formées de fils nus reposant sur des isolateurs en porcelaine,
La ligne de Dieulefit, qui est la plus courte, est constituée par un fil en bronze silicieux de 3,2 mm. de diamètre; elle a une résis-
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Fig. 1056. — Disposition des transrormateurs Ziperaowsky et des eonducteurs dans les rues de Dieulefit. (Figure communiquée
par MM. Ganz et C'*, de Budapest.)
tance de 11,8 ohms. Celle de Valréas est formée d'un câble de même substance, ayant 33 millimètres carrés de section et 16,1 ohms de résistance. Deux fils téléphoniques, posés sur les mêmes poteaux que les premiers conducteurs, assurent entre l'usine et les deux villes les communications nécessaires au service.
Dans les villes, les conducteurs reposent le plus souvent sur des supports fixés au faite des maisons et inaccessibles au public. Les réseaux ont des formes différentes, suivant la configuration des deux villes. A Valréas, qui présente presque la forme d'un cercle, la distribution a pu être faite en bouquet à partir
d'un seul point central. Il n'en est pas de même à Dieulefit, qui s'étend tout en longueur sur une distance de 3 kilomètres environ.
Dans chacune de ces villes, le circuit primaire alimente des transformateurs secondaires, du système Zipernowsky, Déri et Blathy. Ces transformateurs sont placés dans des caisses en zinc sur des consoles en fonte, appliquées sur les murs extérieurs des maisons (fig. 1056). Dans les rues, les fils secondaires qui alimentent les lampes sont nus comme les conducteurs primaires; dans les lanternes publiques et dans les installations privées, ils sont soigneusement isolés.
TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE SIMULTANÉE
L'installation de Dieuleflt comprend 1 i 5 lampes, dont 16 de 16 bougies pour Téclairage public, 3 de même intensité et 55 de 10 bougies pour Téclairage privé, La ville de Valréas possède 66 lampes de 16 bougies pour Féclairage public et pour Téclairage privé, 20 lampes de 5 bougies, 101 lampes de 10 bougies et 46 de 16 bougies, en tout 233 lampes.
Traiumission à petite distance.
Lorsque la distance est petite, inférieure par exemple à quelques kilomètres, souvent même à quelques centaines de mètres, il est facile de constituer la ligne par du fil assez gros pour rendre très faible la perte d'énergie due à TéchaufTement et d'isoler parfaitement ce conducteur. La plus grosse diffîculté est ainsi supprimée, et la transmission électrique de l'énergie peut donner un meilleur rendement. C'est ainsi que cette transmission a pu être appliquée déjà aux tramways, bateaux, aérostats, aux , machines-outils et appareils de levage, grues, cabestans, baveuses, ponts roulants, ponts tournants, ponts transbordeurs (Voy. Supplément), ventilateurs, etc. On trouvera à chacun de ces mots les renseignements relatifs à ces différentes applications.
Nous signalerons seulement ici l'emploi de la transmission électrique dans les mines, où les moteurs électriques, à cause de leur légèreté, de leur faible volume et de leur facile transport peuvent être d'un grand secours dans bien des cas. Citons notamment l'élévation des bennes, la traction des wagonnets (Voy. Tramway), la manœuvre des pompes d'épuisement, la ventilation, le forage des trous de mines (Voy. Haveusb), etc.
Dans les mines de Blanzy, on employa, dès 1881, deux machines Gramme pour actionner un ventilateur au puits Saint-Claude. Les travaux du puits s'étant trouvés arrêtés, les machines devinrent disponibles, et M. Graillot, ingénieur du puits Sainte-Élisabelh, songea h s'en servir pour un service de distribution d'eau, consistant à puiser l'eau de la Sorme et à la refouler à une distance de 290 mètres, à un niveau supérieur de 20 mètres. Les deux machines Gramme sont éloignées de 773 mètres, et la réceptrice actionne directement une pompe centrifuge de Dumont.
Les deux câbles de transmission sont seulement placés sur des poteaux télégraphiques et fixés par des chapeaux en bois. Le câble d'aller est formé de 7 fils de cuivre de 1,1 millimètre, entourés de toile goudronnée et de caoutchouc;
celui de retour comprend trois torons de 4 Ois de fer n*^ 12, de 1,8 millimètre de diamètie. Cette disposition a paru suffisante jusqu'à présent. La génératrice fait 1600 tours, la réceptrice 1200; la pompe fournit 5400 litres par heure. Le rendement n'a pas pu être mesuré exactement; mais, le matériel électrique existant déjà, les dépenses d'installation ont été à peu près nulles.
Dans la mine de Trafalgar, dans la forêt de Dean, Télectricité actionne une pompe d'épuisement à double action, munie d'un piston plongeur de 225 millimètres de diamètre et de 250 millimètres de course. La pompe fait 25 tours et le moteur qui la commande, du système Elwell Parker, 650 tours par minute.
La génératrice, du même système, est située à l'extérieur, près de l'entrée du puits, et donne 23 chevaux à la vitesse de 950 tours; elle est mue par une machine à vapeur de 30 cheTaux.
Le courant est amené au moteur, situé sous terre, par un câble en cuivre de 1800 mètres, à enveloppe isolante, protégé dans le puits par des caisses en bois, et soutenu dans les galeries par des isolateurs en porcelaine. Le retour se fait par un vieux câble en fer fixé au guidage et aux poteaux. Le rendement de la transmission est de 60 p. 100; mais le rendement eu eau élevée est seulement de 35 p. 100. Les frais sont d'environ 15 centimes par mètre cube d'eau, ce qui réalise une économie de 12000 francs par an.
Dans les mines de New-Stassfurt, en Allemagne, l'électricité actionne depuis i8S5 une machine à molette pour l'extraction des sels de potasse. La génératrice est située hors de la mine, à 155 mètres environ du puits, qui a 360 mètres de profondeur. La réceptrice est à 40 mètres environ de l'extrémité inférieure: la distance est donc de 555 mètres. Les conducteurs sont en cuivre nu à l'extérieur; dansHntérieur du puits et de la mine, ils sontisoléset protégés par une couverture en bois. La génératrice donne 370 volts et 22 ampères. La réceptrice a une vitesse de 1000 tours. Les deux machines sont compound et du système Siemens. Le rendement de la transmission électrique est d'environ 53 p. 100.
On trouvera à l'article Rbglbmbict le décret du 15 mai 1888, relatif à l'installation des conducteurs destinés à l'éclairage et à la transmission de l'énergie.
TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE SIMUIr TANÉE. — On donne ce nom à différents procédés qui permettent d'expédier simultanément
TRANSMISSION TÉLÉGRAPHIQUE SIMULTANÉE
plusieurs dépêches par le même fil, soit dans le même sens, soit en sens contraire. Nous insisterons surtout sur la méthode duplex, qui est la plus employée.
Transmission duplex. — Procédé permettant d'envoyer par le même ûl deux dépêches simultanées et de sens contraire, et qui consiste à faire passer le courant à la fois dans les deux récepteurs et à annuler son effet dans le récepteur du poste qui transmet, soit par une disposition convenable des communications, soit par le courant d'une autre pile. Les premières tentatives eurent lieu vers 1853. M. Siemens construisit vers la même époque un appareil donnant une solution mécanique de la question ;
mais la transmission duplex n'est réellement appliquée que depuis la découverte de la méthode différentielle, imaginée par M. Stearn. Cette méthode et celle du pont de Wheatstone sont les deux plus employées. Nous citerons encore celle de la bifurcation des bobines, celles de M. Tommasi, de M. Orduna, de MM. Brasseur et de Sussex.
Méthode différentielle. — La transmission duplex peut s'appliquer à tous les appareils. Nous prendrons comme exemple le télégraphe Morse.
Les deux postes sont identiques, mais ils font usage, Tun de courants positifs, Tautre de courants négatifs. Dans chacun d'eux, le récepteur, M par exemple, est muni d'un relais
Fig. 1057. — Diagramme du système duplex par la méthode différentielle de Stearn.
différentiel, constitué par un électro-aimant D (flg. 1057], qui porte deux fils de même diamètre enroulés en sens inverse, de sorte que, si un même courant traverse simultanément les deux ûls, le noyau ne prend aucune aimantation. Mais, si Tune des dérivations est rendue plus intense par le courant venant de l'autre poste, le relais s'aimante, la palette est attirée et ferme le circuit local de la pile p sur le récepteur M, qui trace un signal. Le diagramme W montre le mode d'enroulement des deux fils sur le relais D ; on les a figurés par des traits inégaux pour les distinguer, mais en réalité ils sont identiques. L'entrée de l'un des fils d est en communication avec la ligne ; sa sortie est rattachée en f à rentrée du second, dont la
DlCTION?IAIRE d'électricité.
sortie e communique avec un rhéostat R et l'une des armatures d'un condensateur U, mis à la terre par son autre armature.
En A est un manipulateur Morse ordinaire, mis en circuit avec une pile G et un relais transmetteur B. L'armature du relais B est portée par un levier dont l'autre extrémité se recourbe deux fois à angle droit, et qui est muni d'un ressort isolé à sonpoint fixe 6 et s'appuyant d'autre part sur la partie recourbée du levier, quand l'armature est au repos.
Lorsqu'on appuie sur le manipulateur A, l'armature du relais B est attirée, et, l'autre extrémité du levier se soulevant, le contact c appuie sur le ressort h et l'isole de l'armature. J^e courant de la pile de ligne P passe alors par c