‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 295 sur 310 · ÉLECTROCUTION · texte numérisé non relu

ÉLECTROCUTION

La machine à vapeur est semblable aux locomobiles employées d'ordinaire par les agriculteurs et les industriels. Elle est du système horizontal avec chaudière tubulaire, d'une puissance de 3 à 4 chevaux. On peut la remplacer par une machine plus forte, si on veut remployer à donner le mouvement à une batteuse en même temps qu'à éclairer le travail.

La dynamo est une machine Gramme, placée sous le corps cylindrique et en avant de la boite à feu. Elle est fixée sur un patin en fonte, boulonné à la chaudière, et actionnée au moyen d'une courroie par Farbre manivelle de la locomobile.

Le màt, placé àTavant de Tappareil, est formé de tubes en fer emmanchés les uns dans les autres et arrêtés par des frettes ; ces tubes sont armés de croisillons et de fils de fer articulés, afin de faciliter le démontage et le transport. Pour la même raison, le màt peut tourner autour d'un axe horizontal, qui permet aussi de l'incliner plus ou moins pour faire varier la position de la lanterne.

A l'avant de la cheminée est installé un petit treuil à chaîne commandé par des engrenages et une manivelle. La partie inférieure de la cheminée est ûxée à la chaudière; elle est faite en tôle épaisse, afin de fournir une résistance suffisante pour maintenir le màt. Sur cette partie fixe vient se boulonner une autre partie dont l'extrémité supérieure est maintenue par deux tirants. Elle porte une poulie à gorge sur laquelle vient passer la chaîne du treuil, qui est accrochée au màt. On comprend facilement qu'en faisant tourner te tambour dans un sens ou dans l'autre on obtiendra l'abaissement ou le relèvement du màt.

La lanterne est placée à l'extrémité de la potence, où elle est maintenue par une corde passant sur de petites poulies. On peut, par conséquent, la descendre lorsqu'on veut régler les régulateurs, changer les charbons, ou pour tout autre motif.

On la descend aussi lorsqu'on veut changer de place la machine pour éclairer un autre point. Dans ce cas, la lanterne se place sur le bâti du treuil. Pour démonter la potence, quand il faut transporter l'appareil à une distance suffisamment grande, ou pour le mettre à l'abri, on commence par descendre la lanterne, puis on abaisse le màt au moyen du treuil et on le démonte aux jonctions des tubes, après avoir préalablement enlevé l'armature.

ÉLECTROCUTION. — Nom donné en Amérique aux exécutions capitales par Télectri-

cité. Nous avons décrit plus haut (V. Exécution capitale) l'appareil adopté. La première exécution a eu lieu le 7 août dernier dans la prison d'Auburn, à New- York, sur un Philadelphien nommé Kemmler, qui était condamné à mort depuis quatorze mois.

Le condamné ayant été lié sur le fauteuil construit pour cet usage, et les électrodes appliquées sur la tête et sur les mains, on établit le courant.

Le corps du condamné sursauta violemment; les membres se contractèrent et la secoasse amena une contraction effroyable du visage. Le condamné poussa un profond soupir, puis le corps se raidit- Après que le courant électrique eut duré une demi-minute à peu près, il fut arrêté, et les médecins s'approchèrent du supplicié.

Après un examen sommaire, trois médecins déclarèrent que Kemmler était mort, mais, un peu après, le D' Spitzka fît observer qu un souffie semblait sortir encore de la bouche. A peine avait-il fait cette observation que la poitrine de Kemmler se souleva convulsivement, et l'on vit de nouveau se produire des contorsions horribles du corps et des mouvements saccadés de la mâchoire.

Kemmler n'était pas mort. Tous les assistants étaient pénétrés d'horreur. L'un des journalistes présents s'évanouit.

On remit le casque sur la tête du supplicié, et on établit de nouveau le courant électrique. A peine le courant avait-il été établi qnll se répandit dans la salle une odeur nauséabonde de chair et de cheveux brûlés. C'était le corps du condamné qui brûlait !

On arrêta le courant et les médecins furent unanimes à constater la mort. Us déclarèrent en même temps que, si le courant n'avait pas tué le condamné, celui-ci avait dû cependant perdre immédiatement toute conscience.

L'autopsie a démontré qu'un cercle bien défini existait sur le haut de la tète, où la peau avait été enlevée, tandis que dans le dos, où Ton avait appliqué la seconde électrode, on a constaté une marque circulaire de quatre pouces de circonférence.

La chaleur excessive avait complètement desséché l'éponge de l'électrode ; le sang était légèrement coagulé et les poumons conge>tionnés.

Le cœur et les intestins présentaient l'apparence normale , mais, au-dessus du cerveau et au-dessous de l'endroit où avait été appliqué l'électrode, le sang était carbonisé.

ÉLECTROMÉTALLURGIE.

Un des témoins de l'exécution, le D' L. Balch, s'exprime ainsi : « Lors du passsige du courant, Je seul effet visible fut la tension des muscles et le gonflement des narines et des lèvres. Il n'y avait aucun symptôme de souffrance sur la face ni dans Faction musculaire. Je crois que la sensibilité fut absolument paralysée par la première application. Le courant fut maintenu dix-sept secondes, pendant lesquelles le corps du condamné resta tendu pour retomber inerte dès que le courant eut été interrompu. La mort paraissait être survenue, si Ton peut en juger par rapparence générale du visage et par Taspect du corps. Cependant le courant n'avait pas été maintenu assez longtemps pour déterminer la mort complète. Quelques secondes après la rupture du courant, des signes de vie furent découverts ; la sensibilité n'était pas revenue ; mais le cœur et les poumons essayèrent d'accomplir leurs fonctions, en même temps qu'une écume mousseuse paraissait autour de la bouche. La seconde application du courant fut prolongée pendant trois à cinq minutes, et, quand on rompit le circuit, Thomme était mort. ))

Tous les journaux de New-York ont protesté contre cette exécution, qu'ils ont qualifiée de boucherie.

Il est probable cependant que le condamné a été tué par le premier courant, ou au moins qu'il a perdu immédiatement la sensibilité. Ce mode d'exécution, qui offre peut-être aux assistants un spectacle fort désagréable, parait cependant moins inhumain que la pendaison, qu'il est appelé à remplacer définitivement, malgré les péripéties qui ont accompagné la première tentative. En effet, le coroner Jenkias, qui a fait l'autopsie, a émis l'avis que l'électricité est bien préférable à la pendaison et donne fnoins de souffrance, la pendaison n'amenant jamais la mort avant huit ou dix minutes.

D'ailleurs on pourra sans doute une autre fois, en prenant les précautions convenables, éviter les scènes regrettables qui se sont produites la première fois. Ainsi, d'après M. Charles R. Bames,les dynamos étaient installées sur un plancher d'étage auquel elles communiquaient, à pleine vitesse, des vibrations de 10 à 25 millimètres. Les courroies étaient neuves et faillirent quitter les poulies quand on ferma le circuit; on eut bien de la peine à les maintenir pendant le temps nécessaire.

Enfin, d'après M. Edison, les points choisis pour établir le contact, c'est-à-dire la base du

crâne et le bas de l'épine dorsale, étaient extrêmement défavorables, à cause de la grande résistance des os et des cheveux. Grâce à ce choix, le condamné n'aurait reçu qu'une faible partie du courant, car une tension de 1300 volts pendant un temps aussi long l'aurait complètement carbonisé. On serait beaucoup plus certain d'obtenir une mort rapide en faisant pénétrer le courant par les mains, préalablement nettoyées, et plongées dans la soude caustique. Les doigts, les mains et les bras, grâce au sang qui y circule, forment de bons conducteurs. M. Edison pense du reste que Kemmler était mort après le passage du premier courant. La mort par pendaison peut être également suivie de mouvements musculaires.

ËLECTR0MËTALLUR6IE. — Nous avons indiqué plus haut les tentatives faites pour appliquer l'électricité à la préparation industrielle de certains métaux, tels que l'aluminium, le zinc, le cuivre. Nous ferons connaître encore un certain nombre de procédés récents.

Extraction de Valuminium. — Nous avons décrit le procédé Cowles, qui a été le premier appliqué en Amérique, et qui consiste à réduire l'alumine par le charbon, sous Tinfluence de la chaleur dégagée par l'arc voltaîque. L'opération se fait dans un fourneau en briques réfractaires, garni de brasque faite avec du charbon et de la chaux. Les électrodes, placées dans le sens de la longueur, sont constituées par des faisceaux de crayons en charbon, encastrés dans une monture métallique. Elles sont inclinées et se déplacent du dehors au moyeu de crémaillères ; on modifie leur distance pour régler le courant.

Dans le procédé Héroult, on décompose l'alumine par l'arc voltaîque, en présence d'un métal, si l'on veut obtenir un alliage, ou de la cryolithe, fluorure double d'aluminium et de sodium, lorsqu'on veut avoir l'aluminium pur. On opère dans une caisse en fonte, garnie de plaques de charbon conducteur reliées au pôle négatif ; on y ménage une cuvette que Ton remplit du métal qu'on veut allier à l'aluminium. L'électrode positive, formée d'un prisme en charbon, est approchée à une distance d'environ 3 millimètres, et le métal entre en fusion. On jette alors dans le fourneau l'aluminium mélangé de métal, par un trou de chargement ménagé dans le couvercle ; l'oxyde est réduit avec formation d'oxyde de carbone, probablement aux dépens de l'anode. On fait sortir de temps en temps l'alliage par un trou de coulée I placé à la partie inférieure.

ÉLECTROMÉTALLURGIE.

Il suffit d'employer une force électromotrice de 20 et souvent même de 10 à 15 volts, avec une intensité de 3000 à 4000 ampères. Le courant est fourni par deux dynamos de 20 volts et 6000 ampères , qui empruntent la force motrice à une chute d*eau de 800 chevaux environ.

L'opération est continue : on règle la distance de Tanode d'après l'indication de l'ampèremètre et on la remplace rapidement quand elle est usée.

Si l'on veut avoir Taluminium pur, on fait usage d'une cathode en cuivre, isolée du reste de la caisse par un pisé en charbon, et le métal se rassemble dans l'espace compris entre cette électrode et les parois. On charge d'abord de la cryolithe, que l'on fond; puis on ajoute par petites portions un mélange d'alumine et de cryolithe.

Le rendement est d'environ 16 grammes d'aluminium par cheval-heure ; on a pu même atteindre 30 ou 40 grammes. Pour obtenir 1 kilogramme de métal, on prend 2200 grammes d'alumine calcinée, 1600 grammes de cryolithe, et l'on use 1 600 grammes de l'électrode de charbon. Un appareil donne environ 20 kilogrammes d'aluminium par vingt-quatre heures.

Le prix de revient de l'opération elle-même ne dépasserait pas 5 francs par kilogramme, mais le chiffre considérable des frais généraux (200000 fr. par an) force à élever le prix de vente à 20 ou 30 francsce L'aluminium obtenu est à 80 p. 100. La plupart des impuretés se volatilisent, mais la silice se réduit : le procédé peut, du reste, servir à la production des alliages de silicium.

« Il ne diffère en somme du procédé Cowles que par des détails opératoires. On supprime le charbon dans le mélange traité, mais l'électrode semble fournir le charbon nécessaire à la réduction. Les appareils semblent plus faciles à conduire et permettent de marcher avec une différence de potentiel plus faible, grâce sans doute à la faible distance maintenue entre les électrodes. Pour l'aluminium pur, l'emploi du bain de cryolithe, en protégeant ce métal, permet sa préparation, difficile par le procédé américain. » (U. Le Verrier, Note sur les progrès récents de la métallurgie,)

Le procédé Kleiner, que nous avons décrit plus haut, ne semble donner qu'un faible rendement.

Le procédé Bernard et Minet, employé à Creil, n'utilise le courant fc[ue pour l'électrolyse, le

mélange étant fondu par l'action de la chaleur. Dans ces conditions, il suffit d'avoir une force électromotrice de 5 volts.

Pour obtenir l'aluminium pur, on fond à 700», dans une cuve en fer, un mélange de 40 parties de fluorure d'aluminium avec 60 à 70 de chlorure de sodium. Au fond on place les deux électrodes, et au-dessous une coupelle de charbon qui reçoit le métal mis en liberté. Les parois de la cuve sont reliées au pôle négatif par une dérivation qui ne laisse passer que 5 à 10 p. 100 du courant total : elles se recouvrent ainsi d'une couche d'aluminium qui empêche le fer d'être attaqué.

Une partie du fluorure, 10 p. 100 environ, se volatilise. I^ fluor que l'électrolyse dégage au pôle positif est absorbé dans de Taluminium en poudre, afin de régénérer le fluorure qui a été réduit.

Il faut 2 kilogrammes d'alumine et 1,3 kilogramme de fluorure pour obtenir 1 kilogramme de métal. La production peut atteindre 25 graimmes par cheval-heure. En prenant les parois de la cuve comme électrode négative, et remplaçant le fluorure par de la cryolithe, additionnée de bauxite, on peut obtenir de l'aluminium ferreux, et la production peut s'élever jusqu'à 40 grammes par cheval-heure.

«Il est assez difficile de se prononcer maintenant sur l'avenir réservé à ces différents procédés. Je pense que les méthodes électriques sont destinées à l'emporter; car si, dans les méthodes chimiques, on est amené à préparer le sodium par l'électrolyse, il semble rationnel de supprimer cet intermédiaire : il ne pourrait conserver d'utilité que pour la préparation de l'aluminium extra-pur, où jusqu'à présent les méthodes chimiques semblent mieux réussir que les autres.

« Quant aux procédés électrique^, les plus faciles à manier doivent être ceux qui emploient des courants à faible tension. (Les rendements paraissent comparables.) Le procédé Minet a peut-être à ce point de vue un avantage ; le procédé Héroult aurait en revanche la supériorité de ne pas employer des produits de préparation compliquée comme le fluorure d'aluminium ; mais cet emploi est peut-être une condition indispensable pour avoir de l'aluminium tout à fait pur, ce qui semble peu conciliable avec l'usage de la cryolithe naturelle.

« Le procédé Héroult serait peut-être le plus simple pour la fabrication des alliages, tandis que l'autre l'emporterait pour l'extraction de l'aluminium.

ÉLECTROMÉTALLURGIE.

(c Aucune de ces méthodes, du reste, ne résout le problème d'extraire Taluminium de ses composés très répandus dans la nature, comme les argiles. Toutes sont encore obligées d'employer des matières pures, c'est-à-dire, soit des minerais rares comme le corindon, soit des produits artiAciels.

c( La réduction du silicium, dont la présence est nuisible même dans les alliages, empêche de recourir aux substances non exemptes de silice. Malgré ces circonstances, le prix des matières premières ne constitue que le tiers ou le quart des frais: la main-d'œuvre, les opérations accessoires dans les méthodes chimiques, dans les autres cas, l'amortissement des grandes installations électriques se reportant sur une production assez faible, sont les causes principales de l'élévation du prix de revient. i> (U. Le Verrier, toc. ciL)

Extraction des métaux précieux, — On sait qu'il est très difflcile d'extraire l'or et l'argent des minerais complexes dans lesquels ils sont unis avec l'arsenic, l'antimoine, le soufre, parce que ces composés ne se laissent pas en général griller complètement et résistent dans ce cas à l'amalgamation comme à la plupart des réactifs. Ainsi les pyrites aurifères, qui se rencontrent assez fréquemment, restent souvent inutilisées lorsqu'elles ne sont pas très riches.

Beaucoup de procédés ont été essayés inutilement pour traiter ces minerais : la meilleure méthode parait consister à traiter les résidus de grillage par le chlore gazeux qui dissout l'or.

L'électrolyse, qui produit facilement du chlore naissant, semble fournir une excellente solution. On fait passer les minerais dans une dissolution de sel marin ou d'autres chlorures, décomposée par un courant à haute tension. Le chlore dégagé au pôle positif attaque tous les composés de l'or et de l'argent, et ces deux métaux se dissolvent à l'état de chlorure double.

Un certain nombre de méthodes récentes utilisent la réaction qui précède. La plus pratique parait être celle de M. Gassel, qui permet de dissoudre l'or et de le précipiter en une seule opération.

L'opération se fait dans une auge de bois, dont les parois sont garnies de plaques de cuivre formant l'électrode négative. Dans cette auge tourne un tambour en matière poreuse telle que l'amiante, dont l'axe communique avec le pôle positif et porte des baguettes de charbon, qui viennent aboutir près de la cloi-

son d'amiante. L'anode ainsi constituée est donc toujours séparée de la cathode par le diaphragme poreux.

On remplit l'appareil d'une solution de sel marin, on fait passer le courant, puis on verse le minerai dans le tambour, qui tourne avec une vitesse de 10 tours par minute. L*or se dissout, et le chlorure, traversant librement la cloison poreuse, va s'électrolyser dans l'auge, de sorte que le métal se dépose, sous forme de poudre, sur les plaques de cuivre qui constituent la cathode. Cette pondre est ensuite lavée, sécbée, puis fondue et rafflnée.

Si le minerai est formé de blendes ou de pyrites cuivreuses, le zinc et le cuivre se dissolvent aussi et se déposent avec l'or.

Dans cette méthode, on doit éviter que le bain devienne acide, car le fer, qui se trouve toujours dans le minerai, précipiterait l'or. Pour écarter cet inconvénient, on bocarde le minerai avec du sel marin, et l'on ajoute une certaine quantité de chaux, qui précipite le fer.

Dans le procédé Body, on électrolyse une dissolution de chlorure alcalin et de perchlorure de fer. L'opération se fait dans un cylindre tournant contenant des boulets en fer. Le minerai est attaqué. L'or et l'argent se dissolvent, puis se précipitent de nouveau par l'action du fer : ils restent donc mélangés au minerai, mais sous un état différent, qui les rend faciles à amalgamer. On arrête alors la rotation et l'on ajoute du mercure.

M. U. Le Verrier, dans la note à laquelle nous empruntons la plupart des renseignements qui précèdent, examine les avantages et les inconvénients que présente l'application de l'électricité à la métallurgie- Il cherche d'abord si la production de chaleur par l'électricité, c'est-à-dire l'emploi du four électrique, peut être économique.

« Il est très difflcile de calculer a priori quelle portion de l'intensité d'un courant on pourrait utiliser sous forme de chaleur. Mais, au point de vue pratique, le traitement de l'aluminium fournit une donnée réelle. On obtient couramment 15 grammes de ce métal par cheval-heure, et, dans, des essais soignés, on est arrivé à une production de 40 grammes. En tenant compte du poids des matières qu'il faut fondre et admettant une température de 1500<>, il y aurait environ 60 calories utilisées (je ne tiens pas compte delà réduction de l'alumine, compensée par la combustion du charbon des électrodes ou de celui qu'on ajoute dans la charge).

ÉLECTROPHORE.

« Prenons ce chiffre comme représentant l'utilisation pratique qu*on peut espérer en général. Supposons que le cheval-heure, produit par une force hydraulique, revienne seulement fi i centime, et que la tonne de houille vaille 20 francs : Télectricité donnera 60 calories, pour le prix de 500 grammes de charbon, qui peuvent en dégager 3000. D*autre part, dans un four à bonne marche, comme dans les fours Siemens, l'utilisation peut atteindre 20 p. iOO. C'est donc 600 calories qu'on aurait pour le même prix en chauffant avec de la houille.

« Ainsi le chauffage par Télectricité serait 10 fois plus coûteux, et, dans la pratique, ce rapport pourrait s'élever à 20.

« Cet écart diminuerait pour les températures très élevées, et surtout pour les opérations où il faut chauffer en vase clos ; car alors, comme dans la fusion de l'acier en creuset, l'utilisation du charbon peut descendre au-dessous de 5 p. iOO.

u L'électricité offrira des avantages sérieux pour certaines opérations spéciales ; elle permet de chauffer seulement un point déterminé, elle n'expose pas la matière au contact parfois dangereux du combustible ou des flammes; elle sera d'un maniement très commode dans les cas où le charbon serait à peu près impossible à employer. C'est ce qui arrive pour les soudures autogènes, qu'on ne pourrait guère faire autrement (sauf avec le chalumeau à oxygène). Elle peut développer des températures irréalisables avec d'autres procédés et elle a seule permis jusqu'à présent d'une manière courante la réduction directe de l'alumine.

« Il y a donc des cas où les combustibles ordinaires ne peuveut pas remplacer l'électricité. Mais, dans l'état actuel de la science, ce sont les seuls où l'emploi de cet agent comme producteur de la chaleur soit rationnel. C'est un chauffage de luxe, auquel l'industrie ne peut recourir que contrainte et forcée, toutes les fois du moins qu'il s'agit d'opérations en grand, où le prix de revient de la chaleur joue un rôle assez important pour être pris en considération. »

fiLECTROPHORE. — Le D'A. Bloch a imaginé un électrophore qui, malgré ses petites dimensions, donne de bons résultats.

Cet électrophore se compose d'un disque en verre et d'un plateau en laiton à manche isolant de verre. Le développement de l'électricité a lieu par le frottement direct du métal sur le verre. Le manche isolant étant fixé au plateau métallique, on saisit ce plateau par la

partie inférieure du manche, aussi bas que possible, en le prenant, comme une plume à écrire, entre le pouce et l'index de la main droite, les autres doigts appliqués sur la surface du métal. On le pose sur le plateau de verre, et, pour effectuer le frottement, on le fait tourner deux ou trois fois sur le verre comme si od voulait l'essuyer, en se servant des doigts de la main droite qui sont restés dans la même position et s'appuient solidement sur le métal, de manière à exercer une certaine pression des deux plateaux l'un contre l'autre. Quant au plateau de verre, il est bon de le tenir près du bord au moyen de deux doigts de la main gauche, pour l'empêcher de glisser pendant le frottement. On soulève ensuite le plateau métallique par le verre du manche, à sa partie supérieure, et d'un doigt de la main gauche on en tire une étincelle.

Il n'est pas nécessaire, si l'on veut recharger le plateau métallique, de recommencer chaque fois le frottement. Le contact suffît ensuite. On remet le plateau métallique sur le verre et on applique l'extrémité d'un doigt de la main droite sur le métal; puis, comme auparavant, on le soulève par le verre du manche pour obtenir une nouvelle étincelle. Ce n'est que par intervalles qu'il faut reprendre le frottement.

On peut encore frotter le métal sur le verre de la façon suivante : on appuie fortement le bout des doigts de la main droite sur le plateau métallique et on le fait tourner deui ou trois fois sur le verre comme précédemment, sans qu'il soit nécessaire de tenir le manche.

Avec cet électrophore on peut charger une bouteille de Leyde.

Les avantages de cet appareil sont les suivants. La peau de chat est supprimée. Son emploi, d*ailleurs, serait loin de donner des résultats aussi sensibles que le frottement direct du métal sur le verre.

L'électricité qu'il donne est négative, an lieu que l'électricité fournie par les électrophores de résine ou d'ébonite est positive, en sorte que, pour certaines démonstrations, l'on peut se dispenserde recourir à des machines électriques pour avoir de l'électricité négative susceptible d'être utilisée pour les expériences.

L'électrophore de métal et de verre fonctionne par les temps les plus humides. Quand l'humidité se dépose sur les objets, il faut essuyer les deux plateaux et surtout le verre du manche, par lequel se ferait principalement la déperdition de l'électricité dans cette circonstance. 11 se pourrait que, dans une pièce renfermant un

ÉLECTROSCOPE. — FIL BIMÉTALLIQUE.

très grand nombre de personnes, l'électricité ait quelque difficulté à se manifester rapidement; en ce cas, il n'y aurait qu'à ouvrir une fenêtre pendant quelques minutes pour renouveler Tair et Tappareil recommence à fonctionner.

Enfin, cet électrophore ne présente pas les inconvénients des électrophores de résine ou d'ébonite. En effet, le caoutchouc durci finit par perdre ses propriétés électriques par suite de l'altération de sa surface, et la résine se déforme et se fendille au bout d'un certain temps. Il est vrai qu'on peut remédier à ce dernier défaut en refondant la surface de la résine, ce qui n'offre aucune difficulté. Avec l'électrophore à plateau de verre, la surface peut se rayer par le frottement, mais cela ne présente aucun inconvénient au point de vue de l'électrisation.

ÉLECTROSCOPE. — Le pendule électrique et même l'électroscope à feuilles d'or peuvent être avantageusement remplacés dans les cours par l'électroscope du D» A. Bloch. Ce petit appareil est formé d'une aiguille d'aluminium extrêmement légère, qui repose par une chape d'agate sur une pointe métallique verticale, fixée elle-même au sommet d'un support isolant. La chape n'est pas fixée au milieu de l'aiguille, mais près d*une extrémité, et le plus petit bras porte une petite masse de cuivre, qui maintient l'aiguille en équilibre.

L'appareil se charge par influence ou par contact, comme les électroscopes ordinaires. On le décharge en touchant la partie métallique du support. On peut donner à l'aiguille d'aluminium une grande longueur sans augmenter beaucoup son poids. L'instrument est beaucoup plus sensible que l'électroscope à |

feuilles d'or, et les déviations se voient beaucoup mieux. Ainsi, il permet de montrer à un nombreux auditoire la petite quantité d'électricité prise à un conducteur électrisé par un plan d'épreuve.

ESSAI DE L'ÉLASTICITÉ DES MÉTAUX. — M. Gordier a appliqué les sonneries électriques à la mesure de l'élasticité, ainsi qu'à celle de l'allongement produit par une charge quelconque.

On fixe sur la règle à étudier deux colliers munis de coussinets en caoutchouc, qui servent d'isolateurs, et permettent en outre le serrage sur une barrette de forme quelconque. L'un de ces colliers porte un buttoir en métal, l'autre est muni d'une vis à manchon gradué, qu'on amène au contact avec le buttoir : ce contact ferme un circuit qui contient une sonnerie.

Pour déterminer la limite d'élasticité, on applique d'abord à la règle une charge faible ; par suite de l'allongement qui en résulte, le contact électrique est rompu et la sonnerie cesse de tinter. Dès qu'on enlève la charge, la barre reprend sa première longueur et la sonnerie se fait entendre de nouveau. On applique ensuite des charges de plus en plus fortes, et l'on reconnaît que la limite d'élasticité est dépassée lorsque, après la suppression d'une charge, le courant ne se rétablit pas. En employant des charges très rapprochées, on peut enfermer la mesure entre des limites aussi étroites qu'on le veut.

Pour mesurer l'allongement produit par une charge déterminée, on déplace la vis de façon a rétablir le contact pendant l'application de la charge; on lit sur le manchon gradué le déplacement de la vis ou l'allongement de la règle.

PIL BIMÉTALLIQUE. — M. Edouard Martin a donné ce nom à un fil compound, qu'il fabrique depuis quelques temps et qui parait donner de très bons résultats. Ce fil a été mis à l'essai par l'administration des télégraphes et par plusieurs gouvernements étrangers. Il est formé d'une àme d'acier recouverte d'une enveloppe de cuivre pur. La résistance à la traction est,

dit-on, supérieure à celle de l'acier, car elle est comprise entre 75 et 95 kilogrammes par millimètre carré. La conductibilité est 0,60 de celle du cuivre pur. Un fil bimétallique de 1,9 mm. de diamètre convient bien pour une ligne téléphonique, au double point de vue de la résistance mécanique et de la conductibilité. Il pèse 25,35 kilogrammes par kilomètre et coûte

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