‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 4 sur 310 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

des inventeurs ajoutent incessamment des mots nouveaux qui ne constituent pas toujours une richesse ; une synonymie compliquée et parfois bizarre jusqu'à dérouter les savants de profession, tels sont les éléments un peu disparates que doit réunir, coordonner, élucider un dictionnaire d'électricité. L'homme du monde veut y trouver des notions très élémentaires sur les principales découvertes modernes, l'industriel des renseignements exacts sur les diverses sortes d'appareils, leur mode de construction et leur usage, le professeur des exemples simples à introduire dans son enseignement pour le varier et le moderniser, le savant lui-même des indications diverses sur des applications avec le détail desquelles ses études favorites ne l'ont pas suffisamment familiarisé. Tous enfin viendront y chercher des matériaux à utiliser suivant leurs besoins et leur génie propre, mais non des matériaux bruts, sans préparation et sans choix.

En dehors des spécialistes, peu de personnes se feront l'idée nette de la masse de documents qu'il faut compulser pour mener à bien une œuvre comme celle que nous offre aujourd'hui M. J.Lefèvre. Les éléments en sont épars dans des centaines de volumes : traités généraux, traités particuliers, publications académiques, journaux scientifiques et industriels, écrits dans toutes les langues européennes. Bien plus, il faut souvent mettre à contribution sur quelque point les connaissances pratiques des hommes spéciaux, leurs relations scientifiques ou commerciales. Des matériaux ainsi accumulés, à grand'peine, il faut savoir extraire ce qui est vraiment primordial, essentiel; réduire ici au quart, là au centième, de manière à conserver une proportion à peu près rationnelle à toutes ces richesses, et à les rendre assimilables pour un public qu'on doit supposer plus curieux et intelligent que spécialement préparé par de longues études théoriques.

Pour faire un bon dictionnaire d'électricité, il ne suffit donc pas d'être un électricien : il faut avant tout faire œuvre de professeur et savoir trouver dans chaque article la matière d'une petite monographie, claire, concise et le plus possible indépendante des autres. Plus certains sujets seront traités d'une manière élémentaire, plus il deviendra indispensable que l'auteur en possède à fond les théories les plus élevées, sous peine d'être inexact en voulant rester bref, ou confus en visant à être complet. M. Julien Lefèvre, ancien élève de l'École normale, agrégé de l'Université, professeur au lycée et à l'École des sciences de Nantes, bien connu de ses maîtres comme un chercheur consciencieux et un professeur intelligent, ofl*rait à ce^ égard des garanties sérieuses, et se trouvait désigné d'autre part par son habitude de l'enseignement technique. Je crois pouvoir affirmer qu'il a réussi.

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