‹ Dictionnaire d'électricité et de magnétismeChapitre 58 sur 310 · CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE · texte numérisé non relu

CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE

fort peu Tatmosphère, Félectricité peut cependant donner de la chaleur et même être employée dans certains cas comme procédé de chauffage. La Société des usines électriques de Berlin a mis récomment à profit cette propriété, et fournit à la fois à ses abonnés la lumière et le chauffage, le courant employé étant dans les deux cas mesuré de la même manière et payé au même tarif. Les appareils employés au chaufTage sont spécialement disposés dans ce but, afin d'obtenir le meilleur rendement possible : ainsi, pour faire bouillir de Teau, on se sert d'une bouillotte à deux enveloppes, entre lesquelles est placée une bobine de résistance, et qui permet de porter à TébuUition en vingt minutes un volume de 85 centilitres d'eau avec 4 ampères et 100 volts. La même Société a disposé dans quelques théâtres des fourneaux électriques pour chauffer les fers à friser, etc., les becs de gaz et les lampes à alcool étant rigoureusement interdits pour éviter les incendies.

Chauffage des wagons.— M. Gourcelles a imaginé de chauffer les wagons au moyen de fils de fer que traverse le courant d'une machine dynamo. Ces fils tendus horizontalement sont serrés entre des plaques de cuivre et de plomb verticales, et le tout est disposé dans des récipients en métal semblables aux bouillottes ordinaires à eau chaude. Lorsqu'on fait passer le courant, les plaques s'échauffent au contact du fil, et l'appareil peut atteindre une température de 85° .

Chauffage des tramways. — La Burton Electric C**, de Richmond (Virginie), chauffe les voitures de ses tramways à l'aide de la canalisation électrique qui sert pour la traction. Pour cela, une résistance en forme de gril est placée dans une boîte de 70 centimètres de longueur, 20 de largeur et 10 de hauteur, renfermant de la terre réfractaire. Quatre chaufferettes de ce genre, disposées en tension, sont montées sur une dérivation de la ligne ayant une différence de potentiel d'environ 450 volts. On fait passer un courant de 6 ampères pendant 15 à 20 minutes ; puis, les appareils ayant atteint la température voulue, on ne conserve qu'un courant de 3 ampères pour empêcher le refroidissement. Chaque chaufferette consomme donc, en marche normale, environ 350 watts.

CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE. — Voy.

Locomotive et Monorail.

Chemin de fer électrique de table. — Petit appareil qui permet de faire facilement et rapidement tout le service d'un repas, sins

qu'aucun domestique pénètre dans la salle à manger; le premier modèle a été installé dan» l'hôtel de M. Gaston Menier, à Paris.

Un train électrique, qui va de l'office à la salle en traversant un petit tunnel pratiqué dans la muraille, apporte et remporte les plats et les assiettes et fait le tour de la table en accomplissant rapidement et sans bruit, sous la dirt^tion du maître de la maison, toutes les manœuvres nécessaires au service.

L'installation comprend deux parties essentielles, la voie et le train. Le véhicule se compose d'une plate-forme de 75 centimètres de longueur et de 22 centimètres de largeur pivotant sur deux boggies : l'un de ces boggies n'est qu'un truck à deux essieux servant de support, l'autre porte le petit moteur dynamoélectrique, qui est formé d'une double bobiner en T du genre Siemens. L'appareil pèse 7 kilogrammes à vide et peut porter une char^^^ totale de 25 kilogrammes.

La voie se compose de quatre rails parallèles fixés sur des planchettes en chêne qu^on dispose bout à bout en nombre convenable suivant la longueur de la table. Les deux rails extérieurs, qui supportent les roues du véhicule, sont isolés l'un de l'autre et en communication avec l'inducteur du moteur dynamoélectrique. Les rails intérieurs reçoivent de petits galets de contact à l'aide desquels iU font communiquer l'induit du moteur avec une batterie d'accumulateurs toujours chargée ; un commutateur, intercalé dans ce circuit et placé à la droite du maître de la maison, lui permet d'arrêter le train et même de changer le sens de sa marche par une simple inversion du courant dans l'induit. Le démarrage et l'arrêt se font très rapidement.

Pour faire le tour de la table, le train doit parcourir successivement deux voies placées des deux côtés de la table, devant chaque rangée de convives. Vu les dimensions du train, il était difficile de réunir les deux voies, aux extrémités de la table, par une courbe en forme de demi-cercle, parce qu'on n'aurait pas pu lui donner un rayon suffisant : il a paru préférable de remplacer cette disposition par un aiguillage automatique à chaque bout. Le5 deux aiguillages sont maintenus dans une position donnée par des ressorts, et la voie est toujours faite d'un même côté. Lorsque le train arrive dans un sens, il appuie sur les rails et fait lui-même l'aiguillage. Lorsqu'il revient en sens contraire, il rencontre l'aiguillage en pointe et s'engage sur l'autre voie.

Page 1