EFFETS CHIMIQUES. — ÉLECTRICITÉ
EFFETS CHIMIQUES, PHYSIQUES ET PHY- SIOLOGIQUES. — Voy. Électricité.
EFFLUVE. — Décharge électrique invisible ou peu lumineuse qui se produit entre deux lames de verre placées en regard et portant sur leurs faces extérieures des feuilles d'étain communiquant avec les deux pôles d'une bobine de Ruhmkoriî ou d*une machine électrique. L'effluve produit beaucoup plus d'ozone que Tétincelle ; aussi est-elle utilisée dans les appareils à ozone de M. Berthelot, de M. Houzeau, etc.
EFFLUV06RAPHIE. — Production de l'image photographique dans l'obscurité par l'effluve électrique. (Expériences de M. Boudet de Paris et de M. Tommasi . )
ÉGALISEUR DE POTENTIEL. — Appareil servant à faire prendre à un conducteur le même potentiel qu'à un point déterminé de l'atmosphère.
On peut employer une petite boule isolée qu'on place au point considéré en la mettant un instant en communication avec le sol par un fil fin. Si V est le potentiel en ce point, la sphère prend une charge 9, telle que le potentiel soit nul en un point intérieur quelconque, par exemple au centre. Si r est son rayon, on aura donc
On détermine alors la charge q et l'on en déduit V.
Il est plus simple de placer au point considéré une pointe formant l'extrémité d'un conducteur isolé. Si la pointe était parfaite, il n'y aurait équilibre que lorsque la pointe et le conducteur auraient pris le potentiel de l'air en contact avec la pointe. Les meilleures pointes sont une flamme ou un écoulement d'eau (Voy. Gollectedr).
S^ELECTRICITÉ. — Mot tiré du grec tXtxrpov (ambre jaune) première substance sur laquelle les anciens observèrent la propriété électrique, c'est-à-dire la propriété de pouvoir, après avoir été frotté, attirer les corps légers.
On désigne aujourd'hui sous le nom d'^/ectricité un agent impondérable, de nature inconnue, capable de communiquer aux corps qui en sont chargés un certain nombre de propriétés très diverses. On donne le même nom à la partie de la physique qui étudie les effets de cet agent.
Les phénomènes présentés par les coips soumis à cet agent peuvent être divisés en deux parties : ceux qui se produisent lorsqu'ils ont atteint un état d'équilibre électrique, et ceux qui
prennent naissance pendant la période plus 00 moins longue qui sépare deux états d'équilibre. La première partie est Vélectrieité statique, la seconde Vélectricité dynamique. En réalité, cette division n'est pas rigoureusement observée, et l'on place d'ordinaire dans la première partie les effets dus aux machines électrostatiques, dans la seconde ceux qui sont dus aux piles.
Hjrpothèses sur la nature de rélectricité. — Deux théories, imaginées au siècle dernier, vers la même époque, ont survécu jusqu'ici. Symmer expliquait les phénomènes électriques par l'existence de deux fluides existant en quantités égales et illimitées sur les corps non électrisés ou à Vétat neutre. Cette théorie, se prêtant facilement aux explications élémentaires, est encore employée quelquefois. De là viennent les mots électricité positive, électricUé négaiiv€y encore en usage aujourd'hui. Franklin admettait au contraire un seul fluide, répandu en quantité normale sur les corps neutres; un excès de ce fluide produisait une électrisation positive, une diminution de fluide se traduisait par une charge négative.
Les idées qui ont cours actuellement dans la science tendent à faire restreindre autant que possible le nombre de ces fluides, qu'on créait si facilement autrefois.
Les relations déjà observées entre l'électricité et la lumière font penser que les phénomènes électriques seraient probablement des manifestations des propriétés de ïéther, fluide auquel on attribue déjà la production des vU)rations lumineuses et caloriflques.
Al'appuide cette hypothèse, M. Hertz a publié, en 1889, d'intéressantes expériences que nous essayerons de résumer. Désirant vérifier si les phénomènes électriques ne seraient pas dus à des radiations d'une grande longueur d'onde,, il a réalisé des oscillations électriques très rapides, à l'aide d'une bobine de Ruhmkorff communiquant avec un excitateur terminé par deux petites sphères en laiton. Il se produit alors dans tout le milieu environnant des mouvements complexes participant à la fois des actions électrostatiques et électromagnétiques^ que M. Hertz a mis en évidence à l'aide d'un résonnateur électrique, formé d'un circuit circulaire presque fermé, terminé par deux boules de laiton très voisines. Placé dans le champ électrique, même à 20 ou 25 mètres de la bobine, ce résonnateur donne des étincelles. .M. Hertz a constaté que les rayons électriques ainsi obtenus peuvent être polarisés, réfléchis, diffusés, etc., comme les rayons calorifiques et lu-
raineux. » Pour moi, dit-il, les faits observés me paraissent mettre hors de doute Tidentité de la lumière, de la chaleur rayonnante et des mouvements électrodynamiques. »
Lois des attractions et des répulsions éloctriques. — Yoy. Actions électriques.
Production do l'éloctrictté. — L'électricité peut être produite par différents procédés que nous allons passer rapidement en revue.
i^ Électricité de contact, — Yolta a découvert que le simple contact de deux corps, sans action chimique, suffit pour produire de Télec- Incité. Il a donné sous la forme suivante le résultat de ses observations.
ÏAn des contacts. — Le contact de deux corps hétérogènes qtieleonqtteSy à la même température, établit entre ces deux corps une différence de po^ tentiel qui ne dépend que de leur nature^ mais nullement de leur forme f de leurs dimensions^ de V étendue des surfaces de contact^ ni de la valeur absolue du potentiel sur chacun d'eux.
Cette différence de potentiel est souvent appelée force électromotrice de contact.
Loi des contacts successifs ou loi des tensions, — Si Ton fait une chaîne continue avec un cei^ tain nombre de métaux, la différence de potentiel des métaux extrêmes est la même que s*Us étaient directement en contact.
Cette loi, découverte par Yolta, est une conséquence du principe de la conservation de Ténergie. En effet, soient des métaux A, B,C... N et désignons par A | B la force électromotrice de contact de A avec B ; d'après ce principe
AIB + BIC4- +MIN = A|N.
Si Ton ferme la chaîne, on voit que
A|B + B|C+ +M|NH-N|A = 0.
La chute de potentiel étant la même de chaque côté du métal N, il n'y a de courant ni dans un sens ni dans l'autre. '
Or il ne peut en être autrement, car, s'il y avait un courant, il serait produit sans rien dépenser, ce qui serait contraire au principe de la conservation de l'énergie.
Yolta a remarqué que certains corps, tels que les liquides, ne suivent pas cette loi. Aussi obtient-on un courant en intercalant des liquides dans la chaîne précédente.
C'est cette remarque qui lui a permis de construire sa pile. Mais, bien que la production dt Télectricité par contact soit hors de doute, on considère généralement l'action chimietue comme étant la source même de rélecfcricité. Néanmoins, le rêle de Félectricité de contact
dans la pile n'est pas suffisamment éclairci. Plusieurs physisiens, notamment MM. Ayrton et Perry, et M. Pellat, ont étudié récemment l'électricité de contact.
2« Électricité produite par le frottement^ la pressiony etc. — Toutes les circonstances qui rendent le contact meilleur favorisent la production de Télectricité. Si l'on frotte l'un sur l'autre deux corps isolés, ils prennent des charges égales et contraires. Si l'un des corps communique avec le sol, il lui cède son élec* tricité. Tous les corps, même les liquides et les gae, s'électrisent par frottement. On peut même électriser deux morceaux d'un même corps en les frottant l'un sur l'autre, pourvu qu'ils présentent une certaine dissymétrie.
Deux corps pressés l'un contre l'autre prennent également des électricités contraires. La plupart des cristaux s'électrisent quand on les presse dans la main, et conservent longtemps cette électricité. Toutes les actions mécaniques qui tendent à ébranler les molécules des corps peuvent donner de l'électricité : ainsi le clivage des cristaux.
3^ ÉUetrieité produite par les actions chimiques. — Les actions chimiques sont généralement accompagnées d'un dégagement d'électricité. Au contact d'un liquide et d'un métal attaqué par lui se produit toujours une différence de potentiel constante, qui ne dépend que de la nature des deux corps. C'est à cette cause que la plupart des électriciens attribuent la production de l'électricité dans les piles.
4» Électricité produite par la chaleur. — Yoy.
THERMO-éLECTRIClTÉ et PyRO-ÉLBCTRICITÉ.
o« Électricité produite par les actions mécaniques. On peut produire de l'électricité en déplaçant un circuit fermé dans le voisinage d'un courant ou d'un aimant (voy. Induction). C'est le principe des machines d'induction.
6<> Électricité produite par les êtres vivants, — Le corps des animaux est le siège d'actions chimiques continuelles, qui doivent produire sans cesse de l'électricité. Galvani en a obtenu on mettant en contact direct les muscles et les nerfs d'une patte de grenouille. M. Du Bois-Reymond en a trouvé dans le corps humain. ' Citons enfin les poissons électriques, dont les propriétés sont bien connues (Yoy. Électrogène).
£ifets do rélectricité. — Ils sont extrêmement nombreux et, en réalité, leur description remplit tout cet ouvrage. On peut les diviser en effets physiques, chimiques et physiologiques*
Effets phyaiq^es. — Les effets physiques de