L^ART ET LES MOINES
Si Ton franchit l*étroite limîto qui, dans rintelligence humaine sépare le domaine de ïa science et de la littérature du domaine de Tart, on retrouve encore ici, comme partout, les moines au poste d*hunneur, à l'avant-garde du mouvement chrétien. On reconnatt en eux les principaux instruments de cette lente et salutaire régénération qui a dégagé Tari de toute influence païenne, et qui la revêtu de cette forme complètement et exclusivement catholique, d*où sont sortis tant et de si Inimitables chefs-d'œuvre. Trop longtemps méprisés par le même esprit qui a méconnu l'histoire, la science et toute la grandeur des siècles catholiques, tes monuments produits pendant ces siècles par l'union merveilleuse de l'enthousiasme et de l'humilité recommencent enfin de nos
Jours à être étudiés et admirés, et la justice 'on lesi disposé à leur rendre ne pourra que profiler par surcroît aux ordres religieux. S'il nous était permis ici de comprendre dans nos appréciations Tépoque où l'art catholique a atteint son apogée, combien nous aimerions à montrer cet art maintenu par Tesprit monastique dans sa vigueur, sa Dureté et sa fécondité primitives, sous des formes nouvelles, surtout au sein
<97&) Ce fragment liistorique fut inséré en mars 1847 dans les Annales archéologiques ^ dirigées par M. Didroii aîné, qui accompagne cette insertion de |j n%jte suivante : < Comme fleur de sa jeunesse, M le comte de Montalemberl a donne à la France et au monde chrétien Plneflable c Légende i de sainte Elisabeth de Hongrie; comme fruit de son âge mûr , il prépare , depuis dix ans déjà , la n):*gni0que histoire de saint Bernard* Mais saint Bernard , ainsi que tous les grands hommes , et surtout les grands saints, Tut un centre où afflua le
Eassé qui Pavait précédé et d'où partit Tavenir qui î suivit. Avant de poser cette statue colossale au milieu du moyen âge, il fallait donc raconter toutes les [circonstances qui Fa valent amenée insensiblement jusqu'au xu* siècle ; à Thistoire , à la vie de saint Bernard, il fallait une introduction proportionnée à cette histoire même. L'introduction, œuvre considérable et laborieuse , est fort avancée ; elle aura pour titre : De Cordre monastique avant saint Bernard. On y verra comment, ilepuis les pre* iniers siècles du christianisme jusqu'au xii*, fut préparée la venue de l'illustre moine français, et l'on pourra suivre pas k pas rinfluence de l'ordre monastique sur la société et les individus , sur les çsprits et les âmes, sur les œuvres de la l^slation ei les monuments de l'art, sur les hommes et les choses. L'article qu'on va lire est un chapitre que M. le f'onite de iMonuleniljert a déuiché de sa volumineuse introduction ; le noble historien l'offre à nos lecteurs , ainsi qu'il vient de nous l'écrire , . comme une marque de sa persévérante sympathie pi>ur notre i œuvre si nécessaire et si féconde* i Nos amis accueilleront donc avec reconnaissance ce . iravall de Tcloqueut et savant écrivain, ils remar-
de Tordre des Frères Prêcheurs (972) ; conabien nous aimerions à suivre ses prosrès,
iusqu à ce qu'il ait atteint cet idéal oe la beauté transrigurée par la foi, cette perfection enchanteresse de la grAce, de la noblesse et de la pureté* dont le type se trouve dans la Madone^ telle que Dante Ta chantée, et telle que Ta peinte le bienheureux Dominicain Jean de Fiesole, si justement surnommé le FreVe Angélique. Mais, en nous renfermant dans la période qui nous occupe spécialement, nous pourrons constater que les moines préparaient et annonçaient, dans leurs innombrables travaux d*art, Tavénement de cette perfection de Tart catholique qui a régné du xii* au xv' siècle (973], et nous aurons au moins la consolation ae no trouver sur notre chemin aucune trâcQ de cette dépravation du sens chrétien qu*on a ap-
Eelée la Renaissance^ et qui a creusé le tomeau de la vraie beauté et de la vraie poésie. DèsKorigine de Tordre monastique,saint Benoît avait prévu dans sa règle qu'il y auraitides artistes dans les monastères, et] il n'avait imposé à Texercice de leur art, à Tusajze de leur liberté qu'une seule condition» Thumilité (9%). Sq prévision fut accomplie, etsa loi fidèlement exécutée. Les monastères bénédictins
queront que M. de Montalembert n'v parie que ue la période antérieure à saint Iternard, et qu'il a dû s'arrêter au seuil du xii* siècle, à l'époque même où l'art fut pratiqué avec le plus d'éclat par les ordres monastiques. Et cependant, en parcourant ces {»ages rapides , ce chapitre qui n'est peut-être p4s a centième partie de l'ouvrage, on verra les services immenses que les moines ont rendus à l'architecture, à la sculpture , à la peinture , à Torfévrerie, à la musique ; un autre chapitre concerne l'éducation, un autre l'histoire. En ce moment, où les corporations religieuses sont attaquées avec aveuglement et violence, l'œuvre de M. 1^ comte da Montalembert éclairera hien des esprits et adoucira bien des cœurs. — Toutes les notes, hors celle-ci, appartiennent i M. de Montalembert; nous avons dû respecter religieusement le texte, même dans une note où certain article du directeur des i Annales I est cité et qualiûé avec une bienveillance excessive. Du reste, ce n'est pas la lettre^ mais /'eiprii de cette note que Tua considérera, et cet esprit est celui d'une aflectueuse sympathie dont nous avons le droit de nous honorer.! (iVoi^ du directeur des Annales archéologiques.)
(972) Nous ne pouvons qu'indiquer ici Texeel* leut ouvra^re du P. Marchese, Dominicain à Florence, sur la gloire de son ordre, intitulé : Memorie dei pittori^ scitltori e ar^hitetU donumcani» Firenze,. 1815 et 46, 2 vol. in -S*.
(975^ Voir Rio,i>6/a poésie chréliemie; fornsede Paru (974) f Artifices si sunt in monasterio, cam omni bumilitate el reverentia faciant ipsas artes, si perniiserii abbas. Quod si atiquis ex eis extollitar pro scieutia artis suae, eo duod videatur allquid coiiferre mimasterio» hic talis evellatur ab ipsa arte, et
itn
eurent bientôt, non-seulement des écoles et des bibliothèques, mais encore des ateliers d'art où Tarchitecture, là peinture, la mosaïque, la sculpture, la ciselure, la ealligra* phie, le travail de Tivoire, la monture des
Eierres précieuses, la reliure et toutes les ranches de l'ornementation furent étudiées et pratiquées avec autant de soin que de succès, mais sans jamais porter atteinte à la juste et austère discipline de Tinstitut. Six cents ans après saint Benoit, lorsqu*un des
Slus austères réformateurs du m* siècle, le . Bernard de Tiron, voulut former dans le Maine une nouvelle congrégation, sous la règle bénédictine, il eut soin de la recruter parmi les ouvriers et les artistes du pays, en permettant à chacun de continuer l'exercice de son ancien état sous le froc monastique. Il put ainsi réunir sous ses lois, dit l'histoire contemporaine, une foule d'artistes très-habiles, peintres et architectes, ciseleurs et orfèvres, qui travaillaient de leur ëtat dans le monastère en même temps que les forgerons, les charpentiers et les laboureur§ (975).
L'enseignement de ces arts divers formait roêine une partie essentielle de l'éducation monastique (976).
Les plus grandes et les plus saintes abbaves étaient précisément les plus renommées par le zèle qu'on y déployait pour la culture de lart. Saint-Gall, en Allemagne; leHont-Cassin, en Italie ;Cluny, enFrance» furent pendant plusieurs siècles les métro-
E3les de Tart chrétien. Plus tard, Saintenis, sous Tabbé Suger, leur disputa cet honneur. A Tombre de son immense église, la plus grande de toute la chrétienté, cTuny, avec les innombrables abbayes qui relevaient d'elle, formait un vaste foyer où tous les arts recevaient ce développement prodigieux qui devait attirer les reproches exagérés de saint Bernard (977). Le Mont-Cassin suivait la môme impulsion , et l'on voit que l'abbé Didier, lieutenant et successeur
denuo per eam non tratiseat , nisi furte humiliato ei ilcnim abbas jiibeat. > C. 57. — A ceux qui voudraient traduire liitéralenient le mot artifices par ouwiert^ nous répondrons qu'au moyen âge les arlisles n'étaient guère que des ouvriers , et qu'en revanche les ouvriers étalent presque tous des artistes; que d'ailleurs la nature de^ recommandalions faites par le saint législateur prouve assez qu'il s'agissait d'ouvriers appliqués à des travaux d'un ordre élevé et intellectuel, qui pouvaient inspirer l'orgueil, c'est-à-dire de ce qu'on appelle ariiste$ dans le langage moderne.
(975) I Singulas artes quas noverant, légitimas iii monasterio exercere praecepit; unde libenter conveneruni ad cum lani fabri lignarii quam ferrarii, sculpiores et aurifabri , pictores et caenienlarii, vinitores et agricolae, mullorumque ollicioruni artifices peritissimi. i Orderic Vital, lib. viii,p. 715, éd. Duchesne.
(97ti) Voici, par exemple, ce qu'il est dit de l'éducation de saint Bernard , évoque de Uildesheim, élevé dftns le monastère de cette ville au milieu du x* siècle: c In scribendo (la calligraphie) ap-
Erime eoitult; picturani etiam limate exercuit. Farili quoque scientia et arte clusoria (la ciselure^ ou l^art d'enchâsser les pierres précieuses), omnioue Structura (Çarchitecture) mirifict excelluit...» Vit.
de saint Grégoire VII, conduisait de (rootli reconstruction de son monastère sur une échelle colossale, et de vastes travaux île mosaïque, de peinture, de broderie et de ciselure en ivoire, en bois, en marbre, ea bronze, en or, en argent, exécutés par des artistes byzantins ou amalfitains, et qui loi valurent I admiration expansiye descoBtemporains (978). Un autre des iieutenaots de Grégoire Vil, saint Guillaume, abbé deHirschau, en Souabe, se livrait avec ardeur à li culture des arts : il établit deux écoles d'architecture, l'une à Hirschau même, l'autre au monastère de Saint-Emmeran de Ratis-
bonne (979).
Au XI* siècle surtout, on 5>eul raffirmer, à l'exemple de Didier et de Guillaume, la (dopart des moines célèbres par leurs veitos, leur science ou leur dévouement à la liberté de l'Eglise, Tétaient également par leur zèle pour l'art, et souvent aussi nar leur talent personnel pour la ciselure, la peinture ou l'architecture. On dérogeait même i b règle en permettant ou eu ordonnant ani moines artistes, lorsque leur conduite éuit exemplaire, de sortir de leur monastère et de voyager, afin de perfectionner lenr tilcct ou d étendre leurs études (980). Quand la charité l'exigeait, on les envoyait au Mr. en véritables missionnaires de rart^poctcr dans les contrées étrangères les traditiOBiei les règles de la beauté monumentale, comme ceux qu'un abbé de Wearmouth envoja es qualité d'architectes au roi d*£cosse Naitm, sur la demande de ce prince, pour enseigner aux Pietés la construction des églises en pierre selon l'usage des Romains (W).
L'architecture ecclésiastique est redenbie aux moines de ses plus durables progrès. L'ordre de Citeaux est celui de tous qui noos a laissé les éditices les plus parfaits. Mais, pendant les six siècles qui séparent saim Benoit do saint Bernard, comme peodam tout le cours du xni* et du xiv* siècle, lei moines surent appliquer à d'innombrables
S. Bemtvardi\ auet, Tangmaro coœquali, in AA SS. 0. B., t. VIII , p. 181. — On voudra biea r^ marquer que celle educalion moiiaslique se tenait en plein x* siècle, c*est-à<dire dans un leapi quo les pédanls modernes ont reprcsenlé comme lephs obscur et le plus malheureux qui ail jamais exi^
(977) Voir le curieux tableau que fait sai&l Bernard des mngniflccnccs artistiques de Cluoj. Af»lotjia ad Guiilelmum^ c. 12.
(978) Léo Osliensis, Chron. Canneiu.^ lîv. ra,cll« 20, 28, 29, 30, 33, pleins de détails Inapprédilii».
(979) Ses services oui élé convenablemeol app* fiés par Heideloff, Die BauhuUe des Mittdûlun » Deutschland, p. 5.
(980) C*est ce crue prouve ce passage rebiK a Tulilcn de SainlGall : c Abliatum vero sab q«ibB mililaveral permissu, plerumque et praecepcii, mt^ las prupler arlificia siniul ei doclrlnas peragraivni terras. > Ekkehard , De casib. SaHcti-GM, c l Apud Goldast. Script, ter Atam.^ i. I.
(981) < Naiianus, rex Pictorum...arcbitectMsik miui petiit , qui juxia morem Romanoran, cccfcsiam de lapide in gente ipsius faoerent... Refeictlissimus abbas Ceolfridus tami archiledos..- * Beda, //ta/, eccles:, I. v, c. 92. Ce CeolfrkI éiaHflr cesseur de saint Benoit Biscup, au vu* siède.
1315 APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS LWRT. 12U
constructions la magnîGcence et la solidité que comporte cette reine des arts. Non-seulement ils élevèrent à Cluny la plus vaste basilique du moyen Age et de toute la chrétienté (982)^ mais ils couvrirent tout le pays de TEurope catholique d'une profusion d*é- (çlises, de cloîtres, de salles capitulaires, dont il nous reste è peine les noms et quelques ruines ; toutefois, parmi ces ruines, il en est qui méritent de compter au nombre des monuments les plus précieux. Nommons seulement, entre les monastères remarquables par leur beauté architecturale, et dont on peut encore aujourd' hui apprécier les restes, Croyiand, Fountains, Tintern, en Angleterre; Walkenried, Heisterbach, Altenberg, Paulinzelle, en Allemagne; les chartreuses de Miraflores, de Séville, de Grenade (983), en Espagne ; Alcobaça et Batalha, en Portugal ; Souvigny, Vézelay, le Mont-Saint-Michel, Fontevrauld, Pontigny, Jumiéges, Saint-Bertin, en France; noms à jamais chers aux véritables architectes, et qu'il suffit de prononcer pour frapper d'une ineffaçable n^probation les barbares auteurs de la ruine et de la profanation de tant de chefs-d'œuvre.
Pour se faire une idée de la grandeur majestueuse des constructions monastiques, il faut visiter l'Angleterre. L'œuvre de dévastation y a été moins complète et moins irréparable qu'ailleurs, d'abord parce que la propriété monastique y a été pen morcelée, mais surtout parce que les moines y avaient consacré leur zèle à la construction des cathédrales, où ils remplaçaient les chapitres. Or, ces cathédrales existent encore, et ont même été conservées par les schismatiques anglii;ans avec la plus louable sollicitude. On y retrouve, malgré les additions plus récentes, la trace visible de l'immense mouvement architectural qui éclata en Angleterre, après la conquête, grflce aux moines normands que le (lue Guillaume y appela»
(982) Elle avait 555 pieds de long, neuf pieds seulement de moins que Tegli se actuelle de Saint-Pierre de Rome (564 pieds), qui était alors beaucoup moins grande qu'aujourd'hui. Notre-Dame de Paris n'a que 396 pieds. Trois autres églises abbatiales, Vézelay, Saint-Denys et Pontigny, qui subsistent encore, ont respectivement 375, 355 et 314 pieds de long. J'emprunte ces chiffres à la Chronique de Vé» zclay, par l'abbé Martin.
(983) Je ne sais s'il existe encore quelque chose de ces deux chartreuses, si riclies en merveilles de lart, quand je les ai visitées, en 1845, l'une était en dé- Ttiolition, et l'autre transformée en faïencerie par un vandale Itelgequieninterdisaitl'entréeauxétrangers.
(984) Ce mouvement a été bien compris et caractérisé par M. Vitet, dans son article sur l'architecture du moyen âge en Angleterre. Revue francane. Juillet 1838, I. VU, p. 225.
(985) Nous n'en citerons qu'un exemple entre mille. Il est dit d'Ansteus, moine de Gorze et abbé de Saint-Arnould de Metz au x« siècle : c Archi« tectune non ignobilis ei peritia snberat : ut quidquid semel dîsposu isset, in omnibus locorum et aedi* ficiorum symmetri»s vel commensurationibus non facile cujusquam argui posset Judlcio. > Vit, S. Joan. Co'rz, e. 66, in Aci. SS. 0. B., t. VII, ad annum975.
(986) Cela esC expressément constaté dans la Vie de saint Etbelwold, moine et évdque de Winches
et auxquels on doit les roagnifimies cathédrales de Cantorbéry, de Lincoln, de Rochester, de Durham et de Glocester (9SU.
Quand nous disons que ces innombrables églises monastiques, semées sur la surface (te TEurope, furent construites par les moines, c*est le sens littéral de ce mot qu'il faut entendre. Les moines étaient non-seulement les architectes, mais encore les maçons de leurs édifices : après avoir dressé leurs plans, dont la noble et savante ordonnance excite encore notre admiration (983), ils les exécutaientde.leurslpropres mains et en gêné* rai sans le secours d ou vriers étrangers (986). Ils travaillaient en chantant des psaumes (987), et ne quittaient leurs outils que pour aller à l'autel ou au chœur (988). Ils entreprenaient les tAches les plus dures et les plus prolongées, et s'exposaient à toutes les fatigues et à tous les dangers du métier de mnçon (989). Les supérieurs aussi ne se bornaient pas à tracer les clans et à surveiller les travaux : ils donnaient personnellement l'exemple du courage et ae l'humilité» et ne reculaient devant aucune corvée. Tandis que de simples moines étaient souvent les architectes en chef des constructions (990), les abbés se réduisaient volontiers au rôle d'ouvriers. On voit au ix* siècle que la communauté de Saint-Gall, ayant travaillé en vain tout un jour pour tirer de la carrière une des énormes colonnes d'un seul bloc qui devaient servir à l'église abbatiale, et tous les frères n en pouvant plus, Tabbé Ratger seul persista a verser ses sueurs jusqu'à ce qu'en invoquant saint Gall il eut le bonheur de voir le bloc se détache^ (991). Lorsque l'église fut achevée, avec toutes ses roagnihques dépendances, ce produit des labeurs monastiques excita une admiration universelle, et leurs voisins disaient : « On voit bien au nid quel genre d'oiseaux y habite (992). »
Au X* siècle, saint Gérard, abbé de Broi-
icr. Act. SS. 0. B., t. VII, p. C06.
(987) Par exemple, lors «le laconstniction du Ramsey. au ii« siècle. Act. SS. 0, B., t- VU , p. 734.
(988) c Henricus in cujus manu semper dola* brum versatur, excepto quando stat ad altaris sacri ministerium. > Ermcnrici Epist, ap. ilna/ecfa, p. 421, éd. in-fol.
(989) Par exemple, lors de la construction du monastère de Pompose , sous Tabbé Guy (1046)* c Fratribus operantibus aliquando crates lapidum ruderibus graves, non sine diabolieo insttnctu, de superioribus mûri ruerunt in terrain. In qoo casu quidam ex operariis, quia supererant cratlbas, deiapsi ad ima.... quidam vero dimi corruentes muro tignisque aliquibus inhaerent... i Act, SS, 0. b.^ t. Vin. p. 449.
(990) La belle éalise de Tabhaye de Montierneuf à Poitiers, qui subsiste encore en partie , eut un de ses moines pour constructor^ en 1080, Mss.Fonteneau, cité par M. de Chergé, Mém. des antia, de t Ouest, année 1844, p. 174, 255.
(991) tOmnis congregatio per lotum diem labora* verat in una columnarum illarum . miae in basilica ipsa superstanl... abbas solus... sêd frustra suda bat... Sancte Ga//e, finde t7/am... Immensa mole» rupis lllius sua sponte indd flssa enituU. > Fragm^ Ermenrici. iifrt supra,
(992) c Bcne in nido apparet quales volucre$ ibl
DICTIONNAIRE DESTIIETIQUE.
gne (993), revenant de Uome, escortait luimême, à'travers les passages si dillicilesdes Alpes, les blocs de porphyre au*il faisait transporter, à dos de niulets,d'Ilalie en Belgique, parce que, dit son biographe, la beauté lui semblait nécessaire à son église (99^). Lors de la construction de labba^ye du Bec, en 1033, le fondateur et le premier abbé, Herluin, tout ^rand seigneur normand qu'il était, y travailla comme un simple maçon, portant sur le dos la chaux, le sable et la pierre (993). Un autre Normand, Hugues, abbé de Selby, dans le Yorkshire, en açit de même, Iorsc[u*en 1096 il rebâtit en pierre tous les édifices de son monastère qui était auparavant en bois : revêtu d*une capote d*ouvrier, et mêlé aux autres maçons, il partageait tous leurs labeurs (996). Les moines les plus illustres par leur naissance se signalaient par leur zèle dans ces travaux. On voyait Hezelon, chanoine de Liège, du chapitre le plus noble de TAIIemagne, et renommé en outre par son érudition et son éloquence, se faire moine à Cluny pour diriger la construction de la grande église fondée par saint Hugues, et échanger ses titres, ses prébendes et sa réputation mondaine contre le surnom de Cimenuur (997), emprunté à son occupation habituelle. Ailleurs on raconte que, lors des vastes travaux entrepris à Saint- Vanne^ vers l'an 1000, Frédéric, comte de Verdun, frère du duc de Lorraine et cousin de l'empereur, qui y était moine, et dont nous avons déjà parlé, creusait lui-mêm)9 les fondations du nouveau dortoir, et emportait sur le dos la terre gui en provenait (998). Pendant la construction des tours de Téslise abbatiale, comme il n*y avait pas assez de frères pour porter le ciment dans les hottes jusqu'aux étages supérieurs des nouvelles tours, Frédéric exhorta un moine de race très-noble, qui se trouvait là, à prendre sur lui cette corvée. Celui-ci
inhabitant : cerne basilicain et cœnobii claustrum, etc. > Erinenriciis. — Le plan primitif de cette abbaye prîncière avec toutes ses constt-uciiuns, telles <iu elles existaient au ix' siècle, existe encore à Saint-Gall : donné iinpaiTaitementpar Mabillon, au toine U des Annalet Benediclitti^ il a été publié ré' cemment avec une parfaite exactitude, sous forme de fac'$imile^ par M. Kelier. Zurich, 1844, in-4*'.
(993) Voir sa Vie.
^994) c Lapidibns porphyreiecis quos ad £ua vir Dei transvebebat, causa necessariae venustatis. > Vit. S. Gérard. Act. SS. 0. B.. t. Vil, ad annum959.
(995} Willelm. Geuimeticeusis, liv. vi, c. 9,ap. Duchesne.
(996) c Ipse cucullo indutus operario, lapides, calceui, et alla necessaria propriis hunieris cura caeterisoperariisadmuruni eveheresol«ibat.» Mabillon, .4mi., t. Y, l. Lxix, c. 85.
(997) Cœmentarius. Mabillon, AnnaL^ ad 1109.
(998) c Vere mouachus terrae fossor accessit, et quod eobssum est, onere facto exportavit. Quis jani eimilla facere erubesceret, cum videret Fredericura, comitis filium, fratrem duorum ducum, imperatorisi consanguineum , et fecisse et non erubuisse. > Hugo Flaviiiiac. Chron. Virdun.f part, ii, c. 7, ap. Labbe. Bibl. Nov. ms<., 1, 164.
(999) c Cum jam in altum structura 'porrlgeretur , et instrumcntum illud, quod avis noniinatur, subvectioue c;]euicnti aplatum, pcrpauci «sseut c^ui
rougit, et dit qu'une telle tâche D*était pis faite pour un bommede sa naissance. Alors rhumb\e Frédéric prit lui-même la boita remplie de ciment, la chargea sTur ses épaules, et monta ainsi chargé jusqu'à laplaleforme où travaillaient les ouvriers. En redescendant, il remit la hotte au jeune réfractaire, en lui rappelant quMI ne devait plus désormais rougir devant personne d'avoir à faire une corvée dont s'était acquiitéeo sa présence un comte, né fils de comte (999).
Au sein de ces édifices, dont les plans et la construction étaient l'œuvre des nioînes eux-mêmes, il s'organisait de vastes ateliers, où tous les autres arts étaient réunis et cultivés ; mais toujours sous cette stricte .loi de rhumilité que le saint législateur de Tordre avait imposée.
On n'a pas assez remarqué la variété des travaux auxquels se livraient simultacémeot les moines artistes, ni la facilité extraordinaire avec laquelle ils reportaient leurs talents sur des objets divers. Le môme homme était souvent architecte, orfèvre, fondeur, miniaturiste, musicien, calligraphe, facteur d'orgues, sans cesser d'être théologien, prédicateur, littérateur, quelquefois même évèque ou conseiller intime des princes (lOÛOj. Parmi tant d'exemples que nous avons déjà cités (1001) , rappelons celui de TutiloD, moine de Saint-Gall, au ix* siècle, qui éuit renommé «dans toute l'Allemagne comiDe peintre, architecte, professeur, latiniste et helléniste , astronome et ciseleur (10(â). Nous pouvons en ajouter plusieurs autres qui se rapportent au xi* siècle. Ainsi, Uaonius, abbé d'Ëvesham, en Angleterre, est désigné comme habile à la fois ^dans la masique, la peinture, la calligraphie et l'orfèvrerie (1003) ; Foulques, grand chantre de l'abbaye de Saint-Hubert des Ardennes , était aussi bon architecte qu'élégant miniaturiste (lOOii^). Un moine distingué, que nous
ferrent... vidcns vir beatx mémorise queiiidam 4e nobilioi'ibus adslanlem, ut siiiiieret ii^^iieum ilîiiJ instriinientum, et casnieritum collo, ut moris an, subveheret , admouuit. Qui cum erubesceret , ci suis id natalibus iiicoii^ruuiii adstruerei, vir uiili^ simiis cervice subpusiia... Deiude porrecto javcii instruinento eodem... ut disccrel facere quod Itoerat coines coinïtis filius ; nec erul>esccret, si a impi obaretur factum (|uod constarel ab ipso qsotdam comité primitus attciilatum. > Ibid,
(1009) C'est t'excelleiite réûexiou du P. Cikier. qui, le premier, à ce qu*il nous semble, a cotstJie la diversité des talents de ces bomines ù mmliipUt,
• Il II a * * » . WT • ■
y«vv>y u.aii.^^ «i^i..^/», wrf...» ««■vif 9«ISI»
saint Bernward, saint Godehart, Gcrbert.
(lOOij c Ërat valdceloqueus... ca^luturaeSepH* picturie arlifcx ac mirincus aurifex ; musictt:» îb ouini génère iiistrunientoruni , et Astubran frt omnibus... In strucluris et casteris ariibus eftni, conciniiandi in utraque iiiigua proiuplulus.... Facturas et anriticia canuiiiibus cl epijçramaMiilNb decotabat siiigulariter pretiosis. » Elkkeliard.lkM- $ibu$ S. Calli^ c. 5, ap. Goiiiasi.
(1005) c Plurimis artibus iinbytus, videlicet cattori», scriptoris , piétons , aurique fabricis opcns scientta pollens^ > Monast. Angl.^ l, I5|.
(1004) cPrxccutoreia... iu illuuiinaiioiiibiiscafi&'
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APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L*AHT
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comptons encore parmi les historiens» flerrnann Contract, tout infirme et contrefait
au*il était (1005)) trouvait en outre le moyen e cultiver avec succès la poésie, la géométrie» la mécanique, la musique, et surtout l'astronomie ; il savait à fond le grec, le latin et Varabe (1006), et nul ne pouvait rivaliser avec lui pour la fabrication des instruments de musique et d'horlogerie (1007).
Pendant la suerre des investitures, et sous le pontificat d Urbain il, le |[>arti calholîaue, en Allemagne, compta (tarmi ses chefs Tniémon, noble bavarois, qui fut successivement abbé de Saint-Pierre de Saitzbourg et archevêque de cette ville, et qui, après avoir été longtemps persécuté et emprisonné pour la foi, mourut martvr en Palestine, il avait été élevé au monastère d*Altaïch, et y était devenu peintre, fondeur et sculpteur. Pendant les intervalles de la terrible lutte où il prit une si noble part, il avait orné les monastères de sa province des produits de sas talents divers (1008). Lorsque, après avoir été fait prisonnier en Syrie, il parut devant le prince musulman qui le condamna au marvvre, et lorsqu'on lui demanda quel était son état, il répondit qu'il était architecte, joaillier et peintre, en faisant du reste Tapplication symbolique de ces arts divers aui vérités de la foi qu'il voulait confesser (1009). Indiquons maintenant, par quelques traits rapides , quelle fut l'importance que les moines attachèrent constamment à la pratique de la peinture en miniature, qui fut la véritable école de la grande peinture .religieuse (1010). Cet art se confondait avec celui de la calligraphie, puisaue l'un et l'autre avaient pour objet d'embellir et de consacrer en quelque sorte les livres saints, ou les monuments de la liturgie, des saintes lettres, de l'histoire ou de l'antiquité classique, que les moines transcrivaient sur par-
lium liuerariiin et incisioiiibus lîgnoruro et lapidum peritum. i Chron. Andagin,, ap. Mariene, Ampl, Col» Uct: t. iV, p. 9*25. — C*est au P. Cahier que nous devons ces deux dernières indicalioiis : il traduit avec raison les termes de la chronique par ces mois : maître en constructions , soit f^ur la chat" ftente, soit pour la coupe des vierret,
(1005) De là son surnom de Contractus, t Ne... per se moverifS ncvc saliem se in aliud latus verlere posset; sed in sella quadam gestaloria a minislro suo depositus, vii curvalimad agendumquodlibet sedere potcrat.iBorthold ap.Perlz, l.V,p. ib7.
(t006)cTriuni linguarum,Gr<ec2e, Latinae et Ara* bîcae peritissimus. > Triiheniius, Ann. Uirsaus.
{iwl) c In horologicis et mui»icis insiruuientis et niecanicis nulli par eral coroponendis. > Her- Ihold, 1. c p. 268. — Il trouvait encore le lemps d^adresser une correspondance en vers ad arnicas Muas quasdainsanctimoniales feminai. Docen, Archiv,^ III, 8, cité par Pertz.
(1008) c Altensî roonasterîo, tani regularibus
3uam ficholaribus discipllnis Iradilus est imhueuus... cunmue non solum non essel iners in arlibus quas libérales appellani, sed et in mechanicis uuiversis, sicut picloria, fusoria, sculptoria,... subd*lissimus, ut In quibusdam monasieriis, et in noslro specialiler, in ejus sculpuiris et picluris perspicuum est ceroere. i VU, S. Gebehard, arch. Salisè^ il quodam Admontensi monac ho. {iii9^ in-l8,p.l42. ^1009} c Qui intet rogaiu:» qiiis essel? vel, qiiam
chemin, quelquefois sur du vélin teint en pourpre, ou avec des caractères d'or et d*ar« ^eut. Ils en ornaient ensuite les lettres maluscules et les marges de ces peintures délicieuses, qui sont encore les plus précieux trésors de nos bibliothèques.
Dès le VI* siècle, Gassiodore institua, dans les abbayes qu'il fonda en Calabre, des laboratoires pour la peinture en miniature en môme temps que pour la transcription des manuscrits. Au ix' siècle, on vit des |)eintres habiles parmi les moines de Corvey, et Sintramm de Saint-Gali faisait à la fois Vadmi ration et le désespoir des cailigraphes de son temps (1011). Godemann, abt>é de Thorney, en 970, orna des peintures les plus riches uh Benedictionale , qui est regardé comme le chef-d'œuvre de l'art saxon (1012). Le moine Bcrnward, depuis évèque de HiU desbeim, excellait dans la décoration des manuscrits qu'il transcrivait (1013). Cet art délicat était spécialement cultivé dans tout l'ordre de Cluny, et saint Bernard nous prouve qu'on ne reculait devant aucune dépense pour cet objet, puisqu'il reproche aux clunistes de faire pulvériser de l'or pour l'employer aux miniatures. Dans les monastères de femmes, les religieuses ornaient également leurs œuvres calligraphiques de précieuses miniatures : celles du Uortui Dtli-eiarumy de l'abbesse Herrade de Sainte-Odile» ajoutent une valeur infinie à cet im|H>rtant recueil (1011^). Pendant dix siècles, depuis Gassiodore jusqu'à l'époque de la renaissance et delaréiorme, les moines, surtout les Bénédictins et les Gamaldulesfl015), en Allemagne et en Italie, persévérèrent avec une infatigable sollicitude et un succès toujours croissant dans leurs travaux do peinture et de calligraphie (1016U1 est douteux qu'on puisse trouver dans l'nistoire du monde l'exemple d'un labeur aussi constant et aussi fécond.
artem sciret?... Scio quidem dîversas artes; sed pnecipue ut sapiens architectus fundameniuni scio ponere firmum... Et insuper lualerialcs aites, ul desideras, videlicet aurariam, sive pictoriam scio plenarie. > Vassio S. Tiemoms^ ap. Gretser. Oper., t. VI, p. 464.
(1010) C'est Taveu du Jésuite Lanzi, du reste assez peu Intelligent en fait d'art chrétien.
(f 011) c Omnis orbis Cisalpinus Siulrainmi digitos roiralur... Scripiura cui nulla, ut opinamur, par erit ultra, i Ekkcbard. Ùe caiibus S. Oalli^ c. i, p. 20, ap. Goldasl.
(10 li) Ce manuscrit ccièbrc est encore chez le duc de Devonshire, à Chaisworth. Le fac-similé en a eié publié par M. Kokcwode Gage , érudit catlioliqne, mort il y a quelques années.
(1013) c Inscribendo enituit... Picturam Hmata exercuii. »
(1014) On peut en voir un fac-similé curieux dans le P. (Cahier, p. 104 île la réimpression de son Mémoire.
(1015) Rappelons seulement les admirables livres de chœurde Ferrare, de Sienne et ifu rooruistére
/degV Angeli de Florence, œuvre des moines du iui% xiv et \v* siècle, si bien jugée par M. Rio» De in poésie chrétienne y p. 180, 18i.
(1016) Le P. Cahier en cite des preuves irrécusables dans SOI) étiumération chronologique des cailigraphes et.des miniateurs ecclésiastiques , la plus exacte que uous connaissions, Si le christianisme a
«ISft
'Mais, à répoque que nous avons parcoonie, les moines ne bornaient pas l'application de la peinture à la miniature. Il y a plusieurs exemples de travaux entrepris sur une vaste échelle, «par exemple , de peinture murale ; à Saint-Gall surtout. Les annales de cette grande. maison vantent la diversité des sujets et Téclat des couleurs qui couvraient les murs de l'église au x* siècle (1017). Les moines de Reichenau leur envoyèrent des peintres pour les aider dans cette œuvre (1018). Deux siècles plus tôt, saint Benoit Biscop , abbé de Wearmouth, fit revêtir tout le pourtour des deux églises de son monastère de peintures qui représentaient l'histoire de Noire-Seigneur, et la concordance de l'Ancien et du Nouveau Testament (1019). Anségise, abbé de Fontcnelle en 823, fit peindre, par Madalulphe de Cambray, le réfectoire de l'abbaye de Luxeuil,
Zui avait deux cents pieds de long (1020). es églises de l'ordre de Cluny, toujours au premier rang pour la grandeur et la beauté, étaient en général ornées de peintures, probablement à fresaue (1(^1). D'autres moines employèrent leur talent grapbt<]ue à la propagation de la vraie foi chez les intidèles ; on voit qu'en 866 le roi des Bulgares, Michel 111, se fit baptiser avec les sienst par suite de la frayeur que lui inspira la vue d'un jugement dernier» qu'un moine missionnaire, saint Héthodius, avait peint sur les murs de son palais (1022).
Enfin ils contribuèrent à donner à la
«Nt ff%x sciiHces^ §§ xxv et xxx. Cet art a été enco're pîus longuement conservé dans les monastères
i^recs, et s'y pratique encore aujourd'hui, ibais touours avec rinrérioriié «lui caractérise toutes les œuvres de POrient chrétien, comparé à TOccident, Voir Oidron, Voyage au Monl-Athos^ dans les An-' naU$ arehéolog. de 1846, et la traduction du Guide de la peinture ; enfin une excellente note du P. Gabier sur ce sujet, § xxix, p. 195 delà réimpression. OH est dit, entre autres, de Cunibert , abbé : c Doctor scrmone plaiius, piclor ita decorus, ut in laquearis exterioris S. Galii ecclesiae eir<;ido videre est. i Ekkeh., De ca$ibu$, c. 5. Cfcr. Burkhard, De casib.^ c. i et 2.
(iOfS) c^nsulapiciorestransmiseratÂugia dara. > Ccd. m$. S. GalL, 297.
(1019) c Dominiez historîae picturas quibus totam B. Dei genitricis quam in monasterio majore fecerat ecclesiam gyro coronaret, imagines qnoque ad ornandum monasterium ecclesiamque B. Pauli de concordia Veteris et Novi Testanienli summa ratione compositas exhibuil, etc., etc. > Yen. Beda, Vîl. S. Bened. Bi$cop., c. 5 et 9 , in Ad. SS. O. J^., saec. II.
(1020^ c Yariis picturis decorari in maceria et in laqueari fecit Madalulfo egregio pictore Cameracensis ecclesi». > Act. SS. O.B,, in vil. S. Ansegii.^c.d.
(1021) c Omitto oratoriorum immensas altiiudiiies, immoderatas longitudines, supervacuas latitudines, sumptuosas depotiones, curiosas depictio- Jiei... > S. iSernardi , i4po/o.9. ad Guillelm,^ c. it. — On sait que notre saint était dominé par des préjugés violents contre l'art religieux, préjugés i^ue son ordre sut heureusement rejeter après sa mon.
(I02i) I Pingendi non rudem. i Ccdrcnus, edii. reg., p. 540, cité par d'Agincourt, Hi$t. deVart., Âd. iul., l. I, p. 204. — Méthodius l'ut Tapétrc des Bulgares, des Siuraves et d'aiilr«s nations slaves : il
peinture son application la plus grandiose et Ja plus solennelle en la flxaot sur le verre, et en créant ainsi ces yitraux qui font It plus resplendissante parure du temple chrétien. Ce même saint Benoit BiscoiH dont nous parlions tout à Theure, fit yenir de France des verriers, qui initièrent les âdglo-Saxons h la connaissance de ce noufeaa progrès de ]*art religieux (1023). En Allemagne, les premiers vitraux connus furent ceux des monastères de Hirschau et de Tegernsee.Ceuxde Tegernsee furent fabriqués aux frais d'un seigneur iroisin» le comte Arnold, que Tabbé Gosbert (102fc) remerciait en ces teVmes : « Jusqu'à présent, les fenêtres de notre église n'étaient fermées qu'avec de vieilles toiles. Grflce à vous , pour la première fois, le soleil promène ses rayons dorés sur le pavé de notre basilique, en pénétrant à travers des peintures oui s^étalem sur des verres de diverses couleurs. Tons ceux qui jouissent de cette lumière nouvelle admirent la variété étonnante de ces duvra-
5 es extraordinaires, et leur cœur se remplit *une joie inconnue (1025). »
Les religieux de cette même abbaje de Tegernsee se signalèrent pendant plasieurs siècles dans un autre art, celui delà ciselure et de l'orfèvrerie , auquel les moines en général ont consacré autant de pttience et de zèle qu*à la peinture des nunuscrits (1026).
Les principaux orfèvres ou argentien do moyen Age furent moines : les chroniques
fut aussi Tun des auteurs de la liturgie slavone.
(t025) I Misit legaurios GaUiam, qoi vitri(ktores, artifices videlicet Britanniis eatenus igaoïK, ad cancellandas ecclesiae, porticuumque et oeuculorum ejus fenestras adducereni... Angtorvm ei eo gentem hujusmodi artificium nos^se ac dîsceit fecerunt... Cuncia quae ad altarîs eiecclesiaemnisteria conipetebant, vasa scilicet et vet^ineala, quae domi invenire non potail, de transmarinis rtgionibus advecure curabat. > Yen. Beda, mhi mpra. — Je pense que c'est un des premiers f k»pies connus de remploi des viiraux : encore nen-A pas certain que ces vitraux fussent coloriéi.
(1024) Elu en 982 : il cUit de race notOe et itnommé pour sa science.
(I0i5) c Ecclesise no8ti*ae fenestrae veteribvs patnis uscfue nunc fuerunt clausae. Veslris fdicibts temporibus auricomus sol primum infulsit liastlics nostrae pavimeiita pei* discèloria piciuranim viin, cunctorumque inspicieniium corda perleniant oitltiplicia gaudia» qui inter se miraiitur insolitiopen varietates. » Pez. Thesaur. anecdot. Eccies. , L f l, part. 1, p. 122.
(i02()) Trois moines, nommés tous les trois We^ ner, Turent les principaux artistes et écrivaiiu 4t cette savante abbaye, de 1080 à 1180. Il est ditdi premier qui vivait eu 1090 : c Artiticiosos aaafi^pha in scripturis et in picturis et in omancato libronim de auro est^ argenio subtills. Tabulas ia sui>eriore parte triangulaUni. de aaro et argenoct clectro et aciumis et lapidibus oniaum^et quia^ vitreas et feiiestraset quoddam fusile opes de wn factum et lavacro aptum, huic CHxlesiae cootaliL » Pez. Thesaur., t. III, p. m, p. 515. — Voir, sarto services rendus à Tart et à la poésie allemaiide ptf le monastère de Tegernsee , la thèse d« Kugler, intilulée De Wennhero, tire. XII, 7>9(*n)sfiMty Ole. Berolini, 1831.
ini
APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L*ART
monastiques indiquent à chaque instant des religieux, des abbés même dont le talent de ciseleur ou d*orfévre (1027) était renommé de leur temps. Les annales de Saint-Gall rapportent un trait qui témoigne du prix qu*attachaient1es hommes du ix* siècle aux ciselures du célèbre moine Tutilon; pendant qu*il ciselait une image de Notre-Dame» dans son atelier, à Metz, deux pèlerins qui venaient lui demander Taumône virent une dame d'une grande beauté qui le guidait dans son travail : ils la prirent pour sa sœur; mais ayant raconté ce fait aux autres religieux, ceux-ci en conclurent que c'était la sainte Vierge elle-même qui daignait lui enseigner son art (1028). Nommons encore TAnglais Anketill, qui, après avoir été maître de la monnaie du roi de Danemark, revint en Angleterre se faire moine à Tabbaye de Sainl-Alban , et se rendit célèbre par la cbAsse magnifique qu'il fabriqua ()Our y recevoir les ossements du saint |)atron de l'abbaye (1029).
Malgré la disparition de tant de monuments de la ciselure et de la joaillerie de ces siècles* causée par les dévastations de la réforme et de la révolution , il nous reste encore assez de cbAsses sculptées et émaillées, assez de précieuses couvertures de livres en or, en argent , en ivoire sculpté ; assez de crosses abbatiales , de diptyques, de merveilleux bas-reliefs en ivoire ; assez de beaux ouvrages en cuivre ou en bronze, tels que fonts de baptême (1030), cruciiix» encensoirs, chandeliers, pour nous permettre d'apprécier le degré d'élégance et de perfection auquel les moines avaient su porter leurs travaux dans ce genre. On trouve sur leurs procédés les détails les plus curieux dans le traité du moine Théophile qui vivait du x* auxii* siècle (1031). Qu'il nous su/Bse ici de placer cette branche de l'art monastique à l'abri des noms de deux saints moines, tous deux orfèvres et émailleurs,
(1027) On les désigne ainsi : aurifex^ aurifabrilis 4irti$ perilus^ argenîarius^ cic. ; le plus souvent par sculptor.
(1028) On lira avec intérêt quelques passades du lexte de ce récit : c Tutilo vero, cuni apud Meteniûuni urbem cxlaturas salageret , peregrini duo S. Hariae imagiiiem ca:lanti astiieraiit... Sed est ne sororejus, inquiunt, domina illa praeclara qu£ ei tam commode radios ad inanum dut et ducit quid faciat?.... Benedictus tu pater Domino , qui tali niagistra uteris ad opéra... In bractea autem ipsa aurea euro reliquissel circuli (planiciem vacuam, jiescio cujus arte postea çxlatt sunt apices :
Hoc panlhema pia cœlaverat ipsa Maria, 4 Sed et imago ipsa sedens, quasi viva, cunctis Inspectanlibusaduuehodieeslvencranda. > iLkkubard., 3e casibuB S. Gaili, c. 3, in Godast. , Scripl. rer. Mummxn.^ 1. 1, p. 28.
(1029) c Unam thecam glurlosam inclioavit, opère mirilico... Regiis prxerat operibus auriiabrililms, moneta: custos et summus irapezita... Dominus AnketiUus... monacbus et aurifaber incomparabilis, qui fabricani feretrl manu propria (auxiiiante quoliam juvene saeculari discipulo suo Salomone de Ely) «t incepit et consuniniavit , diligenter îu suo opère aurifabrili et animo sluduit et manu laboravil, »
saint Eloi, le ministre de Dagobert, et saint Théau, esclave saxon qu'Ëloi avait racheté pour en faire son élève et son compagnon de travail ; et rappelons que des moines et des abbés figurèrent longtemps à la tête de la grande école d'orfèvrerie et d'émaillerie, fondée en Limousin par les deux saints abbés de Solignac, et q^ue la science modeste et solide d'un prêtre de nos jours a remise en honneur et en lumière (1032).
II est enfin un art, le plus charmant et le plus puissant de tous, celui qui répond le mieux aux besoins intimes de l'Ame, qui exprime le mieux nos émotions, qui exerce sur nos cœurs l'empire le plus incontestable, mais aussi le plus éphémère. L*£gli$e seule a pu lui imprimer un caractère durable , populaire et sacré ; et les moines ont été dans cette œuvre, aussi difficile que méritoire, les auxiliaires zélés et infatigables de l'Kglise. I^ musique a été de tous les arts celui qu*ils ont le plus cultivé et le plus aimé. Saint Grégoire le Grand , père de la vraie musique religieuse , s'était formé , comme on sait, dans le monastère de Saint- André, à Rome, avant d'être Pape; le chant grégorien, fruit de son génie et de son autorité, souvent repoussé , bien plus souvent altéré par les générations postérieures, a été maintenu et pratiqué par 1 ordre dont il était sorti, plus fidèlement que par aucune autre fraction de la société chrétienne (1033;. L4 raison en est simple : la musique, c'est-hdire le chant, qui en est la plus haute expression, s'identifiait pour les moines avec l'accomplissement de leur premier devoir. Dans chaque monastère, la célébration obligatoire de l'office divin au chœur par la communauté tout entière, sept fois par Jour, imposait naturellement aux moines l'étude la plus attentive de la musique sacrée. Aussi les monastères ont toujours été des écoles de musique oi!^ cet art occupait le premier rang dans les études de la jeunesse , et où
Malth. Paris. \itœ S, Alb. abbatum , p. 30-38, éd. WaUs. — Ceci se passait vers iUO. Rien de plus curieux, du. reste, aue tout le récit rtlatifà cette châsse et aux péripéties de ce grand travail , dan» Matthieu Paris.
(1030) Voir la note savante , éloquente et consciencieuse de M. Didi-on sur les fonts de baptémo en cuivre, ornés de sculptures en relief, qui existent encore à Saint- Barthélémy de Lié^o , et que flt faire le noble Helin , abbé de Sainte-Marie , eu 1113. Àun. archéoL^ t. V, p. 28.
(1031) Théophile, prêtre et moine; E$$ai surdi* vers arts, publié par le comte Chai les de Lescalopier, et précédé d*une introduction par J. -Marie G uichard. 18i3, in-4-.
(1032) Essai aur les argentiers et émailleurs de Limoges, par M. Tiiblié Texier. Poitiers, 1843. .M.Texier signale surtout le moine Guillaume au x« siècle, le moine Guiuamond de laChnise-Dieu en 1077. Tabbé Isembard de Saint-Martial, irfoine dé^i sou enfance, abbé de 1171 à 1178; Pierre, tbbé de Mauzac en 1168.
(1033) Voir, sur rintroJuction du chant romain ou grégorien en France et en Angleierrt) par les moines, Mabilhn , Pra*[at, in sœc, 111 Bened.^ u» ICI, él. in.4*
ists
DICTU>NiNAlRE D^ESTUETIQUE.
ini
furent composés la plupart des chants adop^ tés pour rolfîce divin et consacrés par l'Eglise pendant le moyen Age (i03S^).
Mais* de tous les monastères, Saint-Gall fut peut-être celui où la musique reçut le
Îlus grand développement. La tradition et 'amour de cet art avaient été laissés à Tabbaye par un musicien romain, comme une récompense de l'hospitalité qu'iliy avait reçue lorsqu'il s'y était arrêté malade, en allant rejoindre Cbarlemagne à Metz , pour y fonder une école de chant grégorien (1035). L'histoire a consacré le souvenir de l'enthousiasme qui transporta Conrad I", roi d'Allemagne, lorsqu'il entendit chanter, à Mayence, la messe de PAques, par un moine de Saint-Gall, et par trois évêques, ses élèves ; Mathilde, sœur du roi, fut ravie comme lui, et ôta à l'instant sa bague, qu'elle mit au doigt du moinej artiste, en signe d'admiration affectueuse (1036). Au ix' siècle, il s'y trouvait en même temps trois musiciens renommés, liés entre eux par la plus tendre amitié, et regardés comme les plus illustres patriciens de cette petite république (1037): c'étaient Notker, Ratbert et Tutilon. Notker, surnommé le Bègue^ issu du sang de Char- Jemagne et vénéré comme saint après sa mort, composa une foule de proses et de chants longtemps populaires en Allemagne. Ratbert, noble thurgovien, fut directeur de ]*école monastique, et composa iies chants i)opulaires en langue allemande : sur son lit de morts il se vit entouré de quarante prêtres et chanoines qui avaient été s^s élèves, et qui étaient venus au monastère célébrer la fête de Saint-Gall. Tutilon , dont nous avons vu les talents si nombreux et si variés, profitait de sa science musicale pour enseigner à la jeune noblesse à jouer des instruments à corde et à vent (1038). Ce lut de Saint-Gall que se répandit en Allemagne, et peu à peu dans toute l'Eglise, Tusage de chanter des stquentiœ^ ou proses, avant
(t054) Le texte suivant, dont on pourrait rapprocher taul d^autres, est inlëressanl* pour établir ce l>oinl. 11 s*affitde Gerwold, rîcbe el noble seigneur, fait abbé de Fontenelle, sous Cliarlemagne : c Scbol:iiu in eodem cœnobio esse instituit, quoniam omnts pêne ignares litlerarum invenit ; ac de diversis locis, plurimum Cbrisii gregem aggregavil, opiiiiiisque cantilenx sonis , quantum leniporis ordo stnelial cdocuit. Ërai euiin quanquam aliarum litte- 1 .irum non niniium giiarus , cantilenx tanien artis periius, vociftqtiesuavitaicetcellentia non egenus. > Lhroitic. Fontaiiell. c, IG, SpiciUg.^ l. II, p. 278.
(i055) Ëkk., Casibus S. Galli, c. 4.
(1U3G) Ëkkehurd Junior, Cas., c. 0, et Ekkehard minimus in VU. S, ^olkeri^ c. IG, ap. Goldast.
(1037) c Cor et anima una erat, uiisliin qualia trts unus fecerint... tre« isii iiosira: reipublica: &eualores, > Ëkk., De ciuibu$^ c. 5.
(lU58);c Filio« nubiliuni Udibus docuit. i Ekk., lY, Casibus^ c. 3.
(1039) f Instituit cantores, etc., > Vita S. Ben,, c. 27, ih Vit. SS. 0. B.. t. IV, p. 182.
(1040) L*air noté se trouve dans Boleluczki, /{o<a Bohemica, 1t)o7, in «-8**.
(1041) Voir les léinoignages curieux de ce faitréuy*u parZiegeIbeur,//ts/.i/t((<rr.O.À.£^., parsn,p.5i2.
\\0H) Les orgues rurmi d'uburd apportées en
l'évangile de certaines messes solennelles. Tous les reformateurs de Tordre, tous ses princiiuiux docteurs et écrivains , saint Benoit d Aniane (1039), saint Dunstan, saini Odon de Cluny, et tant d*autres étaient bons musiciens ; ils employèrent leur autorité & entretenir ou à perfectionner la musique ecclésiastique. Le saint moine Adalbert^ce grand apôtre des nations slaves , composa la musique et les paroles d'un cantique slavon qui commence par ces mots : JBoipodune pomyluy ny, et qui , après son martyre, devint le chant national des Bohèmes (i(M). Pendant les grandes luttes du xi* siècle, entre l'Eglise et l'empire, plusieurs des moines qui y nrirent le plus de part, tels que Humhert, al)bé de Moy en-Mou tier, Guillaume, abbé de Hirscbau, les Papes saint Léon IX et Victor 111, cultivaient avec zèle la musique (lOi^l).
L'orgue, cette création spéciale de la musique chrétienne, ce roi des instruments, seul digne d'associer sa voix majestueuse aux pompes du seul culte vraiment divin ; l'orgue dut aux moines le perfectionnement de sa construction, et ce fut grAce à eux que l'usaeeen fut généralement introduit (loSi). Elphege, abbé de Winchester au x* siècle, lit construire le plus grand orgue dont il soit question dans les annales du moyen Age ; il fallait soixante-dix hommes pour le manier (1043).
Les moines anglais semblent avoir été, de tous, ceux qui aimaient la musique avec le plus de passion. « Je roudrais bien, » écri* vait un abbé de Yarrow, disciple et successeur du vénérable Bède, h son com^iatriole saint Lulle, archevêque de Mayence, « je voudrais bien avoir un harpiste, qui jouAt de cette harpe que nous appelons la rore , rar j'ai l'instrument, mais je n ai ()oint d'artiste. Envovez-le-moi, et, je votis en prie, ne riei pas (le ma demande (lOU). » Cette |>assion
France sous Pépin, en 757, par un envoi que lui lit Tempereur de Conslantinople. Presque aussiidc après, nn moine, Wicierp, évéqued*ADgsboorp,«n lit construire uu pour la nouvelle cathédrale ; Sic»gel, Comment, de reb. August. pars ii, p. <i5. — Leur u>age se répandit en France el en Allemagne plus tôt qu*en Italie. Il y a de bons renseigneneats sur les services rendus par les moines à la ows* iruction des orgues dans rarlicle de M. de Coiifsemaker, publié parles Annakê archéologiqiteê. i. Ui, p. 280.
(1043) Il y en a ime description riroée et trés-^ uillée au t. Vil des Aei. SS. 0. B., p. 617 ao prologue de la vie de saint Swetbin. A la nème èpaque, le comte Ailwtn douua à l'abbaye de Rawry un orgue que Ton décrit ainsi : t Capreos eriia«f rum calauios, qui, in alveo soo super unana eodilrirum denso ordine foraminibus iosidentes, ei di^ bus ftfsiis foUium spîramento fortiore palsaii, pre* dulcem melodiam el claogorem longiiis reioaaa lem ediderunt. ^Act. SS. Ord. fieii., u Vil, p.lU, Dès loi's les moines étaient habitués à CibrlfMrert instrument et à en jouer. Cfer Mabill. , A»., 1. 1» 1. xifii, c. 29, eiPrœf. in ute. lli , mBmmékL § VI, H. 105.
(1044) c l>eleclat me quoque eliharistan babate* qui possii citharizare in cJibara, quant nos appelli
l^iS
APPKNDICE, — DU VANDALISME ET DU CATIIOLICISUE DANS L^aRT.
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eiilrainail même do graves obus ; pour les réprimer, le concile de i'Ioncshove, en 7W, ordonna d'expulser dos mon^astères les jouours de liarpe^ les musiciens et les bouffons (lOtô).
Mais les moines, si zélés pour la musique, si habiles dans la facture des instruments et dans la composition musicale « relaient également dai)s la haute théorie de Tart. Cette théorie a eu pendant tout le moyen âge les moines pour principaux interprètes, et les plus fameux auteurs qui ont écrit sur la lutJsique appartenaient à Tordre mona>tiquc. Cent ans avant la naissance de saint Benoit, un moine d*Kgypte, saint Pambon , abbé du Niirie, avait composé un traité sur la psalmodie (1046). Plus tard, de siècle en siècle, on vit se succéder les religieux, auteurs de savants traités sur la musique : Hucbald de Saint-Amand (1W7) occupe le premier rang parmi eux; mais autour de lui se i)rcssent ses contemporains ou ses élèves.Uéginon de Prum, Remy d'Auxcrrc.Odon de Cluny, «ierbert, Aurélirn de Héome, et plus tard Guillaume, abbé de Uirchau; Engcibort, abbé d'Amberg; Hermann Contract, qui joi- ' ^nit à tant d'autres mérites celui d'être le yUis savant musicien de son temps (lOW), et une foule d autres que nous avons déjà nommés parmi les lumières de Tordre bénédictin (m9). Saint Bernard* par son traité Vf raiione cantuif continue glorieusemeni cette série d'écrivains éminents oui ne doit se clore qu*à la fin duxviii* siècle, avec un autre Gerbert, prince abbé de Saint-Biaise dan» la forêt Noire, auteur d'une célèbre collection d'écrivains sur la musique, où il a pu justement assigner le premier rang aux Bénédictins (lOoO). Le système des notes mo-
mus rotœ, quia ciiliaram batiea et ariilirem non habeo... obsecro ul banc nieaiu rogaiiuiiem ne despicias , et risioni non députes. > luter epnt. S. Bonifac.^ n* 80, cd. Serrarius.
(im5) 4 Monasteria non sint arlium ludicrarum receplacttia ,lioc cslpoelaruni, ciiliari&laruin, ninbicoruni, scuiraruni, 6ed orantium, legenlium, Dei- 4|ue laotlanliuni habitaiiones. > {ij. ÏU.);
(IU4U) flnstituta Patrum de modv ptalletidi ûve eamandi, i publié par le prince-abbé Gerbert de Saint lilaisc, dans sa collection.
(IUi7) Mort en U3i. V. Mémoire $ur Hucbald et $€9 traitéi de musique, |>ar M. £. de Coussiciuaker. Parift, cbez Tecbner, iu-4*.
(i\M) < Canlus bibtoriales plenarlos , utpote que niusicus prritior non eral, de S. Géorgie, elc , etc., mira suavitate et elcgantia eupiîonicos, praeicr alia bujusDiodi pcrnlura neuiuatixavit et composuit. > (Berllioidi, Uerimanni coutiuuat., ap. Pertz, t. V, p. iti8.) fl In niusica sanepr» onniibua -modernis luljlilior exatitit et canlilinas plurimas de muttica, camusque de aanctis satia auctor nobiles edida. > (Anonyui. MeHicens., ap. Pertz , t. V, p. tbl.) -
(IU49) Trillieniuf, Chron. Ilirsaug., passini.
(IU5«) c Seripti0'0ê éeciesiûêUci de musicu Mcr«, ptalûsimaiN e£ rcirttf Jlëliœ, iiaUiu: et Germauiœ radifibu* muuMscriptii coUecli, et nune primum pubHeu tuce dottûti a llartino l^erberio , monusieni et con§r, S. Ittasii, in siha Niffra, abbate. 5 vol. in 4».
dernos fut d'abord usiîé au monastère de Corbio , par Tabbé Ratliold. Enfin chacun sait que Guy d'Arczzo, en formulant Téchelle des intoiiat'ions diatoniques, fut Tinventeur du solfège; mais beaucoup ignorent que ce Guy était un saint moine de Tabbaye de Pompose, près Uavenne (1051).
Ainsi donc , c'est h un illustre moine, saint Grégoire le Grand, que le chant ecclésiastique, Texpression- la plus haute de la musique, doii son dévetopi>emcnt;c*est à un moine que la musique moderne doit ses moj^ens pratiques et les procédés les plus indispensables h son étude; ce sont des moines qui, depuis la Thébaïde jusqu'à la forêt Noire, ont pendant quatorze cents ans enrichi le trésor de la science musicale par leurs recherches et leurs traités : ce sont enfin de saints moines« du viii* au xn* siècle, qui se pré|)araient, par la prière et l'absli* neuce, h la composition de ces immortels chefs-d'œuvre de la liturgie catholique, méconnus, mutilés, parodiés ou proscrits par le goût liarbare des iiturgistes modernes, mais où la vraie science n'hésite plus à reconnaître une finesse d'expression ineffable, un je ne sais quoi d'admirable et d'inimitable, de pathétique et d'irrésistible, de limpide et de |trofond, une vertu suave et pénétrante, et, ))Our tout dire, une beauté toujours naturelle, toujours fraîche, toujours pure, qui. ne s affadit iamais et jamais ne vieillit (1052).<-» Jusqu'à leur dernier jour, fidèles à leur ancienne gloire, les églises monastiques con* ^ervèrent les plus doux trésors de cette divine mélodie qui, selon la parole d'un moine, ne se taisait qu'après avoir rempli les cœurs chrétiens de paix et de joie (1053).
Typia San-Blasiaiiia, mdcclxxxiv.
(lOol) Batbold mourut en UB5, Guv vivait en iOiO. Le premier subs:itita les twtulœ caudu'œ^ dont on se sert encore aniourd*bui, aux lettres : Guy d*Ai*ezzo Y ajouta le système des clefs et des ligne». Y. MabilU, iwi., t. IV, I. 59, ii*80,l. 55 n'^ iOO, et Append.^ n* su ; Félis, Biographie éei musiciens» article Guy d'Areizo : Voir Orderic Vital sur le lalent de composition musicale déployé par pluaietirs alibc» normands du xi* siècle, lib. m, p. tl5, iv, p.
in.
(i05à) I Un non to cbcdi ai0inirabile ed inîmi- XaUle, una finezxa di espressione indicibîle, un patctico cbe tocca, una naturalezza fluidissima; semprc fresco, sempre uuoto, seinpre verde, seinpre bello, mai nen apascisse, mai non iuveccbla... • Balni (maître de la cliapelle pontiUcale da Valiean), Vemorie sloricÊu $uUa vita di Palestrina^ i. II. c. 3, p. 81, apud Jouve, Essai «ur le chant ecclésiastique, dans les Annules archéologiques de Didroii, t. Y, p, 74. Cfer Janasens, Vrais principes du chaut grégorien , p. 187. — Ce savant écrivain (Baïnn ajoute atec trop de raison «juc les mélodies que la liturgie moilerne a subaiiluees à ces anciens cliel»u*ŒUvre sont siupiies, lourde», insigniUantea, di«cord'jut s, Iroidcs et fastiaieuses, i stupidt, insiguïficantif (asiidiuse^ absone, mgose. > Ibid.
(1053) < Dulcis caniilena oivini cidlu»,que cordA fideiinm miligat acbelilicai^ctrBiiiuil. •(Oïdir. Vil., t. Xin, p. 9U^.>
DlCTt05!f. d'EsTUÉTIQCK.
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DICTIONNAIRE DTSTHETIQUE.
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ou BEAU