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cupe, si nous ne devions y revenir dans les divers articles de ce Dictionnaire, auxquels ils se rapportent. Nous compléterons celuici par quelques réflexions empruntées à une excellente dissertation sur la beauté, de M. le comte de MeUet (149^).
- € Dieu est la beauté mècoe, la beauté dans son essence, à quelque degré que ce puisse être* et toute. beauté hors de la sienne n*est
2u*une émanation de oette beauté suprême. les êtres sortis de la main de Dieu n*ont pas reçu de lui la t)eauté dans une proportion pareille. Marie, mère de Dieu, Marie, la plus pure et la plus noble des créatures, en est aussi la plus belle : en elle se résume la beauté créée dans son modèle le plus ac-: compli. Après la beauté de Marie vient la beauté des anges, répartie probablement dans chacun de ces esprits célestes à un de-* gré différent et répondant au rane que chacun d'eux occupe dans la hiérarchie sacrée^ Enfin vient Thomme, auquel Dieu ne dédaigne point d'accorder souvent encore <^une grande beauté, et dont le lype le plus brillant fut probablement ce premier couple d*où sortirent tous les autres, et qui fut placé dans le paradis terrestre avant la chute originelle. Malgré les conséquences fatales qui suivirent la chute, dans Tordre physique et dans Tordre moral, Thomme, cette créa-, lure dégénérée, est toujours Tenfant de Dieu. et il conserve encore d'admirables reflets de la munificence primitive de son créateur et de sen père. Au reste, en parcourant toute l'échelle des êtres dont se compose le monde, on trouvera toujours d'harmonieux rayons échappés du foyer de la splendeur divine. ^
« Pour revenir à l'homme, le seul dont nous nous occupons ici , nous remar* quons qu'entre les deux sexes qui se partagent son espèce, la femme a élé douée de la -beauté bien plus largement que le sexe masculin. Or, ta beauté est un don auquel est attaché de la part de tous un attrait irrésistible vers ceux qui Font reçu, attrait qui n'est que la bien faible image de l'entrainement impétueux avec lequel Thomme éman-* eipédelu chair se trouvera un jour précipité Ters cette beauté infinie, dont la nôtre ne peut donner une idée. Cet attrait, qui nous unscine ici bas, et qui est la source d'une si noble jouissance, prouve bien que la beauté est un don, que c'est une grâce, une faveur,* et qu'il en est de ce don comme de tous cenx que Dieu nous accordée, c'est-à-dire qu'il devient utile ou dangereux pour nous, soivant l'usage que nous en faisons. La beauté physique devrait toujours être le complé-' ment de la beauté morale : le contraire arrive trop souvent. Que de personnes, douées d'une beauté peu commune, n'ont qu'une âme de misère ! Et bien loin que ce désaccord entre les deux ordres de perfection soil indifférent pour la beauté du corps, il est certain , comme on Ta toujours remaraué» que de deux personnes également belles.
celle-là le paraîtra le plus chez laquelle la pureté de Tâme sera d'accord avec la distinction de la forme. Bien plus, il arrivera souvent que la noblesse de Tâme viendra tempérer la laideur physique. On a dit avec raison que la beauté morale élevée à sa plus noble expression, comme dans les saints, jetait, sur des traits naturellement laids et presque re()Oussants, un voile de beauté surnaturelle qui les transformait et les illuminait. C'est ce reflet que, dans Tart chrétien, les artistes doivent toujours s*efforcer de rendre; ils ne doivent jamais perdre \ie vue aue, dans la représentation plus ou moins au-, thentique des traits des saints personnages ils doivent toujours le retracer sur leur visage auguste et 1 envelopper d'une auréole surhumaine. Dans un tableau religieux, Tartistedoii donnera ses pieux héros plutôt le cachet de la beauté physique que le contraire, quand les physionomies réelles n'ont point été conservées par la tradition : d'abord parce que beaucoup de saints et de ;sain'ies étaient beaux; ensuite parce que, dans les portraits de sainteté de pure imagination il vaut toujours mieux supposer les qualités extérieures d*accord avec celles de Tintérieur, que de créer à plaisir des types, disgracieux et dilTurmes. Cette beauté dans les saints ne doit pas être une beauté grossière et matérielle, mais une beauté pure, chaste et calme, 'telle qu'elle convient h des êtres dont la vie s'est passée dans la contemplation des perfections divines et dans Texerdce des plus s\^bliiues vertus.
I» « Depuis trop longtemps les peintres et lea . statuaires qui expioiteut les sujets religieux su sont Jetés dans une voie toute contraire, et Ton ne manquerait pas de reproches à' adresser au .pi us grand nombre d'entre eux pour la manière déplorable dont ils conduisent leurs, compositions; souvent tout yestfaux, depuis. l'intelligence historique jusqu'aux convenances de détail, et le genre de oeauté qu'ils donnent à leurs personnages, quand ils la leur ont donnée, n'est point celui qui fait aimer et prier, mais bien plutôt celui qui rappelle à l'esprit des héros, de carrefour et des femmes du plus bas étage. Nous voyons chaque jour le gouvernement encourager, à grand renfort de médailles et de suffrages, ces essais prétendus religieux qui viennent figurer dans nos expositions, en y faisant gémir le goût et la piété.
« Tous les ans nous voyons les faveurs oflSciellesallerchercherdes artistes qui, fatigués de n'avoir produit qîie des Phryni^s et des Laïs dans le déshabillé mythologique le f)lus complet, veulent s'essayer, sur des vierges chrétiennes, mais sans se persuader auparavant qu'il faudra purifier leur imagination et faire jeûner longtemps leur palette et leur ciseau des sujets sensuels et. voluptueusement débraillés. Nos églises reçoivent trop fréquemment de TElat de ces oeuvres suspectes, et si quelques honorables excep* lions se rencontrent dans les compositions
(149*) AnnaUê 9reké9l09iq9us^ lOHi.Xlll, i8$4.
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d'artistes nourris des traditions de MM. Rio et deMontaleinbert,-dans le plus grand nombre de casy les membres du clergé feraient un acte de justice et de convenance en refusant la porte du temple aux tableaux et aux statues d'une origine officielle. Il faudrait pourtant en venir-là pour hâter le retour aux véritables bases de tout art chrétien : et si les hommes qui travaillent dans le genre religieux voyaient leurs œuvres repoussées et restées sans destination, faute d'être conçues dans des conditions convenables, ils se mettraient bientôt à faire des études sérieuses, et beaucoup de temps n'e se passerait pas sans que les choses ne fussent presque complètement réformées. Espérons que nous n'élèverons pas toujours notre voix dans le désert, et qu'après avoir longtemps protesté contre le débordement d'un torrent qui n'a fait que trop de ravages, nous n'aurons plus bientôt que des éloges à donner à des œuvres traitées avec science, avec admiratioi) et avec amour. »
BËAUYAIS (Cathédrale de). Son analogie très-grande avec celle d'Amiens. Voy., Amiens.
BEETHOVEN. Célèbre compositeur allemand. Foy. Expression.
BENEDETTO (Marcello). Noble Vénitien, compositeur célèbre, né en 1686. Foy. Musique.
BENEVOLI. Né vers 1600, compositeur de musiaue d'église, directeur de la chapelle pontincale. Voy. Musique.
BERNARDIN de Sienne (Saint). Foy. Pbiii-