DESTIIETIQLE CHR£TI£NNE
CAT
tigoification des mots* pour exprimer des choses nouTelleSy comme lorsqu'ils emplojèrent le mot gratia pour désigner la grâce cbrétieone, cette grAce dont saint Paul nous réTèle quelques-uns des profonde mystères; dans le second cas, ils modi6èrenl également le sens de cette langue imilatÎTe dont les figures sont les lettres, dont Ws formes humaines , Té^étales ou conventionnelles, forment les principaux éléments. Sans cet emploi , il n y a rien que de permis et de légitime; les signes destinés à montrer extérieurement notre pensée sont en eux-mêmes absolument indifférents; leur ▼aleur est relative et fictive. Mais ce qui peut nous aider à donner encore une plus satisfaisante explication de ce singulier emprunt, duquel résultent quelquefois des mé- Eises, assez pardonnables, du reste, comme rsqu*on attribue à Bacchus un temple dédié au culte chrétien , k cause de la présence de petits génii^s au milieu de branches de tigiie chargées de pampres et de raisins ; €*esl que les premiers artistes avaient fait leur éducation classique en travaillant pour satisfaire auxt)esoins de la société païenne, su milieu de laquelle ils étaient nés et avaient été élevés. Malgré les exigences du culte nouveau, ces artistes, peu habiles, nous dirons volontiers ces pauvres artisans, ne pouvaient se dégager des influences qui avaient si longtemps exercé leur emoire sur leur esprit et dirigé leur main. Ou conçoit facilement, ^n considérant les compositions des Catacombes, la latte que les peintres ont à soutenir contre 6ox-m6mes, ea mettant leurs connaissances au tenrice de la religion. Tant qu'ils se contentent de reproduire des scènes prises de Ja Bible, ils trouvent moyen de faire l'ap*
Îlieation de leurs études dans le costume, I pose, l'expression même des modèles antiques : ce sont les héros du paganisme transformés en personnages de 1 Ancien Testament. On comprend, en effet, que les SHJets bibliques ouvraient une plus large carrière h Timitation positive ; aussi sont-ils
S lus communément représentés. Quant aux lits ra<Â>ntés dans l'Evangile, ils sont moins correctement figurés , et parce que les fidèles étaient moins sévères envers les artistes, «t parce que ceux-ci étaient reduitsàpuiser en eux-mêmes tous les motifs de leur composition, et i inventer des types nouveaux
Nous aurions d'autres développements à ajouter i ceux que nous venons d'emprunter à M. l'abbé Bourassé, touchant les Catacombes. 11 a traité lui-même ce vaste et intéressant sujet, avec un soin, une exactitude et une ampleur qui ne laissent rien à
1(151*) DUiionmaire d'Archéologie $acrie , par k. Tibbé J.-J. BonniMé, chanoine de régiise inétroQOtitaine de Tours. % vol., Paris , apud Migne,
(I5S) Vohr^ pour ces documents (îndépendam- «eai de ceux que nous mentionnons en divers ariiclrt de notre dictionnaire) et pour tout ce qui contes Catacombes ea général. Séreux d*Agia-
désirer. Mais, outre que sonbutn*est pas le même que le nôtre, nous traitons en plusieurs articles de ce Dictionnaire, tels que ceux : All&gobies, J&sus-Chbist, Types, ViEBGE Habib, etc., des questions d'esthétique oui se rattachent aux Catacombes, et qu il serait par consétjuent^ inu* tile de reproduire dans cet article. Noos le terminerons par quelques réflexions au sujet de la part d'influence qui revient à l'art antique dans la formation de l'art chrétien. Les uns ont tellement exagéré cette part, qu*à les entendre elle a été la lumière qui a éclairé les artistes catholiques et les a inspirés dans leurs œuvres les plus remarquables, notamment en ce qui concerne la sculpture et l'architecture. Les autres l'ont tellement réduite, qu'ils l'ont anéantie, et qu'ils sont allés jusqu'à affirmer que la religion a fait sortir tout, même k son aurore, de ses propres entrailles. Il suffit d'cx- })oser ces deux appréciations extrêmes, si opposées, pour en faire voir l'exaeération, et par conséquent l'inexactitude : l'une fait table rase de Finspiration chrétienne; l'autre, supposant réellement accompli tout ce qu'elle aurait pu faire, de sa propre vertu, ne tient point compte des faits historiques les mieux démontrés. Tâchons de saisir le point vrai au milieu de ces deux extrêmes.
Que le christianisme ait pu trouver dans ses propres inspirations les divers éléments de son art, c'est là une vérité incontestable; je dirai plus, c*est là la hase fondamentale de l'esthétique chrétienne. Aussi, me suis-je appliqué dans cet ouvrage, à l'établir sur des arguments péremptoires. Mais, pouvoir fair$ ei faire en réalité j sont deux choses trèsKlistinctes , deux choses qui ne marchent pas toujours ensemble, à raison de maintes circonstances, de maints obstacles physiques ou moraux dont il faut bien savoir tenir compte, si l'on veut se faire une idée exacte de la marche de l'esprit humain.
Parce qu'il a plu à l'école classique d'attribuer au paganisme une influence évidemment exagérée sur la formation de l'art chrétien, ce n est pas un motif pour que nous rejetions absolument toute influence de ce gen^ re, lorsqu'elle nous est attestée par les documents lespluscertains,lesplusdécisife (152). Jamais chez aucun peuple un art quelconque n'a été improvisé. Sans doute l'homme a reçu, dans l'origine des choses , une civilisation toute formée des mains de son Créateur; mais ses descendants ont conservé plus ou moins fidèlement ce précieux dépôt. Des périodes de siècles se sout écoulées depuis ces temps primitifs jusqu'aux temps historiques. Pendant ceux-ci, que voyons-nous ordinairement?
Les nations (même celles qui doivent jouer
eoun, Hiitoire de Cari par U$ monummt$; Arin^bi^ Rama subterranea notuiima; Boldetti, Ob%ervatwm sur Ui cimetièreê dei taintt martyre et de$ anciem chrétiens; Bosio, Roma iotteranea.
M. Tabbé Bonfasié a parfaitement résumé ces divers auteurs dans sa Diêêertation si oemplèie nr lê$ Catacom9e$ de Rome.
CAT
CHA
le plus glorieux rôle dans «es arts) débu* tant dans la carrière sous une impulsion étrangère qui leur sert de point de départ, et n'arrivent à la perfection qu'après des estais et des tâtonnements divers. L'humanité «st trop imparfaite, pour s'être jamais élevée instantanément à la plénitude du beau dans les arts (152*). Dira-t-on qu'il en était autrement des premiers Chrétiens, à cause de leur supériorité morale sur les autres peuples ? Cette incontestable supériorité morale, je la comprends très-bien , si l'on veut parier du cachet inimitable de beauté mystique, surnaturelle, qu'eHe imprima, dès le ii* siècle, aui œuvres de Tart catholique, alors à son berceau. Mais je ne saurais l'admettre comme ayant été, à cette époque, la cause instantanée d'un vaste et régulier ensemble d'es- Ihétîque chrétienne. A moins d'une révélation directe, les artistes primitifs dont nous nous occupons maintenant ne pouvaient , eu égard aux conditions tout excei)tibnnelles et si déplorables dans lesquelles ils étaient, deviner les procédés matériels et si compliqués des arts d'imitation, procédés qui ne s'acguièrent qu'à la longue. Et puis, le christianisme, enfoui dans les catacombes» o'avait-il pas besoin d'air et de liberté pour respirer a l'aise et «e développer sans contraimo dans Fart, et dans tout ce qui se rattache au culte extérieur? Aussi, n est-ce qu'après la conversion de Constantin, que nous le voyons marcher à grands pas vers la perfection et l'atteindre même dans l'érection des basiliques bÂties par l'ordre de ce généreux monarque, agrandies ensuite el embellies par ses pieux successeurs. On peut donc, sans faire injure à la poétique ttbrétienne, reconnaître d'après les monuments primitifs qui existent encore à Rome, et d'après les grandes publications des Aringhi,des Boldetti, des Bosio, des Séroux d'Agincourt, etc., que les premiers artistes chrétiens empruntèrent à 1 art antique plusieurs de ses types, pour les transformer ensuite, et en quelque sorte, les diviniser; ce qui ne les empêcha pas d'en créer euxmêmes beaucoup d'autres, dont Thonneur leur revient exclusivement. « Les Chrétiens, tiit Matter, dans son Histoire de l'Eglise, ne s'emparèrent des beaux-arts de la Grèce et de Rome, qu'à l'époque de leur décadence, à peu près comme ils s'emparèrent de lalittératuredecesrégionscélèbres. Ce fut donc leur destinée de ne rencontrer plus que des débris d'arts et des débris de lettres, comme ils n'a-
(152*) Nous voulons dire, i chez un peuple ou chez un autre, > car nous repoussons de toutes nos forces le système impie et insoutenable du perlactionnemenl indélini de Thumanité réduite à les propres forces, système inventé, de nos jours, |iar rorgueil du rationalisme, qui voudrait se pasaer de Dieu, et que nous couibations dans plusieurs endroits de ce Dictionnaire, il a toujours existé dans rhumanité un principe de civilisation qu*elie reçut de Dieu, à son berceau. Mais, par suite d*une foule de causes ou d*accidents ce principe 8*est plus ou moins développé ou s^est plus ou moins altéré €bcz les divers peuples, et plus d'une fcôs chez le
valent trouvé qnedes débris de croyances. Ce fut aussi leur destinée de tout régénérer, n
(Voy. Allégoaic, Aacbitecturb , Basiliques. Caractère, Expression, Jêsos-Chrisi!» Peinture, Types.)
CATHEDRALE. Magnifique et fidèle résumé de la vie humaine et de la religion tout entière, dans son histoire, dans son culte, dans sa morale et dans ses mystères. Voy. <]athédrales , d'Amiens , de Reims et ce IStrasbourg.
CATHEDRA LES d'Albi, voy.Aun; —d'Amiens, i^oy. Amiens; — de Narbonne, vov.
Narbonne; — de Reims, voy. Reims; — de Strasbourg, t^oy. Strasbourg; — de\a]e»ce en Dauphiné, voy. Valence.
CATHERINE DE SIENNE (Sainte). Dh des plus beaux types de femme dont la religion et les arts qu'elle inspire puissent s'enorgueillir. Voy. Contraste.
CAVALUUS. Peintre, élève de Giotto. Voy. Peinture.
CESARIS. Compositeur français du xn* siècle. Voy. Musique.
CHALCEDOINE. Couleur symbolique.
Yoy. Couleurs.
CHALONS-SUR-MARNE. Bibliothèque de la ville. Voy, Manuscrits.
CHANT LITURGIQUE. Les annales ecclésiastiques nous apprennent aoe le chant des psaumes et des cantiques fut, dès l'aurore du christianisme, introduit et consacré par l'exemple du Sauveur lui-même et de ses ajiûtres. Nous lisons en effet dans TEvangiie de saint Marc (xiv, 26} et dans celui de saint Matthieu (xxvi, 30) que Jésus et ses disciples, ayant chanté ITiymnê d'actions de grâces après la Cène, se dirigèrent vers la monlagne des Oliviers : Ethymr tio dictOy exierunt in tnonlem Oliveti.
Saint Paul s'explique en ces termes dans son Epilre aux Ephésiens (v, 18, 19, 20) : Remplissez-vous du Sainl-Esprii^ et pour ^attirer dans vos ccfurs quand vous vou$ ot» sembleZf entretenez vous de psaumes et de cantiques spirituels, chantant et psalmodUM du fond de vos cœurs à la gloire au Seigneur. dans sa /'• aux Corinthiens (xiv, 15) : Je prie^ rai en esprit ^ je prierai du fond du eceur;je chanterai en esprit^ je chanterai du fond du €œur (153). Dans son Epître aux Coios$itn$ (ni, 16) : Enseignez et instruise x-voui tes uns les autres par des psaumes^ des ftymnet et des cantiques spirituels ; chantezdu fond du cœur et avec grâce à la gluirejie Dieu (158*). Remarquons ici que le mot ^Psallite si fré-
môme peuple, selon les phases diverses de leor existence respective. Il y a loin de là au perfenkNinieni indéfini de Tespéce humaine. On peut appliquer cette réflexion à la révélation de Jésus-Chriit, elle-n)éme ; car, bien quelle renferme tous les éléments de la perfecîtibn humaniuire, elle n*a pofté plus ou moins ses fruits chez les divers peiiplel chrétiens, qu'autant qu'ils ont été plus oo noies fidèles à son enseignement et à ses préceptes.
(155) Orabo spiritu, orabo mente : ptallum if^ ff/u, psallam et mente.
(153*) DoesnUt et commonentes vosmsHpsêê faié>
CHA
D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
CHA
3 uemment employé par saint Paul et les odears, signifie, dans sa primitive et véri« table acception, le chant des psaumes avec accompagnement de psaltérion ou de tout autre instrument à cordes.
Il résulte évidemment des divers passages
3ae nous venons do citer, que les chants ^église sont d'ori^jine divine et apostoli^ Ïoe. Mais auelle était la nature de ces chants? eurméloaie devait être la même, quoiaue dégénérée probablement, aue celle gaon chantait dans le temple de Salomon, puisque les apôtres, qui n'étaient jamais sortis de la Judée, ne pouvaient en connaître d*autre. Quant au caractère particulier de cette mélodie hébraïque, il nous est resté par&itement inconnu, malgré les savantes dissertations de Calmet, de Martini, de Kircher et de plusieurs autres érudits. Toujours est- il que les apôtres ont chanté les psaumes de l)avid comme ils les avaient entendu chanter dès leur enfance. Mais, lorsqu'ils eurent franchi les limites de la Judée pour aller prêcher la bonne nouvelle aux Gentils, conservèrent-ils intactes les mélodies hébraïques, ou bien adoptèrent-ils, comme plus universelle et plus populaire, la mélopée grecque, en l*auaptant aux paroles sacrées de la nouvelle liturgie? Je crois qu'il faut établir è ce sujet une distinction importante entre les églises fondées dans la Palestine et celles fondées chez les Gentils et dans la Grèce en particulier. Dans les premières, le chant hébraïque a dû se maintenir longtemps. Dans les secondes, il a dû céder à Pinfluence de la mélopée grecque, qui aura fini par l*absorber.
Il serait très-intéressant de savoir positivement à quel système musical appartenait le chaut des hvmnes que saint Paul recommandait aux Ephésiens. I) serait plus intéressant encore de connaître le cnant d'actions de grAces après la communion, qui avait été réglé de vive voix par le même apôtre avec les autres rites du saint sacrifice» eooimerindiquece passage de sai'* auxCo-rinikiens{xif 3k) : « Quant aux autres points relatifs au sacrifice et à la communion eu-< charistique, je les réglerai de vive voix, k mon retour (IM). » Mais, puisque nous n'a-^ ▼oDs plus les détails lilursiquesqu'indiauent ces courtes et substantielles paroles de 1 Apôtre, nous ne pouvons absolument rien préciser sur le chant des églises de Corinthe el d*Ephèse. Il est probable qu'il subissait déj^, dans ces deux villes, l'influence de la mélopée grecque dont nous parlerons ea son heu. 11 importe en attendant de prour Ter, ))ar quelques autorités incontestables, oœ pendant le laps de temus qui s'est écoulé depuis Torii^ine du cnristianisme
« AyiHiits €t canticii spirUuaiibui in graiia caitlantê$ in eirrtUbus vfifrîi Dâo.
(154) Cœtera autem^ cumvenero^dhponam.
155) Ce qui prouve, contraireinenl à Topinioa ODposee et^gënéralement reçue, que les simples (iilétes ne chuiuiient point dans les églises, si ce a^tftt pour répondre au célébrant, et daos un petit
jusqu'à la fin des persécutions, la pratluue du chant religieux n'a jamais été perdue dans l'Eglise de Dieu.
Pline, dans sa fameuse lettre h Trajan, parle des cantiques que les Chrétiens, assemblés, avaient coutume de chanter au lever de l'aurore. Saint Justin, le philosophe» (ran 150 do Jésus-Christ), s'énonce en ces termes dans sa première Apologétiaue :
« Nous n'honorons point Dieu par des libations ni par de sanglants sacrifices ; mais par nos prières, nos louanges et nos actions de grAces. Nous chantons des hymnes en son honneur. » Tertullien n'est ))as moins explicite. En l'an 269, le concile d'Antioche condamne Paul de Samosate pour avoir banni de son église le chant des psaumes et des hymnes de David.
La conversion de Constantin, en donnant un libre essor à la manifestation du culte extérieur, dut favoriser beaucoup les développements du chant ecclésiastique. Depuis longtemps le christianisme avait été fondé dans la Grèce et dans l'Asie Mineure» dont les villes possédaient un évèque. Bientôtlo^ siège de 1 empire romain fut transféré au milieu de ces provinces orientales dans l'antique Byzance, qui devint comme un foyec de l'art chrétien. Ces deux circonstances réunies ne pouvaient que contribuer à favo-^ riser l'emploi de la mélopée grecque dansles chants de la liturgie ecclésiastique. Nous, avons une preuve de cette infi.uence et en même temps de Tantique usage du chant in deux chœurs, dans le célèbre canon du concile de Laodicée, relatif à la musique d'église, qui fut adopté par la plupart des évèques de TOrient et de l'Occident. Ce concile* tenu vers l'an 360, statuait qu'à l'avenir les chantres ecclésiastiques (car il y avait alors Tordre des chantres} auraient seuls le droit de chanter dans les églises (155). Ce chant devait être exécuté à deux chœurs ; c'est ce qu*on appelait antiphonie^ dérivé de deux mots erecs qui signifient chanter de-* vaut,, en présence les uns des autres, alternativement. A ce sujet, nous citerons un. passage remarquable de saint Isidore, dans son livre De officiis ecclesiaslicis. L'évèque de Séville s'exprime ainsi : « Les Grecs furent les premiers qui composèrent les antiennes pour être chantées à deux chœurs alternativement, comme deux séraphins.
Chez les Latins, ce fut le bienheureux Ambroise quU à Timitation des Grecs, C9mf)0sa ces antiennes, et cet usase se répandit bientôt dans tout l'Occident (156). »
Déjà, au rapport de l'historien Socrate, saint Içnace, évèque d'Antioche, ayant entendu les anges célébrer alternativement les louanges de Dieu, avait institué ce genre de
nombre d*aulres cas exceptionnels.
(156) Antiphonai Grœci primum compo$uerunl ^ duobus choris alternative concinentibus^ quasi duo leraphim; apud Latinoê autem primus idem Ambrosiuê antiphonas constituit^ Grœcorum exemptât imitatut. El hine in cunctii oeciduis regionibus earnm ushâ* incubuit. — (ùe oficiii ecclesiast., lib. i, c;ii>. 7.)
CHA
DICTK)NNAIP«:
CHA
cbant dans son église; c'est celle légende sans doute qui a porté saint Isidore li comparer le chant en deux chœurs au chant des s^^raphins, quasi duo seraphim. D'autres assurent, au contraire, gue ce fut un prêtre de la même église d'Antioche» nommé Flavien, qui y introduisit, mais beaucoup plus tard, en 350, l'usage dont nous parlons; cet usaso aurait été bientôt adopté par saint Basile le Grand, évèque de Césarée, en 366. Mais tout porte à croire que le chant à deux chœurs alternants, bien qu'il n'ait été adopté que depuis le concile de Laodicée, était connu dès les temps apostoliques, puisqu*on le trouve déjà établi chez les thérapeutes, qui étaient les Chrétiens les plus parfaits de ces temps reculés.
Les données très-rares et très-incomplètes qui sont venues jusqu'à nous touchant la nature et le mode d'exécution du chant ecclésiastique jusqu'à saint Ambroise, nous font présumer que, pendant un aussi long intervalle de temps, il n'y eut rien de bien arrêté sur cette partie importante de la liturgie. Nous pouvons raisonnablement penser que le chant était alors d'une grande simplicité, et en rapport avec les moyens bornés d'exécution qui existaient, dans ces temps d'épreuve et de persécution. Ainsi que nous l'avons déjà fait observer, dans tes villes où les Juifs étaient en majorité, on devait tenir beaucoup à l'antique mélodie dont avait retenti en l'honneur de Jéhova le temple de Salomon. Dans la Grèce et l'ionie, les descendants de Périclès, convertis à la foi chrétienne, essayaient dans leurs pieuses assemblées d'adapter le chant des psaumes du prophète royal à la lyre mélodique de Terpandre et de Timothée. Les autres nations avaient probablement adopté un genre mixte, composé des deux éléments, grec et hébreu, dont nous venons de parler.
11 était résulté de cette diversité de systèmes, ou plut&t de l'absence d'un système fixe et régulier, une grande confusion dans le chant ecclésiastique, lorsque saint Ambroise, archevêque de Milan (de 37il^ à 391J, qui avait fait une étude spéciale de la musique, conçut le dessin de régulariser celle iiui était alors en usage dans l'Eglise, en 1 établissant sur les bases solides et rationnelles que nous allons voir. 11 prit son point de départ de la mélopée grecque, soit en empruntant aux Orientaux des nomes ou airs populaires qui ne variaient jamais; &oit (et ceci est le plus important), en rédui-
sant en octacordes ou «séries de huit tons, que nous appelons octaves, les tétracardei ou séries de quatre tons dont se composaient les tétracordes grecs (157). Dans celte vue, il établit les quatre premiers modes authentiques ou primordiaux, qui devaient former la base invariable du chant ecclésiastique, en leur conservant leur dénomination f)rimitive, à savoir : le Dorien, le PInrygien, e Lydien et le Mvxolidien. La constitution des modes grecs (excepté le Dorien) n'étant point encore parfaitement connue, il est
frobable que saint Ambroise se sera borné reproduire les notes principales de chacun d'eux, sans s'attacher à une imitation exacte de leur succession diatonique. Peutêtre cette succession avait-elle été déjà altérée peu à |ieu, ou modifiée avec intention par les Chrétiens, de telle sorte que l'archevêque de Milan n'aurait fait que reproduire» dans les quatre modes dont il est l'auteur, ces altérations ou modifications opérées avant lui. S'il est vrai, comme le prouvent les peintures originales recueillies dans les Catacombes de Rome aue les premiers Chrétiens aient emprunté a la mythologie antique plusieurs des principaux motiu allégoriques de leurs compositions, motifs qui» modifiés plus tard, ennoblis, transformés par leurs successeurs, devaient former las éléments d'une peinture nouvelle et pro(>re au christianisme, pourquoi la musique sa* crée, après avoir eu un même point de départ, n'aurait-elle pas été appelée aux mêmes destinées ? C'est, du reste, ce que démontre la suite de son histoire. Je vais même plus loin, en affirmant que l'on vit» dès Taurore du christianisme, des apôtres, des évêques et de grands saints, trouver dans les seules inspirations de leur foi des chants dignes de la majesté du culte divin. A défaut de leurs compositions qui n'ont pu arriver jusqu'à nous» nous avons les témoignages formels de l'histoire qui nous a transmis leurs noms révérés (158). Du reste» quel qu'ait été le degré d'influence exercée par la psalmodie hébraïque, la mélopée grec*
aae et l'inspiration privée sur le chant ecésiastique, il faut bien reconnaître que le Sénie du christianisme a imprimé son soufe divin, son inspiration créatrice à la musique comme à la peinture, à la sculpture» à 1 architecture et à la poésie, et il serait oiseux de revenir sur les preuves que no^sea avons déjà données, ou d'anticiper sur celles que nous ajouterons encore a la démonstration de cette vérité (159).
(157) Ces modes étaient certaines successions de tons et de demi-tons, par octaTeB , basées sur les diverses notes de récheile télracordaie , comme on peut en lire Texplication dans notre E$$ai tur le chant eccléêiastique^ tom. V des AnnaUt archéolop' quet^ année 18i0. Voir aussi Tarticle Modes EccLltsusTiQUEs» du présent Dictionnaire.
(158) Voir la note suivante.
(159) Voici, à Tappul des assertions qui précèdent, un aperçu des saints et illustres personnages qui se sont occupés du chant ecclésiastique, et qu*il
sera loisible au lecteur de consulter, depuis sainl Ambroise* auteur présumé du chant du Te Deiifli, jusqu*à l'époque de saint Grégoire.
En première ligne , nous devons citer sainl Augustin, contemporain, durant la première moitié de sa vie, du saint archevêque de Milan. Diaprés son témoignage , le chant ambrosien était fort mék>dieux ; il se faisait remarquer par un rfaythme bien prononcé, comme celui de la musique grecqife d^oè il dérivait. Tout le monde oonnair Téloffe qu'il en fait dans le livie u de «et Co»fn«toiti, où il
itil
CHA
D'ESTHETIQLE CUKETIE.NNE.
au