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leur des Sichimiles^ei «fU allusion i saint Jacques (nommé le Juste et le Mineur), à cause de sa fermeté contre les pharisiens et les scribes.
« La ehrysopase^ topaze nuancée de vertclair, figurait, en vue de ces teintes, la réunion des bonnes œuvres. Cette pierre, symbole de racrimonie, et qui avait souvent la couleur d'or, figurait l'apôtre Tbadée, doué de la baute sagesse que l'or représenta toujours, et d'une parole incisive et redoutable aux bérétiques.
« L'ogaxe. On attribuait à l'agate, ponctuée et veinée de plusieurs couleurs, beaucoup de vertus salutaires : celles de neutraliser les poisons et la morsure des reptiles, de guérir et chasser les fièvres, de dissiper les contagions. Elle répondit par analogie au patriarche Issachar et à sa tribu, dont la sainteté est louée, et qui la conserva intacte au milieu de populations prévaricatrices.
« Vhyacinthe^ d'une teinte approchant de celle d un ciel serein et dont la nuance est changeante, était prise pour la prudence qui tempère le zèle ardent et pour la douce condescendance que le Christ commande aux parfaits. En vue de ces analogies, saint Brunon Tassigne à saint Paul,
« Le ligurins^ que saint Jérôme croit être le même que l'hyacinthe, et dont les anciens vantent la nuance d'un violet tendre et brillant, était le symbole d'Aser (bienheureux), dont le pain, délices des rois et figure du sacrement de l'Eucharistie, est exalté dans la Genèse (cap. xli, v. 20). Le Ligurius correspondait à l'apôtre Simon le Chananéen, dont les mœurs étaient augéliques, et lo détachement céleste.
« Vaméthyste. L'améthyste [sans ivresse) Réunissant les nuances les plus aimables, le Tiolet, le rose et le pourpre, répondait par cette fusion à l'humilité des enfants, à la modestie craintive des vierges, et à la largesse chrétienne (/ar^t^a5), qui, dans l'intention de son nom latin, est une abnégation de soi poussée jusqu'à l'acquiescement au martyre. L'améthyste représente Zabulon, ancêtre de plusieurs apôtre5 et Papôtre saint Matthias , d*une humilité sans exemple.
« Le diamant, La tropologie hiératique „ considérant que le diamant résiste à la persécution et aux flammes, le compare, dans SCO langage, i la force surnaturelle cachée au fond des cœqrs chrétiens.
« Telles étaient les allusions prêtées à ces
Semmes l;>rillantes, interprètes mystérieux a langage des Ecritures. Ces gemmes se combinant avec les vases sa/;rés et avec les différentes parties du temple, mariaient aux fonds sur lesquels on les appliquait leurs significations mystiques. On les vit dans beaucoup d*égUses étinceler sur leurs colonnes, et particulièrement sur les encensoirs, qui, dans le sens tropologique, tiguraicnt égokments les apôtres. Il n'y eut presque ni basilique, ni abbatiale opulente qui n*eût ses colonnes, surtout ses encensoirs gemmés, brillantes accumulations de troj>es devenus
matière et multipliant sous les yeux da coRDs la répétition de la même idée par Ki couleur, parla nature et par la forme de l'objet. Comme nous 1 avons remarqué, ces métaphores consacrées avaient une analogie plus ou moins rationnelle et des afl[inités morales avec les qualités des pierres ; ces principales harmonies étaient Téclat et la couleur, car les couleurs par elles-mêmes et en dehors des pierreries, avaient leurs significations. Le vert brillant, le bleu, le rouge, étaient employés pour la foi, l'espérance et la charité, et les vertus cardinales étaient rappelées, à Tentour, par la pourpre, l'écarlate, le byssus et l'hyacinthe.
« Le vert brillant et printannier rappelait les tendres feuillages et le manteau riant des prés, dont la renaissance annuelle est comme une image imparfaite de la résurrection des corps. Le vert symbolisa la foi, l'immortalité consolante assurée à TAme des iustes, et aussi la contemplation.
« L'arur, qui rappelait le ciel, désignait
Ear là l'espérance et l'amour des choses d'en aut.
« Le rou^e, semblable à la flamme, symbolisait la charité; il rappelait aussi le sang et représentait la martyre.
« Le pourpre, insigne des monarques, signifiait la royauté et s*étendait à la justice dont les souverains sur la terre sont les premiers dispensateurs.
« Véoarlate^ couleurldu sang et mémorial des martyrs, répondait aussi à la force quia éclaté dans les martyrs, et par sa double analogie avec la tendance ascendante et la couleur du feu, symbolisait la charité. Elle était aussi la figure de la science des saints pontifes, qui doit brûler par la ferveur et resplendir par le mérite.
« Par la blancheur de son tissu, le hyssus, emblème de joie, spécifiait la tempérance qui produit la paix, la concorde, éléments propres de bonheur. Le fry^sus figurait aussi les générations de la tempérance ; l'innocence, la chasteté,, et le témoignage authentique rendu à la foi et à Dieu.
« Vhyaeinthef couleur de l'air, était la prudence clirétienne, le désir des choses du ciel, la sérénité de la conscience, laitaix.
« Le vert pâle et couleur des flots, désignait par là le baptême.
a Le rose^ indiquait le martyre, qui était aussi le sens mystique attaché aux fleurs du rosier.
<c Le safran, à cause de son analogie avec l'or et la couleur rouge, symbolisait Tes confesseurs.
K La blancheur et la fleur du lis, qui désignaient la chasteté et Tinnoceiice de la vie, étaient attribuées aux vierges; le gris^k la tribulation ; le violet, à la péniterrce ; le noir, à la pénitence et au deuil.
« 11 est aisé de reconnallre dans cette e^-
I>lication mystiaue de quinze d^entre lescoueurs combien les sens attribués à la plui)art des pierreries ont d'analogies avec elles. Nous comptons produire en leur temps, à Tappui de nos assertions, les témoignages
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^explicites des écrivains du mo;|^en âge et des Pères de TËglise les plus anciens : ceux de nos lecteurs qui ont le temps de com-
Earer, retrouveront ces témoignages dans eaucoup de commentateurs du xiy^ et même du xv'siècie, ceux-ci étant, sans exception, plus ou moins calqués sur leurs devanciers; car il ne faut point s y méprendre ; il n*en est pas des interprétations mystiques des livres sacrés comme il en fut au moyen âge des traductions de l'art chrétien, nécessairement altérées en passant des clercs aux laïques (224) et promptement dénaturées entre les mains de ces derniers (225). Ces explications raisonnées sont tour jours demeurées les mêmes en se transmettant d*âge en âge et par le clergé seulement, ;Si, dans les plus longs commentaires, elles *f)araissent quelauefois différer les unes des autres, c'est seulement à raison de la diversité des points de vue où Ton a placé leurs sujets: mais Tunilé est conservée quant aux allusions principales, et s'il y a souvent abandance, il n*y a jamais contradiction,
« Ajoutons aussi, en passant, qu'outre leurs relations précises avec différentes vertus et avec les patriarches et les apôtres, les gemmes apocalyptiques, comme celles du rationnai, ont figuré, au moyen âge, les '» douze principales vertus du Christ, » et les « douze articles du symbole de la foi catholique, » rapprochements nonarbitraires, inais fondés, comme les premiers, sur les propriétés reconnues ou attribuées h ces pierreries. Povir simplifier cet article, nous Hvons exclu ces détails; nous signalons du moins ce fait, dont nous donnons ailleurs jes preuves.
«f Ce couK exposé sur les gemmes, sur leurs relatipns avec les couleurs et sur leurs applications dans les basiliques du moyen /[ge peut faire entrevoir à lui seul, ce qu'était J'art hiératique (sacerdotal) dans les cloîtres et entre les mains des prélats qui en gardèrent le monopole jusque vers le commencement du xiir siècle. Grossier, incorrect, et tout au moins très-imparfait sous le raj)port de Testhétique, jusqu'à l'approche de ce temp3y l'art chrétien y fut néanmoins tout esprit et toute vie intellectuelle, et nul type, nulle figure, aucune couleur consacrée, surtout parmi les sujets d'art, oui sont monstrueu]^ en un sens, et qui semblent in-
(224) Celte sécularisation »*opéra vers la lin du xm* siècle.
(225) On sait que cette décadence eut lieu dans le cours du xiii* siècle, et qu*eUe était accomplie à Touverturedu xi\'. C'est elle qui dénatura d*abord Tesprit de mysticisme, puis le caracière idéal de la statuaire hiératique. Par une opposition remarqua- })le, tandis que ces sources du beau s'a!)âtardissaient sans mesure, le luxe des combinaisons archîtectoniques et la beauté toute physique imprimée ^ la slatuaire étaient en progrès ascendant.
S 26) Avant la Un du xii* siècle florissaieiit déjà s des abbayes de Saint-Marlin de Tours, de Cor- ()ie, de Cluiiy, de Saint-Denis, des cathédrales de PafJQ, d*Àuxerre,de Reims, de Lyon, de Saiut-Galli de
explicables, ne fut l'œuvre de l'arbitraire et exempt d'allusion. Cette tropologie mystique s'étendait à Tarchitecture, à la statuaire et à la peinture. Chacun pouvait bâtir, sculpter, peindre avec plus ou moins de talent, puisque des écoles nombreuse ouTeriet
dans les monastères, et souvent danslescathér drales (226), propageaient ces différents arts. Mais la science tropologique restant eanooe des prêtres seuls, et exigeant une connaissance minutieuse des livres sacrés, le clergé pouvait seul déterminer le plan des églises, en combiner les caractères, e{ fixer l'ornementation. 1,'ubiquité du symbolisme dans la basilique chrétienne s*abAtardit, se travestit, puis disparut rapidement, quand les arts furent passés du domaine sacerdotal dans le domaine des laïques. On sait que cette décadence s'opéra dans le cours du xiii' siècle, et qu'elle était consommée dans le xiv*. » COUPOLE. Voûte qui a la forme d'une demi-sphère ou d'un demi -sphéroïde Go croit trouver l'idée première de ce genre de voûte dans le comble du théâtre de ll3déonà Athènes à la formation duquel Périclès voulut faire servir les bois des mâts, des antennes et des vergues des vaisseaux pris sur les Perses, après la bataille de Salamine. On cite plusieurs autres exemples de coupole, dans la Grèce, telles que les deux qui existent encore dans les ruines de Mycènes»
dont l'une passe pour avoir été le tomt>eaa d'Atrée, et Tautrele tombeau d'Agamemnon. Quoi qu'il en soit, c'est à Tarchitecture ro* niaine que lart des coupoles doit son princinal développement. En effet, après avoir adopté cette forme élégante et originale dans les petits temples de Vesta, de Home et de Tibi^r, elle î'éleva à un remarquatile degré de hardiesse et de grandeur dans l'édilication du Panthéon, qui devint une dé^pendance des thermes d'A grippa, surintendant des bâtiments publics sous Tempereor Auguste, et dont la coupole, dit un archéologue versé dans l'étude des monuments grecs et romains, n'a encore été dépassée, en diamètre, par aucune entreprise ancienne pa moderne, et restera pour nous, sous le rapport de sa forme, comme sous celui de sa construction, le chef-d'œuvre de rantiguilé (227). Son élévation intérieure, à partir du sol jusqu'à l'arête de l'oeil placé au milieu de la voûle est de 66 pieds sept pouces et demi, qui sont aussi la mesure exacte de son dia-
Fulde, d'York, et un grand nombre d'autres.
(227) Il importe de laire ol>server dès à présesl que c'est à tort que Ton donne le nom de compoU aux rotondes romaines, quelles ([u'elles soient; ce nom ne convient qu'aux voûtes senii- sphéroïde» suspendues, que Tait chrétien seul a le droit de revendiquer. Il n'avait point existé de coupole proprement dite avant Sainte-Sophie; il y avait eu us grand nombre d'églises circulaires, imitées de la rotonde romaine, dont la forme a pu sans doute donner ridée première de la coupole, 11 n'en est pas moins vrai qu'entre la rotonde romaine portant vu le sol, et la coupole byzantine suspendue dans les airs, il V a la différence du jour et de la nuit. Fim» » Mvs en détail sur cette observaiioc.
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.