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(235) Nous trouvons , il est vrai , dans Tempire
Srec, des traces de la basilique, sur remplacement e Tancienne Séleucie, par exemple, où une grande église , aujourd'hui tout à fait en ruines, présente encore le portique quadrilatéral, la longue nef, les ailes, i*hémicyclc et Tabside. Mais les édifices des* sincs dans la vraie forme byzantine, dans la forme favorite, sont innombrables, dès les temps les plus anciens. Ainsi , au lieu même que nous venons de citer, on trouve les ruines d'une autre église qui offre la croix grecque, avec le chœur et les travées chacune dans la forme d'une abside semi-circulaire, contenant, dans les angles rentrants , des restes de
Naissance et progris de rarchitecturt byxas^ tine.)
De Constantinople, le système des églises à coupole rayonna sur tout FOrieQt et se re* flétamème jusqu'en Occident par rérectioo, en l'an 970, de la célèbre basilique byzantine de Saint-Marc de Venise (236), gui a été regardée comme une copie de Sainte-Sophie.
Néanmoins il s'en faut que ces deux édifices se ressemblent parfaitement. Sainte-Sopbfe affre presque l'aspect d'une grande salie circulaire, tandisque Saint-Marc de Venise présente deux nefs bien accusées, qui se croisent à angles droits. A Saint-Marc les angles des retombées des pendentifs sont rentrants, tandisque à Sainte-Sophie, ils sont saillants. Enfin, cette dernière n'a qu'une coupole, tandisque l'autre, indépenda aiment de sa coupole principale qui a ki pieds d^ diamètre, en otTre une plus petite, oblonguet de 32 jpieds de diamètre sur chacun des quatre bras de la croix. Mais on y remarque des galeries pour les femmes, un chacel muni de ses tentures, des chapiteaux les uns cylindriques , les autres cubiques, comme à Saint-Vital de Ravenne, et de splendides mosaïques, il y en a quatre grandes, dans les voûtes de l'ordre supérieur, exécutées vers 1617, par MafTeo Vérona, et cinq grandes, de Pierre Vocchia (1650), dans l'ordre inférieur, sans parler d'une multitude d'autres répandues avec profusion dans tout Tintérieur et sur le portail de ce temple, le plus riche de la (erre. On y compte 500 colonnes de vert antique, de porphyre, de serpentine, et de marbre des plus précieux. Les côtés extérieurs, la façade, tes murs intérieurs, les voûtes, les plafonds, et le pavé sont incrustés des plus riches matériaux, et tout ce qui n'est pas d'or, de bronze ou en mosaïque, est revêtu de marbre oriental. En somme, l'église patriarcale de Saint-Marc, bien qu'elle accuse, sous plusieurs rapports, l'influence inévitable du style basilical ou latin de Rome, est le type le plus brillant, le plus considérable et le plus fidèle du style byzantin, qui soit émané
clochers , et que des colonnes divisent intérieurement en ailes également demi -circulaires, exactement comme Sainte-Marie du Capitoie, à Cologne.
Sur remplacement de Myre est Téglise de Saint- Nicolas , contenant le tombeau et le corps de ce saint; elle représente aussi la croix grecque.
A Salonique est une église de la même forroe, avec une abside où Ton voit une grande figure di Sauveur, en mosaiaue.
A Astor, près de Joannina, sur PAdriatique, une église porte cmq dômes, Tun au-dessus du ceetre, et les quatre autres au-dessus des travées, tout à fait comme à Saint-Marc de Venise.
(236) On n*esl pas bien d'accord sur la date précise de rédification de celte basilique. Selon ?>• sari, elle fut bàlie en 970, [)ar des architectes grecs, et, iVaprès une autre opinion beaucoup moins accréditée, mais, sans doute plus probable, elle fut réédifice, telle qu'elle existe, en 1178, par un archictiitecte que le doge S. Zianni avait fait venir de Constantinople. Dans Tun et l'autre cas, la provenance orientale de cette basilique reste toujours iMfQ établie.
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DESTHETÎQUE CHRETIENNE.
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du prolotypedecestyle, Sainle-So|)hie(237). Aussi y a-t-il exercé, à son tour^ une infiaence marqaée et digne de toute i'allentioo des archéologues, sur Tordonnance architecturale d'un certain nombre d*églises dans potre Occident. Parmi ces églises, il en est une qui offre avec celle de Saint-Marc une ressemblance d'autant plus frappante qu'elle est rendue plus saillante par l'importance des dimensions de Tédifice. Nous ▼oulons parler de la cathédrale deSaint-^ Front à Périgueux. Si cette cathédrale ne procède pas directement de celle de Venise, on peut dire que ces deux basiliques se ressemblent comme deux sœurs, au moins 60 ce qui concerne leur plan respectif. Mais indépendamment de ce qui est essentiel & toute coupole byzantine, dit M. F. de Verneilb que nous prenons volontiers pour guide au sujet du monument qu il a étudié,* dessiné et décrit avec tant d'intelligence (238), il faut remarquer beaucoup de choses particulières à Saint^Front : par exemple la manière dont les petites assises du revêtement traversent presque en entier la voûte inférieure en béton; tout tient par la force du mortier, moitié coupole, moitié pyramide. On étudiera par-dessus tout l'emploi bien compris, bien combiné de l'ogive. Les byzantins la connaissaient parfaitement, comme le montre la voûte du nartex inférieur de Saint-Marc; mais jamais, ni en Orient ni en Occident, on n'avait eu besoin, que ie sache, de l'utiliser sérieusement. C'était le cas à Saint-Front ; je crois môme que, sans cette précaution, le monument ne serait pas venu jusqu'à nous. Les grands arcs ont 12 mètres d'ouverture , la cou|)ole haute plus de 13 mètres, celle des pendentifs près de 17 mètres; on allaita 1 extrême limite des
(237) C'est le sentiment commun des archéologues , et eu particulier de M. Ludovic Yitet. Après avoir fait ubserver qu*il n'y a pas la moindre analogie entre la coupole byzanliue et ces simulacres et coupoles produits dans un grand nombre de nos éctises d'Occident , par révidement de la base des clochers, ou par Tintersection des nefs, mais que Tanalogie, et même la ressemblance est bien réelle dans tout monumeot couronné par une vérilable cowpole, ne servant point de base à une tour, reposant sur quatre grands arcs et sur quatre pendenlil^, rappelant en outre , par d'autres signes extérieurs, les constructions d*Orient. Il ajoute : c Le plan de Saint-Marc, tel qu'il est (avec la pluralité des coupoles), n'en doit pas moins passer pour byxantin le plus légitimement du monde. A défaut de Wocope, le monument lui-même nous dirait son origine. Ainsi , tout en nous réservant de signaler, ■dne dans ses parties primitives, bien des caractères mixtes, bien des signes d'une influence étrangère à rOrient, nous ne croyons pas que, dans TEulope occidentale, il v ait un monument qui, par son Mfeci fféoéral et rensemble de sa structure, se rapprocoe davantage de la véritable architecture bytaaiine. (Journal des SavanU, janvier, février et Mi 1853.)
(iSS) Aux détails que nous avons déjà donnés daas le cours de cet article sur les conditions es- •emielles à toute coupole byzantine, et qu'il est iu- Blîle, par conséquent, de répéter ici, nous devons ajouter que les coupoles byzantines sont toujours écHibles , l*ujie plus grande , plus hardie , et qui
dimensions compatibles avec le degré d'habileté de l'architecte et son inexpérience évidente de la construction en pierre de taille. Ponr les grands arcs, pour les pendentifs et pour la coupole proprement dite» on a donc eu franchement recours à l'ogive. Les points de centre ne sont pas encore très-^ éloignés les uns des autres, et, comme il s'agit de coupoles ogivales, ils tournent autour du milieu vrai et décrivent en plan , deux petits cercles concentriques.
Pour juger équitablement l'architecture de Saint-Front, il faut tenir compte de cette large application de l'ogive et oe tant d'autres innovations ingénieuses. La coupe diagonale montre parfaitement la forme et la disposilion intérieure des piliers, avec ces étonnantes pyramides de I étage supérieur, avec les petites coupoles de l'étape inférieur retrouvées dans la restauration. Gênées par l'espace, elles empiètent un peu sur les quatre arcs qui les supportent, mais n'en sont pas moins des coupoles sur pendentifs, presque semblables à celles des piliers de Saint-Marc (239). A cette date, à la fin du x* siècle, on citerait difficilement un plan mieux conçu et mieux coordonné: l'amnleur, l'harmonie des formes, l'exact équilibre des poussées, la bonne proportion des supports, rien n'y manque. La basilique de Saint-Marc elle-même ne vaut pas Saint- Front sous ce rapport. Celle cathédrale a déjà duré plus de huit siècles; avec une construction plus soignée, elle aurait attendu deux fois plus longtemps sa restauration (240).
H va sans dire que le système des voûtes que nous venons d'analyser à Saint- Front règle et détermine dans les édifices de l'Orient la plupart des combinaisons acces-
ne se voit guère, mais sur laquelle Fautre est suspendue.
(259) La cathédrale de Saint-Front a été bàlie de 976 à 1057, au momeni où les colonies de Vé> niiiens se fondèrent dans la région centrale de la France. L'an 1006, la comtesse Kmina de Périgord, mère de Tévèque Martin, Lâlissait Tabside ou chapelle de Sainl-Ândré, ce qui prouve que les constructions étaient déjà assez avancées. L'église à coupole de Saint-Jean de Côte, en Périgord, a été bâtie par Tcvéque Raymond de Thiviers, dans la seconde moitié du xi* siècle; celle de Saint-Asiier, dans la première moitié du xii', par Tévéque Raoul de Coubé. Celle de Saint-^Avit des Autels date de i1i7 et de ii42. La plus ancienne, après Saint- Front, serait la catbéorale du Puy (*n Velay. En somme la présence de voûtes à coupoles dans une église n'est point un signe de baute anliouité. Elle annonce plutôt le xn' que le xi'sièc'e. En Poitou, eu Anjou et ailleurs, les voûtes s'abaissaient, nonseulement vers les deux murs latéraux des nefs « mais aussi vers l'archivolte des arcs, dans le sens longitudinal de l'édifice , de manic^re k former une suite d'ondulations. (Rudiment d'arehéologiet par M. de Caumont. Ecole secondaire.)
(240) L'influence arcbitecturale de cette cathédrale si originale et irop peu connue a ravonné sur toute ia province d'Aquitaine et au delà. Parmi les quarante églises qui ont été constrttites sous cette niflucnce, on compte les cathédrales d'Angouléme, de Cahorset de Sauites, (lont il ne reste qu'un des transsepts.