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exclusifs da beau physique, n*ont pu s*em- ^lècberde lui rendre hommage (272).
Ce n*est pas à dire pour cela, que les artistes chrétiens aient, comme on l'a t)eaucoup trop souvent répété, fait divorce avec la beauté de la forme. Celle de ce genre, qui se manifeste avec tant d'éclat dans les innombrables statues qui ornent les portails des Notre-Dame de Chartres, de Paris, de Reims et de Strasbourg, est la réfutation permanente, solennelle, accablante d'une telle assertion. Non, les peintres, pas plus que les sculpteurs du mo^en flge, n'ont ignoré les charmes de la beauté humaine, et il n'/ a que la mauvaise foi ou une étrange légèreté qui puisse être, à ce point, injuste en- Ters eux, et cela, contre l'évidence des faits. Seulement, ils ont eu, (ce que nous n'avons guère), le bon sens de comprendre qu'on ne saurait faire de l'art religieux qu avec le sentiment religieux, et que l'expression de ce sentiment, se manifestant principalement dans la physionomie, c'était cette partie dominante du corps humain, qui devait aussi dominer dans les personnages d'anges et de saiots que la peinture ou la sculpture avait à nous représenter. Et loin de leur en faire un reproche, l'on devrait, au contraire, les en féliciter, puisque Texpression mystique des suiets chrétiens est si propre à rehaus- •ser la beauté corporelle, en la spirilualisant, en la divinisant. Les critiques néo-grecs qui font continuellement ce reproche a nos artistes chrétiens, montrent en cela leur profonde ignorance des premières conditions de Testnétique introduite dans le monde, il y a dix huit siècles, par le mystère de l'Incarnation. En effet, juger d'après les règles de la poétique païennne, les œuvres de l'art chrétien, c est comme si l'on prétendait expliquer par la mythologie des disciples d'Apollon, les dogmes, le culte, la morale des disciples de Jésus-Christ. L'uu n'est pas plus extravagant que l'autre.
On fait beaucoup de bruit de l'incorrection qu'accusent, dit-on, la plupart des œuyres de l'art catholique. Et quand même cela serait, est-ce que par hasard les peintres, les sculpteurs Grecs et Romains, n ont pro-
(372) Nous citerons entre autres le célèbre poète nlleinand Goethe, madame de Siaél , et rhistorien de la peinture, Vasari.
(i75) Toutefois, le nombre commence à en diminuer, et nous aimons à le reconnaître. Oui, on commence à voir que la correction et la régularité ne sont point dans certaines œuvres de Part, surtout
{mnni les plus éminentes , et principalement dans 'art chrétien , la condition indispensable , absolue de la beauté. Entre autres témoignages, je citerai celui de Tunde nos premiers artistes vivants, M. £u^ gène Delacroix. Yoici comment , dans une remarquable Disurtation tur le beau , publiée derniérement dans la Bévue dek DeuM-àlondes^ il s'exprime touchant la question ; d'abord , dans Tordre de la sculpture , ensuite dans celui de la musique, enfln dans celui de la peinture.
c Si le style antique a posé la borne , si Ton ne trouve que dans la régularité absolue le dernier terme de rart, k quel rang placerez-vous donc ce Mi* ,cliel«Aii|e, dont les couceptions sont Iniarres , les
duit que des chefs-d'œuvre? Ne sayons-nôas pas, même d'après le témoignage de leurs propres écrivains, que chez eux, oomM chez nous, le médiocre abondait* et que les chefs-d'œuvre n'étaient que rexceplioa.
Comme on le pense bien, ce sont ces dte^ niers qu'on s'est attaché naturellement kit> tirer des ruines antiques et i conserrer. Oft n'avait que faire du médiocre, et encoit moins du laid. Supposons que par suite éè bouleversements quelconques, notre dvili* sation européenne vienne k périr avec aei monuments, pense-t-on qu'un autre people en fouillant un jour leurs débris disperseit ne s'attachera pas aussi, de préférenoet en chefs-d œuvre qu'ils pourront encore ofrir k ses regards investigateurs? Et même sejourd'hui, voit-on, par hasard, nos maltfes de la peinture catholique, comme Oweilieekf de la statuaire, comme Fabiscb, de l*Ar^tecture, comme Viollet-Leduc, conseiller k leurs élèves l'étude des modèles les moies corrects, les moins parfaits de i*art durétien? Pourquoi donc, chez nos critiques académiciens ces deux poids, ces deux mesures? Pourquoi donc cette étrange obstiiuh tion de leur part k ne vouloir regarder les œuvres de I art catholique, qu'à travers II prisme peu flatteur d'un verre noiri et oeUti de l'art païen, qu'k travers les préventîoas favorables d'une aveugle partialité ?
Pour en revenir k l^xpression mystimie, concluons hardiment de tout ce qui uréàtétt qu'elle est le caractère distinctif, la partie culminante, en un mot, de Tart chrilieB. Quiconque, se donnant pour connaissev des choses de l'art, prétendrait juger nOÊn architecture, et surtout notre peinture^ et notre sculpture chrétiennes, sans poserprlilablement en principe l'expression iDjUique, eomme criieriûm de leur beauté, celaila, fût-il membre de l'Institut ou*de nloh porte quelle académie, ferait exactemeal comme un aveugle qui se mêlerait de prononcer sur les couleurs. Ces sortes de entiques, encore trop nombreux de nos jo«s (273), ressemblent parfaitement k ceux qaii sans tenir aucun compte des conditions obligées dans lesquelles se trouvaient les boa*
formes tourmentées, les plans outrés on ment faux et très-superficiellement imités turelT Vous serez forcé de dire qu*il est pour vous dispenser de lui accorder la beaaié. chel-Ange avait vu les statues antiques coauBei rbistoire nous parle du culte qu*il professait ces restes merveilleux, et son admiratioa } bien la nôtre ; cependant la vue et Festime et cet morceaux n'a rien changé à sa vocation et k si aiture; il n*a pas cessé d*étre lui, et ses iaveatim peuvent être admira à côté de celles 4e Datique.
< On remarquera que parmi les productfaBS il même maître, ce ne sont pas toujours les bIbb ri^ gulières qui ont le plus approché de la pemclli^ Je citerai Beethoven comme un exemple  caM particularité. Dans son œuvre entière, qui tevili n*ôtre qu'un long cri de douleur, oa reaiarqaeinii phases distinctes. Dans la première, son iaspinlisa se modèle sans effort sur la tradition la pins pan; à côté de 1 imitation de Mocart, qui parie la langei
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DESTHETIQUE CHRETIENNE.
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mes et les choses, durant le moyen Age, i*obetinent à apprécier au point de rue des idées modernes les institutions de fa féodalité.
Ces! Ik le moyen infaillible de frapper constamment k bux dans ses juj^ements.
11 est donc bien yrai que ceux qui prétendent apprécier la peinture et la sculpture ratholique, sans tenir compte de leur pre- ■inr élément qui est « Tezpression » telle (|ae nous Tenons de la définir, sont aussi meonséoaents, aussi présomptueux que eeoxqnf se mêleraient de discuter la peinture et la sculpture des anciens, sans connaître un mot de leur mythologie et de la cosmogonie qui leur a servi de point de départ. Malneareusement , répétons-le, ces sortes de critiques abondent naturellement dans un siècle matérialiste comme le nôtre. Us sont un véritable fléau pour l'art catholique, cAjet de leur injuste dénigrement. (Test pourquoi nous ne saurions trop prémunir les amis de cet art divin contre leurs
fausses doctrines ; et le chemin le plus direct
Eour arriver k ce résultat, c'est de bien étalir, au moyen de l'expression mystique, la suprématie, en thèse générale, des artistes chrétiens sur les artistes païens. Afin de compléter ce que nous venons d'exposer sur ce sujet important, nous renvoyons aux articles dans lesquels il est traité sous ses divers aspects , tels que ceux-ci : Carac-
TiaB, CONVBNANCB, pBINTURB, SCULPTURE.
Quant k Vexpression du chant liturgique,
3ui n'a pas moins d'importance que celle e la peinture et de la sculpture chrétiennes, si nous n'en n*avons rien dit, c'est que nous la développons suflisamment dans plusieurs articles de ce Dictionnaire et notamment dans celui des Modes eccl&siasti- QUBs. En ce qui concerne le genre d'expression et de facture qui convient k la musique appliquée au texte liturgique et principalement aux messes, voyez le mot, Stltb id6àl
FÉUaTÉ (Saints). Voy. Types.
nCURES GRIMAÇANTES, k Textérieur des églises, foy. Sculpture.
FIRMIN (Saint). Evènue d'Amiens, figuré sur le portail de la cathédrale, foy. Amiens.
FLËSCHB. Voy, clocher. Roman, Stras-
Boon».
FLOltENCE(CATB6DRALE de). Foy. Dimen-
SI09S DOlU.
FRANCE. Une des erreurs les plus accréditées parmi nous, c'est de croire que l'Italie a eoostamment devancé et surpassé les autres Dations de l'Europe, dans Tinvention et dans la pratique des beaux arts. 11 v a Ikdessos, comme sur bien d'autres choses, des p&rases toutes faites que l'ignorance, la prévenlion et, trop souvent, la paresse, acceptenl Yoloutiers, et que les écnvains se passent do Tun k l'autre, avec un imperturbable aplomb. Loin de moi la pensée de déprécier une contrée aussi richement partagée eo artistes et en qpuvres d'art, que la péninsule italique. La part si large que je lui ai
é» dien; en sent déjà respirer, il est vrai, celle «éfaneonst cet élans passionnés qui parfois trabistoÊL «a feu intériear, comme certains roogisseroenls
Êt*ezlMleot des volcans , alors même quMIs ne »s peint de Oammes; mais à mesure que Falance de ses Idées le force en quelque sorte à oéer des formes inconnues, il néglige la correciion cl ks proportions rigoureuses : en même temps sa saMre rammllt, et ïi arrive ^ la plus grande force di ioa lalenl. Je sais bien que dans la dernière partie de son cravre, les savants elles connaisseurs rcfoseal de le seivre : en présence de ces productiOM «aBdleses el singulières, d>scures encore ou ^ftffflB&f à le demeurer toujours, les artistes , les kiMTS do métier, bésitent dans le jugement qu'il ca font mler : mais, si Ton se rappelle ^ue les ouvrâtes se sa seconde époque, trouvés mdécbiflhihles d*aberd, ont conqms rasseatimeni aénéral, et sont u'giniéa eommeses chefs-d'œuvre. Je lui donacrai raison contremon sentiment même, et je croi-
faite dans ce Dictionnaire doit me mettre à Tabri du reproche d'avoir été partial envers elle, et témoigne suffisamment de mon admiration sincère pour ce pays favorisé des arts. Mais cette admiration si légitime qu'éprouvent pour l'Italie tous ceux qui ont pu fa visiter et Tétudier, n'autorisera jamais à regard des autres nations un oubli, une indifférence aue rien ne saurait justifier. Dans l'impossibilité où je me trouve, à cause du plan de cet ouvrage, de faire valoir les droits incontestables que ces divers peuples ont également, chacun dans ses conditions particulières, à notre attention et k nos sympathies, je me restreindrai à la France, d'autant mieux qu'elle aussi a marché plus d'une fois à la tète de l'art chrétien, dont elle est prête à ressaisir le sceptre que le paganisme envahisseur du xvi* siècle avait onsé dans ses mains. D'ailleurs, les réflexions comparatives auxquelles nous allons nous livrer sur notre pays, sont applicables plus ou moins aux autres Etats de I Europe, et à l'Allemagne en particulier (274). Ceci
rai cette fois , comme beaucoup d*autres, qu*il (aut tofujours parier pour le génie.
c Un Holbein, avec son imitation scrupuleuse dea rides de ses modèles, et qui compte pour ainsi dire leurs cbcTeux ; un Rembrand , avec ses types vul» aaires , remplis d*une expression si profonde ; cea Allemands el ces Italiens ues écoles primitives, avec leurs figures maigres et contournées, et leur ignorance complète de Tari des anciens, étincellent de beautés et de cet idéal que h's écoles vont cher* cher la toise à la main. Guidés par une vive inspiration, puisant dans la nature qui les entoure et dans un sentiment profond , Tinspiration que Térudition ne saurait contrefaire, ils passionnent autour d*euY les peuples et les hommes cultivés ; ils expriment des sentimenit qui étaient dans touies les âmes ; ils ont trouvé nalurellemeot ce jojfaa sans prix qu'une inutile science demande en vam è l'expéience et à des préceptes, >
(274) Gest dans cette région que se trouvaient.
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posé, il nous sera facile de montrer, par des documents certains, que, sous le rapport des beaux-arts, tantôt collectivement, et tantôt partiellement, la France a marché de pair «yecritalie, et que, & bien des égards, elle Va , devancée, et même surpassée.
En fait de sculpture, plus d*un siècle «vant la restauration de c^t art, par Nicolas de Pise et Giotto de Florence, nous avions les délicieux chapiteaux romans des cathédrales d'Avignon, de saint PauUrois- Chateaux, de Valence, de Vienne, de Charires, etc, et d'autres moulures qui ne laissent rien à désirer pour la grâce, pour la variété des motifs et le fini de l'exécution (275) ; nous avions surtout ces magnifiques ftiçades sculptées de saint Gilles, d'Arles, de Poitiers, de Vézelay, de Civray , etc, dont on chercherait vainement les correspondantes en Italie. Immédiatement après ces magnificences sculpturales, nous avions celles, plus éblouissantes encore, que le style ogival avait prodiguées dans les cathédrales de Chartres, de Paris, de Reims, de Strasbourg, et de tant d'autres qui nous oflrent sur leurs immenses pages de pierre, tout un poème du Ciel, de la Terre, de l'Enfer et de la vie humaine, avec ses douleurs, ses joies, %^% travaux, et ses mille péripéties ; conception surhumaine ! que nos artistes français avaient trouvée et réalisée, sans le Dante et ses pAles imitateurs. En ce oui regarde la statuaire proprement dite, l'Italie, même à l'époque des Ponatello et des Michel-Ange, peut-elle nous présenter un porche aussi étonnant que celui du septen** trion de Notre-Dame de Chartres, un sujet comme « Tincoronation de la Vierge » au portail de Reims, des anges aussi divinement beaux que ceux oui ont donné leur nom au célèbre pilier de la cathédrale de Strasbourg, sans parler de son magnifique portail digne de rivaliser avec celui de keîms 7 \jàs plus célèbres mausolées de Rome et de Florence, peuvent-ils être comparés, comme types du vrai beau dans l'art chrétien, à celui de saint Rémi de Reims, et è ceux des ducs de Bourgogne, de Dijon?
sans parler de ses autres ([loires, les deux illustres ablMiyes de Fuide et de Saint-Gall, qui figurèrent durant plusieurs siècles parmi les plus célèbres métropoles de Tart chrétien. Tutilon, moine de Saint- Gall, au IX* siècle, était, comme beaucoup de religieux de son temps, et même d'une époque encore plus reculée, peinire, architecte, prédicateur, professeur, latiniste et helléniste, musicien et cise* leur.
(275) Je mentionnerai, entre autres , la grande et délkiease frise à rinceaux qui règne sur le flanc méridional de Tantique et intéressante cathédrale de Vaison. C'est là évidemment une réminiscence du style gré<u>-romain, q[ui a laissé de si beaux restes dans cette contrée. 11 est impossible de voir, parmi les œuvres de sculpture , quelque chose de plus pur, de plus noble et de plus gracieux.
(276| f oy. les mots Pbinturb ; Sculpture.
(277) Voy.,po«rp/ii« d€ déiails^ le savant et eu*
rienx TrMté de la smlpltire, par M. Eméric David.
Dans ce traité, Tauteur a recnercbé les origines de
française qui a Illustré la sculpture durant
Et même, en pleine renaissance fraiifaise, n'avons-nous pias le tombeau de Louis 3UI, • & Saint-Denis, et ceux de Marguerite dt Bourbon, de Marguerite d*Autnche el dê^ Philibert le Beau, dans l'église de Broot qui surpassent tout ce qu'on a pu exécoter tm ce genre, au-delk des monts? Dorant cellt même renaissance française, et sous Loiis XIV, nous avons eu également des sculp* teurs, dont le ciseau tailla des statues géM* ralement plus remarauables que celles qui furent exécutées à Tépoque corresiioodaBle en Italie. Qu'il nous suffise de nommer ki les Jean Goujon, les Girardon, les Germaitt Pilon, les Philibert Delorme et les Piuet.
En unissant par des détails biographiaues dans lesquels je n'ai pu entrer, lea jaloiis principaux que je Tiens de poser, ou arriverait aisément è cette conclosionv qn'ea fait de sculpture chrétienne, la France D*a cessé d'avoir la palme sur l'Italie. Klle ueal d'autant mieux se glorifier de cette tepMorité, que la statuaire offre, comme wmu m avons fait ailleurs la remarque (9761» bien plus de difficulté que la peinture à 1 artiste chrétien (277).
Dans le aomainedela musique sacrée, TAelie, peut sans doute, revendiquer en somme, la plus belle et la plus large part. Néanmoias, il en reste encore une assez belle k la France, pour qu'elle en soit fière à bon droit Ont» les nombreuses et admirables séquences on proses dont ses moines, ses abbés, et mêaM ses rois ont enrichi le répertoire du chaat liturgique, et parmi lesquelles brille aâ premier rang la mélodie du Lauda Sien, il ne faut pas oublier que, pendant deux aie clés, les XIV et xv*, elle a, (^njointenedl avec la Belgique, tenu le sceptre de la mosique d*église, grAce au génie de compositeurs tels qu'un Guillaume Dufiiy, on Joiquni des Prés, un Orlando di Lasso él aa Goudimel (278). Ce dernier, champenois, devenu directeur de la chapelle papale, flit le mettre du prince de la musique romaiat, du célèbre Palestrina.Plus tard, les Ihonoal^ les Mi vers, les Lalande, n'ont ou être entièrement éclipsés par les Gabrieili, les Pille-
tout le moyen &ge, et qui n'a Louis XIV et sous Louis XV, que pour vie nouvelle. 11 a su refaire toute cette lîislafae des fragments de chroniques, des livres et et des registres de rétaircivil, et lui a doué d'inlérét que s'il s'agissait de la poétique même. C'est qu'il y a une série d^admirahles tes ei d'admirables chers-d*œuvre à étudier, ÛÊmà ces monastères des.Laiomî et des LnMâm. qai as*
montent à saint Eloi et à Cbarlemagne, Jaaia*i rivaux des Italiens de la Renaissance, Jasfeà grands hommes inconnus, Jean-Juste oavt Texier, Golomban, dignes précurseurs de d
Pilon, de Philibert Delorme, de Jean Goita^ SI enfin de Pujet. M. Eméric David reatilve €m niére victorieuse, à Jean-Juste de Tours, est nible tombeau de Louis Xli, queTou aUj [usqu'ici k un italien, Paolo PoDsio TnhaH|Si Paul Ponce. (L'An et $eê hUtoriemê^ par Ifciart MWl Noé. i//Mtni/tim, 15 janvier 18».) ; (278) Il florissait à U fin da xvi« slèda.
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0*ESTH£TlQ(JE CHRETIENNE.
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jïU les Allegri et autres compositeurs illustres de Técole d'Italie. Et mAme actuellement on peut dire que, à part la chapelle pontificale» qui a toujours mieux conseryé <(ae les autres les saines traditions du chant liturgique » ce dernier pays est devenu, à •cause de la musique détestable qu'on y entend communément dans les églises» inférieur pratiquement à la France où Texécution du plam-chant est loin cependant de ce «qu'elle acTrait être.
Quant à la peinture, il est permis d'hésiter entre les deux pays, car, si l'Italie reyendique» à juste titre, comme une de ses gloires, son Ecole chrétienne-mystique des xui*, xiy*et *xy siècles, la France peut s'enor- ^eillir aussi, duraut la même période et même un siècle plus t6t,de ses incomparables miniatures et de ses magnifiques yitraux points. Mais, ce n'a pas été à partir du xir siècle seulement, qu'elle a pratiqué avec succès la peinture chrétienne. Des documents historiques incontestables mentionnent une multitude d'objets d'art tels que peintures, .sculptures, ciselures, mosaïques, etc., qui furent exécutés sous la dynastie des Hérofingiens, et dont plusieurs fragments remarquables se sont conservés jusqu'à nous. On sait que le tombeau de Frédégonde était recouvert d'une mosaïque d'une grande beauté. Dès le y* siècle, Namantius, évèque de Clermont, ornait la cathédrale bAtie par ses soins de beaux autels en mosaïque que Gré-
grire de Tours avait pu admirer, et dont il it l'éloge dans ses écrits. Fortunat de Poitiers, son contemporain, qui écrivait par -conséquent, durant le vi* siècle, parle de plusieurs belles mosaïques à personnages,
3u'on admirait dans les principales églises es Gaules. Pour ce qui est des miniatures, parmi les plus anciennes et les plus belles *que 1*00 connaisse, on peut citer celles des manuscrits de l'antique abbaye de Saint- Jtfariial de Limoges , reproduites avec un Jnxe inooi et une exactitude rigoureuse par M. le comte de Bastard, et qui remonte jusqu'au x* et même jusqu'au xi* siècle. Au xm% Paris était devenu, par son ^cole d'en/umifitire, le rendez-vous d'une fimle d'élèves des nations voisines et même de l'Italie, qui venaient s'y former aux leçons ées maîtres français, les plus habiles dans Mt art. Nous avons cité ailleurs (279) le fameux passage du Dante {Purgatoire xi'), qui contient un si bel éloge de cette école d'enluminure de Paris. Il y avait en France quarante mille copistes ou enlumineurs, dont les cBuvres allaient se vendre chez les libraires de la capitale aux savants de toute l'Euro- I«a (S80).On vit seperpétuer jusqu'à l'invention de l'imprimerie qui lui fut si fatale,
Article Titeaui feists.
Atmattê êtehéotogkfMes^ lom. Il, p. i67.
Et même, en plein xviii* siècle, la France a srôdali un vérHahle clieM*œuvre de peinture ec a*enhtniifiure, unique pour Tëpoque ; Je veux dire le roacnifique AàitpkotMire de Sainte -Tulle, dont nous donnons la deKriptkm à ce mot.
(S79) An
cet art des enlumineurs, des ymaigier$ , dont les peintures innombrables, chefs-d*œuvre de grâce, de fraîcheur et d'inspiration céleste, excitent encore notre admiration
C'est à cette école des enlumineurs, que puisa ses inspirations la peinture sur verre dans laquelle la France a toujours excellé. Dès le xvn* siècle, au rapport du vénérable Bède, l'abbé Biscopius avait appelé de la Gaule, avec les missionnaires, des ouvriers exercés dans l'art de fabriquer des verres pour les fenêtres ; et déjà, & la fin du vi% le poète Fortunat avait donné une description pompeuse des vitres peintes de Notre-Dame de Paris, oui venait d'être bAtie par Tordre du roi Childebert. Insister sur la beauté de nos vitraux des xui% xiv% xv* et xvi* siècles, et sur la richesse incroyable de nos cathédrales et abbatiales en ce genre de magnificences, ce serait nous exposer à dépasser notablement les limites obligées de cet article. Celui que nous avons consacré aux Verres peints, renferme tous les détails,nécessaires qui seraient déplacés ici, sur cette si importante branche de la peinture chrétienne. Tel était le nombre, pour ainsi dire incalculable, de ces vitraux, qu'après les ravages de la Réforme et de la Révolution, il reste dans le nord do la France seulement, plus de vitraux, et surtout plus de vitraux anciens que dans tout lereste de l'Kurofie.
«Au XVI* siècle, dit M. Félix deVerneilh, les verriers français conservaient encore la supériorité, pour le nombre comme pourla perfection de leursœuvres, et c'étaient eux qui travaillaient sous Raphaël k la décoration du Vatican. Le témoignage de Vasari, formel sur ce point, est d'autant plus décisif, que Vasari avait eu pour premier maître un de ces artistes, Guillaume de Marseille, qui avait fini par se fixer à Arezzo. Il y avait vers la fin du xii* siècle, des peintres proprement^dits ; mais leursœuvres sont perdues aussi bien en France que partout ailleurs (282). Ce Nicolas, qui fut brûlé à Paris, pour hérésie en 12w, était, dit-on, le meilleur peintre de son temps (283). » Nous n'avons pas besoin de faire remarquer combien est inférieure à notre pays, sous le rapport des vitraux peints, l'Italie où l'on compte à peine quelques églises importantes (jui aient reçu ce genre de splendide décoration (284).
Maintenant , si nous aboraons les peintures à fresques et polvchromes, il nous sera facile de constater 1 emploi aussi ancien qu'universel qui en a été fait dans nos égli^ ses. Dès l'année 779, époque déjà assez reculée, l'empereur Charlemagne avait parlé avec beaucoup d'éloquence au concile de Francfort, de l'ancten uioge qui voulait que
(292) Excepté en lulie. V. as mût Peirtcbs.
Œou de VoMtew.)
(283) M. Félix de Yerneilh, AnmUt arckéolo^tiwêê, livraison iuîHei 1845, p. 5 et 6.
(284) Nous ne saurions passer sous silence une des gloires de Part fraiiçala, la célèbre fabrimie eu émaux de Limoges, qui, pendant trois siècles, a vu ses aiimirables produits rectiercbés par toulerfiorope»
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MCTIOiNNAIRE
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lei églisei fument peintes et dorée» sur toute leur surface intérieure. Aussi« celles qu'il fit construire en si grand nombre, furent entièrement revêtues de peintures en mosaï- 3ue sur fond or et toutes resplendissantes e pierres précieuses et de marbres de Paros. Les parvis étaient également en mosaïgue ; des tentures de soie rehaussées d'or et de broderies ajoutaient à la magnificence de ces édifices.
Les vases sacrés employés au service divin, étalaient autant de richesse dans la matière que de fini dans l'exécution ; car l'orfèvrerie, dans cette partie, était déià arrivée à un degré de perfection qui n a point été surpassé depuis. Plusieurs de ces églises bâties sur les bords du Rhin et sur divers points de la France, ofl'rent encore de précieux vestiges de leurantic|ue magnificence, dans des fragments de peinture sur fond or qu'on découvre tous les jours sous les épais enduits du badigeonnage. Quant aux fresques proprement dites, celles qu'on a découvertes, (pour ne parler que de celles là), il va quelques années, sur toutes les parois deVancienne église abbatiale de Saint-Savin, suffiraient, à défaut d'autres exemples non moins décisifs, pour prouver l'importance que nos artistes chrétiens ettacbaientàla décoration monumentale. La restauration si intelligente qui se nom suit actuellement de celle de la Samte-Ctiapelle, peut nous donner une idée de ce qu'était au xui' siècle , ce magnifique système d'ornementation applique à la plupart des basiliques érigées à cette époque si brillante de 1 art. Enfin, les sjplendides et grandioses fresques de la cathédrale d'Albi, (285) encore si bien conservées, sont une preuve irréfragable que, même en plein xv' siècle, Rome n'avait pas le monopole de ces immenses pages de peinture murale, que nous allons admirer chez elle,sans paraître nous douter qu il en existe en France d'aussi ravissantes et de plus vastes encore.
Parlerons-nous de ces grandes et belles tapisseries bistoriques,de Biayeux,de Reims» de la Chaise-Dieu, de Montpezat, qui n'ont pas leurs pareilles chez nos voisins d'outre monts 7
En fait de tableaux à l'huile, nous ne sommes pas, il est vrai, les mieux partagés, ni pour la qualité ni pour la quantité, à s'en tenir uniquement aux sujets religieux. Tout en avouant notre infériorité manifeste à cet égard, surtout si nous nous comparons à l'Italie, nous devons reconnaître que des tableaux qui révèlent une; expression aussi tendre, aussi mélancolique et aussi profondément mystique , que ceux de l'œuvre de notre Eustache Lesueur,mériteraient d'être placés k cêté des plus belles peintures qu'ait produites le génie de l'art chrétien.
En architecture, si nous n'avons pas, dans les premiers siècles, des églises à opposer aux splendides basiliques romaines érigées par Constantin , agrandies et embellies par
\i85) On en trouve la descrijjAion à ce mot.
ses successeurs, il nous reste, pour attester la beauté de celles, depuis longtemps détruites, oui furent dès lors élevées surnotre sol, les descriptions authentiques et détaillés qu'en firent les auteurs contemporains dont nous avons reproduit divers extraits dans plusieurs articles, et même dans celui-ci.
Dès le X' siècle, l'étonnante et originale basilique de Saint Front de Périgueux, encore debout, élevait dans les airs ses nobles coupoles, qui bientôt allaient en voir d*aa« très se ccrouper en çrand nombre autour d'elles, lorsaue k peine les byzantins venaient d'édiner la merveille arcbitectardt de ce temps là, pour l'Italie, la cathédrale de Saint-Marc, fiille et émule de Sainte-Sophie.
Pendant que Buschetto, autre architecte ^ec, entreprenait durant la première moitié Gu X' siècle, de marier le style byzantin! Tantique forme basilicale, dans le magnifiant templede Pise,qui devait bientôt se refléter admirablement en maintes basiliques italiennes érigées sur ce splendîde modèle»
nos architectes français jetaient les fondements des églises romanes de Saint-Semis de Toulouse, de Saint-Apollinaire de Valence, de Notre-Dame du Port de Clermont» de Saint-Etienne de Nevers, de la Charilé sur Loire, de Vézelay, de Paray-le-Monial, de Tournus, et surtout de l'imposante et
f;randiose basilique de Saint Pierre de Clonj, a plus vaste de tout l'univers.
Si, durant les xii*, xni', xiv* et xt* siècles, l'Italie peut s'enorgueillir des grandes églises plus ou moins ogivales, de Siennet de Santa Maria dei Fiori de Florence, de Saint Pétrone de Bologne, de Notre-Damede Milan, la France a une masse écrasante klni opposer de cathédrales gothiques, qui sont autant de chefs-d œuvre dé ce stvle si grandiose, si élancé, si orisinal, qu elle ent la gloire de créer et qu'elle rehaussa, principalement aux portails des basiliques, de
œuvres miraculeuses autant que gigantesques, de sculpture, dont l'Italie n*approdia jamais. Remarquons ici, en passant, gaece luxe éblouissant de moulures, joint a cehû non moins éblouissant des vitraux peints qui éclairent du haut en bas, en lesreiidail transparentes, nos resplendissantes eathé* drales de cette époque, sont pour elles une magnifique compensation è ce qui leur manque, en marbres, dorures, mosaïques et astres magnificences décoratives que Fart dnétien a répandues avec tant de profusion etda goût dans les grandes églises d'Italie» nais qui n*ont pas la même raison d'être dans nos temples ogivaux, édifiés sur un autre modèle et dans d'autres conditions.
Enfin, si nous descendons jusqu'à la lenaissance et aux deux sièclesmarquésdepto en plus du sceau de la décadence» qni foal suivie, il nous sera facile de voir qne éarant toute cette époque, nos arcÛtactes Ah rent dans leur déviation du style ardûtaele-
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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il ciitholiqne» beaucoup moins exagérés que lie le furent les Italiens. En effet, maintes Uttpelles et églises de la Renaissance, celles de Saint-Paul-Saint-Louis , bfttie à Paris SDU3 Louis XIII; de Saint-Eustache, de même que le dôme des Invalides, sous Louis XIV; les églises de Saint-Sulpice et de Sainte-GenevièTe, sous Louis Xv, sont, malgré leurs débats respectifs, plus ou moins saillants, ratant de chefs-d'œuyre, comparativement à Unités ces églises, aussi excentriques pour la forme que iK)ur rornemèntation, dont Borrimini eties trop nombreux imitateurs de son Ujle tourmenté, extravagant, enlaidirent Rome et plusieurs autres villes de fltalie. On peut dire que la manie de l'imitation de rarchitecture grecque que nous eûmes à celte époque, en commun avec nos voisins, ftat chez nous plus sobre, plus contenue, moins échevelée que chez eux. Ils viennent, d'ailleurs, de prendre noblement leur retanche, dans la restauration aussi fidèle qu'intelligente de la erande et auguste basilique de Saint-Paul, nors les murs. Un tel exemule doit porter ses fruit5), et tendre nécessairement & rapprocher les deux nations dans un même esprit d'inspiration chrétienne, |>our la pratique de Tart chrétien. Comme éclaircissement et développeinent de la thèse que nous venons de soutenir en faténr de la France, on pourra lire le^ articles AmcniTECTURE ; Albi ; Byzaïi* tïm; Coupole; Musique, PEiÀTuàE; Scflp-
GABRIELU (Jean), né è Venise en 15^0.
Célèbre compositeur, fondateur de recelé véniiienne. Yoy. Musique.
GADDI (Tàddeo). Elève chéri de Giotto, né àFIorenc^ en 1355. Yoy. Peintubè.
GADDI (Agnolo). Fils du précédent. Voy, PiîÉTVwm.
GALLUS (Jacobus). Compositeur allemand, né vers ISw. Voy. Musique.
GAMME. Voy. Couleubs.
GELASË. Papo en 492, améar de plusieurs inèces de chant. Voy. Caant uturgique.
GEMME, foy. Couleurs. '*
GENEVlEVE.(EGLisEDESAINTE-).r.DôiiR.
GEORGIS (Saimt). Voy. Types.
GHIBLANDAIO (Dosiinique], Peintre et •rféf re, né en 1449, liiort eU 1493, fut chargé des peintures de la chapelle Sixtine, et inventa un nouveau eenre do mosaïque. Il fut !e maître de Michel-Ange. Voy. Peinture.
GHIRLANDAIO (Rodolphe). Fils du nreoédent et neveu de David. V. Mystique (Pcûiiuré\
GILLES (PORTAIL DEL'A!fCIEN?iE ÉOLlSE AR-
batulb de SAINT-}. Voy. Sculpture.
GIOTTO.Célèbre artiste lloréntin, archi- Ccdetjjeîntre» sculpteur» né en 1276, mort an 133d. Voy. Peûture.
GLORIAINEXCELSIS. Hymne qui résume les divers caractères de la poétique chrétienne, et ceux du cKànl litur($ique en l^rticulier. Voy. Modes.
DiCTioN.i. d'Estu^tique.
ture; Reims; Strasbourg; Vitraux peints FRANCS- MAÇONS, ou bâtisseurs d égukEs. Leur origine, leur développement, leur constitution éminemment religieuse et subordonnée à Tàutorité ecclésiastique. Voy.
^TR A SBO U R G
FRESC0BALD1. Célèbre organiste du iviii* siècle, loy. Musique.
FRESQUE (Peinture a la). Voy. Albi (Cathédbale d'); Détrempe; Peinture.
FRONT (Eglise de SAINT-). Cathédrale de Périgueux. Foy., ))0ur la notice de cette église, le mot Coupole.
FUGUE (terme de musique). La fugue, ainsi que l'indique le mot latin fuga, auù elle dérive, est une composition vocale et instrumentale ou Tune et l'autre à la fois, dans laquelle un sujet ou thème est sans cesse reproduit en passant à chaque instant dans Tune des diverses parties de Tharmonie. De là vient que le caractère de la fugue est essentiellement imitatif. La fugue est à la musique ce que la rhétorique est à la littérature , c'est-à-dire l'art d'exposer un sujet, de le développer, et de donner ainsi au discours musical rordre,la clarté, et les justes proportions qui en font la beauté. Au mot Contrepoint, nous faisons ressortir les avantages qu'offre l'emploi de la fugue ou du style fugué dans Tharmonie des chants d'église.
FUX (Jean-Joseph). Compositeur et auteur didacticien allemand, né dans la haute Styrie, vers 1660. Voy. Musique.
G(KTHE: Célèbre poëte allemand. Son opinion sur le portail de la cathédrale de Strasbourg. Voy. Strasboubo.
GOG et MAGOG. Voy. Sculpture.
GOUDIMEL(CLAunE),compositeurbeIge,né en 1510, maître de Palestrina. Voy. Musique.
GRANDE CHARTREUSE. Chabtbeuse.
GRANDEUR. Qu'est-ce que la grandeur?
Il y en a de deux sortes, à savoir : la grandeur physique et la grandeur morale, qu'il importe de ne pas confondre, ainsi qu'on le fait trop souvent. C'est la grandeur morale qui seule peut imprimer un cachet de beauté à une œuvre d'art, surtout d'art religieux. Dans cette dernière hypothèse, & la grandeur morale vient s*ajouter nécessairement la grandeur surnaturelle ou divine.
Sans doute, lia grandeur matérielle d'un temple n'est pas à dédaigner, à ne la considérer ou'en elle-même, puisqu'elle suppose dans 1 architecte qui l'a conçue et réalisée, là connaissance des procédés techniques et compliqués de son art; mais elle ne saurait exprimer ce que l'on appelle la véritable grandeur morale, et encore moins la grandeur surnaturelle propre au génie chrétien. Ainsi, Ton n'oSera jamais dire d'une église qui ne serait que vaste : « Elle est grandiose. »En effet, unecause toute matérielle, telle que celle dont il s'agit, ne saurait certainement produire un résultat immatériel comme rioipression oui natt de la grandeur
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morale que peut nous présenter un monument. Cette impression résulte de plusieurs conditions d'harmonie» de convenance, et principalement d'expression ou de caractère, que nous avons déjà exposées. Il sufTit de les indiquer, pour faire voir qu'elles n'ont rien de commun avec le plus ou moins do grandeur physique d'un édifice. Or,lce sont ces conditions morales qui seules peuvent, disons-nous, déterminer la grandeur également morale, d'une œuvre d'architecture, pour ne point parler ici des autres arts. Ainsi, un édifice pourra être vaste sans être grand, et viceversa^ être grand sans être vaste.
Donnez à une salle destinée aux jeux publics le plus de circonférence qu'il vous sera possible ; vous en ferez une salle immense, mais qui ne sera pas plus grande pout cela. Elle paraîtra même petite auprès a une véritable œuvre d'art, comme le Parthénon d'Athènes, qui n'aura pas cependant en réalité le quart de son étendue. Et même, entre deux œuvres d'art analogues, quelles que soient d'ailleurs leurs dimensions respectives, celle-là sera plus grande que celle-ci, qui possédera à un plus haut degré les coutlitions de la véritable grandeur. Ainsi, {)ar «xemple, si nous comparons, d'après ce prin- '.cipe, Je pont-aqueduc de Roquefavour (286) au Pont-du-Gard, notre comparaison tournera en définitive à l'avantage de ce dernier. Sans doute, le pont de Roquefavour est en soi une belle, une grande chose. C'est une des plus admirables constructions des temps modernes, au double point de vue do la hardiesse et de la perfection du travail. Déplus, il s'élève à la hauteur (gigantesque pour une telle entreprise) de 297 pieds, sur une longueur en rapport avec cette hauteur. Eh bien! au dire des connaisseurs qui ont, comme j'ai pu le faire moi-même, examiné selon les règles d*une rigoureuse esthétique les deux chefs-d'œuvre, le Pont-du-Gard, bien qu'offrant une masse totale sensiblement moindre que celle de Roquefavour, Euisqu'il mesure seulement 180 pieds de auteur sur une longueur en proportion, est cependant encore plus hardi, plus grandiose à Tœil que son rival de Provence. Et comme, dans ce monde, il n'y a jamais d'effet sans cause, nous découvrirons aisément, avec un peu de réflexion, les motifs de cette supériorité architecturale du Pont-du-Gard, dans le prodigieux développement des cintres de ses srandes arcades, dans la grosseur énorme des blocs de pjerre employés à cette œuvre colossale, et qui, ajustés sans mortier ni ciment, paraissent néanmoins suspendus dans le vide; enfin, dans cette magnifique teinte dorée que les siècles ont déposée sur tout le monument, dont elle révèle ainsi la solidité unie à la hardiesse et à la grandeur.
Or, ces heureuses conditions de grandeur et de beauté par conséquent, nous ne les retrouvons pas toutes au pont de Roquefavour, ou, si uous les y découvrons» ce n'est
pas assurément à un éçal degré. Voyez • eo effet ( pour ne parler ici que d'une différence, capitale d'ailleurs), combien ces ar* cades du deuxième et principal rang, si étroites et si démesurément exhaussées, semblent grêles auprès de celles du PonU du-GardI On s^aperçoit de prime-abord que larchitecte, effrayé de lahauteur prodigieuse qu'il voulait donner à son œuvre , afin de surpasser celle des Romains, a eu rintention de parer à la trop forte poussée de cintres aussi élevés, en étranglant leurs ouvertures, en les serrant les uns contre les autres aa moyen de minces piliers qui en exagèrent Télévation, déjà si grande par elle-même et en dehors de toute proportion avec la largeur. Celte longue série d'arcades si hautes et si étroites a, de plus, Tinconvénient de faire ressortir davantage la nudité des- parois extérieures du monument et de lui donner trop l'air d'une façade lisse, comme en offrent la plupart des éiablissements publics, percée d*une multitude de fenêtres surhaussées.
Loin de moi l'intention de dénigrer une telle construction , qui , malgré ses défiiats et quelle œuvre humaine en est exempte 71, 'ait honneur à notre siècle et plus encore à l'architecte qui a su la mener à lionne fin. Mais on conviendra qu'il y a loin de là à l'ampleur, à la hardiesse de ces grandes a^ cades romaines qu'on dirait avoir été lancées dans l'espace par des mains de géants. ^Ob objectera peut-être que , pour l'aqueduc 4b Roquefavour, on a, avant tout, visé à la solidité; mais l'œuvre romaine, pour être plus hardie, plus grandiose, en est-elle restée moins solide? Les dix-huit siècles qu*ellea traversés intacte, au milieu de. tant d*éléments de destruction qui la menaçaient, sool là pour répondre péremptoirement que noo.
Les considérations qui précèdent sont d'une application plus rigoureuse encore à !a grandeur surnaturelle que nous révèlent les œuvres de l'art chrétien. Une église, coostruite dans les bonnes conditions biératic|ues et liturgiques qu il exige , sera toujours plus véritablement grande, mèoie avec de modestes proportions, c[u'une autre ^^ plus vaste, qui ne réunira pas les mwts conditions ou qui ne les réunira point à W égal degré. Ainsi , le temple catholiotte (imité du Parthénon) de la Madeleine, anris , quoique plus vaste du double que la Sainte - Chapelle , parait cependant iimhds grandiose que le chef-d'œuvre de Tardiiteôture de Saint-Louis. Cela vient de ce que le premier de ces deux monuments, érigé sous une influence païenne quant au plan» à la distribution et à la partie décorative, man-
aue par là même des conditions de lignes, e forme et d'ornementation, qui, dans la Sainte -Chapelle, manifestent è Tœil le moins exercé le caractère grandiose d*ini temple véritablement chrétien. Et , conuM ce magnifique joyau du xui* si&cle réenit au plus haut degré les qualités da fiyli
(286) Ainsi nommé d'une vallée prés d*Aix, sur le eouri d*eau du canal dérivé de la DunuiceèVari laquelle II a Ôé "établi peur faire passer au-dessus teille^
DESTHETHlUfi CHRETIENNE.