QUE
de celte brillante époque de Tart* on peut dîreqa*il lierait [>lus grand même que certaines éfflises, ogivales aussi, et d'une éten* due égale ou supérieure, mais qui ne posièdent point au même degré les conditions d^esthélique dont nous venons de ()arler. Certainement, Saint-Bonaveniure, de Lyon, est une église ogivale assez vaste; et, cependant, qui oserait affirmer qu'en y entrant on est saisi de ce caractère de srandeurqui ?ous émeut si profondément, lorsque vous mettez le pied sur le seuil du temple, chefd*œuvre de grâce et de majesté , qu*on appelle la Sainte-Chapelle de Paris ?
Suandà cette grandeur morale et surnatue du temple chrétien vient se joindre la grandeur matérielle des proportions , il en résulte une impression complète de grandeur et de beauté. C'est ce que Ion éprouve, en pénétrant dans les majestueuses et immenses nefs (romanes) de Saint-Sernin de Toulouse, de Saint-Germain des Prés, de Vézelai, de Spire, dans Tancicn Paiatinat; /ogivales) d'Amiens, de Reims, ne Chartres, de Bourges ou de Rouen. Ces imposantes cathédrales, et beaucoup d'autres que je pourrais citer, nous fournissent de magniu-
3aes exem|}les de l'accord des deux graneurs, physique et morale , dans le même édJGce.
Nous aurons l'occasion de revenir sur ce cenre d'harmonie, qui est une des principales beautés de nos temples sacrés, voy.t en- . ire auirti articles où il en est question^ ceux : Dinifsiosfs et Pierre (Saint-) de Rome.
. GREGORIEN (Chant). L'illustre Pape et 4locteur, qui a donné son nom au chant ecclésiastique, saint Grégoire naquit à Rome vers l'an 5M), de Gordien, riche sénateur, et de Sylvie. Après sa naissance , son père se fil ecclésiastique et devint un des sept diacres-cardinauiqui avaient soin, chacun dans SQn quartier, des pauvres et des hôpitaux de Rome. Sa mère se consacra également au service de Dieu, dans un oratoire, près de &unt-Paal hors les Murs. Grégoire se livra de faoone heure à l'étude do la philosophie. des arts libéraux, et plus tard à celle du droit civil et da droit canonique. A Tâge de trente-quatre ans, il fut créé, nar Justin II , |véteur ou premier magistrat de Rome. Dès jes jeunes années, il s'était habitué à la méditation des choses de Dieu et à Texercice de la prière, soit avec des religieux, soit dans son église et dans sa maison. Après la mort de sou père, il fonda plusieurs monastères, et un, entre autres, dans sa demeure, sous l'invocation Je saint André. 11 y prit lui-même Tbabit en 575, à l'Age de trente-
(887) Piolmodiam et cantum eeeletiastieum, quod mm»Ufieo»dum divino cullui et [ovendum in Chrixtiana pMs pietati plurimum conficit , et gravions muticœ rggiilis ad accuraiiorem karmoniam et modul^tionem ffVMcavil, insiUula cantorum uhola et ordinaio anitpkonario. (Ub. n, g. 5,, de Tédiiion des Bcnédic-
fS88) Deindê in domo Ihmini^ more sapientlsstwi , Moiiioiils , frcftêf mnsicœ compunciionem dulcedi» ' irii, sm^pklnmrH ^ntonêm amtorum simUosini^us
cinq ans. II fut ensuite mis au nombre des sept diacres de TEglise romaine, et envoyé
rm de temps après, par le pape Pelage II, la cour de Constantinople, en qualité d'apocrisiaire oU de nonce apostolique. Il s'y distingua par sa science et sa piété. Rappelé à Rome, en58{k, il fut élu abbé du monastère de Saint- André, ot fut ensuite nommé secrétaire de Pelage II. A la mort de ce pontife, aui arriva au mois de ianvier de l'année 590, fut désigné pour le remplacer, par le clergé, le sénat et le peuple de Rome. Après bien des résistances, il fut sacré le 3 septembre de la même année. Il parait que ce fut au commencement de son pontiflcat qu'il réforma et développa le chant ecclésiastique, en même temps que le sacramentaire, qui est le missel et le rituel de l'église Romaine. Mort le 12 mars, 60i, dans la soixante quatrième année do son âge, après avoir siégé treize ans six mois dix jours, il fut inhumé dans la basilique de Saint-Pierre du Vatican , où Ton conserve encore ses reliques. On connaît ses immenses travaux et les nombreux écrits qui font placé au premier rang des pontifes romains, et lui ont valu le surnom de Grand. Je n'en parlerai pas, et pour rester dans mon sujet , je nie contenterai de faire connaître les détails intéressants que les divers historiens du saint Pane nous ont transmis touchant la réforme qu il opéra dans le chant ecclésiastique.
Nous lisons dans l'une des quatre Ft>y oui précèdent ses œuvres com|)!ètes, quo Grégoire, en établissant une écoio de chanteurs, et en révisant les chants d*égHse d après le svstème d*une musique plus grave, ramena a une harmonie et à une mélodie plus soignées, la psalmodie et le chant ecciésiasticiue qui sont si propres, dans les nations chrétiennes, à agrandir le culte et à nourrir la piété (2iS7).'
Jean Diacre , qui vivait à Rome , sous le pontificat de Jean VIII, et qui était contemporain de Cliarlem^^ne , a composé également une Vie de saint Grégoire. Cette Vie, moins estimée que celle de Paul Diacre, est toutefois plus abondante en détails sur la matière qui nous occupe ; c'est pourquoi je la cite de préférence. Voici ce que nous y lisons touchant la réforme du chant ecclésiastique par saint Grégoire, et son introduction en Allemagne , en France et particulièrement en Angleterre.
« Ensuite (288), à l'exemple du très-sage Salomon, convaincu des heureux effets de Ja musiaue exécTutée dans la ^maison de Dieu, pour la componction du cœur et I entretien de la piété, il fit une compilation très-utilu
nimn uiiliter compilant tcholamquc cantorum , quœ kactetiHs ei$dem institutiotiibus in tanaa homuna EceUtia modulatur^ conttituit ; eique, cttmnomtu,l:% prœdiit duo habitacula, teiiicel^ allerum sub gradibus èasilicœ Beaii Pelri apostoti , allerum vcro sub Lateranensis patriarchii domibus fabricavit, ubi usque hodie lectus ejus^ in quo recumoens modulabalur^ et /tageltum quo pueris minabalur, teneraiione eougrua cnm aulhentico Antifhonario resenâturJiSancLi Ùr^ gorii papes Vita^ a Joanne Diacotao.)
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des anciennes antiennes, autrement appelées tentoiii (c'est-a-dire composées de fragments). Il institua de plus une école de chanteurs, qui existe encore aujourd'hui» cl qui exécute les mêmes modulations dans relise romaine. Il lui assigna pour son logement et son entretien plusieurs domaines et deux maisons, Tune sous les degrés de la basilique du bienheureux apôtre Pierre, l'autre un peu au-dessous du palais patriarcal de la basilique de Latrnn, On y conserve encore aujourahui avec vénération le lit (siège) où il était assis pour moduler, le louet dont il menaçait les Jeunes clercs qui assistaient à ses leçons, ainsi qu'un exemplaire authentique de son Antiphonaire.
« Les autres nations de l'Europe (289), et en particulier les Germains et les uaulois, furent plusieurs fois dans le cas d'apprendre et de rapprendre cette douce mélodie grégorienne qui les avait enchantés; mais ils ne purent jamais la conserver dans toute sa pureté, soit à cause de la légèreté de leur esprit, qui les porte à y mêler leurs chants grossiers, soit par une suite naturelle de leur barbarie primitive. En effet, ces hommes d'en décades Alpes ne peuvent assou- {ilir à la douceur de la mélodie les sons brmidables qu'ils tirent de leur poitrine, comme les éclats du tonnerre ; car, tandis que leur dur gosier s'efforce de produire une douce cantilène par des inflexions et des répercussions redoublées, il imite plutôt le uruit sourd et criard des chariots qui rouleraient sur des marches de pierre, et il exaspère ainsi les oreilles des auditeurs, au lieu de les frapper agréablement. Et voilà pourquoi dans le temps même de saint Grégoire» dont nous racontons la vie, les chanteurs de l'école de Rome, qui étaient partis avec Augustin, pour évangéliser l'Europe occidentale, y fondèrent des écoles de chant. Mais, après leur mort, les églises de cette réçion corrompirent tellement les mélodies primitives» que Vitalien (élu Pape en 657) envoya vers elle comme évêque, Jean, chantre romain» avec Théodore également citoj'en romain et archevêque d'York, pour ramener le chant à son ancienne pureté. » Les détails précieux que nous a transmis rbistorien Jean diacre, pourraient fournir malière à des réflexions intéressantes et même opportunes pour le temps où nous vivons. De()uis l'époque où l'historien de saint Grégoire reprochait à nos ancêtres leur légèreté» leur inconstance à l'endroit des
(2S9) UujuM modutationU dulcêdinenit prœler a/tas Europœ çênteê, Cermani et Galli ditcere crebroque fêdiicere iruigniUr potuerant; ineorruptam vtro^ lam Utitate ammi qua nonnulla de proprio Grego* riank eantibus miscuerant, quam [fritaU quoque no' Curait, servare minime polnerunt, Alpina tufuidem curpora tœem $uam tonitruis attiuone perttrepitanda, iuêcêptœ modulaiioiM duleediuem proprie non ftêuUant ; quia bibuli gutturù barbara [erilat^ daim inHexionibuê et repereuuionibu* mitem nititur edere 'Cantitenam, naturali quodam frofore^ quasi plauêtra pet gradue eonfuêê eonautia^ ngidae voeu jactat^ ^que audieniium mdmoêf quoa imuteerg dibuerat^
bonnes traditions d,\x chant, «n mdme tetn)» que leur goût barbare pour ces TOdfértiiions qu'il compare « au bruit sourd et criard de chariots qui rouleraient sur des marches de pierre, » depuis cette époque, dis-» bien des siècles se sont écoules, des écoles célèbres de chant ont fleuri dans notre patrie. Nous avons eu, comme les Belges» iei Flamands et les Italiens, notre âge d*or da la musique d'église. Je dis plus ; peDdabt
[>lus d'un siècle nous avons eu sur le» liaiens la préséance pour le chant eccléiiasti-' que, comme nous l'avons eue pour d'autres branches de l'art chrétien. Mous établissons ailleurs ce fait aussi peu connu qu'il est glorieux pour notre pays. Qu'il me sùUm de rappeler ici que Claude Goudimel» musicien et compositeur français» fut le mattrs du célèbre Palestrina. Mais sont venues en* suite les révolutions qui ont tout emporté» et après tant de siècles écoulés et tant da vicissitudes» nous nous trouvons en pieia XIX* siècle, à peu près au même point o& étaient les Français contemporains de Jean diarre, de telle sorte que celui-ci^ enfidônt une peinture si peu flatteuse des cbantenn de son temps, parait avoir eu en me œax du nôtre. Qu entend-on, en effet, dans It plupart de nos églises, surtout dans celles de campagne, sinon des voix rocailleu5«^ des cris, des hurlements gui éloigneraiol les plus intrépides de l'assistance aux oflces publics, tant celte assistance est deveaiM un véritable supplice pour Quiconque • conservé encore un peu d'oreille et degoAL 11 est des personnes qui se font d'étrangn illusions dans leur manière d^apprécMr rexécution du chant liturgique, en simagh nant que la perfection du genre consiste à chanter à tue-tête» à Texemple de ces doitrès formidables que Jean diacre appelli eorpora pentrepitantia. Nous prendrons 11
»yant qa*il i parfaitement rendu par des voix de poitrias, et qu'il ne comporte pas une certaine sobriété, un certain goût, et même plus, ans certaine grâce dans la manière de reiécater. Ces qualités, qu'ils exclueraient des chants d'église» sont précisément celles M les saints Pères et les compositeurs tes pas anciens de mélodies chrétiennes n*onteaAi de recommander, dans la théorie et dans 11 pratique, tout en condamnant les omemeÉbi exagérés et les autres abus qui pouvaiôl
exaeperando magie ae obetrependo cofUiuràtl. Mv est quod hujut Gregorii tempore, cum Auguitmêime Britanniae adeunte^ pet Ocddentam amafma BmmmÊ inetitutionie eantoree diepersi^ bariaroê teWv doeuerunt; quibue de(uncUe, oc€idgmiaiêa acdlêimlli iusceptum modutationie organum tiftcnuif , wt h' année quidem Romanue cautor eum Tkêoiara fllM eive Romano^eed Eboraci arckiépUcapo^ wr €mm in Britanniae a Vitaliano et prcenU deemMÊHu; fd eircumque vositarum eceleeiarum fiU^e ôéapÊÉÊÊm eantilenœ dutcedinem revoeane^ fam pér aa^fls|r :ttUoe diseipuloe , mMUie awtU » Ammui» |iic*isa !•guUnn'Mteervmrét. {Uid.^ Ub. a, ^ T-S.)
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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se glisser tè, coQ)me il s'en glisse partout. II est donc bien irai que les expressions de douce mélodie de cantilène de modulafte», dont se sert Jean Diacre , en parlant des œoTres du plus célèbre des réformatears- du chant ecclésiastique , prouvent
rces caractères de grâce , de douceur , suaYe mélodie , étaient inhérents à ceehant, dès Tantiquité la plus reculée. Qa*oii me permette 'une autre observation sur les abus ou les préjugés qui tendent visiblement h défigurer la beauté native du plein-chant grégorien.
11 est des ecclésiastiques qui se i)ersua<i denl qu'aux jours de grande solennité, on ne saurait, notamment en ce qui concerne la préface, chanter avec trop de lenteur. A leur avis» une lenteur excessive est synonyme de pompe, de majesté, tandis qu'en réalité elle n*exprime le plus souvent qu'une lourdeur insupportable, qui en prolongeant les oflkes indéfiniment, aevient pour les fidèles uoe source d*ennui et de dégoftt. Il faut être complètement étranger à l'étude et à la bonne pratique du plain-chant, pour se faire de telles idées sur son mode d'exécution. Ce chant, dont la condition est d'être populaire et de rehausser, sans les prolonger outre mesure, nos cérémonies sacrées, esi, de sa nature, aisé, coulant, mélodieux ; il s'accommode peu de ses interminables longueurs, qui en bussent la marche et en altèrent 1 expression mélodique. Ceci est vrai, surtout, pour la préface, que certains prêtres croient rendre solennelle, en la chantant avec une désespérante lenteur. C'est absolument méconnaître le véritable caractère de ce chant admirable, qui, n'étant qù*iin récitatif, c'est-à-dire un langage noté^ exige, au lieu d'une expression emphatique, un dâHt aisé, net et bien articulé. Il semble, du reste, qu'à défaut de science liturgigae, le bon goût devrait suffire pour faire rejeter, comme incompatible avec Ja nature de ee chant si simple, si uni, l'expression lourde ei exagérée qu'on lui donne communément* Il est bien d'autres défauts que Doos aurions à relever au sujet de l'exécution du chant ecclésiastique, si nous n'avions l'occasion d'y revenir en d'autres endroits.
PSissoos maintenant à la réforme du chant par saint Grégoire, et tâchons de voir, quoique d^une manière nécessairement imparfiute, en quoi elle consiste. « Ce Pape, en composant rantiphonaire,dit l'abbé Lebœuf (SM^, n'avait fait que compiler, c'est-à-dire prendre des chants de tous cAtés, C|u'il avait réunis ensemble, et desquels il n'avait fait qu'on volume. C'est ainsi que l'on doit enlèodre le terme de centon ou do centoniser dont Jean diacre se sert dans sa vie. Comme 00 avait chanté dans l'Eglise latine, aussi bien que dans la grecque longtemps avant lui, ilr-boisit ce qui lui plut davantage dans tooles ces modulations ; il en fit un recueil qo*on appela Anîiphonarum centonem. Le fond de ces chants était l'ancien chant des
Grecs ; il roulait sur leurs principes. L'Italie l'avait pu accommoder a son goût; l'usage y avait fait des changements avec lo temps, comme il arrive en une infinité de choses. Le saint Pape y corrigea, y ajouta, y réforma ; on un mot, quoiquMl n'eût fait que lui donner un nouvel ordre, l'ouvrase passa sous son nom, et communiqua parla suite au corps du chant d'église le nom de Grégorien. »
Ce passage de Lebœuf, contenant en substance tout ce que l'on peut dire de plus exact touchant les origines du chant grégorien, il nous suffira de le développer, en y ajoutant quelques observations.
La part que saint Grégoire a eue dans la réforme, ou (ce qui serait plus juste) dans le développement du chant ecclésiastique, est si bien établie, d'abord par les historiens de sa vie, ensuite par les nombreux et graves témoignages d'une tradition non interrompue, qu'on peutja regarder comme un des faits historiques les mieux démontrés. Les mêmes témoignages s*accordent à constater les emprunts que ce grand Pape fit à la mélopée grecque ; et cela n'a rien d'étonnant , puisque déjà saint Ambroise »
comme nous rassure positivement saint Augustin, dans le livre ae ses confessions» leur avait emprunté la psalmodie à deux chœurs. La question est plusdiOicile quand il s'agit de déterminer la mesure dans la* quelle furent faits ces sortes d*emprunts. Quoi qu'il en soit, ils n'excluent null6m.ent ceux que saint Grégoire put faire et qu'il fit réellement à plusieurs des compositeurs occidentaux qui l'avaient précédé, et dont nous avons donné les noms dans un autre endroit. C'est ce que, d'ailleurs, signifie clairement le mot cenron employé par les historiens de sa vie, et qui indique la réuniou, la collection île diverses pièces tirées de lieux différents, et quelquefois les plus éloignés les uns des autres. Il est même des érudits qui croient voir dans le chant, plus orné, plus chargé de notes des graduels et des répons, une origine orientale, et dans le rnant simple, presque syllabique des antiennes, une origine opposée. Quoi
au'il en soit, cette collection si nombreuse e morceaux de chant liturgique réunis par saint Grégoire, forme, avec l'extension qu'il donna aux modes ecclésiastiques, la principale part de la gloire qui revient à ce grand Pape, dans Torganisation du chant auquel il a laissé son nom. Mais la base fondamen-t taie de cette organisation avait été établie avant lui, et probablement même avant saint Ambroise, qui n'aurait fait que ha régulariser en l'érigeant en système arrêté, par l'institution des quatre modes dont il a déjà été question. Or, cette base primitive du chant, liturgique, c'est la constitution tonale des Grecs. Indépendamment des témoignages de. la tradition qui n'ont cessé de l'attester,, sans qu'aucune preuve'positive du contraire soit venue encore l'infirmer, ce point fon-^
(Î90) Dans ton Traiié Uêimiqm et prêiique du flaiM'<UtmL (Cliap. 3.^
GRE
damental d'hisioire et ile critique est démontré, à défaut des fragments de la musique grecque que le lemps et les révolutions ont atiéanlis, par la conformité remarquable qui existe entre ia constitution tonale du ptain-chant e\ celle de la musiquo des Grecs, ' telle que nous l'indiquent, dans les plus grands détails, les auteurs de ceUe nation qui ont exposé les éléments de son art musical. Cette importante question trouvera mieui sa place h l'arliiile Modes ecclé$iasliçu», pour lequel nous réservons également, aftn d'éviter des répélitions, es que nous avons i dire touchant la question plus importante encore de l'eslnéiique du chant grégorien. Dans le présent article, et comme préparation k celui des Sfodea eccUsiutti'
Î'uet, nous allons d'abord nous occuper de H constitution de ces huit modes par saint Grégoire, ensuite de l'eiamen comparé des éléments respectifs de leur tonalité et de la tonalité moderne.
Au mot Chant nous avons vu comment saint Ambroise établit ceux de l'Eglise sur quatre ortaves différentes, dérivées, jusqu'il un certain point des quatre modes grecs dont elles portent le nom, savoir le mode dorien, ré, mi, fa, sol, la, ai, ut, ré. Le mode phrygien : mi, fa, sol, la, si, «(, ré, mi; le mode éolien : fa, sol, la, $i, ut, ré, mi, fa-, le mode myiolydien ; soi, la, si, ut, ré, mi; fa, sol.
Mail, comme plusieurs compositeurs, peu soucieux de s'astreindre aux quatre échelles ou modes d'Ambroise, en avaient souvent dépassé les limites, soit par caprice, soit à cause des diverses natures de voiï pour lesquelles ils écrivaient , il était impossible de r^uire toutes les pièces de l'Antiphonaire aux quatre tons ecclésiastiques primitifs. Pour parer h cet inconvénient et donner plus de développement aux voix, Grégoire
(SOI) Dans cet eiposé de la conslitutîon des liult ■iKkIes par saint Grégoire, je suis l'opinion caiumune et appuyée sur la tradiiion. Nêaiimuins, il en est une autre qui diffère de celle-ci, et qui a de «raves autorités pour elle. C'est pourquoi il enuvienl d'en dire un mot. U'aprés celte npinjon, saint Gré-
Kfire, au lieu de porter les niodeK, de quuire à Luit, g aurait réduits de quatorze à huit. Voici commenl : chunune des notes de la gamme diatonique pouvanl, dans le pluin-cliaut, èire considérée comme la première, comme la Tondameniale d'une nouvelte camme; en maintenant, dans cbacune d'elles, les deux <lenii-lons h leur place naturelle, les anciens obtinrent, sar l'apitlicaiion de ce principe, sept gammes diiiérenles, ou sept tons autlieiitiques, sur lé* sept notes, ut, ré, nit, fa, loi, la, <i. Et commei chacun de ces sept tons éuiil susceptible d'avoir ton plagal ou correspondant, en partant de la quarts inférieure, il en résulta quatorze modcR , dont sept Bulheiilique's et sept plagaux. Or, ce Turent ces auatorte modes que saint Grégoire réduisit aux nuit que nous eiposons. Néanmoins, nous les voyons Iniiglemps après , pratiqués dans plusieurs églises. Sous Charlemagne, ils turent l'objet d'une dispute parmi les chantres de ce prince. Ctts uns les rcdui-
()u'ilE devaient être au nombre de quatorze ou au point de douze, en esduiiit deii notas Tondamen-
(NAIRE GRB ST«
imagina de diviser chacun de cas quatr» tons en deux, dont le premier, consenri intact, était appelé par cette raison nutbentîque, original, primitif, et le second coiamençaot une quarte plus bas que le prernïjr s'appelait plagal, collatéral, dériré. Noss avons remarqué aillevrs, qu'au moyen d'nii semblable procédé, que Grégoire eut, saut doute, l'intention d'imiter, les Grecs avaieiil beaucoup étendu el varié leur échelle o>0' dale.
Voici le nouveau tableaa du systèiM grégorien , représentant les quatre toM primitifs, suivis chacun de son ton pUgd ou dérivé, ce qui donne huit tons :
Deuxième t
Premier l(*i, dorien (suthcnMqne) :