‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 46 sur 167 · CRE · texte numérisé non relu

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Sûrement prosaïques, n'était point un chant battuta , fixé inaitérablement et k retours égaux comme dans les vers, mais d*un véritable nombre^ correspondant au nombre oratoire, c'est-à-dire plus libre, plus varié, plus multiple et en même temps très-fini et toujours reconnaissable. Ou aurait pu le conserver au moins dans le chant des njrm^ nos et des tropes, les mètres ou hymnes 'j correspondant. Mais il périt irréparablement dans ces pièces de chant, et s'il ressuscita, dans la renaissance de l'harmonie, il ne fut pas adonté, pour cela, dans l'Eglise; il demeura et il demeure encore toujours, aoit quant à la prose, soit quant aux vers, sans rbythme. sans nombre, sans mesure, . 4enxa rythma^ $enxa numéro ^ senza mtiura.i»

Baini, après avoir raconté les vains efibrts de Paleslrina pour corriger le Graduel romain, continue :

« Pour compléter cette matière, je veux ajouter que le missel et le bréviaire romains ayant été de nouveau revus et corrigés par les saints Pères Clément VIII , en 1602 et 16W^, et par Urbain VUI, en 1631 et 167^, et que ces deux volumes ayant été comme expurgés de nouvelles erreurs introduites par la négligence des imprimeurs , on mit encore au jour les nouveaux graduels et antiphoniers corrigés et amendes. »

Mais ceux qui avaient été chargés de les 4:orriger l'avaient fait selon') leur caprice, soit par ignorance, soit par incurie.

« Ce qu'il y eut d'heureux, dit Baini, £*est qu'ils ne portèrent pas la main sur les antiennes, sur le chant de la psalmodie, sur les hymnes, les répons brefs, les versets, les invitatoires, les venUe^ les séquences, et la plupart des introîts, lesquels tous, à cause de leur brièveté originaire, furent conservés et se consi. rvent encore aujourd'hui tels qu'ils étaient d^ns les temps les plus reculés. Quant aux répons, aux graduels, aux traits avec leurs versets respectifs, les ofl'ertoires et les communions, ils sont tous falsifiés. Dans quelques éditions, la correction parait avoir été faite d'après les livres originaux, et alors le mal a été moindre, ^larce que là on a conservé la saveur et l'essence de l'antiquité. Parmi toutes les éditions de cette dernière catégorie, je prise celle qui fut exécutée en 1614 par I ordre de Paul V, dans Timprimerie des Médicis à Rome , en deux volumes, composés de feuilles très-grandes. Dans les autres diverses éditions de Venise, <te Rome , de France , (fEspagne , etc. , les corrections me paraissent avoir été faites toutes arbitrairement; c'est à peine si Ton y aperçoit quelque reste de l'antiquité, ou plutôt il n*y en a point. Là c'est un squelette décharné, ici c'est un avorton monstrueux ; là c'est un habit composé de lambeaux différents, là c'est un chant sans chant, r etc., etc.

La critique sévère que fait ici notre historien des éditiobs de chant contemporaines de celle de Paul V, qui a toutes ses préférences» donne lieu à quelques importantes observations : la première, c*est que toutes . OM éditions furent l'œuvre, du .goût parti- . il y arait plusieurs imprimeurs el lilMiiiii

culier de gens livrés à eux-m^mes et trêTaillant sans mission. aucune do lautorité. H ne faut donc pas être étonné si celle de Paul T, exécutée dans des conditions bien différentes , prima et prime encore toutes celles qui parurent alors en Italie et ailleurs* Ce qu'il y a de malheureux, et cela pour des causes dont l'exposé nous entraînerait trop loin, c'est que ces mauvaises éditions» objfii de la sévère critique de l'abbé Baini» aî^nt été préférées, dès le début, et le soient même encore aujourd'hui en plusieurs lieus, et principalement en Italie f à «lelle de Pml V, devenue d'ailleurs si rare et si difDcilei trouver. Quoi qu'il en soit, il importe de constater avec l'abbé Baini que cette dernière réunit toutes les conditions quHl était permis de désirer dans les circonstances oft elle fut donnée, el que depuis, elle n*a point été signalée par d'autres, au moins en Italie. En second lieu, l'inconvénient des mauvaises éditions de chant qui pullulèrent dans cette contrée et ailleurs, a l'époque dooc il s'agit, fut bien moindre, ou plutôt n'exisli pas pour la France, grâce au zèle, à rinteili-

f;ence et à l'unanimité de ses évékiues dans a grande réforme du chant liturgique » telle que nous Talions raconter.

. Dans le procès-verbal de rassemblée du clergé de France qui eut lieu en 168S et 1636, nous lisons le rapport qui fut présenté à l'auguste assemblée le 27 juin 16Mi par le sieur de la Meschinière, qui avait été commis par celle de 1625 pour avoir Tœil sar les impressions qui se laisaient par Tués et le secours du clergé. Il est dit, dans ce rapport, € qu'en l'an 150S, le clergé avait

Srêté, à la société des libraires de Paris. ,000 livres pour leur aider à imprimer isi livres de chant d'église; et plus loin, il est dit que le cardinal, duc de Richelieu, ayant élé autorisé, par le roi, le 8 octobre 1831,4 faire choix de tels libraires et imprimeufs qu'il jugerait capables de l'impression dti bréviaires réformés par notre saint Père la Pape, ledit cardinal, par acte du 26 septes* bre suivant, avait désigné à Sa Majesté les libraires et imprimeurs formant unesociélé pour imprimer, privativement à tous autres, tous bréviaires, missels, diurnaux» et généralement tous usages servant pour le serri* ce divin, réformés eti corrigés de nouTeao. « En conséquence, et par lettres patentes da 9 décembre de ladite année, le roi accorde à ladite société le privilège d'imprimer ou de faire imprimer, durant trente ans, I^Ms bréviaires, missels, et tous autres usages lé* formés, avec défense à tous autres lilMaifts et imprimeurs d'en imprimer ou fiiire imr primer dans le royaume, ni d'en faire Tenir des pavs étrangers d'autres impressions,!

freine d'une coniiscation d'iceux. et dett,CII ivres d'amende Sur quoi il fut.rcmarqaé

que ce privilège rendait les bréviaires et autres livres d*éçlise plus chers, et queeV tait la cause qu'ils étaient plus mal impcfei a mes qu'ils ne le seraient, si la liberté doka I imprimer était laissée à chacun : et en efll^ "

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D^ESTIIETIQUE CHRETIENNEL

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qui offraient d*en imprimer de plus beaux et à meilleor marché, si ce privilège était réTOqué.

« Ijà compagnie ou!t ensuite sur ces ineonvénients allégués le sieur Vitray, Fun (les nommés audit privilège, et huissier de rassemblée, lequel déclara que ses associés étaient prêts à se départir de reffet dudit

Kivilége, moyennant le remboursement des lia par eux faits (311). 11 fut ordonné que ledit Vitray rapporterait ses offres par écrit, • signées de lui et de ses associés, pour être a|irès délibéré. (Tout cela fut exécuté.) Ensuite Mgr l'archevêque de Toulouse et Ml^ révéque de Soissons fureut priés de traiter avec quelques imprimeurs, et de faire entrer à ce traité, de préférence, le sieur Titray, imprimeur du clergé, et le sieur Aobert.

« Les 5 et ^février, ces deux prélats rendirent compte h rassemblée du traité qu'ils avaient passé, dans un rapport qui donnait la nomenclature détaillée, avec les prix res*

CK^tifs d'un grand nombre d*éditions, narmi squelles on remarque, pour ne parier ici que des livres de chant, VAnliphonale magfUMN, in-folio, 2 vol. à 45 livres; le Graduale Momanum^ in-folio, à 22 livres 10 sous ; l'^ln- Hphonale parvum^ in-folio, à 8 livres 10 sous; le Miêêole Romanum magnum^ in-folio, dans lequel il y a, disent les rapporteurs, douze taures extraordinaires, à 12 livres; le JlfifêoU Romanum varvum^ in-folio, avec les mêmes fi(;ures, a 8 livres; le Psalterium fto- Meiiaim, in-folio, à 10 livres; le Rituale AoflUMwii, in-8% à 1 livre 8 sous; le Procession maiê Romanum^ in-8% à 2 livres. Vitray et Cramoisy devaient être les éditeurs de ces diverses publications. »

c Le le mars, Mgr Tarchevêque de Tou- Umse remit le contrat passé par lui et les autres députés y nommés, avec les sieurs Cramoby et Vitray, du prêt de 8,000 livres, moyennant lequel ils sont obligés d'imprimer les livres y désignés. L'assemblée, ayant irai la lecture d'ii^i'lui. Ta agréé et ratifié, et aojjoiot aux agents de tenir la main à son exéeotîon (312). i»

Oq nous pardonnera la longueur de cet •ztrait, eu égard aux détails si importants et si peu connus qu'il renferme. Ce curieux

document est un témoignage authentique de l'ensemble et du soin extrême avec lesquels l'épiscopat français mena, à une époque aussi décisive, pour le chant liturgique, la question de l'impression des livres d'église remaniés dans le sens de la réforme du concile de Trente et des Papes subséquents. On voit avec quelle persévérante sollicitudo il surveilla, par des prélats choisis dans son propre sein, l'exécution de cette grande mesure jusque dans ses détails les plus minutieux. Les mêmes réflexions naissent de la lecture d'un autre document de ce genre que nous fournit l'ancienne cathédrale de Saini-Paul-Trois-Chêteaux, aujourd'hui dans le diocèse do Valence.

Cette vénérable basilique possède encore

f plusieurs des livres de lutrin qui servaient à 'usage de son antique Chapitre, et parmi lesquels il en est un qui mérite de fixer l'attention : c'est un Psautier romain édité â Lyon en 1697 par une société de libraires réunis (313).

La partie intéressante de ce Psautier est une longue préface adressée par les éditeurs à tout I Ordre du clergé, universo ecelesiasticorum Ordtm, dans laquelle sont énumérés successivement, et avec beaucoup de clarté, 1* le vœu du clergé de France pour l'unité liturgique; 2* les diflicultés que ce vœu a d'abord rencontrées; 3" la nomination qui a été faite d'une commission pour les aplanir; - 4* l'exécution de l'œuvre; 5* enfin, quelques modifications qui ont été apportées à 1 ancien chant romain, quant aux notes et syllabes et le maintien de quelques airs d'hymnes françaises. Ne pouvant donner in exr tenso ce document a cause de sa longueur» je me contenterai d'en détacher les traits les plus saillants.

Les éditeurs commencent par signaler avec quel zèle et quelle entente les prélats français, réunis Tannée précédente k Paris avec les ecclésiastiaues les plus distingués du second ordre, s étaient occupés de l'unité liturgique pour tout le royaume, quant aux paroles et au chant dans l'ofRce divin; et comment, en attendant que certaines difficultés, qui étaient survenues, fussent levées, ils avaient décrété (314j que tous les livres, qui sont d'un usage journalier et

(311) Vitray disait qa*il n*y avait que trois villes ca Fraoceoù roo imprimait : Paris, Lyon et Rouen, d q«e rimprlnerie était si tombée, qu^il y avait dix ■alires à Paris qui ne savaient pas lire. (Note «fe fAflMr.)

(5li) Collection des procès-verbaux des Assem- Mte i^oérales du clercé de France, de 1560 à i 788, km. U. (Aimées 1635-36, pag. 830-54.)

Dans la longue ciution que nous venons d'en ex- Uaire, doos avons reproduit presque liuéralement ktexie.

(513) Pêùhtrium Aotnaaum, saerosaneti eoneiliû TriémÊiimi éeereio restUutum ex Breviario nuper r«sfiMa m CUmemU V/i/ et Vrtano VIU,Pontilicibu$ JÊtuhtiê; im qmo H§mmt Psalmi, InvitatoHa, An- '*~~^~~e« OÊknm éefumcttirum^ et multa alla pro fmmm% oc feriaUhtê meeeêsaria di$poiita et Miiiiilaalsf qÊm koirtenus • muitis dtsidera^

bantur, Aeee$$it noffiuime aeeuruta mendorum espurgalio quœ in prœeedentibus editionibnê irrepsetant, Quœ omnia recens ordinat^ $untjui$u SS. N, P. démentis J. Lugdunu sumptibu$ Soeietatis BibUopolarum. MDCXC VIL

(31 i) Interea decretum ut libri qui sunt in {fuai" diano usu apud clerieot et in Eccûsiit ex oficto de^ 6tlo, recenuanlur^ emendentur, coneinnentur^ detd'' que quam fieri maxime potsit ad farmam romani mo' ris accedentes^ prœsertim vero libri chorales ad pu» blicœ laudis symphoniam compotiti juxta Tridentini itfxodj, recentisque revisionis regulam restituti^ novo eharaetere^ noms nolarum signis recudantur denuo^ quo Hs mediis faeiior proniorque sit Ecclesiwrum transitUM {quœ proprios usus suos retinemt) ad ea*' dem reeitandi^ iegendi et eantundi dimnum ofeium teges ; umU tandem uttiformis eum uniterso arbis eatkoHco populo fi^f Catiorum omnium eonten.wL

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obligatoire pour les clercs et dans les églises, seraient revus, corrigés, et disposés, autant que faire se pourrait, selon la forme de Rome, surtout en ce qui concerne les livres choraux destinés au chant des louanges divines, conformémeni au concile de Trente; en sorte que de nouveaux caractères et de nouveaux signes de notation soient fondus et fabriqués incessamment pour restituer lesdits livres de chants en conformité de la dernière rèçle de révision posée par TËglise romaine, abn de rendre plus facile et plus rapide la transition des églises qui conservent leurs propres usages, à cette rèsle qui dirigera désormais la récitation, la lecture et le chant de Toffice divin, et qu'H ; ait enfln, dans le royaume, un chant uniforme, et d'accord avec celui qui est pratiqué dans toute la catholicité.

Ce travail fut confié, par les prélats réunis en assemblée générale dans le palais du roi, k des syndics, qui, après s'être entourés des hommes les plus habiles en musique et en littérature, devaient, avec leur aide, rendre plus correcte, et enfin tout à fait complète, Fœuvre dont ils auraient été chargés (315). « Maintenant, continuent les éditeurs, il est facile de voir ce qui a été exécuté et oe qui reste encore a faire. Cette première partie est un spécimen non minime de ce qui viendra 'après. Le Psautier que nous publions actuellement, est le prélude du Graduel et de TAntiphonaire, qui suivront bientôt, et vous y trouverez, non en petit nombre, des choses excellentes, s'il vous platt de le lire et de le relire. » Viennent ensuite, sur remploi de divers temps, de diverses notes et syllabes, et sur certains airs des hymnes françaises conservées, des détails qui terminent cette remarquable préface, et oont l'énumération nous mènerait trop loin.

C'est ainsi qu'en 1696 comme en 1636, et pendant tout le xvi* siècle, l'épisconat français se préoccupait de ces deux grandes questions :«derunitéduchant liturgique» et « de sa conformité aussi étroite que possible avec le chant romain réformé par Grégoire XIII et Paul V. » Qui ne voit qu aujourd'hui comme à cette époque, et même plus encore qu'à cette époQue, ces deux grandes questions dominent la situation tout entière, en présence de ce mouvement admirable qui entraîne la France vers le rite de Rome, qui, pendant des siècles, avait été le sien ? Qu'il serait beau de les voir résolument abordées

f^ar l'épiscopat du xix* siècle comme elles le ùrent par celui du xvii* 1

^ (515) Neaotium feneralibus rei eecleùasttcœ et elerkûlU apua chrisltaniuimum Regem in aulaquevrocwrondœ $ffndici$ demandatum^ qui mlhibiliê ad id wmnus melius erplendum virii in arte mutica simui ê$ poUtiore Hueraiura periiimmiê opiM, ipiorum indu$lri€^ emtndatku redderent^ Oein mûturarent.

HuncJMmauid prœstitum^ piidpie prœstandum rmUif patit. Pan prima erii reliquorum tpecnmn n$m têtme ffUurœ. Ptalttrium est librii Amiphimû'^ rOê Gfaduêii^Mê mox eonnêcutwii proftiimi, «ai c»mia non pauca volve, $i placetf et retoiu, rtvtriet.

Si le xYii* siècle nous offre dans son ensemble (316) un spectacle bien consolant auant h la question litnrgiaue, c'est à cause e l'entente qui ne cessa d exister pendant cette longue période entre les membres de répiscopat français, et en même temps, à cause du soin religieux qu'ils apportèreoti suivre dans leurs réformes les principes qui avaient présidé à cellequi venait de s opmr dans le centre de la catholicité. Si» aa contraire, le siècle qui est venu après nous présente, surtout pendant sa dernière moiCiC, un spectacle bien différent, c'est à cause de l'esprit individuel, appelé depuis porftaciih rtsme, r^ui suggéra la composition de tant de bréviaires et de missels locaux jusqu'au moment de la révolution, et dont Fiofluence toujours croissante persévéra même aprks le concordat, à un tel point que, dons cette multitude de bréviaires diocésains qu'elle fil éclore durant le premier quart de ce siècle,on finit par voir disparaître presque entièrement l'élément romain.

C'est à la fin du xvii* qu'il faut remonter pour trouver le premier indice d'une telle déviation liturgique, dont les excès deveteftt à la longue provoquer une réaction en sens contraire, et c'est un archevêque de Vienne, monseigneur Henri de Viilars, que noos voyons en donner le signal. Ecoutons m dom Guéranger :

« Le bréviaire de cette époque, qui ouvrit la voie la plus large aux novateurs, fut eèlvi que publia en 1678 Henri de Viilars» arekêvêque de Vienne, pour l'usage de cette fllustre Eglise. On ne s'y borna plus k s«bstituer des homélies plus authentiques an anciennes, à épurer quelques Mgendes lecales ou autres : on commença à donner de nouvelles antiennes et de nouveaux répoei^ que l'on substituait aux antiennes et m répons de saint Grégoire, et l'on Hiil éta avant, i)our la rédaction de ces parties neovelles, un principe emprunté de l'école jwséniste, et dont 1 application a produit presque à elle seule le bouleversement liturgiqte au milieu duquel nous vivons. Ce principe, dont nous avons préparé déjà l'histoire et dont nous discuterons ailleurs la valeur, ett de n'employer que des passages de rlBcriture sainte comme matériaux des pièces de la liturgie. Les corrections introduites dans le bréviaire de Vienne, au mépris des anciens livres grégoriens, furent faites en ve^ tu de ce principe, et ce bréviaire teut du Aïoins la gloire d'ouvrir une routé qui fat grandement fréquentée depuis (317). »

Le bréviaire de Henri de VilIars a était m

(316) Je dis, dam êon ensemble^ car rhieloire as perinetlrail pas de jeter un voile eoupliltaal tir Taflaire du Poniiflcal, sur celle du Riiuel d*AlBikci sur certaines autres particularités qui font au tableau. (Voir, pour les détails histori^wi les concernent, le Recueil des procèatérkmm A$umbUe$ générales du clergé de Fremct^ el te pitre 17, tome H, des Institmiomo JîimtfÊfm Dom Guéranger.) j (317) inilfflsItoRS Uiurgiqfm. {ChÊf^-Mf^

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D-ESTHKTIQUE CHRETIENNE.

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effet qu'une timide ébauche auprès des licences de toute espèce que devaient prendre peu à peu les faiseurs de liturgies modernes. il importe de ne point confondre ce premier essai de réforme tenté par de Villars avec celle beaucoup plus significative qui fut, cent ans plus tard, introduite par son dernier successeur, Jean Lefranc de Pompignan, dans la même urovince de Vienne (318).

C'est cette dernière cjui va nous occuper, au moins pour la question du chant (319).

Elle est exposée et exaltée en termes pompeux par le métropolitain lui-même, qui s*adres5e h tout le clergé de la province, dans un préambule imprimé en tête du nou- Teau missel, et qui porte la date de 1782. On touchait à une révolution d*un autre genre, qui allait, en le dépopularisant, emporter le prélat et son siège, et fournir un nouveau sujet de triomphe à celui de Rome, dont le nom n*est pas une fois prononcé dans le préambule ae monseigneur Lefranc de Pqmpignan. Mais par contre, on s'y applaudit, comme d*une espèce de miracle, d*aToir pu introduire dans une province ecclésiastique cette unité liturgique si désirable pour Funivers catholique , et qu'on ose à peine eepérpr (320). Nous nous dispensons de tout commentaire sur ces étran- §es assertions et sur tout Tensemble de ce ocument, qui prête à de bien tristes réflexions 1 Puisque le chant seul doit nous occuper ici, je ferai remarquer d'abord que celui de.Vienne diffère totalement de celui de Paris, bien qu'il v ait une parfaite similitude, quant au texte, entre les deux bréviaires, a part les additions qui furent faites aurès coup à celui de Paris, et dans le diocèse de Valence è celui de Vienne. La raison de cette différence, c*est que, au lieu d'adojiter purement et simplement le chant

Krisien de Lebœuf, comme l'avaient déjà t plusieurs métropoles, en se guettant, pour le texte, à l'unisson de Paris, la comniissioo de Vienne (321) préféra donner du sien, ou pour mieux dire, composer un amai-

(5IS) Elle formait dna diocèses, non compris celai de Vienne, savoir: ârenoble. Valence, Die, Viviers et Genève.

(519) Si nous donnons ici une dissertation sur le chant Viennois, c*est pour montrer par ce spécimen de ce qui eut lieu en d*autres provinces, k la même époque, Timpiiissance et la stérihté de tout ce qui se fait à rencontre de Rome, aussi bien dans la liAurgîe qœ dans la discipline et dans la foi. Ab m» éiêcê 0wme$,

(3S0) Quod optandum ^idem, tix tamen tperan» dam, iMcêi al ajpiid ommet EccUiioi quœ caiholicm umiiûtii i^aculo cofulantuft dhina iiturgia nullam^ êkui m fide ac reguUê momm. Ha tn rerum deleciu me s^rje, urborumquê tenore, diserepantiam admit" Mf, M voèif, dUecti%tim fratreg^ intra provineiœ Ykmnmmê /biet, quomMue eei Galiia eompleetUur mumnUatmu^ imo eî exmbemm.

Ne dirait-on pas, en entendant ces paroles, qu^il avait dans PEgUse universelle ni bréviaire^ ni el» ni rituel commune^ lorsqoe par un ptimléoe i, os a vu Taiiité ntiirgiqae s*eiablir dans la fniifineede Yiennet Et e*éult au momfnt même où l'anrfétertaîl IVnité Ulorî|iq«e uMmUlIt de Të-

((ame de plain-chant romain et d'autres méodies puisées à diverses sources, d'où il résulta une sorte d'tmfrro^/to qu'on ne saurait appeler un corps de chant proprement dit. Au moins le plain-chant de Pans, quelque défectueux qu il soit, formant un tou: homogène et ayant nom d'auteur, présente un incontestable caractère d'originalité. On ne peut pas même dire cela du plain-chant viennois, composé de pièces et de morceaux recueillis çè et Ik, et trop souvent empruntés h des sources étranges. Deux éléments prin« cipaux et singulièrement disparates y do» minent : l'élément romain et l'élément pri« vé, qui comporte plusieurs subdivisions.

Nous allons voir dans quelle proportion ces deux éléments ont été employés dans le rite qui nous occupe.

C'est dans les messes De tempore^ dans leurs introUSf graduels^ offertoires et eom-muntofif, qu'apparaît le plus souvent l'élé* ment romain, note pour note, lorsque les deux rites offrent une identité de paroles dans ces diverses pièces. Mais il n'en est

Ks tout à fait de même dans les cas assez Squents où le texte viennois est plus long que le texte romain, si même il n*en diffère entièrement (322). On comprend que l'éditeur a dû alors, selon Toccurrence, ou pro* longer lui-môme la mélodie, ou en trouver une nouvelle; et en observant de près la marche qu'il a suivie, on voit que pour ces espèces de soudures il a pris çà et là des lambeaux de mélodies romaines dans les anciens livres de chant qu*il avait sous les {'eux, comme il leur a emprunté des cantiènes entières, pour les adapter, par exemple, à des offertoires dont le texte n'avait rien de commun avec leurs analogues dans le romain. Cest ce qui résulte à mes ^eux de l'examen comparatif que j'ai fait minu-< tieusement du graduel romain et du graduel viennois. On sait combien une telle opération est longue, aride et fatigante par sa monotonie. Elle est néanmoins indispensable pour quiconque veut se rendre et rendre

glise Romaine, qu'on tenait un tel langage

(321) On a découTcrt postérieurement que la corps de chant Viennois dont il s'agit dans cette dissertation avait été emprunté k Toulouse. Ceci ne fait absolument rien k TafTaire. Nous jugeons celte œuvre telle uu'elle existe. Peu importe qu'elle vienne de Toulouse ou de Narbonne ; c'est toujours une de ces malheureuses tentatives de la un du xviii* siècle, qu'on peut juger k leurs fruits, n'Importe leur provenance locale, qui ne sauraiit infirmer le jugement vrai ou faux qu'on porte sur elle.

(523) C'est une chose remarc^uable que colle longueur co plus da texte Viennois comparé au tex.e romain y correspondant, dans les principaux morceaux dont se composent les messes Df tempore. Ce surplus de longueurprovient, en grande partie, de la diflérence des versions qu'ont employées les deux riies, le Aontaln ayant suivi en beaucoup de cas r/(alique^ et le Vtemtoû la Vulgate, Ceci, du reste, n'«n>t pas le seul cdté par où le rite viennois est plus long

3 ne celui de Rome. Il en est plusieurs autres, et 'une majeure importance, par où l'on voit clairement que Pensemble du rite romain est plus court que celui du rite Viennois.

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BICTIONNAmE

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4omple aux autres de Télat de la question.

4^*éditeurdu chant Viennoisa déplus, re-

'tenu du romain le fond de tout le chant des

i-inpropères du vendredi saint, qu'il a modi-

! difié^ou par caprice, ou parce aue Texcédanten longueur du texte Vy a obligé. Mais «cette modification et plusieurs autres du ^mérne genre qu'on remarque dans son travail ontrelles toujours été heureuseh? II est per- ^ mis d*en douter. On peut faire la même observation pour le chant de TofTice des morts, tant delà messe que des vêpres, matines et laudes, dont le fond est tout romain (323). LMnvitatoire des matines est le même. Le Libéra me Bomine est imité du répons du 4roisièÉie nocturne romain cju^on a tronqué. Pourquoi avoir omis Tadmirable Subvenite^ Sancli Dei^ occurrite^ angeli Domini^ aussi remarquable par \e chant que par les paroles, de même que, pour les obsèques, 1 ancienne In paraaisum deducant re, et plusieurs autres pièces qui certes valent bien •relies qu'on leur a substituées on ne sait pour quel motif.

Telle est la part qui a été faite à l'élément romain dans le graduel viennois, et même cette part est-elle tronquée, défectueuse et incomplète. Elle l'est bien plus encore dans Je vespéraU dont nous allons donner une rapide analyse. Ici l'élément privé a obtenu Ja part la plus large. On «n jugera.

D'abord, en ce qui concerne les aniiennes, excepté celles des vêpres du dimanche, il en est très-peu des vêpres de lavent, du carême, des fêtes, ainsi que des Magnificat^ des matines et des laudes, f[ui ressemblent à celles du vespéral romain. U en est de même des répons des matines et de certains offices particuliers. Toutefois, il reste encore au Viennois un certain nombre d'hvm-

' nés, d'antiennes propres et d'autres pièces

Su'il a conservées intactes du Romain. Mais en est nussi, dans une égale proportion, ^u'il A plus ou moins, en les conservant, gravement altérées. Nous allons donner des unes^t des autres une nomenclature abrégée, qui suffira néanmoins pour faire ressortir leurs différences comme leurs rapports.

Commençons par Ta vent, qui ouvre le c^cle de l'année liturgique. Les belles antienne 0, de ce temps, reproduisent exactement le chant romain, sauf quelques modifications nécessitées i^r l'excédant en longueur du texte viennois, surtout à celle O rex gentium. U y en a neuf dans le viennois, et sept seulement dans le romain. Même chant pour l'hymne StatvUa deertto Dei^ que pour celle Conditor aime iiderum. Le chant de l'hymne des matines de Noël et de l'hymne qui vient après, est le même dans les deux rites. Celui des trois antiennes du 'ieuxième nocturne n'est que la parodie du

• (523) Le Viennois a encore retenu du Romain les quatre plus belles proses de ranuéc : celles de Pà ques, de la Peniecôie, de la Féio-^l>icu, et celle des Uorls. Quant à ses Kyrie^ Vioria, Credo, Sauctui et Agnus Dei, des divers temps de seicnfiUéde lanuce Uiurgique, on le» retrouve*, noio four note dans» 1rs

romain. Cette particularité revient dans plusieurs autres pièces du vespéral et du

(graduel Viennois. Aux secondes vêpres de a fête, le texte des antiennes est le même, et le chant tout différent. L'hymne /etu Jledemptor omnium offre une mélodie semblable à celle : Christe Redemptor omnium^ 'de Rome. Même remarque pour le chant de l'hymne de la fête de Saint Etienne, Jftrif probat $ese modis , pour celui de &{• vête flores murtyrum^ des SS. Innocents, et du Victis iibi cognomina^ de la Circoncision. Tous ces chants sont les mêmes que ceux des hymnes correspondantes de Rome, mais sur des paroles qui n'ont rien de comioun avec celles du rite romain.

Aux premières vêpres de l'Epiphanie, l'hymne Quœ Stella sole pulchrior^ est la reproduction exacte de la mélodie roiuaioe Hostis Herodes impie. Il en est de même pour l'hymne Clamantis ecce vox Monwu^ des premières vêpres du jour de Toctavede l'Epiphanie, et de celle tmergit undiê, des secondes vêpres du jour.

Quant au temps du Carême, les mélodies Audi bénigne Conditor et Vexilla régis predeunt sont identiques. 11 n*enest point ainsi pour l'office des ténèbres, où presque tout a été remanié, chant et fiaroles. Le magnifique invitaloire (5* mode) des matines de PAques, est tiré de l'un des huit corresuoodant aux huit modes, du rite romain. Foor les dimanches après Pflques, tout a été également changé, on à peu près. Seulement dois demanderons si le chant romain de ThymiM Ad cœnam Agni providi^ ou Ad regias ,Agsà dapes^ de ce temps, ne vaut pas on pei mieux, au simple point de vue des contenances liturgiques, que celui du Farti §§-> gente brachio^ emprunté, hélas ! comme plusieurs autres du rite viennois, à la pariitioi de quelque opéra comique du xviu* siècle. (324125)

A la fêle de T Ascension, le chant de rhjmiit Opus peregisti rtium, a été pris, note poir note, dans l'hymne romaine correspondante, Jesunostra redemptio. A celle de la Peoleeftte, le Veni superne Spiritus des premières vêpres, oUVe la même mélodie que celle, romaine, deTAscension ; et Thymne de laudes, Audimur aime Spiritus^ offre également la même que sa correspondante romaine, Âcafa nobis gaudia. Dans le romain, les secondesvêpres de ce jouront pour hymne le Veni crm* tor Spiritus^ un des chefs-d'œuvre du cbiDt iiturgique.il a été retranché dans le Viennois, et remplacé par l'hymne rontlante, Qm^ wes magis tri. Hons demanderons encore pourquoi ce retranchement, et si la mélodie aussi noble que pieuse du Feni Creator n*eût pas été ici mieux à sa place que celle, iewtfê dimarda^ qu'on lui a substituée. La bnaque apostrophe |:»ar laquelle débute ce Qsi^

ëdUittiu usuelles du plaiii-cbam romain nais.

(324-25) Cette particularilé en Ce qai coaeeneit Font leaenle, ivCa été racontée par en niliiiMli que de Paris, qui nrasMirail avoir va luÎHBtat S0f une pai-iition d'nprra coiiiicpie, Taîr dont il i*3|it

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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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«oi magiitri^' visant h YeBeU nesi pas la moiodre singularité d'une hymne qui, pour lé genre de la poésie et le mouvement ,rh^lbmique, ferait mieux comme marche, • ]i*iiDjporte où| que dans le lieu saint, et à pareirjour.

Si nous passons à roflTice de la Fête-Dieu, nous verrons que le Pange lingua romain, des premières vêpres, est sur un chant plus Tarie, plus original que celui assez commun» assez monotone, qui Ta remplacé dans le rite viennois. Ce dernier est sur le 5* mode '%n C, mode privilégié de nos modernes faiseurs de plein-chant, car ils y trouvent leur ^rome favorite d u^ qui, à leurs veux est le mee pluM ultra de Tart musical. Il est vrai que ce beau Pange lingtM romain , ainsi rejeté parle viennois du corps de TofSce litur- Îique du Saint-Sacrement, a été relégué ans le Cantus diver$U pour être chanté aux processions; mais ce n a pas été sans subir une certaine transformation musicale* au moyen de petites notes descendantes qui appellent les fa et les ut dièzes du ton de ré «Myeur, et deviennent ainsi la torture de Vorganiste inexpérimenté qui voudrait ac- €ompa{;ner d'une manière passable cette méfodie ainsi défigurée. On a été moins exclusif à regard du beau Verbumsupernum orodienSf qu^n a placé comme il Test dans Je Romain, à la fin des laudes de la fête, non sans Taltérer par un malencontreux fa dièze 4)Dntre un $i bémol. Quant au Sacris solem- «m, dont la mélodie a été composée ainsi que 4aDt d'autres, dans ces dernierstemps , sur le sixième mode favori, avec bémol a la clef, il esl pAle et vulgaire auprès de la mélodie itMoaioe du même cantique en Thonneur de reocbaristie. Que Ton compare attenti- ^remenl ces deux pièces, et que Ton proaooce.

Le chant et les paroles des vêpres de l'Assomption diffèrent complètement dans les deoxrites. Mais nous ne saurions passer sous Mleoce Tbjyrmne délicieuse, 0 vos œthereif da Viennois. C'est une douce, suave et mystique cantilène, telle que l'inspiration des liturgistes modernes en a trouvé peu de cette distinction (326). L'expression calme el solennelle de cette belle hymne, si bien en harmonie avec la poésie remarquable du texte, lui donne un charme tout particulier. Nous pouvons en dire autant, jusqu'à un certain |>oint du chant de l'hymne. Hue '•Of o mUeri , des secondes vêpres de l'Ëpipbanie, que nous avons omise en son en-

A i'officte de la Toussaint, les premières et les secondes vêpres n'offrent rien do eeounan avec le Romain, si ce n'est le chant de l^bymne, Cœlo quoê eadem; encore ce chant estril altéré. Dans le romain on remarque rhyinfie, Ckriste redemptor omnium^ avec un chant propre du 8* mode.

L'office de la Dédicace est aussi tout diiTérent. Néanmoins le Viennois s'est également approprié ici un beau chant romain dans l'nVmne Angularii fundamentum ^ dont la mélodie est exactement celle de rUrbs Jerusalem beata^ qu'on chante aux premières et aux secondes vêpres ainsi qu à laudes, dans le rite romain.

En ce qui concerne les quatre antiennes de la Vierge, inspirées par la piété la plus tendre, la plus naïve, en même temps que par le goût le plus pur, le plus délicat, trois ont été maintenues dans le chant de Vienne. Quant à la mélodie du Salve Begina^ qui surpasse peut-être ses trois sœurs, on ne conçoit pas que TarrangeurViennois ait jugéà propos de l'exclure sans plus de façon du répertoire, et se soit imaginé qu'il faisait mieux en la remplaçant par celle a grandes prétentionsque nous connaissons; mélodie étrange» d'une facture équivoque, tenant plus de la musique que du plain-chant, ne pouvant, par conséquent, être ramenée à aucun des modes autorisésdans l'Eglise, et dont Taccent singulièrement affecté, exaséré, jure d'un bout à laulre avec le sens général des paroles, qui n'expriment que d'humbles prières et de tendres supplications.Tout cela est d'un mauvais goût qu'une longue habitude seule peut nous dissimuler. C'est par des pièces de cette façon, unanimement réprouvées de tous ceux qui se sont pénétrés de l'essence du chant liturgique, que des compositeurs ignorants, ou se crovant plus habiles qu'on ne l'avaii jamais été avant eux, ont corrompu le goût du plain-chant, et en ont déplorableiuent altéré les notions fondamentales. Nous reviendrons bientôt sur ces tristes réflexions.

Que dirons-nous d*autres' pièces exclusivement romaines , telles que le Te Deum^ lanaïve séquence 0 Redemptor sume camem^ q\ïon chante le jeudi saint à la procession des saintes huiles; la préface des fonts baptismaux, du samedi saint; enfin, VExsultet jam angclica turba cœlorum^ de la bénédiction du cierge pascal, mélodio céleste, sur des paroles dignes des anges, qu'on peut bien appeler le cnef-d'œuvre des chefs-d'œuvre du chant liturgique? On sait que ces chants, exclusivement romains, les metteurs en œuvre Viennois les ont conservés dans leur nouvelle liturgie (327j, ei certes, ce ne sera pas nous qui leur en ferons un reproche. Malheureusemenr, à côté de ces sublimes mélodies de Tantique liturgie romaine, nous voyons figurer, paruntHrange contraste, nombre de pièces nouvelles» et d*hymne$ en particulier, d'un goût jdus qu équivoque, ou bien qui n'ont de plain- i chant que le nom. A part quelques pro:>e$ (3i8), telles que le Votis PaUr anfUiiV, de Noël, et quelques hymnes comme le Hue vos 0 miseriy déjà cité, dont l'expression est

(39i) Ceci élaii écrit, lorsque nous avons rela que oe cbani «stl bien romain, poitqu'îl fut ■rteitivouieiii celui de Thym ne bénédictini; de la Vierg» : 0 putm gtorifica iuce rariisra«/

(3à7) Non , toniefMs , san» los avoir gravemeiu altèn;» en plusieurs endroits, ainsi que nous em avmiH.déjà lait la.remarquo.

(M8) Il est i otiserver que la chant des |iro»?s

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