YS
impossiblef mais eq étendue, et peut-être en importance historique, est la grande peinture à fresque du Vatican, dans laquelle frère Angélique, appelé à Rome par Eugène IV, représenta en six compartiments les principau3 traits de l'histoire de sàïr\ Laurent et de saint Etienne, réunissant ainsi ces deux héros du christianisme dans une commémoration poétique, comme ils ont coutume de l'être dans l'invocation des fidèles, depuis qu'un même tombeau a réuni leurs cendres dans Tanciennê basilique de saint Lairenthors des murs...
c Ces jpeintures si admirables, qui, pour être coitiguês aux chambres fameuses que peignit Raphaël, n'en excitent pas moins d'enthousiasme parmi les yrais adorateurs de l'art chrétien ; cette œuvre si simple, si pure, si dégagée de tout alliage profane, si sapërieure a tout ce que Ghirlandaïo et Botticelli exécutèrent dans la chapelle Sixtine, n'était pas cependant ce qui avait fait la
£lu5 forte impression sur l'esprit du Pape lu^ne. Tout en payant son tribut d admiration aux merveilles qu'il voyait éclore sous ses yeux, il s'était aperçu que l'Ame de l'artiste valait encore mieux que son pinceau, et l'archevêché de Florence ayant va- Ottésur ces entrefaites, l'idée de le revêtir ce la dignité archiépiscopale se présenta immédiatement à son esprit. Il fallut que l'humilité alarmée de frère Angélique recourût aux supplications les plus pressantes £>or soustraire sa conscience timide à un rdeau4)our lequel il se sentait écrasé d'avance ; et ce fut sur Téloge qu'il fit à cette occasion de frère Anlonin, que ce dernier, connu plus tard dans TEglise sous le nom de saint Antonin, fut nommé par Nicolas V, archevêque de Florence.
• En retournant dans sa patrie, frère Angeiieo laissa quelques traces de son passage en Ombrie, et, comme cette semence précieuse est destinée à porter ses fruits plus lard, les trois petits tableaux qu'il fit pour réalise de Saint-Doioinique, à Pérouse, acquièrent dans l'histoire de l'art une importance qu'il ne faut pas mesurer sur leurs dimensions (M7).
« Non-seulement Benozzo Gozzoli, le plus chéri de ses élèves, influa sur l'école ombrienne, mais encore ce fdt particulièrement dans les ouvrages par lesquels cette influence fut exercée qu'il reproduisit cette pureté an^élique qui caractérise ceux de son maître, comme on peut le voir dans les peintures à fresque dont il décora l'église de Saint-Fortunat et celle de Saint-François, dans la petite ville de Montefalco, très-peu d'années avant la mort de frère Angélique de Fiésole. Ce sont encore les sujets favoris des peintres mystiques, une Madone qui adore son enfant, puis le cycle ordinaire de l'histoire de la Vierge, et quelques traits de
, (497) Deux de ces petits Ubleaux sont aujourd'hui dans la galerie du Vatican et représentent, avec toute la pieuse naïveté qui caractérise fauteur, Plusieurs traiis de la vie de saint Nicolas. Le troi-
la vie de saint Françoi?, dans la représentation desquels la ressemblance entre le maître et relève «st plus frappante qu'aucune autre part, surtout en ce qui concerne la figure du saint, qui est une copie de celle qu'on voit dans le chapitre du couvent de saint Marc, à Florence. Un autre tableau de Benazzo conservé dans la galerie de Pérouse» et postérieur d'une année seulement à la mort du frère Angélique (W8), est encore assez fortement empreint du même genre de réminiscences, quoique Tindividualité du pinceau s'y fasse de plus en plus sentir, et ce fut, selon toute a[)parence, le dernier legs qu'il fit aux artistes ombriens héritiers prédestinés des plus beaux fruits qu'ait portés ce talent cultivé par de telles mains et mûri sous de tels auspices... »
Après avoir raconté comment l'école mys-* tique définitivement fixée en Ombrie, par Gentiltle Fabriano, autre élève de Fra-Angelico ; par Nicolas de Foligno et Fiorenzo di Lorenzo, M. Rio s'exprime ainsi sur le Pérugin qu'il venge au préalable de l'injuste accusation d'avarice portée contre lui par l'historien Vasari : « Les ouvrages de la première jeunesse de Pérugin, ceux qi^'il exécuta avant de s'éloigner de sa patrie, ont été entièrement passés sous silence par Va« sari qui a mieux aimé remplir cette première partie de sa biographie d'une fastidieuse amplification, sous la forme d un dialogue entre le disciple et le mattre qui lui conseille d'aller étudier à Florence, pour des raisons qu on trouverait assurément très-bonnes, SI elles étaient moins longuement déduites.
ff Le style de Pérugin était dès lors irrévocablement fixé, quant au fond; ses types fondamentaux étaient adoptés, sa tendance mystique aussi prononcée qu'elle le fut jamais, et sa vocation comme artiste chrétien, fixée d'une manière irrévocable ; mais les germes préconçus étaient susceptibles d'un développement ultérieur, le coloris devait prendre un ton plus vigoureux pour donner
f)lus de relief aux formes, ce qu'on appelle a manière ne pouvait pas toujours rester la même; en un mot, il fallait entrer dans les voies du progrès^ sans cependant compromettre la pureté des traditions qu'il avait reçues de ses devanciers. Ces deux choses n'étaient pas faciles à concilier, au milieu du mouvement inouï que les circonstances les plus extraordinaires imprimaient alors à l'art Florentin, dont le domaine était de plus en plus envahi par le naturalisme et le paganisme, au préjudice de l'élément religieux aui semblait s'être réfugié d'abord dans l'école ombrienne, pour reparaître ensuite avec plus d'éclat dans les tableaux du Péruein.
« iT arrivait à Florence, pur de toutes les profanations contemporaiûesicar parmi les
sième morceau est cité dans le Guide du voyageur è Pérouêet par Gonstatino Coiistantini, 178i.
(498) 11 porte. la date de 14M, et Va9;iri dit q\u frère Angélique mourut en 1455.
MTS