TURE
NOËL (Analyse du chant des taois ■mo de). Voy, Modes ecclésiastiques.
tout espoir a été perdu de voir le réUblisseiMal^ siège métropolitain, qif ils se sont décidés à Iran-
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artistes sur remploi du nu au double point de vue du Beau humain et du beau surnatu^
NOIR. Couleur symbolique. Yoy. Cou- .
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NOTKER. Compositeur de proses et d*hy- reL Voy. Tart. Beau, où nous traitons de mnes d'églises, auteur d'un traité de musi- remploi du nu au point de vue de Tart 6d que, mort en 912. Yoy. Tonalité.,
NC. Ce qu'il faut penser des théories des
général, et de Testhétique chrétienne en particulier.
ODON. Abbé dé Clunjr, mort en 9^2, célèbre théoricien en matière de chant ecclésiastique. Voy. Tonalité.
' OGIVAL (Style). Celui quia pour principe
S générateur rare pointu ou surélevé, qui est brmé de deux arcs .de cercle, d'un ra.yon égal qui se croisent. C'est le point d'intersection de ces deux arcs, qui forme l'ogive (511).
Bien que l'ogive soit le principe générateur du style aupelé d'abord gothique^ ensuite ogival^ elle ne le constitue pas, à elle seule^ néanmoins. Ce type d'arcade a été pratiqué en Chine, en Egypte, en Perse et ëaos d'autres régions bien avant la formation en Europe du type ogival proprement d-it. Indépendamment de la différence qui existe entre ces grossières arcades primitives à ogîTes et celles que le xiir siècle éleva avec tant de grAce, d'élégance et de légèreté, il est beaucoup d'autres éléments architectoniques dont il embellit et rehaussa tellement ce type brillant et original, qu'on peut dire qu'il le Bt sien et qu'il le créa plutôt qu'il ne l'imita. Sans doute il était contenu en germe dans le roman de la troisième et dernière uériode, auquel il a emprunté d'assez nombreux motifs qui n'ont pas échappé à l'attentioD des archéoloques exercés. Mais vouloir établir une comparaison sérieuse entre les édifices orientaux qui offrent l'ogive comme accessoire ou simplement à l'état rudimentaire» et les monuments véritablement ogivaux du xui* siècle et du suivant, ce serait Touloir comparer deux choses qui peuvent bien avoir entre elles quelques rapports éloignés, mais qui, pour la forme, différent essentiellement. Celte considération, que les données de la science tendent à justifier de plus en plus, rend, pour ainsi dire, oiseuse Biaintenant, la question naguère si fortement débattue de l'origine du style ogival. Cette question ne peut offrir un véritable intérêt, qu'autant au elle est circonscrite dans les firoites de I Europe occidentale en général, et de la France en particulier. Longtemps, les Allemands ont cru avoir inventé ce style l>rillant, dont les Anglais ont plus tard re-
(511) Ce mot ogive désignait, il n*y a pas encore lofi^mps, seulement les nervures diagonales d'une ▼oôle d*aréte qu*on appelait ordinairement crottées des oghest qpelle que fût la courbure de U voûte 4loot elles faisaient partie. Selon M. Lassus, ce mot avait pour but unique de distinguer la voûte croisée simple, à pénétrations anguleuses, c'est- à«dire la voûte romaine et romane, de la voûte croisée à i^emires sii.llautes, qui appartient exclusivement à rarcbitectore gothique. Ainsi le mot o^ire, ou mieux aii^m, du latin augere, augmenter, ani»U<iuë à une
vendiqué la découverte. Mais aujourd'hui, Topinion la plus commune, et ne craignons pas d'ajouter la plus probable, en fixe l'origine dans cette partie de la France, qui com^ prenait autrefois le comté de Paris, la Champagne, la Normandie et la Picardie. «Quoi qu il en soit, plus on avance dans Tétude des monuments du moyen âge, dit M. de Caumont, plus on demeure convaincu que l'architecture ogivale s'est développée sous la triple influence des conceptions de nos artistes indigènes, des souvenirs romains et du goût oriental qui avait pénétré en Occident. Toujours est-il que ce style a subi dans le Nord de l'Europe une sorte de métamorphose, une rénovation presque complète.
« C'est le, selon toute apparence, qu'il a pris les formes excessivement maigres et élancées, qui le caractérisent dès le xiu* siècle^ et qu'il a déployé ces moyens d'exé* cution vraiment merveilleux qui excitent notre admiration.
« Au temps où les peuples de rEuroi)e occidentale pris d'enthousiasme pour les lieux saints, s'élancèrent, pour ainsi dire, vers les région^ orientales, une fermentation extraordinaire, qui cherchait un aliment partout, agitait toutes les classes de la société. Pendant que les masses rêvaient au recouvrement de leur liberté, il y avait chez les artistes, surtout chez les architectes, besoin de perfectionner, besoin irrésistible d'innover.
« 11 faut d'ailleurs tenir compte de plusieurs circonstances nui favorisèrent, au xir siècle, les nouvelles conceptions des architectes. A celte époque, beaucoup d'églises tombaient de vétusté (512); d'autres étaient trop petites et insuCisantes pour la population: en môme temps, l'enthousiasme religieux qui avait produit les croisades inspirait un zèle incroyable pour réédifier et multiplier les monuments destinés au culte. Les architectes qui présidaient à ce renouvellement des églises durent naturellement chercher h éviter les défauts qui avaient hâté le dépérissement des anciens édifices
voûte, indique que les arêtes sont augmentées, renforcées, doublées, ou plutôt remplacées par des corps saillants, véritables soutiens de la voûte. (Annales archéologiqtieSf t. Il, p. 43.)
(512) C*esl ce dont on demeure convaincu en lisant les chroniqueurs. Il parait d*ailleurs qu^ayant le XI* siècle, il y avait en France beaucoup d*ëgiises construites eu bois ou avec des matériaux p<»u durables, car oa voit 4u«* ces édifices ont été perpétuellement ruinés par des incendies.
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(513), et A on peut supposer que, s*ils voulaient, en employant rare en tiers point, satisfaire le pencnant qu'on éprouve ordinairement pour les idées et les inventions nouvelles, ils étaient aussi persuadés que cette arcarde devait donner à leurs édifices plus d'éléçance et de solidité (51i). Ils trouvèrent d'ailleurs de l'économie à suivre la nouvelle méthode ; on accorde à reconnaître qu'il serait impossible de produire autant d'effet dans un autre système, avec aussi peu de matériaux que les artistes du moyen âge ont su le faire dans leurs constructions à ogives.
« Du reste, les causes qui ont déterminé l'adoption du style ogival, sont peut-être plus complexes qu'on ne l'a sup[)Osé jusqu'ici. Tous ceux qui ont fait des recherches sur l'origine de cette architecture, se sont attachés à certains caractères isolés, sans examiner avec assez d'attention l'ensemble des éléments qui la composent, et sans tenir compte des innovations successives qui en avaient fort anciennement préparé la naissance (515). »
« Ce qui a fait errer les antiquaires sur la question de Togive, dit M. Louis Batissicr, c'est que les uns se sont imaginé que Tarchitecture gothique a été importée d'un pays étranger ; les autres, qu'elle a été inventée tout d*une pièce, qu'elle est sortie d'un seul jet du cerveau de quelque artiste, telle que nous la voyons régner au xiir siècle. Mais il ne faut pas oublier que i'o-
five n'a été admise d'abord que comme un lément nouveau et exceptionnel dans l'architecture; que c'est une forme d'arcade qui a remjjlacé une autre forme d'arcade, et qui a suivi tous les progrès que l'on a successivement faits dans rart de bâtir. Quand ou commença à se servir de l'ogive en France, qu'elle fût une importation étrangère ou non, les monuments restèrent ce qu'ils
▼entiou dans l'architecture ; il coïncide seulement avec plusieurs innovations impoi^ tantes qui se sont faites peu à peu dans l'art de bâtir, et qui honorent le génie de nos architectes français. Nous le répétons, quand Togive devint en honneur dans notre pays, l'architecture marchait rapidement dans une voie de progrès : on apprenait à construire les voûtes avec plus d'art, on multipliait les ouvertures, ce qui donnait aux murs plus de légèreté ; on trouvait le système des nervures et des arcs-boutants. Sans ces derniers éléments, les édifices à ogives seraient res-
513) Sous un ciel humide comme le nétre, on dot songer à faciliter par uue plus grande inclinaison du toit récoulement des eaux pluviales, qui ne se faisait que lentement avec les toits lécrèremeiv* inclinés qu on éleva jusqu'au xi* siècle. < >
(514) Les voûtes cintrées sont sujettes à fléchir vers le centre de la courbure, inrouvénient que ne présentent pas les voûtes en ogive.
(515) Cours d'antiquitéê monumeniateê, par M. de Cauiuont, iv* partie, ch. 8, p. 214-216.
tés à peu près tels que nous les voyons au XII* siècle. Mais, peu i peu les lourds pilien romains font place aux colonnettes minces et effilées ; peu à peu les artistes s'éloigoeot des traditions antiques, et, au lieu de puiser leurs motifs de décoration dans les ouvragei romains et byzantins, ils les emprunlent aux productions du sol qu'ils habitent. Les larges moulures horizontales, qui donnai«'nt à l'architecture grecque son caractère de solidité, disparaissent ; on efface le plus possible les fortes saillies sur les murs, dîa d'éviter les pressions inutiles ; toutes ki voûtes furent désormais d'arêtes ; les nombreuses nervures qui s'entrecoupaient î la surface de ces voûtes étaient construites avee soin, et supportaient les panneaux légers dont se composent les voûtes d'arêtes» Bft résumé, on peut dire que dans le style odval toutes les formes essentielles, foodimentales, étaient svejtes, ténues» efiBléess c'est le règne des piliers lonçs et élmicés^ des ouvertures hautes et étroites, des «itl pointus, multipliés latéralement, ou superposés en chaînes inQnies, et se coupial Tun l'autre dans toutes les réductions ; UM cela fut imité et répété dans les plus pelilai subdivisions des moindres ornements, jus* qu'à ce qu'enQn les édifices religieux, atae leurs pinacles, leurs tlèches, leurs aiguilhï| leurs arcatures, présentassent l'appareiici d'un réseau ou d'une dentelle, et étalasseit cetre richesse de décoration qui est le dernier effort du gothique expirant au XTi* siècle. L'architecture ogivale a produit dtt merveilles, surtout quand on l'a appliquée à la construction des édifices chrétiens. Il
et par un engouement excltisif pour kl monuments admirables dailleurs, de Tart grec, ne sont jamais entrés dans une de m belles cathédrales gothiques, sans 6proaw cette émotion que produit toujours en mm la vue des grands spectacles de la nature^ Que d*écri vains nous pourrions citer qui oil exprimé avec éloquence leur vire admiifr tion pour les magnifiques basiliques dt moyen âge. 11 y a longtemps que Montaigne écrivait ces lignes, qui devaieil faire rougir les esprits forts cie nos académies.
^t « Il n est âme si revêche, dit-il, qui ne se « sente touchée de quelque révérence k ooih « sidérer la vastité de nos églises, la diver- « site d'ornements, à ouïr les sons déTOtieoi « de nos orgues, et l'harmonie si posée être* « ligieuse ue nos voix (516). »
Tout a été dit sur la beauté de cette me^
est certain que tous les hommes qui nV pas été préoccupés par des queitions d*éoi
(516) Histoire de i art monumenta»^ par L.
sier, p. i97 ei suiv. Voir^ pour de plus aa^lee d^ tails touchant Finiportanle question de Tongiietf du caractère du style ogival , rexcellent oovnfe dl M. Batissier dont nous venons de donner UBijl|til passages; le ch. 8 déjà cité de la iv* partie ûmCmn
D. Rainée ', les Eléments d'archéotogie fNtliaMlf, fi
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE
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Tcineose architectare, sur son caractère à la fois gracient et sévère» élégant et majestueux. Dans plusieurs articles de ce Dictionnaire, et notamment dans celui qui est con* sacré à la cathédrale de Strasbourç, j*ai dû moi-même essayer de faire ressortir tout ce qu'ii y a dans un style aussi profondément catholique, d'harmonie, de noblesse et de codeur. Qu'il n!ie soit permis seulement id de répéter après M. de Caumont, ce rêvé-
el 8U1V., de M. Charles Lenormant ; Lettres du le à M. Cauoiont (Revue normande^ 1841 ) ; les Âmnmiêt mrehéolagiques, pa$nm ; le Raffport de M. Luéoine Titel aa ministre de rintërieur ( année 1831 ) SOT les inooanients, les bibliothèques, les archives d les misées des départements de TOise, de i'Ais- JM, eie. Dans ce rapport, M. L. ^itet Tait remarqua qme le style à ogive (Improprement dh gothique) B^est rien moins qu orienui, el qu*au conti^ire il csl essenliellemenl indifène, et n*a eu d^autre patrie q«e les contrées dVcident qui Font vu fleurir, c Son erigiae, ditril, sa formation, ses progrès, c*est iV
Siie, la fèrmation, les progr^ de presque toute fope moderne du xii* au xvi* siècle, depuis Lmîs vn jusqu^à Louis XII. Elle est née dans les ■émfi droonstances, elle s*est développée d'après les mêmes lois que tout ce oui est né, que tout ce fm s^esi développé alors en Occident, langues, peuples. Etais, Institutions ; elle préside au réveil du moyen Ige, comme Parchitecture à plein cintre assiste à son sommeil ; son principe est dans Témancipsiion, dans la liberté, dans Tesprit d'association et de commune^ dans des sentiments U)ul indigènes €t lool nationaux ; elle est bourgeoise, et de plus die est française, anglaise, teutonique, etc. L'autre, Ml contraire, est exotique et sacerdotale ; elle naît dndocme et non du sol, de la foi et non des mœurs; die rq^ne par droit de conquête ecclésiastique; elle n^ d*aotre principe, d'autres racines que TE^lise et les canons. Aussi les architectes, qui sont -ils? Ici ëes moines, rien que des moines ou des gens d'é- 1^; là des laïques ou des francs-maçons. >
Aans les réflexions qui précèdent il y a du vrai, mais le fond en est plus ingénieux que solide. Cette Ibése de la sécularisation et par suite de Témancipackw de l'art au xiii* siècle est, je le sais, soutenue depnis quelque tem{Mi par la plupart de nos écrivains Id^oes des plus distingués.Elle a été accréditée surfont par les traraux historiques de M. Augustin Ttûerry. Le réfuter ne me semble pas une chose trés-diflldle ; mais les bornes d'une simple note ne me permettent ici que quelques observations.
D abord, ce que l'on appelle le réveil du moyen Ife, d*aprés cette fausse supposition que ce long intervalle n*a été qu'un état de sommeil ou de létbar^ gie« a en lieu environ deux cents ans plus tôt qu'on ne Teut bien le supposer, c'est-à-dire lors de la publication de la première croisade, alors que les grandes institutions monastiques de l'Europe venaient d'imprimelr à l'art chrétien, et à l'architectare en particulier, un mouvement extraordinaire dont nos plus belles églises romanes, et principalement la célèbre abbatiale de Cluny, construites à cette époque, furent le magniûque resullat.Ce mouirement ne flt que s'accroître en prenant le caractère d'nne rénovation véritable dans l'art chrétien dnrant le xii* siècle, celui de saint Bernard, celui des sîèdes catholiques qui nous offre peut-être le phw de verve, le plus d'inspiration et de vie, et qui portait le xiii* dans ses flancs. En effet, ce dernier n*a été aoe la conséquence, ou uièuie si l'on veut ine le développement de celui qui l'avait précédé. Ués Tannée liUO, la France (pour ne parler que de cette région) était toute couverte de spîendides uionoments dont un assez granJ nombre encore debout, .
lateur des beautés de Tarcbitecture chrétienne :
« « Il faudrait être tout h fait dépourru de sensibilité et d'enthousiasme, pour contem-
Eler sans émotion Teffet magique de nos elles églises du xiii' siècle. Les heureuses proportions observées par les architectes dans la forme des arcades et des fenêtres, la vaste étendue des neis, ces murs aériens sur lesquels on a semé les découpures et les élé-
peuvent, sous bien des rapports, soutenir sans désavantage la comparaison avec nos églises gothiques les plus renommées. Sans rappeler ici cette merveilleuse basilique romane de Cluny qui était restée, jusqu'il sa démolition si récente, !a plus vaste des églises de France, et, après Saint-Pierre de Rome, de toutes celles de l'univers chrétien, y a-iil maintenant beaucoup d'églises ogivales plus grandes et plus remarquables que les cathédrales et ab* batiales de Spire dans le Palatinat, de Mayence, de Vézelay, de Saint -Semin de Toulouse, de Saint- Etienne de Caen, de Notre-Dame-la Grande de Poi* tiers ? etc. Et même, en fait de poruils, peut-on en citer à peine trois ou quatre qui l'emportent sur ceux d'Arles et de Saint-Gilles dans le Languedoc? Je ne parle pas d'une foule d'autres églises romanes qui, pour être moins grandes que celles que je viens de citer, n'en sont pas moins véritablement belles, dignes d'admiration, et la preuve évidente qu'il existait à cette époque reculée un art trèsavancé et complet dans toutes ses parties. Il n'est pas exact de dire, même archéologiquement parlant, qu'il y ait eu rénovation dans l'architecture du xiii* siècle, puisque, de l'aveu de tous les hommes les plus compétents, les pripcipaux éléments de ce style étaient contenus au moins en germe dans celui qui l'avait précédé. Il est également inexact d'avancer qu'à celte époque l'art passa des moines, des prêtres aux laïques et se fit ainsi national.Cette assertion, trop absolue, est détruite par des documents formels qui attestent l'initiative que le clergé exerça à celte époque relativement aux constructions d'églises et la direction qu'il continua d'avoir des ouvriers laïques qui, en vérité, furent dès lors en plus grand nombre qu^ils ne l'avaient été jusque-là. Qui ignore, en effet, que les confréries de Ifàtisseurs^ de logeurs du bon />ieu, qui se formèrent à cette époque, et qu'il importe de ne point confondre avec les associations diverses qui en 1452 se réunirent à Ratisbonnc en logea maçonniques^ étaient des corp<>> rations religieuses soumises aux évéques, et dont les statuts étaient expressément revêtus de l'approbation de rautorilé ecclésiastique. D'ailleurs, il eût été impossible de se soustraire à cette haute direction du clergé, tant séculier que régulier, puisque c'était lui qui continuait toujours d'entreprendre et de payer les constructions des églises el des monastères. 11 est vrai que dés la fin du xni* siècle il y eut un commencement de déviation des principes de l'architecture chrétienne ; mais cette déviation, qui prouve plutôt contre l'opinion que nous combattons qu'elle ne lui est favorable, fut moins Tefli t d'un esprit politique d'émancipation et de liberté que de l'inconstance naturelle a Fespril humain it de cet amour du nouveau dont il est possédé. Sans doute. Tan fut moins hiératique durant le xiii* siècle qu'il ne l'avait été précédemment, mais ce fut plutôt pour sa perte que pour son progrès. Le premier symplôme réel, quoique presque invisible, de sa décadence, fut précisément Tessai qu'il voulut faire de ses propres forces et de sa liberté, en altérant, d'abord umidcment, la forme symbolique du temple chrétien. Une fois entré dans cette voie funeste. Part cessa peu h peu, en effet, d'être hiératique pour se séculariser de plus en plus ; il se Ht
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gantes broderies ; toutes ces merveilles de sculpture et de hardiesse, rehaussées par la clarté mystérieuse d*un jour que les vitraux peints ont terni, impriment àTAmeunsentiment éminemment religieux.
<K El lorsaue, placé sous le portique d'une cathédrale, rœil saisit tout l'espace du temple, parcourt la nef centrale, clisse avec étonnement sous ces voûtes ^ la fois. légères et gigantesques pour venir se perdre dans le lointain où apparaît le rond-point, on ne peut se défendre d'une vive exaltation, d'une sorte de tressaillement. L'aspect d'une basilique frappe les sens comme le ferait une poésie sublime, ou une belle mélodie.
ce Si de l'intérieur on passe à l'extérieur, OH n'est pas moins charmé des proportions è la fois vastes et gracieuses du vaisseau, de l'élégance des tours, de la profusion des clochetons, des arcs-boutants et des contreforts.
« L'examen le plus superficiel suffit pour convaincre qu'une pensée prédomine dans les monuments du xiii* siècle, savoir: lélancement^ la direction vers le ciel. Cette forme pyramidale qui se reproduit dans toutes les parties dominantes des édifices, iion-seulement dans les frontons, les tours, les clochetons, mais encore dans les fenêtre: en lancettes, contribue beaucoup à donnet aux basiliques une apparence de hauteur qu'elles n'ont pas toujours en réalité. C'est aussi de cet accord dans les formes que naisent l'harmonie et l'unité qui distinguent si heureusement les monuments de la première époque ogivale. t
« Quoi qu il' en soit, l'architecture du xui* siècle, cet art admirable qui se brise sous les pesantes mains de nos artistes modernes, est souvent dépréciée par eux et dédaignée comme barbare; la fausseté d'un pareil jugement vient de ce qu'on s'est acharné à comparer l'architecture ogivale avec l'architecture arctique, sans réfléchir qu'elles n'ont entre elles aucun rap- Eort et que leurs éléments sont incompatiles.
« Pour comprendre l'architecture du moyen âge, il faut d'abord reconnaître que dans tous les siècles les croyances religieuses ont puissamment influi^ sur le caractère de l'architecture. Ainsi, chez les Grecs et les Romains, la religion toute matérielle, je
comme on dit national^ et flnit par se perdre ( toujours avec la nation) dans le paganisme de la Régence, digne ûile de la Renaissance et de la Réforme, ces deux mères de \ émancipation et de la liberté eu Europe. On sait où aboutissent finalement les peupJes catholiques qui ont la prétention d^avoir une religion nationale. Il en sera toujours de même pour cieux qui Toudront perfectionner, émanciper Tart catholique en dehors et môme à Topposé des traditions du catholicisme hiératique ; les mêmes causes amèneront constamment les mêmes effets.
I Nous reviendrons sur cette question.
' Ceux de nos lecteurs qui voudraient plus amplement se convaincre que les xi* et xn* siècles, loin d'avoir été un temps d*arrét et de sommeil, furent iMie époque de mouvement, de vie et de prf*grèst
Sourrais dire toute naturelle, a pnxkit et evait pk*oduire une architecture basée su? des proportions qui ne dépassaient pas ce qu^on est convenu d'appeler le boo goût; 1 ensemble des parties aevàit montrer cette gr&ce, cette élégante simplicité, et en même temps cette richesse que nous admirons dans les édifices des anciens, parce que l'im^ gination était fixée sur des choses naturelles, et que le type du vrai beau, par rapport à eux ne sortait pas de la nature physique. La pensée, mue par une religion dont tous les dogmes étaient à portée de rintelligeDcl humaine, n'avait rien d'inspiré ; ainsi,daiis l'architecture antique, tout était méthodique, simple et raisonné.
« Il n'en est pas de même dans l*archite^ ture ogivale que l'on pourrait appeler architecture chrétienne ; les modernes ont puisé dans le repentir, chrétien l'habitude de se replier continuellement sur eux-mêmes, et dans leurs pieuses méditations une tendrai à s'écarter de la nature physique et k tott exalter, principalement à 1 epoaue où Teithousiasme religieux a tout emorasé donM le xui* siècle. De ce moment tout fut hoif de proportion avec les idées terrestres; Feiprit de spiritualité parut dans Tarcbitectur^ au point que les édifices furent à jour, eoiverts de ciselures et de broderies qui sesblaient rivaliser avec les subtilités de II pensée.
a La forme est tout dans rarchitectore a» tique, dans l'architecture ogivale il j a b forme et la pensée, car dans cet élancemeM des parties vers le ciel et dans la plupart des combinaisons usitées au xni* siècle (51T|,«i ne peut méconnaître l'expression d*uoeidéi mystique. Qui sait même si la forme tri» gulaire de l'ogive n'était point un sjniboii aux yeux des architectes ? j» (518)
« Il faut bien l'avouer, dit le poétiqpet h religieux historien de la Vie de êainilêim, de ce grand monarque qui imprima ■ mouvement si extraordinaire h l'architectuf ogivale, à l'exception d*un petit nonln d'architectes de profession, ce furent des évéques, des abbés, de simples clercs, d'obscurs moines, qui entreprirent ces gigptesques constructions. On le reconnaît sM peine à ce caractère d'inspiration eâdM empreint sur la plupart des églises ds moyen âge... Tout en léguant des ééh
dans toutes les branches de Part, n^aorent qil bi le chapitre de la Vie de saint Bernard^ nu U. et Montalembert, intitulé Variet les titotiMi, dtaih^ quel cette vérité est prouvée jusqu^à la plot nmreuse démonstration.
(517) Il est évident que les architectes veolaicit rendre un hommage à la Trinité, en disposant Info* nétres trois à trois ou deux à deux avec «nenna en dessus. D^aulres combinaisons exprimaieat d*j» très idéf s symboliques ; le nombre 7, que Voê le* marque assez souvent dans la distribotion des clîpelles et des rosaces, rappelle les sepi iows de ta création. Le nombre 12 est commémoralir des dont apôtres, etc.
(518) Cour» d'antiquités monumemiuUs^ par ILè Caumont, iv* part., i:h.^i.
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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d'œuTre aux génémitions, les maîtres des pierres vives^ comme on les nommait alors, cachaient leurs noms et savaient qu'ils ne SAraieul jamais prononcés. Il en fut de même de ces jeunes vierges artistes, qui furent Taes comme des apparitions aériennes, sculptant les figures des portiques et des tours consacrées à la reine des anges.
« Hommes sublimes d^humilité, si Torgoeil de notre siècle s*indline devant le merveilleux talent qui rayonne dans vos œuvres, à son tour, la religion doit également signaler vos triomphes. On ne craint {MIS de le dire : tel édifice du moyen âge a
im raviver la foi éteinte, et y conduire par 'admiration.
« Absorbé dans ce grandiose poétique, par cette imposante couleur religieuse qui resplenditau seuil du temftle, on s*émerveille à la vue de ses flèches battues par les Tents depuis des siècles, traversées comme la religion par des orages, et demeurées deliout comme elle, toujours protégées par la eroiz, cette grande image de civilisation, de Tte et de paix I On est comme anéanti en bce de ces nefs colossales, éclairées d*un jour oiystérieux, mélangé de couleurs éclatantes, où se pressèrent tant de générations disparues; de ces chapelles latérales, pavées des tombes des aïeux endormis, sur lesquelles se projette une traînée lumineuse détachée des vitraux. On se sent attendri devant ces baptistères de travail exquis, renfermant Teau purifiante, source des célestes bénédictions ; devant ces chaires dentelées à jour, d*où découle la parole de vie. On médite sur ces milliers d'emblèmes qui déroulent la chaîne des âges chrétiens, sur ces immenses roses des vents, grave symbole des passions humaines, de ces tempêtes orageuses du cœur qui viennent se briser on se réfugier dans un centre universel, la ▼érilé révélée l L*émotion, le recueillement entraînent alors aux plus hautes pensées d'avenir ; l'incrédule doute, Tinclifférent est subjugué, et Thomme de foi se sent comme élancé dans les régions éternelles I
< Honneur donc mille fois à ceux qui élevèrent ces forêts de pierres parlantes^ei qui, jyant compris combien étaient fugitives les impressions produites par les édifices du paganisme, les ont rendues durables, infinies, dans nos cathédrales chrétiennes, où pour ainsi dire une vision de l'âme a été réalisée joir eux (519). »
OKEGUEM. Compositeur belge, élève de Bincbois (xiv siècle). Voy. Musique.
OLYMPE païen, comparé à TOlympe chrétien. Voy. Peinture ; Types.
OMBRIE (Ecole de peinture de l*). ïoy.
Mtstiqvb.
ONYX. Pierre, et couleur symbolique.
Foy. CouucuRs.
OPÉRA. Une des plus grandes, des plus telles créations de I art moderne , c'est Tooéra. Sans entrer, à ce sujet, dans des détails
historiaues et philosopniques , qui sortiraient évidemment du cadre aue nous nous sommes proposé, nous considérerons, exclusivement au point de vue musical, l'opéra tel qu'il existe aujourd'hui. A ce point cie vue , nous observerons en quoi il se rapproche et en quoi il s'éloigne de la musique d'église
{>roprement dite , de celle qui est basée sur a tonalité du plain-chant. Cette étude comparative est indispensable pour traiter con-^ venablement les diverses questions d'esthétique que soulève la thèse de Vexpression dans la musique sacrée.
L'ordonnance musicale d*un opéra se divise en deux grandes parties , l'orchestre et le chant. L'orchestre présente l'admirable réunion d'une multitude d'instruments à cordes , à vent et à percussion , depuis les plus graves jusqu'aux plus aigus. Il en résulte une variété, pour ainsi dire inépuisable, de sonorité, soit dans les harmonies ^ soit dans les contrastes^ selon gue les instruments sont groupés dans 1 ordre de la famille respective à laquelle ils appartiennent, ou sont traités dans le sens de l'opposition des timbres entre eux.
Cette prodigieuse variété de timbres brille surtout dans les ouvertures où l'orchestre, livrée ses propres forces, est plus libre dans ses allures et dans ses mouvements. On dirait que toutes les voix de la création sont évoQuées par lui, tantôt successivement, tantôt collectivement pour en exprimer les accents si divers, si opposés, en môme temps que sa puissante , que sa mystérieuse harmonie lait vibrer tous les sentiments de l'humanité , dont la nature physique n*est que le symbole et le reflet.
Quand vous écoutez , durant ses phases si rapides, la magniGque ouverture de Guillaume Tell^ vous vous croyez transporté sur les monts de l'Helvétie, mêlés à ses pasteurs guerriers, au milieu de ses vertes prairies, sur les bords de ses lacs argentés. Il vous semble entendre tantôt le son du hautbois qui répète les naïves chansons des bergers; tantôt les chants passionnés du fils de Mechtal, que viennent interrompre \es mAles accents inspirés à Valther par l'amour de la pairie; tantôt l'appel aux armes, qui succède aux cœurs harmonieux que les jeunes Suissesses ont fait monter jusqu'au ciel. 11 V a là, sans parler du fond harmonique sur lequel est brodé ce merveilleux tissu , une série émouvante et rapide d'accords et d'oppositions qui réveillent tour à tour les émotions les plus intimes, les plus diverses du cœur humain, combinées avec les scènes de la nature, les plus riches, les plus animées. C^est une introduction qui résume aduiirablement, en y préparant l'auditeur, tous Ws genres de beautés, dont étincelle le chefd œuvre qui va bientôt se dérouler devant lui.
Si nous comparons ses effets multiples, habilement gradués et nuancés, de l'orches-
(519) Bitioire dt saint Louis, roi de France , par M. le marquis de Villeneuve -Trans: Paris, 1859» 01* vvl , di. 15.
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