‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 68 sur 167 · PAL · texte numérisé non relu

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avait laissé : une ruine générale fit ir dans la poussière les monuments de leil de Rome. Tous les édifices furent nàits depuis avec les débris précieux ignorance et Tavarice rassemblaient de (paris. Un oubli honteux des propor-

des formes, des convenances et de la lation de ces fragments, occasionna la lion de tous les membres de J'architec- Il acheva par ce mélange d*en dénatutiaence.

assembla les colonnes et Ton en fit dos I sur lesquels se trouvèrent étendus lément des entablements renversés ao 1 : on jeta des arcades sur les chapi-

pour suppléer au défaut des platess et k l'impuissance où Ton se trouvait ailler.

Thitecture perdit ainsi les divisions I constituaient la nature, et, d^abus en elle abandonna jusqu'à fidée, jusqu'au Dir des t vpes, et finit par tomber dans ritable chaos.

«lommencc une espèce d'interrègne l'histoire de cet art. Semblable à ces s qui disparaissent quelque temps calOtts les sables et n en ressortent que «•prendre un plus vaste cours, Tart ar* tonique , enfoui pendant les siècles irtnce, se remontre enfin pour donner aox peuples même qui Font anéanti :

npire va bientôt s'étendre sur toute

comprend que le christianisme, qui »rma la société, devait aussi exercer iluçnce sur un art qui avait pour misle lui bâtir des sanctuaires. 11 fallait m églises chrétiennes différassent des » païens ; il appartenait à l'esprit de trer la forme,

temples grecs étaient ordinairement ■Ofidés de lumière, presque toujours ts dans leur sommet, et sans aucune t d'ornements intérieurs. La religion rist éleva des dômes et des clochers, B pour rapprocher des cieux le signe rédemption : elle décora les murailles liea peintures, couvrit les pavés de ifues» orna les façades de marbre |»ré- . et plaça aux entrées des portes d'aii admirablement sculptées au'elle$ seéUgnes de fermer le Paradis (52i).

enveloppa ses mystères d'un demilénagé par des vitraux coloriés, et obir Ik un clair obscur favorable au reiment et k la prière.

ornements eux-mêmes ne sont pas line |)arure dans les anciennes églises es : ils forment comme un langage |08 religieuses. Chacun admire, dans maments, une profonde conformité du 0e le plan, une grande impression des s k l'extérieur, enfin k l'intérieur, un ible grand et religieux correspondant

inagniQcence k la sublimité des doc-

dirétiennes.

li l'art, dont la décadence était accélé-

rée, commença sous cette influence nouvelle k pousser peu k peu de puissants rejetons. Les X' et xi* siècles virent renaître dans l'église de Saint-Mare, k Venise, les premières lueurs du jour qui allait reparaître et donner un des plus précieux monuments pour l'histoire de l'architecture; mais le plus rare, sans contredit, fut la cathédrale de Piso, bktie en 1016 par l'architecte grec Buschetto de Dulichium.

Bien que l'architecture romane ne soit qu'une transition entre l'architecture grec-

3ue et l'architecture gothique, elle a cepenant un cachet original qui lui est propre. Les églises de ce temps-lè se reconnaissent k leurs tours droites et pointues, k leurs colonnes groupées ensemble, dont les fûts et les chapiteaux reçoivent des ornements de détail , qui s'éloignent évidemment de la pureté et de la simplicité primitives; les arceaux forment le plein-cintre, l'ogive ne se montre presque nulle part; les portes sont profondément enfoncées dans l'épaisseur des murs de façade, garnis de statues, de colounes, de niches et d'autres ornements. Tout annonce qu'on cherchait autre chose que ce qui existait déjà, sans avoir le courage d'abandonner tout k fait les anciennes traditions.

L'architecture byzantine, résultat des efforts que firent les artistes çrecs de cette école, pour dissimuler, sous I ap|)arence do la légèreté, les défauts des premiers essais, connus par le nom d'ancien genre gothique^ l'architecture byzantine, disons-nous, éveilCa l'imagination par ses voûtes richement ornées, ses belles perspectives et cette obscurité religieuse produite par la peinture des vitraux. £lle conserva de l'ancien genre les voûtes hautes et hardies, les murs épais et solides qu'elle recouvrit de toutes sortes d'embellissements, tels que volutes, fleurs, niches, etc. Elle éleva dans les airs des petites tours et des flèches découpées comme de la dentelle.

Par la suite, allant plus loin encore, elle perça k jour des tours monstrueuses qui laissaient voir les escaliers comme suspendus dans le vide; elle donna aux fenêtres une dimension extraordinaire, et plaça des statues jusque sur le faite du bâtiment.

Tels sont les principaux caractères du style roman, ou byzantin, qui prit naissance vers le X* siècle' et se maintint jusqu'au milieu du xui*. Les morceaux les plus précieux qui nous restent de cette époque sont : l'église Saint -Germain des Prés k Paris, Samt-Sernin k Toulouse, la petite église do Thor, dans le département de Vaucluse, l'admirable cathédrale de Saint-Gilles, celle do Saint-Trophime k Arles, le portail de Sainte- Marthe k Tarascon et quelques autres morceaux disséminés dans le midi delà France.

Nous pouvons maintenant examiner, d'à

Grès ces données, l'oeuvre de M. Questel. 01^ éviterons autant que possible de prodiguer les mots techniques pour nous ihiro

I Expression de Michel-Ange en parlant des portes du baptistère de Florcnee.

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bien comprendre de nos lecteurs, tout en priant ceux d*entre eux qui sont plus versés que nous dans Tétude de Tarchitecture, de nous pardonner, si parfois nos expressions ne sont pas parfaitement adaptées à Tart dont nous nous occupons passagèrement en ce moment.

La forme de la nouvelle église Saint-Paul est une croix latine. Sa longueur est de 61 mètres, sa largeur de 3k mètres. Le vaisseau, divisé en trois nefs, présente une surface totale de 1,472 mètres 66 cent.; la nef du milieu a 8 mètres 70 cent, de largeur. Elle est $é[>arée des bas-côtés par de forts piliers qui supportent des arcs à plein-cintre, surmontés par des fenêtres à vitraux coloriéis.

Les trois nefs sont terminées par autant d'absides circulaires en forme de demi-cou* pôles. Le plein-cintre règne sans partage dans tout le monument, a Texception des deux nefs latérales, où Ton remarque une légère tendance vers Togive. Ce serait une critique à faire au plan, qui s'éloigne, par là, du style pur de cette époque, si ces arceaux de forme ogivale n'eussent été rendus nécessaires par la construction même de l'édifice. L'ogive était ici commandée par la hauteur constante de la naissance des voûtes, et par la différence des espacements dans les travées. Au reste, l'architecte peut justifier cet écart aux règles pures de l'art par un des

fdus beaux types du style roman : nous vouons parler de l'église do Saint-Gilles qui, dans ses petites nefs, offre le même exemple de voûtes ogivales.

Au centre de la croix s'élève une coupole surmontée d'un clocher, dont la construction architectonique demande une explication particulière. La flèche proprement dite porte sur le vide ; sa base, carrée d'abord, puis de forme octogonale, n'a d'autre point d*appui que les quatre gros piliers établis à la naissance des transsepts. Dans les angles des grands arcs-doubleaux qui surmontent ces piliers, on a établi quatre trompes pour répartir le poids et la butée du clocher.

Cette partie de l'église, qui a 54 mètres de hauteur, est remarquable par l'habileté de son exécution; elle présentait les difficultés les plus sérieuses que i*on puisse rencontrer dans la généralité des constructions; aussi avaient-elles effrayé la plupart des entrepreneurs. H. Arnaviello en a triomphé victorieusement, et l'on peut dire que son travail est irréprochable.

Une galerie pratiquée autour de la coupole et dans l'épaisseur même des parties en pénétration, permet de circuler, en donnant accès par la aux combles de la grande nef et des transsepts ; on y arrive par l'escalier du clocher.

Le chœur se compose du chœur principal ou sanctuaire, et de deux bas-c6tés. Ces trois parties, reliées par de grands arcs oui permettent d'en embrasser tout l'ensemble, présentent un aspect grandiose et méritent a l'architecte les plus grands éloges. Au centre du sanctuaire se trouve le maître autel, placé sous un ctfrortum, qui, à lui seul, est

un véritable petit monument dont boqs parlerons plus tard, (juand nous nous oceaperons de la décoration générale.

Nous aurions peut-être désiré aroir des tribunes pour aider aux cérémonies du cvlte, et pour rapprocher les visiteurs des remarquables travaux de peinture qui sont exécutés dans le chœur; il en existe dans plusieurs églises romanes, telles que Saint- Sernin, à Toulouse, Saint-Germain des Prés, à Paris ; mais ce détail eût nui, sans doute, dans la pensée de l'architecte, k l'ensemble du monument qui offre des lignes bien profilées, une coupe hardie, un tout large et harmonieux, un aspect sévère et impo^saoL

Nous aurions aussi voulu des cnapellei dans l'intérieur des petites nefs ; TcBil aine à plonger dans ces recoins obscurs qui roopent la monotonie d*une longue ligne droite; mais ici, comme pour les tribunes, la raisoa péremptoire qui sW opposait, a été prohiblement l'impossibilité cTaugmenter on bodgel dépassant déjà de beaucoup les ressonr» ces financières d une ville de province.

La seule critique sérieuse que nous aurons à faire dans l'intérieur du monamenl, portera sur le trop grand nombre de léaètres; on uerd ainsi cette demi-obsrarité qae le regard comme la pensée aime à retroav« dans un sanctuaire et qui fait le charme dei églises de Florence. M. Questel n'a pas teu assez compte de la grande réverbéralion ita soleil méridional, et, puisqu'il voulait déeftrer tout le chœur de peintures, il aurait dl, ce nous semble, éviter cette lutte de Taslfe resplendissant avec la lumière factice de li couleur, lutte inégale, dans laquelle cette dernière sera toujours vaincue.

Sept portes donnent accès dans régliae:

trois sur la façade principale, deux sorki transsepts ou bas-cAtés de la croix, et deu sur le derrière du monument, à l'entrée des sacristies.

Los trois portes, auxquelles on arrii»

après avoir gravi un perron de quatre degrés, sont décorées de petites colonnettfs en granit, supportant des arcs à plein-cinlre richement ornés dans leurs arcnivoltes, et dont les tympans renferment des figures ei demi-relief, sculptées par H. Paul Colin.

Sur la porte principale est représenté k Christ entouré des quatre é vangelistes : aadessous, et dans des dimensions inférienrob sont les douze apôtres.

Sur la porte gauche, correspondant à la chapelle de la Vierge, Marie tenant l'enlnt Jésus : à ses c6tés, les anges Gabriel et Michel.

Dans le tympan de la porte droite, correspondant à la chapelle Saint-Paul, on sculpté Tapôtre lui-même, avant pris de hi saint Castor et saint fiaudiie^ patrons do k ville de Nîmes.

Toutes ces figures, avec les ornements qaî les entourent, portent bien le caraelèro religieusement naïf des* époques byzantiiM caractère que Ton a rarement atteint depotf. jamais dépassé. M. Colin s^est f1eureus^ ment inspiré, pour les douze apôtres, its

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D ESTHETIQUE CURETlENiNE.

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belles sculptures qui décorent le portail de SaîBt-Tropbime t à Arles; nous sommes loin de I en blAmer, puisqu'à cette imitatioa d'ensemble il a su joindre Toriginalité dans l'exécution des tètes, des vêtements et I de tous les accessoires. On louera surtout tvec nous le groupe de la Vierge, si Ion remarque l'ajustement de la této ainsi que la richesse du trône et des draperies; on admirera aussi la délicatesse des archivoltes, les deox frises latérales et le détail des cha-

Ïileaax. Tout d'ailleurs est habilement >ainé, et ne demande qu'à être consacré par la belle couleur et la croûte de vétusté, qne la suite des siècles donne aux monuments de notre pays. La pierre de Lens et de Beaucaire, qui a servi à la construction de Téglise, est la même que celle de la Maison-Carrée : on se figure quel autre as-

Kaora pour les yeux 1 ensemble de l'édiquanc le soleil du Midi aura déposé sor ce monument quelques brillants reflets de ses ravons dorés.

Outre les portes, principal ornement de la façade et dignes de tout éloge, nous signalerons trois belles rosaces, dont les rayons sont autant d'élégantes colonnettes oui sérient à maintenir des vitraux de couleur. Le tout est surmonté d'une croix tout à fait dans le caractère du monument, et telle qu'on en trouve dans les églises de la même époque, citées par MM. de Caumont et Batissier.

Dans le projet primitif, le clocher devait être en charpente; une délibération du conseil municipal, que nous ne saurions trop approuTer, vota une augmentation de fonds pour qu'il fût exécuté en pierre. Il est {&cheux que la somme n'ait pas été suffisante pour donner à cette partie de l'église quelques mètres de plus; l'ensemble du monument y aurait beaucoup gagné ; car c'est là, il faut bien l'avouer, le côté défectueux et celai où la critique trouvera le plus à s'exercer.

Dans la partie inférieure du clocher, M. Questel s'est évidemment inspiré de la jolie petite église des Aliscamps, que nous avons tous admirée dans nos promenades à Arles, et dont probablement la partie supérieure est incomolète : mais en lui supposant une flèche, l'imagination aime à la reeenslruire délicate et élancée, telle que l'artiste l'eût proportionnée aux autres parties de l'édiflcCy et digne à tous égards de reposer sor nne base si habilement travaillée.

On peut regretter que M. Questel ait pris, dans une ville aussi rapprochée de la noire, une imitation ^ue quelques esprits trouveront par trop identique : mais comment résister i la-tentation de copier un modèle si gracieux dans ses formes, si élégant dans ses proportions?

La flèche de l'église Saint-Paul manque de légèreté et de hardiesse : peut-être auraitHlmieux valu terminer le clocher par une galerie circnlairet éviter ainsi les formes point oes toujours désagréables è l'œil, et qui s'accordent peu avee la coupe larsement arrondie du plein-cintre. Mais si l'archi-

tecte voulait une flèche, il aurait pu lui donner 7 à 8 mèires de plus en hauteur, y ménager des jours plus nombreux et sculpter des crochets en saillie pour couper les lignes trop régulières des arêtes, tels qu'on en voit, par exemple, dans la .flèche de Sainte-Marthe, à Tarascon.

Ce défaut d'élévation se remarque également dans l'aspect général de l'église : le monument paraît un peu écrasé et aurait beaucoup gagné à être exhaussé sur un perron plus important.

Les hommes de l'art reprocheront-ils un peu de timidité à l'artiste? •— Si ce reproche ne peut plus être admis au de{(ré de talent où M. Questel est parvenu, il faut se transporter au temps où le jury couronna l'un de ses premiers ouvrages : il faut, en outre, faire la part des diincultés que présente un concours dans une ville do province, où la hardiesse et les élans de l'imagination courent la chance, s'ils ne sont pas bien compris, de faire inexorablement repousser un projet. Il faut enfin se méfier des parallèles impossibles, se reporter au style de l'époque

?ue l'on a voulu imiter, et ne pas juger une glise byzantine en la comparant aux monuments romains que nous avons sous les yeux ou aux cathédrales gothiques du xvi* siècle.

Disons-le sans arrière-pensée, la nouvelle église Saint-Paul est un monument remarquable, qui classera honorablement M. Questel parmi les architectes de notre époque. Quand nousy avons signalé quelques imperfections, c'est qu'il n est pas permis d'être trop indulgent pour un talent sérieux, et qu'on doit toute la vérité à un artiste, lorsque ses œuvres peuvent supporter Tanalyse et qu'elles révèlent un bel avenir à son auteur.

Si nous ne craignions pas de fatiguer nos lecteurs par une description trop détaillée, nous nous arrêterions a considérer les élégants chapiteaux sculptés par M. Colin, avec tant de délicatesse, au sommet des grand» piliers intérieurs qui séparent les trois nefs; nous aurions à citer bien d'autres parties intéressantes sous le rapport de l'art architectonique : telle est la façade postérieure du monument qui offre une coupe savante et des profils tres-heureux : nous nous éten* drions aussi sur le principal mérite de ce travail, qui consiste k présenter constamment l'unité aans la variété, caractère que nul autre édifice ne possède au même degré, la plupart étant composés d'ornements et d'attributs de toutes les époques ; tandis qu'ici les décorations intérieures, les sculptures, les boiseries et jusqu'à l'ameublement, sont d'un accord parfait avec l'ensemble de l'édifice.

Au reste, M. Questel, bien que jeune encore, avait fait des études toutes spéciales dans l'architecture romane, et personne n'eût réussi mieux que lui h donner h notre ville un monument complet des siècles byzantins.

Disons aussi qu'il a été parfaitement

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secondé dans ses longues absences par M. Henri Ihirand, qui, pendant tout le temps des travaux, a foit preuve d'une connaissance parfaite de son art ; par M. Bedos, qui en a surveillé Texécution avec intelligence, et par Tentrepreneur, M. Arnavielle , qui a déployé une activité et une aptitude remarquables.

Nous fiermettra-t-on de présenter, avant de terminer, une dernière observation sur Tavenir qui pourrait ôtre réservé à l'architecture religieuse ?

Après avoir vu le génie de Thomme s'élever )»ar des améliorations successives , depuis les essaie informes des Egyptiens jus- ({u'à la pureté des Grecs , au grandiose des Uomains, à l'élégance et à la légèreté des Arabes, la raison et Texpérience des siècles

nous conseillent de chercher à réunir, dans le plus heureux accord, la solidité immuable de la construction h la simplicité et à la pureté des formes ; la retenue et le choix des ornements à cette convenance qu'un esprit juste, formé par l'étude autant que par la méditation, sait garder pour donner à chaque édiQce le caractère précis que sa destination exige.

Ne pourrait-on arriver à ce but, en empruntant aux divers genres ce que chacun renferme de raisonnable ou d'exquis, |)our en composer un style moderne, qui deviendrait le résultat heureux des connaissances applicables h Fart de bltir, et s'approprierait au climat, aux usages, aux matériaux et aux convenances de chaque pays.

£t pour les temples modernes en particulier, quel style adopter? — Sera-ce exclusivement le grec, le roman, le gothique, ou quelque chose de nouveau, encore k trouver?

C'est là une des plus graves difficultés qui se puisse présenter dans l'étude des beauxarts. Nous ne nous croyons pas compétents Four la résoudre ; mais il nous semble que Eglise moderne ne devrait être bAtie ni sur le modèle des temples grecs, ni dans le goût roman, ni dans le style gothique. Si l'architecture est la forme suprême c|ue reçoive dans l'art la pensée dos peuples, elle doit se modifier alorsque cette*pensee se transforme. Nous ne voulons donc ni du Parthénon, ni de Notre-Dame : à des idées nouvelles , il faut un art nouveau en rapport avec elles.

Notre cadre est trop restreint pour approfondir cette question, nous nous contentons de l'indiquer, en la reC/Ommandant aux hommes de talent, et en appelant leurs recherches vers une voie qui illustrerait à tout jamais ceux ({ui seraient assez heureux pour tirer l'architecture religieuse de la voie stationnaire où elle se traîne péniblement depuis des siècles.

Peintures de M. Uippolyte Flandrin. — Lorsqu'on a voulu décorer l'intérieur de 3'église Saint-Paul, on avait à choisir entre «es divers genres de peintures qui ont été employés dans la décoration des monuments, c'est-à-dire, la mosaïque, la fresque, la peinture à l'huile et l'encaustique.

La mojiaïque demande beaucoup de tra-

vail, de temps et d'argent, elle est difficilement exacte.

La fresque ne peut être retouchée, et si le premier trait n'est point d'une parlaite justesse, si le premier coup de pinceau ne donne pas la nuance voulue, il faut gratter rendait et recommencer, jusqu'à ce qu'on ait achevé l'œuvre sans avoir commis la Booindre er* reur.

Les ouvrages à l'huile se conservent moins que la fresque et n'ont qu'un seul point de vue ; l'huile nous fait p>erdre l'avanta^ de la durée, en altérant les couleurs, qui jaanissent par la seule impression de Tair : les teintes poussent avec inégalité, les ombres noircissent, enfin les couleurs et les vemis s'écaillent.

Telles sont les principales considérations qui firent adopter pour l'église Saint-Paul ta peinture à l'encaustique, surtout lorsqn*ea eut fait choix pour artiste de M. Hippol^ Flandrin, qui venait tout récemment de laifo en ce genre un travail extrêmement remarquable dans l'église Saint-Germain des Prés, à Paris.

Il serait difficile de fixer l'époque qni vil naître la peinture encamtiqut ou peinture I la cire. Pline, l'auteur qui s'est le plus étendu sur ce sujet, écrit qu on ne savait fÊÊ mime de son temps celui qui, le premier, avait imaginé de peindre avec dos cires colorées et d'opérer au moyen du feu. Quelgues-uns, dit-il, croyaient qu'Aristide ei était l'inventeur, et que Praxitèle Tav ait p•^ fectionnée ; d'autres assuraient gue Ton coanaissait longtemps avant eux les tabletoi peints à l'encaustique , tels que ceux de Polignotte, de Nicanor et d'ArcesilaOs, vtistes de Paros. Mais ces artistes vivaieul vers la fin de la 89* olympiade, enriroB Ul ans avant notre ère, et il est souvent perlé dans les poésies d'Anacréon de la peintora à la cire , ce qui en reculerait la connossauce de plus d'un siècle. Ainsi il dît, ode

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