‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 72 sur 167 · PIS · texte numérisé non relu

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si opposés ; mais il me semble que ces flèches aériennes» lancées vers les cieux, comme un dernier et sublime effort du génie clirétieui parient autrement à Timagination et au sentiment religieux que Teitérieur de cette froide coupole » empreinte des réminiscences païennes qui » à Tépoque où elie fut érigée , luttaient ouvertement contre les anciennes traditions de Tarchi-» lecture catholique. II me semble aussi qu'un pays comme le nôtre, dont le sol s*est couvert sans bruit, sans fracas, et comuie par euchanlemeut) de tant de monuments sacrés qui ne Jui laissent rien à envier à ritnlie» devrait être un peu plus fier de ses architectes et de ses églises, lorsqu'on considère qu'au centre de la chrétienté et à J'époque la plus brillante du pontificat romain, un siècle de calculs , d'efforts et de patience, les puissants encouragements de plusieurs grands Papes, le concours actif des plus célèbres architectes qui se sont succédé pendant cette longue période, les 350 millions qu'on a engloutis dans celte entreprise, n'ont finalement abouti, malgré l'intention hautement exprimée de surpasser tout ce qui s'était fait Jusque là dans ce genre, qu'à l'érection d*un monument incomplet, avorté dans son ensemble , quelcjue admirable qu'il puisse être dans certaines de ses parties.

Voici, d'ailleurs, comme confirmation de mes idées sur Saint-Pierre» le témoignage non suspect de prévention contre cet édifice, d'un architecte écrivain , déjà cité dans cet ouvrage, et qui a fait une étude particulière des basiliques de Rome, à la description desquelles il a consacré d'intéressantes pages et d'excellents dessins* £h bien I il n'a pas cru pouvoir, en conscience» donner dans son recueil, une place à la basilique du Vatican. Laissons-le parler lui-même : « Ce serait le lieu de parler de Saint-Pierre, de cet édifice aux proportions colossales, l'orgueil, dit-on, de Tarchitecture, et la plus étonnante de ses merveilles; mais Saint- Pierre, quoiqu'il ait exercé le génie de tant d'artistes supérieurs, bien qu'il soit l'œuvre successive d'architectes du premier ordre , Saint-Pierre, cependant, n'ajias trouvé place dans notre Kecueil. Cotte vaste création , conçue sous l'impression d'une pensée malheureuse et dans un principe vicieux peutêtre, n'a pu suggérer de hautes inspirations aux habiles successeurs de ce même Bramante, dont la plupart des productions furent d'ailleurs des chefs-d'œuvre. 11 semblerait que tous ces maîtres, à l'exemple du premier, aient tous succombé sous le poids d'un si pesant fardeau. On blâme dans le plan de Saint-Pierre sa disposition vulgaire, ses formes tourmentées et l'étude mai calculée des pronorlions. La façade est aussi lobjet de mille critiques fondées ; elle manque de relief, et Ton ne saurait y trouver de parti décidé. La nef n'est pas non

plus à l'abri de reproches. 'Quoique immense, elle n*a pas cette apparence de grindeur que le, talent bien inspiré sait donner, même aux petites choses. C est en Yainqu*oo cherche, dans ce grand ouvrage une idée sublime, une conception surhumaine, qm réponde au but qu'un s'était proposé. Ob ne retrouve dans l'ensemble ni les élans da

Sénie, ni cette parfaite unité d'intention et e direction qui a tant de prix, ni rette délicatesse enfin , et cette ^rAce dans les déliib qui décèlent l'artiste dirigé par le sentimeiit du beau. Les voûtes méritent seules, soo ce rapport, une honorable exception : leur décoration est fort remarquable, tant po« la convenance que pour le ^oût des orwments; à nos yeux, Saint-Pierre n'est donc point un chef-d'œuvre, bien au'il soit pou^ tant l'un des plus glorieux teoioigoa^de la puissance et de la volonté persévénale de l'homme : il doit étonner, sans doiSi, mais c'est plutôt par ses proportions gig» tesques hors de toute comparaison , par « richesses inouïes, et enfin par les gnodei difilGultés de construction qu'il a fallu vatcre. Cependant le blAme s^fface , les m» vaises impressions se dissipent, si TooTieM à considérer cette coupole célèbre, pnidîp de science et de poésie , ouvrage soUiai dont la vue vous confond, et qui, par l*i» mensité de sa masse, l'éclat harmonîeax éi ses mosaïques, l'élégance de ses cootov et son exécution miraculeuse, iUt nillii dans l'Ame ce ravissement indicible qa*alf n'éprouve jamais qu'en présence desgranfci œuvres de la nature. Conçue d'abonlMr Bramante, l'illustre artiste qui fonda Tégla^ elle fut ensuite modifiée par Michel-Afl|!« qui en détermina la forme, les proportii* exactes , et jusqu'aux détails de conslntftion ; mais le mérite de l'exécution et maques modifications sont dus à Giovannodiji Porta et à Dominico Fontana (570).

P1£RR£S PRECIEUSES, leur sensqabolique. Voy. Couleurs.

PINTURICCHIO. Peintre, né à Péroosea 1&54, fut élève du Pérugin, et Taida daMh plupart de ses travaux. Il travailla enaili avec Raphaël. Voy. Peinturk mtstiqci.

par Buschetto, et terminé Tan lllt, pv Tarchitecte Rainaldo, c'est-à-dire duraolli

[)ériode la plus tlorissante de la répuMiqie. L'an 15%, le plafond fut dévoré par un ïbcendie, mais quatre ans après, il était d»> gniUquement réparé par Ferdinand de Ut uicis.

Cette basilique offre une étonnante et nre collection de riches et belles colonnes. U plupart d'entre elles sont antérieures à Téi* ilce, et le style basilical qui lut adopté (W sa construction, toute de marbre, se |»rW mieux que tout autre à l'emploi bieneuitf^ du de ces magnifiques colonnes toutes Ui^

(570) Edificeê de Rome moderne, eie. , dessinés yinestir es el pabliésparP.LetarouUly, in-fol. Pirà'

DllSTHETlQUE CmUBTIENNEL

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y en a au» appliquées eoration du dedans.

Le plan de la basilique est celui d'une croix latine avec un transept fort développé» surmonté au centre d'une coupole qui réunit les deux branches de la croix. Cette coupole dont les dimensions ne sont point en rapport avec celles de Tédifice, offre néanmoins QB des premiers et des plus curieux essais de ce nouYeau genre de constructions où le

Sénie de nos modernes architectes devait se éplover avec tant de magnificence.

La basilique mesure en longueur 292 pieds Spouces ; en largeur, pour les cinq nefs» 97 pieds 0 pouces, et pour la nef du milieu, A9 pieds 1 pouce ; sa hauteur est de 101 pieds ft pouces.

Elle a cinq nefs soutenues par Sk colonnes dont quelques-unes sont de jaspe, de - Tert antique et de porphyre. Les bas-côtés soot en voAte ; mais la grande nef a un pia- *^nd en bois , dont les compartiments sont ' ^ grands caissons dorés. Le plan de Téglise 'étant celui d'une croix latine, les nefs de la ' 'ïRoisée ont la même ordonnance de colon- ^nes, ce qui ajoute encore à la beauté et à ^niarmonie deTédifice.

< Les colonnes , dit M. Quatremère de •Quincjr, ne sont point unies entre elles par •Ibii entablement, mais bien selon la pratique

.•.*^»«|es bas-siècles de l'architecture romaine

L;1(B71) par des arcades au-dessus desquelles.

'^"^élète un second rang de portiques en co-

mnes plus petites que les inférieures, mais

Bsi plus nombreuses. £lles forment une

ilerieaui circule autour de l'église, et c'est

M>re là une de ses conformités avec les

Bennes basiliques. On comprend que ces

gileries, outre la variété qu'elles produisent

dans tout l'ensemble, font encore mieux

Jooir de tout l'esjpace que les yeux ont la li-

Jmié de parcourir.

m Tout l'extérieur du monument est pour r,f^ disposition, dans un rapport exact avec ^jjAelle de l'intérieur. Deux ordres de colon- Pbes adossées aux murs répètent les deux \.;ardres de la grande nef, et s'élèvent jusqu'à vda toiture des bas-côtés. L'ordre inférieur iftMt surmonté par des arcades ; le supérieur \ porte l'entablement continu qui règne au- }ji four du monument. Un rang de colonnes, également adossées, mais plus petites, avec trcades, s'élève au-dessus de la toiture des bas-côtés,et supporte celles de la grande nef.

< Pareille disposition a été suivie dans le frontispice ou portail du temple par Rainaido collaborateur et successeur de Buschetto.

^1 subordonna la décoration de.la façade à

■^lle des parties litérales, en la raccordant

Hnactement aux deux masses inégales en

.Auteur de la nef du milieu et des nefs col-

latérales. Cette foçade se termine ainsi dans le fahe, par des colonnes adossées toujours diminuant de hauteur, et par un fronton qui arrive à la hauteur du pignon du toit de la grande nef.

« On lit |)rès la porte d'entrée en l'hon-^ neur de Rainaido, l'inscription contemporaine que voici :

tloc opns eximimOf tam mimm, tam pretiosnm, Rainaldas praden^ operator et ipse nuMinter Conalituit mire, solerlèr et ingeniose (572). i

Ces éloges n'ont rien d'exagéré, et de plus, ils sont aussi justes que concis. J*ai pu m'en convaincre moi-même surleslieux^ en face de ce splendide monument, dont M. Pouioulat a si heureusement exprimé le ca-' ractère grandiose et mystérieux. Voici comment il décrit d'abord cette façade si élégante, si riche, si léçère,dout les cinquante co^ lonnes de marbre, comme tout l'édifice, à la teinte dorée , semblent être retenues par quelque chose de magique,dans leur harmonieux ensemble.

« La Vierge et les quatre Evangélister sortis du ciseau de Jean de Pise,sont debout sur le faite et aux quatre coins de la façade; en les voyant on se demande comment ces petites statues peuvent triompher ainsi des vents, des orages, des révolutions et des siècles. Trois portes en bronze frappent notre attention : celle du milieu est ornée de deux colonnes grecques apportées d'Egypte, festonnées avec un art merveilleux. Les trois portes en bronze faites sur le dessin de Jean de Bologne ont été sculptées par Pierre Tacca,Pierre Francavi lia, Antonio Sasini, Horatio Mocca ; elles représentent les principales scènes de la vie du Sauveur et de la vie de Marie. Ce n'est plus le bronze qui est devant vous, c'est la représentation vivante de vos souvenirs évangéliques : le bronze rayonne d'une façon céleste sous les traits de THomme-Dieu; il parle avec lui, quand le Sauveur enseigne, quand le Christ dit aux malades: Soyez guéris; aux morts : Sortez du tombeau. Ce bronze exprime les souffrances d'uu Dieu à Gethsémani, et sa mort au Calvaire. Sur une des portes , la scène de la naissance m'a fait sourire : le lit de la mère de Marie, est un lit pisan, un lit paré, tel qu'on n'en vit jamais assurément à Nazareth; l'artiste ne s*esl pas conformé seulement auxhabitudes de la Galilée.L'une des deux portes du Jevant,cclle qui fait face à la Tour Penchée,est aussi en bronze, et d'un antique et bien curieux détail; celte œuvre deBonanno porte avec elle une naïveté expressive qui intéresse vivement.

« Jusqu'ici nous pouvons avancer sans confusion dans nos indications descriptives; on saisit sans effort l'extérieur du monument: mais si nous entrons dans l'église, nous ne saurons par où commencer. Dans

(57i) Au mol Architecture, et dans plusieurs autres endroits, nous faisons remarquer que ce que les premiers arcbilectes chrétien^ se sont permis liant ce geure, ils Font fait parce quMs ont biea

Toulu le faire et qu'ils avaient leurs raisons pour eela. (Note de r auteur.)

(57%) DicUonnatre d architecture , par R. Qua treuiérc de Quiu< y, art. Buêchetto.

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