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n*a p)us la foi qui soulevait des mortagnes de pierres; toutefois il se remue, il s'agite, il porto ses regards vers le passé, effrayé qu il est de Tanarchie intellectuelle et morale que lui ont léguée la Réforme et la Re* naissance. Il regrette de ne pas croire assez : il soupire après Tunité dés croyances, bors de laquelle il se sent défaillir, malgré ses progrès incontestables dans la science du hien-ètre matériel. Car il en est des nations comme de Tbomme priiré, elles ne vivent pas seulement de pain, mais de toute parole qui procède de Dieu, source de la vie morale et de la vie physique.
Hais revenons à nos novateurs du xvi* siècle, qui ont eu de trop nombreui imitateurs dans les âçes suivants, et voyons s^l était bien fondé, le mépris qu'ils aflfectùrent pour nos vieilles églises chrétiennes.
Devenus partisans exclusifs de la ligne droite, principe générateur de l'architecture grecque, ils ont ignoré ou oublié que la ligne courbe, élément constitutif des édifices religieux, surtout de ceux de la période ogivale, était singulièrement appropriée au génie de l'art catholique, dont elle facilite les eombiuaisons si variées, et qu'elle avait, mieux que sa rivale, pour modèle, la nature «ne-mème, dont les divers aspects excluent presque toujours cette prétendue régularité de la ligne droite. Ils ont oublié qu en reproduisant ainsi plus fidèlement les divers aspects de la nature, cette ligne courbe, si dédaignée par eux, réunissait le double avantage de l'unité dans Tensemble et de la variété dans les parties diverses qui le déterminent, ce qui explique très-bien cet air de grandeur et de simplicité qui nous frappe lorsque nous entrons dans nos immenses basiliques, et ces beautés innombrables de détails, qui viennent ensuite éblouir nos yeux et forcer notre admiration.
Teîs sont les monuments que no^architectesont appelés aothiques. Certes, ce n'était
|)as ignorance de leur part ; ils savaient très- )ien que les Goihsdes iv* et v* siècles, n'avaient rien à démêler avec un système architectural qui n'a commencé à se propager Su'au xn*. Ils ne voyaient dans celte qualication qu'une expression tléirissanie envers cet art chrétien, qui était devenu pour
(600) En parcourant les salles du palais de Yersailletf le iAeclaUïur cathoUque est dooiinc par un scnlUneot ue surprise qui ne le cède pas même k radroiratiou que lui inspire la réunion de latit de €befs-d*œuvre de peinture et de sculpture qui frappent ses regards. Il se demande si les dieux, lés déesses, les nymphes, les faunes, les satyres, qui font exclusivement les frais de décoiation de «.e palais, u*auraienl pas mieux été placés dans la résidence d*nn prince idolâtre que dans celle d*un rui appeié Fils aîné de TEglise.
La Diéme observation s*appliqiie au genre de dc- €or:.tion adopté dans presque toutes les résidences priiicières de TEurope, toiyours sous rinfluencedes Idées païennes qui ont pris vogue aux xv* et xvi' siti'IoH en Italie, et au xvi* en France.
(UUl) Vos autem genut elcctum^ rcgaic taccrdotium.
eux synonyme de barbare. Aussi, ne faul-îl pas s'étonner de rencontrer plus d'une fois, sous la plume des écrivains les plus judicieux des xvii* et xviii* siècles, des phrases comme celle-ci . « Une telle église est belle»
3 uoique gothique ; » tant il est difficile de se épouiller de certaines idées, qu'on s'esl transmises aveuglément, sans en examiner la justesse ni la portée.
On aura de la peine à croire un jour qnt dans une société qui devait tout au catholicisme, on ait admis en principe, au moins implicitement, la su^iériorité des nations païennes dans la philosophie, la littérature» les arts, et même dans les actions de la rie publique et privée. On aura de la peine à croire que des hommes appelés, par une Civeur signalée , à la connaissance du vrai Dieu , se soient épris d'une belle passion pour des divinités créées par le vice el lïgnorance. On aura de la peine à croire que» non contents d*avoir nourri l'imagination de Tenfance des aventures bizarres et passable^ ment scandaleuses de ces divinitéî, ils les aient encore mises en action sur la toile el sur le marbre, pour en répandre avec profusion des images dans les musées, dans les lieux publics , et jusque dans les palais des rois très -chrétiens (600). On aura de la peine h croire en un mot, que les peuples qui s'étaient prosternés devant de semblables divinités aient été présentés comme des i>euples modèlesè ces nations chrétiennes querapâtre saint Pierre avait appelées race choisie, ioeer' doce royaijnation samte^ peuple conquis par le vrai Dieu pour publier les grandeurs de cebsi qui Va appelé des ténèbres à son admirMê lumiire (601).
Quand on en fut venu à un tel renversement d'idées, oui tendait è la destruction de la foi chez des nommes plus irréfléchis ntah moins que coupables, il fallut bien offrir ee holocauste l'architecture chrétienne à celle qui avait érigé des temples à un Jupiter séducteur et à tout son cortège de vulaptueuses divinités. Alors les deux principes se trouvant en présence, il s'établit entre .eux une lutte qui ne fut pas sans gloire ni sans résultat pour les arts, puisqu'elle nous valut lies édifices remarquables par la grâce et la finesse de leurs détails (602). Mais cetls architecture tleurie, flamboyante, prisinati-
gens sancta, populus acquhitionU : ut rirtutes tieiis ejus^ qui de tenebris voi vocavit tu c^jnlnM lumen suum. (I Petr, ii, 9.)
(OUâ) La façade de la maison des Télés, k >>lence, est un dt^s plus remarquables speàuÊem ^*<a puisse voir de cette architecture de transiiioa ^ genre gothique au genre grec. Il esl à re^rcUtf qu'on n'ait pas encore lithographie avec tous K« détails ce morceau si curieux du style Renaitsawt. Elle vient d'être dessinée par M. Laurent, de llos^ peilier. I3n autre ipecimen plus leinaïquaWe e««i« que lournit dans le même genre la \Uleite Valeist, est la porte de la maison Dupn -l.aieiir, qwa«» gravée dans le m.igniliquc ouvrage sur les Uem^ menu de la France, public par M. Akxandct ik Uhon!e.
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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.
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a ne, empreinte du double cadiel de îa ligae roite et de la ligne courbe , et offrant les divers caractères d'ornementation particuliers aux deux genres, fut le dernier mot de r«rt chrétien , condamné dès lors à un profofhJ oubli.
Jetons maintenant un coup d'œil sur le type grec, importé alors parmi nous, et qui, imparfaitement reproduit dès son début, devait s'altérer encore davantage sous les rè- Knes de Louis XIV et de Louis XV, et tom- Ber, sous ce dernier prince, dans le genre . bâiani appelé style rococo.
Convaincu que l'exagération est toujours •DDomie de la vérité, nous aurons soin d*é- ▼iler, dans notre jugement sur Tarchitecture grecque, la préoccupation liostile que nous avons reprochée aux architectes oe la Renaissance envers nos monuments religieux.
Nous ne refusons donc pas à ceux de la Grèce Tadmiration qui leur est due sous le rapport de la beauté de la forme, laquelle fut exprimée par ce peuple ingénieux, jus-
8u*à la perfection, surtout dans la statuaire. n culte tout sensible, étranger à la manifestation des facultés intimes de TAme, de- Biandait en effet des formes riantes, gracieuses , correctes et exécutées dans les plus belles proportions.
Nous admirons donc comme type parfait cfune religion toute extérieure, r architecture grecque, avec ses élégantes colonnes surmontées de leurs chapiteaux roulés en Tolutes ou sculptés en reuilles d'acanthe, avec ses frises et ses frontons, dont les relief^ offrent h nos regards charmés les destins les plus purs et les plus gracieux. En un niot , nous apprécions cet art comme un reflet de la beauté physique, dont il est l'expression la plus noble et la plus Traie.
Mais cette architecture» qui convenait si bien h un culte sensible et extérieur, ne pouvait, par cela même, être appropriée au culte intérieur, mystérieux et symbolique des chrétiens. Il fallait à ceux-ci des temples capables de contenir la foule qui s'y pressait sans distinction de rang, au lieu de »e tenir en dehors de Tédifice, comme le
Iiratiquaient les gentils ; car le règne de 'imposture était passé, et les prêtres du CbrisI n'avaient pas besoin, comme ceux du démon (603), d'une enceinte étroite et obscure. Il fallait à cette religion du Christ^ des temples élevés comme les pensées et les espérances qu'elle était venue apporter à une société toute matérielle ; il (allait des lumies symboliques à celte croyance qui révélait à l'homme tant de mystères d'expiation et d'amour.
C'est ce nouvel ordre d'idées qu'on aurait dû étudier et suivre pour tout ce qui reganle l'architecture catholique; on n aurait |ias implanté alors au milieu de nous le temple grec, étroit et écrasé comme ses dieux ; on aurait é|>argné à nos vénérables basiliques ces restaurations de par le bon goûtj
gai les ont plus défigurées que né Tavait fait le vandalisme des barbares.
Il est une autre coosidéretioti importanle, quoic|ue tirée uniquement de la nature physique, qui devait arrêter nos novateurs. Les édifices grecs, avec leurs lignes droites, leurs formes carrées , nettement dessinées « avec leurs belles pierres d'une bjancheur àorée, qui se marient si bien k un ciel ton- . ours pur et sans nuages, ne s'harmoniseront ,amais avec les brouillards et l'humidité déétère de nos climats septentrionaux. Cette considération , disons-nous , s'opposait à l'emploi si fréquent du style j^ec, et en l)ornait naturellement l'application k certaines constructions civiles, qui le comportent mieux que nos temples chrétiens.
Mais rimpulsion était donnée. Lesfkveurs^ les récompenses, les encouragements prodigués par tous les grands de la terre aux partisans de la nouvelle école , achevèrent letriomphe de cette révolution » qui, pendani plus de deux siècles , a tenu en arrêt la civilisation catholique I et qui est destinée 1>eut-6tre encore k porter longtemps ses ruits.
Toutefois, gardons-DOus de désespérer entièrement de l'avenir. Il faudrait fermer volontairement les yeux à la lumière, pour ne pas voir que la direction imprimée par M. de Chateaubriand vers l'étude de nos tem|>s modernes, considérés comme le produit et l'expression du principe catholique, adéjk opéré une révolution immense dans les esprits, en mettant en faveur l'histoire des bienfaits dus à l'inQuence du christianisme. Ce thème, si fécond en aperçus neufs et intéressants, s'est considérablement développé sous la ))lume de nos grands écrivains de France et d'Allemagne. Ils ont examiné, au flambeau d'une critique basée sur les faits, la valeur de cette épithète de barbare^ jetée k la face de plusieurs siècles par des auteurs directement hostiles au catholicisme, ou épris jusqu'à l'engouement, des institutions et des arts de la gentilité. Ils se sont demandé si la peinture des mœurs, des usages, des monuments, des découvertes et des actions héroïques de nos ancêtres n'était pas plus digne de notre intérêt que la périodique et éternelle reproduction des faits et gestes des peuples anciens, dont les conditions sociales offrent si peu de rapports avec les nôtres.
Grâce à leurs investigations profondes et k leur impartialité, k laquelle ne nous avait pas préparés Técole sophistique et déclamatoire de leurs devanciers immédiats, il s'opère une réaction sensible en faveur d'une f>ériode considérable de notre histoire, que 'ignorance, le philosophisme et, ne craignons pas de le dire, les préjugés étroits de certains historiens ecclésiastiques n'avaient que trop défigurée. Par suite de cette réaction salutaire, nous avons vu se modifier singulièrement les idées jusque-lk admises sans conteste sur les lois, les institutions, Téconomie jtolitique, la pliiloso])bie, la iii-
(A05) Qaontam omnes Dei geulium dœmonia. (PsaL xcv, 5)
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lératurd et les arts de ces siècles inexplorés.
L'architecture chrétienne a en une large pari dans cette direction nouvelle des esprits. Les temps sont passés, heureusement» OÙ Ton croyait, avec quelques termes de dédain* prononcer un jugement irrévocable sur nos monjjments nationaux ; où des Français, bien moins familiarisés avec les anna-^ leade leur pays qu*avec celles des Grecs et des Romains , s imaginaient fnire preuve d'instruction et de bon gtiût en traitant, «ans façon, de barbares^ leurs pères dans la foi et«dans la civilisation. Maintenant les Chappny, les Gilbert, les Taylor,les de Caumonl, les Lenoir, les Vitet, les Montalembert, les Schmit, les du Sommerard, les Didron, les Viollet-Leduc et tant d*autres archéologues distingués, nous ont initiés à notre admirable architecture chrétienne ,* et nous racontent comment s'élevèrent ces basiliques aériennes, qui, par l'immensité de (eurs proportions , ^élancement de leurs voûtes et de leurs tours audacieuses, leur aspect imposant et mystérieux, laissent loin derrière elles les temples de la gentjlité, et attestent aux générations qu'elles voient se succéder si rapidement, tout ce qu'il y a d'intelliffence et de vie dans le catholicisme qui les eidifla.
Cest ainsi que la science et les arts se soot donné la main, pour renouer la chaîne interrompue des temps passés. Notre siècle, si riche de ses nombreuses découvertes, ne dédaigne pas, comme son devancier, les siècles déjà écoulés; il les accepte tous, par cela mtoie qu'il est doué d'une intelligence profonde , et il reconnaît l'impulsion salutaire qu'il a reçue des temps qui Pont précédé. C'est déjà un notable progrès. L'art voudrait redevenir catholique; mais que d'obstacles n'a-t-il pas encore à vaincre pour sortir de l'anarchie où l'avait plongé une si grande déviation de son principe générateur l Que chacun de nous s'empresse donc de lui payer son modeste tribut, en apportant une pierre à TédiOce de la restauration ; et, dirigé par la foi, aidé des éléments puissants dont la science moderne peut disposer, il enfantera de nouveaux pro* dises.
RESTAURATION DU CHANT LITURGI- QUE. Voy. Gbégobibn (Chant).
RESTITUT (Chapelle monumentale de Sawt-I, Drôme. Ce monument, pour être relégué dans une humble commune isolée des grandes voies de communication, n'en offre pas moins à Tarr.héologue et à Tantiquaire chrétien un puissant intérêt, au double point de vue de l'architecture et du symbolisme chrétien.lis'açit d'un édieulebatinon loin de lancienne ville épiscôpale de Saint-Paul- Trois-Châteaux, par Charlemagne lui -même, et conservé jusqu'à ce jour dans son état primitif. Cet edicule-cou[)ole, qui présente, au moins dans son intérieur, les caractères saillants de l'architecture carlovingiennn, tels qu'on les voit encore dans plusieurs églises des bords du Rhin , servit, pendant
plusieurs siècles, de tombeau è saint Restitut, premier évèque des Tricastins. Cecid^ mande quelques détails historiques
Une tradition constante et autorisée par Rome, porte que parmi les saints personnages qui abordèrent en Provence avec saint Lazare, l'ami privilégié du Sauveur, te trouvait Célidoine ou Sidoine, l'aveogle-irf^ qui , après avoir été guéri par lui {Joan. n), se fit son disciple et prit le nom de RtitihUf du mot Restitutus est et visus^ en souvenir de la guérison miraculeuse dont il avait éli , l'objet. Restitut demeura quelque temps I Aix , avec saint Maximin , autre disciple da Sauveur, qui était devenu le premier éfé* que de cette ville; puis il vint à Arles, d'oè il fut envoyé dans le pays des Tricastins , dont il devint le premier évèque. B quitta ensuite son siège pour aller en Italie» et mourut dans la ville a'Albe, d'où ses re« liques furent plus tard transférées dans la lieu qui porte son nom. C'était là , en effely
2ue le saint évèque avait opéré des mirades datants en faveur d'un grand nombre d'aveugles auxquels il avait rendu la Tue* ci leur lavant les yeux avec les eaux de la f» taine , qui, depuis n'a cessé d'être fréqoeitée parles personnes privées de la vue, auquelles elle a maintes fois procuré uneeoB-^ plète guérison. Cette fontaine coule encott aujourd'hui, à quelques pas de Téglise.
Le corps du saint fut donc transporté d'Aihi dans le Milanais, en France, et déposé dan la chapelle monumentale qui Tenait d'éM érigée par les ordres de CharlemagDe« pov l'y recevoir. 11 y resta jusqu'au mois da^ juillet 1249, époque à laquelle Laurens^côK quante-deuxième évèque de Saint-Paak Trois-Châteaux, fit construire sous la dir»tion de Giraud de Clermont, un magni&pji^ sépulcre en marbre gris« sur quatre colat» nés, dans le caveau de la chapelle momn: mentale où l'on peut le voir encore aiùooip d hui. Deux cents ans plus tard, vers ftMt le roi Louis XI vint en personne vénérer €CS.^ reliques, et fit à l'église de magnifiques pfé» sents. En 1578, les saintes reliques qaL soixante-deux ans auparavant , avaient M transférées par l'évèque Guillaume AdMmar, dans un enfoncement de la muraille Âi midi , qui existe encore , furent brûlées fll dispersées par les protestants. Depuis, cetti chapelle perdit de son importance, aupoial de vue religieux, mais non au point de vot archéologique, et elle n*eut à subir d'autres avaries que les outrages inévitables da temps. Elle (tail devenue chapelle des péai* tents, lorsque le gouvernemeni» sur Je rqh port de l'architecte Chevillet, Ta lait resUft rer complètement, de même que la déli* cieuse église romane à laquelle elle coumunique, et dont il sera parlé plus bas.
La chapelle carlovingienne, bAtieà la fia du vni* siècle ou au commencement du ii% offre un carré narfait; elle est divisée daas sd hauteur en deux parties, celle inférieurf», formant un caveau où était le tombeau de saint Restitut, et celle supérieure, fortaioi la rhape'Ie érigée en son honneur. Leca-
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DESTHETIQLE CHRETIENNE.
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▼eau présente un parallélogramme de 5 mètres 50 cent, de longueur, sur k mètres 47 cent, de largeur. 11 est entièrement en pierre de taille, voûté en berceau plein cintre ; la longueur est arrêtée du côté de l'église, par un arcdoubleau sur pilastres servant h porter le mur de la chapelle; sa seule décoration intérieure consiste en bandeaux à chanfreins, qui reçoivent la retombée de la voûte et de Tare doubleau. La chapelle présente à Tintérieur un carré parlait dé 5 mètres 85 cent, de côté. Les faces nord et midi sont décorées chacune de deux {;ortiquesirréguliers;lespleinscintresquiles surmontent prennent naissance sur des impostes à chanfreins, couronnant des pilastres de 2 mètres 73 cent, de hauteur. L*entoncemem de ces portiques est de 0,34 cent. ; les faces au couchant et au levant comportent chacune un seul arceau à plein ceintre, et dont les naissances ne sont prises qu'à 1 mètre 76 cent, de hauteur sur des impostes sans retours, ornés de ronds et de barres obliques sculptées en saillie. L*arceau au couchant formait aussi un enfoncement qui est aujourd'hui rempli par la maçonnerie. Celui au levant devait être entièrement ouvert pour donner entrée à la. chapelle au moyen d'un e ralier, et déterminerait sans doute la face principale de rédili£*.e; il est aujourd'hui fermé par une maçonnerie percée d'une petite porte formant 1 entrée d'une tribune qui donne sur Téglise.
Au-dessus des arceaux dont nous venons de parier, les quatre murs encadrant la cha-
Clle s'élèvent sans décoration jusqu'à une uteur de 6 mètres 14 cent., où se trouve une première romiche sculptée en divers feuillages. A 1 mètre 50 cent, plus haut, le pian carré de la chapelle devient octogone au moyen des quatre pendentifs soutenus par des trompes dont le centre est orné d'une coquille. Une seconde corniche placée à S mètres 20 cent, de la première, pourlouroe l'octogone résultant de cette disposition. CeUe corniche est ornée de touffes de feuilles de jonc , et forme la naissance d'un dôme oui couronne la chapelle, et au centre duquel se trouve une ouverture circulaire d*euYiron 1 mètre de diamètre, destinée sans doute à donner de la lumière. 11 résulte donc de toutes ces dimensions, que la chapelle a intérieurement une hauteur toute d'environ 12 mètres 30 cent. (604).
Quiconque a visité le dôme d*Aix-la-Cha-
Eîlie éJiliéo par Charlemagno, reconnaîtra cilement aux détails qui précèdent, que celui de Saint-Restitutn est qu'un diminutif de la célèbre basilique du grand empereur. Mais la partie la plus curieuse > quoique grossièrement traitée^ de l'édifice , c'est la grande frise sculiHée, qui en pourtourne tout l'extérieur, à la hauteur de la première corniche intérieure. Elle règne sur les quatre faces du monument, et n'est masquée qu*aux deux angles de la face à l'est, par la
jonction des murs et de la voûte de TéKlise, qui viennent aboutir à cette face. Cette frise» composée de tableaux en relief, représentant des personnages , des animaux et une partie des signes du zodinque, est enca^ drée dans deux bandeaux divisés en coto^ partiments ou médaillons, par des briques rouges, et couronnés d'une corniche scuip* tée sur le chanfrein, de petites rosaces en étoiles enclavées les unes dans les autres. Cette frise qui, entre autres scènes variées, représente le jugement dernier, d'après l'Apocalypse 9 est un des plus remarquables spécimens qui existent en France, et peutêtre même en Europe, du symbolisme religieux. On en jugera par les détails qui suivent.
Ce qui doit tout d'abord fixer notre attention, c'est le principal personnage, celui du milieu, sur la façade du couchant. Ce personnage est assis sur un fauteuil dont on ne voit point le dossier, mais seulement les quatre montants, dont les sommets sont recourbés. 11 a un escabeau sous chacun d» ses deux pieds. Il tient sur ses genoux un gros livre sur lequel son bras gauche s'appuie , et sa main le serre par en bas , en le saisissant de ses doigts recourbés qui se cachent par les extrémités sous le livret tandis que le pouce appuie par-dessus.
La main droite s'élève au-dessus du montant du fauteuil. L'index et le médius sont droits ainsi que le pouce. Les deux autres doigts sont plies. Une auréole est autour de la tète du personnage dont la face^n'a rien conservé que la forme ovale en relief, sans marque des yeux, du nez ou de la bouche ; tout y est presque effacé.
Ce personnage principal pourrait être bien véritablement celui qui estdécrit aux chapitres IV et V de VApocalypie , dont voici un extrait : Une porte m' ouvrit au ciel , et un€ voix éclatante comme une trompette appela le prophète à y monter^ pour voir ce oui aillait arriver. Il y fut en esprit^ et voila qu'un trône placé dans le ciel se présente à ses rf gards , et un personnage était assis sur cr trône.
Sa face était brillante^ présentant l'aspect de la pierre de jaspe et de sarde. Un arc-en-ciely semblable à une émeraude^ environnait le trône de ses couleurs douces et majestueuses ; vingt-quatre sièges étaient rangés à l'en* tour; c'étaient aussi des trônes oà étaient assis vingt-quatre vieillards vêtus de blanc^ ayant des couronnes d^or sur leur tête. Du,, trône suprême partaient des foudres ^ des vois et des tonnerres: sept lampes ^ c'est-à-dire les> . sept esprits de Dieu^ brillaient devant lui. Vis-à-vis du trône il y avait une mer trams* parente comme le verre et semblable à du cristal : et au milieu^ vis-à-^is du trône- et à. l'entour^ il y avait quatre animaux pleins d'yeux devant et derrière. Le premier, animal était semblable à un lion; le second était semblable à un veau ; le troisième avait le rtV
(604) Elle n^esi accessible aujourdliui que par un elle rcçoii un peu de jour par une petite fenélre it* ■. ciralier extérieur et un«t poierue asseï mal placée ; régulière et percéo au bfsard.
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9wje comme eelui d'un homme; et le quatrième têaU »embhbl0 à un aigle qui vole.
Ces quatre animaux avaient ehacnn six aile»; et ils ne cessaient jour et nuit de dire : .Nain;, sainte saint est le Seigneur Dieu toutpuissant j qui était et qui est et qui doit venir, iît lorsque ces animaux rendaient ainsi gloire^ honneur et louange à celui qui est assis sur k trône^ qui vit dans les siècles des siècles^ les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant celui qui est assis sur le trône ; et ils adoraient eelui qui vit dans les siècles des siècles: et ils jetaient leurs couronnes devant le trône ^ en disant : Vous êtes digne ^ ô Seigneur noire DieUj de recevoir gloire^ honneur et puissance ; parce que vous avez créé toutes choses^ et que cest par votre volonté quelles subsistent.
Tel est le contenu dn chapitre iv; le prophète continue, dans le chapitre y :
Je vis ensuite dans la mainjdroite de celui qtti était assis sur le trône^ nn livre écrit dedans et dehors, scellé de sept sceaux. Et je ris un ange fort et puissant qui disait à haute voix : Qui est digne d'ouvrir le livre et d*en êtver les sceaux f
Mais nul ne pouvait ni dans le cieU ni sur ia terr9^ ni sous la terre^ ouvrir le livre^ ni êe regarder. Je fondais en larmes de ce que nul ne s'était trouvé digne Couvrir le livrcj ni de le lire, ni de le regarder. Alors, Cun des vieillards me dit : Ne pleurez point; voici le lion dé la tribu de Juda, le rejeton ou le /Us de Demdf qui a obtenu par sa victoire le pouvoir d'ouvrir le livre, et d*en lever les sept seectux. En mime temps, je regardai, et je vis au milieu du trône et aes quatre ani' maux, et au milieu des vieillards, un agneau comme égorgé, qui était debout, et qui avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Bi^n envoyés par toute la terre. Et il vint prendre le livre de la main droite de ceM qui était assis sur le trône ; et l'ayant ouvert, les quatre animaux et les vingt-qua" tre vieillards seprostemèrent devant C Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes d'or, pleines de parfums qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantiaue nouveau, en disant : Vous êtes digne. Seigneur, de prendre le livre et d^en ouvrir les sceaux, parce que vous avex été mis à mort et que par potre sang vous nous avex rachetés pour JHeu, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation, et vous nous avez faits tous rois et prêtres pour notre Dieu ; et nous régnerons pour vous sur la terre.
Je regardai encore, et j'entendis autour du trône, et des animaux et des vieillards, la voix de plusieurs anges. Et il yen avait des milliers de milliers, qui disaient à haute voix : J** Agneau ^t a été mis à mort est digne de rfravoir puissance, divinité, sagesse, force, hmneur, gloire et bénédiction. Et f entendis Hautes les créatures qui sont dans le ciel, sur In terre, sous la terre, dan$ la mer et dans t»ute son étendue, qui disaient : A celui #/'ii est assis sur le trône, et à l'Agneau, hé- •'Miction, honneur, gloire et puissance dans les siècles des siècles. Et le» quatre animaux
disaient : Amen. Et les vingt-quatre vieil^ lards tombèrent sur leurs visages, et adorè^ rent celui qui vit dans les siècles des siècles. Or, en examinant le principal personnage du monument, on voit qu'il pourrait bien être le même que celui auquel tout se rapporte dans cette magnifique description des chapitres iv et y de V Apocalypse, et le même que celui qui est sur le |>ortail de Chartres, sur celui de Saint-Trophime d'Arles et de plusieurs autres églises, surtout parmi celles du style roman, et le même qu'on voit traité en mosaïque ou en peinture polychr(yme au fond de l'abside des anciennes basiliques , principalement à Home. Cest là un des types les plus anciens, les plus beaux et les plus célèbres de l'iconographie chrétienne. En parcourant les autres médaillons de cette frise aussi intéressante qu'elle est peu connue, on reconnaît successivement les phénomènes qui suivent Touverture de chacun des sept sceaux. Ainsi, il est dit au chapitre vi de ce livre, que lorsque l'Agneau eut ouvert un des premiers sceaux, un des quatre animaux se fit entendre au prophète, u'une voix majestueuse comme le tonnerre, en disant:
Viens et vois; et que le prophète vit paraître un cheval blanc. Il est efl'ectivement dans li frise; la pierre noircie ne le présente pas avec cette couleur; mais voilà le cavalier qui le monte, il a un bouclier au bras gauche; on ne voit pas son arc, mais il peot avoir été effacé i)ar le temps; c'est bien apparemment le cheval qui se montre àTouverture du premier sceau et qui annonce la puissance d'un vainqueur couronné qui marche à la victoire. En tournant à la façade du nord, on aperçoit un second cheval; son cavalier tieni la bride et a un bouclier. Ce cheval est indiqué de couleur rousse. Dans l'Apocalypse, une grande épée avait été donnée à celui qui le montait, |H)ur enlever la paix (le dessus la terre et faire que les hommes s'entretuassent les uns les autres (v. k) ; mais on ne découvre pas cette épée sur la frise. A l'ouverture du troisième sceau, apparaît un troisième cheval; il esl noir, le cavalier qui le monte a une balance à la main (v. 5); et Ton distingue en effel sur la frise un troisième cheval ; il est bridé, son cavalière un bouclier; mais il n'a pas la balance à la main. Le verset 7 nous présente l'ouverture du quatrième sceau et invite le prophète à venir voir, ei voilà qu'au verset Sapparaît un quatrième et dernier cheval; il est pâle, et celui qui le monte s'appelle la mort. Derrière lui est l'ouverture de l'enfer qui le suit. 11 a reçu la puissance sur les quatre parties de la terre, ))Our tuer par Tépée, par la famine, [>ar la mortalité et |)ar les l>étes sauvages. Ce quatrième cheval t'st représenté dans la frise , partie nordi comme les deux qui précèdent ; le cavalier tient la hridc et |u)rt« un t)ouclier au bras ^nuche. Les miatre chevaux n'ont |mis d'auties signes. Ils sont tous les quatre tournés a Topposé du principal personnage. On |»eiii supposer qu'ils ont ro«;u des onircs tie lui.
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D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.