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Jt sais que mon Rédempteur rtV, quif je tmsusciterai un jour, et que je verrai monDieu, dans ma propre chair. Cette espérance repose au fond de mon cœur (611).
Le prophète Isaïe nous annonce la résurrection générale des corps par ces paroles énergiques : Ceux que vous avez fait mourir. Seigneur, vivront, et nos frères qui ont été eues avec moi, vivront avec moi (612).
Réveillez-vous du sommeil et chantez ses loimnges, vous qui habitez dans la poussière des tombeaux (613).
Car la rosée que vous répandez sur eux, Seigneur, corame celle que vous répandez sur les herbes de la terre, sera pour eux une rosée de lumière et de vie, et vous détruirez en ce jour le règne des géants, en précipitant dans leurs ruines tous ceux qui auront imité leur im|>iélé (614).
Il viendra un temps, dit le prophète Daniel, où la multitude de ceux qui dorment dans la poussière, se réveilleront, les uns pour la vie étemelle, les autres pour V opprobre étemel qu'ils auront toujours devant (es yeux (615).
Il y aura par conséquent deux sortes de résurrections de la chair. Tune glorieuse , l'autre non glorieuse. Quel thème à contrastes saisissants pour la peinture et la scul|v ture chrétienne !
Nous avons déjà vu (616) combien ces deux grandes formes de l'art en avaient tiré parti.
Après les prophètes, Jésus-Christ nous déclare lui-même qu'il est la résurrection et la vie (617). 11 nous apprend qu'il viendra lui-môme juger les bons oui auront été Gdèles à sa loi, et les mécnants qui l'auront méconnue. Les uns seront placés à la droite et conduits par les anges dans le paradis ; les autres à sa gauche, et précipités par les démons dans l'enfer (618). Mais il faut qu'il ressuscite d'abord lui-môme comme les ()rémices de ceux qui ne sont qu*endormis; primitiœ dormientiumCdid).
Grâce à cette résurrection glorieuse, image et gage assuré de la nôtre, la mort qui fut pendant si longtemps répouvante du genre humain, n'est plus aux yeux du juste qu'un passage, qu'un sommeil, et son corps contié momentanément h la terre, est un dépôt qu'elle restituera fidèlement un jour au Créateur et Rédempteur, tout resplendissant de gloire et d'une éternelle beauté. Quelle raine inépuisable de motifs heureux et jusque-là inconnus, pour l'artiste chrétien! Sans doute, ce dogme sublime et consolant a fourni à l'éloquence et à la poésie les plus belles inspirations.
(611) Scio emm quod Redemptor meus rivit et in noristimo die de terra surreclurus sum : et rur$um circumdabor pelle mea^ et m carne men videbo l>euin Mcuin..,repo$itaesl hœc tpes mca t/; sinu tuej. (Job
(Gli) Vivent mortui et iiiterfecti met résurgent. (Isa. xwi, 19.)
(GI5) Esvergiscimini et laudate qui habitaiis iu pulverem, (Ibid.)
(614) Q^io ^0$ tucis^ rns tuns et lerram gigantum delrahes in ruinain, (Ibid.)
Maîsn'a-t-il pas été gravé en caractères encore plus saisissants dans les œuvres de sculpture et de peinture, qui décorent nos temples saints ? Vous les reconnaîtrez aisément ces caractères sur les portails célèbres d'Arles, d'Amiens, de Reims et de Strasbourg, de môme que sur les chapiteaux des élégantes colonneltes qui portent les arcades des cloîtres romans de nos basiliques sacrées. Vous les reconnaîtrez aussi dans ces chefs-d'œuvre innombrables de |>einlure que le génie chrétien a multipliés avec tant de bonheur et parmi lesquels, il faut le dire, brille d'un incomparable éclat celui de Fra-Angelico.
Kt [>our ne parler ici que des vitraux aux mille couleurs, qui éclairent nos temples de leur jour mystérieux, voyez comme les rayons du soleil, en traversant ces tableaux diaphanes, projettent sur les dalles funérai* res du pavé les scènes les plus animées de la résurrection des corps. On dirait que les ossements de la tombe vont tressaillir* éclairés par ce merveilleux symbole consacré par les siècles dans l'Ëglise de Jésus* Christ. Que dis-je? le symbole ne doit-il [)as ôlre rem[)lacé, à la fin des temps, par la réalité? C'est la foi qui nous l'enseigne» en nous disant : Un jour, Us temples de Dieu s'écrouleront avec tout l'univers, et Toa verra alors ces ossements, comme ceux de la vision du prophète, se rejoindre, reprendre leurs chairs, redevenir vivants, anim^ et comparaître avec nous devant Jésus- Christ, ce juge suprême de tous les mortels.
Ainsi se trouve retracé par la peinture et la sculpture dans nos basiliques sacrées, et en caractères encore plus démonstratifs qua ceux des livres les plus éloquents, ce dogine si encourageant pour le juste, mais si terrible pour les méchants, de la résurrectioa générale de la chair. Voy. All^orib, Catacombes , Amiens (Cathédrale d') , MatiUi, ^EîHs {Cathédrale de) , Strasbourg (Catké' drale de). Peinture, Sculpture.
REVELATION. On entemi |)ar ce roolt d'après le langage des Livres saints, inle^ prêté par la tradition, la manière dont Diea se manifeste dans la nature, et aussi daos l'existence et la conscience de riiomoie; puis la communication plus spéciale des vérités divines, des œuvres et des conseib de Dieu, telle qu'elle a été donnée am prophètes, et par eux au peuple hétireo; enfin, la venue du Christ, les vérités dogmatiques et morales qu'il a promulguée^ et rétablissement du royaume de Dieaea ce monde. Ce n'est i)as ici le lieu de traiter
(015) Et multi de his qui dormiunt in tertm psi' ver., etigilabunt; alii in vilam œterMûm,et lUàtt opprobrium, ut videant semper. (Uan, xn« i.) (GIG) Dans plusieurs ariicles de te DictiooBaini (G17) Ego sum resurreciio et vita. (Joan, XI, iS.) M) 18) Cum autcm venerit Filius hominis ta sujt- State sua^ et omne% angeli cum eo, tune sedebii U^ sedem majestatis $uœ.., el statuet ovesquidem nétS' iris, nœdos autem a sinistris. ( Matth. xsv, 51-SS.) M) 19) ISunc autem Christus resurrexit m muftau^ pri'iiiliiv dormientium, [I Cor, x\, 2tl.)
REV
D'ESTHETIQUE CHRETlEiNNE.
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