‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 85 sur 167 · RET · texte numérisé non relu

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Dieu, sera, comme elle le fut toujours, humiliée parla confusion etiacontradictionries langaes.Vous vous évanouirez dans vos vaines pensées (623) ; vous verrez vos systèmes s*en aller par lambeaux , et il ne vous restera bientôt plus d*autre alternative que de survivre à votre humiliation ou de confesser humblement l'impuissance de votre ' orgueil (624)1

Dieu ne peut donc révéler à la créature ^e des mystères, parce qu'il est inOni, et que la créature est tinie. 11 est vrai,comme nous en avons déjà fait la remarque, que Vèire fini touchant par quelques points k TEtre infini dont il émane, saisit plusieurs Ikces de chaque mystère, bien qu*il lui soit impossible de les comprendre dans leur ensemble. Cest ce qui arrive principalement au sujet des mystères que le Fils de Dieu nous a révélés dans son incarnation, et ceci «OQS conduit naturellement à cette seconde et diorjiière proposition, aue Jésus-Christ a dû nous révéler des mystères, même en tant que Dieu-Rédempteur, et des mystères plus grands et plus profonds encore que ceux des deuK précédentes révélations.

£n etfet » celle dont il s*a^it maintenant, ayaDi été directe et la plus directe qu*il soit

EBsible d'imaginer, puisuu'un Dieu fait mme venait lui-même parler aux hommes, Ja manifestation divine a dû être plus complète, plus étendue dans cette dernière révélation, et par conséquent, renfermer un plus grand nombre ide mystères. Ayant été oins complète et pliXs étendue, cette manifestation de Dieu a dû nécessairement développer h nos regards sa sagesse, sa puissance et son amour, avec plus d'ampleur dans Tœuvre de la rédemption que dans celui de li création. Mais aussi, et par une consé * quence rigoureuse, le second œuvre, celui de la rédemption, a dû nous offrir plus de mystère$,et cela se coraprend.A mesure que Fiofini se manilestait davantage au fini, Thorizon des mystères a dû s'élargir en proportion.Qu*en est-ii résulté? L'être fini a pu dès lors saisir un plus grand nombre d*as- |iects de Têtre infini, et les saisir plus clairement; mais en même temps, un plus grand iiombre.de ces aspects lui ont échappé entièrement ou sont restés enveloppés de nuages à ses yeui. Nous expliquons notre ytnsée par la comparaison que voici :

Un voyageur parcourt une vallée étroite et profonde. 11 distinguera assez bien les objets, qui, de droite et Je gauche, frapperoot ses regards. Mais voilà que tout à coup, au sortir de ce défilé, un magnifique horilon se déroule à ses yeux étonnés et ravis, dans une immense plaine. Sans doute, il découvrira un bien plus grand nombre d*obiels dans cette plaine que dans l'étroite vallée. Maïs ces objets, il ne les distinguera pas tous aussi clairement, à cause de leur distance respective. Plusieurs même se déroberont entièrement à ses regards, dont

la portée sera trop faible pour les atteindre.

Cette vallée étroite, c'est la révélation primitive retrécie par le péché, et, avec des

f)roportions moins restreintes, c'est la révéation mosaïque, plus développée que cellelà. Ce vaste norizon de la plaine, c*est la révélation évangélique du Dieu- Rédempteur, li est donc incontestable que dans celte révélation si directe du Verbe incarné, rhomme devait puiser sur Dieu et ses attri-» buts beaucoup plus de lumières qu'il n'en avait auparavant. Mais d'un autre côté, Thorizondivin s'étant ainsi démesurément élargi devant lui , sa vue bornée devait évidemment manquer d'une portée suffisante pour embrasser tous les points de cet immense horizon. De là ce mélange de lumière et d'obscurité, qui constitue le mystère, et que nous remarquons principalement dans ceux que nous a révélés Jésus- Christ. £t voilà comment , en se manifestant directement à nous, il ne pouvait ne pas nous révéler de mystères et même de plus grands qu'auparavant. Maintenant, appliquons les considérations qui précèdent à quelqu*un des mystères en particulier.

Dans l'incarnation, par exemple, nous concevons que l'amour infini de Dieu l'ait porté à prendre une Ame et un corps semblables aux nôtres, pour souffrir et expier ainsi lui*m6me nos iniquités; voilà le côté accessible du mystère; mais ce que nous ne comprenons pas et ne saurions jamais nous expliquer, c^st qu'ilaitpu intimement unir danslamême personne divine deux natures aussi différentes et surtout aussi distantes l'une de l'autre

Îue la nature de l'homme et la nature de >ieu; voilà le côté inaccessible du mystère. 'Et chose plus surprenante encore, il est tel attribut de Dieu, que l'on comprendra dans un mystère, et que Ton ne comprendra pas dans un autre mystère, ou quon y comprendra d*une autre manière, et réciproquement. Quelquefois, dans le même mystère on comprend un attribut divin, quant à une opération, et l'on ne le comprend point quanta une autre. Ainsi, dans l'ËucharistiCt nous concevons que Dieu, en vertu de sa toute-puissance, anéantisse la substance du pain etcelle du vin ; mais ce que nous ne saurions concevoir, c'est la même puissance qui fait que Dieu se substitue lui-même au pain et au vin anéantis, tout en en maintenant les apparences de forme, de couleur et de goût, c est-à-dire des accidents sans sujet. Ainsi, dans le même sacrement, dans le même mystère,nous comprenonsla puissance de Dieu, et nous ne comprenons pointla puissance de Dieu. Mais toujours nous voyons ici comme dans chacun des autres mystères, le côté accessible et le côté inaccessible à l'intelligence de l'homme. Le côté accessible, c*est la puissance divine qui détruit le pain et le vin ; le côté inaccessible, c*est la même puissance, qui conserve les apparences de

(025) Stdnanutrunt in cogitationibus $uii. {Rom.

(6%i) El obicuratum en tnftptenf eor eorumARom.

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la chose , même après la destruction totale de cette chose elle-môme.

Il est donc absoliiuient vrai que la révélation de mystères et de nouveaux mystères était une condition inévitable de la rédemption des horomesy opérée par le Fils de Dieu. Oui, Jésus-Christ, en se manifestant directement à nous, a dû nous les révéler, et comme Dieu, et comme Dieu-Rédempteur. Supprimez un moment le mystère de Tlncarnalion avec ses conséquences immédiates qui sont la doctrine divine, au moyen de 1 enseignement donné par TEglise , et la grAce divine communiquée par les sacrements, vous anéantissez d'un seul coup toute révélation, toute rédemption et toute régénération de l'humanité ; et vous tarissez la source des plus belles inspirations de la poétique chrétienne, dont ce mystère (nous l'a vous déjà vu) est le point de départ. Il faudra donc dire adieu à ces merveilleux et innombrables chefs-d'œuvre de musique, de sculpture, de peinture et d'architecture, é( los au souille du génie catholique inspiré )>ar rincarnation. 11 faudra renier tout un |)assé glorieux de dix-huit siècles, et remontant péniblement te cours des Ages écoulés, il faudra se replonger dans Tignorance et la superstition de la gentilité. On le voit, ce n'est pas une question oiseixse que nous venons d'agiter dans cet article. Le pourquoi des mystères qui en fait l'objet vaut bien la peine qu'on s'y arrête un peu, car il est la véritable clef qui nous ouvre l'énigme de la transformation de l'humanité, non-seulement dans la morale, mais encore dans la littérature et les beaux-arts.

lndé|>endamment de notre deuxième dissertation préliminaire dans laquelle nous développons les conséquences admirables de rincarnation pour l'art chrétien qui en dérive, on pourra consulter encore les articles : Allégorie, Amiens, Arcuitlcture, Basiliques, Byzantin (Siyle), Caractère, Chant

UTURGIQL'E, EXPRESSION, (iHANDEL'R, HARMO- NIE, MusiQtE, Modes ecclésiastiques. Ogival (Style), Opéra, Peinture curétienne, Peinture mystique, Reims, Renaissance, Résurrection de la chair, Sculpture, Sta- TtAiRE, Tonalité, Types, \ erres peints.

RiCCO (André). Peintre primitif, né à Candie, en 1105. Voy, Peintlre.

ROMAN (Style), btyle d'architecture chrétienne dérivé de I architecture romaine, dont l'arc eu plein cintre, c'est-à-dire formé d'un demi- cercle, est le type générateur. La qualiiication de roman, appliquée au type architectural dont il s agit, indique clairement, en effet, que ce style n'est pas l'architecture romaine elle-même, mais qu'il en ebt une modiiication amenée peu à peu >ar les exigences et les conditions nouvelles du culte chrétien. Ce n'a été qu'au xi* siècle, que ce style a été détinitivumeal arrêté, pour se propager avec un eiKsemble et une rapidité vraiment prodigieux , dans l'Europe, et principalement en France, en Allemagne et en Italie. 11 y a régné en maître jusque vers le milieu du xu% éi)oquc à

laquelle le style ogival est venu se mêler à lui, et former \^t ce mélange ce qu'on appelle le gothique de transition. Or» si Ton considère que nos innombrables églises ro-> mânes, sans parler de celles qui ont disparu, ont été construites, à quelques excc|>tions près, durant une si courte période, on n'aura pas de peine h se foire une idée de la puissance, de la vie et du génie créateur de la société profondément chrétienne de cette période historique que, par le plus étranjje abus de mots, nos beaux esprits s'obstinent encore à traiier de barbare. 11 ]i*y eut jamais d'ailleurs, pendant le moyen âge, de barbarie proprement dite, puisque chacune des phases de cette longue et si intéressante période, peut revendiquer comme siennes des œuvres plus ou moins remarquables dans le triple domaine de la littérature, de la science et de l'art. C'est ce qui résulte d'une multitude de faits, et particulièrement de ceux, en si grand nombre, que nousavons mis en relief dans plusieurs articles de cet ouvrage. £n ce qui concerne Tarchitecture romane, objet de celui-ci, le lecteur n'attend point de nous, sans doute, une dissertation historique et arcbéologi- (]ue, qui sortirait de la nature de notre sujet. 11 n'en est pas de même d'une question d'esthétique pure, qui y rentre essentiellement et que cous allons aborder imiuédiament. 11 s'agit de savoir lequel des deux est le plus beau, du style roman eu du slyte ogival qui l'a remplacé. £n présence ues monuments si nombreux de l'un et de Pautre de ces deux genres d'architecture, que nous avons encore sous les yeux, une telle comparaison peut se faire, au moins sous les rapports essentiels, avec connaissance de cause. Toutefois, nous n'avons point la prétention de trancher une question aussi délicate. Nous allons seulement, pour ea faciliter la solution, exposer succiucteu«ent les considérations principales qui, à notre avis, établissent, au moin^ à certains égards, la suprématie du style loman sur le style ogival. Ce dernier est si Jj.iliant, si dûstutgué, i'eil'el en est tiUement saisissant^ ue prime abord, qu'il ne faut point s'étonner de la popularité dont il jouit, et de;^ sympathies j)articulières qu'ont pour lui, eu grande majorité, nos archéologues chréuens.

Loin uc nous la pensée de venir le déprécier à leurs yeux. Mais l'admiration^ d'dillears si légitime, qu'ils lui ont vouée, n'esi-elit point trop exclusive chez la plu))art d'entrB eux? Et l'infériorité absolue où ils tieiineaC le roman \iar rapport au gothiqut esielle rai^onuée? Est-elle justiliée au poial de vue de l'art en général et à celui de Tait chrétien, en particulier. C'est ce que nous ne [tenions pas. La question, on le voit, se présente encore ici sous un double asped, celui du beau humain, et celui du 6€a« surnaturel ou divin; elle est archéologîqiit et hiératique, en même temps. Ou peut U discuter au point de vue de rarcb.tectore proprement dite, en général, et au |K>ini«16 vue de l'architecture hiéraïKjue en |KStticw*

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lier. C'est Tordre que nous allons suivre dans cette petite dissertation.

S*il est vrai que le beau humain ou ab* sola en architecture, oonsiste, ainsi que nous avons eu !déjà plusieurs fois occasion de Texposer, dans cette harmonie des parties avec le tout, qui constitue l'unité, non moins qrue dans le caractère bien accusé que doit présenter un édifice relativement à sa destination, et dans Taccord de ses principaux motifs de décoration avec Texpression générale de Tensemble, nous ne voyons guère en quoi une église romane complète, par exemple comme celle de Saint-Germain des Prés è Paris, serait inférieure à telle église ogivale de la même dimension et paiement complète dans le style architectural auquel elle appartient. On parle de la solidité que les constructeurs gothiques ont sa imprimer à des édifices plus grands, diton, et plus hardis que ceux du stvle roman, et dont la plupart sont encore debout, après einq ou six siècles d*existence, et malgré tous les éléments de destruction conjurés contre eux. Tout en mettant hors de doute la solidité intrinsèque de nos admirables églises ogivales, je demanderai en quoi cette solidité a été plus srande que celle de leurs aînées de cent ou de deux cents ans, qui se maintiennent dans un état de conservation que ne nous offrent pas toujours celles du style ogival? Comparez à ce point de vue Saint-uermain des Prés à Notre-Dame de Paris, Saint-Philibert de Tournus à telle ^lise gothiaue des environs, Saint-Remi de Reims à fa cathédrale de la môme ville, Saint-André le Bas de Vienne en Dauphiné à Y*aneieune métropole de cette cité , la partie romane à la partie ogivale, dans Saint- Ifazaire de Carcassonne ; comparez ces deux genres de constructions dans ces diverses églises et dans une foule d'autres, et iu^ez. Quant à l'infériorité des grandes églises romanes à Tégard des grandes églises gothiques, sous le rapport des dimensions, nous avons vu, h ces mots, qu'elle se réduit I peu de chose, et que Ton est généralement dans Terreur à ce sujet.

On ne se trompe pas moins sur la hardiesse, qui est, dit-on, le cachet particulier des églises ogivales, et qui ajoute un nouveau mérite à leur solidité. Sans doute, ces belles églises paraissent à la vue beaucoup plus hardies que les basiliques romanes, mais cette hardiesse est plus apparente que réelle, et elle ne trompe ^oint l'œil de Tarchéologue instruit et réfléchi. En effet, elle n'a été obtenue qu'au moyen de contreforts et d'arcsboataots extrêmement saillants, qui, en pressant fortement les uarties solides des

(aS5) La véritable, rinconteslable hardiesse da sljlc of ÎTal glt daus ces pyramides élaucées, dans ces flèches merveilleuses qui sursissent comme par cacbaiileiiient des flancs mêmes de rédifice, percent les nues et s'élèvent toutes seules dans les airs k des hauteurs prodisieuscs, jusaue-là inconnues. { Vop, Stsasbolrg [Cathédrale de,]) Toutefois, le sjiteme d'éui» adopié pour Textérieur de nos gran- M églises ogivales nous parall, malgré ses incoi.*

DlCTtOHN n'EsTBiTlQUB.

mattres-murs , en préviennent Tinéviiable écartement. Quelquefois même , on a doublé cette ligne de contreforts et d*arcs-bouttants , en les élevant les uns sur les autres. Or on ne saurait disconvenir qu'une église ainsi étayée tout le long de son pourtour, ne ressemble à un édifice qûî menace ruine et gui ne se soutient qu'à Faide de supports artificiels. Sans doute, le génie des architectes gothiques a tiré un admirable parti de cette fâcheuse disposition , en la cilssimulant par de grandes arcades légères et ffracieuses, et en surmontant les contreforts eux-mêmes de ces élégants pinacles et clochetons qui donnent tant de vie et de mouvement à Vextérieur de Tédifice. Mais Tinconvénient , pour être dissimulé, n'en subsiste pas moins, et tous ces brillants accessoires ne donnent pas le change S l'observateur exercé sur le genre de solidité factice au'ils révèlent à ses yeux (625).

Dans le style roman, au contraire, l'édifice même le plus vaste, le plus élevé, semble se maintenir et se maintient en effet par lui-même , grAce à la disposition propre k ce système architectural, qui consiste à faire butter, par de larses, par de solides maîtres murs, les voûtes latérales, qui, à leur tour, ' buttent (la grande voûte du milieu. Cette disposition offre le double avantage d'augmenter la résistance des voûtes latérales à la pression du maître mur, et la pression de ces voûtes latérales elles-mêmes contre la voûte principale , en les construisant en tiers ou en quart de cercle. Au moyen de cette combinaison , qui tire sa force principale de l'épaisseur peu apparente -des maltres-murs, le monument se tient debout de lui-même et se présente aux regards avec les franches allures de cette inébranlable solidité, première condition de tout édifice, qui satisfait et l'esprit et les yeux. Aussi , nos églises romanes , bien que construites , , pour la plupart, deux cents ans avant celles du style ogival , sont généralement mieux conservées: et cependant, plusieurs sont aussi élevées que les plus hautes de la période gothique. Nous citerons, entre autres, les cathédrales de Spire, de Mayence, de Pise ; les anciennes abbatiales de Saint- Sernin do Toulouse, de la Trinité de Caen, de Notre-Dame de la Couture du Mans, dé Notre-Dame la Grande de Poitiers, etc. Ces diverses églises ont,les unes dans les autres, plus de cent pieds de hauteur sous clef et une grandeur en proportion.

Maintenant, si nous comparons les deux styles, roman et ogival , au point de vue de Testhétique chrétienne proprement dite, ou, si Ton aime micUx , des traditions hiérati-

Ténients réels, bien préférable à celui des architectes italiens qui, en naine du gothique, ont mieux aimé retenir la poussée de leurs voûtes par des barres de fer très-ostensibles dans Tédifice, comme par eiemple dans la cathédrale de Gènes. t}es tirants, affectant la forme de trinffles de rideaui, produisent le plus mauvais effet et déparent singulièrement les nefs les plus belles d^ailleurs.

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ques, on sera forcé de convenir que, sons ce rapport, l'avantage est tout du côté du style roman. En effet, il n'y a qu'à jeter un simple coup d'œîl sur un bon type de ce çenre architectural (et ils sont presque tous irréprochables) pour voir que la forme symbolique de la croix latine y est fidèlement observée avec les motifs accessoires qui en dépendent; tandis que cette formn est à pciue reconnaissable dans nos églises gothiques, surtout dans celles à cinq nefs, par suite du prolongement excessif du chœur, qui a fini par comprendre, s'il ne l'a pas dépassée, toute la moitié du temple, en longueur. Celte modificvition profonde dans la forme rudimentaire de la basilique n'est pas fl|)préciée, ce nous semble, comme elle devrait l'être, par les archéologues chrétiens. 11 en est une autre qui, bien (jue moins grave, mérite cependant d'être signalée ; ie veux dire la suppression du porche, de 1 atrium ^ vénérable souvenir de l'antiquité, disposition liturgique qui donne tant de prix et de charme aux grandes et belles basiliques romanes de Tournus, de Notre-Dame de Vézelai, et qui était si grandiose dans celle de l'abbaye de Clunv.

C'est encore le style ogival , celui du xiv siècle, qui a introduit ces deux longues series de chapelles correspondantes aux bascôtés de la nef majeure , que l'antiquité chrétienne ne connaissait pas. L'église romane n'admettait que les chapelles si justement appelées rayonnantes ; car elles rayonnent autour de l'autel principal comme les rayons du soleil autour de cet astre de lumière et de vie. Ainsi, Jésus soleil de justice, figuré par l'autel où il s'immole tous les jours, est orné de ces chapelles rayonnantes, qui représentent la couronne d'épines dont sa tête était couverte pendant qu'il était couché sur la croix.

Enfin, ce sont nos églises romanes, principalement celles du midi de la France (626), qui nous otfrent en plus grand nombre ces cryptes mystérieuses, souvenir vénérable des catacombes, gui complètent si bien nos temples sacrés. Ajoutons que les petits sanctuaires de ces catacombes , et que leur mo" numentum arcuatum^ de même que les premières voûtes des absides et des nefs latérales des primitives basiliques, furent en plein cintre, comme ont continué de i'êlre les voûtes du style roman , qui nous retrace ainsi avec tant de vérité le caractère hiératique de l'Eglise chrétienne dans les temps les plus reculés.

Les diverses appréciations comparatives qui précèdent , touchant les deux principaux styles de l'architecture catholique, cx-

(626) A Arles ( abbaye de Monlmajoru ), à Apt ^'Juns l ancienne calbédrale),à Saini-Gilles^(ancienne abbatiale), à Toulouse (Saint-Sermn),'elc., etc.

(627) Celte question, si importante au point de vue historique et archéologique, a été débattue par Thomas llopc (Histoire de r architecture, cl 5 et 14), par M. Batissier (.tri monumentai, liv. ix), K anté- Vii'uremenl à <*«; dcrnit^r p:ir M. d« CaHiiiont dans kuii Cvun U'uiitiquilés mi^iumentait^. \ uy. aussi.

pliquent suffisamment les sympathies qu'ins^ pire le roman aux archéologues avance.

Celles qui se rattachent à son caractère hiératique en particulier expliquent mieux encore l'attrait que ce style finit par avoir pour les personnes versées dans la connaissance des traditions liturgiques de l'antiquité. Cet attrait, secret, mystérieux, on le sent plus d'une fois à son insu, et ce n^est qu'à la longue qu'on parvient à s*en rendre compte. En considérant les altérations profondes que le style gothique a fait subir au type si vénérable de la basilique sacrée, on comprend comment l'architecture romane »

restée fidèle aux inspirations primitives de la foi et aux conditions hiératiques qui en dérivent, sourit aux archéologues dont nons parlons, encore plus que l'architecture ogivale, malgré sa légèreté, son élégance et toutes ses magiques splendeurs. Voy. Basiliques , Catacombes , Ogival (Style) « Romano-Byzantin {Style) f Valence, (Catké' drale de),

ROMANO-BYZANTIN (Style). C'est, ainsi que l'indique la composition du mot, le style roman modifié plus ou moins par le byzantin.* De nos jours, plusieurs archéologues éminents ont rejeté formellement toute influence byzantine sur le style roman, ouTont réduite à d'insignifiantes "proportions, tandis que d'autres, après avoir rapporté les arguments pour et contre, sont restés dans le doute touchant cette question (627). D'on autre côté, dos archéologues non moins instruits, non moins judicieux, reconnaissent Tinfluence dont nous parlons , en la ramenant à des proportions justes et raisonnables. Ils en donnent des preuves, selon moi« convaincantes. Je vais les résumer, en faisant au i)réalable cette réserve expresse, que l'influence dont il s'agit s'étant bornée k l'architecture romane de l'Auvergne et da Pé ri gord , ainsi qu'aux régions du sud-eil et du sud-ouest,sur lesquelles ces deux écoles ont rayonné, a été locale par rapport au resté de la trance , où elle est à peine sensible dans quelques rares monuments.

On sait que les principaux caractères de l'architecture byzantine, en tant que modifiée elle-même par le style mauresque» soflt la coupole en pendentifs, l'arc outre-passé on en fer à cheval , les arcs à contre-lobes , les chapiteaux cubiques, les chapiteaux rehios* ses de figures sculptées en bas-reliefs* vAtœs de riches et amples draperies orientales Armant des piis à tuyaux. Ailleurs ce sont des sphynx, des gritfons, des sy rênes etd*autres animaux fantastiques dont l'origine orieotalc ne saurait être mise hors de doute. Pamù ces divers motifs de construction ou d*onie*

sur Torigine et Tinfluencc de Parchitectare whcrec(|ue, les pages brillaules que lui ont coatacmf M. de Chateaubriand, dans ses Etudes k Uvrmu {Analyse raisonnie de rhistoire de France)^ H M.Lidovio Vitct, dans sa belle Dissertation smr tÊsdà* teciure lombarde ( Etude sur les beaujc-ûrts )• Vif. surtout les remarquables articles sur les Imfwtsif* byzantines publiés en dernier lieu dans les arclté'jlogitiuest par M. Félix de Virneilli.

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Dieniaiion, plusieurs sont de provenance mauresque» surtout en ce qui concerne les arabesques, les arcs très-alfongés, contrelohés, supportés par de minces colonnettes (628). Or , ces divers motifs de construction ou aornementation ainsi modifiés, nous les trouvons employés, soit en partie soit en totalité» dans réglise octogone de Saint- Vital de Ravenne. bAtie par des Grecs ; à Sainte- Sophie, le prototype de Tarchiteclure byzantine; à Ai x-la-Cna pelle , à Saint-Marc de Venise; ensuite, à la cathédrale de Périneox et dans plusieurs autres églises de la contrée bâties sur ce modèle. On les retrouve encore, quoique sensiblement moins accusés, àArles, à Avignon et dans plusieurs églises de ce diocèse, trop peu connues ; à Saint-Paul Trois-Chateaux, à Bourg-Saint- Andéol en Champagne, à Vienne, a Lyon, à Toumus , à Clermont-Ferrand , à Issoire, i Brioude et dans les régions qu*a atteintes !e rayonnement de Tan^hitecture romane , particulière à l'Auvergne, telles que Valence et le Puy. L*influence de Tart byzantin sur notre architecture romano-française est donc, relativement à certaines régions, un fait incontestable. Elle est d*autant plus réelle que les premiers architectes de nos églises , oui avaient emprunté aux plus anciennes de Rome leur plan basilical, modifié ensuite en croix latine par le symbolisme religieux, n'avaient pu leur emprunter la coupole et la plupart des motifs d'ornementation déjà énumérés dont ces églises de Rome étaient entièrement dépourvues. Il faut donc admettre qu'ils sont allés chercher ailleurs ces motifs, ou bien qu'ils ont été mis en rapport dans leur propre pays avec les Bj^zantins, et plus tard avec les Arabes; ou mieux encore, il faut admettre Tune et l'autre de ces deux hypothèses. Or, l'histoire nous fait connaître les migrations successives en Occident et surtout en Italie, des artistes, la plupart moines, de l'Orient. Elle nous apprend avec quel empressement les Papes et les évéques accueillirent ces BMTtyrs de Fart chrétien, lorsqu'ils fuyaient les {)er8écutions des stupides briseurs d'images. Elle nous apprend aussi que, dès le vm' siècle, et même plus tôt, il existait entre rorient et TOccident de nombreuses relations qui ne purent que s'accroître à Téuaque des croisades. Parlerons- nous de Finfluence exercée sur le Languedoc et la Provence par la brillante civilisation arabe de r&pagne avec ses écoles et ses monuments, dont le reQet a jailli plus loin encore qu'on ne pense 1

(028) L'architecture arabe, telle que celle des •Mquées, des palais, des baios de Cordouc, de SéviOe. de Greiiadei, est une provenance directe de rarcbiteclure byzantine, seulement modifiée par les exifeiices religieuses et sociales des sectateurs du Coran, cooinie aussi p;ir le caprice de leurs arcbilectet. L*cspace me njanque pour exposer les preuves lilsiorii|ues, céographiques et arcbéologiques de ■MNi auertion. Yoy, à ce sujet les développemeiiis aassi intéressants que substantiels que contient rcxoelleiite HiêUnre de Tbomas Hope déjà cit^.

C'est ainsi, qu'en partant de la forme pri* mitive des basiliques de Rome, l'architecture chrétienne s'est plus ou moins modifiée selon le génie des peuples et les circonstances locales, tout en conservant, sauf de rares exceptions (629), sa disposition rudimentaire qui consiste dans la pluralité des nefs, dans le transept et dans le chevet ou abside. En un mot, le type de la basilique latine, modifié par le symbolisme religieux, selon les temps et les lieux, et par les pratiques romanes combinées avec les byzantines ; tel ' est, selon nous, le principe générateur, la clef architecturale de nos églises du sud-est et du sud-ouest principalement, ainsi que que de celles de l'Italie septentrionale et centrale, jusqu'aux Etats-Romains exclusivement. Parmi ces dernières, je me contenterai de citer la magnifique cathédrale latinobyzantine de Pise, bâtie en plein xi' siècle, et qui ne tarda pas d'inspirer le plan de celles de Lucques, de Sienne et d'Orviette, splendides imitations de sa structure et de sa beauté.

ROMANS en Dauphiné (Eglise paroissiale, jadis collégiale, de Saint-Barnard de).

« 11 existe à Romans une église dédiée à saint Barnard dont les premières constructions remontent au ix* siècle. Comme œuvre d'art son mérite est incontestable ; comme monument historique elle rappelle un fait important : c'est dans son enceinte que fut signé, le 30 mars 13M, l'acte qui réunit U Dauphiné à la France.

« On ne peut comprendre que les archéologues auxquels nous devons des descriptions très-détaillées de quelques ruines éparses dans notre département, n'aient pas consacré leurs travaux à l'étude de cette œuvre du moyen Age. Nous n'avons pas même des notions sommaires sur son architecture ; il n'a été fait mention que de son existence. Qu'il me soit permis, Messieurs (629^), de vous donner une description complète ae ce monument, et de réparer l'oubli dans lequel on l'a laissé, en vous faisant remarquer toutes les beautés qu'il renferme. Il appartenait sans doute à un observateur plus nabile que moi de vous initier à la connaissance de tout ce que l'art revendique dans un édifice aussi remarquable ; mais à défaut de talent je puis soumettre à votre juste appréciation un examen consciencieux et approfondi.

a Avant d'entrer en matière, quelques dates sont ici nécessaires ; elles se rattachent aux diverses révolutions qu'a subies le monument.

« En 837, Barnard, archevêque de Vienne

(629) Je veux parler ici de ces églises modernes qu*on û plalement modelées sur le temple grec, saiis égard pour l'antique forme basilicale consacrée par les siècles. Ces édiflces, dont les architectes n'avalent pas la moindre idée de la iiturgie chrétienne et de ses exigences, sont irès-inférieurs en n«imbre à ceux qui ont conservé plus ou ui(»ins le vrai type latin, et Ton peut dire par conséquent qu'ils sont comparativement assez rares.

(6iv*) Les membres de la société de slatis* Utfue^du département de la Drdme.

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« Est-ce bien au moven âge, à cette époque presque barbare où les provinces étaient le théAtre de tant de guerres désastreuses, que de semblables édifices ont pu être fondés? Ou ne sait, en vérité, ce que Ton doit admirer le plus, du génie des architectes qui en ont conçu les plans, ou de la constance des peuples qui les ont exécutés. Mais, il faut le dire, les arts eurent, au moyen dge, le christianisme pour auxiliaire; ce puissant levier enfantait des merveilles et donnait à chaque * homme, en particulier, une force surnaturelle en lui révélant sa grandeur. Tel est

sur nous l'empire de notre propre diçnitél Hommes déchus, nous sommes ânUes; hommes régénérés, notre génie n*a plus d'entraves(630*).

ROME. Capitale du monde chrétien. F^.

ÀEGHrrEGTDRE, BASILIQUE, CATACOMBES, D^S,

GaéGORiEN ( Chani) , Latran ( BoêUiquÊ iê Saint" Jean de), Musique, Paul {Saini') bon les Murs, Pierre ( Saint- ), Marib-Majbuu (Sainte-).

ROSSINI. Célèbre compositeur moderne.

Voy. OpéRA.

SABINE, de Steinbach. Voy. Strasbourg. ' SAFRAN (Le). Couleur symbolique. Voy.

Couleurs.

SAINTE-BAUME (La) [631]. Le cnristianisrae, comme un fleuve majestueux dont les flots intarissables fertilisent la terre, donne la vie spirituelle aui empires sur lesquels il répand les bienfaits de sa morale divine. Bans sa marche triomphale à la conquête universelle des Ames, il sème et prodigue, à travers les Ages, des hommes prédestinés, astres brillants dont le mérite humain resplendit d'un internissable et éternel éclat, et qui enrichissent ie monde de leurs vertus. Dans ces hommes oui donnent et prodiguent à leurs semblables les trésors que Dieu a placés dans leur cœur, le fidèle admire, la-bas, contemporains en quelque sorte de THomme-Dieu, de saints et illustres martyrs, athlètes de la vérité, dont le magnanime courage au milieu des tourments étonnait leurs bourreaux couronnés; ailleurs, de saints docteurs d'un savoir infini, flambeaux lumineux qui, du sommet des sphères les plus élevées de la foi, ont éclairé le monde et l'ont rempli des monuments de leur belle et pure intelligence; ici, de vénérables pontifes, de vertueux évèques, esprits de fleurs et de miel, animés du souifle de TEsprit-Sainl, dont la voix, répercutée par l'écho des siècles, ne cesse de retentir, vibrante et sonore, pleine d'une persuasive douceur, et, partout, des légions d'hommes trempés à la source du plus ardent, du plus pur dévouement, hommes d'élite dont la sublime abnégation n'a pas de bornes, et qui donnent au monde l'exemple des vertus qui élèvent, ornent et purifient l'âme. Il n'est pas de province, si peu importante et si petite qu'elle soit, qui n'ait été illustrée par la prière et sanctifiée par des nombreux élus du Seigneur. Dans les coins les plus obscurs, les plus reculés, on voit les Chrétiens se presser pieusement autour de Timage vénérée de quelque membre de la sainte milice, dont la cendre, relique perdue souvent,

(630*) Notice iur réglise Saint -Barnard de Romans^ par M. Hyp. Epailly, architecte de la ville.

(651) Cet article, que nous ajoutons à ceux CoARTBEVSK (Grande) iiMo>T-SKiiRAT,i>ourdcuton-

mais non oubliée, repose mêlée à la dépouit le des générations qu'ils édifièrent pendiil leur vie. Partout, dans l'ancien monde, Pm rencontre les traces bénies de quelque bies- . heureux , partout on se trouve en présno» d'un noble et grand souvenir laissé pv quelque apôtre de la vérité ; et bientôt, ^|rlce au zèle inspiré de nos fervents missio»* naires, à la vocation du martyre dont ib sont aninlés, bientôt, disons- nous, les pré* ceptes divins de l'Evangile, les vertus dire» tiennes et la sainteté qu'elles produisei^ resplendiront du plus vif éclat dans tous la continents, comme aussi dans toutes les Bm perdues au milieu des mers et habittes ptf des peuplades sauvages.

c De tous ces saints et glorieux jfersOÊr nages, phalange immortelle dont l*histoii% i pour les conserver à nos hommages, recueilli le nom et les titres éclatants, le pays trèschrétien, la France, compte avec orgueil m nombre de ses enfants quelques-uns def plus illustres. Parmi ceux-ci, la piété dt l'universalité des fidèles place sainte Madeleine, la sainte Madeleine de TEvangile, m premier rana. Cette prédilection est justifiée par la laveur immense, incommenso* rable que Marie-Madeleine reçut, de soo vivant, de notre divin Rédempteur. Oh^ ment sainte Madeleine, née dans la Palaitine, non loin des bords du Jourdain, viM habiter les Gaules, la légende, une légeide sublime, va nous en révéler les circonstnces miraculeuses :

« Après l'ascension de Motre-Seimeortf la séparation des apôtres, les Juifs, votlant mettre à mort Marie-Madeleine, Marthe Lazare, Simon de Béthanie et Maximiii Tun des soixante-douze disciples, et n*osiil pas verser leur sang, les j^etèrent dans wêê nacelle et les abandonnèrent aux flots. la frôle esquif, naviguant sans rames ni vailes» mais poussé par Te souille de Dieu, aborda les côtes de la Provence.

« Ecoutons maintenant la tradition, VK

trer la beauté qui natt des harmonies de la

et de la religion, est dû à la plume d*uD irdMol^ çue aussi religieux qu Intelligent, M. Auguste C<^^ Iroy, d^Ayignon.

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D ESTHETIQUE GURËTIENNE.

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tradition dont nous aurons occasion de constater le mérite et la valeur :

€ Arrivés en Provence, les illustres ot saints voyageurs, qui avaient été témoins des miracles de Jésus-Christ, de sa mort et de sa résurrection, se séparent pour prêcher, chacun de leur côté, la doctrine de lHomme-Dieu et évangéliser les populations. Lazare resta à Marseille ; Marthe remonta le Rhône et s'arrêta à Tarascon : ces deux villes possèdent les reliques de ces premiers apôtres du christianisme dans les Gaules. Maximin fonda, à quelques lieues d'Aix, une petite ville qui porte son nom, et où se trouve son tombeau. Simon s*éloigna de ses compagnons; après avoir longtemps errésur les plages désertes du golfe de Lyon, il s'arrêta en&n à Tlle de Maguelonne, où il trouva le martyre. Les vestales de l'île, furieuses de voir qu'à sa voix la population auittait le culte des idoles pour embrasser { religion du Christ, le précipitèrent dans les flots au moment où il s'embarquait pour porter dans une nouvelle contrée son zèle et son a|K)stolat. Quant à Madeleine, Dieu avait d'autres vues sur elle. Pour conserver fa meilleure part qu'elle avait choisiey et q[ui, d'aurès la parole infaillible de Jésus-Christ, ne lui serait point ôtée {Luc. x, ^3), elle embrassa la vie contemplative ; et, afin que rien ne vint la distraire dans l'ardent amour qu'elle avait pour son divin amant, elle atiandonna ses amis, quitta le monde et se retira dans le désert. Or, non loin de Saint- Maximin, dans une montagne qui fait partie de la chaîne dite les Petites-Alpines, il existe une grotte connue dans toute la chrétienté sous le nom de Sainte-Baume. C'esi le lieu que Madeleine choisit pour sa retraite et qu'elle a rendu à jamais célèbre par les trente-trois années d austérités qu'elle y passa loin du monde et de ses agitations. Si elle parut par intervalles dans les lieux habités, elle cédait alors à des inspirations ou i des ordres de Dieu ; mais lorsque sa parole ardente, sa voix persuasive avaient allumé aux yeux des populations étonnées le flambeau sacré de la foi, joyeuse et imuatiente, elle reprenait le cliemin de sa chère solitude. Enûn, quand elle sentit approcher le terme de sa vie, elle quitta sa grotte bien-aimée, si longtemps le témoin muet de ses méditations, de ses pénitences et des saints élancements de son Ame yers le ciel, descendit la montaçnc, et vint trouver Maximin. Après qu'elle eut reçu des mains vénérables du disciple de Jésus-Christ la sainte communion, elle expira. Son corps, enfermé dans un cercueil d'albâtre, fut enseveli dans un caveau qui existait sous l'autel de l'église que saint Maximin avait élevée.

(032) Nous renfoyonsle lecteur jaloux de sVclairvr sur le fait tant contesté du séjour de sainte Madeleine en Provence, à Fouvrage que nous venons de citer. Après l'avoir lu, les plus incrédules ne dtiuteront plus. Iniparlial, consciencieux, infatigable, M. TaiLé Faiilon n\i laii^sc aucun point obscur de celle question intéressante sans y iH»rtcr le flani-

a Cette tradition si pieuse, si touchante , qui, d*âge en âge , se transmet sans varier et sans la moindre altération , est appujréc sur des monuments de la plus grande importance et d*une authenticité incontestable. Dans la crypte de l'église de la petite ville de Saint-Maximin, dédiée à sainte Madeleine, on voit des sarcophages, dont un en* alb&tre, qui ont été les tombeaux primitifs de sainte Madeleine et de saint Maximin ; les bas-reliefs dont ils sont ornés décèlent leur destination rigoureusement spéciale , etle goût et la manière dont ces sculptures sont traitées attestent de toute évidence les premiers Ages du christianisme. Ces sarcophages sont donc en quelque sorte des témoins des faits mémorables que la crovance du pays perpétue depuis dix-huit siibcles. Sainte Madeleine est donc veniue en Provence ; elle y a vécu, elle y est morte, et ses reliques y sont pieusement conservées. Les Orientaux, saint Modeste, patriarche de Jérusalem, Baillet, Godescard, et bien d'autres, veulent que la sainte illustre soit morti^ àEphèse, oti, disent-ils, elle avait suivi la très-sainte Vierge. Les religieux de l'abbaye de Vézelay ont cru aussi avoir les reliaues de la sainte Madeleine de l'Evangile. M. rabbé Paillon, dans son ouvrage intitulé : Monuments inédits sur Vapostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence^ fait justice de ces diverses prétentions, toutes mal fondées. Le savant écrivain établit d'une manière irréfragable la vérité de la tradition de la Provence ; il réduit surtout à néant les allégations erronées à cet égard de Launoy, écrivain janséniste qui vivait dans le milieu du xvu* siècle (632).

a De tous las lieux solitaires que la prière a sanctitiés et que les fidèles visitent avec empressement et dévotion, il n'en est point de plus ^.élèbre que celui où sainte Madeleine a fait pénitence. Ce n'est pas seulement la population des environs de la Provence , qui vénère la Sainte-Baume : des voyageurs de tous les pays, des pèlerins des contrées catholiques les plus reculées y sont venus do tout temps pour prier et invoquer sainte Madeleine. Des personnages, d'une grande illustration ont visité cette grotte déserte. Parmi les principaux , il faut citer dans les rois de France, saint Louis, Louis XI, Henri 11, François 1" Charles IX, Louis XUl, Louis XIV et un grand nombre de reines. Ecoutons, au surplus, l'abbé Faiilon :

« Rien ne fait mieux copprendre quel « grand nombre d'élrangors devaient abor- « der alors à Sainl-Maximiu et à la Sainte- « Baume, que la dévotion des princes et des a rois pour ces sainl;s lieux. Il est à regret- « ter que la perle du journal de la Saintebeau de sa profonde et savante érudition. Toutes les allégations contraires à la tradition de Provence, il les a réfutées minutieusement, une à une, par des preuves faciles à vérifler, et son livre, monument impérissable, en éternisant les faits qu'il a lévclés au critique comme an monde religieux, a rendu tou»c contiovcrso pour jamais impossible.

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« Baume » oà leurs noms étaient inscrits, « nous ait dérobé la connaissance de ceux « d*une mukitude de grands seigneurs et « de princes, qui Tinrent, dans ce siècle, « rendre leurs devoirs religieux à sainte ff Madeleine. On peut cependant juger, par « ce qui arriva en l'an 1332 , combien ce « lieu de pèlerinaffe était alors en honneur « dans les cours cnrétiennes, car on y vit « arriver à la fois cinq' monarques, suivis « du cortège le plus nombreux et le plus « brillant qu'on eut jamais vu dans le pays; « Ce furent Philippe de Valois,roi de France; « Alphonse IV, roi d*Aragon ; Hugues IT, « roi de Chypre, Jean de Luxembourg, roi « de Bohême; enfin, Robert, roi de Sicile. « Ce dernier, par honneur, alla à la rencontre « des autres jusqu'aux frontières de Pro- « vence, et les reçut à Avignon, qui lui ap- « partenait alors, d*où il les conduisit à « Sain t-Haxi min, et de là à la Saime-Bau- « me (633). »

« Si le monde entoure incessamment d'un respect immense les châteaux, les maisons, les chaumières que des hommes célèbres à titres divers ont nabités, et si leur vue réveille plus vive et plus ardente l'admiration pour les œuvres sublimes qui y virent le jour; si les générations se transmettent le désir de voir ces demeures vénérées, et si une légitime et avide curiosité y attire , y précipite une population qui se renouvelle sans cesse, on le sait, d'obscurs réduits, perdus souvent dans les solitudes d'un désert, et rendus célèbres seulement par une vie d'une incessante adoration , de sacrifices, de prières et d'actions de grâce, jouissent, à un égal degré, du privilège d'émouvoir, d'exciter l'attention, d'attirer une foule heureuse et empressée. Parmi ceux-ci , la grotte où sainte Madeleine se retira pour pleurer et faire pénitence est un des plus mémorables. Plein des sentiments d'amour et d'espérance

3ui animèrent la vie pénitente de 1 illustre lie de Béthanie, le Chrétien pieux y fait un pèlerinage de dévotion. Le voyageur se détourne de son chemin pour aller visiter celte grotte vénérée si remplie de précieux et touchants souvenirs , et le curieux qui parcourt la Provence , cette terre si ricno et si ))elle, couverte de monuments de tous les âges où le passé se révèle noble et grandiose k chaque pas, va contempler, dans cette grotte , le séjour d'une de ces grandes figures du premier «iècle et dont le siècle artuel transmettra le msgestueux souvenir aux siècles futurs.

« Depuis longtemps je désirais voir la Sainte-Baume; depuis longtemps je souhaitais ardemment faire une visite à ce lieu si t;élèbre, lorsque la Providence, comblant mes vœux, m'en a offert l'occasion. Pendant un s^our que je viens de faire à Avignon; j'ai eu la bonne fortune de pouvoir me joindre à cinq personnes ap|)artenant à la classe la plus respectable de cette ville, et qui

s'étaient réunies 'pour faire ce pèlerinase. ff Pour une excursion de trois jours. Tes préparatifs à faire sont vite terminés. Notre voyage à peine résolu, nous partons ; et, soit en chemin de fer, — le chemin de Marseille nous dépose à la station d'Aix, —soit en voiture, nous arrivons à Saint-llaximiii le jour même, sans incident remarquable. Nous quittons cette ville le lendemain, à six heures du matin ; à sept heures nous sommes k Nans : les voitures ne peuvent pas aller plus loin. Lft, obéissant à la néi^ssité, nous nous accommodons de notre mieux sur des ftnes, et nous commençons notre ascension. Un sentier rude et rocailleux, tracé en lacet sur le flanc d*un escarpement très-élevé qui lui sert comme de contrefort, nous conduit au pied de la montaçneoù est située la Sainte-Baume. Arrivés Ik, nous continuons k monter k travers une forêt de chênes, d'yeuses, de sapins, et sombre et mystérieuse comme une forêl druidique. Le sol est couvert de plantes aromatiques. Le thym et la lavande saturent l'air de leurs balsamiques eilluves. Noos montons toujours au milieu de cette atmosphère parfumée. Tout k coup le ciel se dé^ gage des arbres qui en voilaient l'azur. D'un côté, nous dominons la forêt; de l'autre, nous apercevons, nous voyons, nous touchons presque une masse aux teintes indécises qui s'élève jusque dans les cieux, et dont la vue ne peut embrasser toute l'étendue. C'est un roc, c'est toute une montagjne qui paraît formée d'un seul bloc de calcaire taille k pic, immense, incommensurable, défiant le temps et les tempêtes. Quelle est la puissance qui l'a formé ? où est la main qoi l'a façonné? A ces questions qui se pressent dans notre esprit, nous nous prosternons, et nous adorons Dieu,- créateur de tout et qui existe. De Ik, en jetant les yeux sur le rocher, nous voyons, aux trois q^uarts k peu près de sa hauteur, un point blanc qui parait grand comme une carte à jouer. C'est la façade de ce qui reste du monastère, el qui est situé au même niveau que la Sainte- Baume. Nous continuons notre chemin, c*est-k-dire, nous montons encore, k pied alors, les montures ne pouvant pas aller audeik de l'extrémité de la forêt; et, après une ascension très-pénible, nous atteignons tut petit plateau qui sert de portique découvert au monastère et k la Sainte-Baume. De oa plateau gui semble suspendu dans les airs et k une nauteur k donner des vertiges, on a sous les pieds un panorama immense où les

1)1 us riants tableaux se succèdent et se déve» oppent jusqu'aux limites de rhorizon;la forêt resseonole k une plaine où des niassib do pins, d'il's, de chênes vieux comme la monde et d'une hauteur prodigieuse, forment comme un tapis de verdure. Nous frémissons k la vue de ce spectacle qui nous donna la mesure de Télévation où nous nous trouvons. Le monastère était jadis très-considé*

(035) MonumenU inédiis lur Capotîolat de iainte '. Madeleine en Provence, Paris, i vol. in 4", I8AS»

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DESTHËTIQUE CHRETIENNE.

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rable (t3k) ; mais, comme une feuille légère que la tourmente emporte au loin, le loarbiUon des passions populaires Ta détruit et reoTersé; il n'est plus maintenant qu'une

riiile maison habitée par un homme préposé la garde de la Sainte-Baume, dont rentrée est le, sous ses yeux, et où Ton arrive en gra? issant un escalier de quelques degrés.

« La grotte — Oàume en patois provençal -^ où sainte Madeleine passa trente-trois années de vie contemplative, n'a rien en ellemtme de remarquable; elle est divisée en srotte inférieure et grotte supérieure. Dans It grotte inférieure, où Ton descend par deux escaliers, on voit un autel d'une simplicité primitive : certains jours de l'année, les Bénédictins y célébraient les saints offices. Dans la grotte supérieure, il existe une petite chapelle : une inscription apprend au Tisiteur qu'elle fut fondée en 1278 par Qiarles il, roi de Naples et comte de Frovence. Derrière la chapelle est un petit rocher nommé la Sainte-Pénitence, élevé d'environ un demi-mètre au-dessus du sol : c'est l'endroit le moins humide de la grotte, et la tradition rapporte que sainte Madeleine l'avait choisi de préférence pour sy reposer et méditer. Une statue en marbre blanc représentant sainte Madeleine occupe la surbee de ce petit rocher. Dans la pose qu'il a choisie, le.sculpteur, heureusement inspiré, a reproduit avec bonheur le type de la réflexion : la sainte est à demi couchée ; elle eti appuyée sur le bras droit, et tient de la Hiaio gauche un crucifix qu'elle contemple avec amour. Cette statue, d'un trèsfaeaa travail, a été placée là sous la Restauration» vers la fin du règne de Louis XVIII. Une source, dont l'eau limpide est excellente, sursit dans l'un des renfoncements les pjus reculés de la grotte. Le gardien nous dit que cette source ne tarit jamais durant les sécheresses et les plus grandes chaleurs, et, dans les grandes pluies, son volume d'eau n'augmente jamais assez pour faire déborder son réservoir.

« Combien étaient suaves et profondes les impressions qui nous assaillirent dans ce saint lieu I Que de délicieuses émotions la Saiate-Baume nous fit éprouver 1 Sous ces rochers gigantesques, au sein de ce site d'une magnificence sauvage, consacré par dej si touchants souvenirs, les échos semblent répéter sans cesse le nom de l'illustre pénitente, et tout rappelle à l'âme cette auguste épouse du Sauveur. Ici, c'est une croix indiquant son oratoire de tous les instants; là, c'est la pierre où elle venait s'asseoir pour contempler le ciel; partout, c*est le sol qu'elle foula de ses pieds en Tarrosant de ses larmes ; il n'est pas jusqu*à l'air qui, bien que rendu humide par le perpétuel suintement de l'eau au travers du rocher, ne semble parfumé de la sainteté qu'y répandirent ses longues et ferventes prières.

(eS4) H Àait 0€ciipf5 par des BcnédicUns.

« La croyance que sainte Madeleine a vécu de longues années dans la Sainte-Baume, repose sur une tradition si respectable, qu'elle en reçoit presque le caractère d'une garantie historique. Dans la contrée, trente vénérations ont couvert de leur dé()0uille les cendres de cette grande figure évangélique; cependant leur derniers descendants, ceux que le voyageur peut interroger, parlent oe sainte Madeleine, racontent sa vie et sa mort comme si c'était un fait contemporain, et on les écoute, et on les croit, car ce qu'ils disent, ils le tiennent de leurs frères qui en ont été les témoins oculaires.

« La Sainte-Baume a eu ses jours de splendeur, et, comme toutes les choses de ce monde, elle a eu aussi ses vicissitudes. Nous avons dit ce qu'elle est maintenant ; nous terminerons par un aperçu rapide des phases qu'elle a traversées, à la fin du dernier siècle et au commencement de celui-ci.

« L'aveugle impiété qui , pendant la tourmente de nos discordes civiles, sVttaqua à nos monuments religieux, n'eut garde d'oublier un lieu qui inspirait tant de dévotion : la Sainte-Baume fut dévastée. Les offrandes de toutes sortes que pendant six siècles les fidèles y avaient déposées, furent dispersées ou détruites; l'intérieur fut couvert de ruines, et de longues années de deuil suivirent ces jours néfastes. En 1821, M. Chevalier, préfet du département du Var, homme pieux et habile administrateur, fit déblayer et rétablir la Sainte-Baume dans l'état où nous la voyons. Au mois de mai 1822, les restaurations étant terminées, Mgr l'archevêque d'Aix, accompagné de ses grands vicaires, de quelques personnages considérables du Var et des Bouches-du-Rh6ne, et d'un concours immense de population, bénit solennellement l'antique chapelle relevée de ses ruines , et célébra le saint sacrifice de la messe sur l'autel de sainte Madeleine. Après l'auguste cérémonie, le vénérable prélat > tenant en mains le Saint-Sacrement, s'avança sur le bord du plateau d'où la vue plane sur la forêt, et donna la sainte bénédiction à la foule qui n'avait pu trouver place dans la Sainte-Baume. Dans ce moment suprême,

Quarante mille pèlerins, se pressant sur les ancs de la montagne, se prosternèrent, et, recueillis, le front baissé vers la terre, reçurent à genoux ce signe ineffable et tout puissant de réconcilation entre le ciel et la terre, le temps et l'éternité. »

SAINTE -MARIE -MAJEURE. On appelle cette basilique Majeure^ parce qu'elle est la plus ancienne et la plus illustre de toutes celles qui, à Rome, ont été ériçées en l'honneur de la Mère de Dieu. On rappelle aussi Sainte-Marie ad Prœsepe, à cause de la crèche ou berceau de Jésus-Christ, qu'on y garde dans une châsse d'argent, et qui renferme une figure du même métal représentant un etit enfant. On l'expose à la vénération pulique tous les ans, à la messe de minuit.

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que le Pape célèbre en grande pompe dans cette somptueuse basilique. Elle fut d*abord construite sur les substructions d'un temple de Junon et consacrée en 353, par le Pape Libère, d'où elle reçut le nom de Libérienne. Ce pontife érigea cette église par suite d'une vision où la Mère de Dieu était apparue au patrice Jean, auquel elle avait désigné le lieu où il fallait la bAtir, Dieu permettant que ce lieu se trouvât miraculeusement couvert de neige le 5 août. De là le nom de Sainte-Marie de$ Neiqes {Sancta- Maria ad Nive$)^ gui est resté à la biasilique, et qui est aussi celui de la fête instituée en commémoration du miracle qui donna lieu à sa fondation.

En 353, cette basilique fut remplacée par une autre plus belle qu'érigea Sixte III, et à laquelle Eugène III ajouta postérieurement, c'est-à-dire vers le milieu du xii* siècle, un portique soutenu [lar huit colonnes, qui fut restauré en 1572 par Grégoire XIII, et remplacé en ilkS par le portique actuel, également à huit colonnes, que Benoît XIV fit exécuter sur les dessins de l'architecte Ferdinand Fuga, restaurateur habile de tout le monument. Ce portique se compose de deux ordres, l'un inférieur, ionique, avec des architraves formant saillie; l'autre, supérieur, qui est corinthien. Dans Tintérieur du portique inférieur, orné de huit belles colonnes de granit, on voit la statue de Philippe IV, roi d'Espagne. Dans le portique supérieur on a conservé le mur et la mosaïque de l'ancienne façade, œuvre de Philippe Rosetti et de Gaddo Gaddi.

L'intérieur du temple, un des plus beaux qui se puissent voir, offre un remarquable roélanse d'élégance et de grandeur. On y admire 1 harmonie des proportions, l'unité Je ]*ensemble et surtout la parfaite convenance de la riche ornementation qui le décore avec le caractère général de l'édiflce. 11 est distribué en trois nefs, séparées par trente-six superbes colonnes ioniques de marbre blanc, qu'on croit avoir été tirées du temple de Junon, outre les quatre de granit qui soutiennent les deux grandes arcades de la nef. On voit à droite, en entrant, le tombeau de Clément IV, sculpté par Guidi, FraceJli et Hercule Ferrata, et celui de Nicolas IV, exécuté par Léonard de Sarzanne. On admire la magnificence de la chape^e du Saint-Sacrement, érigée par Sixte V, dont on voit, à droite en rentrant, le tombeau orné de quatre belles colonnes de vert antique et de deux statues, l'une de saint François, sculptée par Flamine Vacca, et l'autre de saint Antoine de Padoue, par Pierre Paul Olivieri; celle du pontife est de Jean-Antoine Vasoldo. En face est le tombeau de saint Pie V, qui consiste en une belle urne de vert antique, ornée de bronze doré, et en colonnes, bas-reliefs et statues de marbre ; celle du pontife est également de Léonard de Sarzanne.

(655) Voici Icsiliiiieiisions do IVdiOcc dans œuvre : longueur lolale, DI niclrob iO v. ; largeur, 31 njches 05 c.

La chapelle de la Vierge, appelée Pou/tiu Borahisey du nom de Paul V Borghèse, son fondateur, est, avec la chapelle Corsini^ de Saint-Jean de Latran, la plus riche de l'univers. Dans cette somptueuse chapelle, rcTètue de beaux marbres et do belles peintures, on voit des tombeaux ornés de co-^ lonnés de vert antique, de statues et de basreliefs. Quatre superbes colonnes de jaspe oriental, cannelées, forment le magnifique autel de la Vierge; leurs bases et leurs piédestaux sont en bronze doré, ainsi que les chapiteaux qui soutiennent lafrise, toute d'a-

f;atbe. Sur un fond de lapis-lazuli apparat! 'image de la Vierge, que l'on dit avoir été peinte par Saint-Luc; elle est entourée de pierres précieuses et soutenue par quatre auges en bronze doré. Au-dessus de rautel on voit un bas-relief du même métal, représentant le miracle de la Neige, qui a donné lieu à la fondation de la basilique. De plus, cette magnifiaue chapelle et sa coupole sont ornées de belles fresgues du chevalier d*Afr pin, do Louis Cigoli, et de peintures non moins remarquables de Guido Reni.

Le maltre-autel, recouvert d'un riche bal* daquin, fait par ordre de Benoit XIV, sur les dessins de Fuga, chargé de la restauration de la basilique, est soutenu par guatre colonnes de porphyre, d'ordre corinthien, et surmontées de six anges de marbre sculptés par Pierre Bracci. Il se compose d'une uroe de porphyre, couverte d'une table de marbre soutenue aux quatre angles par autant de petits anges de bronze doré. On trouve un peu de lourdeur au baldaquin, dont il est surmonté (635).

« La basilique de Sainte-Marie-Majeure, dit M. Quatremère de Quincy, présente, ai moyen des embellissements mouernes qui y ont été distribués avec choix, le plus riehe, le plus grand et le plus bel ensemble, le ploi beau modèle enfin que l'architecture puisse proposer à nos intérieurs d'églises. Une snils de belles colonnes ioniques en marbre blane, rangées sur deux lignes de dix-huit ctuKsune, V forme trois nefé dont celle du milieu ait la plus large comme la plus haute. Les eolonnes y portent un entablement continai au-dessus duquel s'élève un ordre de pilastres corinthiens. Les entrepilastres seul occupés par des fenêtres ou des tabfeaax alternativement placés, tousdefbrmedntfée et de hauteur égale. L'espace compris entff les croisées et l'entablement du premier ordre est rempli par des tableaux de UMh saïque et rappelle cette partie des basilique! antiques qu*on nommait pluteus. Le seceod ordre de pilastres sui)porteie (ilafond, undei plus beaux et des pi us riches qu'on connaisse; il est divisé en cinq rangées égales de grands caissons dorés (630); leurs formes et leon ornements sont dans le goût antique. La fond de l'église se termine f>ar la partie et' dinaire de Thémicycle, autour duquel soat

(G5G) Du premier or f|iii fut apparié en Eurtpe apivs la «IcniivciU' ilv rAïucrupie. ^.Vt'lt i/f /'■■!.»

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D*ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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rangées les stalles ; en avant s*élève le baldaqain, soutenu par des colonnes de porphyre. Les ailes ou bas-c6tés sont revêtues de marbre et ornées de pilastres de la même matière, qui répondent aux colonnes de la Def. Entre chaque entrepilastre est une chapelle. Nous ne dirons rien des autres détails de ce monument, qui n'auraient rien dC'irelatif à notre objet. Nous parlerons encore moins de la décoration extérieure, qui n'a aucun rapport avec la forme ni avec le caractère du dedans. Mais on peut admirer dans son intérieur le modèle le plus parfait d*one église chrétienne et la copie la plus juste d'une ancienne basilique (637).yitruve, reparaissant aujonrd hui sur la terre, reconnaîtrait une basilique dans l'église deSainte- Marie-Majeure.

« Mais 11 se tromperait encore moins dans celle de Sainte^Agnèi hors des Murs. Ce petit monument est un des plus précieux que Ton connaisse, par la scrupuleuse imitation qa*il nous a conservée (les basiliques antiques. Cette imitation y est si exacte, que, sans le témoignage des écrivains qui nous apprennent oue cette église fût bâtie par Constantin, a la prière de Constance, sa sœur ou sa fille, et, sans les détails de sa construction, on la prendrait plutôt pour un ancien tribunal de justice que pour une église chrétienne. Aussi, quoiqu'elle ne soit

rs du nombre des sept églises qui jouissent Rome du titre de basttique^ el!e en a cependant conservé la forme plus que beaucoup d'autres qui n'en ont aujourd'hui que le nom. Les différentes restaurations qu elle a subies ne la lui ont point fait perare. Elle forme un carré long,, dont trois côtés sont environnés de colonnes ; quelques-unes sont du plus beau marbre et du mieux travaillé. Le quatrième côté, opposé à la porte d'entrée, se renfonce en demi-cercle : c'est Thémicycle on le lieu du tribunal. Le premier ordre forme la galerie inférieure et porte un second ordre de colonnes, qui compose un second rang de galeries supérieures,'^au-dessus duqoel commence le plafond de l'édifice; on observe dans le second ordre la dégradation de colonnes, recommandée par Vitruve. On ne trouve, comme on le voit, dans aucune antre basilique chrétienne une aussi grande conformité avec celle des anciens. »

Après avoir fait remarquer et exposé comment depuis Constantin la forme basilicale prévalut, à quelques différences près, dans tous les édifices chrétiens qui furent construits en Occident, jusqu'à l'érection du dôme de Florence et à celle du dôme de Saint-Pierre de Rome, qui en fut l'imitation, Tanteur se livre à des réflexions fort justes qnj le ramènent è la basilique de Sainte- Harie-Majeure et à celle de baint-Paul hors les Murs. Nous allons les reproduire, et c'est

(€57) Saaf les modifications importantes que le finie chrétien y a apportées et qui en a singulièrewent relevé la beauté. Vôy, notre article Basilique dans ce Dictionnaire. (Note de rauteur.)

(058) Dietivnnaire d^architeeturey par M Quatre*

par elles que nous terminerons cet article. « Le plan et la construction de cette dernière église (SaintrPierre de Rome) devinrent depuis la règle et pour ainsi dire le type de toutes celles qu'on voit ailleurs, et qui n'en sont partout que des imitations plus mesquines ou plus défectueuses les unes que les autres. La forme de basilique s'v perait entièrement, et le nom seul qui s y perpétue, sans que presque personne en sacne la raison, est tou ce qu'elles ont conservé de leur ancienne ressi3mblance.

« C'est presque toujours à Rome qu'il faut chercher la cause de tous les goâts qui ont influé sur le reste de l'Europe. Tant que le temple du Vatican donna la loi aux arcnitectes de tous les pays, il n'eût presque pas été permis de soupçonner qu'il fût possible d'en ériger un qui méritât le nom de temple et n'en fût pas une copie. Les anciennes basiliques chrétiennes, oubliées en quelque sorte sous l'antique poussière où un saint respect et un dédain injuste les tenaient ensevelies, ne paraissaient aux yeux du plus (;rand nombre que d'illustres masures dans esquelles on se contentait de déplorer la pauvre magnificence des premiers Ages du christianisme. Mais depuis que, par les soins du pape Benoît XIV, la basilique Libérienne ou celle de Sainle-Marie-Majeure s'est vue rétablie dans son ancienne splendeur et rappelée à sa dignité première, depuis que les détails défectueux qui pouvaient en dégrader la beauté intrinsèque ont disparu sous la conduite et par les réparations bien entendues du chevalier Fuga ; depuis enfin qu'une véritable basilique a pu se remontrer dans tout son éclat, celle de Saint-Pierre a perdu du sien, et son éclat a diminué. L'admiration s'est partagée; bientôt elle s'est étendue sur les autres basiliques, que l'œil désabusé des artistes ne vit plus telles qu'elles étaient, mais telles qu'elles devraient, telles qu'elles pourraient être. On s'est moins révolté des irrégularités, des détails disparates de la basilique de Saint-Paul ; mais on y a considéré fe plan le plus riche, le plus vaste, le plus approprié aux cérémonies de nos temples; on y a admiré cette unité qui satisfait l'âme et la laisse dans un repos parfait; cette variété qui réjouit l'œil et lui lait parcourir, sans presque changer de place, des tableaux diversifiés, quoique toujours les mêmes. On y a vu le plus bel accord qu'on puisse rencontrer entre toutes les dimensions requises pour nos usages; la richesse qui convient aux édifices sacrés, unie à la sage simplicité quils exigent; les dégagements les plus heureux; réconomie dans la construction et la solidité, jointes à la légèreté (638). » yoy. Basiliques.

SAINT-MAXIMIN (EoLisB de) (639), (Var) « Le premier objet qui frapi)c la vue du voya-

mére de Quincy. verb. Basilique, m finem,

(639) Cet article est la reprodiiciion intégrale d*UQe excellente Notice de M. Louis Uoslnn, publiée à Marseille en 1841.

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geureo approchant de Saint-Maximifi,c*est la grande église autour de laquelle se pressent toutes les maisons de cette |.)etite ville.

« La fondation de cet édiSce se rattache à une ancienne légende, d après laquelle sainte Marie-Madeleine» la pécheresse de l'Evangile, serait venue en Provence pour faire pénitence de sa vie passée , y serait morte après de longues années d'expiation , et aurait été ensevelie dans le lieu même où Ton voit aujourd'hui l'église de Saint-Maximin.

« Cette tradition généralement répandue en Provence, a été parmi les écrivains anciens et modernes le sujet do nombreuses controverses; elle a trouvé de zélés partisans et n'a pas manqué non plus d'adversaires. Les uns Tont chaudement défendue IW>) y les autres Tout rejetée complètement (6(hl). 11 en est aussi qui ont voulu établir une distinction entre Marie de Béthanie^ sœur de Marthe et de Lazare, et Marie-Madeleine la pécheresse de Galilée, qui assista à la mort du Christ. D'après ceux-ci, cette dernière serait morte àEphèseoù elle aurait accomitagné la sainte Vierg<^, et l'empereur Léon le Philosophe aurait transféré ses reliques à Constantinople, tandis que Marie de ficthanie, qui répandit le nard aux pieds de Jésus-Christ, etquelesévangélistes nomment Marie et jamais Madeleine, serait celle qui serait venue dans les Gaules, et dont on aurait trouvé le tombeau à Saint-Maximint(6(h2). B*autres encore pensent que la sainte dont ou honoce les reliques en Provence, est tout

simpleraentune religieuse cassianite, nommée Madoleine.qui dans le vui* siècle, à l'époque des Sarrazins, échappa au massacre^que ceux-

(640) De ce nombre sont : Bouche, Vindiciœ fidei et jrieialh, etc., Uiêtoire de Provence; le P. Giiesnay. De advtnlu Magdalenœ ; une foule d'anciens chronioueurs, entre autres le P. Gavoty, Vie de saimte MadeUine; le P. Courtes, id.; le P. Colouibi, id.^ etc., tous trois Dominicains.

^ Le P. Pierre de Saint - Louis , carme, a composé aussi à ce sujet un curieux poéroe en douze livres {La Madeleine au désert de la Sainte-Baume ) ; c'est un chef-d'œuvre de pieuse extravagance; Tabus de la métaphore y est porté au dernier poinu Eu s'adressant aux cheveux de la sainte, il dit .^

0 fortonés cheveux, perraqae bienhearense Autant comme âutrcfoi:! vous (tttes dangereuse. Ton poU au poids de Tof, malheureux Àbsalon, M'a rien de comparable au poil de Madelon; Car eo prenant le ciel, le ciel lui foit tout prendre, El le tien ne te sert que pour te faire pendre.

11 apostrophe en ces termes les adorateurs des belles dames :

Idolâtres amants de charognes pompeuses Qu'enchainent par leurs chauis ces sy rênes trompeuses,

Venez ici mortels de qui l*âme souillée

A besoin d'être en tout et Uvée et mouUlée ,

Faites une lessive auprès de ce tombeau

gui fournira la cendre et vos yeux toute Veau; Ile sera sans doute aussi blanche que bonne Si la contrition la fh>tte et la savonne, Quand pour Dieu seulement et la nuit et le jour Vous la ferez couler au feu de sou amour.

Cet ouvrase, compose p«uirlnnt avc«- la im»illri«re foi du uioiitTe parut eu l(î<il, la uièuio uiiiiee f|u«* VÀnaruma^iuj (b> Ruciiie.

ci firent de ses compagnes, se réfugia oansla solitude, et s*j^ renait célèbre par ses austérités et sa pénitence (6U).

« Quoi qu*il en soit, sans entrer oans des discussions historiques plus ou moins obscures, nous acx;cpterons la tradition, telle qu^elle est généralement répandue en Provence, et telle que Tout approuvée les bulles de plusieurs papes. Ce n est point un livre de polémique religieuse que nous voulons faire, mais tout simplement Thistoire et la monographie d*un monument ; qn*il nous suffise donc de connaître cette légende , «encore si profondément enraciné dans la foi provençale, malgré toute la versatilité des idées humaines. Gardons -nous bien d*cn affaiblir la puissance, car ce serait tarir bl source des émotions de son cœur. Aussi, dans le doute, pourquoi ne nous déciderions-nous pas pour notre vieille croyance populaire? Quand une tradition constante environne un lieu d*hommages, quelque obscure qu'en soit Torigine , quelque tàcht qu'en soit la contradiction , on peut en ftra sûr, quelque chose de grand a [)assé par là. Au surplus, les légendes des saints ne sonir elles pas la poésie du christianisme ? Désb4ritée de sa tradition, l'église de Saint-Haximin ne perdrait- elle rien de la vénératioa qu'elle inspire ? et pour bien comprendre II signiûcation du monument, ne laut-il |ias remonter jusqu'à la légende oui fut son fondement, c'est-à-dire se jpénétrer de Tesprit des hommes qui l'ont élevé, s'inspirer do leur pensée, s'émouvoir, de leur enthousiasme?

« Selon cette tradition , après la mort do

Pétrarque (Description de la Sainte^Baumeem latins^ dédiée à Pierre de CabassoUf évéque da Ca» vaiUon),

Ou a voulu citer aussi un écrit dont rexistcMi serait assez diOîcile à justifler : une Histoire es sainte Madeleine écrite , dit-on , en bébrev pt sainte Marcelle, servante de sainte Marlhe, et Ira* duite par Synthès, etc., etc.

(641) Les écrivains les plus redoutables à lalri» dition sont : Le docteur Launoy (Dissertaiiom eemim la Sorborme.X.U); Baillet ( Vt« ^ei Sotiito) ; Fle«f (Œuvres posthumes) ; LenaindeTillemoiil, elc.«elc.; la plupart des historiens modernes.

(642) Plusieurs saints Pères grecs, ainsi qa'ta ffrand nombre d'écrivains modernes, parmi leiydi les auteurs de la Biographie universelle^ distinfÎMil deux et même trois personnes dans U Mailiiemi (les Missels et les Brériaires sont de celle opénioe), tandis que les Pérès de TEglise latine les ounlae* deni en une seule, comme fait la indilkNi ei l*fi* glise de Provence. (Voir la sole 63i de la Mie

(G43) De ce nombre Papon, Millin, M. le coorfe de Villeneuve, N. Fortuné Chaillan. Cette opiMi se fonde sur des recherches faites à ce siyel aa XV* siècle par uu habilanl de Sainte Zackarie, Mi peut difficilement se soutenir devant des momuMBis nisloriques qui constatent que déjà U civyjan provençale était en vigueur plusieurs siècles vnti lepoque où Ton f;«it remonter la pénUeaœdeli sainte cassianile. Ces munuiuenls sont, poar a'ei citer que deux : 1* Facto de donation que ttl,ci5l3» sailli Césairc, évéque dWrtes, oh faveur dm mow lèie loudé par sa bouur ( P. Courtes, Vie de se

Ml

D'ESTHETÏQUE CHRETIENNE.

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Jésus-Christ et sa divine résurrection , les Juifs effrayés des progrès rapides que la foi nooTelle faisait dans Jérusalem , suscitèrent une terrible persécution dont le martyre de saint Etienne fut pour ainsi dire le signal. Madeleine la pécheresse, dont la conversion avait fait tant de bruit dans la Judée , ne fut point à Tabri de Torage; jetée, un jour de tempête, dans une barque sans voiles, sans rames, sans aviron, avec le Lazare son frère, Ifarihe sa sœur, Marcelle leur servante, Sidoine,Maximia, les deux Marieset plusieurs autres, ils furent ainsi ex[>osés aux horreurs d*une mort qui semblait devoir Atre certaine; mais la sainte nacelle, loin d*ètre submergée par les flots, vit au contraire s'apaiser autour d'elle la fureur de Télément, et protégée par la Providence dans sa longue et périlleuse navigation, vint aborder sur lea côtes de Provence; de là ces disciples fidèles se répandirent dans divers pays |)our prêcher leur religion ; Lazare et Madeleine s'arrêtèrent h Marseille ; cette ville était à eette époque une des métropoles do la civilisation; de tous les points de l'empire romain on venait à ses écoles étudier la littérature et la philosophie. Madeleine s'y rendit célèbre par ses prédications , après y avoir ilitde nombreuses conversions et de grands miracles, elle voulut se réfugier loin des regards du monde, en un lieu sauvage, au sein d'une montagne recouverte d'une forêt mystérieuse et sombre, aujourd'hui connue sous le nom de Sainte-Baume , à cause de la grotte célèbre (6^4) où elle termina sa vie dans la pratique de la plus austère pénitence. Sept fOiS par jour les anges venaient la visiter et rélevaient au sommet de la montagne Kur lui faire ouïr les accords célestes. A pprocbe de ses derniers moments , ils la lrans()ortèrent à Viilelate, lieu de retraite de l'évêque saint Maximin.qui plus tard donna son nom à la ville; déposée à l'endroit où Ton voit aujourd'hui la colonne de pierre appelée Saint-Pilon (6^5), elle vint de là à pied recevoir les derniers sacrements des mains du saint disciple et mourut quelques jours après; son tombeau devint l'objet d'une pieuse vénération; saint Sidoine, Mint^varcelle et saint Maximin lui-même for gJ^ lus tard inhumés à ses côtés.

« Cette curieuse légende, en nous révélant Ja raison de l'édification de l'église de Saint-Maximin, nous donne en uiAme temps l'exphcation de nombreux ouvrages d*art qui se trouvent dans ce moiiumeiK.

« Nous ne prétendons point fixer |)ar elle répoque où le christianisme fut prêché en

Mmisldnê ); 2* un ancien code CDnlcaant les actes des saints luiéUires de TEgiise de Toulon, qui fut écrit |Hir Tordre et les soins de Désiré, évoque de TeykMi, Tan 572 , qui tous deux en foni mention.

, V0§. Alex. Noël, de Tordre des Prêcheurs, Selectœ

' làêt^r. eccl. capita^ 1. 11, disserl. ivi.

(U4) Du provençal fraatima, grotie.

(645) Sur cette colonne est ligurée la Bladeleine

portée par les angi'S. Un moine Liénediclin paraît à

§tuou\ devant la s^iinte d*un côté, et de l*autre une

j«ljgi.'iiM bénédictine; Tun et fautre sont aujour-

Provence, ni désigner les premiers apôtres de la nouvelle religion dans ce pavs, mais toujours est-îl que la vie de la Madeleine ainsi racontée est pleine de poésie et de grandeur; aussi les restes de cette sainte pénitente étaient-ils révérés par les fidèles, quand au vni* siècle, les moines qui veillaient à leur carde, jugèrent à propos ide les cacher pour les soustraire à la profanation des. Sarrasins. Ces barbares avaient franchi les Pyrénées et s^avançaient en jetant Tépouvante sur leur passage; ils dévastaient les églises et livraient aux flammes les ossements des saints; alors, à la faveur de la nuit, on crut devoir renfermer dans le sein de la terre les tombeaux que Ton possédait, et pour préserver encore plus les reliques de sainte Madeleine, on eut soin de les transporter de son sépulcre d'albâtre, dans celui de Sidoine qui était plus secret, où elles restèrent plusieurs siècles.

« Ce fut le comte de Provence, Charles U, dit le Boiteux, fils du belliqueux frère de saint Louis, Charles d'Anjou, qui en fit la découverte. Les chroniques nous apprennent à ce sujet de merveilleuses choses. Vers la fin de 1279, Charles, alors prince de Salerne, se trouvait à Aix, pendant que son père combattait en Italie pour la succession du royaume de Naples; s'étant pris d'une grande dévotion pour la mémoire de la Ma- Ueleine, cette sainte lui découvrit elle-mêina l'endroit où son tombeau avait été caché : « Elle lui déclara, dit le Père Gavotv, que « c'était dans un champ voisin de 1 église « de Viilelate, là même où se trouverait « une plante de fenouil toute verdoyante. » ^ ff Charles, pluin de foi, se porta au lieu désigné, où voyant la plante verdoyante, quoique ce fût en hiver, il fit creuser et découvrit le tombeau d'albÂtre et trois autres tombeaux de marbre (O^j. Alors il eut soin de convoquer les archevêques de Narbonne, d'Arles, d'Aix, d*£mbrun, et les évoques d'Agde, de Magueloue et de Glaudèves pour procéder à l'ouverture des sépulcres, ce qui fut fait en leur présence le 9 décembre 1279. Dans un des tombeaux de marbre on trouva deux billets enfermée dans des bottes ue liège, qui constatent la mutation qui eut lieu. L un d'eux portait ces mots latins : iftc requieicit corpus btatœ Mariœ Magdalenœ, Kt l'autre ceux-ci : Anna nativitatU Vomini et dgcxvi, mense Dtctmhri^ in nocte secretisiima^ régnante Odoino piiisimo^ Fran-^ corum reye^ tempore infestationis geniis per^ fidœ Sanacenorum^ tramlatum fuit ho^ cor^ pus charissimœ et venerandœ Mariœ Mayda^

d^hui mutilés, et sans le secours des anciens chro«i niqueurs, il serait assez diUicile d*a$signer Tordre auquel appartenaient ces religieux. Ce wooumeut^ placé sur la route de Marseille, est fort ancien. Sa base est maintenant cliancelantt? ; il serait à désirer qu*on la réparât.

(646) On prétend que le premier tombeau découvert fut colui de saint Maximin, ce qui détermina Cliarles 11 à donner ce nom à U ville appelée jusqu*alors VilUlate.

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WCTIONNAIRE

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lenœ^ de sepulero suo alabastri in hoc martnoreumf ex metu dictœ gentis perfidœ Sarracenorum , quia securius est hie^ ablato corpore Sidonii (647).

« 11 est à remarquer que les religieux de Vézelay, dans le diocèse d'Autun, crovaient aussi posséder les reliques de sainte Madeleine, |iuisque douze ans auparavant leur translation avait eu lieu avec beaucoup de pompe en présence du roi saint Louis. Cette tradition est expliquée par Ja tradition provençale de la manière suivante : Après la défaite des Sarrasins par Charles-Martel, ce grand homme otTrant le choix d'un trésor au duc de Bourgogne pour Tavoir aidé dans la guerre contre Tes barbares, celui-ci aurait alors demandé pour toute récompense le corps de la sainte tutélaire de la Provence, qui lui fut accordé; se transportant donc à Saint-Maximin et là, faisant ouvrir le tombeau d'albAtre, le duc de Bourgogne aurait enlevé les reliques qu'il renfermait pour les déposer au monastère de Vézelay, ne se doutant point que c*était les ossements de saint Sidoine qu'il emportait au lieu de ceux de sainte Madeleine, à cause de la mutation faite quinze ou vingt ans auparavant.

« Après sa découverte, le prince Charles écrivit au Pape pour lui rendre compte de cet événement ; le Saini-Siége approuva les reliques et en autorisa la translation en une

(647) On a révoqué en doute raulhenlicité de ces docuinenls. Selon ^apon, on n'était point encore à cette époque dans fusage, en Provence, de datei les actes publics de la nativité de Nolie-Seigneur, cependant il avoue que la plupart des historiens reconnaissent la souveraineté passagère d*Eudes, duc d'Aquitaine, sur la Provence en 716, et c'est précisément dans ce temps que les Sarrazins sortant d'Espagne Arent leur irruption dans les pays voisins des Pyrénées, où Eudes eut à les combattre ; mais, objecte t-il, si c'est d'Eudes dont on a voulu parier, pourquoi le qualifier de roi, et surtout de roi de France, puisqu'cn 716 c'était Chilpéric qui régnait dans ce pays? Aussi Bouche soutient-il qu'au lieu de 71 G, c'est 890 qu'il faut lire, cette année correspondant au règne du roi Eudes, fils de Robert le Fort, et à la fameuse invasion des Sarrasins en Provence. 11 voit dans la date de 716 une erreur de chiffres dont il accuse les secrétaires de Charles II, qui furent les premiers copistes de ce manuscrit presque indéchiffrable, il nous assure que de son temps, c'est-à-dire sous Louis XIY, cet écrit, soigneusement conservé à Saint-Maximin, était coiu^ plétement illisible.

(648) Entre autres, par un manuscrit du xvi* siècle où on lit ce qui suit : 1^ roi n'ayant aucun es-

E)ir d'être délivré se serait recommandé à sainte adeleine, la veille de sa fête, f et advenant sur la minuit en donnant saincte Marie Magdelleiue auroict éveillé le iit roy du sommeil et d'une très douhe et ay niable voix, par sa présence le consollant lui auroict dit : 0 roy dévot, qu'est ce que tu me demandes? ou ()ue vcux-tu de nioy que je fasse pour toy? » A quoi il répondit : « 0 très saincte et débouaire dame, estant inoy debtenu cruellement en ce croston de prizon, soulz rigoureuse garde, destitué de (oui humain secours d'en pouvoir estre délivré, en toy seule est ma confiance ; 6 ma très doulce maîtresse, délyvre-moi ; car toutes choses te sont possibles envers Dieu, i Lhors fut par elle répondu : f Ton oraison est exaulcée ; dresse-toy visleuient et me suys... » Et preiiaut le dit roy par la

châsse d'argent. La cérémonie de la translation eut lieu en lâSl, le dimanebe après TAscension, en présence de plusieurs prélats, des principaux gentilshommes de Provence et du notaire Jacques Jourdan, qui en dressa un acte authentique.

« Sur ces entrefaites, arrivèrent les fameuses Vêpres siciliennes et Tintervention de Pierre d'Aragon, qui avait aussi ses prétentions à la couronne de Naples ; ce prince avait épousé la fille de Mainfroi« et Conradin jetant son gant du haut de fédhafaud, l'avait désigné pour son héritier. Pierre accourut au secours des Siciliens révoltés ; le prince de Salerne qui, sans attendre \e$ ordres de son père, se hasarda témérairement fc livrer un combat naval aux troupes aragonaises, fut fait prisonnier Tan iWk et conduit dans les prisons de Barcelone, où il fut détenu pendant quatre ans. Dans cet intervalle, son père mourut à Naples. Les rois de France et d'Angleterre, de concert avec le Pa|)e9 négocièrent alors la délivrance du jeune prince, et l'histoire nous dit au prix de quels sacrifices il lui fut permis de revoir ses Etats. Plus tard, l'imagination provençale, faisant bon marché des faits historiques, entoura cet événement do circonstances menreilleuscs rapportées par d'anciennes chroniques (611^8).

« Quoi qu'il en soit, ce prince, qui avait

main, le fist sortir et délivra du croston des dictci prisons aveq ses serviteurs. Quoy faict et rar fai minuit mêmes auroict demandé à la dite daiiie,oè est-ce qu'ils estoient et s'ilz estoient point au pallaiz de Barcillone? Mais la saincte dame loi did: f Tu es prés de Narbonne, à trois mille où repoie le corps de sainct Pol Sergé , dissiple dt saînct N apôtre, i De manière que ce roy, asseuré de sa délivrance et des siens , se volant rendre certain sy il dite saincte esioict la Marie Magdeleiae, il Faonkl instamment requise si c'estoit elle, qui lui répotdà que ouy... Lhors la saincte lui dit : t ie te do cela en charge et te demande de croire el faire tendre aux évesoues et peuple chrétien que i corps est à Ville-Late, que Saint-Maximin Ton af* pelle, et non en Bourgoigne ; lequel ta trouvent I l'église du dit Sainct Maximin auprès du g rtiid m* thel, acoustre dexire, en ung monument auprès éih quel en même église reposent les corps ûe niad Maximin, Biaise SiflVedi et sainctes H^i^cclteei Suzanne, et pour regard du corps de gaincBJCédaa, aveugle de nature ; lhors qu'on chassa les mldélei de Provence, a esté au lieu du mien transporté ci Bourgoigne par Oddon, roy de France et Bovgii» gne, cuidant avoir prins mon corps à mon mon ment ; mais aflin que tu soys rendu certain de ce faict, tu trouveras dessus mon monument ooe ei* corce d'arbre quy jamais ne porrira et en œsie cicorce tu trouveras ce que y a escrit sainct MiiiMi soulz ces mots : Requietcii hic corpuê htatœ Jfmi Magdalenœ; trouveras encore mes os destituéiée chair, excepté à la partie de mon clief où Noire- Seigneur Jesus-Chnst me toucha, me disant a^ sa glorieuse résurrection : Noli me Um§erê^ ot éè plus auprès de ma mâchoire senestre treuvem wi petite ampoulle de cristal où est de la terre MOël* fée de sang de Jésus-Christ, ^ue j^ai recMÎUi M temps de la passion, en mémoire de laquelle Joli portais coiitiimellement aveq moy, ttù aoisy Mh veras les cheveux de mon cnef reduiu en tmUt^ excepté ceux quy ont touché les sainda piedi de 1^ sus-Christ, lhors que pletuuit, de*uieft taimei ki

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D ESTHETIQUE CHRETIENNE.

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toujours conservé une grande dévolion pour sainte Madeleine, ne manqua pas d'attrrbuor sa délivrance à son intervention, et en reconnaissance d'une faveur si grande, il fit I'eler les fondements de la magnifique basiioue de Saint-Haximin. 11 voulut que cette église fût desservie par les religieux de l'ordre des Frères Prêcheurs ; le Pape fioniface VIII, par sa bulle du 0 avril 1295 confirma leur établissement et ordonna que les moines Bénédictins, qui depuis plusieurs siècles y étaient établis, se retirassent à Tabba^e de Saint-Victor lès Marseille , dont ils étaient dépendants, moyennant l'abandon de quelques revenus.

« Charles, alors roi, dépensa des sommes immenses à la construction de ce monument, mais après lui les travaux ne furent pas toujours poursuivis avec la même activité; les troubles et les guerres do la Provence vinrent souvent en interrompre le cours, au point que, dans les premières années du xv* siècle, cet édiHce inachevé menaçant ruine, le Papis Martin V, sur la demande de Louis 111, comte de Provence, permit aux religieux de Saint-Maximin de prendre, pour les réparations les plus urgentes, mille florins d'or sur les legs pieux qui n'avaient aucune destination certaine dans les trois provinces ecclésiastiques d'Aix, d'Arles et d'Embrun (6i9). Sixte IV et Benoît XllI donnèrent aussi, l'un trente mille ducats et l'autre deux mille florins (650). Antérieurement è ces Papes, Louis I, comte de Provence, avait laissé par son testament une rente annuelle et perpétuelle de cent livres pour la dotation d*une chapelle dans notre' église (651); Louis II avait aussi légué mille livres, recommandant qu il fût dit à son intention quinze mille messes (652) ; mais toutes ces ressources étaient loin d'être suffisantes ; ce fut le roi René qui contribua tellement à la eontinuation de l'édifice, qu'il peut à juste titre en être considéré comme le second fondateur. Ce prince, dont la Provence a gardé de si touchants souvenirs, aimait passionnément les arts, aussi prit-il à tâche de réaliser la conception de son prédécesseur Charles II, en posant la dernière pierre à notre monement (653). 11 lui laissa de plus, par une elauHNle son testament, six mille florins.

« C'est alors que l'on vit achever ce beau cantiaue de pierres élevé sur la tombe de la Madeleine, comme le splendide reliquaire

des saints ossemenis que l'on voulait honorer. La munificence et la piété des comtes de Provence en dota notre pays; mais sans doute aussi que toute la hiérarchie sociale dut contribuer à son édification, car dans ces siècles de foi et d'enthousiasme, la construction d'une église était une chose nationale, les habitants d'une ville entière y concouraient.

« Commencée par eonséauent dans les dernières années du xiii* siècle, cette époque d'insuiration religieuse qui vit produire les plus Délies cathédrales dans le système ogival, l'église de Saint-Maximin fut continuée pendant le cours du siècle suivant, et terminée seulement vers la fin du xv% au moment où l'architecture gothique élevait ses dernières assises, prête a céder la place au torrent de la renaissance. On mit donc près de deux cents ans à la bfttir, et cependant, en considérant la parfaite unité de son architecture, l'ensemble et l'harmonie de ses proportions, on la dirait faite d'un seul jet, on la croirait l'œuvre d'un jour.

«c Chaque année, è l'époque de la semaine sainte, le bon roi René se rendait à Saint- Maximin pour demander au recueillement de la cathédrale de mystérieuses inspirations (654). 11 accorda "de nombreux Privilèges à cette ville, et y fonda, le 13 décembre 1W6, un collège royal pour l'enseiçnement public des arts libéraux, de la philosophie, de la théologie et du droit canon (655); il ^ donna la direction aux frères prêcheurs, qu'il affectionnait beaucoup, et dont le prieur Éléazar Garnier était son confesseur. Enfin, il fil procéder en sa présence à une translation solennelle des reliques de sainte Madeleine, et, pour leur plus grande sûreté, fit ceindre de murs la ville de Saint-Maximin (656) ; car il est bon de remarquer que plus d'une fois, dans les siècles passés, ces reli-

Îues avaient excité la convoitise ; déjà, en 357 (657), on avait été obligé de les trans- Eorter à la Sainte-Baume, dans la crainte des rigands qui ravageaient la Provence.

« Environ un siècle après, vers l'an 1447, des Marseillais qui se tlrouvaient à Saint- Maximin le jour de la fôte de sainte Madeleine, résolurent de les enlever par force au moment de la procession et de les emporter à Marseille, ce qui certainement aurait eu lieu sans l'intervention des bourgeois et gentilshommes d'Arles qui, les armes à la

arrosant et de mes cheveux essuyait, j'obtins la rémission de mes péchés. Pareillement y trouveras «iiff sarment de vigne avec des feuilles vertes. Procédant de ma bouche toutes ces choses Dieu veuilt Ure découvertes et certiflées au peuple , et la dévotMm être ausmentée au lieu de Sainct Maximin où WKm corps ffist entre les fidelles Chrétiens. Et daul- Unt que relise est petite, et Tollice divin nW est eonvesablenient célébré, tu y feras édiHer une église H cuuvent de frères prédicateurs en ma révérence d*Bvoir esté apôtre et les dottcras et magnifieras avec les antrei» et cavernes de la-Saincte Baume où

Cay faict ma pénitence...» Et ce faict, ladite saincte larie Magdelleine seroict disparue. »

U coosie cependant de divers niouumeçts qui ne

laissent aucun doute à cet égard, que les relioues avaient été trouvées en 1279, Undis que le roi Charles ne sortit des prisons de Barcelone qu'en 1288, c'est-à-dire neuf ans après.

(649) Millin, Voyage dans le Midi.

(G50) P. Guesnay et P. Columbi.

(651) Ruffi, Hisioire dei comtes de Pr av.; Bouche, Histoire de Provence,

(652) Bouche.

(653) Bouche; Ruflî; Millin; P. Courtes; II. de Villeneuve (Vie de René d'Anjou), etc., etc.

(654) Archives de ia ville de BarjoU.

(6^5) Tous les historiens déjà cités.

(656) P! Courtes, Vie de sainte Madeleine. (657^ Bouche, Histoire de Prov.. t. U.

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DICTU>NMAIRË

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main/'parviilrent a détourner cet enlèvement : « De quoi» les consuls et habitants de « Saint-Haiimin, dit l'historien Bouche, fu- « rent si reconnaissants, qu'en mémoire de « celle action, comme toutes les années il « venait un capitaine de la ville d'Arles en « celle de Saint-Maximin, le iour de la fête « de cette sainte, accompagne de beaucoup « de ses concitoyens, les consuls de Saint- « Maximin lui remettaient en main les clefs « de la ville et défrayaient toute la comna- « gnie, cérémonie qui a duré jusques à 1 an « 1596, au temps de nos guerres civiles dans « ces provinces. »

« Plus tard, au mois de janvier 1505, des religieux italiens qui étaient au couvent de Saint-Maximin , eurent l'audace d'enlever pendant la nuit le masque d'or qui couvrait la face de sainte Madeleine et quelques reliques de cette sainte pour les porter en Italie ; mais découverts et arrêtés, le parlement d'Aix les condamna à être pendus le 16 juin suivant (658).

« Sous François I*' aussi, Charles-Qumt, dans son excursion en Provence, ayant pris Saint-Maximin, voulait enlever les reliques de la Madeleine. « Je ne sais, si c'était par € dévotion envers cette grande amie de Dieu • ou pour en priver par envie la Provence, « dit encore Bouche, mais la prévoyance des « religieux ayant caché ces saintes reliques ff dans le creux d'un puits, rendit tous les ef- M fortsde l'empereur vains et inutiles (659). »

« Ce n'est pas tout, en plein xvir siècle. Tan 162â, Louis Xill, après avoir visité Saint-Maximin, témoigna l'envie d'obtenir

auelques reliques de la célèbre pénitente, ont il venait d'honorer la mémoire; il en adr^sa la demande au parlement d'Aix, qui chargea aussitôt son premier président et quelques autres de ses membres d'aller prendre une portion du dépôt sacré pour satisfaire le désir royal. Le peuple de Saint- Maximin prit les armes pour s'opposer à l'enlèvement, les plus mutins furent décrétés de prise de corps. £n même temps un conflit s'éleva entre les deux parties sou veraines; la cour des comptes prétendit avoir seule le droit de connaître de tout ce qui concernait les reliques de Saint-Maximin, et chargea quelques-uns de ses membres d'aller en faire l'inventaire. Instruit de cet arrôl, le parlement se hflla d'en rendre un autre par lequel de nouveaux commissaires furent nommés pour remplir la même mission (660). ^

« Les reliques des saints étaient alors considérées comme le plus précieux trésor; chaque époque a ses mœurs et ses idées ; mais le cœur des hommes ne change point.

ce sont de tous les temps les mêmes passions, les mêmes faiblesses!

« Description de FigUie. La façade de Téglise de Saint-Maximin est loin de correspondre è la beauté de l'intérieur ; le portail de la grande nef n'a jamais été commencé ; ce n'était qu'à force de siècles que s'achevaient les grands édifices du moyen âge, parce qu'ils coûtaient des sommes immenses. On a voulu* cependant expliquer cette nudité extérieure, cette absence de richesses efHorescentes que la main des artistes du temps répandait avec tant de profusion k l'entrée clés temples, par un statut de Tordre do Saint-Dominique, qui aurait été la symbolique traduction d'une idée facile fc deviner. Mais cette explication est toute conjecturale, car il ne manque pas d'églises de prêcheurs avec façade ; elle est au surplus en contradiction avec un fait bistoris Sue qui constate que les religieux de Sainte laximin eux-mêmes voulurent profiter de la visite du cardinal Mazarin pour lui demander de faire bâtir le portail, lui vantant beaucoup à cet effet la munificence des comtes de Provence à qui l'on devait le monument: « Si ces princes Font commencé, « leur répondit glacialement Mazarin, cher- « chez un fou qui le fasse finir (661). »

« Les façades des nefs latérales sont pourtant achevées, leur architecture, excessivement simple pour répoaue, porte le cachet da XV' siècle ; elles sont chacune percées d*aM large fenêtre à lancettes ornée de trèfles et de quatre feuilles et coupées par un doutde meneau perpendiculaire. La porte placée aa fond d'une suite d'arcs décroissants, qui simulent une perspective fuyante et se terminent en ogive, n'est point divisée par ui jambage ; sur son tympan circulent quelques légères dentelures autour d'une p^lA niche vide. Mais la grande nef avec ses pierres rugueuses et inégales, (\p\ semblent 9B^ tendre encore la main de 1 ouvrier, donne à l'église l'aspect d'une chapelle de Tillate. Celte difformité cependant procure une agréable surprise, car en franchissant la seuil deTédince, on se trouve brusouementi sans nréparalion, en face d'une arcnj^jctiire grandiose et foudroyante qui saisiS^r li maiesté de l'ordonnance, par la baraiessa et l'harmonie des proportions.

« Quoique terminée à une époque où k gothique (662) était en pleine decadeooib vers la fin du xV siècle, l'église de Saint- Maximin est néanmoins d'un goût sévère al pur, comme en général toutes les fondations de Dominicains. C'est un vaisseau d*nne merveilleuse beauté d'ensemble, d'ont grande simplicité d'exécution, d'une son*

(658) Bouche, Histoire de Prov.^ t. II.

(659) Id., ibid. Aiiiouius Areiia, poète proveaçal contemporain.

(6(H)) Aufiubtin Fabre, Hitt. de Pw., t. IV. (Otil) MilTin, Voyage dan$ le Midi.

(Ont) L« mot gothit/ve, dans le sens où on l'enn ploie géuéraleiuejit, est partaiiemeni iuipn»pre, mail

parfaitement" consacré. Nous racceptens daeeat nous Tadoptons comme tout lo mcnde powr

lériser rarcbilecture de la seconde moitié de mafia ftge, celle dont Togive est le principe, oui succéda à rarcbilecture de la première péri(Hle dent le cintre est le géoéraieur. (Victor Hugo, N ée Parti.)

SAI

DESTIIETIQUE CHRETIENNE.

SAI

Tune légèreté de formes vraiment

s. «Il y a peud'églises en France,

Millin, qui présentent autant de

e et d'éfégance. » On ignore le

artistes qui furent chargés de la

des travaux, mais on présume

ieot Italiens, car le style en est le

e celui des plus beaux temples

en Italie dans le xiv* siècle.

serait point une étude inutile à

le point de vue historique» de

filiation de l'architecture; elle

la mesure de la filiation des idées

ivilisation en général. En tenant

issi de la part que chaque pav^s y

iitée, on aurait l'histoire entière

^s, car chaque province a pour

un genre d'architecture à part,

e a une langue, un |)atois qui lui

en propre. Le gothique, qui sem-

r peu s'allier avec le soleil et les

Midi, s'harmonise pourtant bien

9S teintes lumineuses du ciel de

9t l'imagination de ses habitants;

ibre et moins mélancolique que

tdu Nord, celle de Saint-Maximin

^ractère particulier qui ne doit

perdu de vue et qui trouve j)eut-

iplication dans cette transmission

ecture septentrionale au moyen

taliens. Les ingénieux détails qui

t de toute part dans les cathé-

liques sont ici radicalement sup-

i pierres n'en sont pas fouillées et

e n'est point un poème hiérogly-

ne énigme éternellement proj)0-

Blligence, c'est une belle et sim-

ue l'esprit le moins exercé lit et

3e rare exception aux habitudes âge, notre basilique n'est point ' un transept^ c'est-à-dire qu'elle i point une croix; elle a dans ;anle-douze mètres de longueur,

mètres de largeur non compris 3S dont la profondeur est de dix . hauteur intérieure de la grande ) vingt-neuf mètres vinst-cinq s. On entrant on est stupéfait par et la hardiesse des voûtes ; seize ichés et quatre engagés soutien* tombées des arcades ogivales qui 'église en trois nefs, ces piliers audacieusemeut du sol, détaillés 11 d'élégantes et sveltes colonurs chafûteaux n'ont point de mlpté, point de festons, ])o\ni »s, point de fantaisies sarrazines. s de galerie non plus qui circule la net ; tout y est simple, mais u, harmonieux, poétique. Les ni partent des piliers et forment les voûtes, en se recourbant en ellent par leurs flexibles ramifijranchesde nos forêts; si, comme les iabyrii.thes des bois sont re-

l'église gothique, le type n'était

pas loin de Saint-Maximin : la mystérieuse forêt de Sainte-Baume, où la Madeleine avait pleuré ses fautes, devait se retrouver dans le temple élevé pour sa glorification sur sa tombe ; il y avait corrélation parfaite. Les clefs de voûte auxquelles viennent se rattacher les nervures figurent le plus souvent un écusson où. l'on distingue oes signes de blason ; on v voit aussi les images de Charles II» fondateur de Té^dise» et oe son épouse. Las murs et les piliers sont con« struits en pierres calcaires, et la voûte en

Eetites pierres tendres taillées en forme de riques.

« L'intérieur de cette église a eu Vinsigne bonheur de ne point être badigeonné. Ils sont rares de nos jours, les édifices religieux qu'un zèle malentendu n*est point venu souiller par ce genre de profanation. « Parmi « les belles églises des provinces riverai- « nés du Rhône, dit M. de Montalembêrt, « il nV a ffuère que celle de Saint-Maxi- « min, la plus célèbre de la Provence, qui « ait échappé jusqu'à présent à la brosse « dévastatrice (663). » Cette rouille austère

Îue le temps a répandue sur les murs prouit sur l'âme une religieuse impression. 11 faut espérer aujourd*hui que l'énergique réprobation qui s'est manirestée de toute part aura désormais rendu impossible toute entreprise de badigeonnage en grand ; mais ce qui est è redouter par-dessus tout, c'est le barbouillage en détail dont presque toutes les chapelles portent des traces ; ce sont aussi les grossiers replâtrages qui conservent apparentes les réparations exigées soit à la voûte, soit aux murs, et exécutées sans intelligence et sans art par des Vandales qui portent le nom de maçons ; nous ne saurions trop recommander sur ce point notre monument à la surveillance de l'administration.

« Il est k regretter que le pavé de l'église ne soit pas en narmonie avec le reste de l'édifice : les grandes dalles et les pierres tombales qui en couvraient le sol ont disparu depuis une vingtaine d'années pour faire place à un rustique carrelage difforme à la vue, et muet à l'Ame et au cœur. Les pavés tumulaires font partie intégrante de l'église gothique, et c'est en méconnaître l'unité que de les supprimer.

« Le sanctuaire est de forme polygonale; il est éclairé par un double rang de lenètres fort hautes, en forme de lancettes, surmontées de trèfles et de rosaces ; les fenêtres des nefs sont dans le même genre, toutes coupées par un seul meneau. Quelques ornements seulement en diffèrent, ce sont, au Heu de rosaces, des quatre feuilles aux lobes plus ou moins aigus, entourées ou non de cœurs et de flammes allongés. Les fenêtres des nefs latérales ont conservé entre les con-> tours des nervures des fragments de leurs anciennes verrières. Celles de la srande nef, uniquement garnies de froides vitres blanches, donnent trop de jour à l'église, unis

ndalismeen Fran^. — Lettre à Victor Hugo. lONx. d'Estoétiqie.

Si

SAl

SAl

sont toutefois préféraMes aux ignobles vitraux barbouillés de diverses couleurs récemment placés aux fenélres de J*abside, dont la reconstruction vient d'être néanmoins assez fidèlement exécutée.

ff II serait à désirer que le gouvernement complélât son œuvre en rétablissant les verrières coloriées, puisque le secret de ce genre de peinture a été retrouvé (66(h).

« Le fond du sanctuaire est orné de belles

colonnes de port-or (665) dans le style corinthien, et de riches incrustations en marbre qu'on aimerait mieux ne pas y voir; c'est un détestable anachronisme, comme on savait les faire au temps de Louis XIV, et dont tant de belles cathédrales portent les traces. Ces additions du xvu' siècle contrarient singulièrement le plan primitif de l'église qu'on aurait dû s'appliauer à conserver; non-seulement leur ordre d'architecture est un contre-sens avec le reste de l'édifice^mais encore placées de manière à envahir une l>artie du rang inférieur des fenêtres, elles diminuent l'effet que voulait ménager Tartiste. La pensée première, telle qu <elle est sortie du cerveau de Tarchitecte, était de faire de Téglise de Saint-Maximin un édifice entièrement découpé à jour; la multiplicité et la prolongation des ouvertures le démontre; on semi)le en comprendre aujourd'hui la portée, puisqu'on rouvre en ce moment les lenêtres des absides des petites nefs qui depuis longtemps étaient murées; il faudrait aussi que les autels des chapelles latérales fussent replacés dans le sens primitif, afin de pouvoir encore ouvrir les grandes fenêtres qui les éilairaient jadis ; qu'on imagine alors l'elfet tuagique qu'offrirait la vue de ce monument ainsi rélabli dans son originalité primitive, en ayant soin d'y ajouter, bien entendu, de beaux vitraux coloriés, de manière à arrêter les rayons trop vifs du jour, et à n'avoir qu'une mystérieuse clarté, bien en rapport avec la sainteté du lieu. Néanmoins, dans l'état actuel, ce sanctuaire présente un aspect incompaparable dans son genre, on le dirait de verre suivant la pittoresque expression d'une ancienne inscription de l'église.

« 11 y a audessus des marbreries d'assez bons tableaux relatifs à l'histoire de la Madeleine^ et des groupes d'anges en plâtre doré quicom|K)sentce qu'on apjielle la gloire; la plupart de ces personnages sont mutilés et demandent une réparation. Les murailles

(C64) Nous avons souvent entendu dire k bien des pcrsoune8,e8tiuiaU1es d'ailleurs, qu'il Taudraii aui fenêtres de Téglise des hdt^aux rouges pour diniN nucr le jour. Ce serait vraiment là la chose du luoiide la plus barbare en maiière d*art. Comment peui-il y avoir des ^ens qui ne comprennent pas que suspeiuire de miseniDles laïubeaux d^étofledâos les nefs et puis leur adjoindre de longues cordes pour les tirer à volonté, c*e&t détruire tout Telfet de rarcbitecture, c*est aunibiier la perspective, c*esi trauslormer noire belle et sainte église en un vaste magasin de tentures? C'est la dépouiller de son ci? "-altère religieux, de sa majesté, de sa poésie; car

du rond-point sont revêtues d'une scalole

3ui figure des compartiments de marbre de ifférentes couleurs. On y lit le nom de l'auteur :

(JoiNN. Ant. Lombard fecit. 168b.) ^ « Ces murs sont ornés de bas-reliefs, dont l'un en marbre représente sainte MadeieiDd transportée par les anges sur la montagne: un de ces anges joue du violon, itu autre de la lyre. L'expression de la sainte a quelque chose d^neffable ; elle parait livrée anx saints ravissements de Fextase et aux douces harmonies du ciel.

« Au-dessous on lit cotte inscription relative à l'invention des reliques par Charles II :

Régnante iereni'^^ d. d. utriiisq. Sicilim rege et comité Provinciœ Carolo /, «aeroliiiimum D. Jf . Magdaknœ corpus v* tdia de* cembris an 1279, ab excell^*» principe Selerni Carolo ejus primogenito divino «jrf« rante Pneumate (sic) eig; semel et iterum iacratissima panitente revêtante^ prœetnii' bus Narhonensij Arelat.^Ebredun. etAquem.

archiepiscopis ; spectantibus Magulonensi, Agathensi et Glandensi episcopis^ in kêc basilica inventum fuit^ cujus ut sanctitait etmajestati consulerelur^ successu temporis nonis videlicet maiian. i2Sip S€x ponlificum et decem abbatum convocato «îeodo (sic) nempe Grimerii^ AqufnsisérciLf Raymundi Aptensis , Pétri Sistariceneis^ Raymundi Carpentoratensisy Bertrandi iV rojuliensis et Guilielmi Venciencis episco* porum : Uyvonis Cluniacencis , AstorgU Sancti'jEyidii j Pontii Aquas-Bellm^ Berxrandi Siivœcanensis , Guilielmi Franea* rum-yalliumy Arnaudi VnlliS'Magnœ^ Ai' phonsi Thoronetif Gulielmi Sinam^uœ (sirjy Bernardi Silvœ-Regalis et Joannu lotftf- Regalis abbatum , eorumdum omnium eunisterio solemnis"^^ ritu et pompa in cepsaargentea^ in major i ipsiuseccleêiœaltÊT fuit repositumf ejusque caput in mute theca variis gemmis pretiosisq. circwmêf^ nata lapidibus , nonis maii anni 1S8I| reconditum ad perpetuam rei memoriûm.

« L'autre bas-relief qui figure la oommeniou de la Madeleine est en terre coila* Cette composition, d'une onction et dHiea délicatesse de touche remarquable, esl àelli

tout doit être essentiellement grave el tole&aeli réglise gotbique. Et les ometneuls déeoepéi dei Teuétrcs, tout minutieux qu*iU sont, ne rauiffMM

'ëpooeel

quoi donc ne pas les laisser à dëeeevertf

(065) Les belles colonnes de poct-er d>ai ealrtf d'un jaune Tort vif qui parent k nitlUe-«erf di Saint-Maximin, ont été lirées du terroir dtWèKk près de rerniitage de Saiut-Uilaire. (Pap^ '^^ en Pror,, t. I, |i. Si.)

ess

SAl

D'KSTIIIlTIQLE CHRETIENNE.

SAl

seule tout un petit poème plein de sentiment ; la pose de la sainte pénitente est sublime d'hamiliation, et le groupe d*anges •uspendu dans l'espace y rayonne d'une grâce céleste.

« Au bas se trouve cette autre inscri|)« lion qui fait foi de la translation des reliques en présence de Louis XIV :

JVooertm univeni tam prœstntet quam fuiurit Chriit^* Galliœreae Ludovico magno JKIV^ belli pacUqut aroitroy annuenU et

Ïeetante^ una cum seren^*^ regina matre Anna austriacaac eccell"'' principe Philips Borbonio^ germano unicOf magna jnincipum^ ducumatque nobilium comiiante eaterva^ sacras ti/"»* pœnitentis Magdalenœ reliquias ex urna plumbea in porpkyretieam pretiosam altam per summum poni. Urbanun VI II solemni ritu Romœ 6enêdictamyptr exceis^^ dominicum de Marimiê , arek. Avenionens. ex ordine prœ^ éicatùTum assumptum ac dictœ urnœ largitorem munt/icum, priore ac cœteris reli-

g'osis hujusce regiœ dom. assistentibus^ sius regiœ majestatis jussu et applausu fiêisse nanis febr. an. 1660, sotemniter iranâlatas. Cujus rei qratia prœfati cœno- Uim altare leueritium inmarmoreum variis fgurU deauratiê summis expensis^ magna fuê cura et artificio eleboralis omatum; me umam parpkyreticam decoratu immu tmrunt^ ut lateritiam peccatricem ^uam ad pedeê Domini plurimi viderant, in pœni^ iemtem et porpnyreticam mutatam universi widerenif ac admirarent ; xiv* id. ap, an. 1683. Funde ergo lacrimas pœnitentiŒf fuisquis sis^ pœnitentis exemplOy et te toimm senties tn bonum immaculatum atque translatum^ lœtusque ac Hla audies : Vade in paee.

c On distingue aussi sur un médaillon le dessin de la Sainte-Baume, telle qu'elle était avant la dévastation de 1793, c'est-à-dire arec son hôtellerie et son couvent.

« Le maltre-autel est de marbre jaspé, enriebi de figures et de médaillons de bronze : il date de 1683. A cette époaue les Dominicains voulurent remplacer l'autel primitif, qui était de briques, par celui-ci qui coûta quatre ans de travail et vingt-deux mille Uvres (666). 11 est surmonté d'une très-belle vne de porphyre , sur le couvercle de la-

Kille on voit l'image de la Madeleine en nze doré. Cette urne est supportée par denx chiens aussi de bronze tenant un Qam-

1166) ArdUwi de la viUe de Saint -Maximin.

Ii67j Père Gavoiy, Util, de sainte Magdeleine.

fM) Les lettres-patentes du roi et les procès- ^liaai tODt rapportés en eotier par^lusieurs hisitrieas, eotre autres par Bouche , Uist. de Prov.^ I» H, p. f 6M et I0S5.

Ma) Les sujets du cété droit en entrant sont : 8w J^asdaieue, •i.Aalaaia,arcliev.deFlo- S. Pierre Gonzalés,

wacs. Albert le Grand,

& Tlaeeiit Fenier,

BuftayMoaddePennafort, Ste Rosalie de Lima, ^ l^teCatberinedeCastello,

beau; c'est l'emblème de saint Dominique : lumière et tidélité. L'inscription que nous venons de transcrire nous donne, en quelques mots, l'histoire de cette urne: elle fut un présent de l'archevêque d'Avignon, Dominique de Marinis; le Pape Urbain Vlll la hennit à Rome en i^Sk, et une partie des reli- Sues de la Madeleine y fut transportée le février 1660, en présence de Louis XIV, d*Anne d'Autriche, sa mère, de Philippe de Bourt)on et d'un nombreux cortège de princes et de seigneurs.

« La cour do Louis XIV se trouva réunie à Saint-Maximin, elle y arriva le k février à l'entrée de la nuit ; « Le roi fut reçu et ha- « rangué à la porte de l'église par le prieur « du couvent, revêtu des plus riches orne- « ments et accompagné de soixante reliff gieux tenant chacun en leurs mains un « flambeau, et après que ledit prieur eut « présenté l'eau bénite et donné la croix à « baiser au roi et à la reine sa mère. Leurs « Majestés furent conduites pi ocessionnelle- « ment dans l'église et éclairées de quantité « de flambeaux jusqu'au maître-autel (667). » Le lendemain, le roi et la reine allèrent visiter la Sainte-Baume et revinrent pour la cérémonie de la translation, à laquelle procéda, en leur présence, Tarcbevêque d'Avignon, au milieu d*un immense concours de peuple. La vieille châsse de Charles 11 fut ouverte; les ossements qu'elle contenait furent renfermés dans le vase de porphyre destiné à cette tin, conjointement avec les procès-verbaux que dressèrent à cette occasion l'archevêque d'Avignon et les secrétaires de Louis XIV (668), ainsi que tous les écrits qui se trouvaient dans l'ancienne chAssc; cela fait, on ferma l'urne, on en donna les clefs au roi qui les fit briser en sa présence, voulant qu'elle ne s'ouvrît que par son ordre ; mais en 1793 on tenait peu de compte des ordres des rois ; aussi, l'urne ne manqua pas d'ôtre ouverte et les objets qu'elle contenait d'être livrés aux flammes.

« Le chœur est vaste et bien proportionné ;

Î)avé en marbre comme le sanctuaire, ilrenérme quatre-viu^-quaiorze stalles et porte le millésime de 1692; ses boiseries sont dignes de Uier au plus haut degré l'attention par le fini du travail et la délicatesse des sculptures; elles sont ornées de vingt-deux médaillons relatifs à l'histoire de Tordre de Saint- Dominique, de l'exécution la plus franche et la plus correcte (669). Cette menuiserie est grave, solennelle, architecturale, brune de ton, riche de détails; le de-

Côté gaiiclie :

S. Pierre, martyr. Le bienheureux Marcelin,

S. Thomas d*Aquin, ^te Catherine de Sienne,

S. Hyacinthe, Ste Agnès de Montt; Pu^ S. Louis Bertrand, ciano,

S. Anibroise de* Sienne, Ste Marguerite de Savoie* S. Pie V,

Les médaillons supérieurs : traits de la vie de saint Dominique.

{Nou communiquée par M. le curé de Saint-Maxi* min,)

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