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vant en est fermé par une grille en fer avec forc:e enroolements dans le goût de Tépoque. La porte est surmontée d*un beau Christ et de deux anges assis à côté dans une pose parfaite; de grandes colonnes canneléeSy dans le style corinthien, en décorent i*entrée; c'est là un flagrant désaccord avec l'architecture de l'édiflce; mais comme en résumé, la beauté de la sculpture fait de ce chœur une des choses les plus remarquables de notre église; nous Tacceptons sans nous plaindre.
ff On ne sait pas s'il a jamais existé un jubé. Les architectes gothiques étaient pourtant dans l'usage général de jeter à l'entrée du chœur ces barrières de pierres, si richement découpées, pour déroner aux jeux du peuple les mystères du sanctuaire et ajouter encore à l'etTet de la perspective ; mais dans l'église, de Saint-Haximin, il n'y en a ni trace» ni souvenir.
«i Un autre ouvrage de sculpture sur bois bien en rapport avec la majesté du monument, c'est fa chaire ; grand et beau travail dû au ciseau d'un humble religieux, le frère Louis, qui la termina en 1756. Les sept médaillons dont elle est ornée figurent tous des sujets puisés dans la vie de la Madeleine. Le groupe au-dessus de Tabat-voix est d'un offet grandiose : il représente l'apothéose de cette sainte; au-dessous des médaillons sont les emblèmes des quatre évangélistes et une pomme de cèdre du Liban.
« Le dernier objet qui fixe l'attention dans la grande nef, c'est l'orgue : ce gigantesaue instrument avec son double buffet, ses Ibrmidables batteries de tuyaux, se trouve }ilacé au-dessus de la grande porte sur d'ignobles colonnes d'ordre ionigue en plâtre blanc, brutal anachronisme qui jure avec le reste de l'édifice. et suffit pour donner une idée du bon goût du siècle de Louis XV auquel appartient cette construction ; quant à 1 instrument en lui-même, sorti des ateliers du facteur Isnard peu d'années avant la révolution, riche de quatre claviers, de quarante-neuf registres, d'un clavier de pédales d'une octave et demie, et d'un bourdon de trente-deux pieds, il est le plus puissant et le plus complet de tous ceux du Midi.
« Au-dessous de la tribune de l'orgue,
f>rèsde la porte, on lit cette inscription reative à la consécration de réalise :
Anna reparatœ salutii mdcclxxvi, die xix deptembriSj regiam hanc basilicam^ subinvocationeS. Magdalenœ^ solemni rilu cotiMe" eravit illust, ac rêver in x" pater d, d. Jacob franc, Thomas d'Astesan ord.prœd., episcopus Nicensis hujus regii conventui alumnuM.
« Dans la nef du sua ou ou rosaire, la première chose à remarquer c'est aussi une inscription eu caractères gothiques qui ré-
sume en quatre distiques l'histoire de l'église - la voici :
1279. Caroluz oilrifero noffîs demiuiu olympo
Floriger erexU tecta TonanlU ope.
1180. Àndegamu pasior nctUris Bemoùa m cris.
Hoc iinuU incœptum c/mihmmni ofms.
1515. Franciêctu, êublime decu$, radiamia pergk,
Templa qmdemj cuju$ nomen ad astrit tilaL 1519. Quippe Renom wm$ clora de tlirpe Sabtmdtn,
Has œdei vHreas tmne nuUanUr agit.
« Le dernier René dont il s'agit c'est le bâtard de Savoie, grand sénéchal et gouverneur de Provence sous François 1". Nous voyons par là que quatre princes, Charles II, René d'Anjou, François I** et René de Savoie, contribuèrent è l'édification et l'einbellissement de notre église.
« Au-dessus de cette inscription est un tableau représentant Tobie, son fils et l'ange. Cet ouvrage, dû au pinceau d'un jeune artiste de Saint-Maximin, M. Bertrand, parut au salon de 1829. 11 a été donné par l'auteur, dont il peut être considéré comme l'heureux début.
« En général, l'église de Saint-Maximin n*est pas très- riche en tableaux; nous citerons cependant dans cette nef celui de sainte Anne, sur un autel adossé au chœur, peint par un habile coloriste, Michel Serre, catalan de nation, mais justement considéré comme peintre français, parôe qu'il vint se fixer à Marseille et y mourut Tan 1733. Ce tableau, très-incorrectement dessiné, est plein de vie et d'une grande vigueur depiiceàu, la teinte en est chaude et accentuée; il y a aussi quelque chose qui se ressent de l'origine espagnole de l'artiste dans la beauté matérielle du visage de la sainte et dans le réalisme de ses formes.
« Une autre toile non moins di^^ne d'attention et qui se fait remarquer par des qualités opposées, c'est celle de saint Dominique, dans la chapelle de ce nom. Le dessin est d'une irréprochable pureté, la com[K>sition bonne, la lumière parfaitement distribuée, tout y est calme, gracieux, bien ordonné ; la tête d'un des chérubins est d'une beauté vraiment idéale. On ignore le nom du peintre à qui est dû ce tableau, mais à coup sûr il appartient à l'école française.
« Suivant 1 usage établi dans presque loi» tes les grandes églises à ogives, une suite de chapelles règne à l'eniour des ni^ et chacune de ces chapelles correspond k une travée. Les nefs latérales, au lieu détourner autour du chœur, s'arrêtent à ses c6lés et se terminent en absides.
« L'autel du Rosaire, placé en face de la nef, se trouvait anciennement dans Téglisi des Capucins ; le devant en est reaiarquable; il y a été récemment adapté uar les soins de M. le curé, qui l'a tiré de la uoossîèfe oà il gisait depuis long}ies années. C'en m curieux morceau de sculpture sur boif doré du xvi* siècle; quatre sujets 7 sont représentés : le départ de la Madeleine; J^ sus-Christ ap)>araissant à la HadeleiM sou^
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D'ESTHETIQUE QHŒTÏENNE.
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la forme de j<irdinicr; au bas de la tiimque du Christ, on lit ces mots avec cette ortnoraphc: Jesvi salvator mondi verbom; Maeleine chez Simon le pharisien et Jésus- Chris': prêchant h la Madeleine. Ce basrelief est Touvragc d*un artiste de Saint- Maxirain, comme rindioue Tinscription qu*on y trouve : Johannes Begini hujtis civiiatis fecit. 1536.
« Autrefois le Rosaire servait d'église paroissiale, tandis gue Tusage du chœur appartenait exclusivement aux religieux; c'est ce qui donna lieu, peu d'années avant Ja révolution, è un singulier procès entre l'archevêque d'Aix et les Dominicains : l'arehevAque prétendait avoir le droit d'entrer dans le chœur sans la permission du prieur du couvent, parce que Téglise de Saint - Maximin se trouvait sous sa juridiction; le
f rieur lui déniait ce droit, distinguant dans église deux parties, l'une soumise è la juridiction séculière, l'autre exclusivement monacale, et par conséquent ne relevant de Jui en aucune manière; la question fut portée devant le parlement de Provence qui donna gain de cause aux Dominicains.
« La nef -du nord, ou du Corpus Domini^ renferme plusieurs objets dignes d'attention.
« La chapelle de Sainte-Madeleine qui s'^y trouve, facile à reconnaître à cause des nombreux ex-voto qui; couvrent ses murs, dot S9l fondation dans le xv* siècle à un ▼œu de Jean le Maingre, maréchal de Boucicault, dont la vaillance servit si bien le roi Charles V et son fils Charles VL II fit eonstruire à ses frais deux chapelles, l'une dans l'église supérieure, l'autre dans l'église souterraine de Saint -Maximin; ces travaux lui coûtèrent onze cent cinquante ll-vins d'or (670). L'autel actuel, d'une belle menuiserie, n'a guère plus de soixante ans de date ; on y voit une mauvaise copie de la Madeleine de Lebrun dont on admire Toriginal au Louvre, et qu'on dit être le portrait de La Vallièro.
« Celle qui la précède immédiatement est sous le vocable de saint Louis, évèque de Toulouse, fils de Charles II, fondateur de réalise. Ce saint prélat étant mort et ayant été canonisé pendant la construction db monument, Robert son frère, alors comte de Provence, ordonna, en 1337, que la première chapelle achevée dans 1 église de Siiot-Maximin lui fût dédiée. Il écrivit à ce sujet au prieur du couvent (671). Ses ordres ne manquèrent point d'être exécutés; mais l'autel ^u'on y voit aujourd'hui est moderne et n offre rien de remarquable.
« La chapelle de Saint-Eloi possède un élégant autel portant le millésime de 1661.
« Celle de Saint-Jean, qui vient après, est ornée d'antiques et belles peintures sur bois; ces peintures, pleines d'intérêt pour eeox oui aiment à suivre le progrès des irt$ à fépoque de leur renaissance, renferment les qualités et les défauts des œuvres
du temps. Divers sujets y sont représentés, tous divisés en compartiments : Jésus-Christ apparaissant à la Madeleine sous la forme de jardinier, la décollation de saint Jean- Baptiste, sainte Marthe domptant la Tarasque, saint Thomas avec l'inscription gothi-
3ue : Benescripsistide me, Toma ; sur un méaillon sépare on distingue un missionnaire prêchant à des sauvages ; on voit aussi de grandeur naturelle saint Thomas d'Aquin, saint Sébastien, saint Antoine et saint Laurent tenant un livre ouvert sur lequel ces mots en gothique : . In cratieula te Dominum non negavù te D. /. C confessus ium; et audessus, à l'extrémité du tableau qui se recourbe en forme d'auvent, la sainte Vierge, Jésus-Christ sur la croix, saint Jean écrivant l'Apocalyse et l'Annonciation avec cette inscription : £rce ancilla Domini^ fiât mihi secunaum Yerbum. Cet autel a conservé toute sa physionomie gothique; il est le seul qui, à notre grande satisfaction, soit encore placé dans le sens primitif, c'est-àdire qu'il fait face à l'entrée de l'église.
« L'autel enfin qui mérite le plus d'être observé c'est celui du Corpus Domini^ placé au fond et en face de la nef; il est aussi décoré de vieilles peintures sur bois trèsappréciées par les amateurs. Ces peintures datent de 1520. On y voit un beau Christ en croix entouré de 16 médaillons figurant les diverses scènes de la Passion. Les personnages sont revêtus d'ajustements singuliers, comme on en prêtait dans le moyen Age aux Juifs ou Orientaux dont on ne connaissait pas le costume ; malgré la raideur du dessin et l'accent primilif du trait, on y reconnaît le cachet d un maître ; le mérite de la composition est immense pour la finesse des têtes et le précieux des détails, les fonds des médaillons forment des paysages riants et variés dans lesauels l'on distingue le palais d'Avignon, le Colysée et plusieurs monu- ^ ments romains, ce qui ne nous empêche pas . d'attribuer sans crainte cet ouvrage à l'é- Gole flamande ; car il ne manquait pas, à cette époque, de peintres flamands qui quittaient leur pays pour aller s'inspirer sous le ciel de l'Italie et en rapporter des souvenirs. Sur les côtés de l'autel sont quelques têtes isolées pleines d'expression et de vérité. Le devant est aussi orné d'une belle Ïeinture représentant la descente au tomeau; les têtes des saintes femmes et des disciples y ont cette expression pathétique et douloureuse dont les artistes gothiques possédaient si bien le secret. Un chartreux assiste à ce mélancolique spectacle et ne parait pas du tout étonné de se trouver en pareille compagnie; au-dessous on lit en caractères gothiques :
MeSSIRE JlCQtES DE BeAVNE, GHIMBERLAN DL ROI, SEIGNEUR
DES Blachar a fait fère c'est
AUSTIER. — 1520 ET 29 DE MAIY.
'670| Maonscrit de M. de Saint-Vincent.
[f 71) Celte lettre est rapportée en entier par Bouche, Hi$L Hê Prov,, I. U.
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« La sacristie est vaste» maiestucuse, vraiment digne de Téglise; de belles boiseries formant armoires en décorent les murs, et des arabesques entrelacés sont peints à fres-
3ue sur la voûte; elle possédait autrefois 'immenses richesses, des vases et des caliees dW, des cbAsses d'argent, des ornements éblouissants de pierreries. Son trésor était des plus opulents, les rois et les souverains pontifes avaient prodigué leurs dons. Mais tout disparut en 1793 ; ce fut Barras qui» dans le clubde Saint-Maximin, vint eu aécréter la spoliation, sous le prétexte des besoins de Tarmée. Un simple paysan, membre du club, seul se leva pour protester contre cet acte de vandalisme ; il eut dans la bouche dos paroles honorables qui furent sans succès, tout fut pillé. 11 ne reste plus aujourd'hui de tant de merveilles qu'un seul objet, bien précieux comme monument bistorique, c*est une chappe en soie brodée d'or. S'il faut en croire la tradition, cet ornement aurait appartenu à Tévèque saint Louis mort en 1299, ce qui le ferait remonter au xiu* siècle; les dessins qu'on y voit, divisés en compartiments, représentent des sujets de l'Ancien Testament et divers mystères de la Passion.
« Malgré les dévastations du vandalisme révolutionnaire, lart eut pourtant le bonheur d'échapper à ses atteintes : la conversion qu'on fit de l'édifice en magasin à fourrages le préserva de toute dégradation.
« Le dernier objet qui attire les regards dans l'église de Saint-Maximin, c'est la cha-
Selle souterraine où l'on conserve le chef e la Madeleine ; autrefois la châsse qui le renfermait était d'un prix inestimable, ornée de la couronne de Charles d'Anjou, d'un masque d'or massif et de la statuette agenouillée d'Anne de Bretagne , aussi d or massif émaillé; aujourd'hui cette châsse est tout simplement de bois doré, un verre placé devant la table de la sainte permet de l'examiner librement ; le sacristain ne manque pas de faire observer ce qu'on appelle le Noli me langer e^ c'est-à-dire l'endroit du front oiï, selon la légende, Jésus-Chrit toucha la pécheresse. Cette tète, un os du bras «^t des cheveux, c'est là tout ce qu'on trouve à Saint-Maximin des dépouilles mortelles de l'illustre pénitente; le reste, à diverses énoques en a été dispersé dans la chrétienté ; € est aussi ce qu'en 1793 des personnes pieuses sauvèrent du naufrage. On montre un «ancien reliquaire en cuivre doré, tout fleurdelisé, portant une date qui parait être celle de 1135. Il renferme la sainte Ampoule^ petite fiole de verre contenant de la terre et des pierres teintes dit-on, du sang de Jésus- Christ. « Le jour de la Passion, Oit Bellefo-
« rets, cette fiole montrée aux fidèles se « remplissait de sang, et il n'y a guère boo « catholique en Provence qui n'ait va chose « si rare et si merveilleusH (672). »
(c Celte crypte renferme encore quatn tombeaux, intéressants monuments de l'ait comme de l'histoire du christianisme. Troii de ces sarcophages sont de marbre et m d'albfttre, c'est ce dernier qu'on dit avoir renfermé le corps de sainte Madeleine; il est mutilé au point de ne pouvoir recoDiut- Ire aucun des sujets qui y sont fif^rés. Les trois autres sont, d'après la tradition popih laire, ceux de saint Maximin, de saint & doine et de sainte Marcelle. Divers sujetsde l'Ancien et du Nouveau Testament y smit sculptés en relief; sur celui de saint Haiimin on distingue une crèche, le massant des innocents, le reniement desaint Pierre; sur celui de saint Cidoine, le plus grand de
. tous, on voit l'aveugle-né, l'hémorrhoîsse, il multiplication des pains, le lépreux, brisurrection du fils de la veuve de Naioiy le résurrection de Lazare, le sacrifice d'Abraham, le hibou égyptien :1a tablette est soi» tenue par des anges; sur celui de saiole Marcelle, ce sont des monstres marins, dci rudentures en spirale et deux figures di saints. Ces tombeaux font l'admiration dei antiquaires. Il y a aussi quelques pieiTCi
^ incrustées dans les murs ou Ton remarqni des dessins d'une haute antiquité ; elles |iiésentent des figures de face^ droites et ni* des ; Daniel dans la fosse aux lions, le sacrifice d'Abraham, et une image de la Madeleine avec cette inscription indéchiffrahlBb que nous transcrivons seulement pour la litisfaction des archéologues :
Maria virgo, i
MlN ESTERDÉ^, |
TeMPVI oc EROSAIB*
tf Ce lieu était autrefois en grande véo^ ration : les femmes non plus que les boauKS armés n'y pouvaient entrer ; les têtes CW" ronnées elles-mêmes se conformaient èc< usage. Les comtes de Provence man<raaieil rarement de le visiter; les rois de Fraetf aussi accomplissaient ce pèlerinage : le m Jean y vint en 1362, Charles VI en IW Louis XI en U17 (673), Louis XII,eoiM duc d'Orléans, en 14%, et Anne de Ifr tagne en 1503. François 1*' y vint avec fl femme, sa mère et sa sœur en 1516; illaifli de glorieuses marques de son "^êasÊgt^ comme l'atteste ce distique, extrait d^M inscription aujourd'hui détruite :
Cumque fuit prœsens in sanctœ Magdati$ Est rex largim munera magna potem (674).
(G72) Cosmographie universelle (1575), p. 32i[
(675) Louis \l coiiToilail la Provence. Ce pèlerî-
n.ige lui servit de prétexte pour visiter ce pays. A
5011 retour, il voulait exiger du roi René Tabandon
tkf fics Etats en échange d*une pensiou viagère de 60
mille francs de rente. Cette injurieuse fut rejetée. ( Marquis de Villeneuve-Tnns, Hené (t Anjou.)
(674) Bouche, llist. de Pror., I. II ; P. De advcnttt MagdaL
Uét
D'ESTHETIQUE CHRETIENNE.