‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 87 sur 167 · SKI · texte numérisé non relu

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ff Henri II, Catherine de Médicis, Charles IX, Henri 111, Henri IV, Loiris XIII et IjOuIs XIV vinrent aussi faire leurs dévolions dans ce lieu de prières oit s'agenouillèrent plusieurs souverains pontifes. Ceux dont 1 histoire a conservé les noms sont : Jean XXII, Benoît XII, Clément XJ, Innocent IV, Urbain V, Grégoire XI et Clément VII.

« Cette chapelle fut aussi, en 1610, le théâtre des exorcismes d'une jeune personne, Madeleine de \b Palud, qu'on prétendit avoir élé ensorcelée par Gaufredv, prêtre bénéficier en réglise des Accoules de Marseille. Madeleine fut amenée : « Pour prendre ad- « vis du P. F. Sébastien Michaëlis, prieur « du couvent royat de Saint^Haximin et rece- « voir l'absolution de luy comme inquisi- « teur de la foy, si d'adventure il y avait en « elle auelqnès cas réservés, et après lui « faire laire une neufvaine-à la sainte cha- « pelle où gist la sainte Magdeleine, et « I exorciser soir et matin, pendant lequel € temps les diables feirent des mouvements c fort étranges, se tourmentant beaucoup, « mais ne voulantjamais parler (675).» Alors il conseill-a de mener Maaeleine à la Sainte- Baumeoùtes exorcismes durèrent plusieurs mois * là tes démons firent de lonss discours, Terrine et Relxébut furent lrès-e!oqucnts... Sébastien Michaëlis, jugeant que Madeleine était bien possédée, communiqua le tout au président du parlement d'Aix ; Madeleine obtint çrâce etGaufredy fut brûlé vif, comme coupable du crime de rapt y séduction^ impiété^ magie^ forcellerie et autres abominations, ( Arrêt du parlement d'Aix.)

« Disons maintenant quelques mots sur Textérieur de l'église. On n'y voit point cette sombre couleur des siècles dont l'atmosphère du Nord recouvre ses monuments; les pierres sont ici d*une teinte chaude «t dorée comme sous le ciel de l'Italie. Les ccMitre-forts et arcs-boutants qui soutiennent les murs sont un mélange de force et de souplesse, de hardiesse et de solidité; ils ont un double rang de gargouilles pour rejeter l'eau, à Texceptian de ceux récemment réparés où, par économie^ Ton a jugé à propos de supprimer ces monstres de pierre.

c Ces nouvelles constructions, faites sans intelligence et sans soin» sont loundes et disproportionnées; elles se lézardent déjà de toute part et bientôt menaceront ruine ; e*e8t ainsi que Ie3 hommes de notre époque bfttissent pour la postérité. Il est vraiment déplorable de voir gaspiller de cette manière les fonds publics et profaner nos anciens monuments.

« H manque à notre église une belle flèche pour, dominer Tédifice. Le clocher, si toutefois nous pouvoirs donner ce nom à une simple tour attai-hée aux mues de l'abside qu'elle dépasse de |)eu, possédait avant une* brillante sonnerie; mais le creuset

de la réjmblique en revendiqua toutes les cloches pour llss transformer en pièces de canon ou en gros sous.

^ « En 1826, le conseil municipal en a fait replacer une à ses frais : elle pèse kl quintaux et a coûté 5,000 fr.

« Cette notice, longue et fastidieuse pour la plupart de nos lecteurs, paraîtra sans doute courte et superficielle aux hommes

f raves qui font de nos monuments une tude sérieuse. II y aurait certainement encore beaucoup de choses à dire sur l'église de Saint-Maximin ; néanmoins dans cet édifice» les détails ne sont rien, ils disparaissent et s'effacent devant la majestueuse beauté de l'ensemble. Les investigations de l'antiquaire tombent ici devant Tadmiralion de l'artiste : l'enthousiasme ne comporte IH)int l'analyse.

« Si Ton veut maintenant avoir une idée complète du monument, en restaurer par la pensée tout le magigue aspect, il ftut le rétablir dans son originalité primitive, lui restituer par l'imagination ses beaux vitraux coloriés, ses anciens ornements, ses somptueuses décorations; ce n'est pas tout, il faut encore en repeupler la solitude; il faut au pied de ses autels mettre en prière lîhaque corporation avec ses insignes, ses usages, ses habits si variés, si pittoresques; il faut replacer dans leurs stalles les quatrevingt religieux qui les remplissaient jadis, et dans le sanctuaire, ces prêtres vêtus d'or dont les chants s'élevaient accompagnés par hi grande voix de l'orgue. Alors l'église reprend de la vie, son glorieux passe semble sortir de la tombe, on peut juger de l'effet entier de l'édifice; on a devant soi un magnifique spectacle où tout s'harmonise admirablement; tandis qu'aujourd'hui, en contemplant cette vaste él belle ^lise, avec ses ornements mesquins, ses nefs désertes, ^ ses stalles vides, sans chapitre^ sans céré* -A monies, desservie seulement par deux pai^- Très prêtres, on éprouve ma>ere soi une impression . pénible, un profond sentiment de tristesse.

« Certes, nous ne nous repaissons pas de chimères, et nous ne prétendons point ressusciter un passé mort probablement pour toujours ; mais si la révolution a tué la splendeur du culte, il est une chose qu'heureusement pour nous elle a épargné, c'est le monument. TâK^hons de transmettre à l'a^nir de notre pays cet héritage de son passé L'Etat, depuis bientôt auinze ans, s'est chargé de pourvoir àses besoins; mais l'allocation annuelle qui lui est destinée est loin d'être suffisante. L'église de Saint- Maximin mérite au plus haut degré l'intérêt de la nation; aue la nation ne lésine point avec elle, qu'elle ne lui marchande pas quel-

2,ues écus pour son entretien. Réparons les difices élevés jiar nos pères, mais réparons-

(673) Elirait da livre intitulé : Histoire admirakle de la posseuion et conversion d'une pénitente S4*éwiu |wr iM magicien, par R, P. F. Michaëlis^ vrUur

du couvent de Saint-Maximin, (Paris, 1614). fc î oieil est assez rare.

OGS

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