‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienneChapitre 90 sur 167 · CU · texte numérisé non relu

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pitre décédé à cette époque. La lettre entrelacée ou sigle» que croit entrevoir dans celte inscription Tauteur du Guide (pag. 385), nous paraît être Ta, qui était en usage dans les inscriptions lapidaires des x*, xi* et xu* siècles, et qui appartient au mot decanui.

Les chapiteaux des colonnettes de cette galerie présentent successivement en relief: sur la première, les tètes des douze apdtrès, un lion et un griffon symbolique, la Vierge et saint Josenn; Gabriel et la vierge Marie, c*est-à-dire le mystère de TAnnonciation ; sur la troisième , au centre, la dernière scène de Jésus avec ses disciples , et, sur un des côtés, sainte Marthe muselant un animal monstrueux et chimérique , la tarasque , qui a donné son nom à une ville voisine, Tarascon, et dont Timage scul[)tée dans le cloître d*Arles prouve la haute antiquité de ces histoires fantastiques, merveilleuses, du moyen âge ^095). *

Sur la Quatrième, la fuite en Egypte de Marie et ae Joseph avec Jésus ^ enfant; sur la cinquième, l histoire de Samson^ vainqueur du lion et lui-même vaincu par Dalila, qui, pendant son sommeil, rasa ses cheveux; sur la sixième, la Lapidation de saint Etienne f premier martyr et premier patron de T Eglise.

La galerie , côté nord, conduit de la porte intérieure de Téglise à la porte des salles du chapitre ; à Tangle, le pilier est soutenu par un Père de TEglise en forme de cariatide et dont le nom n*est plus lisible. Le pilier a plusieurs panneaux; chaque panneau est composé de deux tableaux sculptés.

Sur la |)artie inférieure on a représente les pèlerins d*£mmaûs, leur table décorée de colonnes en rel ef que le temps a effacées; sur la partie supérieure, les trois Marie portent des roses de parfum au tombeau du Christ.

Un saint crosse est àTangle; une inscription au t)as indiquait son nom, elle n*est plus lisible; Tencadrement est formé par deux pilastres entourés de rinceaux.

L*autre panneau est également divisé en deux parties.

Le Saint-Sépulcre est au centre ; dans la partie inférieure , les soldats préposés à sa garde sont endormis. Un ange est sculpté des deux côtes du saint sépulcre, d'où s'élève, dans une nuée, la croix triomphante avec cette inscription : Sepulcrum Dei.

Sur le plan le plus élevé, Jésus monte au ciel; VAscension^

Ije rinceau ou enroulement de la frise est en feuilles d*ac^nthe et entoure les quatre galeries.

La statue de Tapôtre saint Pierre, symbolisée par les clefs, tonche à ce pilier et commence la galerie du levant. Les chapiteaux des colonnettes , ici encore , sont sculptés : sur la première ^ la Résurrection de L4umre se lit avec netteté ; sur la deuxième , U Sacrifice d^ Abraham ; sur la troisième. Les Israélites campés dans les plaines de Moab^ bénis par Balaam , des hauts lieux de Baal. La scène est caractérisée par TAnesse de Balaam et pr une tour avec cette inscription : IsRiBL. Un pilier surmonte immédiatement trois fisures de saints, dont l'une est remarquable par les sandales et la besace, symbole des ordres mendiants.

Sur la sixième est figurée rApparitian du Seigneur à Abraham dans la voilée iê Mambré: Abraham porte sur ses épaules k Sara, dont le nom est visiblement gravé, le veau gras destiné à ses hôtes. Sur la septième, on distingue un homme tenant un livre ouvert sur lequel est écrit Paulcs, entouré de vieillards qui Técoutent : évidemment, c'est la Prédication de saint Paul dans l'aréopage d'Athènes.

Trois statues entourent le troisième pilier : la première représente l'apôtre saint Jacques, puisqu'elle porte sur un livre l'inscription Jacobus; la seconde offre ie Christ montrant ses plaies à l'apôtre Thomas^ tr<Msième figure de ce groupe.

Sur le chapiteau de la septième colonnette et en relief, mais en raccourci, un v/iste tableau : c'est le Peuple d^Israël et ses troupeaux f et comme sujet principal. Moïse rece^ vont du Seigneur les tables de la /ot, avec cette inscription : Tabula Motsi.

Les sculptures des huitième et neuvième colonnes sont fantastiques et de por ornement.

Le pilier le plus rapproché, et qui forme angle, présente, d'un côté, un apôtre debmsi^ dont une inscription indiquait le nom, mais elle est entièrement effacée ; de l'autre côté» tin saint présente un livre sur lequel est Kravé le nom Stephanus. Dans les panneaux figurent, d'un côté, la Lapidation de êmai Etienne^ martyr; de l'autre, fAscemiên ii Jésus.

Le mur parallèle aux colonnes de cette gt lerie était découpé en arcades : il Gondni* sait au réfectoire, lorsque ce clottre servait

de monastère.

Sous le rapport de l'architecture, lesarci doubleaux de cette partie de Tédillce, oraéi de culs-de-lanipe et de feuilles d'acanthe, doivent fixer latteniion.

La galerie du côté nord offre un cintf^

(695) Ceci est plus qu^uiie histoire fantastique ; c*esi un admirable symbole de la vicloirei|ue sainte Marthe, sœur de Lazare, remporta dans celte contrée alors idolâtre, par TEvangile uu*elle y apporta, Mir le monstre du paganisme représenté par un dra- |!on que, le jour de Sainte-Marthe, une jeune fille •Mène à ré'^lise enchaîné, pour quMI meure sous IVau bcnitc. Ce jour-là est , de temps imméiiiorial,

un jour de grande fête pour la ville de Tarascea^ ses environs. Ces sortes d'aUégories ëcflùiéei s rappeler le triomphe, par ta prédicalÛNi évai^fil' que, du christianisme sur Tidollitrie, aent les it* trouvons dans plusieurs autres cités; wêêês cdis dont il s'agit est une des p!us eipressîves, te fki^ poétiques. (Noté derMUtiur.)

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plein, mais surbaissé du c6té du préau pour faciliter Técoulemenl des eaux pluviales. Elle commence encore par la Lapidation de Maint Etiennty sujet qui reparaît plusieurs fois, |>arce que ce martyr était le patron de rÊglise. Le martyr est entre deux pilastres umés de rinceaux, et le nom Stephanus est lisible.

Dans les panneaux on a sculpté : sur le plan inférieur, la Lapidation; sur le plan supérieur, VApothéosef c'est-à-dire Jésus- Cbrist décernant à Etienne la palme du martyre. Dans la partie supérieure de celte paierie, entre les archivoltes et la corniche, les évangélistes sont $yml>oIisés par des tètes de bœuf, de lion, etc. (696).

Les sculptures des chapiteaux des colonnettes de cette galerie, re présentent, ;en rac- Murci :

Le premier, les mystères de rAnnonciation^ de la Visitation de la Vierge^ de la Naisêtmet du Christ et de la Purification: le second, trois aigles et un auge, les ailes déployées.

Sur le troisième, PÀnge annonce aux berger$ la naissance du Christ.

Les sculptures qui entourent le deuxième Initier de cette galerie rappellent la flagellation de Jésus : un soldat est armé de Tûixlrument de la flagellation; Judas^ sur le (ôlé, porte dans une bourse le prix du sang du luste et de sa trahison ; le Christ est attaché â la colonne, Mais ce Christ ayant été détaché du groupe par accident, n'est plus à sa place; il est conservé au musée d'Arles : sans doute on le rétablira incessamment pour compléter ce tableau.

Sur les chapiteaux des colonnes qui Ta- ▼oisinent on distingue :

Sur Tune, le roi Hérode, le Massacre des Innocents et Rachel pleurant ses enfants; sur l'autre, la Fuite en Egypte^ le Sommeil des rois mages et l'avertissement du ciel de n aller point reJtrouver Hérode; sur le Iroi- Mème, V Arrivée chez Hérode des maaes; leurs trois chevaux accolés, remarquables |iar des selles arabes à haut dossier, ornent un des cdtés du chapiteau.

L'agneau de saint Jean-Baptiste surmonte le troisième pilier, dont les has-côtés sont occupés par deux statues; Tune est la reine de Saba; l'autre, un saint; on reconnaît sur les pierres de ces deux statues des traces ou restes de peinture, en usage au moyen Age.

Vadoration des rois mages , leur sommeil, t avertissement du ciel^ reparaissent de nouveau sur le chapiteau de la septième colonne.

Plusieurs sujets occupent celui de la huitième : 1* la Fête des palmiers et VEntrée de Jésus à JéruseUem; 2* la Conversion de saint Paul: le sculpteur a choisi le moment où l'Apôtre des gentils est renversé de cheval.

Les apôtres réunis au cénacle et la descente de TEsprit-Saint , le mystère de la Pentecôte, sont indiqués sur la neuvième.

La statue de saint Mathias, élu dans le cénacle à la place de Judas, suit immédiatement au quatrième pilier ; l'inscription n'est plus lisible*

Les panneaux de ce pilier représentent trois sujets : V le Lavement des pieds ; â"* la Cène; 3"* le Baiser de Judas.

A l'angle, une statue supporte une (coquille qui sert aujourd'hui de bénitier; elle est adossée à un puits dont l'ouverture et les parois extérieures sont, comme au puits de la cour de l'archevêché, formées avec k base renversée et forée d'une colonne de marbre blanc, qu'on suppose avoir été enlevée du théâtre antique. Là, sans doute, était primitivement le baptistère, auprès du préau du cloître qui, à la même époque, servait de cimetière; car, au moyen âge, le baptistère, comme le cimetière, était auprès de l'église, mais en dehors.

Dans le panneau, Jérusalem, le temple et la montagne sont en relief; le sculpteur a voulu faire allusion aux tentations inutiles de Satan envers Jésus-Christ.

La statue du pharisien Gamaliel, en pied et de grandeur naturelle, sert de montant à ce panneau. Une inscription gothique sur le livre placé entre ses mains porte en caractères gothiques très-prononcés : Gamaliel. {Act. V, 34.)

Cette statue d'un docteur pharisien et cette autre statue qui supporte la coquille du baptistère ne seraient-elles point une allusion à la vocation des Juifs et des gentils? Tout était symbole dans les sculptures de cette époque.

Une autre série de faits, un autre genre d'architecture, se développent dans la galerie du midi, construit en 1380 par l'archevêque Conzié, et qui se termine à gauche par un autel, à dto\\.Qy par le puits, également ancien ; ce puits devait fournir l'eau pour le baptistère qui s'v trouve adossé. Au moyen âge, les baptistères étaient auprès des cathédrales, mais en dehors : tels sont encore dans l'Italie moderne, les baptistères de Constantin à Rome, de Pistoie et de Pise, ce dernier construit en 11&3.

Cette galerie, dont la voûte est en ogive.

(699) Il ne sera peut^ire pis inutile de rappeler ici qoe la tète de bœaf est attribuée à saint Luc, ccHe de lion à saint Marc , celle d'bomine à saint Manliîea, et celle d'aigle à saim Jean. Le bœuf sym- Mlae la force du style de saiut Luc, ou bien le sa« criice de Zacharie; dans saint Marc, I s prédicalions de saiut Jeao-Raptiste reicnti&scni connue le

rugissement du lion dans le désert; saint Mathieu raconte la généalogie Immatne du Sauveur, tandis

Sue saint Jean, prenant Tessor de Taljf/f, s*éléve aoessus de la terre pour aller chercher dans les cieux les secrets de sa divine, de son étemelle génération, (^ou de fauteur.)

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offre cette |iartieularité,^ue tes chapiteaux des coloonettes ne formeut qu*un seul bloc, et qn*on y voit une colonne et un pilastre, puis une colonne et un pilier.

Les suiels de sculpture de cette galerie, au lieu d être puisés dans la Bible, I ont été dans THistoiro ecclésiastique, et principalement dans celle des ordres religieux ; chose naturelle, puisque ce cloître comme celui de Saint-Jean de Latran h Rome, était dans Torigine le couvent des chanoines réguliers de Saint-Augustin.

Première colonne : Des religieux écoutant la prédication du Sauveur;

Deuxième colonne : De$ religieux invoquant la protection de la sainte Vierge.

Le second pilier est orné de niches vides surmontées d*un baldaquin gothique, indice que ces niches devaient contenir des statues qui ont disparu.

Troisième colonne : Des confesseurs de la foi chargés de liens. — Chapiteaux fantastiques, un pilastre.

Quatrième colonne : Des martyrs enchaînée: du côté du préau, des bourreaux armés de massues : du (^té opposé, un autel de la primitive église; sur le troisième pilier, dîes martyrs en surplis et en dalmatique^ pendus ou déjà la corde au cou ; la main de Dieu est étendue vers eux.

Quatrième pilier, encore des martyrs enchaînés : sur le derrière, des bourreaux armés des instruments du supplice: sur le devant, un évéque donnant la bénédiction. Trois niches, auiourd*hui privées de leurs statues décorent également ce dernier pilier.

L'architecte a placé en saillie, du côté parallèle aux colonneltes, (\q& chapiteaux couronnés de figures symt)oliques qui paraissent désigner des Pères de TEglise mis en iH-ésence des martyrs. La voûte de cette galerie, également en ogive, po**te, du côté opposé au préau, sur un mur plus ancien qui date évidemment de la même époque que !a partie en plein cintre, c'esl-è-dire, du xi* siècle, tandis que la partie en ogive est du xiii*.

Contre ce mur on remarque encore \^s vcsti|;es d*une porte à plein cintre , qui devait introduire dans 1 intérieur du cou- Vent ; on suppose que le réfectoire était de ce c^té. La salle capitulaire et d*aulres ap|)artements servent, depuis 1835, aux écoles gratuites des dames de Saint-Charles ou sont loués comme çreniers à blé; il en était ainsi avant la révolution de 1789, et depuis la sécularisation des chanoines en ltô9.

Toute la ()artie de l'édifice destinée à leur habitation, lorsqu'ils étaient réguliers et cloîtrés, a éprouvé et a dû éprouver de notables cbangements, qui ne permettent plus de constater avec précision l'état primitif de ce couvent.

Les sculptures des chapiteaux des colonnettes se rapportent toujours à des sujets

(€97) foy. la noie ^5 clHletsut relative à ce sujet.

de la Rible, reflétés même plusieurs fois.

Sur la première : Lapidation de $aimi Etienne^ sujet gui revient souvent. Sur la deuxième,repétition de l'histoire de Samson: d'un côté, il est représenté (errofiaiil fo lion; de l'autre, Dalila lui coupe les cheveux. Sor la troisième, de nouveau, sainte Marthe ei la tarasque ; un homme s*arme pour (usomunêr cet animal fantastique... (697)

A côté, la statue d'un saint, on voit sur son cothurne les traces de lettres gothiques im|X>ssibles à déchiffrer.

Quatrième colonne : La Madeleine chez k pharisien versant un vase de parfum sur lu pieds de Jésus.

Cinquième colonne : Deux tours^untmge^ et «attire Barbe s'appuyant sur une tour percée d'une Tai^irré de fenêtres.

Sixième colonne : Jésus couronne la sainte Vierge que deux anges adorent et encensemi

(rAssomplion).

Septième colonne : Descente du Saint-B»' prit sur les disciples réunis (allusion aux fêtes de la Pentecôte).

La quatrième et dernière galerie s*uuTre par ï Assomption du Christ^ figurée en relief dans l'entre-colonnement.

Un des personnages de ce t(«bleau porto une inscription gravée qui n*est plus iisi* ble.

Les chapiteaux des colonnettes de la quatrième et dernière galerie, en feuilles dacanthe du côté du préau, présentent, ducôCé do la galerie, des sujets bibliques sculptés.

Sur la première colonne : Jésus dans U jardin des Olives^ entouré de ses disciples^ leur donnant le livre du Nouveau-Testamenif sur lequel on ne peut lire que le premier mot : Tabula. De simples feuilles d acanthe sont sculptées sur les deuxième et troisième. Sur le chapiteau de la quatrième, la fAle 4$ Pharaon présente à son père Moise^ quelle a sauvé des eaux du Nil.

Les dégradations empêchent de distinguer les autres sujets. Des figures de saints ornent les entre-colonnements.

Mettre en relief dans les sculptures de ea cloître les histoires et les mystères des livras saints, telle a donc été éviciemment la pensée des artistes ; mais la dégradation de certaines i)arties des sculptures ne permet |iis de traduire tous les détails minutieux da leur œuvre.

Ce cloître s'harmonise avec l'arcbilectore et les sculptures du beau portail de la fDéaia église. Les ornements et les statues gothiques sont, il n'en faut pas douter, au moiof en |)artie, de la même époque que le portail. L*art et le ciseau grec ne peuvent avooer que les fûts des colonnettes en marbre blaw et les ornements en feuilles d*aeanllie d^m riche sculpture, tout le reste, mèoid la riaeeau ou enroulement de la frise, est do baM moyen âge : il n'est pas en France un artisM

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DESTIIETIQUE CHRETIENNE.

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qni Tait vu sans )*admirer. II a eiercé les pinceaux les plus habiles : H. Graoet Ta reproduit dans un beau tableau, et M. Huart, St>fesseur de dessin au collège d*Arles,son èYe, en a peint des études exposées au salon de 183&, et qui ont mérité les éloges du maître.

Le clottre est le vestibule deTéglise; il

Répare aux pensées de recueillement. Dans solement ae ces vastes galeries, sur ce préau qni renferme les ossAroents blanchis d'anciens ministres du Très-Haut, en lisant ses inscriptions funéraires, vieilles de plusieurs siècles, en présence de ces prélats de marbre vénérables dans leur immobilité, le cor^ s'humilie, Tesprit s'élève à Dieu et les yanités de la vie se taisent : les douleurs se calment en face du dogme consolateur de l'immortalité de l'âme (698).

Pour la sculpture chrétienne, au xiii' siècle et suivants, voy. les articles Albi ( Catkéérale tf ), Amiens {Cathédrale d*), Reims U^aihédrale df), Strasbourg {Cathédrale de), Stitdaibb, France.

SCULPTURE SUR BOIS. Voy. Amiens.

SCULPTURE SUR fiRONZE. Yoy. Pisb.

SENLF (Louis). Célèbre compositeur allemand, né eu 1585. Yoy. Luther, Musique.

SÉQUENCES. Voy. Grégorien (Chant).

SÉRAPHINS. Foy. Anges.

SERNIN {Eglise de Saint-), h Toulouse.

Foy. CARACTàRE, Dimensions.

SEXE. Reauté physique, morale et surnatarelle de Thomme et de la femme. Voy. Beau, Contraste, Convenance, Expression.

SON DES INSTRUMENTS. Foj^. Opéra, Tihbre.

SOPHIE {Eglise de Sainte-), à Constantinopîe. Voy. c!uupole.

SOUFFLOT. Architecte de Téglise Sainte- Geneviève à Paris. Voy, Dôme.

SPIRE ( Cathédrale de ). Voy. Dimenaïoiis.

SPONSA CHRISTI. Prose oe la Toussaint dans le riie [lansien. — Analyse du chant de cette prose. Voy. Modes ecclésiastiques.

STARNINA (Gherardo). Peintre florentin Dé en 135b et mort en 1&06. Voy. Peinture.

STATUAIRE. Bien que ce terme rentre iotis la dénomination générale de sculphsre (699), il a néanmoins une acception propre qui en restreint le sens à rart de faire des statues. C*est dans cette acception restreinte que nous le prenons ici. Mais avant de parler de la statuaire chrétienne proprement dite, nous tenons à combattre

igm Etmdês smr Arles, p. 183-202.

fM) Piree que les sutues soot ordmairenfient WBSÊfléeM. le dto oréhutiremeni, car il y eo a et il y CM e«l iaifeiirs eo «vf ile, en terre coiie et en fcBie. Ca tiiMiti procédé fut irès-ttsité chez lés anciens pei^lei. Tout ces procédés sont compris éant le MM féaériqiie de statuaire.

(700) Qui appetluterunt aeos apera vmnmmm komitmm. ëmrum et aroentum, «riti inventîàmm, #f si-

ce préjugé issu du naturalisme et du rationalisme modernes, à savoir, qu'on ne trouve point, dans la haute antiquité, de trace delà pratique de la statuaire, et que cet art, comme tous les autres, contenu seulement en germe dans Tesprit de Thomme des temps sauvages ou primitifs, n*est parvenu qu*au moyen de tâtonnements et de progrès successifs à l'état de perfection où nous le voyons aujourd'hui. Déjà, au mot Sculpture, et dans plusieurs autres articles de ce Dictionnaire, nous avons signalé la fausseté et les tristes conséquences par rapport à rhistoire et à Tintelligence de l'art, de ce système absolu de perfectionnements successifs, opposé à la révélation divine par l'orgueil de nos libres penseurs , système aussi impie en religion qu'absurde et contradictoire en esthétique et en poésie, puis« qu'il ne tend à rien moins qu*à nous représenter l'humanité tout entière comme s élevant progressivement, par ses seules forces, de l'état d'avorton à rxae perfection divine. Je ne reviendrai donc pas sur les considérations péremptoires que, dans plusieurs articles de cet ouvrage et surtout dans la deuxième des Dissertations préliminaires qui lui servent d'Introduction, j'ai fait valoir contre ce système essentiellement moderne de Vhomme^lantej qui. voudrait avoir si bon marché de la révélation et des traditions historiques de tous les peuples. Seulement, je me contenterai d'ajouter ici à ces exemples et documents péremptoires gue j'ai déjà cités en laveur de la pratique immémoriale en faveur de la sculpture, quelques-uns des principaux et non moins nombreux exemples que nous fournit, dans le même sens, l'nistoire universelle, par rapport à la staluaire, en particulier.

Salomon, qui écrivait à une époque bien

S lus reculée que celle des (irecs, nous f tarie, l'occasion de Tidolâtrie, de la fabrication des statues d'or et de la peinture, comme de deux arts déjà très-anciens de son temps (700). Les ouvrages de bronze et les statues des chérubins que ce prince fit exécuter par le célèbre Hiram, artiste phénicien, dans le Temple du Seigneur; Térçction et la décoration si riche, si splendidc* de ce temple luimême, sont loin, certes, d*accuser Fcnfance^ de l'art. Mais, beaucoup plus anciennement, la fabrication du Serpent d'airain, dans le désert; celle du Veau d*or et la réduction de cette statue en poudre n'indiquent ni hésitation ni tAtonnement dans des opérations d'un genre si dillicile et si compliqué (701). Les recommandations fréquentes que Dieu fit par Moïse et par les autres prophètes, à son peuple, d'éviter le culte des idoles, sulii-

milttuàhses animalium êiat lapidem inutilem optu m#> MM amiiquœ. (Sap. xni, 10.)

(701) L*énttinération que nous lisont dans YEx^ée^ des vases d'or et d*argeot et des antres objets précieux que les Hébreux apportérem de TËgyple, prouve que la ciselure et geiftéraieneni tout ce qui se rapporte à fart de travaMIer les métaux, éUit aussi avancé que le reste cliei ce peuple célé*^àe dont roHf lue se perd daos la nuit des tainpi.

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raient, h elles seules, pour prouver combien fart de la statuaire était répandu dans ces temps reculés. Beaucoup plus tard, et à une époque cependant très-ancienne par rapport aux Grecs et aux Romains, nous vovons Nabuchodonosor faire construire , pour 1 exposer dans une vaste plaine, une statue colossale en or, qui n*ayait pas moins de soixante coudées de haut et six de large (702).

A propos des magniûcences de l'art, dans le vaste et antique royaume d'Assyrie, on est moins disposé à taxer de mensonge ou d'exagération le récit que nous en ont laissé Hérodote et d*autres historiens, maintenant que des fouilles pratiquées sur remplacement de Ninive et sur celui de Babylone ont amené des découvertes inespérées, et (pour ne parler ici que de la statuaire) ont retiré des profondeurs du sol où elles étaient ensevelies depuis tant de siècles, ces supierbes statues équestres de granit, qui sont venues révéler au monde étonné un art puissant, fier, vigoureux, indépendant et complètement original, dont on ne soupçonnait pas même l'existence. Cette grande découverte des statues des rois d'Assyrie a produit la même sensation (mais plus profonde encore) que celle que causa dans le monde artistique, en 1807, la découverte des célèbres marbres d'Egine, qui vint infliger un éclatant démenti à ces belles théories sur r origine et le progris des arts^ si répandues à cette époque, et qui, dans notre temps de rationalisme et de naturalisme, conservent encore, malgré l'évidence des faits, de nombreux partisans (703).

En ce qui concerne les Egyptiens, les Iduméens, les Indiens ; ce que nous en avons dit, au mot Sculpture, suffirait, à défaut des documents plus précis et plus détaillés que nous fournil Thistoire sur ces diverses nations, pour prouver que la statuaire n'y était point à l'état de germe ou de rudiment.

Quant à la Grèce, personne n'içnore combien elle s'illustra dans cette brillante et si difficile partie de l'art^ et combien fut grande

(702) Nabuchodonosor rex fecit staluam auream^ altitudmecubitorum seœaginla, ei statuit eam in campo Dura provinciœ Bubylonis. (Dan, m, 1.)

(705) Ils viennent de recevoir un nouveau démenii, toujours à propos de TAssyrie qui décidément nous apparaît connue une nation étonnamment avancée dans la pratique de tous les arts du dessin, et même dans les procédés les plus ingénieux de la mécanique. On lit en efl'et dans une lettre de M. Laftus, datée de Uouvunjik, te 12 février 1855, et adies sée au trésorier Jes souscriptions pour les fouilles de FAssyrie :

c Nous venons de trouver dans le palais sud -est, à Nemrod, une grande collection de magnifiques ivoires, reste d'un trône ou de meubles, llb avaient été adaptés ensemble au moyen de rivets, de coulisses et de rainures. Beaucoup offrent des traces de dorures et d*émaux ; on les brisa probablement pour vu tirer Tor et les bijoux dont ils furent ornés autrefois. Il y a dans toute la collection un caractère étfypto-assyrien bien décidé. Des tètes égyptiennes d une exécution parfaite se trouvent mêlées aux Uiureaux et aux lions assyriens. Parmi ces difféi«nts ubjeu «ta;eut des masses, des mauibes de

et sensible Tinfluence qu*elle exerça pour en propager le goût et la pratique parmi les nations, ses TOisines, et plus tard chez les Romains devenus ses vainqueurs, et ses tributaires, quant aux beaux arts, au moins en partie. C*est ainsi que la statuaire fut tonjours, de même que la peinture, larcbite^ ture et la musique, pratiquée sur le globe, sans qu*on puisse lui assigner une origine locale bien déterminée (7M). Mais aussi, de même que les autres arts, et dans la mesure qu^elle comportait, elle a été ennoblie, l)urifiée,exaltée, surnaturalisée et en quelque sorte divinisée par le génie chrétien. Et telle a été, au moyeu âge, et particulièrement en France, Texpansion et la popularité de cet art, que ce n*est point par centaines, mais par milliers, qu*il faut rtompter les statues dont il a peuplé Tintérieur de nos cathédrales, et qu il a multipliées avec autant d'intelligence que de prodigalité sur les parvis de leurs splendides frontispices, dans leurs niches innombrables, sur leurs pinacles aériens et sur leurs hardis clochettons.

Il y a dix ans, j'écrivais à Tune de nos sommités archéologiques, au savant, à Tincisif M. Didron, en lut envoyant une Dissertation Que je venais de publier sur la statuaire du moyen âge, et notamment sur les admirables figures qui décorent les portails de la cathédrale de Strasbourg : « Disons bien aux partisans fanatiques de la eaboMê grecque y que nos monuments chrétiens, qu'ils n'ont jamais étudiés, ne le cèdent en rien, même sous le rapport de la beauté et de l'harmonie des proportions, aux monuments antiques. Disons-leur aussi que notre tUr tuaire chrétienne, qu'ils ont encore moins étudiée, offre un bien plus grand nombre de chefs-d'œuvre (même à ne les considérer que sous le rapport de la beauté delà forme) que la statuaire païenne. Cette proposition parait exorbitante à ces messieurs, et cependant, rien de plus facile à prouver; car Strasbourg, Chartres, Auxerre sont là avec leur population de statues, dont un grand

poignards ou des restes de.chaises ou de tables, cir nouft ne doutons nullement que les Assyriens ne m soient servis de teis meubles. Des fii^ures, pUoées dos à dos, forment un fût qui supporte un chapiicta à tête de fleurs. Il y a aussi des boites et ou %aie soigueusement graves. Les Assyriens étaieal haMes en marqueterie, ainsi qu*il résulte de plaques oméet d'emblèmes sacrés et de chasses aux lions. Oa Ul sur deux ou trois objets des inscriptions pliéiiictaH nes. I (Jll^'ii€«m, 29 mars 1855.)

(704) Ne serait-ce pas ici le cas d^appliqoer à IV rigiiie divine de Fart, ce célèbre argument f«W«#tque, quod semper, quod ab omnibu$, qu^on fait valoir avec tant d*avantage pour éiablir Tonuine diviiie <ti certaines grandes institutions du caïuoliclsiiie? Ea effet, puisqu'en remontant juS4|n'aux temps les ptut reculés, nous voyous constamment les beau jns praiiqués partout eipar lous^ n'est-ce pas aneyraiw évidente qu'ils n'ont, pas plus que le laayy, dé inventés par Tbomiue, et qu'ils remonleal i^ufsk Dieu? Cette preuve ac4|uiert une nouvelle farce mU connexion étroite qu'il y a entre le lanyiy, l^ tclligence et la pratique des beaax«arts.

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