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DICTIO.NNAIRE
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évoque de Tongres, y fit bfltir une petite église sous le titre de la Sainte-Trinité et de la Sainte-Vierge. Le premier évoque connu de ce siège est saint Arbogaste, qui y fut nommé en 638, sous le rèsne de Dagobert. Ce prince acheva la cathédfrale commencée par Clovis, sauf le chœur qui fut commencé par Pépin le Bref, en 769, et terminé par son fils Charlemaffne. Mais en Tan 1003, Hermand II, duc de Souabe, s*étant révolté contre l'empereur Henri II, prit la ville d'assaut, et ayant éprouvé une grande résistance de la part des habitants qui s'étaient réfugiés dans Véglise, il ne put s'en rendre maître qu'en y mettant le feu, qui dévora l'édifice, excepté le chœur de Pépin et de Charlemagne, le même probablement qui subsisteencore aujourd'hui. Douze ans après ce désastre, en 1015, Werner, évéque de Strasbourg, entreprit de rebâtir son église, en pierre de taille, sur un beau plan qui s'est conservé jusqu'à nous. Les fondements en furent jetés sur des couches de terre glaise et de charbon de terre pilé, mêlés ensemble. Werner employa à cette grande œuvre les quatorze dernières années de sa vie. Ses successeurs la continuèrent jusqu'à Tannée 1275, époqueoù elle fut terminée, et qui est aussi celle de la plus pure etde la plus brillante architecture ogivale. Ainsi la construction de l'éçlise proprement dite, dura près de deux siècles et demi.
D'après le plan primitif, la façade principale devait être flanquée de deux tours : celle du nora, telle au'on la voit maintenant, fut commencée en lz77, sous Tépiscopat de Conrad III de Lichtemberg. Le plan de ces deux tours surmontées d'une flèche, avait été conçu par le célèbre architecte ou maître de l'œuvre, Erwin, né àSt^inbach, dans le margraviat de Bade. Il en dirigea lui-même l'érection jusqu'à sa mort, arrivée en 1318. Son fils Jean, mort en 1339, et sa fille Sabine, continuèrent la construction sur le même plan et poussèrent la tour du nord jusqu'à la naissance de la flèche. Ce fut pendant cette période que l'on construisit le merveilleux portai), dont les plus belles statues furent sculptées des mains de Sabine de Steinbach. On a voulu plus tard rappeler cette circonstance si curieuse et si intéressante dans les fastes de l'art chrétien, en érigeant à cette jeune fille, sur le côté gauche du portail latéral (f«/), une statue de grandeur naturelle, qui la représente, en cheveux, et dans le noble et élégant costume du temps, tournée ▼ers l'église et tenant d'une main le ciseau divin qui sculpta tant d'admirables chefsd'œuvre. En face, à l'angle opposé du portail, on a érigé une autre statue à son père, principal architecte de la cathédrale. 11 est aussi tourné vers l'édifice, et il tient de la main droite un marteau, symbole de son art et de ses merveilleux travaux. J'aurais bien voulu faire la description de ce beau portail latéral, tout symbolique, et dont le principà] sujet est une magnifique allégorie de la sagesse incréée se manifestant dans le jugement de SalofflO0. liais j'ai dû y renonceri
comme à tant d'autres descri|»tiont, pour abréger, autant aue possible, dans une imtière pour ainsi dire inépuisable. Je revim à la tour du nord.
Après la mort de Jean et de Sabine da Steinbach, elle fut continuée par rarebiteda Jean Hultz, de Cologne, mort en 1(65, qà conduisit la flèche jusqu'à la couronne, ft 1439 sous l'évêquc Guillaume de Die$th.Iâ seconde tour resta inachevée, probablemeil à cause des troubles qui agitèrent long;teiiipi le pays, à l'occasion de la réforme de Lulbar.
Ainsi, ce superbe édifice, commencé ei 1015, ne fut terminé que dans l'espace da quatre siècles et demi. Que de génératiOH y ont apporté le tribut de leurs labeurs d de leurs trésors! Les chroniques du tenpi rapportent que lorsqu'on en reprit la ooBitruction,en 1277, il se manifesta un tel élai parmi les habitants, que plusieurs, TictîBis de leur zèle, périrent dans la foule compidl des travailleurs, qui .se pressait autoor da Tarchilecte. L'histoire nous a conserfé kl noms des empereurs et des princes d'Aile* magne, oui contribuèrent par leur munil* cence à 1 érection du célèbre édifice.
Mais n'oublions pas que ce fut prinapa» lement à cette occasion que s*agrandireil et se développèrent les fameuses confr^îas de maçons, de bâtisseurs d'églises, origîM
Ï)rimitive de la franc-maçonnerie moderne. l'ormées d'abord dans la Lombardie, elles s'étendirent successivement jusqu'à Chartres, Rouen, Strasbourg et constmisirat les plus belles cathédrales de France, d'Al« lemague et de Belgique. « Ces corporaUei% dit Thomas Hope, dans son Histoire de Far* chitecture se rattachèrent toujours à rédi»
3ui pendant les guerres de la féodalité Mil evenue l'unique asile de ceux qni fO«»
laient cultiver les arts de la paix. Parmi ees arts, ceux mêmes qui n'avaient rien d'as* senliellement religieux étaient cependart pratiqués par les moines et par les roembna des ordres sacrés. Ne soyons donc point so^ pris que l'architecture des temples, si iatimemeut liée avec toutes les orancbes de culte et de la hiérarchie, soit devenue nei des occupations favorites des ecclésiaifr qucs. Jaloux de diriger eux-mêmes lacoea* truction de leurs églises et de leurs moaaitèros, et d'en régler les dépenses, ils se tr rent recevoir membres d'une insUtotîM dont le but était si noble et si sacré, et qw* complètement indépendante de tooto iari* diction civile et locale, ne reconnaisiMI d'autre chef direct que le Pape, et trtfailtaB sous son autorité immédiate. Aussi TOyow* nous des ecclésiastiques du plus beat na^ des abbés, des prélats, des évèques, ijoolar à la considération de l'ordre des francs-n^ çons, en s'y faisant agréger ; nous les Toyev donner les desseins de leurs églises, en si^ veiller la construction et employer leeis propres moines dans les travaux de mMK d'œuvre. Les souverains aussi jugèrent qal était de leur gloire et deleur int£-èt deeat» férer à leurs loges nationales de Irena m çons des honneurs et des privilèges dgMsl
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DESTHETIQUE CHRETIENNE.
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aient du chef même de la )erfection de la cathédrale de ue la loge des francs-maçons t reconnue par un acte so- Ratisbonne en H58, pour la utes les loges allemandes de , Bavière, Franconie, Saxe, ires ; et en l'i98, Terapereur ratifia et confirma solennellepar un diplôme délivré à
nant quelques détails sur la céder, de ces confréries, dans )s belles basiliques. Je les emlent Manu^/ des connaissances
Dévie, évoque de Belley :
BS confrères étaient avertis elque part une église à bâtir, it en troupes de tous les dioiprès avoir pris la bénédicèque, et ils se mettaient au î ardeur incroyable. Le chef, t rart, eraployaitchacun selon s forces. Ainsi les uns tail- , les autres coupaient et fa- DJs, broyaient le ciment, malle ou faisaient fonction de 3 transportant les matériaux 3ns de bouche. C'était un L de voir des militaires, des lies, des hommes de plaisir char, en esprit de pénitence, L-mômes le sable, la chaux, îrres et les autres matériaux ir l'édifice sacré, et se faire
et les manœuvres des ou-
qui était plus étonnant enarmonie, la subordination et ieux qui régnaient dans les où se trouvaient réunis tant ifférentes, plus accoutumées qu'à obéir. Les ecclésiastit l'exemple, et faisaient de s des exhortations pour intence et au souvenir de la BU, pour la gloire duquel on ravail. Ces bons sentiments lus par le chant des hymnes s en l'honneur de la sainte saints. S'il s'élevait quelque >e hâtait de Tapaiser, et on elier ceux qui refusaient de t de pardonner à leurs enne- ►n, «bbé de Saint-Pierre-delandie, dans une lettre écrite 45 aux religieux de Tabbaye n Angleterre, raconte avec npressement avec lequel les nts et fiers de leur naissance lesses, accoutumés à une vie 3tueuse , s'attachaient à un sporter des pierres, du bois,
la construction des églises.
I que pendant la nuit on alerges sur les chariots qui ces transports ; qu'on veillait, i hymnes et des cantiques...»
Stails sur les plus célèbres maçons y et notamment sur
celle de Strasbourg, dont j*ai déjà parlé. Cette association, continue l'historien, fut confirmée par les empereurs d'Allemagne ; elle avait tant de réputation que le duc de Milan (Galéas de Visconti) demanda, enlHl, un architecte, qui çn était membre, pour diriger la construction de sa magnifique cathédrale.
« C'est aonc par les travaux de ces sortes de confréries que furent bâties les églises de Saint-Denis, de Chartres, d'Amiens, de Beauvais, de Strasbourg, de Cologne, d'Autun, de Vienne en Dauphiné, de Lausanne en Suisse, de Genève, et la plupart des belles églises de la Normandie, du nord de la France, de la Belgique et de l'Angleterre. »
Tel était l'entraînement qui poussait alors les populations vers ces constructions monumentales, que Ton vit plus d'une fois des enfants, des femmes, des dames du haut parage s'atteler aux voitures qui transportaient les matériaux du futur édifice. D autres y jetaient leurs bijoux d'or et d'argent, leurs pierreries, les diamants les plus précieux. V^s actes authentiques en font foi, et ils nous apprennent aussi qu'il n'était pas rare de trouver de jeunes filles qui, à rexemi)le de Sabine de Steinbach, se vouaient à la sculpture des portails. C'est è elles que nous devons la plupart de ces statues si naïves, si belles, de vierges, qui, après avoir vu passer tant de générations, nous apparaissent encore, au milieu des compartiments les plus gracieux, tenant à la main la palme du martyre ou le lis de la pureté.
Mais il est temps de dire adieu à notre merveilleuse cathédrale de Strasbourg. On la vante beaucoup sans doute, et néanmoins elle est peu étudiée et très-peu connue. Voilà pourquoi je m'y suis complaisamment arrêté.
Maintenant, comme appendice de ma dissertation sur la cathédrale de Strasbourg, voici le tableau de la hauteur comparative des principaux monuments de l'univers. Je le donne d'après les mesures les plus récentes et les plus exactes qu'il m'a été possible de me procurer :