‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 115 sur 168 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

fait un grand usage dans ia musique figurée.

Les comma sont des parties de tons encore plus petits; le majeur est la différence du ton majeur au mineur, qui est H; et le mineur, la différence du semi-ton majeur au mineur, qui est \\i.

Les profonds musiciens portent encore loifi leurs opérations sur les nombres sonores, pour trouver des parties de tons encore plus fUxes.Mais pourquoi, dira-t-on, tant de calculs si pénibles dans un art tout destiné 4 la satisfaction des sens, qui ne s*amusent guère h supputer leurs plaisirs?.... N'aurat-on jamais que de l'ingratitude pour les géomètres, qui se donnent tant de peine pour nous en épargner? n*a-t-il point fallu, pour diriger le musicien dans ses composi* lions, déterminer le chant où la nature nous conduit par elle-même, et celui où Fart peut conduire la nature sans le forcer? Or, «'e.U par le moyen de ces opérations, jointes à Texpérience, qui les a toujours ou prévenues ou confirmées, que les inventeurs de la musique ont découvert que la voix ne peut entonner avec grAce^ que la moitié, le tiers ou le quart d'un ton.

De là les trois fameux systèmes des anciens, que nous suivons encore, le diatonique, le chromatique et Tenharmonique : le premier, qui procède par des moitiés ; le second, par des tiers; le troisième, par des quarts de ton.

Le premier, qui est le plus naturel, platt i tout le monde; le second, qui ajoute beau* «oup d'art à la nature, platt surtout aux savants musiciens; le troisième, qui est le plus exact et le plus fin, ne plaît suera qu'aux plus habiles, et aux çlus profonds d'entre les habiles. C'est ainsi que le célèbre Aristide {19k) les a autrefois caractérisés. Plutarque en parle à peu près dans les mêmes termes , et nous ne croyons pas que Je jugement de Toreille ait changé à cet ^gard depuis ce temps-là.

Dans la pratique de ces trois systèmes d'harmonie, on peu4 encore distinguer deux espèces de musique , la musique juste et la musique tempérée : la première , géométriquement exacte ; et la seconde » qui ne l'est que physiquement. L'histoire en tixera peutêtre mieux les idées que des définitions en forme ,* c'est le troisième prélude que j'avais promis.

Pythagore (785) , qui était trop sage pour un musinen, observa scrupuleusement les règles qu'il avait trouvées de la musique juste. 11 n'admettait dans ses compositions que les consonnances primitives; il en bannissait à toute rigueur les dissonances les plus supportables; il y voulait partout la précision de la règle et du compas. Mais quel fut le succès de cette justesse trop mathématique? 11 réussit à plaire à ia raison,

(784) Arisiid., p. 19, edil. Meib.

(785) L'an Un iiionile 5480.

(78(i) L ail de iN.-S. 140.

(787) En lo89.

ce peu

qui n est pas un grand mérite auprès du aple, et il ne contenta pas l'oreilie à aui sa musique parut trop simple, trop sèche, trop abstraite ; ce qui est toujours un grand défaut.

Après un peu plus d'un siècle, Arîstoiène chercha le moyen d'y remédier. 11 trouva le tempérament, une des plus belles inventions de l'esprit humain, c'est-à-dire la manière de concilier les dissonances avec les consonnances par une altération modérée des unes et des autres pour en tirer des accords plus piquants et plus variés. Mais, quoique très-habile dans son art , il ne prit pas garde qu'à force de piquer, on blesse; il prodigua trop le sel des dissonances, et on l'accusa bientôt d'avoir cherché à plaire à l'oreille aux dépens de la raison ; ce qui déplut aux sages d'Athènes, où la musique faisant partie de Téducation des enfants, on jugea qu'il était à craindre que la licence musicale nlnfluât trop de liberté dans les mœurs de la jeunesse. Il fallut donc tempérer ce tempérament même, en le réduisant à des bornes oi^ la justesse ne fût pas trop sensiblement violée.

Ptolomée (786), parmi les anciens, tAcba de le rectifier par de nouvelles règles; Zarlin, parmi les modernes (187), y réussit encore mieux dans ses institutions harmoniques : ouvrage le plus rempli que nous ayons sur les matières musicales, et .qui a mérité à son auteur le glorieux titre de

E rince des musiciens. Deux célèbres memres de l'Académie royale des sciences, M. Hugens et M. Sauveur, se sont signalés de nos jours (788) dans la même carrière, en inventant chacun un nouveau système de musique tempérée. Le grand Lulli (789) nous a donné plus dans ses admirables compositions, oà, en suivant pas à pas le génie de la nature, il a exécuté tout ce que la plu{)art des autres n'avaient fait qu'imaginer. Nous ne parlons point d'un nouveau musicien f790) qui semble partager tout Pans ; nous laissons mûrir sa ré|[>utation , d'autant plus que les principes qui lui sont propres ne sont

Eas encore assez bien établis pour la mettre ors d'atteinte aux. révolutions de la fortune

Mais ne dirons-nous rien de la fameuse qui relie entre les partisans de Tancienno musique et ceux de la moderne? Cette question n'entre pas dans mon dessein. Cepen^

jusqu ,

lement permis de dire Timpression qui m'en est restée, je la rendrais en trois mots. Les anciens sont les pères de la musique : ils en ont établi tous les principes; et par le goût musical que leurs ouvrages ont répandu de siècle en siècle, ils ont produit dans le nôtre des enfants, dont il ma para

r788) En 1699.

(789) Mort en t686.

(790) En 1759.

DICTIONNAIRE D'ESTIIETIQlJE,

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