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que la plupart ne connaissent pas leurs ^lères, et que d'autres, plus ingrats, refusent (le les reconnaître.
La question, d'ailleurs, n'est pas fort importante ni même trop raisonnable ; nous n'avons plus les pièces musicales des anciens, où, apparemment, le génie et le goût répandaient des grâces gue les livres ne sauraient exprimer. La dispute qui s'élève depuis quelque temps sur la préséance entre la musique italienne et la musique française peut avoir plus de fondement et d'utilité ; mais je ne sais si elle fait plus d*bonneur à notre goût. 11 y a soixante ansi que la musique française, qui se contente dans ses compositions de parer modestement la nature, l'emuortait sans contradiction sur tous les brillants de la musique italienne. LuUi, quoique Italien de génie et de naissance, mais Français d'éducation et de goût, l'avait rendue partout victorieuse. Je pour* rais citer en sa faveur le témoignage de toute l'Europe , qu'elle attirait à Pans. La musique italienne, qui ne laissait pas dès lors de nous être fort connue » ne lui servait encore que d'ombre ; mais, depuis quelques années , Lulli commence à devenir ancien. Voilà le moment fatal de la révolution : cela suffit à mille gens pour le réléguer presque au rang des musiciens grecs. H n'est pourtant pas si abandanné qu'il ;n'ait encore nombre de partisans ; mais combien de temps tiendront-ils contre le torrent de la mode?
C'est, Messieurs, l'état présent de la musique en France. J'ai cru âu'il était à propos de vous rappeler d'abord les notions générales que nous en fournit la nature, les principes que la raison, jointe è l'expérience, a trouvés pour en former un art, et la manière dont on s'y est pris en divers temps pour en perfectionner la pratique. Mais, enfin, c'est trop préluder ; il e^t temps de venir à la pièce même, et de vous parler du beau musical, ou plutôt, pour ne vous pas trop fatiguer à la fois, de vous l'annoncer pour la première séance publique.