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EN FRANCIS

Nous sommes engagés en ce moment dans une lutte qui ne sera pas sans quelque importance dans Tbistoire, et qui tieni^ de près et de loin, à des intérêts et à des prin» eipes d'un ordre trop élevé pour être elBeurés en passant. En fait, il s*agit simplement d<e savoir si la France arrêtera enfin le cours des dévastations qui s'effectuent, chez elle

depuis deux siècles, et spécialement depuis cinquante ans, avec un acharnement dont aucune autre nation et aucune autre époque n'a donné Texemple ; ou bien si elle persévérera dans cette voie de ruines, jusqu^à ce que le dernier de ses anciens souvenirs soit effacé, le dernier de ses monuments nationaux rasé, et que, soumise sans réserve à

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fia

la parure que lui préparent les ingénieurs i»t les architeetes modernes, elle n'offre plus à J*étranger et à la postérité qu'une sorte de damier monotone peuplé de chiffres de la ?i6me valeur» ou de pions taillés sur le m éme modèle.

Quoi qu*il en soit, et quel que doive être le résultat des tentatives actuelles en faveur â*un meilleur ordre de choses» il est certain gu*il y a eu, depuis un petit nombre d'années, un point d arrêt ; que si le fleuve du vandalisme n'en a pas moins continué ses ravages périodiques » du moins quelques faibles digues ont été indiquées plutôt qu'é* levées, quelques clameurs énergiques ont in* terrompu le silence coupable et stupide qui régnait sous l'Empire et la Restauration. Cela suffit pour signaler notre époque dans l'histoire de Tart et des idées qui le dominent. C'est pourquoi i'ose croire qu'il peut n'être pas sans intérêt de continuer ce aue j'ai commencé il y a cinq ans, de rassembler un certain nombre de faits caractéristiques qui puissent faire juger de l'étendue du mal et mesurer les progrès encore incertains du bien. J'ai erande confiance dans la publicité à cet égard; c'est toujours un appel à l'ave-

de ses découvertes en fait de vandalisme, s'il les soumettait ensuite avec courage et persévérance au jugement du public, au risque de le fatiguer quelquefois, comme je vais le faire aujourd'hui, par une nomenclature monotone et souvent triviale, il est probable que le domaine de ce vandalisme se rétrécirait de jour en jour, et dans la même me« sure où l'on verrait s'accroître cette réprobation morale qui, chez toute nation civilisée, doit stigmatiser le mépris flu passé el la destruction de Thistoire.

Il est juste de commencer la revue trop jucomplete que je me pro|)ose de faire par le sommet dé l'échelle sociale, c'est-à-dire par le gouvernement. Autant j*ai mis de violence à l'attaquer en 1833, autant je lui dois d'éloges aujourd'hui pour l'heureuse tendance qu'il manifeste en faveur de nos monuments htstoriques, pour la protection tardive, mais affectueuse, dont il les entoure. Ce sera un éternel honneur pour le gouvernement de juillet que cet arrêté de son premier ministre de nntérieur, rendu presque an milieu de la confusion du combat et de toute l'effervescence de la victoire, par lequel on instituait un inspecteur générai desl monuments historiques, à peu près au même moment où l'on inaugurait le roi de la révolution. C'était un admirable témoignage de confiance dans l'avenir, en même temps <|ue de respect pour le passé. Un déclarait

(M8) RûMKM-t à M. le mmistre de fiotérieur sur tes momnnents, etc.,4es départeroeiits de i*Oîse, defAisne. die la Marne, da Nord et du Pas-d^ Calais, DM* M. L. Viieu Paria, de rimprimerte roy^e, |S51. Depais, H. Mérimée, qui a remplace M. Vilél, a éieodu la sphère de ses explorations et uiiisu 2 dwiué deux volumes pleins de rensciitne-

ainsi que l'on pouvait désormais étadier et apprécier impunément ce passé, parce que toute crainte de son retour était impossible. Cet arrêté nous a valu tout d'abord uq e:|* celleni rapport (928) sur les monuments, d'une portion notable de l'Ile-de-France, de'| l'Artois et du Hainaut, signé par le premier' inspecteur général, M. vitet. C'était, si je ne me trompe, depuis les fameux rapports de Grégoire à la Convention, sur la destractiou des monuments, la première marque officielle d'estime donnée par un fonctionnaire oublie aux souvenirs Je notre bistoire. A cette première impulsion ont succédé, il faut le dire, de l'insouciance et de l'oubli, que l'on peut, sans trop d'injustice, attribuer aux douloureuses préoccupations qui ont rempli les premières années de notre révolution. Cependant le progrès des études historiques, fortement organisé et poussé par H. Guizot, amenait nécessairement celui des études sur l'art. Aussi viton ces études former un des objets du second comité historique, institue au minîS'* tère de l'instruction publique en 1831. Avec le calme revint une sollicitude plus étendue et plus vigoureuse; on demanda aux chambres et on obtint, quoique avec peine, une somme de 200,000 fr. pour subvenir aux premiers besoins de l'entretien des monuments historiques. M. le comte de Montalivet a mis le sceau à cette heureuse réaction en créant, le 29 septembre 1837, une commission spécialement chargée de veiller i la conservation des anciens monuments, et de répartir entre eux la modique allocation

Ïortée au budget sous ce titre. De son côté, [. de Salvandv , étendant et complétani l'œuvre de M. Guizot, a créé ee eomité bis* torique des arts et monuments que le rapport de M. de Gasparin a fait connattre au public, et qui, sous l'active et zélée direction de cet ancien ministre, s'occupe avec ardeur de la reproduction de nos chefsd'œuvre, eh même temps qu'il dénonce à l'opinion les actes de vandalisme qui par* viennent à sa connaissance (929). Enfin, M. le garde-des-sceaux, en sa qualité de ministre des cultes, a publié une excellente circulaire sur les mesures à suivre poer la restauration des édifices religieux, circulaire à laquelle il ne manquera que d'être suffisamment connue et réjjmndue dans le clergé, il faut espérer maintenant que la chambre des députés renoncera à la parcimonie mesquine qui a jusqu*k présent présidé à ses votes en faveur de 1 art, et qu'elle suivra l'impulsion donnée par le pouvoir.

Il 7 a là, avouons-le, un contraste heoreux et remarquable avec ce qui se passait eous la Restauration. Loin de moi la pensée

ments curieux sur Fétat des monunieDUdaMreuat et le midi de la Franee.

(9S9) Ce comité a duré jasqu*en 4S52 époqet ok* sur le rapport de M. Forieul, ministre de riMtr«ction publique, il a élé renouvelé, et oo plesieurs A ses membres les plus anciens et les plus actifs eu ont Clé exclus.

lus

AFPENDIGE. —DU VANDÀUSME ET DU GATHOUaSME DANS L'ART.

d^^leTer des récriminations inutiles contre un régime qui a si cruellement expié ses fautes, et è qui nous devons, après ,tout, et nos habitudes constitutionnelles et la plu- ]>art de nos libertés; mais, en bonne justice, il est impossible de ne pas signaler une différence si honorable pour notre épo-

Sue et notre nouveau gouvernement. Chose trangel la Restauration, è qui son nom seul semblait imposer la mission spéciale de réparer et de conserver les monuments du passé, a été tout au contraire uneépoaue de destruction sans limites ; et il n*a fallu rien moins qu'un changement de dynastie pour qu'on s*aperçût dans les régions d'à ))Ouvoir qu'il y avait quelque chose à faire, au nom du gouvernement , pour sauver l'histoire et 1 art national. Sous l'Empire,

auoique le mépris et la falsification du passé e la France fussent à l'ordre du jour, le ministre de l'intérieur, parune circulaire du 4 juin 1810, fit demander à tous les préfets des renseignements sur les anciens châteaux et les anciennes abbaj^es de l'En^pire. J'ai TU des copies de plusieurs mémoires four* nis en exécution de cet ordre ; ils sont pleins de détails curieux sur l'état de ces monuments à cette époque, et il doit en exister un grand nombre au bureau de statistique. Sous la restauration, H. Siméon, étant ministre de l'intérieur, adopta une mesure semblable, mais on ne voit pas qu'elle ait produit des résultats. Le déplorable svstème d'insouciance qui a régné de 1816 a 1830, se résume tout entier dans cette ordonnance, qu'on ne pourra jamais assez regretter, par laquelle le magnifique dépôt des monuments historiques, formé aux Petits- Augustins, fut détruit et dispersé, sous prétexte de restitution à des propriétaires qui n'existaient plus, ou qui ne savaient que ffliire de ce qu'on leur rendait. Je ne sache pas, en effet; un seul de ces monuments rendus à des particuliers qui soit encore conservé pour le pavs, et je serais heureux qu'on pût me signaler des exceptions individuelles à cette funeste généralité. Et cependant, malgré la difficulté bien connue de disposer de ces glorieux débris, on ne voulut jamais permettre au fondateur de ce musée unique, homme illustre et trop peu apprécié par tous les pouvoirs, à M. Alexandre Lenoir, de former un restant de collection avec ce que personne ne réclamait. Ce mépris, cette impardonnable négligence de l'antiquité chez un gouvernement qui puisait sa principale force dans cette antiquité mdme, s'étendit jusqu'au conservatoire de musique , puisque l'on a été disperser ou vendre à vil prix la curieuse collection d'anciens instruments de musique qui y avait été formée, ainsi que l'a révélé le savant bibliothécaire de cet établissement, H. Bottée de Toulmon, à une des dernières séan* ces du comité des arts. Ce système de ruine, si puissant à Paris, se pratiquait sur une échelle encore plus vaste dans les provinces. Qui pourrait croire que, sous un gouvernement religieux et moral, la municipalité

d'Angers, présidée par un député de l'extrême droite, ait pu installer un théâtre daiis relise gothique de Saint-Pierre ? Qui pourrait croire qu'à Arles l'église de Saint-Césaire, regardée par les plus savants anti-

Îuaires comme une des plus anciennes de rance, ait été transformée en mauvais lieu, sans qu'aucun fonctionnaire ait réclamé?

Qui croirait que, au retour des rois trèsçhrétiens, il n ait été rien fait pour arracher h sa profanation militaire le magnifique pa« lais des papes d'Avignon ? Qui croirait enfin qu'à Clairvaux, dans ce sanctuaire si célèbre, et qui dépendait alors directement du pouvoir, l'église si belle,* si vaste, d'un grandiose si complet ; cette église du xii* siècle que l'on disait grande comme Notre- Dame de Paris, l'église commencée par saint Bernard, et où reposaient, à côté de ses reliques, tant de reines, tant de princes, tant de pieuses générations de moines, et le cœur d'Isabelle, tille de saint Louis ; cette église qui avait traversé, debout et entière, la Répunlique et l'Empire, ait attendu, pour tomber, la première année de la Restauration? Elle fut rasée alors, avec toutes ses chapelles attenantes, sans qu'il en restât pierre sur pierre, pas même la tombe de saint Bernard ; et cela pour faire une place, plantée d'arbres, au centre de la prison qui a remplacé le monastère.

Pour ne pas nous éloigner de Clairvaux et du département de l'Aube, il faut savoir qu'il s'est trouvé un préfet de la Restauration qui a fait vendre au poids sept cents livres pesant des archives de ce même Clairvaux, transportées à la préfecture de Troyes. Le reste est encore là, dans les greniers d'où il les a tirés pour faire cette belle spéculation; et j'ai marché en rougissant sur des tas de diplômes, parmi lesquels j'en ai ramassé, sous mes pieds, du pape Urbain IV, né à Trojres même, fils d*un cordonnier de cette ville, et probablement le plus illustre enfant de cette province. Ce même préfet a rasé les derniers débris du

Salais des comtes de Champagne, de cette elle et poétique dynastie des Thibaud et des Henri le Large, parce qu'ils se trouvaient sur la ligne d un chemin de ronde qu'il avait malheureusement imaginé. La charmante porte Saint-Jacques, construite sous François I"; la porte du Beffroy, ont eu le môme sort. Un autre préfet de la Res« tauration, dans l'Eure-et-Loir, nous a-t-on dit, n'a éprouvé aucun scrupule à se laisser donner plusieurs vitraux de la cathédrale de^ Chartres, pour en orner la chapelle de son château. Ce qui est «ûr, c'est qu'il n'y a pas. un département de France où il ne se soit consommé, pendant les quinze années de la Restauration, plus d'irrémédiables dévastations que pendant toute la durée de la République; non pas toijyours, il s'en faut, par le fait direct de ce gouvernement, mais toujours sous ses yeux, avec sa tolérance, et sans éveiller Ja moindre marque de sa sollicitude.

Une pareille hunto semble , Dieu merci^

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être écartée pour l'avenir, quoique dans les ^ allures du gouvernement actuel tout ne soit pas également digne d'éloges. Pourquoi faut-ily par exemple, qu'à côté des mesures utiles et intelligentes dont nous avons parfé plus haut, il ; ait quelquefois des actes comme celui que nous allons citer? Une société s'est formée en Normandie, sous le titre de Sociélé française, pour la conservation des monuments ; elle a pour cr^teur M. de Caumont, cet infatigable et savant archéologue» q^ui a plus fait que personne pour populariser le goût et la science de l'art historique; elle a réussi , après maintes difficultés , à enrégimenter dans ses rangs les propriétaires, Tes ecclésiastiques , les magistrats, les artistes, non-seulement de la Normandie, mais encore des provinces voisines. Elle publie un recueil mensuel plein de faits et de renseignements curieux, sous le titre de Bulletin monumenUl ; et, ce qui vaut encore mieux, avec le produit des cotisations de ses membres, elle donne des secours aux fabriques des églises menacées, et obtient ainsi le droit d'arrêter beaucoup de destructions» «t celui plus précieux encore d'intervenir dans les réparations. Voilé, on l'avouera, une société qui n'a pas sa rivale en France, ni peut-être en Europe, et qui méritait, à coup sûr, l'appui et la faveur du pouvoir. Or, devine-t-on quel appui elle en a reçu? M. le ministre de l'intérieur lui a alloué la somme de trois cents francs, à titre d'encou' ragementlQae penser d'un encouragement de ce genre ? Et n'est-ce pas plutôt une insulte, une véritable dérision, que de Jeter cent écus à une association d'hommes considérables dans leur pays, et dont le zèle et le dévouement sont propres à servir de modèles au gouvernement? Espérons au moins que Tannée prochaine ce délit contre l'art et l'histoire sera réparé d'une manière couforme au bon sens et à la justice.

Après le pouvoir central , il est juste de citer un certain nombre de magistrats et de corps constitués, qui ont noblement secondé sou impulsion. Ainsi plusieurs préfets, parmi lesquels je dois spécialement désigner MM. les préfets du Calvados et de l'Eure; M. Gabriel, préfet à Troyes , après l'avoir été à Auch; M. Rivet, à Lyon ; M. Chaper, à Dijon, et surtout M. le comte de Ramouteau, à Paris, se montrent pleins de zèle

1)0ur la conservation des édifices anciens de eurs départements. Ainsi, quelques conseils-généraux, et au premier rang ceux des Deux-Sèvres (930), de l'Yonne (931J et de la

(930) La délibération de ce conseil-général, dana sa session de 1848 , mérite d'être cilée lexiuellement. Après avoir volé 4,000 fr., au lieu de 3,000 que le préfet proposait pour huit anciennes égli&es du département, le conseil demande que ces sommes ne soient employées que sous la direction de Tarchitecie du département et les avis de M. de la Fontenelle, membre correspondant des comités historiques établis près le ministère de rinstruction publique. Il recommande à M. rarchiiecle de veiller à ce qu'on ne fasse pas disparaître, comme il n'arrive que tron souvent , les parties de Tédillce qui rappellent l'état de l'art dans le pays, et qui

Haute-Loire, ont voté des allocations desti* nées à racheter et h réparer des monuments

3u*ils estiment, ajuste titre, comme la gloire e leurs contrées.Malheureusementcesexem* pies sont encore très-peu nombreux, et se concentrent dans la sphère des fonctionnaires les plus élevés, et par conséquent les plus absorbés par d'autres devoirs. Partout, ou presque partout, les archives départementales et communales sont dans un état de grand désordre ; si dans quelques Tilles elles sont confiées à des hommes pleins de zèle et desciencoi comme, par exemple» à M. Maillard de Chambure, à Dijon ; ailleurs, à Perpignan, il y a peu d'années qu*on découpait les parchemins en couvercles de pots de confiture ; et, à Chaumont, on déchirait, tailladait et vendait à la livre tout ce qui ne paraissait pas être titre communal. Mais comment s'étonner de cette négligence, lorsqu'on voit la chambre des députés refu* ser, dans sa séance du 30 mai dernier, une misérable somme de 25,000 francs, destinée à élever des bibliothèques administratives dans quelques préfectures ? Dans les administrations d'un ordre inférieur, dans !e {;éuie civil et militaire surtout, la mine et e mépris des souvenirs historiques sont encore à l'ordre du jour (932). Et, lorsque nous mettons le pied sur le trop vaste domaine des autorités locales et municiuales, nous retombons en plein dans la catégorie la plus vaste et la plus dangereuse du vandalisme destructeur. Qu'on me permette de citer quelques exemples.

Ce sont sans doute de fort belles choses que l'alignement des rues et le redressement des routes, ainsi (]ue la facilité des communications et l'assainissement qui doivent en résulter.* Mais on ne viendra pas à bout de me persuader que les ingénieurs et les architectes ne doivent pas être arrêtés dans leur omnipotence par la pensée d'enlever au pays qu'ils veulent servir, à la ville qu'ils veulent embellir, un de ces monuments qui en révèlent l'histoire, qui attirent les étrangers, et qui donnent à une localité ce caractère spécial qui ne peut pas plus être remt>lacé par les produits de leur génie et de eur savoir qu'un nom ne peut l'être par un chifi*re. Je ne saurais admettre que cet amour désordonné de la ligne droite, qui caractérise tous nos travaux d'art et de viabilité modernes, doive triompher de la beauté et de l'antiquité, comme il triomphe à peu près partout de l'économie (933). Je ne saurais croire que le progrès tant vanté des

méritent , par cela seul , d*ètre conservées de préférence par des réparations faites dans le même style.

(1)51) Celui-ci a sauvé, par sa généreuse inlervention, deux ^lises aussi précieuses pour Tbistoire que pour l^rt : Vezelay , où saint Bernanl pr^*ha la croisade, et Pontigny, qui servit d^asile à saint Thomas de Cautorbéry ocndant son exil tm France.

(952) Parmi les exploits do génie militaire • 3 faut citer le badigeonnage des vieilles fresques qui ornaient la cliapolle de la citadelle de Perpignan, où a eu lieu le procès tlii général Brossard.

,(955) Ou pourrait citer de uoiubrcubcb localiléft

APPENDICE. — DU YAKDALISBIE ET DU CATHOLICISME DANS LART

sciences et des arts mécaniques doive aboutir en dernière analyse è niveler le pays sous le joug de cette ligne droite , c'est-adire de la forme la plus élémentaire et la plus stérile qui existe, au détriment de toutes les considérations de beauté et même de prudence. Ce ne serait vraiment pas la peine de se féliciter du talent des jeunes savants qui sortent de nos écoles, si ce talent se bornait h tailler la surface de la France et de ses villes en carrés plus ou moins grands, et à renverser impitoyablement tout ce qui se trouve sur le chemin de leur règle. C'est cependant là le principe qui semble prévaloir dans tous les travaux |jublics de notre temps et qui amène chaque jour de nouvelles ruines. Ainsi à Dinan, dans une petite ville de Bretagne où il ne passe peut-être pas ▼ingt voitures par jour, pour élargir une me des moins passagères, n*a-t-on pas été détruire la belle façade de Thospice et de son église, Tun des monuments les plus curieux de ces contrées 1 Le maire a essayé d'en faire transporter une partie contre le mur du cimetière, mais tout s'est brisé en route. C'est ainsi que naguère, à Dijon, l'église, de Saint- Jean , si curieuse par l'extrême hardiesse de sa voûte, qui s*appui6 sur les murs de côté, sans aucune colonne ; cette belle église, que le xviii* siècle lui* luéme avait remarquée, réduite aujourd'hui à servir de magasin de tonneaux , s'est vue honteusement mutilée. On a élagué son chœur, rien que cela, comme une branche d'arbre inutile, et un mur qui rejoint les deux transepts sépare la net du pavé des voitures. On n*en agit ainsi qu'avec les monuments publics et surtout religieux : il en serait tout autrement s'il était question d'intérêts privés. Que les maisons voisines embarrassent autant et plus la voie publique , c'est un mal q\i'on subit; mais on se dit : « Commençons par ruiner l'église ; c'est toujours cela de gagné ; » et l'on peut afDriner hardiment que le moindre cabaret est aujourd'hui plus à l'abri des prétentions des éla^sseurs que le plus curieux monument du moyen Age. A Dieppe, toujours pour élargir, n'a-t-on pas détruit la belle porte de la Barre, avec ses deux grosses tours, par laquelle on arrivait de Paris ; et cela , sans Joute, pour la remplacer par une de ces

Srilles monotones, flanquées de deux hieux pavillons d'octroi, avec porche et fronton, cet idéal de l'entrée d'une ville moderne, au-dessus duquel le génie de nos architectes n'a pas encore pu s'élever. A Thouars, le vaste et magnifique chÂteau des LaTremouille va être démoli pour ouvrir un passage à la grande route : ce chAteau date presque entièrement du mojren Age, et l'on sait que les monuments militaires de cette épo€|ue sont d'une rareté désespérante. A Paris> nous approuvons de tout notre cœur

ov des chemins, empierrés à grands frais , ont élé piocha et iransformés en bourbier , les ressources des communes et des départements scandaleiise- Qtent gaspillées, et tous les besoins des pot>ul9tiotts

les nouvelles rues de la cité , mais sans admettre la nécessité absolue de détruire ce Ïui restait des anciennes églises de Saintandry et de Saint-Pierre-aux-Bœufs, dont les noms se rattachent aux premiers jours de l'histoire de la capitale; et si le prolon* gement de la rue Racine eût porté un peu plus à droite ou à gauche, de manière à ne pas produire une ligne absolument droite de rodéon à la rue de la Harpe, il nous semble qu'on eût trouvé une compensation suffisante dans la iconservation de la précieuse église de Saint-Côme, qui, bien que souillée par son usage moderne , n'en était pas moins l'unique de sa date et de soit style à Paris. A Poitiers, la fureur de l'alignement est poussée si loin , que M. Vitet s'est attiré toute l'animadversion du conseil municipal, pour avoir insisté, en sa qualité d'inspecteur-général , pour le maintien du monument le plus ancien de cette ville , le baptistère de Saint-Jean, dont on place Torigine entre le vi* et le viii* siècle. Malheureusement ce temple se trouve entre le pont et le marché aux veaux et aux poissons, et quoiqu'il y ait toute la largeur convenable pour que lesdits veaux et poissons soient voitures tout à leur ajse autour du vénérable débris d'architecture franke , il n'eu est pas moins désagréable aux yeux éclairés de ces magistrats, déjà renommes par la destruc* tion de leurs remparts et de leurs anciennes I>ortes. Ils se sont révoltés contre la prétention de leur faire conserver malgré eux un obitacle à la circulation; de là des pamphlets contre l'audacieux M. Vitet, dans lesquels il était dénoncé aux bouchers et aux poissardes comme coupal)le d'encombrer les abords de leur marché; de là, demande au

S;ouvernement d'une somme de douze mille rancs, pour compenser cet irréparable dommage; de là, plainte jusque devant le conseil d'état, où la cause de l'histoire, de l'art et de la raison n'a pu triompher, dit-on, qu'à la majorité d'une seule voix. Terminons l'histoire de ces funestes alignements, en rappelai^ qu'au moment même où nous écrivons, Valenciennes voit disparaître la dernière arcade gothique qui ornait ses rues, qui lui rapuelait son ancienne splendeur, alors quelle partageait avec Mons l'honneur d'être la capitale de cette glorieuse race des comtes de Hainault, qui alla régner à Constantinople. On y détruit la

Sortion la plus curieuse de l'ancien Hêtellieu, fondé en 1431 par Gérard de Piiïbntaine, chanoine d'Anthoing, avec l'autorisation de Jacqueline de Bavière, et le secours de Philippe le Bon. On voit que les plus grands noms de l'histoire locale ne trouvent pas grâce devant laimunicipalité de Valencienues. Il faut, du reste, s'étonner de l'intensité tout à fait spéciale de l'esprit vandale dans ces anciennes provinces des Pays-Bas

méconnus, parce que le pëdantisme de quelque jeune ingénieur aura exigé ta rcctillcation, non pas d*une pente , mais une innocente et Insensitle courbe d*ua ou deux piedi».

mCTlONNÂIRE DESTHETIQDE.

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