‹ Dictionnaire d'esthétique chrétienne, ouChapitre 152 sur 168 · LE VANDALISME DANS LES TRAVAUX D»ART · texte numérisé non relu

LE VANDALISME DANS LES TRAVAUX D»ART

hÂM LA DI8CI7S8IOX GÉNÉRALE, A LA CHAMBRE DES PAIRS, OU PROJET DE LOI RELATIF AUX CRÉDITS

SUPPLÉIElfTAlRES DES EXERCICES DE 1846 ET 1847.

{SxtraH du Moniteur du 27 JuiUet 18 i7.)

Séance du 26 joiliet 18ii^7.

Messieurs ,

}e oeoiande pardon à la chambre , daas I*^tat actuel de ses travaux et de ses dis[)0sitiotiSy de la retenir quelque temps sur des questions de détail. Comme nous ne sommes pas encore en nombre pour voter, elle voudra bien avoir de Tinaulgence pour ceite occupation provisoire.

Il y a longtemps que je cherchais une occasion légitime et naturelle d*entretenir la chambre et le gouvernement de la conduite des travaux publics, en ce qui touche aux monuments déjà historiques ou destinés à le devenir un jour; ie crois que cette occa* sion se trouve dans la loi qui vous est soumise. En effet» nous y voyons presque à chaque page des allocations qui sont destinées, soit a Tachèvement, soit à la conservation de monuments historiques ou autres, des crédils demandés dans un intérêt d^art et d*histoire.

11 y a deux ans, dans un rapport aue je fis à cette tribune sur la restauration de la métropole de Paris, jç profitai de cette occasion pour rendre hommage aux services qu avait rendus le gouvernement actuel à l'art et à rhistoire, par sa sollicitude, tardive mais efficace, pour un grand nombre de bos anciens monuments. Je ne puis aujourd'hui ?ue répéter cet hommage ; ce[>endant je dois atténuer sous certains rapports, et mettre les ministres en garde contre divers abus qui s'attachent à ces grands et importants travaux. Je les félicite d'avoir demandé à la chambre des députés des sommes imp(»rtantes pour fentretien des monuments historiques et des travaux d'art; je les félicite surtout de les avoir obtenues ; neut-ètre n'est-ce pas toujours par des considérations purement d'art, mais enfin on les a obtenues, et nous devons nous en réjouir. Mais en même temps il faut signaler ao pavs et au pouvoir les abus qui accompagnent remploi de ces fonds , abus qui, j'aime k le dire, ne sont pas l'œuvre directe des ministres, mais celle des architectes et antres agents inférieurs, qui ne sont ni assez sévèrement surveillés, ni assez sagement dirigés.

Je ne crois donc pas abuser delà patience

de la chambre en lui dénonçant divers méfaits qui ont accompagné remploi de ces fonds; je le fais avec l'espoir d'en réprimer

3uelques-uns et d'en prévenir beaucoup 'autres. Je lui montrerai aussi que le vandalisme , que tout le monde déplore , conserve encore et môme étend son empire, dans certaines directions, où il est plus que temps de l'arrêter, et d'empêcher la ruine quotidienne et irréparable de plusieurs de nos plus précieux monuments.

Croyez, messieurs , qu'il y a là un intérêt digne de toute l'attention, même des hommes politiques. Il y a quelques jours , dans une autre enceinte, l'éloquent M. Villemain disait avec raison que les études historiques étaient un ordre de littérature tout à fait conforme au génie de nos institutions et de notre siècle. £h bienl les monuments de notre passé sont les auxiliaires essentiels de ces études : ce sont des témoins toujours vivants qu'il faut chaque jour invoquer, consulter, et sur lesquels on ne saurait veiller avec trop de sollicitude. C'est à ce titre^ et aussi comme ayant étudié de mon mieux, depuis quinze ans, les diverses branches de notre archéologie nationale, que je viens solliciter quelques moments de votre attention.

11 y a dans les travaux historiques que le

Souvernement fait entreprendre deux grands éfauts, ou, pour mieux dire , deux grands dangers. 11 y a d^abord la manie de condamner avec trop de précipitation à une démolition complète ce qui pourrait être sauvé à moins de frais et avec moins de peine. H y a ensuite la manie d'accoler aux édifices anciens des travaux nouveaux, beaucoup trop coûteux, presque toujours inutiles, qui constituent presque toujours des anachronismes , et qui deviennent souvent dangereux pour la solidité même des édifices qu ils sont destinés k orner>

ie commence par un exempte bien frappant, et que chacun peut vérifier , des abus 3ue je signale, c'est l'église de Saint-Denis, uand vous sortez de Paris du côté du Nord, vous ne reconnaissez plus cette ancienne église qui était l'ornement et l'honneur des environs de Parts. On y voit avec

Il9ft

surprise une tour démolie et une façade compromise. Savez- vous à quel prix on a obtenu ces résultats? Au prix de 7 millions.

Oui, messieurs, !a ruine, de la façade d6 l'église de Saint-Denis, le déshonneur de celte église, qui est devenue la risée des artistes et des voyageurs, a coûté jusqu'à présent 7 millions. Je ne sais pas ce qu'elle coûtera dans Tavenir. '

Los ministres des travaux publics (je parle de l'ancien et du nouveau) sont là pour me corrig(!r si je commets des inexactitudes. Cette église a donc été* dégradée , à moitié ruinée, et rendue .méconnaissable, moyennant la bagatelle de 7 millions.

Elle a été victime d'une double restauration, ou de ce que j'appellerai plutôt une double dégradation : la dégradation extérinure et la dégradation intérieure. Pour la dégradation extérieure , Tbistoire en serait longue ; je ne vous la ferai pas tout entière, je n'en dirai qu'un mot. Elle a commencé parla foudre. La foudre a frappé la flèche de Téglise en 1837. Là on a appliqué immédiatement ce principe que je vous dénonçais tout à rheure comme étant si grave et si funeste. Au lieu d'y faire une réparation prompte et modeste, mais tout à fait suffisante, l'architecte qui, malheureusement, était chargé depuis quelques années de la soi-disant restauration du monument , a affirmé qu'il fallait absolument abattre en entier celte flèche,

Le ministre de l'intérieur de l'époque, M. le comte de Gasparin , que je regrette de ne pas voira sa place, pour confirmer mes dires, avait bien élevé quelques objections fort naturelles contre cette idée ; mais il a cédé à ce qu'il croyait une autorité plus compétente que la sienne , et il a été obligé de baisser pavillon devant la prétendue science de l'architecte. On a décidé qu'il fallait abattre et rebAtir la flèche.

La flèche une fois rebâtie, qu'est-il arrivé? L'ancienne tour, condamnée à soutenir la nouvelle flèche, s'est d'abord lézar^ dée, grAce au poids de cette flèche moderne, construite sans précaution et en matériaux beaucoup plus lourds que l'ancienne : elle a menacé de plus en plus, et on vient de la mettre à terre. Ainsi donc on a démoli successivement Tancienne flèche, puis une par* lie de la nouvelle, pqis la tour elle-même, et, par suite, on démolira toute la façade, com-

fromise par tant de travaux malfaisants.Voilà état où se trouve aujourd'hui cette église si magnifique , si historique , si nationale.

Je n'entrerai pas dans les détails techniques : cela me serait facile si Vêtais combattu; je vous les épargne pour Je moment. Mais veuillez remarquer ceci : jusqu'à présent on avait vu des églises qui sécroulaient ]iar vétusté et par abandon ; mais des églises qui s'écroulaient par suite même des trairaux et par les réparations qui y sont faile$9 c'est un phénomène nouveau qui était réservé à noire temps et à la gloir« de nos architectes olliciels.

Avant d'abandonner la dégradation exté-

rieure du monument, je devrais signaler la mas<e de sculptures apocryphes et ridicules dont on avait surchargé la fiiçade ; mais je me hâte de passer à la dégradation intérieure

Or, grâce aux restaurateurs, l'intérieur de l'église de Saint-Denis n'otfre plus qu'un effroyable g&ehis de monuments, de débris de tous les temps, de tous les genres » coufondus dans un désordre sans nom; c-e n*est plus qu'un véritable musée de bric-à-brac, où fourmillent des anachronismes innombrables, signalés depuis loni^temps sans avoir jamais été démentis. 11 y a surtout une collection de tombeaux apocryphes digne de toute votre attention. L'architecte, ayant décidé que l'on rétablirait les tombeaux des anciens rois enlevés à Saint-Denis , semble avoir pris pour guide ce principe : Tel roi a été enterré à Saint-Denis; faisons-lui un tombeau, n'importe comment. On a donc été chercher dans nos dépôts d*aiatiquités nationales, aux Petits-Augustins et ailleurs, des statues, des bas-reliefs , des fragments tels quels. On les y a transportés et on a dit : « Telle statue d'homme sera celle de tel ou tel roi, et telle statue de femme représentera telle ou telle reine. » On les a ainsi arrangées en un musée complet d'apocryphes et d'anachronismes , que l'on expose à la curiosité des visiteurs ot à U risée des connaisseurs. Ainsi, pour vous en citer quelques exemples, si je suis bien informé, la toiube ancienne de Valentine de Milan comprenait quatre statues : on les a séparées et oa ea a fait trois monuments divers. Le dernier roi qui ait eu un mausolée à Saint-Denis a été Henri IL Or, maintenants vous y vovez ceux de Henri 111, de Henri IV^ de Louis XIV et môme de Louis XV. Celui de Louis XV est construit avec des débris des anciens tombeaux de la duchesse de Joyeuse» de la comtesse de Brissac et de la femme d'un sculpteur nommé Moitte. On en a réuni tous les morceaux ensemble , et on en a fait un tombeau pour Louis XV. Voilk ce que l'pn appelle une restauration.

Je vois sourire mon noble collègue, M.^io* tor Hugo, et je crois que c'est de sa part un sourire d'aifirniatioa...

M. LB VICOMTE Hugo. Complètement.

M. LE COMTE UE MOMTALEMBBRT. Jc me fé«

licite d'avoir dans ma pénible ticbe Tappui de l'homme qui a le plus fait parmi nous pour régénérer l'étude et le respect de nos antiquités nationales, et je continue.

Pour compléter l'œuvre, on a mis des vitraux, et quels vitraux 1 des vitraux de la labrique de Choisy, où le chef de TÊlal, accompagné de M. le comte de Montalivei el d'autres fonctionnaires, se trouvaient Qgurer d'une façon si ridicule qu*on a dû les faire dispaiaitre., et c'est à coup sûr ce qu*on |K>uvait faire de mieux. (Hilarité.) Si on ne l'^i pas encore lait, jpt fais des vœux aruenis .pour qu'on n'attende pas, et cela par respect pour la personne auguste cjut j est représentée.

Voili e»^pfe«BL arrixé, etje Te «Us très en abr^fè; j^ ictM^ épargne uiie foule de dé-

APPENDICE. — DU VA^ALISXE ET DU ÇATHOUCISME DANS L*AltT.

iails, quo je pourrais encore vous donner. Voilé ce qui est arrivé pour un des monuments les plus importants que nous ayons dans notre pays.

De qui tous ces actes sont-ils le fait? II faut le dire, d'un architecte membre de Tacadémic des fieaux-Arts. lis ont été depuis longtemps dénoncés, car il ne faut pas croire quet dans un siècle de publicité, de viva* cjté comme le nôtre, de pareils méfaits passent inaperçus ; avant d*6tre portés à la tribune politique» ils ont été portés à d'autres tribunes, à des tribunes scientifiques et littéraires; ils ont été dénoncés au sein de Tacadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui est un corps assurément bien compétent en cette matière; ils ont été signalés par la commission des monuments historiques qui s'assemble au ministère de l'intérieur, corps aussi respectable et le plus compétent de tous. Mais cet architecte fatal a été justifié par ses confrères de l'académie des Beaux-Arts, qui étaient, je le crains, au moins quant aux architectes, bien capables d'en faire autant (Hilarité), et qui ont déclaré qu'il n'y avait rien à dire à ce qui avait été fait. Cependant, sur ces entrefaites, la tour est tombée, et c'était là une démonstration contre laquelle il était impossible de regimber, et il a bien fallu reconnaître

2u'ilj avait beaucoup de mal; il a bien fallu loigner cet architecte. On lui a donc donné un successeur; on a choisi pour cela un homme qui avait fait ses preuves, M.Duban, qui avait été chargé de la restauration de Ja Sainte-Chapelle et du Palais de justice de la ville de Paris, un des plus importants édifices que le gouvernement ait entrepris de restaurer. Mais cet architecte a déclaré, après mdr examen, qu'il n'y avait rien à faire à Saint-Denis, qu'il était impossible de réparer le mal qui avait été. fait, et il a refusé celte succession.

11 a alors fallu chercher un deuxième successeur et on en a trouvé un très-estimable, à coup sûr, en qui j'ai pleine confiance, qui a eu plus de hardiesse que M. Dubao; je lui souhaite autant de succès que de courage.

Mais savez- vous ce que l'on a fait de l'architecte qui avait commis ces méfaits? On ]*a nommé membre du conseil des bâtiments civils (Mouvement), c'est-à-dire qu'on l'a appelé à juger en dernier ressort de toutes les constructions nouvelles de France et de Na- Tàrre* lui qui avait perdu et déshonoré l'un des plus magnifiques édifices de notre moyen Age. (Nouveau mouvement.)

Eh bien, j'avoue que je trouve là un étrange ahus ; je ne sais \)às si je dois appeler cela un abus des influences, mais véritablement c'est un acte blâmable de faiblesse ministérielle.

Je n*en dirai pas davantage sur ces tristes

travaux.

J*ai plusieurs ministères à passer en revue, c'est pourquoi j'abrège. Je passerai au ministère des cultes, et d^abord je commencerai par loi rendre hommage, si, comme on me l'assure, c'est grâce à rintervention

DlQTlOMN. DESTHÉTIQtt.

de ce ministère qu'on vient de sauver, ou du moins de contribuer au sàlut d'un des monuments les plus précieux de la Picardie, l'église de Saint-Germer qui, après celles d'Amien^s, de Beauvais et de Noyon, est la plus belle de cette province. Elle avait été condamnée à mort par un arrêt téméraire de cette même commission du minis* tère de l'intérieur, dont je disais tout à l'heure tant de bien, Mais, gr&ce au ciel I le ministre des cultes a envoyé sur les lieux un architecte plus perspicace, plus modéré, plus sage, plus courageux peut-être que les auteurs des premiers rapports, et il a déclaré que cette belle éfflise pouvait parfaitement être sauvée, et j%spère qu'elle le sera.

M. le ministre des cultes mérite, à ce sujet, un grand et juste hommage. J'espère qu'il recommencera souvent une pareille campagne ; mais toutes ses campagnes n'ont pas été aussi heureuses. Je ne lui reprocherai pas les méfaits trop anciens de son ad^ ministration, par exemple la flèche de Rouen, cette effroyable flèche en fonte qui écrase cette cathédrale si belle, et lézarde déjà la partie centrale du transsept (CVst vrai) ; mais je lui reprocherai des opérations à peu près de la même famille que celle de Saint- bonis; par exemple, des flèches comme celle de Coutances, qui, ayant été légèrement endommagée par la foudre ou pard*autres événements qui sont arrivés dans tous les siècles, a été démolie et reconstruite {Hir le caprice malheureux des ardiitectes.

Ainsi je signalerai encore plusieurs travaux très-coûteux et d'une valeur contestée, qui ont été commencés et consommés au Puj^ , à Nevers, dans d'autres cathédrales. Mais le mal que ja signale ici tient à une cause générale que je chercherai à faire comprendre à la chambre.

Le ministère des cultes d sous sa dépendance les plus beaux édifices, je ne dis pas de la France, mais du monde entier; car je prétends qu'il n*existe rien de plus beau dans Tunivers que les cathédrales de Reims, d'Amiens, de Bourges, de Chartres, de P^ris, qui toutes dépendent du ministère des cultes, ainsi que soixante autres églises de la même nature.

Le ministère des cultes a des allocations dans le budget, destinées à l'entretien, à la réparation des édifices; allocations très-insuffisantes, selon moi, et cependant assex considérables. Eh bienl le ministère des cultes dispose de ces allocations avec une entière conscience, j'en suis sûr, avecbeaucoup de zèle, avec beaucoup de sollicitude; mais peut-être pas avec toutes les lumières désirâmes. En effet, dans les bureaux des cultes, je ne sache pas qu'il y sit des hom« mes très-versés, très -compétents dans cetia science si délicate et si importante de l'archéologie nationale et religieuse.

Qu'a fait, au contraire, M. le ministre de l'intérieur? Il dispose d'une somme infini* ment moins considérable et ne s'appliquent qu*à des églises paroissiales, des eniteaux, des monuments historiques qui n*ont pas

lits

DICnONNAIRC D*£STHETIQUE.

rimportence des cathédrales, quoiqu'ils en aient beaucoup aussi ; or, M. le ministre de rintérieur, pour disposer de ces 5 ou 600,000 francs qu'il dépense tous les ans pour cet objet, a nommé une commission composée d*hommes du monde, d'hommes pris dans les deux chambres, on d'artistes qui sont parfaitement au courant de toutes ces questions, qui décident, sous l'approbation, comme de raison, et sous la haute surveillance du ministre lui-même, qui décident de remploi de ces fonds et du difTérent degré de mérite des travaux qui lui sont soumis. H en résulte que les travaux ^entrepris sous ta surveillance de cette commission donnent lieu, en général, à très-peu d'oMections.

Je souhaite, pour ma part, que le ministère des cultes, adopte le même système, et vous m verrez plus alors ce que j'ai vu il y a deux ans, è ma erande T/Onsternatien, vu de mes yeux, c'est-a-dire des statues de toute beauté, arrachées au portail de la cathédrale de Bourges et jetées comme des membres inutiles dans les cryptes de la même cathédrale. Kt pourquoi? Parce que l'architecte qui était chargé aes travaux a du agir et trancher à sa

Sise, n'étant soumis a aucune autre surveilice qu'à la surveillance purement matérîelie^qui consiste à vérifier les comptes et à constater qu'on a dépensé exactement l'argent qui a été alloue.

Nous ne doutons nullement de l'intégrité de radmiiiistfation et des agents qu elle emploie; mais nous doutons du respect qu'ifs ont pour ces monuments anciens, et c'est ce respect, c'est ce degpré spécial de* capacité que notts désirons voir garantir k l'administration des cultes parles précautions qui ont été prises dans un autre ministère.

Ce n'est pas h dire toutefois que le ministre de l'intérieur soit à l'abri de tout reproehe; je demande pardon à la chambre de la longueur de ces détails, je serais désolé lie l'impatienter.

V<^ nombreuiti. Pariez! pariez !

M. Lt ooMTB DB MoMTALEMBEBT. Au ministère de l'intérieur, cette commission, à laquelle je me plais k rendre toute justice, a aussi commis quelques fautes; il faut qu'elle me permette de le lui dire, bien qu'un <le ses membres siège dans cette enceinte : on lui a fait le reproche de distribuer ses allocations au gré de certaines considérations plus ou moins électorales. Je ne crois pas il cela, je ne veux pas y croire, mais je lui reproche d'avoir quelquefois livré les travaux importants et utiles qu'elle avait à diriger à des architectes inexpérimentés et téméraires, trop empressés de démolir pour réédiSer. Ainsi, non-seulement, comme je vous le disais tout k l'heure, elle avait condamné k mort cette belle église de Saint- Germer, mais elle a laissé démolir dernièrement, par un de ses architectes, une tour da l'église collégiale de Hantes, qui est une des i>itts beWes qu'il y ait sur les rives de la Seine, entre Paris et Rouen : k la suite d'imprudences commises dans la restauration^ il a ftllu démolir cette tour; quand la

rebAtira-t-on? Un de ces jours on vous demandera sans doute Targent pour la rebâtir. Tout porte k croire qu elle était suffisamment solide avant qu*on y eût touché. Il est vraiment fflcheui qu'on soit exposé deux oa trois fois de suite k venir vous demander tantôt }K>ur Saint-Denis, tantôt pour Mantes, tantôt pour ailleurs, des sommes destinées k réparer les bévues des architectes. On si-

fnale des dangers analogues k Laon, k Noyon, Tournus. Dernièrement enfin, une église du Péri^ord, l'église abbatiale de Branlôoïc» qui avait tenu depuis le xu* ou le xni'sièelep s est en partie écroulée au milieu des travaux de restauration; malheureusement, non, heureusement, elle ne s'est pas écroulée sur la tête de l'architecte qui avait été cause de cet accident (Rires]; mais enfin elle n'a menacé ruine qu'k partir du moment où cet architecte a voulu lui appliquer sa prétendue science. (Hilarité.)

A Saint-Maximih, en Provence, oit se trouve la çlus belle église, sans contredit, de cette province, on avait alloué une somme dç 3,000 fr. (c'est peu de chose, je ne le cite que comme exemple). Quelque temps après, un savant architecte qui avait été chargé par la commission de surveiller ces travaux est venu dire, dans son rapport du 9 juillet 18U, qu'il fallait encore 3,000 fr., non pour achever ces travaux, mais pour les démolir, parce que c'était cette partie nouvelle qui menaçait la sùret'é des passants I (Nouvelle hilarité.)

Il y a donc un certain nombre de f^its qui doivent ^tre reprochés k celte branche, da reste si utile et si excellente , du ministère de l'intérieur.

Mais il est une autre branche de la mAme administration qui, malheureusement,échappe k la surveillance de cette commission» mais non pas k celle du ministre lui-même. C'est pourquoi, en sTon absence, je veux la signaler k ses collègues et k la chambre. J'en* tends parler des actes de vandalisme commis par les autorités municipales, et quelquefois par les autorités départementales (Mouvement): le ministre de rintérieur en est responsable , grâce k la centralisation que je déteste en général , mais que /admets et que j'accepte dans cette spécialité. Le ministre de rintérieur est tenu d^approuver oa de rejeter presque toutes les délibératiotis de ces autorités : il en résulte qu'il se trouve investi du droit salutaire d'arrêter leur vandalisme, et c'est un droit dont il n'use pas.

M. GuizoT, ministre des affaires éiram^ gères. Pas assez, mais il le fait souvent.

M. LE COMTB DB MONTALAMBBHT. SoUVent,

vous avez raison, mais j'espère qu'il le fera toujours ; car je rends hommage aux lumières que M. le comte Duchfltel montre dans beaucoup de cas ; mais je lui souhaite autant de courage et de persévérance que de lumières.

A tout seigneur tout «honneur. Commençons par la ville de Paris, car il n*y a pas de ville plus vandale , excepté une que je vous signalerai toiiT à l'heure.

Ici je voud^ s que M. le vicomte Victor

âNfitSBlCE. — DU VANDALISME ET DU GATHULIÇISME DANS L^ART.

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Hugo me remplaçât pyr |iMliflf r et compléter mes accusations ; je lui cëdenttsbMH volontiers la parole: il conuatt mieux qmt ))ersonne les actes de la ville de Paris dans ce |;enre, et il ferait meilleure justice que mot. liais, puisaue sa modestie s'y refuse, je signalerai quelques démolitions commises

er cette mnnicipalité de Paris , notamment destruction de deux des édifices les plus curieux de Paris , le collège des Bernardins et l'ancien couvent des Célestins.

Je suis charmé de voir M. le préfet de la Seine présent à son banc (Hilarité) ; je suis prêt à recevoir toute espèce de contradiction de %a part. Voulant, avant tout, rendre hommage a la vérité , je serais charmé de voir rectifiées sur-le-champ toutes les inexactitudes« toutes les exagérations qu'on pourra m'objecter; mais, jusqu'à plus ample informé, je dis que la ville de Paris, d'une fticon inexcusable , a démoli ou déshonoré deux monuments admirables , le collège des Bernardins, qui était unique en son genre, et Tancien couvent des Célestins , où était le tombeau de Charles V. Ce dernier édifice disi^aralt en e^ moment de notre sol. (Mar-

3ues d'adhésion.) En outre , la municipalité e Paris a laissé détruire un hôtel délicieux, et aussi unique dans son genre, Thôtel de La Trémouille , dont il était si facile de faire une mairie; et maintenant Thôtel Carnavalet illustré par madame de Se vigne, l'hôtel Carnavalet doit disparaître parce qu'il se trouve menacé par l'alignement. Or , l'alignement, a toujours raison contre l'art et rhistoire. (Mouvement.)

J'aurai encore beaucoup d'autres choses à dire sur le vandalisme parisien^ mais je \ous en fais çrAce pour arriver à une ville qui , comme je le disais tout à l'heure, est plus vandale que celle de Paris : c'est la ville d'Orléans. Ici M. le ministre a été réellement coupable. La ville d^Orléans avait à côté de sa cathédrale, dont elle est si fière et qui est fort peu de chose , un monument bien plus remarquable, l'Hôtel-Dieu. Vous savez par qoeile touchante pensée nos ancêtres avaient toujours rapproché la maison des pauvres *de la maison de Dieu, et, les confondant pour ainsi dire sous une même dénomination, avaient donné à la maison des pauvres un nom qui ne se trouve dans aucune langue que la nôtre , l'Hôtel-Dieu. (Très-bien 1 très-Dien I)

Eh bien , à Orléans comme à Paris, TBôtel-Dieu était à côté et à Tombre de la cathédrale, avec cette différence toutefois, qu'à Paris, TOôtel-Dieu n'offre dIus aucun intérêt artistique, tandis qu*à Orléans cet édifice était un admirable monument d'architecture ogivale. Le croiriez-vous , messieurs? la ville d'Orléans n'a eu ni paix ni repos jusqu'à ce qu'elle eût renversé cet admirable édifice , sous prétexte .de déblayer les abords de sa piteuse cathédrale. Ici je marche appuyé sur l'autorité de la fX)mmission du ministère de l'intérieur dont je parlais tout à l'heure. Cette commission a fait un rapport rédigé par Tinspecteur général.

des monuments historigues, M.*Mérimée, adopté par la commission et transmis au ministre de l'intérieur , qui l'a fait insérer émm la Moniteur du 13 juin 18M.

Il .r est éiU en propres termes , que l'Hô*tel-Dieu d'Orléans a été détruit par Vinqua- HfiabU obsUnaiion du eouseil général du Loiret et du conseil municipal d'Orléâna La commission ajoute que Tédifice 6Miva$i<, iolide^ iuêceptibte de recevoir mainte de#it* nation utile. Elle aurait pu dire que c^était le monument le plus beau et le plus curieux de rette ville de vandales.

La démolition a été entreprise, comme je l'ai dit, sous prétexte d'isoler le monument, mais, comme je crois l'avoir démontré dans mon rapport sur Notre-Dame, les monuments gothiques ne sont pas faits pour être isolés, comme les Pyramides dans le désert. Ils doivent être dégagés de certains côtés, de manière à être facilement a|)erçus ; mais, en leur ôtant tout point de comparaison rapproché, on les rapetisse et on leurôte la moitié de leur valeur. (Adhésion.)

Or l'Etat, dans la personne du ministre de l'intérieur, n'a pas eu le courage de dire à cet acte de vandalisme : Non, je ne le veux pas; mais il eu le courage et la bonne pensée de vouloir acheter l'édifice menacé, cette malheureuse ville n'a pAs même voulu consentir à ce moyen terme ; elle y a mis un prix exorbitant : c'est la commission qui le dit en propres termes, et elle ajoute encore: « Toutes les représentations ont été inutiles devant un corps municipal, qui croit agrandir sa ville, en la dotant d'une grande p/atne pavée , sur laquelle, par un rare oubli des convenances, on met en regard la mairie et le théâtre. Ji

On a prétendu que le maire d'Orléans avait menacé de donner sa démission si lei ministère refusait de consentir à la démolition. (Hilarité.) Oh ! combien je regrette amèrement qu'on ne l'ait pas acceptée. (Nouvelle hilarité.) Je ne veux pas m'informer des mo* tifs qui ont empêché de le prendre au mol.

Après ce grand et honteux exemple , lei autres [laralironi bien mesquins , quoiqu'ils aient aussi leur importance.

Il y a deux objets qui sont en horreur à tous les cor|)s municipaux, ce sont les murs et les tours , c'est-à-dire précisément ee qui fait en général le plus bel ornement dea villes. Par exemple, la ville de Carpeotraa avait des murs très-anciens qui attiraient les voyageurs ; ils ont été détruits. C'est encore à la commission du ministère de l'in^ térieur que j*emprunte cette opinion ; elle dit que Carpentras était une des villes les plus jolies quand elle avait ses murs, et qu'aujourd*hui il n*y a pas de bourg plus insignifiant et plus vulgaire.

La définition est très-juste; je souhaîle qu^elIe retentisse au cœur de ceux qui ont ainsi déshonoré leur ville. (Rires et adhésions.)

Croiriez-vous que les conseillers municipaux d'Avignon ambitionnent le même sort pour leur ville, en cherchant à rivaliser de

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DICTU>NNÂ1RE D*£STRETIQI}E

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YandaKsine arec ceux de Carpentras? (Nouvelle hilarité.)

Tout oeux qui ont passé dans cette ville d*AvigD0Q savent quelle empreinte de grandeur et de beauté lui donnent les restes des palais des Papes et des autres monuments ; ils savent aussi qu'elle n*apas de trait plus caractéristique que ses anciens remparts. Eh bien » dans nn des tracés du chemin de fer de Lyon à Avignon, on fait passer ia voie par les remparts, que Ton remplace par une chaussée. Je ne sais si ce tracé a été préféré par le ministère, mais je sais qu'il a été appuyé avec instance par la ville d'Avignon. El|on veut détruire ses remparts, pourquoi? Pour satisfaire ia cupidité des propriétaires riverains de ces remparts , qui trouveront une augmentation de la valeur de| leurs propriétés quand il y aura là un chemin de fër.

J'espère ({ue M. le ministre de l'intérieur ou M. le ministre des travaux publics , car cela rentre plutôt dans ses attributions, voudra bien ne pas sacrifier un monument si imi)ortant à des considérations si pitoyables. (Adhésion.)

A Reims, à Sens, à Guise, h Beauvais surtout, même acharnement des conseillers municipaux contre leurs remparts historiques.

Après les murs , les tours.

Dernièrement le beffroi de Valenciennes s'est écroulé* mais sa ruine a eu lieu comme celle de la tour de l'église Saint-Denis, par suite des travaux qu'on y a faits.

. APéronne, le conseil municipal 'a exigé la démolition de son beffroi, à la réparation duquel le ministère de l'intérieur avait alloué 20,000 fr. A Château-Thierry , on pave les routes avec les belles pierres de l'ancien chAteau.

Elles sont rares les communes qui réclament, comme on la fait à Poissy et à Saint- Ricquier, pour la conservation des portes à tourelles, qui sont le symbole des anciennes franchises de la vie municipale de nos ancêtres, et que l'on devrait conserver, comme on le fait en Allemagne, en Belgique •t en Angleterre, avec autant de raison et de. sollicitude que Rome conserve ses arcs de triomphe.

J'arrive au ministère de la guerre. Quand mut à rheure je parlais d'Avignon, je voyais U. le ministre faire un geste de satisfaction, m'encourager et approuver ce que je disais de la beauté des monuments d'Aviffnon; mais il n'ignore pas, sans doute, que Te département de la guerre a commis les plus épouvantables dévastations dans le palais des Papes. Ce n'est pas lui, sans doute, mais c'est son ministère , ou plutôt le génie militaire, le corps le plus vandale de tous ceux qui s'attaquent à nos monuments> (Adhésion.)

Toutes les lois qu'un monument tombe entre les mains du génie militaire, il est immédiatement sacrifié et déshonoré. Témoi n^ le «hAteau de Vincennes , où le génie a rasé ces dix belles tours qui faisaient l'admiration de nos pères : témoins les belles at^yes de Soissons, Notre-Dame et Saint- Jean-des-Vignes, qui ont été, malgré toutes

les réclamations des archéologues éclairés et zélés du lieu, mutilées de la manière la plus brutale.

Dernièrement encore, deux magnifiques arcades romanes, à Notre-Dame de Soissons, signalées par les antiquaires, ont été recouvertes par une construction tout è fait moderne. Mais il y a plus : en plein Paris, des actes analogues ont été commis à l'Ecole polytechnique; savez-vous ce que c'était, messieurs, que l'Ecole polytechnique? c'était le collège de Navarre, le collège où ont étudié Rollin , Gerson et Bossuet, rien que cela ! On en a fait l'Ecole polytechnique. J'avoue que la destination est très-belle ; mais il y avait une chapelle, une chapelle ogivale, qui rappelait le souvenir vivant encore de celte grande institution et de ces grands hommes. Elle avait vingt fenêtres, m'a-t-ou dit, car je ne l'ai pas vue; eh bien, elle a été démolie par le fait des ingénieurs de la guerre, et cela l'année dernière, en février 18fc6.

J'ai un autre exemple plus récent et plusfflcheux eucorejà citer, c'est celui de Toulouse.

A Toulouse, il v a une admirable église que je me vante 4 avoir été le premier à signaler dès 1833 à l'attention publique. C'est l'église des Jacobins ou des Dominicaiuê. Cette belle église date du xui* siècle; elle a été achevée au xiv*. Elle a des caractères tout à fait spéciaux que je ne vous définirai pas, ce serait trop long, mais elle possédait deux titres qui la distinguaient et qui devaient mériter la sollicitude de tous les hommes éôlairés. D'abord elle a servi de sépulture i saint Thomas d'Aquin, & ce grand homme qui fut, comme vous le savez tous, non-seulement une des gloires de TEglise, mais encore une des gloires de l'université de Paris, où il a longtemps enseigné, et où, par parenthèse, il ne pourrait pas, grAce au monopole, enseigner aujourd'hui. (On rit. — Mouvements divers.)

Outre ce glorieux tombeau, la vieille église des Jacobins se distinguait par des fresques du plus curieux mérite, des fresques du XIV* siècle, qui, en Italie, seraient I objet de la visite des voyageurs et de Tétude de tous les artistes. Cette église avait 200 pieds de long et 100 pieds de hauteur; elle était à deux nefs, particularité assez rare; enfin, elle avait un clocher qui passait pour le plus beau du Midi. Eh bien, le génie militaire s'en est emparé, et voici te qu'il en a fait :

H a d'abord recouvert ces fresques d'un badigeon, parce que les fresques et les peintures l'intéressent fort [)eu, tandis que le badigeon lui platt 'neaucoup. (Nouvelle hilarité.) Puis 11 a détruit les voûtes des chaf celles latérales; puis il a coupé en deux 'église par un plancher : en bas, il a mis une écurie; du premier étage, il a fait \m magasin de lits militaires; voilà son art à lui. (Mouvement.) En outre, il a détruit deux côtés du clottre, car il y avait un cloître admirable à côté de l'église, et il a transformé les deux autres côtés et la salle du chapitre en belles écuries garnies dVa-

APPENDICE. — DU VANDALISME ET DU CATHOLICISME DANS L'ART

J^es et de râteliers. Je ne sais trop ce qii*il a ait du réfectoire oui avait treize fenêtres en ogive avec de riches meneaux, mais je sais ce qu*il a fait d*une chapelle, la plus belle de toutes, la chapelle de Saint-Antonin, qui était couverte de fresques admirables; il en a fait le dépôt des chevaux morveux. (Nouveau mouvement.)

Yoiiè l'emploi qu'on trouve h faire, en t8U, d*an monument d'art qui, je le répète, en Italie attirerait tous les voyageurs, tous les artistes. £h bien, réellement, je ne crois pas guMI y ait un pays, excepté la France, où de si honteuses dévastations soient possibles.

J'espère qu'il suffira de les signaler, comme je le fais en ee moment à la chambre et h M. le ministre de la guerre, pour rendre l'administration de la guerre plus traitable; je dis plus traitable, parce qu'il y a en ce moment un procès intenté par la ville de Toulouse, qui fait exception à la triste règle que je signalais tout à l'heure, qui est animée d'un intérêt éclairé pour cette église, et qui fait un procès à l'administration de la guerre pour rentrer en possession de cet édiQce. Je n'examine pas le point de droit, mais je conjure M. le ministre de la guerre, et je prie la chambre de m'appuyer dans ce vœu, \e le conjure de vouloir bien examiner s il ne pourrait pas trouver le moyen, sans léser les droits de l'Etat, de céaer à cette ville une église dont elle pourra faire un usage convenable, mais dont bien certainement elle fera autre chose qu'un dépôt de chevaux morveux; je le conjure de faire cesser l'état actuel des choses, et de céder à ce vœu. (Marques générales d'assentiment«)

Après hs ministre de la guerre, 11 me faut passer au ministre de Tinstruction publique. Là il y aurait encore quelque chose à vous signaler : ce serait, si le ministre de ce département était ici, la destruction du logis abbatial de Saint-Etienne dans l'enceinte même du collège de Caen, destruction qui a été opérée l'année dernière. Mais ce que je ne puis omettre, c'est ce qui se passe à la bibliothèque de Sainte-Geneviève. Je sais bien qu'ici M. le ministre de l'instruction publique n'est pas le seul coupable ; ses prédécesseurs ont aussi leur part dans cet acte : on a donc voulu remplacer cette belle bibliothèque de Sainte-Geneviève, qui était de toutes celles de Paris la mieux combinée pour le service d'une bibliothèque; on a voulu la remplacer par une nouvelle bibliothèque ; on l'a sacrifiée, on en a éloigné le Sublic; on a voté, à la grande satisfaction de IM. les architectes, une nouvelle bibliothèque, et, pour commencer, on a rasé un utile et curieux monument, l'ancien collège de Montaiffu, cx)]lége non pas aussi célèbre que le collège de Navarre, mais qui avait aussi figuré avec honneur dans l'ancienne université de Paris, où avaient étudié Erasme et Calvin, et qui offrait aussi de trèsprécieux, de très-curieux débris d'architecture Ojgivale. Eh bien, on l'a rasé pour élever Tborrible édifice que vous pouvez tous aller

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